Un syndicat attaqué par le suédois Systemair en Turquie

Lorsque Birleşik Metal İş a franchi le seuil des 50 pour cent de représentation du personnel de Systemair HSK, la filiale de Systemair dans le pays, le ministère turc du Travail a homologué cet affilié d'IndustriALL en tant qu'agent de négociation en octobre de l'an dernier.

Mais, plutôt que d'entamer le dialogue avec le syndicat, la direction locale a introduit un recours contre la décision du ministère, une tactique fréquemment utilisée par les employeurs turcs hostiles aux syndicats. Parallèlement à cette démarche, elle a pris les mesures liées à la Covid-19 comme excuse pour contraindre les travailleurs syndiqués à se mettre en congé non rémunéré. Actuellement, 21 adhérents sont en congé sans salaire.

Systemair prétend que tous ses fournisseurs stratégiques respectent son code de bonne conduite. Mais, lorsque les travailleurs ont manifesté pacifiquement autour de l'usine, la direction locale en a licencié deux pour avoir apporté leur soutien aux manifestations des travailleurs qui avaient été licenciés.

 

Selon Birleşik Metal İş, les intimidations et les attaques contre le syndicat continuent. Systemair HSK menace toujours les travailleurs syndiqués d'un congé sans salaire s'ils ne se désaffilient pas du syndicat, tout en recrutant activement du nouveau personnel.

Les syndicats suédois Unionen et IF Metall sont bien représentés par des sections locales dans l'entreprise, en Suède, et les relations avec la direction sont bonnes.

"Il est triste et surprenant que la direction turque n'ait pas accepté le syndicat ni respecté la loi turque,"

déclarent Karin Ström, d'Unionen, et Mats Svensson, d'IF Metall.

"De concert avec la direction suédoise, nous avons essayé, en vain, de faire comprendre que la seule façon de faire progresser les choses est de reconnaître Birlesik comme le représentant des travailleurs et d'entamer un dialogue authentique avec le syndicat local. Nous espérons que ce conflit stérile sera bientôt terminé et cédera la place à un dialogue constructif."

Après que la direction locale ait repoussé de nombreuses tentatives de dialogue, Birleşik Metal İş a déposé plainte auprès du Point de contact national de l'OCDE en Suède.

"Systemair HSK a refusé d'établir le contact avec nous, même lorsque que nous avons été reconnus comme syndicat majoritaire,"

déclare Özkan Atar, le secrétaire général de Birleşik Metal İş.

"Au lieu de cela, l'employeur a forcé nos membres à quitter le syndicat en les menaçant d'une mise en congé sans salaire. Et la société-mère a choisi de fermer les yeux sur les violations des droits fondamentaux des travailleurs, même quand nos organisations jumelles suédoises ont soulevé ces questions. Nous poursuivrons la lutte jusqu'à obtenir justice."

Dans une déclaration de solidarité, IndustriALL Global Union et IndustriALL European Trade Union dénoncent l'attitude de Systemair qu'ils qualifient de

"totalement inacceptable et de violation flagrante de ses propres politiques, de la législation du travail turque et des normes fondamentales internationales".

Le texte appelle aussi Systemair à réintégrer les travailleurs syndiqués qui ont été forcés de prendre un congé sans rémunération, à cesser immédiatement ses manœuvres contre le syndicat et à entamer une coopération constructive avec Birleşik Metal İş.

Systemair fabrique du matériel de ventilation et emploie plus de 6.000 personnes dans 79 sociétés d'exploitation dans le monde. La filiale turque, Systemair HSK, est détenue à cent pour cent par Systemair

Deux ans après la catastrophe de Brumadinho, des inquiétudes persistent sur la sécurité chez Vale

En décembre 2020, Júlio César de Oliveira Cordeiro, un conducteur de bulldozer, a été tué dans un glissement de terrain à la mine de fer de Córrego de Feijão. Oliveira était employé par Vale Verde, une société sous-traitante de Vale.

Selon le dirigeant du syndicat de la construction lourde du Minas Gerais, Eduardo Armond, les travailleurs en sous-traitance rapportent régulièrement que les dirigeants de Vale font pression sur eux pour qu’ils travaillent même lorsqu’ils ne sont pas mentalement en bonne santé et qu’ils ont peur d’effectuer leurs tâches en raison du manque de sécurité sur le lieu de travail.

On a eu beau demander à Vale tout au long de l’année écoulée une rencontre en vue de discuter des conditions de santé et de sécurité de tous les travailleurs, aucune réunion n’a eu lieu.

“La mort de Júlio César de Oliveira Cordeiro constitue un rappel des meurtres de Brumandinho et rien n’y fera tant que nous n’aurons pas obtenu justice pour tous et que Vale n’aura pas assumé son rôle dans la catastrophe. C’est aussi un rappel que les droits des travailleurs à la santé et à la sécurité sont indispensables,”

a déclaré Glen Mpufane, Directeur des mines ainsi que de santé et de la sécurité auprès d’IndustriALL.

Les représentants de Vale et du gouvernement de l’État de Minas Gerais ont discuté au cours des deux derniers mois des indemnités à verser en rapport avec la catastrophe de Brumadinho. Toutefois, le 21 janvier, il a été annoncé que les pourparlers avaient été interrompus

Le Mouvement pour les victimes des barrages (MAB) a condamné le fait que les personnes touchées par la catastrophe n’ont pas été impliquées dans les négociations, car cela implique qu’un accord secret sera conclu, un accord injuste qui ne profitera qu’à Vale.

Le MAB demande une aide financière d’urgence, des experts techniques indépendants pour s’assurer que les barrages sont sûrs ainsi que le droit de participer aux discussions sur l’indemnisation afin de sauvegarder les droits des personnes touchées.

Lucineide Varjão Soares, Présidente de la CNQ/CUT, affiliée à IndustriALL, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et coprésidente de la section des mines, a déclaré :

“Combien vaut une vie ? Deux ans se sont écoulés depuis la catastrophe de Brumadinho et Vale n’a toujours pas admis sa culpabilité ni accepté la responsabilité du crime qu’il a commis contre les travailleurs, la société et l’environnement.

Vale a eu recours à des mécanismes juridiques pour retarder le procès et n’a pas présenté de proposition qui réponde aux besoins des familles des victimes ou qui reflète l’ampleur des dommages causés. Les tribunaux se sont inclinés devant les grandes entreprises au lieu de les forcer à payer pour ce qu’elles ont fait.

Il est temps que la justice soit rendue. C’est pourquoi le MAB, en collaboration avec les syndicats et d’autres organisations sociales, appelle à ce que la situation soit réglée une fois pour toutes.”

Le 25 janvier 2019, une digue de bassin de stockage de résidus appartenant à Vale s’est effondrée, libérant plus de 10 millions de mètres cubes de déchets toxiques sur la cité de Brumadinho, dans l’État de Minas Gerais. Au total, 272 personnes ont perdu la vie et onze sont toujours portées disparues.

PROFIL: Haïti, lutter pour la survie des adhérents

PROFIL

Global Worker No. 2 novembre 2020

Texte: Laura Carter

Pays: Haïti

Syndicat: Groupement des Travailleurs et Travailleuses du Textile pour la Réexportation d’Assemblage (GOSTTRA)

Ce jeune syndicat a presque doublé ses effectifs au cours des huit dernières années et représente aujourd’hui 2.300 travailleurs et travailleuses dans onze usines, mais l’hostilité des employeurs et l’incapacité du gouvernement à protéger les droits des travailleurs constituent un véritable défi pour la croissance de ses effectifs à un moment où les travailleurs haïtiens de la confection ont désespérément besoin de syndicats forts.

Les travailleurs et travailleuses de la confection en Haïti sont confrontés à un avenir incertain. Environ un tiers des 57.000 salariés du secteur dans le pays sont actuellement mis à pied ou licenciés et n’ont toujours pas reçu d’indemnité du gouvernement en dépit des promesses faites précédemment. Malgré les objections du GOSTTRA et d’autres syndicats, ceux qui restent employés prestent des horaires réduits dans des usines qui ne prennent même pas les précautions les plus élémentaires pour empêcher la propagation du coronavirus.

Des décennies de politiques économiques visant à attirer les investissements étrangers, notamment l’écrêtement des salaires, une production en franchise de droits et des exonérations fiscales de 15 ans pour les entreprises situées dans les zones franches, ont laissé les travailleurs et travailleuses au bord du gouffre de la pauvreté et ont privé le gouvernement des recettes fiscales nécessaires pour mettre en place des filets de sécurité sociale et des soins de santé adéquats.

Voici ce que dit le Secrétaire général du GOSTTRA, Reginald Lafontant :

“Les travailleurs ont été poussés dans leurs derniers retranchements avant même la pandémie, de sorte qu’ils n’ont pas d’économies sur lesquelles s’appuyer. En fait, la plupart d’entre eux étaient déjà endettés avant que la crise ne frappe.”

Une enquête menée l’année dernière par le Solidarity Center (États-Unis) a montré que le salaire minimum pour une semaine de 48 heures couvrait moins d’un quart de la somme dont les travailleurs et travailleuses ont besoin pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

Les travailleurs et travailleuses haïtiens de la confection se débattent au quotidien contre la malédiction que sont leurs salaires de misère et la situation s’est aggravée avec la montée en flèche des prix des denrées alimentaires.

À la grande frustration du GOSTTRA, le gouvernement semble scandaleusement déconnecté des difficultés extrêmes auxquelles la population active est confrontée. Lors d’une récente réunion avec des syndicalistes, le Président Jovenel Moïse a carrément snobé les revendications d’augmentation du salaire minimum. “Vous savez”, a-t-il déclaré, “je subis des pressions de toutes parts. Les employeurs me demandent de baisser les salaires”.

Lafontant a dressé une liste des dépenses quotidiennes des travailleurs et travailleuses de la confection et l’a remise au Président. Il a montré comment en travaillant, on dépense la totalité de son salaire minimum quotidien de 500 gourdes avant même de rentrer chez soi.

“Typiquement, on quitte son domicile à 5 heures du matin et on n’y revient pas avant 19 heures. Le transport aller-retour à l’usine coûte environ 150 gourdes. Un repas pris à l’extérieur de l’usine coûte 75 gourdes ; un déjeuner modeste prend 155 gourdes de plus ; quelques boissons non alcoolisées au cours de la journée coûtent 120 gourdes. Et c’est tout, il ne reste plus rien du salaire minimum. Alors, comment sommes-nous censés survivre ?”

Non contents de payer des salaires de misère, les employeurs trompent régulièrement leurs salariés. Deux sont morts au cours de l’été après s’être vu refuser un traitement hospitalier parce que leur employeur n’avait pas versé les cotisations de sécurité sociale déduites de leur salaire. Cela a déclenché des semaines de protestations à l’usine.

Les employeurs prennent des mesures répressives à l’égard des dirigeants syndicaux du GOSTTRA qui tentent de défendre les intérêts de leurs membres. Des centaines de dirigeants et de membres du syndicat ont été licenciés ou mis à pied à la suite de protestations contre un traitement injuste. Une manifestation pacifique organisée par le GOSTTRA le 7 octobre dans la zone franche de la SONAPI a été réprimée par la police.

L'industrie du vêtement en Haïti

Sans surprise, Haïti est l’un des huit pays prioritaires pour l’appel à l’action de l’OIT, visant à soutenir l’industrie de la confection, qui vient juste d’être lancé dans le pays. Le GOSTTRA, sa centrale syndicale CTSP et d’autres syndicats de la confection, coordonnent leurs efforts pour faire pression en faveur de la protection des travailleurs et travailleuses de la confection.

Les violations des droits humains et du travail doivent cesser en Biélorussie

Ce 20 janvier, la Cour suprême de Biélorussie a rejeté l’appel du comité de grève Belaruskali et a jugé illégale sa grève de l’année dernière.

Après avoir protesté contre le résultat des élections présidentielles d’août 2020, de nombreux travailleurs, travailleuses et membres de syndicats indépendants ont fait l’objet de représailles disproportionnées.

Le 19 janvier dernier, Daria Polyakova, Coordinatrice du réseau des jeunes du Syndicat biélorusse des travailleurs de la radio et de l’industrie électronique REP, affilié à IndustriALL, a été condamnée à deux ans de restriction de liberté (assignation à résidence) pour “violence ou menace de violence à l’encontre d’un employé de l’agence des affaires intérieures”. Daria a endommagé la manche de la veste d’un officier de police en tenter d’empêcher l’arrestation d’un collègue. Daria est veuve et mère de deux enfants.

Des membres du Syndicat indépendant biélorusse BITU, Vladimir Berdnikovich et Andreï Prilutsky, ont également été accusés de violences contre la police. Vladimir a été condamné à quatre ans de prison après s’être enfui à la suite d’une manifestation en octobre. En août, Andrey Prilutsky est intervenu alors qu’un homme âgé était tabassé et en réaction, il a été lui-même tabassé et ensuite arrêté et condamné à 15 jours de prison. Prilutsky est actuellement détenu en Russie, en attente d’être extradé vers la Biélorussie.

Igor Povarov, membre de BITU, fait l’objet de poursuites pénales pour sa participation à la manifestation du 17 août, au cours de laquelle a bloqué la route avec d’autres travailleurs de l’aciérie BMZ. Il est accusé d’avoir organisé, préparé ou participé activement à des actions qui portent gravement atteinte à l’ordre public.

Et il y a beaucoup d’autres cas similaires en Biélorussie.

“Des poursuites peuvent être engagées contre toute personne ayant exprimé son désaccord et opposé une résistance. S’il existe des informations permettant d’engager une procédure non pas administrative, mais pénale, les autorités les utiliseront,”

indique Elizaveta Merlyak, Secrétaire internationale du BITU, également victime du régime.

Le 18 janvier, l’avocat du REP et militant des droits de l’homme Leonid Sudalenko a été arrêté à Gomel pour “organisation et préparation d’actions qui portent gravement atteinte à l’ordre public”. Le syndicat suppose que M. Sudalenko est accusé d’avoir financé les émeutes, puisqu’il a aidé les victimes de la répression à payer des amendes.

Le REP considère l’arrestation de Leonid Sudalenko et d’autres militants syndicaux comme une poursuite de la répression du régime à l’encontre des militants des syndicats indépendants et des personnes qui n’ont pas peur d’exprimer leur position civique et qui sont prêtes à aider ceux dont les droits ont été violés.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Le verdict de la Cour suprême sur la grève de Belaruskali est un dangereux précédent et un signe clair que les autorités biélorusses ne sont pas prêtes à un véritable dialogue avec les travailleurs et la population du pays.

IndustriALL dénonce une fois de plus avec force la répression en Biélorussie et exige l’arrêt des poursuites contre tous les membres et militants des syndicats, ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques. Nous nous engageons à soutenir nos affiliés ainsi que les travailleurs et travailleuses biélorusses dans leur lutte pour les droits humains et du travail fondamentaux.”

Des milliers de travailleurs de British Gas continuent la grève

Le 20 janvier, les membres du GMB employés par British Gas ont lancé la première d'une série de sept actions de grève d'un jour dirigées contre la stratégie de l'entreprise qui veut les licencier tous pour les réembaucher à des conditions et des salaires revus à la baisse. Quelque 7.000 travailleurs ont posé l'outil dans tout le Royaume-Uni, alors que brillaient dans les villes du pays des messages de soutien lumineux "Stop the British Gas Fire".

89 pour cent des travailleurs de British Gas ont voté la grève après que le P-DG de la société-mère Centrica, Chris O'Shea, ait menacé de les licencier tous s'ils "n'acceptent" pas des coupes dans leurs salaires et leurs conditions d'emploi.

 

Justin Bowden, le secrétaire national du GMB, a déclaré :

"C'est une nouvelle tentative pour faire comprendre à M. O'Shea que croire que des travailleurs vont accepter des mesures d'une telle ampleur dans une entreprise rentable tient du rêve le plus fou. L'entreprise doit faire faire passer ses clients et son personnel en premier, s'éveiller de son rêve et retirer son projet."

Les grèves provoquées par la direction ont provoqué des masses de coupures pour les clients; on estime que 100.000 ménages attendent d'être à nouveau approvisionnés.

Les grèves se poursuivront les 22, 25, 29, 30 et 31 janvier et le 1er février.

IndustriALL Global Union condamne avec la plus grande fermeté le projet de la direction ainsi que son intransigeance dans la négociation, l'an dernier, du plan visant à réduire les effectifs et donner de nouveaux contrats aux salariés.

"British Gas/Centrica a une politique agressive de réduction des salaires et d'abaissement des conditions d'emploi pour des milliers de travailleurs. Nous pensons qu'il est inacceptable que l'entreprise force des travailleurs à accepter des contrats d'emploi défavorables sous la menace de perdre leur emploi, en particulier au cœur d'une terrible pandémie,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.

"IndustriALL prie instamment British Gas de traiter les travailleurs syndiqués avec le respect qu'ils méritent, et de revenir à la table des négociations avec le GMB pour trouver une solution juste et équitable."

La société-mère de British Gas, Centrica, a déclaré un bénéfice d'exploitation (avant produits exceptionnels et impôts) de 901 millions £ en 2019.

Webinaire IndustriALL sur la transition énergétique

Les compagnies de l'énergie investissent-elles plus dans le marketing que dans les énergies renouvelables ? Un nouveau rapport commandé par IndustriALL montre le fossé entre les promesses et la réalité, alors que les grands groupes de l'énergie n'investissent pas pour soutenir les objectifs climatiques.

Lisez le rapport 

PERSPECTIVES ET TENDANCES DE LA  TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : SCHÉMAS, SCÉNARIOS ET CONSÉQUENCES
ENGESPFRA

Namibie : la mine d’uranium CNNC de Rössing doit réintégrer neuf syndicalistes licenciés

Les neuf membres de l’ancien comité exécutif de la section syndicale de la mine sont accusés de négligence grave, de discréditer le propriétaire de la mine, la China National Nuclear Corporation (CNNC) Rössing Uranium, et de violer la confidentialité.

Ces accusations ont été portées après que les neuf ont refusé les propositions de CNNC visant à modifier la convention collective existante. Le syndicat affirme que les dirigeants licenciés ont également posé des “questions gênantes” sur la nomination irrégulière de certains cadres supérieurs de la mine. Ceux-ci, qui ont été recrutés en Chine, avaient des permis de travail pour une autre entreprise et non pour Rössing.

Selon le MUN, lorsque CNNC a acheté la mine d’uranium de Rössing à Rio Tinto en juillet 2019, des garanties ont été données quant au fait que les conditions de travail resteraient les mêmes et que les conventions collectives existantes seraient respectées.

Cependant, quelques mois plus tard, CNNC a voulu des modifications de la convention, notamment en ce qui concerne les congés, les soins médicaux, les salaires et les dispositions relatives aux licenciements. Après avoir fait face à la résistance du syndicat et avoir été informée de l’imminence d’une grève, l’entreprise a décidé de cibler la direction du syndicat.

“Ces bonnes relations sociales, établies depuis de nombreuses années avec Rio Tinto, ne sont pas seulement garanties dans le cadre de la vente des actifs aux propriétaires actuels, mais elles sont également garanties par la constitution namibienne. Malheureusement, ces violations reflètent un schéma inquiétant d’abus s’agissant des investissements chinois en Afrique et ne seront pas tolérées,”

a indiqué Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL.

L’affaire est maintenant du ressort du Commissaire au travail pour arbitrage et conciliation.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“CNCC a l’intention de s’en prendre au syndicat par l’intimidation et de tenter d’instiller la peur chez les travailleurs pour les empêcher d’adhérer au syndicat. Cette approche antisyndicale des relations de travail va à l’encontre des conventions collectives existantes et menace les relations cordiales qui existent avec les travailleurs.

Nous exhortons l’employeur à respecter les conventions collectives existantes et à ne pas interférer avec le droit des travailleurs à exiger de meilleures conditions de travail.

Rössing Uranium est une mine à ciel ouvert dont la durée de vie devrait s’étendre jusqu’en 2032.

Crédit photo : Conleth Brady / IAEA

IndustriALL signe un accord-cadre avec TK Elevator

IndustriALL a déjà signé un accord-cadre avec ThyssenKrupp en 2015. Après la scission, la logique voulait que l'ancien accord soit repris et adapté à la nouvelle entreprise. C'était aussi la meilleure façon d'assurer une transposition sans faille des normes fondamentales du travail dans le nouveau groupe. C'est grâce à la position de force et à l'unité d'IG Metall, des comités d'entreprise de la société et d'IndustriALL Global Union qu'a pu être conclu le tout premier accord-cadre mondial du secteur des ascenseurs et escaliers roulants. IndustriALL Global Union propose que d'autres multinationales du secteur suivent l'exemple.

Comme ce fut le cas pour le premier accord, les normes internationales du travail de l'OIT constituent la base du nouveau, bien que certaines modifications aient été apportées, à savoir :

Susanne Herberger, la présidente du comité d'entreprise du groupe TK Elevator, qui est aussi une des signataires de l'ACM, a déclaré :

"Avec ce nouvel accord-cadre mondial, nous avons créé une centrale de réception des plaintes pour les 50.000 salariés et plus de TK Elevator dans le monde. Chaque salarié peut ainsi déposer plainte lorsqu'un droit fondamental d'un travailleur est violé. Pour les membres des comités d'entreprise et les syndicalistes comme nous, il est extrêmement important d'insuffler cette culture que nous avons construite avec ThyssenKrupp au nouveau propriétaire de TK Elevator. C'est pourquoi TK Elevator s'engage à rester un employeur équitable et respectueux de tous les collègues."

Valter Sanches, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, explique :

"Ce nouvel accord est une étape importante. Pour la première fois, un des six géants du secteur garantit le respect des normes fondamentales de l'OIT partout dans le monde. Il s'agit d'un moment historique pour tous les travailleurs de la production et de la maintenance du monde entier. La tâche d'IndustriALL et de ses affiliés ne fait que commencer; maintenant, il faut concrétiser ce nouvel accord-cadre mondial par un véritable dialogue social à l'échelon global, qui associe les syndicats représentatifs dans tous les pays où l'entreprise est implantée."

Jörg Hofmann, président d'IG Metall et d'IndustriALL Global Union, déclare :

"La pandémie de coronavirus a entraîné un creusement des inégalités partout dans le monde. Avec cet accord-cadre mondial avec ThyssenKrupp Elevator GmbH, nous posons un jalon pour la défense des droits des travailleurs, de plus en plus nécessaire en ces temps de crise. Nous avons aussi réussi à constituer des comités de santé et de sécurité. Le système de notification interne et sa commission internationale assurent la surveillance et l'application forcée."

Pérou : action des syndicats pour une industrie textile équitable et durable

Cette plate-forme comprend une série de propositions destinées aux employeurs et au gouvernement afin de promouvoir une politique industrielle durable dans le secteur du textile. Elle reprend des propositions visant à retirer les lois antisyndicales qui frappent le secteur, à mettre en place des mesures de protection de l’emploi décent ainsi que d’autres dispositions visant à sauvegarder la production nationale.

Les représentants des syndicats ont rencontré le Vice-président de la Commission et le Président du Congrès pour leur expliquer qu’une politique industrielle durable doit inclure une mise en œuvre effective des normes du travail.

Cela inclut le respect du droit à la syndicalisation, la promotion de la négociation collective, la promotion du dialogue social, la mise à disposition de ressources pour l’inspection du travail et des législations du travail qui limitent le travail précaire.

La demande de retrait de la loi n° 22342 promouvant les exportations non traditionnelles ne date pas d’hier, mais elle est encore plus urgente aujourd’hui s’agissant de protéger les travailleurs et travailleuses pendant la crise, affirme le syndicat.

La loi permet aux entreprises qui produisent pour l’exportation d’engager du personnel en vertu de contrats à court terme pour répondre à des commandes d’exportation spécifiques. La FNTTP fait valoir que les fonctions que ces travailleurs et travailleuses exercent sont permanentes : le poste était antérieur à l’embauche de la personne et continuera d’exister une fois le contrat terminé.

La FNTTP affirme en outre que la loi est utilisée pour priver les travailleurs et travailleuses de leurs droits, tels que la sécurité de l’emploi, le salaire vital, l’accès à la couverture santé et aux pensions ainsi que le droit de se syndiquer et de négocier collectivement. Elle viole les normes internationales et les codes de conduite des enseignes mondiales qui s’approvisionnent au Pérou et n’est pas viable.

“Nous remercions le Président du Congrès d’avoir personnellement écouté les problèmes de milliers de travailleurs et travailleuses du textile syndiqués et non syndiqués. En cela, nous avons repris un combat commencé il y a quelques années en vue d’abroger la loi n° 22342. Nous continuerons à faire campagne et à manifester dans les rues. Nous parviendrons à nos fins par des actions et la solidarité,”

a indiqué la FNTTP, qui a poursuivi les manifestations pour promouvoir ses revendications tout au long des mois de décembre et janvier.

Laura Carter, Secrétaire régionale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Lorsque Fujimori a mis en place la loi n° 22342 en 1978 en tant que mesure temporaire, ce fut une honte. Aujourd’hui, 40 ans plus tard, ce l’est toujours et dans une plus large mesure encore.

Ces conditions de travail abusives doivent cesser. Si le secteur textile péruvien veut un avenir dans un monde en mutation, il doit être équitable et durable et reposer sur le travail décent ainsi que le dialogue social.”

Des syndicats brésiliens en lutte pour protéger 5.000 emplois chez Ford

Ford, qui construit et vend des voitures depuis 102 au Brésil, a annoncé son intention de fermer trois usines à Taubaté (São Paulo), Camaçari (Bahía) et Horizonte (Ceará).

Cette décision va priver 5.000 salariés de Ford de leur emploi et aura aussi des conséquences pour les 70.000 travailleurs de sa chaîne d'approvisionnement dans tout le Brésil.

L'annonce de Ford, qui a fermé son usine de São Bernardo en 2019, n'a été précédée d'aucune discussion avec les syndicats ou les autorités locales et au cœur de la pandémie qui a frappé durement le Brésil. C'est une catastrophe pour les travailleurs, leurs familles et leurs communautés.

Dans une lettre d'IndustriALL Global Union, le secrétaire général Valter Sanches demande au P-DG de Ford, James D. Farley Jr, de reconsidérer cette décision et de discuter de solutions de rechange avec les syndicats.

Valter Sanches fait remarquer que cette décision est une violation flagrante de l'accord cadre mondial signé avec IndustriALL en avril 2012, qui stipule que l'information et la consultation en temps utile est la condition d'une bonne communication entre la direction et les représentants des travailleurs.

Les confédérations syndicales du Brésil ont publié une déclaration commune appelant à des actions de protestation devant les concessionnaires Ford cette semaine. Les syndicats de Ford organisent déjà des campagnes et des réunions avec les autorités et ont dit qu'ils n'abandonneront pas.

Cláudio Batista, le président du syndicat des travailleurs de la métallurgie Taubaté Sindmetau, membre de la confédération nationale CNM/CUT, a déclaré :

"Les travailleurs ne vont pas se contenter de rentrer chez eux. Nous continuerons à nous battre pour nos emplois."

Pour Júlio Bonfim, le président du syndicat des travailleurs de la métallurgie Camaçari, affilié à la CNM/CUT,

"Ford ferme ses portes sans négocier. C'est une situation terrible qui montre leur mépris total pour des milliers de travailleurs. Le syndicat restera déterminé et fort, et il poursuivra le combat."

José Milton Pereira, du syndicat SindimetalMac, des travailleurs de la métallurgie de Maracanaú dans la province de Ceará, Horizonte, affilié à la CNTM/FS, a annoncé que le syndicat suit la situation et essayera de sauver les emplois et de faire en sorte que les travailleurs ne soient pas dépouillés de leurs droits.

Dans une lettre aux confédérations nationales CNTM/FS et CNM/CUT affiliées à IndustriALL, le secrétaire général Valter Sanches écrit :

"J'assure les travailleurs de Ford au Brésil de notre total soutien alors qu'ils luttent pour protéger leurs emplois et empêcher la fermeture des usines. IndustriALL condamne vigoureusement la manière dont Ford a arrêté unilatéralement cette production au Brésil, sans discussion préalable avec les syndicats ou les autorités. La position inacceptable de la direction est une violation flagrante de l'ACM."