IndustriALL appelle l’OIT et l’UE à intervenir en Biélorussie
IndustriALL Global Union dénonce à nouveau avec force les violations continues des droits fondamentaux de l’homme et des travailleurs, les attaques contre les syndicats indépendants et la répression des dirigeants et militants syndicaux, en violation des normes internationales du travail, ratifiées par la Biélorussie.
Lors de la perquisition brutale du bureau de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des travailleurs de la radio et de l’industrie électronique biélorusse (REP), la police a trouvé une cartouche de fusil de chasse, qui, selon la direction du syndicat, avait été disposée là pour justifier de nouvelles répressions. Cette découverte pourrait donner lieu à des accusations d’activité terroriste avec à la clé emprisonnement à vie ou peine de mort. Compte tenu des violations systématiques des droits de l’homme et du manque de justice en Biélorussie, le Président du REP, Vassily Zavadsky, a quitté le pays pour échapper à une détention illégale très probable.
Le Syndicat libre des métallurgistes (SPM), affilié à IndustriALL, a souligné que des contrats de travail dans des entreprises biélorusses comportent des clauses interdisant la participation à des manifestations, la liberté d’opinion et sa libre expression, des violations sans précédent des droits de l’homme et des travailleurs. C’est le cas de la grande usine automobile publique de Minsk, qui emploie 15.000 travailleurs et exporte des véhicules lourds dans des dizaines de pays partout dans le monde.
Les droits et libertés qui nous concernent au premier chef, y compris la liberté syndicale ou le droit d’organiser des activités syndicales de manière indépendante, ne sont plus garantis. Le Syndicat indépendant biélorusse (BITU), affilié à IndustriALL, rapporte que les autorités refusent l’enregistrement de sections syndicats locales, s’agissant notamment de l’usine sidérurgique BMZ.
Dans un courrier adressé à l’OIT, IndustriALL demande une intervention urgente, avec l’adoption toutes les mesures possibles pour mettre fin à l’ingérence des forces de l’ordre dans les affaires des syndicats et à la répression des dirigeants et des militants syndicaux indépendants.
Dans un courrier commun, IndustriALL Global Union et IndustriAll Europe demandent à la Commission européenne de revoir une fois de plus les relations politiques et économiques actuelles avec la Biélorussie et d’utiliser toutes les mesures possibles pour mettre fin aux actes antidémocratiques et violents ainsi qu’aux attaques contre le mouvement syndical indépendant et pour exiger la libération immédiate de tous les dirigeants, militants et travailleurs des syndicats indépendants ainsi que le retrait de toutes les accusations portées contre eux.
Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :
“Les syndicats indépendants et démocratiques jouent un rôle essentiel dans la promotion de la démocratie ainsi que dans la construction d’une gouvernance et d’une société démocratiques dans tous les pays du monde ; la Biélorussie ne fait pas exception. En cette période importante et difficile de soulèvement du mouvement pro-démocratie biélorusse, suivi de sa répression, le mouvement syndical indépendant doit être soutenu par une intervention politique de haut niveau de la part de l’Union européenne.”
Les syndicats mongols bloquent la hausse des primes de l'assurance sociale
Le 26 février, alors qu'il présidait la réunion tripartite nationale avec des représentants des syndicats et du patronat, le ministre mongol du Travail et de la Protection sociale, A. Ariunzaya, a cédé aux revendications des syndicats et annoncé que le gouvernement renonçait à cette décision controversée.
En Mongolie, la couverture sociale comprend diverses prestations, dont les pensions, les accidents du travail, le chômage et l'assurance-maladie. Avant l'augmentation, les cotisations des employeurs et des salariés étaient, respectivement, de 12,5 et 11,5 pour cent.
Le président de la Fédération des syndicats de travailleurs de l'énergie, de la géologie et des mines de Mongolie (MEGM), Buyanjargal Khuyag, a réagi en ces termes :
"Nous remercions le gouvernement pour avoir entendu la voix des travailleurs. La majorité des travailleurs mongols sont opposés à la hausse des primes parce qu'ils ne peuvent bénéficier de beaucoup de prestations après leur départ à la retraite, à l'âge de 60 ans. La durée moyenne de vie en Mongolie est de 66 ans pour les hommes et 76 ans pour les femmes."
Début février, la Confédération des syndicats mongols (CMTU) a mobilisé les 200.000 adhérents de ses 14 affiliés sectoriels et 22 régionaux et organisé des manifestations nationales en ligne et sur le terrain pour demander au gouvernement de bloquer cette augmentation.
Les deux affiliés mongols d'IndustriALL Global Union, la MEGM et la Fédération des syndicats mongols de travailleurs de l'industrie (MITUF), sont affiliés à la CMTU.
En collaboration avec la CMTU, toutes les branches de la MGEM ont lancé une pétition pour stopper la hausse des primes; elle a récolté 4.759 signatures auprès des adhérents de l'énergie et de la mine.
La MEGM a organisé plusieurs réunions en ligne avec des responsables de branches pour inciter les membres à prendre des photos et les partager sur les réseaux sociaux. Il leur est aussi demandé d'exprimer leurs préoccupations dans des messages adressés à leurs députés.
La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Annie Adviento, a déclaré :
"Nous félicitons nos affiliés pour cette victoire syndicale. Le gouvernement doit amender la loi pour permettre aux proches des travailleurs de bénéficier des prestations; les fonds de pension appartiennent aux travailleurs."
Répression des syndicats par les militaires au Myanmar
La police a lancé des mandats d’arrêt à l’encontre de 20 dirigeants syndicaux, dont la plupart sont issus de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), y compris son vice-président, Soe Lay.
Selon les informations en provenance du syndicat, des policiers en civil tentent de retrouver les dirigeants syndicaux qui ont participé à la grève nationale de lundi.
Le Président de l’IWFM, Khang Zar, a déclaré dans un communiqué :
“L’IWFM a travaillé sans relâche pour protéger les droits et améliorer la vie des travailleurs et travailleuses de la confection ainsi que de leurs familles depuis que nous avons été autorisés à revenir dans le pays après la précédente dictature, en 2012.
Ensemble, le peuple du Myanmar et la communauté internationale peuvent ramener la démocratie. Par la désobéissance civile, les manifestations et les grèves, le peuple du Myanmar s’exprime clairement. Nous avons besoin que la communauté internationale fasse de même. Nous avons besoin que vous soyez à nos côtés pour faire échouer ce coup d’État.”
À ce jour, plus de 100 parlementaires élus et titulaires des principaux ministères, dont Aung San Suu Kyi, ont été arrêtés par les militaires.
“Les syndicats jouent un rôle important dans la lutte pour le retour de la démocratie au Myanmar. Nous apportons notre soutien solidaire et sans équivoque à nos affiliés dans le pays et appelons au retour du gouvernement civil élu par le peuple,”
a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.
L'accord sur l'exonération des textiles tissés est une grande avancée pour la sauvegarde de l'emploi en Afrique du Sud
Cette publication du 5 février annonce des importations hors taxes de textiles tissés. Selon le SACTWU, ce changement de politique va promouvoir la croissance dans les secteurs du textile et de l'habillement. En outre, cela stimulera les marchés publics locaux et augmentera la contribution du secteur à l'industrialisation du pays.
La mesure sauvera des emplois dans une économie qui connaît un taux de chômage élevé. D'après le 4e rapport trimestriel de l'Institut sud-africain de statistique pour 2020, le chômage atteint 32,5 pour cent et jusqu'à 42,5 pour cent si l'on prend en compte le taux de chômage élargi, qui englobe les demandeurs d'emploi découragés.
Cette annonce tombe après quatre mois de négociations avec les partenaires sociaux, au nombre desquels les revendeurs, les fabricants de vêtements et les usines textiles. Les employeurs participant aux négociations représentent 75 pour cent des PMME tandis que le SACTWU représente 90 pour cent des travailleurs. Les négociations ont eu lieu dans le cadre du plan directeur R-CTFL pour la vente au détail dans l'habillement, le textile, la chaussure et le cuir (Retail, Clothing, Textile, Footwear and Leather).
Andre Kriel, le secrétaire général du SACTWU, a déclaré :
"Le consensus qui s'est dégagé par cet accord pour le développement industriel est inédit. Ensemble, ces employeurs et ces organisations de travailleurs constituent le porte-parole le plus représentatif de l'industrie dans ce débat. Il est à noter que les tissus importés sont exclusivement destinés aux entreprises qui ont souscrit au plan directeur R-CTFL et respectent des normes de travail minimales."
Le plan directeur R-CTFL du ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence a pour but de développer la chaîne de valeur du textile et du vêtement. La chaîne de valeur inclut le filage, le tissage, la teinture, le tricotage et l'apprêtage des fibres naturelles et synthétiques et le tannage du cuir.
Les activités de coupe, d'assemblage et de finissage, les maisons de couture, les fabricants de textiles d'ameublement de même que les maroquiniers et les chausseurs font aussi partie de la chaîne de valeur. Les produits locaux et d'importation sont également concernés et la vente au détail porte sur le marché national et international.
Les partenaires sociaux ayant participé aux négociations sont la Fédération nationale de la vente de vêtements au détail (NCRF), l'Association de l'habillement et du textile d'Afrique du Sud (ATASA), l'Association sud-africaine de l'habillement (SAAA), les Fabricants de vêtements d'Afrique du Sud (AMSA) et la fédération du textile Texfed qui représente les usines textiles.
Paule France Ndessomin, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a déclaré :
"Nous félicitons le SACTWU qui ne relâche pas la lutte pour obtenir des accords bénéfiques pour les travailleurs. La chaîne de valeur du secteur textile et du vêtement est essentielle pour l'industrialisation de l'Afrique du Sud et pour la création d'emplois décents."
Les partenaires sociaux ont présenté le plan au gouvernement en septembre 2020. Pour le SACTWU, cette avancée n'a que trop tardé, au bout de quatre décennies de discussions.
Ce que les syndicats peuvent faire pour mettre fin à la violence domestique
La violence domestique comprend tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique qui se produisent au sein de la famille ou du foyer ou entre des conjoints ou partenaires, anciens ou actuels. La violence domestique est un mode de comportement utilisé par une personne pour contrôler ou dominer une autre avec laquelle elle a, ou a eu, une relation intime ou de type familial.
16. Pourquoi les employeurs devraient-ils aborder l’impact de la violence domestique au travail
La violence domestique peut entraver gravement la santé, le bien-être et la sécurité des salariés concernés. Tous les employeurs ont un “devoir de diligence” envers leurs salariés. Les lois sur la santé et la sécurité garantissent que les travailleurs ont le droit de travailler dans un environnement sûr où les risques pour la santé et le bien-être sont pris en compte et traités efficacement. Les meurtres de victimes sur leur lieu de travail montrent à quel point les conséquences de la violence domestique peuvent être graves sur les lieux de travail.
Un employeur peut être considéré comme ayant manqué à son devoir de diligence en ne faisant pas tout ce qui était raisonnable dans les circonstances données pour protéger son salarié.
Les violences domestiques entraînent une baisse de la productivité, une augmentation des absences, une augmentation des erreurs et une augmentation de la rotation du personnel. Elle affecte également les autres membres du personnel qui peuvent : devoir remplacer des collègues absents ou improductifs ; éprouver du ressentiment envers les victimes/survivantes ; essayer de protéger les victimes/survivantes contre les appels téléphoniques et les visites non désirés ; se sentir impuissants et distraits de leur travail ; craindre pour leur propre sécurité.
Les directives des Nations unies sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme prévoient que les entreprises doivent élaborer des mesures et des solutions “transformatrices”, c’est-à-dire capables de “provoquer des changements systématiques dans les structures de pouvoir discriminatoires”. Lorsque les entreprises envoient le message que la violence et les abus domestiques sont inacceptables, cela peut avoir un effet d’entraînement, en envoyant un message fort à la communauté au sens large, en contribuant à changer les normes sociales qui font accepter la violence domestique comme étant normale.
Pour les victimes/survivantes de la violence domestique, le travail représente un refuge loin de leurs agresseurs, où leur travail et leurs capacités peuvent être valorisés et où les échanges avec les collègues permettent de réduire l’isolement. Le travail représente également une source de revenus et d’indépendance financière.
La violence domestique affecte les performances au travail et la victime/survivante peut faire l’objet de sanctions et de licenciement. Personne ne devrait perdre son emploi ou son revenu après avoir subi des violences domestiques. En perdant sa source de revenu, elle perd son indépendance, ce qui rend plus difficile le départ de son agresseur. Les syndicats doivent défendre les droits de ces membres et de ces travailleurs et travailleuses.
La solidarité et l’égalité sont les principaux piliers du travail syndical. La violence à l’égard des femmes est une expression radicale de discrimination. Les syndicats doivent trouver des moyens de soutenir et de protéger les travailleurs et travailleuses victimes/survivant(e)s de la violence domestique.
La violence domestique est également une question de santé et de sécurité, représentant un risque pour la santé et la sécurité des victimes/survivantes, ainsi que de leurs collègues.
18. Faire face aux conséquences de la violence domestique au travail
Les syndicats doivent sensibiliser et éduquer leurs membres et les travailleurs sur l’impact de la discrimination et de l’inégalité des sexes. Ils doivent remettre en question les stéréotypes et les normes sociales qui génèrent et justifient la violence à l’égard des femmes, y compris la violence domestique.
Pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, la C190 préconise une “approche sensible à la dimension de genre” qui “s’attaquera aux causes sous-jacentes et aux facteurs de risque, y compris les stéréotypes sexistes, les formes multiples et croisées de discrimination et les relations de pouvoir inégales entre les sexes”.
Les syndicats doivent également prendre des mesures pour condamner toutes les formes de violence fondée sur le sexe, y compris la violence domestique, et sensibiliser à cette question en établissant, par exemple, une politique interne, un code de conduite ou une déclaration d’égalité pour promouvoir un environnement syndical exempt de violence et de harcèlement, en publiant des articles ou des documents sur la violence domestique et le lieu de travail et en collaborant avec les organisations et associations de la société civile qui luttent contre la violence domestique.
La responsabilité première de la lutte contre la violence domestique incombe aux gouvernements. Les syndicats ont fait campagne, avec les organisations et associations de la société civile, pour obtenir des congés payés et d’autres dispositions légales, comme aux Philippines et en Nouvelle-Zélande où des campagnes intenses ont abouti à l’inclusion de dix jours de congé payé pour les victimes/survivants de la violence domestique, en Australie cinq jours de congé sans solde, ou cinq jours de congé payé dans presque toutes les provinces du Canada.
Les syndicats ont également fait pression sur les gouvernements pour qu’ils ratifient la convention n° 190 de l’OIT et veillent à ce que les gouvernements et les employeurs prennent au sérieux leur devoir de protection des travailleurs victimes de violence domestique, qu’il s’agisse de lieux de travail publics ou privés.
19. Comment les syndicats peuvent-ils soutenir les membres et les travailleuses ?
Les victimes/survivantes font des efforts considérables pour cacher ce qui se passe, en particulier sur le lieu de travail. Très souvent, les femmes souffrent en silence, trop effrayées, ou peut-être trop honteuses pour chercher de l’aide. Les membres qui font confiance au syndicat pour lutter contre la violence domestique et défendre les victimes sont plus susceptibles de se manifester et de se tourner vers un représentant syndical de confiance.
En montrant qu’ils se soucient des victimes, les représentants syndicaux peuvent contribuer à briser leur isolement. Il est essentiel que toute personne qui signale un abus soit sûre que le signalement d’un tel incident sera pris au sérieux. Il est important que le syndicat forme ses représentants à reconnaître les signes de violence domestique, à écouter et à offrir un soutien confidentiel aux victimes et aux survivantes, et à les mettre en contact avec les services existants.
Les syndicats ont élaboré des principes directeurs et des formations pour leurs représentants et leurs délégués afin de s’assurer que leurs tentatives d’aide ne génèrent pas plus de dommages ou de retours de flamme et ne mettent pas quelqu’un en plus grand danger, comme les principes directeurs Do and DON’T (à faire et à ne pas faire) de l’AMWU à l’usage de ses délégués.
Unifor, au Canada, qui a négocié un programme d’intervenantes pour les femmes, compte aujourd’hui plus de 400 intervenantes sur les lieux de travail dans tout le pays. L’employeur paie la formation et les locaux des représentants syndicaux spécialisés qui aident les femmes victimes de harcèlement ou de violence au travail ou dans leur vie personnelle. Les défenseurs offrent un soutien confidentiel et sans jugement, expliquent les options sur le lieu de travail et dans la communauté et aident les membres à s’orienter dans ces systèmes. Les intervenantes sont formées pour reconnaître les signes d’abus, orienter les femmes vers les services compétents et travailler avec l’employeur sur un plan de sécurité.
20. Que faut-il convenir avec les employeurs par le biais de la négociation collective ?
L’élaboration d’une politique solide en matière de violence domestique sur le lieu de travail est essentielle pour faire face à son impact au travail. Les employeurs doivent l’élaborer en collaboration avec les comités de santé et de sécurité ou avec les représentants des travailleurs.
Une telle politique devrait inclure :
une déclaration contre la violence domestique
des formations et des séances de sensibilisation pour les ressources humaines et les chefs de service, ainsi que pour les salariés, sur la manière de reconnaître les signes de violence domestique et de réagir de manière sûre et appropriée
des mesures de protection et des modalités de travail pour les victimes/survivantes
la protection contre les représailles ou la discrimination sur la base de ce qui a été divulgué
une clause de stricte confidentialité
des stratégies de sécurité sur le lieu de travail, y compris des évaluations des risques et des plans de sécurité pour les victimes/survivantes et leurs collègues, lorsque la violence domestique est révélée
Les syndicats peuvent également négocier pour inclure la violence domestique dans les conventions collectives à tous les niveaux, national, régional, sectoriel, de l’entreprise ou du lieu de travail, ou dans les politiques sur la violence et le harcèlement au travail.
Ils peuvent inclure la violence domestique comme exemple de violence couverte par la convention collective ou les politiques, ou négocier des clauses autonomes qui reconnaissent la violence domestique comme une préoccupation importante sur le lieu de travail et qui nécessite un suivi spécifique et des mesures de protection. En mentionnant ouvertement la violence domestique dans les politiques de santé et de sécurité au travail, vous vous efforcez de la déstigmatiser.
Les mesures de protection des victimes/survivantes pourraient comprendre
une protection temporaire contre le licenciement pour les victimes/survivantes
l’aménagement du temps de travail pour adapter leurs horaires de travail, utiliser des pseudonymes et avoir des horaires de travail flexibles
de leur permettre d’apporter les modifications nécessaires pour se protéger contre les abuseurs qui exploitent la connaissance de leurs horaires et de leur lieu de travail
Un congé spécial pour les victimes/survivantes de la violence domestique est essentiel, car il permet aux victimes/survivantes de fuir, de faire face à toute procédure judiciaire ainsi que d’accéder à l’aide, aux services, aux recours et de se réinstaller en toute sécurité.
Les syndicats devraient négocier un minimum de dix jours de congé payé par an en plus des dispositions existantes en matière de congé, prolongé dans des circonstances exceptionnelles, car aucune victime de violence domestique ne devrait avoir à choisir entre sa sécurité ainsi que celle de sa famille et son travail. Si les employeurs n’acceptent pas les dispositions relatives au congé payé, le congé sans solde est la position de repli par défaut, à condition que le poste de travail de la survivante soit garanti.
21. Que peuvent faire les syndicats pendant les périodes de confinement et avec le développement du télétravail ?
Avec l’augmentation de la violence domestique, les syndicats ont été actifs dans la propogation des coordonnées des services de soutien et d’urgence pour les victimes/survivantes de violence domestique. Ils ont également fait pression sur les autorités pour qu’elles augmentent le soutien aux refuges et aux services d’aide aux victimes de violence sexiste, ainsi que pour qu’elles créent un fonds visant à assurer la sortie des femmes de la spirale de la violence.
L’isolement social signifie que les personnes à risque ont moins de contacts avec ceux et celles qui pourraient normalement repérer des signes de maltraitance. Un représentant ou un collègue de travail peut s’avérer être le mieux placé pour apporter de l’aide, car il a un prétexte pour “franchir des portes closes” et s’entretenir avec les personnes concernées par téléphone ou par vidéo.
Les délégués syndicaux peuvent rester en contact avec les membres par le biais des canaux de communication du syndicat, de sites web, de textos leur demandant s’ils se sentent en sécurité chez eux. Les syndicats doivent faire circuler régulièrement des informations sur les mesures de sécurité en matière de violence domestique et sur la manière de demander de l’aide. Les délégués peuvent repérer les signes d’une éventuelle violence domestique, soutenir les victimes et les survivantes qui restent chez elles en raison du confinement et du télétravail.
Les syndicats doivent également travailler et négocier avec les employeurs pour trouver de nouvelles façons d’apporter un soutien aux victimes/survivantes de violence domestique qui travaillent à domicile et adapter et/ou introduire des plans de sécurité sur les lieux de travail et/ou au domicile.
22. Que faire si l’auteur de la violence domestique est un travailleur et/ou un membre d’un syndicat ?
Trouver des solutions au problème de la prise en charge des auteurs qui pourraient être soit des collègues, soit des membres ou représentants syndicaux est une question importante et difficile.
Les abuseurs peuvent utiliser leur temps de travail ou leur équipement pour envoyer des messages abusifs ou pour planifier et exécuter des actes violents. Ils peuvent être préoccupés ou distraits, ce qui affecte leur rendement au travail. Il incombe à l’employeur de fournir un environnement de travail sûr et de réclamer des comptes aux travailleurs impliqués dans des comportements abusifs.
Des mesures et des sanctions disciplinaires, y compris des licenciements, peuvent devoir être appliquées. Les employeurs peuvent aider les auteurs à mettre fin à leur comportement abusif. Les mesures disciplinaires peuvent inclure la participation à des programmes d’assistance et de traitement des auteurs de violences.
Il est important que le syndicat dispose de principes directeurs clairs pour les responsables et les représentants syndicaux sur la manière d’avoir des conversations et de gérer les membres qui sont des auteurs de violence domestique. Les syndicats peuvent conseiller à leurs représentants, s’ils ont connaissance d’un collègue ou d’un membre qui, selon eux, pourrait être l’auteur de violences domestiques, de prendre contact avec lui et de lui indiquer la marche à suivre.
En cas de mesures disciplinaires, le syndicat peut être tenu de représenter les auteurs. Les représentants syndicaux doivent examiner toutes les options pour s’adapter raisonnablement. L’agresseur doit savoir que son comportement est répréhensible et ne sera pas toléré.
Si la victime/survivante et l’agresseur travaillent dans la même entreprise, il peut être nécessaire de prendre des mesures pour s’assurer que la victime/survivante et l’agresseur n’entrent pas en contact sur le lieu de travail. Des mesures peuvent également être prises, comme un changement de fonctions pour l’un ou les deux salariés ou le retrait de l’accès à l’information.
IndustriALL et ASOS unissent leurs forces pour la reprise de l'industrie mondiale du vêtement
Soucieux d'atténuer les impacts de la pandémie de Covid-19 dans l'industrie de l'habillement, IndustriALL et ASOS réaffirment et renforcent leur engagement de travailler ensemble et avec leurs fournisseurs dans une déclaration commune énonçant plusieurs actions.
La coopération a été essentielle pour le soutien de l'industrie mondiale de la confection depuis le début de la pandémie, en 2020. Dans le cas d'ASOS et d'IndustriALL, elle a été à la fois bilatérale et s'est exprimée par des initiatives réunissant divers acteurs, aux niveaux national et mondial, comme c'est le cas pour l'initiative Action mondiale de soutien à l'industrie de l'habillement (AmS) de l'Organisation internationale du travail.
Dans la nouvelle déclaration qu'ils ont signée en février 2021, ASOS et IndustriALL expriment leur engagement à contribuer à la reprise économique de l'industrie du vêtement et à la sécurité des travailleurs.
Les points d'action énoncés dans la déclaration visent notamment à :
renforcer et promouvoir le respect de la liberté syndicale et de la négociation collective dans les chaînes d'approvisionnement d'ASOS
promouvoir le dialogue social à tous les échelons comme solution à privilégier pour le règlement des conflits
réaffirmer les engagements pris depuis le début de la pandémie s'agissant de la stabilité des conditions de paiement afin de soutenir la trésorerie des employeurs et, ainsi, apporter stabilité et prévisibilité aux travailleurs
agir de manière proactive avec les fournisseurs et les syndicats afin de remédier aux effets pervers des agissements abusifs et illégaux de l'un ou l'autre des partenaires sociaux de la chaîne d'approvisionnement d'ASOS
agir de concert avec les pouvoirs publics et les organisations du secteur des marchés d'approvisionnement d'ASOS pour promouvoir leur engagement résultant de l'AmS
"Cette déclaration commune, assortie de points d'action précis, est un élément majeur du plan de reprise pour l'industrie mondiale du vêtement. Elle exprime un engagement commun à respecter les syndicats, tout en protégeant les emplois et les revenus des travailleurs tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
"Nous appelons aussi les autres parties intéressées nationales et internationales à souscrire à cet objectif et à contribuer à la reprise économique et sociale mondiale,"
commente le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.
"La liberté syndicale, la négociation collective et le renforcement des relations professionnelles sont des préalables puissants de l'amélioration des conditions des travailleurs dans la chaîne d'approvisionnement mondiale. Nous sommes fiers de renouveler notre partenariat avec IndustriALL Global Union et de réitérer notre engagement à long terme de travailler ensemble pour contribuer à la sécurité des travailleurs de l'habillement partout dans le monde,"
a déclaré le P-DG d'ASOS, Nick Beighton.
Cette déclaration s'appuie sur le partenariat instauré de longue date entre ASOS et IndustriALL grâce à l'Accord cadre mondial conclu en 2017.
IndustriALL réclame justice pour les victimes de la catastrophe de Pasta de Conchos
Quinze ans se sont écoulés depuis l’explosion au puits n°8 du charbonnage appartenant à la société minière Grupo Mexico, à Pasta de Conchos, Coahuila. L’explosion, qui s’est produite après que du méthane se soit accumulé à des niveaux dangereusement élevés, a provoqué l’effondrement de la mine, emprisonnant 65 travailleurs en son sein.
“Grupo Mexico a été négligent et irresponsable à plusieurs reprises : il est à l’origine de la tragédie de Pasta de Conchos ainsi que de déversements toxiques dans la rivière Sonora et la mer de Cortés, entre autres incidents. L’entreprise n’a jamais été tenue responsable de ses actes,”
a déclaré Napoleón Gómez Urrutia, Sénateur mexicain et Président du syndicat national des mineurs Los Mineros, affilié à IndustriALL Global Union.
À l’époque, le syndicat avait fait part de ses inquiétudes quant à la sécurité dans la mine et avait exigé des changements qui auraient pu contribuer à prévenir la tragédie. Après la catastrophe, le syndicat a demandé que les corps soient récupérés, que les familles reçoivent une indemnisation juste et digne et qu’une enquête objective soit menée sur la tragédie.
Le syndicat a également engagé des poursuites contre l’entreprise pour homicide et négligence professionnelle, mais elles ont malheureusement été rejetées par les gouvernements précédents. En outre, la société n’a pas correctement indemnisé les familles, les autorités n’ont pas mené d’enquête objective et aucun responsable ou actionnaire de la société n’a été poursuivi.
Le Président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, a annoncé lors d’une conférence de presse que les efforts pour récupérer les corps avaient commencé. Il a également déclaré qu’il était en contact permanent avec les familles des mineurs et que le gouvernement jouait son rôle dans la réparation des torts.
Le Président a indiqué que le fait de demander des comptes aux responsables était une procédure légale et relevait de la responsabilité du Procureur général.
Le syndicat des Métallos USW, affilié à IndustriALL, a publié une déclaration demandant que justice soit rendue pour les victimes du désastre de Pasta de Conchos et que Grupo Mexico en soit tenu responsable à la fois par les gouvernements du Mexique et des États-Unis.
Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a ajouté :
“L’homicide industriel de Pasta de Conchos reste vivace dans notre mémoire. Nous n’avons pas oublié, nous n’oublierons jamais et nous ne pardonnerons jamais. Au Mexique, le syndicat Los Mineros continuera à se battre pour la justice, tout comme ici l’ensemble de la famille des mineurs d’IndustriALL.”
Reconnaître la violence domestique
La violence domestique comprend tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique qui se produisent au sein de la famille ou du foyer ou entre des conjoints ou partenaires, anciens ou actuels. La violence domestique est un mode de comportement utilisé par une personne pour contrôler ou dominer une autre avec laquelle elle a, ou a eu, une relation intime ou de type familial.
8. Pourquoi la violence domestique a-t-elle augmenté pendant la Covid-19 ?
On a constaté une augmentation au plan mondial des déclarations de violence domestique pendant la pandémie de Covid-19.
Les conséquences sociales de l’épidémie et des confinements qui y sont liés, avec une perte d’interactions sociales, peuvent avoir accru les tensions inhérentes à la cohabitation forcée et augmenté les risques de violence domestique.
La violence domestique, souvent commise par les hommes, est profondément enracinée dans les masculinités patriarcales qui conduisent au pouvoir et au contrôle des hommes sur les femmes. Au fur et à mesure que la crise et les incertitudes au niveau des individus et des ménages se développent, les auteurs de violences peuvent vouloir réaffirmer leur contrôle et exprimer les frustrations causées par le confinement en multipliant les épisodes de violence.
Le ralentissement économique généré par la Covid-19 avec l’augmentation du chômage et les pertes de revenus, est particulièrement dangereux pour les femmes dans les relations de violence, car le contrôle économique est un outil clé pour les agresseurs. L’insécurité financière peut obliger les victimes à rester avec leurs agresseurs. Il est donc crucial que les gouvernements donnent la priorité à la problématique de la violence entre partenaires intimes dans tous les aspects de leur réponse politique à la pandémie de Covid-19.
9. L’alcool et les drogues justifient-ils la violence domestique ?
Il n’y a aucune excuse ou justification à la violence domestique. Les agressions contre les femmes sont l’héritage d’un état d’esprit où les femmes sont considérées comme des objets ou des propriétés. Les partenaires violents sont souvent protégés par un certain niveau d’acceptation sociale de la violence à l’égard des femmes, considérée comme étant “normale”.
Le stress, la drogue et l’alcool sont des facteurs qui augmentent le risque de violence domestique et peuvent déclencher des agressions. Mais on ne peut pas leur imputer la responsabilité de la violence domestique. De nombreuses personnes sont stressées, consomment de l’alcool ou des drogues et ne sont pas abusives et rien de tout cela ne peut servir d’excuse pour justifier une quelconque forme d’abus.
Il existe également un mythe très répandu selon lequel la violence domestique est un “crime passionnel”, une perte de contrôle momentanée. Mais la violence domestique consiste rarement à perdre le contrôle, il s’agit plutôt de prendre le contrôle. L’agresseur a le contrôle sur la personne qu’il maltraite.
10. Le comportement des victimes/survivant(e)s peut-il justifier la violence domestique ?
Trop souvent, les victimes/survivantes sont montrées du doigt et les hommes violents sont excusés. Peut-être réagissait-il au comportement provocateur de sa femme ou celle-ci l’avait-elle en quelque sort mérité. On en arrive à reprocher à la femme de l’avoir provoqué.
Mais il n’y a pas d’excuse à la violence domestique. Personne ne mérite d’être battu ou tourmenté mentalement.
Cette pratique répandue et profondément enracinée est dangereuse, car toute référence à la provocation signifie que nous rejetons la faute sur la femme et déchargeons l’agresseur de la responsabilité de ses actes. Les abus ou la violence de toute nature ne sont jamais la faute de la victime/survivante. Seul l’agresseur doit être pointé du doigt.
11. Pourquoi est-il dangereux et préjudiciable de blâmer les victimes ?
Malgré des évolutions sociales importantes, les hommes continuent à grandir dans des sociétés patriarcales et dans une culture profondément dominée par les hommes, où la violence à l’égard des femmes est courante et acceptable. Malheureusement, il arrive encore que les femmes indiquent que lorsqu’elles se déclarent victimes, elles ne sont pas crues ou sont blâmées pour leur comportement.
Comme pour toute forme de violence fondée sur le sexe, le fait de blâmer les victimes est préjudiciable. Il sert à excuser et à absoudre partiellement les auteurs de la violence. Un climat de tolérance envers cette forme de violence peut empêcher les victimes/survivantes de chercher de l’aide ou de signaler la violence et encourager l’impunité des auteurs. Il est essentiel que toute personne qui signale un cas de violence soit sûre que le signalement d’un tel incident sera pris au sérieux et écouté.
12. Les hommes peuvent-ils également être victimes/survivants de la violence domestique ?
Même si les femmes représentent la grande majorité des victimes/survivantes de la violence, les hommes et les garçons peuvent également être victimes. Beaucoup d’hommes victimes/survivants hésitent à le signaler par crainte de ne pas être crus ou d’être considérés comme faibles.
13. Pourquoi les victimes/survivantes de la violence domestique restent-ils et ne signalent-ils pas les abus ?
Il n’est pas facile de quitter une relation violente ; les éléments clés de la violence domestique sont la honte et l’isolement.
Beaucoup de femmes craignent de ne pas être crues et elles ont peur de perdre leurs enfants, une menace courante des auteurs de ces actes. Ces problèmes, associés à l’isolement social imposé dans le cadre de relations abusives, à la faible estime de soi, aux préoccupations financières et à la crainte de violences futures, font que les femmes peuvent avoir le sentiment de n’avoir d’autre choix que de poursuivre la relation, en particulier s’il y a des enfants ou d’autres adultes à leur charge.
Elles restent parce qu’elles croient que leurs partenaires ont le potentiel de changer. Cela rend la situation très complexe et signifie qu’il y a rarement des solutions simples. Elles se sentent toujours responsables de la cohésion de la famille et du maintien des relations. En outre, l’agresseur sait comment atteindre la victime/survivante, comment lui faire du mal, souvent de manière subtile, qui peut ne pas être comprise par les autres.
Les victimes/auteurs peuvent être confrontés à la perspective de vivre dans un logement temporaire, de recevoir des allocations et de craindre que les enfants fassent l’objet d’un placement. Le départ peut signifier la relocalisation dans une région inconnue, loin de la famille et des amis.
14. Que disent la Convention 190 et la Recommandation 206 sur la violence fondée sur le sexe ?
Le préambule de la Convention note que “la violence domestique peut se répercuter sur l’emploi, la productivité ainsi que sur la santé et la sécurité, et que les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs et les institutions du marché du travail peuvent contribuer, dans le cadre d’autres mesures, à faire reconnaître les répercussions de la violence domestique, à y répondre et à y remédier”.
En tant que telle, la Convention demande aux Membres de “prendre des mesures appropriées pour (…) reconnaître les effets de la violence domestique et, dans la mesure où cela est raisonnable et pratiquement réalisable, atténuer son impact dans le monde du travail” (article 10(f)).
La recommandation fournit des orientations supplémentaires. Elle stipule que
“Les Membres devraient prendre des mesures appropriées pour promouvoir la reconnaissance effective du droit de négociation collective à tous les niveaux comme moyen de prévenir la violence et le harcèlement et d’y remédier et, dans la mesure du possible, d’atténuer l’impact de la violence domestique dans le monde du travail” (point 4 a)).
L’instrument énumère les mesures possibles pour atténuer ces effets : un congé pour les victimes de violence domestique ; des modalités de travail flexibles et une protection pour les victimes de violence domestique ; une protection temporaire des victimes de violence domestique contre le licenciement, selon qu’il convient, sauf pour des motifs sans lien avec la violence domestique et ses conséquences ; la prise en compte de la violence domestique dans l’évaluation des risques sur le lieu de travail ; un système d’orientation vers les dispositifs publics visant à atténuer la violence domestique, lorsque ces dispositifs existent ; la sensibilisation aux effets de la violence domestique (Point 18).
15. Pourquoi la violence domestique est-elle également un problème sur le lieu de travail ?
Bien que la violence domestique puisse trouver son origine au sein du foyer, elle peut s’étendre au monde du travail.
Les partenaires violents peuvent suivre les victimes sur leur lieu de travail ou utiliser des technologies téléphoniques ou informatiques liées au travail pour les intimider, les harceler ou les contrôler, ou encore travailler au même endroit que leurs victimes.
La violence domestique peut également s’étendre au monde du travail par le biais du stress et des traumatismes qu’elle cause aux victimes/survivant(e)s de la violence domestique, ce qui a un impact sur leurs performances au travail.
Les personnes victimes de violence domestique doivent s’absenter du travail à cause de la violence et peuvent être en retard au travail. Cela affecte leur capacité à se rendre au travail parce qu’elles sont blessées, menacées ou se sont fait voler leurs clés de voiture ou leur argent pour les empêcher de se rendre au travail par leur agresseur.
En plus d’affecter la sécurité de l’individu, la violence domestique peut également affecter la sécurité des autres salariés et avoir un impact négatif sur l’environnement de travail. Les collègues subissent les effets négatifs de la violence domestique en raison de l’augmentation de la charge de travail, du stress, des appels ou des visites de l’agresseur de leur collègue et d’autres risques potentiels pour la sécurité. La violence domestique peut créer des conflits et des tensions entre les survivant(e)s/victimes et leurs collègues.
Les mesures mises en place pour faire face à la crise du coronavirus et l’augmentation du télétravail, font que le domicile est le nouveau lieu de travail pour beaucoup. C’est un lieu de travail dangereux pour les femmes susceptibles d’être victimes de violences domestiques.
Licenciements et menaces contre des métallos bélarusses
Des membres du SIB employés chez BMZ font état de menaces de licenciement et de non-renouvellement de contrats à durée déterminée.
Le 21 janvier, BMZ a licencié le président de la section locale du syndicat, Vadzim Laptsik, et Dzmitry Yafremau, membre de son conseil de surveillance. Ce dernier a été licencié pour absence au travail malgré l'attestation, délivrée par la police, de son arrestation pour les manifestations du mois d'août.
Hanna Kalmupakho, une des onze membres fondateurs, avait été invitée à démissionner en août avant d'être licenciée le 1er février.
La section locale du SIB chez BMZ n'a toujours pas été enregistrée par les autorités, ni reconnue par l'employeur.
"Nous faisons appel à la solidarité internationale parce que, chez BMZ, nos membres subissent de l'intimidation et des représailles. Les travailleurs voulaient jouir de la liberté d'association et créer une section locale du SIB, mais la direction de BMZ a réagi en les licenciant ou en les punissant d'autres manières. Et, plutôt que de défendre les droits humains de ses citoyens et les droits des travailleurs, les autorités bélarusses ont lancé des enquêtes pénales contre trois membres du SIB employés par BMZ",
a déclaré Maksim Pazniakou, le président du SIB.
Le 1er février, trois travailleurs de BMZ, Ihar Pavarau, Aliaksandr Babrou et Yauhen Hovar, ont été condamnés, respectivement à 2, 5 et 3 ans de prison pour une grève chez BMZ en août 2020. Ils étaient accusés d'avoir organisé, préparé ou participé activement à des actions constituant des violations graves de l'ordre public lorsque, le 17 août, ils avaient bloqué la route pour protester contre les fraudes électorales et les violences policières.
"IndustriALL dénonce avec vigueur les poursuites contre des manifestants qui combattent pour la démocratie et la liberté au Bélarus et condamne les violations grossières par BMZ des droits de l'homme et des droits au travail.
"Nous exhortons BMZ à réintégrer tous les travailleurs licenciés abusivement, arrêter de harceler et de poursuivre les membres du syndicat, et à entamer un véritable dialogue avec le SIB."
BMZ fabrique du fil et des câbles métalliques, des tuyaux et autres produits en acier. Cette entreprise compte de nombreux clients dans les industries du pneu et du caoutchouc.
Crédits photographiques : Sputnik Belarus et TUT.BY
Grève nationale pour la démocratie au Myanmar
La grève générale “des cinq deux”, en référence à la date du 22/2/2021, a été déclenchée par un comité de grève générale composé de partis politiques, de syndicats, d’organisations d’agriculteurs, de mouvements d’étudiants et d’autres groupements.
La Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL Global Union, a mobilisé des milliers de travailleurs et travailleuses dans le quartier de Hlaing Thar Yar, à Rangoun. Les manifestants portaient des pancartes disant “Nous exigeons la démocratie”, “Libérez nos dirigeants” et “Libérez Aung San Suu Kyi”, tout en brandissant les drapeaux de la Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL, et de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM).
Khaing Zar, qui préside l’IWFM, a déclaré :
“C’est une bataille pour la démocratie. Nous devons comprendre que sous un régime militaire, il n’y a pas de droits pour les travailleurs et travailleuses, ni de droits de l’homme. Tout le monde vivra dans la peur et le stress, aucune plainte ou protestation de la part des travailleurs et travailleuses ne sera plus tolérée.
Avant 2010, les travailleurs et travailleuses vivaient avec des salaires bas et de longs temps de travail, ne pouvant avoir que ce que leurs employeurs leur donnaient, sans aucune garantie de salaire minimum et de sécurité sociale. Si la dictature revient, les investisseurs quitteront le pays, de nombreuses personnes seront sans emploi.”
Selon les médias locaux, des centaines de milliers de personnes ont envahi les rues de Rangoun, Mandalay, Naypyitaw et Pyinmana, demandant la fin du régime militaire. De nombreuses entreprises ont décidé de fermer, en sympathie avec le mouvement pro-démocratie.
Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :
“Nous sommes solidaires de nos camarades du Myanmar dans leur lutte pour rétablir la démocratie dans leur pays. IndustriALL continuera à apporter le soutien nécessaire aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à leurs syndicats, qui jouent un rôle important dans la lutte contre les militaires.”
À ce jour, plus de 100 parlementaires élus et titulaires des principaux ministères, dont Aung San Suu Kyi, ont été arrêtés par les militaires.