IndustriALL et H&M renforcent leur coopération pour soutenir le redressement de la confection au plan mondial

Depuis le début de la crise, H&M et IndustriALL ont agi sous différentes formes, tant au niveau bilatéral que dans le cadre d’initiatives multipartites. Cette coopération a été essentielle pour soutenir la chaîne d’approvisionnement et le secteur pendant cette période.

IndustriALL et H&M ont entretenu une étroite coopération aux niveaux mondial et national, notamment au sein des comités nationaux de suivi établis dans six pays en vertu de l’accord-cadre mondial, signé pour la première fois en 2015.

Afin de minimiser les impacts de la pandémie mondiale de Covid-19 et de renforcer la coopération par-delà celle-ci, H&M et IndustriALL réaffirment et renforcent maintenant publiquement leurs engagements à travailler ensemble avec les fournisseurs.

“Les fournisseurs de l’industrie manufacturière ont besoin de stabilité et de prévisibilité pour préserver les conditions d’emploi et de revenu ; c’est le type d’engagement qu’apporte cette déclaration commune. Nous travaillons ensemble pour aider le secteur à se renforcer afin de sortir de la crise, de sauver des emplois et de préserver les droits et les revenus des travailleurs et travailleuses.

Ce signe clair de H&M à ses fournisseurs est crucial pour que nos syndicats affiliés puissent exercer pleinement leur rôle de défense des emplois, des droits, des salaires et des conditions de travail des travailleurs et travailleuses tout au long de la chaîne d’approvisionnement de H&M”

indique le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Yosef Natour, Responsable de la production du groupe H&M, a déclaré :

“L’importance d’une collaboration étroite et significative entre les entreprises et les syndicats est devenue encore plus évidente pendant la pandémie. Ce n’est qu’en unissant nos forces, en particulier au sein des usines, que nous pourrons utiliser efficacement notre influence et notre expertise combinées pour relever les défis liés à la protection des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses dans le contexte de la Covid-19.”

On retrouve au sein de l’accord conjoint :

“Cette déclaration commune confirme l’engagement réel de H&M à poursuivre et à renforcer notre étroite coopération fondée sur l’accord-cadre mondial. Des défis nous attendent, mais l’amélioration des conditions de travail et une industrie de la confection durable ne peuvent être obtenues que par la coopération,”

a déclaré Marie Nilsson, Présidente du syndicat suédois IF Metall, cosignataire de l’accord.

Photo 1 : Shutterstock

Photo 2 : Cérémonie de signature virtuelle, le 15 mars 2021

À Maurice, le Centre de ressources pour les migrants protège les travailleurs migrants contre l'exploitation

Plus de 50.000 travailleurs migrants qualifiés travaillent actuellement à Maurice, principalement dans l'industrie textile et l'habillement. Près de 35 pour cent sont originaires du Bangladesh.

D'après la Confédération des Travailleurs des Secteurs Publique et Privé (CTSP), certains agents disent aux travailleurs que pour réussir dans cette île paradisiaque, ils n'ont qu'à "se baisser pour ramasser l'argent". Pour la CSTP, ces informations sont totalement fausses et les migrants finissent par travailler dans des conditions dangereuses, pour des bas salaires pendant les trois ans de leur contrat.

Dans ces conditions, les travailleurs migrants ont du mal à rembourser les sommes énormes qu'ils ont dû emprunter pour payer leur voyage à Maurice. Il est de plus en plus difficile d'épargner pour envoyer de l'argent à leurs familles, et ils rentrent souvent au pays sans grand-chose des trois années passées à Maurice.

 

On note aussi des cas de servage pour dette lorsqu'un travailleur est forcé de travailler pour rembourser une dette. Dans ce cas, le travailleur part à Maurice pour y travailler afin de rembourser une dette contractée dans le pays d'origine. 

D'après ASOS, qui se fournit en vêtements à Maurice et a participé aux réunions préparatoires à la création du Centre de ressources pour les migrants (MRC), les travailleurs ne devraient payer que le voyage et pas les coûteux honoraires des agences de recrutement, qui peuvent atteindre 800 $. D'autres marques sont pressenties pour soutenir le centre.

Les violations des droits des migrants sont notamment la confiscation des passeports, les brutalités subies des employeurs, des durées de travail très longues, les salaires impayés, comme les heures supplémentaires, la rémunération inférieure au salaire minimum, des conditions de vie et des dortoirs sordides, l'absence de transport fourni par l'employeur, l'obligation de travailler sans formation et la barrière de la langue.

Pour combattre l'exploitation des travailleurs migrants, la CTSP, IndustriALL et Anti-Slavery International ont créé en 2018 le Centre de ressources pour les migrants (MRC) pour dénoncer les violations des droits humains et des droits au travail des travailleurs migrants couvertes par la législation mauricienne.

Le MRC, qui fournit une aide aux migrants en les encourageant à se syndiquer et en les informant de leurs droits, a mené 16 campagnes de sensibilisation qui ont touché plus de 700 travailleurs. Des informations leur sont aussi données sur la diversité culturelle à Maurice et sur ce qu'il faut faire pour vivre en sécurité dans le pays. Le MRC accueille aussi les travailleurs licenciés abusivement par leur employeur et publie des brochures en plusieurs langues sur ce qu'il faut faire en cas de violation.

La plupart des travailleurs migrants se sont affiliés à la CTSP après avoir obtenu des informations du Centre et ont porté plainte au ministère du Travail.

IndustriALL, la CTSP et ASOS ont conçu une application sur téléphone portable qui permet aux travailleurs de porter plainte sans risquer d'être persécutés par leur employeur.

Reeaz Chuttoo, le président, et Jane Ragoo, la secrétaire générale de la CTSP, déclarent :

"Le MRC est un outil important pour les travailleurs migrants et il a été d'une grande aide. En outre, la CTSP discute avec le ministre du Travail pour obtenir l'ouverture d'une maison des travailleurs migrants qui pourrait aussi servir de refuge."

Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement, déclare :

"Le MRC est un modèle de solidarité internationale qui peut contribuer à mettre fin aux violations des droits des travailleurs migrants et des normes internationales du travail et faire en sorte de trouver des remèdes. Nous félicitons la CTSP qui défend inlassablement les droits des travailleurs migrants à Maurice".

IndustriALL exhorte les entreprises à garantir les droits fondamentaux au Myanmar

Dans une interview accordée à Workers’ Liberty, Khaing Zar, Président de l’IWFM, affiliée à IndustriALL, déclare que ce sont les précédentes sanctions économiques imposées au Myanmar qui avaient permis la tenue d’élections plus démocratiques.

“Nous demandons à la communauté internationale et aux gouvernements de mettre en place des sanctions économiques généralisées, afin de bloquer tous les flux financiers à destination des militaires. Nous demandons aux institutions financières internationales de geler toutes leurs activités au Myanmar,”

déclare ainsi Khaing Zar.

En début de semaine, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné la violence au Myanmar et appelé l’armée à faire preuve de retenue. Les États-Unis ont imposé des sanctions à deux enfants du commandant en chef du Myanmar et à six entreprises qu’ils contrôlent.

IndustriALL a contacté des entreprises multinationales déployant des activités au Myanmar pour leur demander d’agir pour protéger les droits de l’homme et du travail fondamentaux et pratiquer une diligence raisonnable. Il s’agit notamment de sociétés du secteur de l’énergie telles que Shell, EDF, Engie, Total et Eni.

“Les entreprises doivent veiller à ce que leurs activités commerciales et leurs fournisseurs ne contribuent pas aux violations des droits de l’homme ou ne les aggravent pas, et aucun travailleur ou dirigeant syndical ne doit être sanctionné pour avoir participé à des manifestations pacifiques contre le coup d’État,”

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

Le mois dernier, à l’initiative d’IndustriALL, des enseignes mondiales s’approvisionnant en produits de confection au Myanmar ont publié une déclaration commune affirmant leur engagement envers les normes démocratiques :

“en tant qu’entreprises, notre engagement est de respecter pleinement les droits de l’homme et les droits des travailleurs au sein de nos activités et de nos chaînes d’approvisionnement, en particulier le droit à la liberté de réunion pacifique, à la liberté d’opinion et à la liberté syndicale, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme.”

Valter Sanches a déclaré :

“Nous soutenons l’appel lancé par les citoyens du Myanmar en faveur d’une campagne mondiale visant à « Cesser d’acheter des produits de la junte et demander aux entreprises d’user de leur influence pour obtenir la libération des détenus, rétablir les institutions démocratiques et garantir les droits de l’homme et du travail pour tous les travailleurs et travailleuses du Myanmar, en particulier la liberté syndicale, le droit de manifester pacifiquement et la liberté d’expression. »”

Haïti : les syndicats réclament le retour à la démocratie

38 organisations syndicales haïtiennes ont signé une déclaration commune appelant au respect de la Constitution de 1987 et au rétablissement de l'état de droit et de la démocratie en Haïti. Les syndicats accusent le président Jovenel Moïse de prolonger son mandat en violation de la Constitution.

La centrale syndicale CGTP, dont est membre l'affilié d'IndustriALL GOSTTRA, est un des signataires. Pour le coordinateur du GOSTTRA, Réginald Lafontant,

"La situation des travailleurs haïtiens est intolérable. Il est du devoir du mouvement syndical de faire respecter la Constitution."

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire a statué que le mandat présidentiel de cinq ans de Jovenel Moïse s'est achevé le 7 février de cette année. Le président gouverne par décrets depuis 2020, après avoir dissous le parlement. Les élections n'ont pas eu lieu et Jovenel Moïse a déclaré son intention de rester en poste jusqu'en février 2022.

Les protestations réclamant le respect de la constitution et la démission de Jovenel Moïse se sont multipliées. La population manifeste contre la pauvreté et la disette, sous un gouvernement corrompu et incapable d'assurer les services de base.

D'après les syndicats, les bandes armées soutenues par le gouvernement se multiplient. Elles ont commencé par s'en prendre à ceux qui réclament de meilleures conditions d'existence et pratiquent maintenant l'incendie criminel, les enlèvements d'opposants, les menaces contre les dirigeants syndicaux et jusqu'aux viols de femmes.

Les syndicalistes subissent une répression systémique, avec une vague de licenciements, des arrestations arbitraires et des menaces de mort dans les rares secteurs où les travailleurs ont réussi à s'organiser, comme dans l'enseignement, le service public et dans les zones franches d'exportation.

Jovenel Moïse a dit qu'il considère l'actuelle Constitution trop libérale, et il a décidé de la changer le 25 avril. Les centrales syndicales haïtiennes soulignent que ceux qui osent dire "non" seront menacés, en particulier les syndicalistes.

Les Syndicats mondiaux ont publié une déclaration commune et lancé une campagne de solidarité avec le peuple haïtien, en envoyant des lettres aux gouvernements leur demandant de ne plus soutenir Jovenel Moïse.

Le secrétaire général d'IndustriALL Valter Sanches a écrit au GOSTTRA pour :

"exprimer notre solidarité avec le peuple haïtien dans votre lutte pour rétablir la démocratie, l’état de droit et le respect des droits humains et syndicaux. Nous sommes outrés par les violations systématiques des droits par le gouvernement. Nous dénonçons vigoureusement le mal causé à tous les niveaux par l’équipe au pouvoir en Haïti."

Les syndicats portent la question de la diligence raisonnable au niveau européen

Les affiliés européens d’IndustriALL Global Union et d’IndustriAll Europe font campagne pour que la Commission européenne adopte une législation sur la diligence raisonnable. Cette législation obligerait les entreprises à agir sur les violations avérées et potentielles des droits de l’homme et les risques environnementaux dans leurs propres activités, leurs chaînes d’approvisionnement et les services qu’elles utilisent.

Les 4 et 5 mars, 80 participants de plus de 20 syndicats européens se sont réunis en ligne pour discuter du thème “La diligence raisonnable des entreprises et informations non financières : menaces ou nouveaux leviers pour les représentants des travailleurs ?” Cette rencontre a été organisée en coopération avec le cabinet de conseil Syndex. Il comprenait une journée complète de formation pour les délégués sur la compréhension et l’utilisation de la législation proposée.

Ben Richards, du syndicat Unite au Royaume-Uni, a souligné que “la diligence raisonnable ne doit pas remplacer l’action syndicale coordonnée au niveau mondial”, mais doit être considérée comme un outil supplémentaire.

Luc Triangle

Le Secrétaire général d’IndustriAll Europe, Luc Triangle, a déclaré :

“Il n’est pas seulement important de disposer de règles européennes contraignantes en matière de diligence raisonnable et de gouvernance d’entreprise durable, mais nous devons également former nos représentants des salariés pour nous assurer qu’ils puissent utiliser cet outil important dans leur travail quotidien. En outre, nous devons savoir quel type de préoccupations ou d’attentes ils ont.”

S’exprimant lors de la rencontre, Paul Nemitz, Conseiller principal en matière de justice auprès de la Commission européenne, a présenté des arguments convaincants en faveur d’une législation sur la diligence raisonnable, sur la base d’études et de consultations qui se sont étendues sur trois ans. Il a expliqué que la diligence raisonnable sert les objectifs politiques privilégiés par les syndicats et leurs alliés, mais qu’elle est également bonne pour les affaires, car elle décourage une réflexion à court terme qui rend les entreprises vulnérables aux ralentissements et autres crises. La législation rendra les entreprises européennes plus résilientes en encourageant la planification à long terme et la stratégie commerciale. La législation renforcera également le dialogue social en redéfinissant les intérêts de l’entreprise pour y inclure la durabilité, les travailleurs et travailleuses, l’environnement et le bien commun, ainsi que les actionnaires.

Une législation est nécessaire pour créer des conditions de concurrence équitables. L’approche volontaire n’a pas fonctionné : en février 2020, la Commission a publié une étude selon laquelle seule une entreprise sur trois prend actuellement des mesures de diligence raisonnable.

Ce travail s’appuie sur l’évolution de la jurisprudence mondiale : en 2011, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a approuvé les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, qui ont introduit la première norme mondiale en matière de diligence raisonnable. D’autres organisations internationales ont ensuite élaboré des normes de diligence raisonnable fondées sur ceux-ci, comme les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, de 2011, et la Déclaration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales et la politique sociale, de 2017.

Des législations nationales ont suivi, dont la plus récente est l’annonce d’un projet de loi en Allemagne. M. Nemitz propose que la législation européenne ait une plus grande portée que l’initiative allemande, en y incluant les petites entreprises et en développant une approche mesurée de la responsabilité des fournisseurs.

Ce 10 mars, les députés ont adopté un rapport de la commission des affaires juridiques du Parlement européen recommandant à la Commission d’adopter une législation sur la diligence raisonnable conforme à ces lignes directrices. Les députés ont fait valoir que toutes les entreprises qui veulent accéder au marché intérieur de l’UE devraient prouver qu’elles respectent les obligations de diligence raisonnable.

Kemal Özkan

S’exprimant sur ce nombre croissant d’instruments juridiques, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous nous battons pour une diligence raisonnable obligatoire tout au long de la chaîne d’approvisionnement, assortie de sanctions et d’un accès à des recours pour les victimes. Cela contribuera à rééquilibrer le pouvoir économique en faveur des travailleurs et travailleuses. Il existe un certain nombre de systèmes et de cadres juridiques différents. Nous devons les rassembler pour brosser un tableau global cohérent qui améliore les conditions de travail.”

Explication de la violence domestique et du rôle des syndicats

Reconnaître la violence domestique

PARTIE 2: «Explication de la violence domestique et du rôle des syndicats». Nous ne pouvons pas lutter contre la violence domestique si nous ne pouvons pas la reconnaître.

Les Syndicats mondiaux rencontrent une dirigeante de l'opposition bélarusse

Le thème de la réunion était la situation effroyable au Bélarus après l'élection présidentielle d'août 2020 et la répression qui a suivi contre les manifestants qui contestent pacifiquement ses résultats.

Au départ, le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a affirmé la détermination du mouvement syndical mondial à soutenir la démocratie au Bélarus où les droits fondamentaux des travailleurs sont violés et les syndicats indépendants, leurs dirigeants et leurs activistes subissent la répression, au mépris des normes internationales du travail que le Bélarus a ratifiées.

Il a annoncé que les Syndicats mondiaux ont dressé une liste d'entreprises ayant des activités au Bélarus et collaborent avec leurs affiliés ayant des liens avec ces entreprises pour les exhorter à appliquer le devoir de diligence dans leurs activités dans ce pays.

Les entreprises ayant des activités au Bélarus doivent veiller :

Mme Tikhanovskaïa a remercié le mouvement syndical pour son soutien et a souligné l'importance de cette réunion pour discuter de mesures concrètes en vue du rétablissement de la démocratie au Bélarus. Elle a ajouté que le soutien aux comités de grève et aux syndicats libres et indépendants est primordial.

La réunion que j'ai eue aujourd'hui avec des représentants de @IndustriALL_GU a été fructueuse. Je les remercie pour leur soutien aux travailleurs du Bélarus en butte à la répression du régime. Il est primordial de soutenir les syndicats indépendants et les comités de grève, pour garantir le droit de grève et assurer aux travailleurs des conditions de travail sûres et salubres. pic.twitter.com/nTvuyYVU92

– Svetlana Tikhanovskaïa (@Tsihanouskaya) 10 mars 2021

Elle a expliqué que la crise humanitaire au Bélarus s'est aggravée et prend des proportions énormes. Depuis le mois d'août, six personnes au moins ont été tuées ­lors des manifestations et plus de 33.000 ont été arrêtées. Beaucoup font état de tortures en détention, et le Haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies a reçu 4.644 plaintes pour violences policières et au moins 500 cas de torture.

Le président d'IndustriALL, Jörg Hofmann, a expliqué qu'IndustriALL a suivi les événements au Bélarus de près et avec une vive préoccupation. Le comité exécutif a adopté une déclaration de solidarité avec les syndicats indépendants du Bélarus à sa réunion de novembre 2020. IndustriALL a ensuite consulté ses affiliés bélarusses quant à la possibilité de rencontrer Mme Tikhanovskaïa, une demande qui a été bien accueillie.

Sue Longley, de l'internationale des travailleurs de l'alimentation UITA, a évoqué le courage et la résilience face à la répression. Trois cents personnes ont été condamnées à des peines de plus d'un an de prison, dont trois membres de son affilié BITU.

Owen Tudor, de la CSI, a ajouté : Nous représentons plus de 200 millions de travailleurs dans le monde, affiliés à des syndicats libres et indépendants, et qui réclament la démocratie au Bélarus."

Dans un communiqué de presse, le mouvement syndical mondial s'est engagé à coopérer avec des représentants indépendants de la société bélarusse, notamment avec le bureau de Svetlana Tikhanovskaïa, pour restaurer les libertés et les droits syndicaux au Bélarus. Il s'agit notamment du droit fondamental d'association et du droit d'organiser indépendamment des activités syndicales sans l'ingérence et sans pression des instances gouvernementales ou des employeurs.

À propos du rôle des syndicats, un porte-parole du bureau de Svetlana Tikhanovskaïa a déclaré :

"Nous avons eu deux grandes vagues de grèves, ce qui était neuf pour nous; personne n'avait fait grève depuis l'effondrement du l'Union soviétique, il y a trente ans, et il fallait réapprendre comment faire. Les grèves se sont répandues partout jusqu'à ce que les chefs d'entreprises disent qu'il est illégal de faire grève pour des motifs politiques. Le mouvement a alors faibli.

"Nous devons préparer le Bélarus à la transformation démocratique. Il faut que les gens sachent que la grève est un droit de l'homme et il faut des institutions pour l'appuyer. Les travailleurs sont le moteur de cette révolution. Loukachenko perd le contrôle et ne pourra plus tenir longtemps. Nous devons accélérer le processus de sa destitution avant qu'il fasse plus de dégâts et fasse encore souffrir."

Les syndicats obtiennent des résultats lors de la réunion technique de l’OIT sur le secteur automobile

La Réunion technique sur l’avenir du travail dans le secteur automobile s’est tenue du 15 au 19 février 2021. Comme pour toutes les réunions de l’OIT, un comité tripartite a été chargé d’élaborer un plan pour le secteur, les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs se réunissant, physiquement et virtuellement, pour une semaine de négociations.

L’industrie automobile est en pleine mutation, sous l’effet de la nécessité de passer à une économie neutre en carbone, du développement de véhicules électrifiés, de nouvelles formes de transport et d’un certain nombre d’autres facteurs. La conséquence pour les travailleurs est que de nombreuses usines automobiles ferment, que les entreprises réduisent leurs effectifs et que l’on assiste à un passage de fonctions de col bleu à des fonctions de col blanc. Les fournisseurs de composants sont également fortement touchés, car les voitures électriques n’utilisent qu’une fraction des composants des voitures à essence et diesel.

La réunion a permis d’élaborer une feuille de route pour guider le secteur dans cette transformation avec le moins de perturbations possible, tout en conservant ses capacités de fabrication complexes et les compétences des travailleurs et travailleuses. La délégation des travailleurs s’est battue pour que des concepts clés tels que la Transition juste, le travail décent, l’égalité des sexes et l’apprentissage continu soient pris en compte dans le document final. Elle a également veillé à ce que les chaînes d’approvisionnement mondiales et les procédures de diligence raisonnable qui les concernent soient mentionnées dans les conclusions. Le dévouement de nos collègues a permis de mettre l’accent sur la dimension sociale de cette transformation et sur une exigence fondamentale : que personne ne soit laissé pour compte.

Reflétant les nouvelles pratiques de travail engendrées par la pandémie de Covid-19, les représentants du gouvernement et des travailleurs étaient physiquement présents dans le bâtiment de l’OIT à Genève, mais dans des pièces séparées. Le porte-parole du groupe des travailleurs, Ben Norman de Unite, a décrit la réunion comme une “expérience surréaliste dans un bâtiment presque désert”.

D’autres participants ont rejoint la réunion en mode virtuel. Les représentants des travailleurs comprenaient des militants syndicaux d’Allemagne, d’Argentine, du Brésil, du Canada, de France, de Corée, des Philippines, d’Espagne, de Turquie, du Royaume-Uni et des États-Unis. IndustriALL était représenté par son Secrétaire général adjoint Atle Høie et son Directeur pour le secteur automobile Georg Leutert.

Le groupe des travailleurs a rejoint les négociations via Zoom

“Le groupe de travailleurs s’est présenté bien préparé”, a indiqué Ben Norman.

“Nous avons réussi à convaincre les employeurs et les gouvernements de l’importance de la diligence raisonnable, de la nécessité de répondre aux préoccupations concernant les conditions de travail dans les chaînes d’approvisionnement et du rôle crucial de la négociation collective et du dialogue social. Nous avons toujours été d’accord sur l’importance de l’apprentissage en continu, qui est au cœur du document final.”

“Nous étions bien organisés, car c’est notre travail quotidien en tant que syndicalistes,” a ajouté Angelo DiCaro d’Unifor.

Isabelle Gagel, ancienne étudiante de l’Université mondiale du travail, a enregistré une série de vidéos pour aider les participants à se préparer : une sur les questions essentielles à débattre, une sur la dimension de genre de l’évolution du monde du travail et une sur les procédures de réunion de l’OIT ainsi que les questions techniques.

La réunion a parfois été conflictuelle, un participant décrivant les employeurs comme “luttant avec acharnement pour maintenir la réalité hors de la pièce” et “traitant les travailleurs comme des outils jetables et non comme des êtres humains”. Le fait qu’il n’y ait pas eu de possibilité de se parler tranquillement pendant les pauses café a également contribué à cette atmosphère de confrontation.

Atle Høie a émis une réflexion sur le rapport entre la quantité de travail fournie lors de la réunion et son résultat final :

“Des semaines de travail pour aboutir à un document de six pages peuvent sembler étranges. Il a souvent fallu se battre afin de trouver la bonne formulation pour l’OIT tout en exprimant notre point de vue, mais nous sommes parvenus à bon port. Nous étions bien préparés et nous avons réussi à négocier de bonnes conclusions.”

Le document final donne à l’OIT un mandat et un budget pour mener à bien des activités visant à promouvoir le dialogue social. Le document salue la valeur du secteur automobile pour l’économie mondiale et le travail décent. Tout en créant des emplois, ce secteur doit s’attaquer à son empreinte environnementale et aux conditions de travail dans ses chaînes d’approvisionnement.

La transformation du secteur automobile est inégale et les participants ont estimé que les pays de l’hémisphère sud devaient bénéficier davantage de ce processus. Plusieurs des conclusions les plus importantes font particulièrement référence à ces pays. Les affiliés ont déjà prévu un suivi : en Turquie, par exemple, le syndicat Turk Metal, présent dans l’automobile, va se rapprocher de la fédération des employeurs MESS pour élaborer une approche de la gestion de la transition. En Corée, le syndicat des métallurgistes KMWU exigera un dialogue social sur la transformation par le biais de la négociation collective, en utilisant le cadre élaboré lors de la réunion. L’Alliance des métallurgistes des Philippines en fera un sujet à aborder lors des prochaines négociations collectives.

Pour les syndicats, la réunion a eu un double résultat : un bon document de travail qui influencera fortement la politique de transformation du secteur automobile et un groupe soudé de syndicalistes informés des enjeux et attachés à travailler ensemble.

Georg Leutert a résumé les travaux en ces termes :

“J’admire la passion et l’enthousiasme de tous ceux qui se sont portés volontaires pour participer aux négociations dans ces circonstances, seuls devant leur écran d’ordinateur, tôt le matin ou tard le soir. Nous nous sommes organisés pour défendre l’emploi, car chaque emploi compte.”

Les syndicats de LafargeHolcim s'engagent à intensifier leur campagne

Cette demande fait suite à une réunion en ligne dans laquelle plus d'une centaine de participants de 42 pays ont envisagé des stratégies syndicales pour exiger que LafargeHolcim arrête ses mauvaises pratiques en matière de travail.

"LafargeHolcim doit reconnaître les syndicats, ce qui veut dire que nous devons être plus offensifs et faire pression sur l'entreprise,"

déclare le secrétaire général de l'IBB, Ambet Yuson.

En 2020, cinq travailleurs ont perdu la vie sur des sites de LafargeHolcim, dont quatre employés par des sous-traitants. Ces accidents du travail auraient pu être évités, alors que des travailleurs subissent des conditions de travail dangereuses, des durées de travail excessives et l'absence d'équipement de protection individuelle (EPI).

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan déclare :

"Une fonction importante de ce réseau syndical consiste à nous faire entendre et à revendiquer nos droits. Et nous réclamons le respect des droits fondamentaux des travailleurs, notamment la santé et la sécurité là où elle fait défaut chez LafargeHolcim."

De nombreux participants ont pris la parole afin de rendre compte de la situation de LafargeHolcim dans leur pays. L'actuelle pandémie de Covid-19 n'est pas seulement une crise sanitaire, c'est aussi une crise économique qui frappe durement les travailleurs. En Ouganda, des travailleurs sont forcés de manger et dormir sur le lieu de travail pendant près de deux semaines, et on note un manque important d'EPI.

Au cours des cinq dernières années, LafargeHolcim a réduit le nombre de ses salariés de 33.547 unités, tout en accroissant le recours à la sous-traitance. Sur de nombreux sites, les travailleurs externalisés constituent la grande majorité du personnel de l'entreprise.

Au Zimbabwe aussi, les travailleurs externalisés constituent une large proportion de la main-d’œuvre. Les violations des droits des travailleurs ont augmenté; 60 pour cent d'entre eux ont été renvoyés dans leurs foyers sans salaire et les 40 pour cent restants n'ont pu quitter leur lieu de travail pendant un mois.

En Jordanie, LafargeHolcim enfreint les conventions locales et refuse de cotiser aux fonds de pension.

Le Conseil syndical mondial de LafargeHolcim a exprimé sa solidarité avec le syndicat colombien des travailleurs du papier Sintracarcol et avec ses membres confrontés à des licenciements en masse, à l'antisyndicalisme et au non-respect de la convention collective chez Cartones de Colombia, l'entreprise qui fabrique les sacs pour le ciment de LafargeHolcim.

Dans une déclaration adoptée à l'unanimité à la fin de la réunion, le Conseil syndical mondial de LafargeHolcim se dit solidaire de tous les travailleurs et de leurs syndicats sur les sites de LafargeHolcim du monde entier.

 

Alors que LafargeHolcim ne fait rien pour prévenir, atténuer ou remédier aux problèmes de droits de l'homme qui se posent chez elle, en particulier lorsqu'il s'agit des conditions de travail dans ses filiales et chez ses sous-traitants, la déclaration réclame un arrêt des mauvaises pratiques de travail.

LafargeHolcim doit notamment :

Pour pousser LafargeHolcim à respecter les droits des travailleurs, le réseau a arrêté un plan d'action pour intensifier sa campagne. Il s'agit notamment de réclamer un accord-cadre mondial, de mobiliser en vue d'une journée d'action mondiale et de contacter des investisseurs en prévision de l'assemblée générale annuelle de l'entreprise du 4 mai.

Pas d’avancées au niveau de la crise de santé et sécurité en Inde

L’intensification de la crise de la sécurité en Inde est mise en évidence par le fait que les 14 accidents rapportés dans la presse en 2021 ont déjà coûté la vie à 42 travailleurs et fait une centaine de blessés. Ces accidents se sont produits dans des entreprises de fabrication de produits chimiques et pharmaceutiques, des entreprises sidérurgiques et dans des mines.

Lors d’un accident survenu le 4 mars dans les mines de charbon SIAL Ghogri, propriété de Reliance cement, dans le district de Chindwara (Madhya Pradesh), un travailleur en sous-traitance, Rakesh Nikote, 27 ans, est mort sur le coup alors qu’un autre travailleur était grièvement blessé. Le plafond de la mine s’est effondré pendant que les travailleurs étaient en train de forer pour l’étayer. Le même jour, dans les mines de Dipika, de la South Eastern Coalfields Limited, c’est le câbleur Gajpal Singh qui a été tué, une pierre tombée d’une excavatrice l’ayant atteint à la tête.

Des accidents évitables ont également été signalés dans le secteur automobile. Umesh Ramesh Dhake, un soudeur du site de Chakan de l’Automotive Stampings and Assemblies Ltd, a été mortellement blessé à la tête et au cou le 24 février lorsqu’une unité robotisée lui est tombée dessus, semble-t-il en raison de la défaillance d’un capteur.

Trois travailleurs ont été tués, quatre ont été portés disparus et 26 blessés, lors d’une gigantesque explosion survenue tôt le matin du 23 février à l’usine United Phosphorus Ltd de la Gujarat Industrial Development Corporation, dans la zone industrielle de Jhagadia. Des informations préliminaires suggèrent qu’un court-circuit électrique aurait pu provoquer un incendie de solvant. L’accident a provoqué une immense pollution et l’Office de contrôle de la pollution du Gujarat a ordonné la fermeture de l’usine.

Le 12 février dernier, un accident s’est produit dans une usine de feux d’artifice du district de Virudhunagar, dans le Tamil Nadu, et le bilan est passé à 21 décès parmi les ouvriers.

Dans un accident survenu le 11 février à l’usine de céramique de Gris, dans le village de Rangpar, près de la ville de Morbi, l’un des 12 silos contenant 60 à 70 tonnes de matière première argileuse s’est effondré. Deux des trois travailleurs coincés sous les débris ont été retrouvés morts.

De mai à décembre 2020, un recensement des accidents signalés par les médias au sein les secteurs manufacturiers montre que plus de 118 personnes ont été tuées et 682 blessées dans le cadre d’environ 64 accidents. 55 travailleurs et travailleuses ont été tués dans l’industrie chimique et pharmaceutique et 43 travailleurs et travailleuses ont perdu la vie dans le secteur minier dont 18 au sein de charbonnages.

Selon les statistiques officielles, entre 2014 et 2018, 5.800 travailleurs et travailleuses ont subi des blessures mortelles dans des accidents d’usine répertoriés. En moyenne, au moins 1.160 travailleurs ont été tués dans le cadre d’accidents industriels chaque année. Il semblerait que ces chiffres sous-estiment le nombre réel de décès. Les chiffres officiels pour 2019 et 2020 ne sont pas encore disponibles, ce qui montre que l’Inde a besoin d’une meilleure remontée des informations et d’une plus grande transparence concernant les données sur les accidents.

Les États où un grand nombre de blessures mortelles sont survenues au cours de cette période sont les suivants :

SQ Zama, Secrétaire général de la Fédération nationale des mineurs d’Inde, a déclaré :

"Nous sommes sérieusement préoccupés par l’augmentation des accidents mortels dans tout le pays et dans le secteur minier. Des activités minières non planifiées, le déploiement généralisé de travailleurs sous-traitants sans formation à la sécurité au niveau des activités minières, la négligence des règles de sécurité et le manque d’équipements de sécurité continuent de coûter la vie aux travailleurs et travailleuses. Nous devons faire des efforts déterminés pour mettre fin aux accidents et le gouvernement doit envoyer un message fort et prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité."

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“En juin 2020, IndustriALL Global Union a conseillé au gouvernement indien de prendre des mesures rapides pour éviter une répétition de la tragédie de Bhopal.

Il est consternant de constater qu’aucun effort significatif n’a été fait par le gouvernement indien pour faire face à la crise en matière de sécurité. Nous répétons que le gouvernement devrait immédiatement appeler à une révision des réglementations en matière de sécurité. Les principes de gestion de la sécurité des processus doivent être intégrés dans le cadre législatif et réglementaire. Une consultation publique, la participation d’experts en sécurité et des syndicats ainsi qu’une transparence totale sont nécessaires pour améliorer la sécurité et prévenir les accidents, et ce doit être fait immédiatement”.