Les diamants sont-ils éternels ?

Les diamants naturels, résultats de millions d'années d'évolution et appréciés pour leur rareté, sont maintenant en concurrence avec des pierres produites en grandes quantités en laboratoire en l'espace de quelques jours ou semaines. Ce virage structurel menace les fondements économiques d'économies tributaires du diamant, en Afrique en particulier.

La réunion de Jwaneng, qui rassemblait 22 participants d'affiliés d'IndustriALL du Botswana, de République démocratique du Congo, du Lesotho, de Namibie, d'Afrique du Sud et du Zimbabwe, s'est penchée sur des stratégies pour impliquer des compagnies minières sur les questions des droits au travail et des conditions de travail. Les participants ont visité des mines souterraines à Jwaneng, la mine la plus rentable de De Beer exploitée par Debswana, une coentreprise avec le gouvernement botswanais. Pourtant, même cette entreprise emblématique n'est pas à l'abri des fléaux qui traversent l'industrie. Debswana est en cours de restructuration et pourrait perdre 1.300 emplois, dont 650 sont déjà une réalité, du fait des pressions cumulées de la baisse des ventes de diamants naturels et de la concurrence des diamants de synthèse.

Les participants ont entendu que, dans les sous-secteurs de la taille et du polissage, le Syndicat des travailleurs du diamant du Botswana se bat contre les bas salaires, des litiges de longue date, le harcèlement sexuel, les violations des droits des travailleurs et le non-respect de la législation du travail.

Le Réseau mondial du diamant soutient l'Accord de Luana, une initiative du Natural Diamond Council (NDC) pour relancer l'intérêt des consommateurs et la demande de diamants naturels.

Des gouvernements et des représentants de l'industrie ont signé cet accord, mais le réseau réclame la participation des organisations syndicales en tant que parties prenantes. Il a écrit au NDC pour demander une réunion afin de discuter de leur association et le NDC a accepté de rencontrer les syndicats.

L'Afrique demeure une pierre angulaire de la production mondiale de diamants avec 15 pays – Botswana, Afrique du Sud, Angola, Namibie, Congo, Zimbabwe, Guinée, Ghana, Lesotho, Liberia, Sierra Leone, République centrafricaine, Tanzanie et Togo – représentant une part importante de la production. À l'échelon mondiale, la production est dominée par la Russie, le Botswana, l'Afrique du Sud, le Canada et l'Angola.

Le Botswana s'est appuyé sur la grande qualité de ses diamants pour stimuler sa croissance économique. Toutefois, la baisse actuelle menace ses recettes dans ce domaine.

Botshelo Kesebone, un haut directeur de Jwaneng, fait valoir que :

"Les diamants seront éternels s'ils continuent à doter les travailleurs, à bâtir des nations et à inspirer des avenirs durables. Ils seront éternels si leur éclat se reflète non seulement dans la bijouterie, mais dans la dignité et le bien-être de ceux dont les mains et les cœurs les font vivre."

Joseph Tsimako, le président du Syndicat des mineurs du Botswana, a insisté sur l'urgente nécessité d'une diversification économique, en recommandant des investissements dans des minéraux critiques et d'autres secteurs prioritaires afin d'atténuer l'incidence du recul du marché du diamant.

"Il faudrait une enquête sur d'autres biens de consommation, d'autres minéraux critiques et sur l'optimisation d'autres secteurs économiques prioritaires pour atténuer le déficit économique causé par la dépression des ventes du secteur diamantaire,"

a-t-il déclaré.

Masibulele Naki, secrétaire en charge de la santé et la sécurité au Syndicat national des mineurs et président du Réseau mondial du diamant, a ajouté :

"La résistance des syndicats de l'industrie du diamant du Botswana est louable considérant les pertes d'emplois, et le Réseau mondial du diamant continuera à les soutenir pour protéger les droits des travailleurs et les conditions de travail décentes."

Pour Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines et du diamant, les licenciements collectifs ne sont pas la solution à la crise que traverse l'industrie du diamant.

"L'industrie du diamant ne doit pas sacrifier l'emploi, mais adapter son modèle de gestion aux réalités actuelles parmi lesquelles figure la production de diamants en laboratoire."

Corée : l'adoption d'une loi favorable aux travailleurs est signe de progrès et appelle de nouvelles réformes

Le 24 août, l'Assemblée nationale coréenne a approuvé le nouveau texte par un vote majoritaire du Parti démocratique au pouvoir. Il reconnaît aux travailleurs en sous-traitance le droit de négocier collectivement avec les employeurs principaux malgré les prétendues pertes d'activités que causeraient des actions de grève.

Pour les affiliés d'IndustriALL Global Union, le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) et la Fédération des syndicats de métallurgistes (FKMTU), cet amendement de la législation du travail, qui fera date, est un pas positif au terme d'une décennie de lutte. Quoi qu'il en soit, ils appellent le gouvernement à continuer de réformer les dispositions de la TULRAA défavorables aux travailleurs.

Le FKMTU se félicite de cet amendement qui s'attaque de front aux contradictions d'un système de sous-traitance ancré profondément dans les industries de la métallurgie, comme l'automobile et la sidérurgie. Dorénavant, les véritables employeurs et les sous-traitants ne pourront plus échapper à leurs responsabilités.

Le président du FKMTU, Kim Jun Young, a déclaré :

"Cet amendement n'a pas été une victoire facile. C'est une conquête obtenue par les revendications et les combats d'innombrables ouvriers de la métallurgie qui ne parvenaient pas à faire entendre leurs voix sur les convoyeurs à bande, devant la fournaise des fours et dans des lieux de travail dangereux. Le FKMTU s'est battu aux côtés des travailleurs en sous-traitance, sur les routes et au sommet des tours de refroidissement. Ces combats désespérés sont devenus le catalyseur qui a montré au monde entier que la modification de la loi était une cause juste."

Entretemps, le KMWU a publié un communiqué de presse critiquant l'amendement qui n'étend pas la définition du travailleur, qui précise la responsabilité de l'employeur principal vis-à-vis des travailleurs en sous-traitance et interdit les procédures en dommages et intérêts contre des syndicalistes en particulier.

Le KMWU met aussi en question le délai de grâce de six mois, affirmant que les droits différés sont des droits refusés et il exhorte le gouvernement à appliquer le texte sur-le-champ. Le KMWU réclame de l'État et des employeurs qu'ils abandonnent les poursuites et les recours en dommages et intérêts contre des travailleurs ayant soutenu des grèves de travailleurs en sous-traitance.

En outre, le syndicat prie instamment le nouveau gouvernement d'abolir les politiques antisyndicales adoptées par le précédent gouvernement Yoon Suk Yeol. Comme par exemple le droit pour les autorités de contrôler les finances des syndicats en l'absence de toute allégation ou requête, de contraindre les syndicats à annoncer leurs réserves en numéraire, de plafonner le temps consacré aux activités syndicales et d'assimiler la négociation collective qui ne respecterait pas ces limites à une pratique du travail déloyale.

Le président du KMWU, Jang Chang-year, a déclaré :

"Le texte de loi amendé ne répond toujours pas aux normes internationales. Ce n'est qu'un premier pas. Le KMWU va maintenant commencer à négocier et traiter directement avec les employeurs principaux, aux côtés des travailleurs précaires. De la sorte, nous défendrons les droits de tous les travailleurs et planterons les graines de la démocratie sur le lieu de travail."  

Pakistan : trois mineurs tués par un coup de grisou dans un charbonnage

Les mines de charbon du Pakistan sont tristement célèbres pour leurs conditions de travail dangereuses qui causent la mort de centaines de travailleurs chaque année. Selon les rapports communiqués par les affiliés d'IndustriALL du secteur du charbon au Baloutchistan, au moins 53 accidents se sont produits entre janvier et juillet de cette année, causant la mort de plus d'une centaine de travailleurs et en blessant au moins 190 autres. Les chiffres exacts sont probablement beaucoup plus élevés en raison de la sous-déclaration de ces accidents.

Selon les informations relayées par les médias, au début du mois, des jeunes du district de Shangla, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, ont organisé une grande manifestation pour dénoncer le nombre croissant d'accidents dans les mines de charbon, dus à des pratiques minières dangereuses et à la présence de nombreuses mines illégales. Les mines de charbon du pays fonctionnent en grande partie sans dispositifs de sécurité adéquats, notamment sans équipement de protection individuelle et sans accès à des soins médicaux immédiats en cas d'accident.

Les propriétaires et les exploitants des charbonnages ne dispensent aucune formation aux travailleurs sur les pratiques minières sûres et il n'y a souvent aucun personnel de sécurité présent sur les sites miniers. Les travailleurs de ces régions prestent de longs temps de travail et des tâches dangereuses tout en touchant des salaires de misère. Ils ne sont également couverts par aucun régime de sécurité sociale.

Les affiliés d'IndustriALL ont déployé des efforts concertés pour que les travailleurs des mines de charbon soient affiliés à des régimes de sécurité sociale. Avec le soutien d'IndustriALL, les syndicats affiliés organisent également des ateliers qui se penchent en profondeur sur les pratiques minières sûres et plaident auprès des autorités gouvernementales en faveur de la ratification de la Convention 176 de l'OIT.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

“Il est grand temps que le gouvernement du Pakistan, ainsi que les propriétaires des charbonnages, assument l'entière responsabilité de ces incidents dans les zones minières, qui pourraient facilement être évités en appliquant strictement des pratiques minières sûres et en garantissant un lieu de travail sûr aux mineurs. Nous appelons le gouvernement à prendre immédiatement des mesures pour ratifier la Convention 176 de l'OIT et ainsi empêcher que des travailleurs ne perdent la vie.”

Les syndicats réclament plus de sécurité et d'organisation dans les mines d'or artisanales du Zimbabwe

Les affiliés d'IndustriALL Global Union de Zambie et du Zimbabwe, le Syndicat des travailleurs de la mine de Zambie (MUZ) et le Syndicat des travailleurs du diamant et des minéraux assimilés du Zimbabwe (ZDAMWU), se sont engagés à appuyer ces efforts.

Les mineurs artisanaux, qui n'ont souvent que des outils rudimentaires et peu de machines, vivent dangereusement. Beaucoup n'ont aucun équipement de protection individuelle et sont exposés à des substances toxiques comme le mercure, qui attaque les poumons, la peau et les yeux et pollue l'air, l'eau et le sol.

Le manque de ventilation des puits augmente les risques d'affections pulmonaires, comme la silicose et la pneumonie. La profondeur des galeries, parfois 40 mètres, est propice aux effondrements et aux inondations, sources de blessures et de mort. Les mineurs ne sont pas non plus formés à la sécurité, ce qui aggrave encore la situation.

Les 20 et 21 août, une délégation du bureau régional pour l'Afrique subsaharienne, du MUZ et du ZDAMWU ont visité des mines artisanales à Mazowe, dans la Jumbo Mine, propriété de Mettalon, et à Penhalonga, près de Mutare. La délégation, qui incluait des membres de l'Association Luapula des mineurs de Zambie, qui représente plus de 200 petites mines et qui a signé un mémorandum d'accord avec le MUZ, a constaté des pratiques dangereuses, comme le fait de descendre dans les puits avec de simples cordes et de communiquer au moyen de tuyaux en plastique. En outre, des femmes travaillent l'or au moyen de mercure et à mains nues.

Lors d'une réunion à Mutare, le 22 août, les mineurs artisanaux ont demandé une aide financière pour mécaniser les opérations et une assistance pour améliorer la sécurité. Des représentants des autorités, notamment de la présidence et du cabinet, ont convenu de la nécessité de formaliser le secteur de l'EMAPE, d'une organisation des mineurs et d'une amélioration des salaires et des conditions. Le ministère des Mines et des Minéraux a indiqué qu'il fournit des prêts et des informations aux mineurs enregistrés tandis que le ministère du Travail s'est redit favorable à une amélioration des conditions de travail, des contrats et des rémunérations. L'Office national de la sécurité sociale a insisté sur ses programmes de formation à la santé et la sécurité.

Parmi les autres participants figuraient le Centre pour les ressources nationales et la gouvernance et la Fédération zimbabwéenne des syndicats.

Les dirigeants syndicaux ont insisté sur la coopération avec l'EMAPE pour améliorer la sécurité et le travail décent.

George S. Mumba, secrétaire général du MUZ, a déclaré :

"Les associations de l'EMAPE doivent collaborer avec les syndicats pour améliorer les conditions de travail et la santé et la sécurité." 

"Nous demandons un plan national pour des normes et des pratiques responsables dans l'exploitation minière avec la participation de l'EMAPE,"

a ajouté le secrétaire général du ZDAMWU, Justice Chinhema.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Nous continuons à réclamer la         formalisation de l'EMAPE parce que la plupart des jeunes sans emploi gagnent un salaire de subsistance dans des mines informelles et nous voulons aussi une protection des femmes qui sont exposées à des substances chimiques dangereuses et sont confrontées à la violence et au harcèlement fondés sur le genre."

Ces efforts sont dans la ligne de la recommandation 204 de l'Organisation internationale du travail sur la transition de l'économie informelle à l'économie formelle et de l'African Mining Vision, qui préconisent une formalisation du secteur de l'EMAPE. Alors que la Zambie a ratifié la convention 176 de l'Organisation internationale du travail sur la sécurité et la santé dans les mines, le Zimbabwe a encore à le faire.

La coopération entre le MUZ, le ZDAMWU et les associations de l'EMAPE a le soutien de Union to Union dans le cadre du Projet de renforcement syndical d'IndustriALL, qui promeut l'apprentissage transfrontière et une meilleure organisation des mineurs artisanaux au Zimbabwe.

Le Zimbabwe compte plus de 500.000 mines artisanales qui extraient de l'or, du lithium, des diamants et du platine ainsi que d'autres minéraux tels que le chrome, le cobalt, le cuivre, le fer, l'étain, et des pierres précieuses.

Les frappes russes continuent de paralyser les mines et les communautés d’Ukraine

Les attaques russes continuent de dévaster les villes minières d’Ukraine, mettant les mineurs et leurs familles en danger extrême. Les bombardements constants et les frappes de drones bloquent les évacuations à Rodynske, Bilytske, Bilozerske, Dobropillya et dans les villages environnants de la région de Donetsk.

Le 8 août dernier, les bombardements ont provoqué l’inondation de la mine de Dobropilska, mettant en danger les mineurs et contaminant la région. Les attaques ont également coupé l’électricité à la mine d’Almazna. Ces mines font vivre les économies locales et leur destruction menace des milliers d’emplois, les moyens de subsistance qui y sont associés ainsi que la sécurité environnementale.

Depuis le 13 août, les attaques russes ont provoqué des coupures d’électricité dans trois grandes mines de la région. Les bombardements ont également empêché les travailleurs et travailleuses de déplacer des équipements essentiels des entreprises, équipements qui préservent les emplois, garantissent le droit au travail, maintiennent l’approvisionnement en électricité et permettent à l’économie de l’Ukraine de fonctionner.

Les missiles et les drones russes dévastent également les infrastructures civiles, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine exprimant sa profonde inquiétude face au nombre croissant de victimes civiles.

Mykhailo Volynets, Président du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU), a déclaré :

“Chaque jour, le secteur énergétique et les charbonnages d’Ukraine ont été et restent l’une des cibles prioritaires des forces russes. Les attaques de missiles et de drones coupent constamment l’électricité dans les mines, mettant les travailleurs et travailleuses en danger de mort. Tout est mis en œuvre pour garantir une saison de chauffage stable pour 2025-2026, afin de préserver la sécurité énergétique du pays, d’éclairer les foyers et d’alimenter les hôpitaux en électricité ainsi que de subvenir aux besoins des familles. Les mineurs ukrainiens méritent véritablement une protection et un soutien sans faille. Les membres du NPGU continuent de résister en se consacrant à leurs tâches sur leur lieu de travail, en se portant volontaires et en défendant des vies et la paix en première ligne. Nous appelons tous nos camarades, toutes nos organisations sœurs, à continuer de nous aider.”

Dmytro Zelenyi, qui dirige la section locale de Dobropillia du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, a déclaré :

“Je tiens à souligner que les mineurs sont des personnes courageuses, car ils travaillent sous terre, sous des attaques constantes, et qu’ils sont également des défenseurs de l’Ukraine sur le front. Parmi nos membres, nous comptons des réfugiés de Myrnohrad, Pokrovsk et d’autres villes minières. En tant que syndicat, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver les emplois, soutenir les mineurs et évacuer nos membres, les mineurs et leurs familles. Malheureusement, en raison de l’agression russe en cours, nos ressources sont réduites. Nous serons reconnaissants pour toute aide apportée à nos mineurs et à leurs familles.”

Yaroslava Bytiutska, responsable de la section de base du NPGU à la dixième unité de sauvetage minier, a déclaré :

“Il y a tout juste un an encore, j’étais chez moi à Myrnohrad (région de Donetsk), où vivait ma famille et où mon petit-fils allait à l’école. Nous avons continué à travailler là-bas malgré les bombardements russes, mais nous avons ensuite dû évacuer vers la ville de Dobropillia et maintenant nous avons dû partir de là aussi. Le 30 avril, le site de relocalisation de notre unité à Dobropillia a été détruit. L’un de nos collègues, Roman, a été gravement blessé et brûlé. Pendant plus de 20 ans, Roman a sauvé des vies et aujourd’hui, c’est lui qui a besoin d’être soigné et de bénéficier de toute urgence d’une rééducation. Aujourd’hui, les sauveteurs miniers sont devenus la cible des forces russes. Notre collègue Anton Zemlianyi, commandant de l’équipe opérationnelle de sauvetage, a été tué alors qu’il sauvait des vies et aidait bénévolement les habitants de la communauté de Pokrovsk en juin dernier.”

IndustriALL et ses affiliés ukrainiens formulent une demande d’intervention urgente.

“Nous appelons l’OIT et la communauté internationale à agir immédiatement pour protéger les travailleurs et les travailleuses ukrainiens et fournir une aide humanitaire aux mineurs déplacés ainsi qu’à leurs familles,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

À la veille de la journée des mineurs d’Ukraine, le 31 août, IndustriALL exprime sa solidarité sans faille avec les mineurs d’Ukraine et leurs familles.

“Nous revendiquons la fin immédiate de la guerre d’agression et de l’occupation menées par la Russie,”

a martelé Atle Høie.

IndustriALL aux côtés de l'UGTT contre des attaques à répétition

Ces attaques durent depuis des mois, dans le but de réduire le rôle que joue l'UGTT au niveau national dans la défense des travailleurs et des citoyens. Ces attaques sont notamment la suspension du dialogue social, l'adoption de lois sans consultation des partenaires sociaux et des poursuites contre des syndicalistes.

Nous saluons le courage des dirigeants et des adhérents de l'UGTT qui font face à ces attaques et continuent à défendre les droits syndicaux et, ce faisant, à empêcher l'ingérence dans les affaires syndicales. Nous exprimons fermement notre solidarité avec la marche de l'UGTT prévue pour ce jour du 21 août.

L'UGTT continue de jouer un rôle majeur dans la promotion de la démocratie en Tunisie; elle est un des quatre groupes à avoir reçu le Prix Nobel de la paix en 2015 pour son rôle dans le Printemps arabe.

Nous exhortons les autorités tunisiennes à reprendre le dialogue social conformément aux normes internationales du travail, à respecter la liberté syndicale et à cesser ses attaques contre l'UGTT et ses dirigeants.

Photo : Le siège de l'UGTT à Tunis (Tunisie) 


 

Afrique australe : les travailleurs et travailleuses du textile réclament une Transition juste qui préserve les emplois

Cette vision commune a émergé lors d’un atelier organisé à Durban, en Afrique du Sud, les 14 et 15 août derniers, où 34 dirigeants, responsables et délégués syndicaux des affiliés d’IndustriALL, ATUSWA (Syndicats unifiés du Swaziland) et SACTWU (Syndicat de l’habillement et du textile d’Afrique australe) se sont réunis pour tracer la voie vers un avenir juste et durable.

Les discussions ont porté sur l’intégration d’une approche axée sur le développement dans le cadre de la Transition juste pour le secteur TCCC. Les participants ont préconisé le passage d’un modèle linéaire consistant à extraire, fabriquer, jeter à une économie circulaire mettant l’accent sur l’efficacité des ressources, la réduction des déchets et la production durable. Le recyclage et la valorisation, par exemple, ont été mis en avant comme stratégies pour réduire la pollution environnementale, économiser l’eau et l’énergie et créer des emplois.

Tout en reconnaissant les gains de productivité liés aux nouvelles technologies, les syndicats ont souligné que l’automatisation devait compléter les tâches des travailleurs et travailleuses plutôt que de les remplacer. À cette fin, ils ont appelé à financer des programmes de perfectionnement et de reconversion professionnelle afin de préparer les travailleurs et travailleuses à la transition.

En outre, la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme tout au long des chaînes de valeur des TCCC a été jugée essentielle pour responsabiliser les enseignes de stature mondiale et les multinationales et protéger les droits des travailleurs et travailleuses dans le cadre de la transition vers des économies plus vertes alignées sur les objectifs climatiques.

Compte tenu de la prédominance des femmes dans ce secteur, les syndicats ont souligné la nécessité de mettre en place des politiques inclusives en matière d’égalité des sexes afin de lutter contre la violence et le harcèlement basés sur le genre sur le lieu de travail, les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes et l’accès aux services de garde d’enfants, parallèlement à l’adoption de salaires vitaux pour améliorer les moyens de subsistance.

L’intégration régionale a été identifiée comme essentielle pour renforcer le commerce intra-africain, en particulier dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), face à des pressions extérieures telles que les droits de douane de 30 % imposés par les États-Unis, sur les exportations de confection sud-africaines. Les participants ont fait valoir qu’une industrialisation accrue pourrait accroître la capacité de production du secteur des produits textiles, de la confection et des articles de sport, créant ainsi des emplois pour lutter contre le chômage, la pauvreté et les inégalités très présents dans la région. L’Institut des statistiques d’Afrique du Sud fait état d’un taux de chômage élargi, incluant les demandeurs d’emploi ayant perdu tout espoir, se situant à 43,1 %.

Le SACTWU a intégré la durabilité dans sa stratégie de Transition juste, en collaborant avec le Centre national pour une production plus propre du gouvernement sud-africain et en engageant la Société de développement industriel (IDC) à financer l’installation de panneaux solaires dans les usines. Le syndicat participe également à l’initiative SOLTRAIN en Afrique australe, qui promeut les systèmes solaires dans la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), notamment les panneaux solaires et les chaudières solaires dans les usines sud-africaines.

Bongani Ndzinisa, Responsable national du recrutement auprès de l’ATUSWA, a souligné :

“Dans le cadre de la Transition juste en Eswatini, nous restons fermes sur nos revendications en faveur du respect des droits syndicaux et de la liberté syndicale, afin que la voix des travailleurs et travailleuses soit entendue et respectée.”

Le Secrétaire général adjoint du SACTWU, Membinkosi Vilina, a ajouté :

“En tant que syndicat, nous défendons la propriété des travailleurs et travailleuses sur les actifs liés aux énergies renouvelables, afin de garantir que les richesses générées par les nouvelles méthodes de production dans les industries textiles et de confection soient partagées et que des emplois verts soient créés.”

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule-France Ndessomin, a pour sa part indiqué :

“Alors que nous sommes engagés dans la Transition juste des industries textiles et de la confection en Afrique subsaharienne, nous devons faire face à l’impact plus large des technologies émergentes telles que l’automatisation et l’intelligence artificielle sur l’avenir du travail, tout en protégeant farouchement des conditions de travail décentes.”

Les syndicats guatémaltèques se renforcent, soutenus par IndustriALL

Cette initiative soutient la Fédération syndicale des travailleurs de l'alimentation, de l'agro-industrie et assimilés du Guatemala (FESTRAS) et le Syndicat des travailleurs de INDE (Stinde) dans le but de renforcer l'organisation et l'action collective. Une délégation de la région emmenée par le secrétaire régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes, Marino Vani, et la conseillère syndicale pour les droits humains Julieta Ávalos Abusharekh a rencontré les autorités et les syndicats du secteur de l'industrie.

Un grand moment a été celui d'un atelier intitulé Dialogue et étapes de la préparation des actions syndicales à partir d'un plan de travail pendant lequel a été élaboré collectivement le plan de travail 2026-2027 de la FESTRAS pour orienter les stratégies syndicales de demain.

Au niveau institutionnel, Mario Vani a rencontré le vice-ministre du travail du Guatemala, Damarys Nohemí Oliva García, pour discuter de l'uniformisation des conventions collectives, de la formation syndicale dans la politique publique et de la protection des droits syndicaux acquis, de plus en plus menacés dans le pays.

Des réunions ont aussi eu lieu avec plusieurs syndicats :

"Ces actions consolident la piste vers un syndicalisme plus fort, mieux organisé, doté d'une capacité réelle à la transformation sociale et économique et à de meilleures conditions de travail pour les travailleurs de l'industrie au Guatemala,"

a déclaré Mario Vani.

Malaisie : le syndicat condamne les licenciements chez XSD International Paper

Le PPPMEU a remporté un scrutin à bulletins secrets pour la reconnaissance syndicale le 31 juillet, obtenant le soutien de 63,71 % des travailleurs et travailleuses de XSD. À la suite du vote, la direction aurait exhorté les militants syndicaux à former plutôt un syndicat maison, ce qu’ils ont refusé.

Le 11 août, l’entreprise a annoncé qu’elle faisait face à un ralentissement de ses activités et a remis des préavis de licenciement à 20 membres du syndicat. Les préavis prévoyaient une indemnité et le paiement d’une somme en lieu et place du préavis, ainsi que la cessation immédiate de l’emploi.

Il s’agit clairement d’une tactique antisyndicale et les syndicalistes ont déposé une plainte auprès du Département des relations sociales pour revendiquer la réintégration des travailleurs. Une autre plainte pour discrimination antisyndicale est en cours de préparation.

Le 20 août, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a écrit à XSD pour souligner la violation flagrante de l’article 2 de la Convention 98 de l’OIT sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective, qui protège les travailleurs et travailleuses contre les actes de discrimination antisyndicale. Il a appelé XSD à réintégrer immédiatement les 20 militants syndicaux et à mettre fin à toutes les pratiques antisyndicales.

Tom Grinter, Directeur du secteur de la pâte à papier et du papier chez IndustriALL, a indiqué :

“Nous sommes déçus du comportement antisyndical de XSD. L’entreprise doit respecter le droit de ses travailleurs et travailleuses à se syndiquer et à négocier collectivement avec elle. Nous communiquerons ce cas de pratiques antisyndicales au réseau des syndicats de l’industrie papetière et prendrons les mesures nécessaires.”

Mohd Firdaus bin Abd Raji, Secrétaire général du PPPMEU, a déclaré :

“L’argument selon lequel XSD serait confrontée à un déclin de ses activités est discutable. Nos membres ont déclaré que la production restait stable et que les travailleurs et travailleuses devaient faire des heures supplémentaires. J’ai exhorté l’entreprise à cesser d’utiliser des excuses pour exercer des représailles contre les travailleurs et travailleuses qui ont voté pour le syndicat. Respectez leur liberté syndicale, s’il vous plaît !”

XSD International Paper, une filiale de Hangzhou Fuyang Sehngda Paper Holding Ltd (Chine), a établi ses activités en Malaisie en 2018 et a acquis NTPM Paper Mill (Bentong) en 2020.

IndustriALL et ASOS reconduisent un accord mondial pour renforcer les droits des travailleurs

ASOS est la seule enseigne d'e-commerce à avoir conservé un ACM avec IndustriALL depuis la signature de la première édition, en 2017.

Ce nouvel accord réaffirme la détermination d'ASOS et d'IndustriALL à travailler ensemble pour relever les défis pour les droits de l'homme et soutenir les travailleurs. Il prévoit que les signataires élaboreront ensemble un mécanisme de règlement des différends contraignant pour traiter les plaintes des travailleurs concernant les violations de la liberté syndicale et du droit de négocier collectivement.

IndustriALL et ASOS géreront aussi un programme de formation conjoint pour les principaux fournisseurs, afin de s'assurer qu'ils comprennent leurs responsabilités en matière de droits des travailleurs et les respectent. Cela contribuera à créer un environnement propice pour les travailleurs et à bâtir un dialogue interne durable dans les usines.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"La reconduction de cet accord-cadre mondial est le fruit d'années de coopération et montre qu'un changement durable repose sur une application et une vérification rigoureuses, et pas sur des promesses spontanées. Cela témoigne d'une approche durable des droits au travail qui fait que les syndicats peuvent représenter efficacement les travailleurs et que leur voix est entendue dans les usines des fournisseurs."

Le P-DG d'ASOS, José Antonio Ramos, ajoute :

"La reconduction de notre accord-cadre mondial avec IndustriALL était une des premières promesses que nous nous étions faites lorsque nous avons relancé notre nouvelle stratégie Fashion with Integrity l'an dernier. Depuis que nous avons signé le premier accord, il y a huit ans, notre relation avec IndustriALL nous a aidés à améliorer la résilience de notre chaîne d'approvisionnement, à atténuer les risques pour les droits humains, et à offrir un changement positif et durable à ceux qui confectionnent nos vêtements. Ce nouvel accord renforcera notre relation et il sera essentiel en ce qu'il stimulera d'autres améliorations pour ASOS et pour les travailleuses et les travailleurs de notre chaîne d'approvisionnement.

Le nouvel accord couvre toutes les conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (OIT) , dont la convention 190 sur la violence et le harcèlement; elle renforce l'attachement aux droits des travailleurs, l'accès des syndicats et les pratiques responsables dans la chaîne d'approvisionnement.

La santé et la sécurité reste un thème central qui fait l'objet d'un contrôle constant et d'un devoir de vigilance pour s'assurer que les engagements pris sont respectés. Les deux parties insistent sur le fait que les initiatives volontaires ne suffisent pas à elles seules et qu'une mise en œuvre, une vérification et des mécanismes d'application robustes sont essentiels pour que la voix des travailleurs soit entendue tout au long de la chaîne d'approvisionnement d'ASOS.