Les syndicats de LafargeHolcim s'engagent à intensifier leur campagne

Cette demande fait suite à une réunion en ligne dans laquelle plus d'une centaine de participants de 42 pays ont envisagé des stratégies syndicales pour exiger que LafargeHolcim arrête ses mauvaises pratiques en matière de travail.

"LafargeHolcim doit reconnaître les syndicats, ce qui veut dire que nous devons être plus offensifs et faire pression sur l'entreprise,"

déclare le secrétaire général de l'IBB, Ambet Yuson.

En 2020, cinq travailleurs ont perdu la vie sur des sites de LafargeHolcim, dont quatre employés par des sous-traitants. Ces accidents du travail auraient pu être évités, alors que des travailleurs subissent des conditions de travail dangereuses, des durées de travail excessives et l'absence d'équipement de protection individuelle (EPI).

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan déclare :

"Une fonction importante de ce réseau syndical consiste à nous faire entendre et à revendiquer nos droits. Et nous réclamons le respect des droits fondamentaux des travailleurs, notamment la santé et la sécurité là où elle fait défaut chez LafargeHolcim."

De nombreux participants ont pris la parole afin de rendre compte de la situation de LafargeHolcim dans leur pays. L'actuelle pandémie de Covid-19 n'est pas seulement une crise sanitaire, c'est aussi une crise économique qui frappe durement les travailleurs. En Ouganda, des travailleurs sont forcés de manger et dormir sur le lieu de travail pendant près de deux semaines, et on note un manque important d'EPI.

Au cours des cinq dernières années, LafargeHolcim a réduit le nombre de ses salariés de 33.547 unités, tout en accroissant le recours à la sous-traitance. Sur de nombreux sites, les travailleurs externalisés constituent la grande majorité du personnel de l'entreprise.

Au Zimbabwe aussi, les travailleurs externalisés constituent une large proportion de la main-d’œuvre. Les violations des droits des travailleurs ont augmenté; 60 pour cent d'entre eux ont été renvoyés dans leurs foyers sans salaire et les 40 pour cent restants n'ont pu quitter leur lieu de travail pendant un mois.

En Jordanie, LafargeHolcim enfreint les conventions locales et refuse de cotiser aux fonds de pension.

Le Conseil syndical mondial de LafargeHolcim a exprimé sa solidarité avec le syndicat colombien des travailleurs du papier Sintracarcol et avec ses membres confrontés à des licenciements en masse, à l'antisyndicalisme et au non-respect de la convention collective chez Cartones de Colombia, l'entreprise qui fabrique les sacs pour le ciment de LafargeHolcim.

Dans une déclaration adoptée à l'unanimité à la fin de la réunion, le Conseil syndical mondial de LafargeHolcim se dit solidaire de tous les travailleurs et de leurs syndicats sur les sites de LafargeHolcim du monde entier.

 

Alors que LafargeHolcim ne fait rien pour prévenir, atténuer ou remédier aux problèmes de droits de l'homme qui se posent chez elle, en particulier lorsqu'il s'agit des conditions de travail dans ses filiales et chez ses sous-traitants, la déclaration réclame un arrêt des mauvaises pratiques de travail.

LafargeHolcim doit notamment :

Pour pousser LafargeHolcim à respecter les droits des travailleurs, le réseau a arrêté un plan d'action pour intensifier sa campagne. Il s'agit notamment de réclamer un accord-cadre mondial, de mobiliser en vue d'une journée d'action mondiale et de contacter des investisseurs en prévision de l'assemblée générale annuelle de l'entreprise du 4 mai.

Pas d’avancées au niveau de la crise de santé et sécurité en Inde

L’intensification de la crise de la sécurité en Inde est mise en évidence par le fait que les 14 accidents rapportés dans la presse en 2021 ont déjà coûté la vie à 42 travailleurs et fait une centaine de blessés. Ces accidents se sont produits dans des entreprises de fabrication de produits chimiques et pharmaceutiques, des entreprises sidérurgiques et dans des mines.

Lors d’un accident survenu le 4 mars dans les mines de charbon SIAL Ghogri, propriété de Reliance cement, dans le district de Chindwara (Madhya Pradesh), un travailleur en sous-traitance, Rakesh Nikote, 27 ans, est mort sur le coup alors qu’un autre travailleur était grièvement blessé. Le plafond de la mine s’est effondré pendant que les travailleurs étaient en train de forer pour l’étayer. Le même jour, dans les mines de Dipika, de la South Eastern Coalfields Limited, c’est le câbleur Gajpal Singh qui a été tué, une pierre tombée d’une excavatrice l’ayant atteint à la tête.

Des accidents évitables ont également été signalés dans le secteur automobile. Umesh Ramesh Dhake, un soudeur du site de Chakan de l’Automotive Stampings and Assemblies Ltd, a été mortellement blessé à la tête et au cou le 24 février lorsqu’une unité robotisée lui est tombée dessus, semble-t-il en raison de la défaillance d’un capteur.

Trois travailleurs ont été tués, quatre ont été portés disparus et 26 blessés, lors d’une gigantesque explosion survenue tôt le matin du 23 février à l’usine United Phosphorus Ltd de la Gujarat Industrial Development Corporation, dans la zone industrielle de Jhagadia. Des informations préliminaires suggèrent qu’un court-circuit électrique aurait pu provoquer un incendie de solvant. L’accident a provoqué une immense pollution et l’Office de contrôle de la pollution du Gujarat a ordonné la fermeture de l’usine.

Le 12 février dernier, un accident s’est produit dans une usine de feux d’artifice du district de Virudhunagar, dans le Tamil Nadu, et le bilan est passé à 21 décès parmi les ouvriers.

Dans un accident survenu le 11 février à l’usine de céramique de Gris, dans le village de Rangpar, près de la ville de Morbi, l’un des 12 silos contenant 60 à 70 tonnes de matière première argileuse s’est effondré. Deux des trois travailleurs coincés sous les débris ont été retrouvés morts.

De mai à décembre 2020, un recensement des accidents signalés par les médias au sein les secteurs manufacturiers montre que plus de 118 personnes ont été tuées et 682 blessées dans le cadre d’environ 64 accidents. 55 travailleurs et travailleuses ont été tués dans l’industrie chimique et pharmaceutique et 43 travailleurs et travailleuses ont perdu la vie dans le secteur minier dont 18 au sein de charbonnages.

Selon les statistiques officielles, entre 2014 et 2018, 5.800 travailleurs et travailleuses ont subi des blessures mortelles dans des accidents d’usine répertoriés. En moyenne, au moins 1.160 travailleurs ont été tués dans le cadre d’accidents industriels chaque année. Il semblerait que ces chiffres sous-estiment le nombre réel de décès. Les chiffres officiels pour 2019 et 2020 ne sont pas encore disponibles, ce qui montre que l’Inde a besoin d’une meilleure remontée des informations et d’une plus grande transparence concernant les données sur les accidents.

Les États où un grand nombre de blessures mortelles sont survenues au cours de cette période sont les suivants :

SQ Zama, Secrétaire général de la Fédération nationale des mineurs d’Inde, a déclaré :

"Nous sommes sérieusement préoccupés par l’augmentation des accidents mortels dans tout le pays et dans le secteur minier. Des activités minières non planifiées, le déploiement généralisé de travailleurs sous-traitants sans formation à la sécurité au niveau des activités minières, la négligence des règles de sécurité et le manque d’équipements de sécurité continuent de coûter la vie aux travailleurs et travailleuses. Nous devons faire des efforts déterminés pour mettre fin aux accidents et le gouvernement doit envoyer un message fort et prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité."

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“En juin 2020, IndustriALL Global Union a conseillé au gouvernement indien de prendre des mesures rapides pour éviter une répétition de la tragédie de Bhopal.

Il est consternant de constater qu’aucun effort significatif n’a été fait par le gouvernement indien pour faire face à la crise en matière de sécurité. Nous répétons que le gouvernement devrait immédiatement appeler à une révision des réglementations en matière de sécurité. Les principes de gestion de la sécurité des processus doivent être intégrés dans le cadre législatif et réglementaire. Une consultation publique, la participation d’experts en sécurité et des syndicats ainsi qu’une transparence totale sont nécessaires pour améliorer la sécurité et prévenir les accidents, et ce doit être fait immédiatement”.

La direction d'IndustriALL Global Union appelle les militaires du Myanmar à rétablir l'ordre démocratique et à ne plus arrêter, blesser et tuer les manifestants

Dans un pays où les syndicats ne sont autorisés que depuis 2012, IndustriALL appuie la déclaration de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) qui refuse toute action visant à empêcher la transition démocratique au Myanmar.

IndustriALL invite les dirigeants militaires à reconnaître que les fruits de la croissance économique et l'amélioration du niveau de vie sont le résultat de la démocratisation et d'une coexistence pacifique entre divers partis politiques depuis 2011.

En outre, nous félicitons et nous réjouissons de leur initiative les grandes marques mondiales se fournissant au Myanmar, qui ont déclaré que la démocratie et le respect des droits de l'homme et des droits au travail sont indispensables à la réussite et la pérennité des entreprises. Le rétablissement de la démocratie est impératif pour l'emploi et l'investissement dont dépend l'amélioration de la qualité de vie du peuple birman.

Conformément à l'engagement des syndicats mondiaux de s'opposer partout aux forces qui luttent contre les intérêts des travailleurs, nous réitérons les revendications des dirigeants du mouvement syndical mondial :

En outre, nous appelons nos organisations affiliées dans le monde entier à appuyer les mesures qui précèdent, et à :

Nous exhortons aussi les dirigeants militaires du Myanmar à retirer leur projet de loi sur la sécurité informatique qui aurait des conséquences dévastatrices pour la démocratie et les droits de l'homme et des effets désastreux pour la société et l'économie du Myanmar.

Défendre l’égalité des genres pendant la pandémie

Des études de l’OIT ont montré lors de crises précédentes que lorsque les femmes perdent leur emploi, leur implication dans le travail de soins non rémunéré augmente. Lorsque les emplois sont rares, les femmes se voient souvent refuser des possibilités d’emploi qui sont par ailleurs offertes aux hommes. Plus les pertes d’emploi les affectant seront importantes pendant la phase de confinement, plus les emplois seront rares au lendemain de la crise de Covid-19 et plus il sera difficile pour l’emploi des femmes de se redresser

Dans le monde entier, les femmes ont été plus durement touchées par le chômage que les hommes. En 2020, les pertes d’emploi des femmes s’élèvent à 5 %, contre 3,9 % pour les hommes. Près de 40 % des femmes actives travaillent dans des secteurs durement touchés, dont celui de la confection.

La répartition inégale de l’accroissement de la demande de soins pendant la crise a touché de manière disproportionnée les femmes, qui fournissent normalement environ les trois quarts de l’ensemble du travail de soins non rémunéré. La pandémie a entraîné la fermeture de garderies et d’écoles, ce qui, associé à l’incapacité des personnes âgées à apporter une aide à leur famille, a exacerbé les demandes de soins.

Les gouvernements doivent adapter leurs réponses politiques à la crise actuelle pour s’assurer que les femmes ne seront pas laissées pour compte, car les mesures générales de soutien ne leur parviendront pas automatiquement. Les syndicats ont un rôle important à jouer pour veiller à ce que les femmes soient aidées à obtenir un travail décent et ne souffrent pas de “stigmates” à long terme.

Des réponses à la crise tenant compte de la dimension de genre

Un suivi du chômage, de l’accès à la protection sociale, de la réduction du temps de travail et de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes tenant compte de la dimension de genre est essentiel pour la conception et la mise en œuvre de réponses inclusives à la crise. L’accès à des données ventilées par sexe sur l’impact de l’épidémie de Covid sur toutes ces questions est fondamental.

Les syndicats doivent s’assurer que les réponses des entreprises à la crise de Covid-19 ne font pas peser un fardeau déséquilibré sur les femmes et examiner si les mesures prises pour atténuer l’impact économique de la Covid-19 et protéger la santé des travailleurs et travailleuses n’ont pas plutôt contribué à accroître la discrimination entre les sexes. Les travailleuses ont-elles été pénalisées parce qu’elles ont dû faire face à une charge non rémunérée accrue à la maison ou parce que l’employeur a adopté des horaires de travail moins favorables à la famille pour éviter les heures de pointe ?

UNITE UK a élaboré un guide sur la manière d’évaluer l’impact sur l’égalité des sexes et une checklist pour l’action syndicale.

Protection de la maternité et Covid-19

Les syndicats doivent s’assurer que les droits liés à la maternité sont protégés pendant que les femmes sont en congé, que leurs droits salariaux ne sont pas compromis par l’impact de la Covid-19 et que leur droit à retrouver leur travail est maintenu.

Mesures de santé et sécurité au travail tenant compte de la dimension de genre

Afin de s’assurer que le lieu de travail est sûr pour tous et toutes, les syndicats doivent veiller à ce que les femmes participent à l’évaluation des risques liés à la Covid-19 et à l’élaboration des politiques de santé et sécurité.

Lors de l’exécution, de la mise à jour et de l’application des évaluations des risques, les employeurs et les responsables en matière de santé et sécurité doivent tenir compte de l’impact disproportionné de la Covid-19 sur des groupes spécifiques, notamment les salariés vivant en compagnie ou s’occupant de personnes vulnérables, les travailleuses enceintes, ainsi que celles souffrant de violence domestique, et mettre en place des mesures d’atténuation des risques.

Les syndicats doivent veiller à ce que les travailleuses disposent d’un EPI adapté et non conçu pour convenir uniquement aux hommes de grande taille.

La violence domestique a augmenté pendant la pandémie, exacerbée par les confinements et la pression économique. Les syndicats doivent prendre des mesures pour faire face aux conséquences de la violence domestique et soutenir les travailleurs et travailleuses victimes ou survivant(e)s.

“La réponse des syndicats doit être ancrée dans la lutte contre la discrimination sexuelle. Les syndicats doivent continuer à lutter contre les stéréotypes et les normes sociales qui limitent pour les femmes l’accès aux marchés du travail et aux emplois de qualité et qui contribuent à la ségrégation entre les sexes.

Cette crise a montré qu’il est urgent de mettre fin à l’écart de rémunération entre les sexes, de réévaluer les professions ou secteurs à prédominance féminine et de mettre en place pour tous les travailleurs et travailleuses une protection sociale tenant compte des spécificités de chaque sexe,”

a déclaré Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

Après une campagne syndicale, la Corée du Sud ratifie des conventions fondamentales de l'OIT

La Confédération coréenne des syndicats (KCTU) et la Fédération des syndicats coréens (FKTU) n'ont cessé de faire campagne pour la ratification des conventions fondamentales de l'OIT. Le 21 octobre 2020, elles avaient donné ensemble une conférence de presse pour demander au gouvernement de ratifier les conventions 87 et 98.

Pour ratifier la convention 87 sur la liberté syndicale, la convention 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective et la convention 29 sur le travail forcé, le gouvernement sud-coréen devra prendre des mesures pour réformer sa législation du travail et protéger les droits des travailleurs.

Kim Man Jae, le président de la Fédération des syndicats coréens de travailleurs de la métallurgie (FKMTU), a déclaré :

"Nous continuerons à nous battre pour la ratification de la convention 105 sur l'abolition du travail forcé. Le gouvernement doit maintenant réviser la loi sur les syndicats et cesser ses ingérences excessives dans les relations professionnelles."

L'Union européenne a fait pression sur le gouvernement sud-coréen pour qu'il ratifie les conventions fondamentales de l'OIT comme en témoigne l'accord de libre-échange entre l'UE et la Corée, en vigueur depuis 2011.

 

Le 25 janvier de cette année, un groupe d'experts de l'UE a conclu que le gouvernement coréen viole les engagements pris en matière de travail par cet accord.

Kim Ho Gyu, le président du Syndicat des travailleurs coréens de la métallurgie (KMWU), déclare :

"Les conventions ratifiées sont des jalons importants d'une réforme générale du droit du travail qui met fin à l'antisyndicalisme, impose la liberté syndicale en droit et dans la pratique et garantit les droits syndicaux des organisations de branche."

"Nous remercions le mouvement syndical international pour sa solidarité pendant nos trente années de lutte pour la ratification des conventions de l'OIT. Nous promettons que le KMWU poursuivra la lutte dans toutes les chaînes d'approvisionnement des chaebols coréens."

La Confédération syndicale internationale (CSI), la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avaient posé officiellement la question au groupe d'experts le 15 janvier 2020.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, conclut en ces termes :

"La longue histoire des violations des droits des travailleurs en Corée semble être terminée grâce à la lutte historique infatigable et à la campagne des syndicats coréens qui ont permis cette grande victoire.

Nous nous félicitons de la ratification de ces conventions fondamentales de l'OIT et nous espérons que le gouvernement sud-coréen va rapidement amender la législation du travail en conséquence et, plus encore, qu'il appliquera les dispositions des conventions."

Colombie : Sintracarbón se bat pour 450 emplois à Cerrejón

Selon l’affilié colombien d’IndustriALL, Sintracarbón, Cerrejón a, ce 23 février, menacé 450 travailleurs de licenciement s’ils n’acceptaient pas de partir à la retraite. Certains de ces travailleurs souffrent de problèmes liés à la santé au travail.

Selon Sintracarbón, Cerrejón a recruté un cabinet d’avocats pour communiquer avec les travailleurs au lieu d’engager un dialogue en toute bonne foi avec le syndicat. L’entreprise propose une somme aux travailleurs ; si ceux-ci l’acceptent, on parle alors d’accord mutuel. S’ils n’acceptent pas, ils seront licenciés sans motif valable et la somme sera inférieure. Les travailleurs n’ont que deux heures pour prendre une décision.

“Nous rejetons ce massacre injustifié sur l’emploi. Le Comité exécutif national de Sintracarbón vient de se réunir et évalue les mesures politiques ou juridiques à prendre,”

a indiqué Igor Diaz, Président de Sintracarbón.

Cerrejón, propriété des multinationales Glencore, BHP et Anglo American, et Sintracarbón ont signé une convention collective en novembre 2020, mettant fin à un conflit de 91 jours. Les travailleurs avaient lancé une grève historique pour défendre leur convention collective. En outre, le syndicat a rejeté un horaire de travail qui aurait affecté la santé des travailleurs et supprimé 1.250 emplois.

Sintracarbón affirme que l’entreprise a cherché des moyens de réduire le personnel pour économiser sur ses frais. Cependant, le syndicat estime que les prix du charbon ont commencé à remonter et que, jusqu’à présent en 2021, la société a enregistré des revenus de 124,5 millions de dollars, avec des bénéfices supérieurs à 37,9 millions de dollars, tout en exportant 2,5 millions de tonnes de charbon.

Selon Igor Diaz, cela montre que “l’entreprise est et continuera d’être viable sur le marché international du charbon”.

Dans une lettre adressée à Cerrejón, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, appelle l’entreprise à renoncer à ses pratiques déloyales en matière de relations sociales.

“Nous demandons instamment à Carbones del Cerrejón Limited d’agir de bonne foi, conformément à la convention collective en vigueur, et de tenir compte de la contribution et du sacrifice inestimables des travailleurs, tant pour la rentabilité que pour la viabilité de l’entreprise.

Nous vous demandons de revenir sur ces licenciements de masse et d’abandonner les changements introduits dans les rotations des équipes au début de cette année, car nous pensons qu’ils ont entraîné une réduction de la main-d’œuvre,”

a écrit Valter Sanches.

Les mineurs zambiens protestent contre les retards dans le versement de leurs indemnités de licenciement

D'après le Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ), affilié à IndustriALL Global Union, Vedanta Resources a envoyé des préavis de licenciement à 3.881 mineurs en décembre 2020, promettant qu'ils recevraient leurs indemnités en trois tranches, la première le 1er mars, puis à intervalles de six mois. Mais des recours en justice ont bloqué les versements.

Les travailleurs ont entendu des représentants des syndicats, le député de la circonscription de Nchanga, Chali Chilombo, et la commissaire du district de Chingola, Agnes Tonga, qui s'accordent sur le fait que Vedanta doit arrêter ses tactiques dilatoires et payer les travailleurs.

S'adressant aux travailleurs après le défilé, Joseph Chewe, le président du MUZ, leur a dit :

"Il est malheureux que Vedanta recoure sans cesse à la justice et retarde le transfert de la compagnie minière. L'entreprise se sert de la loi pour s'accrocher à une mine qu'elle n'a pas su gérer dans le passé. Les tribunaux doivent aussi penser au sort des mineurs lorsqu'ils statuent sur le recours de Vedanta devant la haute cour de Lusaka."

 

Vedanta répond aux protestations en exhortant le MUZ et les autres syndicats à entamer un dialogue constructif avec elle et tous les interlocuteurs, dans l'intérêt des parties prenantes de KCM, y compris les salariés de KCM et la communauté de la Copperbelt." Vedanta se dit prête à réinvestir plus de 1,5 milliard $ pour relancer l'activité minière et elle conteste la liquidation entamée par le holding public Zambia Consolidated Copper Mines-Investment Holdings (ZCCM-IH).

Vedanta, qui détient 79,4 pour cent du capital de KCM, livre depuis deux ans des batailles juridiques avec le gouvernement zambien qui détient 20 pour cent du capital par le biais du ZCCM-IH. Le gouvernement a lancé des appels d'offres auprès de compagnies minières d'Australie, du Canada, de Chine, de Russie, de Turquie et d'autres pays pour le rachat de KCM et affirme que Vedanta ne respecte pas sa licence d'exploitation et ne paie pas d'impôts.

La secrétaire d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Lorsque des travailleurs sont licenciés, ils perdent leur seule source de revenu et ne peuvent plus assurer leur subsistance ni celle de leur famille. Il faut que Vedanta verse leurs indemnités aux mineurs dans les délais pour éviter d'aggraver leurs souffrances." 

IndustriALL, l’ITF et le TUAC appellent à agir sur le crédit à l’exportation pour relancer l’économie mondiale

IndustriALL Global Union, la Fédération internationale des travailleurs des transports (ITF) et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC) appellent les pays de l’OCDE à protéger les emplois et à relancer l’économie mondiale en renforçant et en coordonnant leurs efforts :

“En théorie, l’aviation devrait revenir à ses niveaux antérieurs en 2025. Mais pour qu’elle survive, c’est maintenant que nous devons maintenir le secteur en activité. Les crédits à l’exportation sont un moyen de stimuler l’industrie aérospatiale, car cela faciliterait les commandes puis les livraisons,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“En outre, des politiques de l’OCDE en matière de crédits à l’exportation garantiraient la promotion d’emplois et de conditions de travail décents.”

Rob Johnston, Secrétaire général adjoint de l’ITF, a indiqué qu’il est d’une importance vitale que les OCE tiennent compte des normes du travail et des questions de durabilité au moment d’accorder l’accès au financement, car c’est la seule façon de garantir des conditions de concurrence équitables.

“L’ITF et IndustriALL comprennent tous deux l’importance des organismes de crédit à l’exportation, car des millions d’emplois en dépendent. Mais il est également essentiel de s’assurer qu’il ait un lien avec le comportement des entreprises en vue de l’amélioration des pratiques mondiales en matière de travail,”

a poursuivi Johnston.

Les OCE pourraient également promouvoir le renouvellement des flottes aériennes, ce qui sera nécessaire pour le secteur, notamment du point de vue du climat, afin de réduire les émissions de CO2 de l’aviation du futur.

Cet appel à l’action fait suite à des mois de coopération entre les fédérations syndicales internationales sur les crédits à l’exportation, qui ont abouti à la soumission officielle d’un mémoire auprès de l’Agence de crédit à l’exportation de l’OCDE en octobre 2020.

La concurrence accrue entre les pays a conduit les OCE à revoir à la baisse leurs propres politiques de soutien à l’emploi. Les syndicats sont particulièrement alarmés par la concurrence des pays non membres de l’OCDE qui ne sont pas parties au cadre de l’approche commune. Cela souligne la nécessité pour les États membres de l’OCDE de travailler de manière plus étroite pour coordonner les politiques visant à restaurer l’économie mondiale.

La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme doit également être renforcée et impliquer les syndicats et les ONG, en particulier pendant la pandémie en cours. Les travailleurs et travailleuses peuvent être le biais le plus efficace pour identifier, surveiller, signaler et solutionner les violations en matière d’environnement et de droits de l’homme dans les entreprises, les secteurs industriels et les chaînes d’approvisionnement.

Nous voulons des emplois décents en Afrique subsaharienne

Selon le rapport The auto sector in Sub Saharan Africa: Investment, sustainability and decent jobs (Le secteur automobile en Afrique subsaharienne : investissement, durabilité et emplois décents), issu d’une étude commandée par IndustriALL Global Union et la Fondation Friedrich Ebert (FES), les affiliés d’IndustriALL dans la région qui représentent les travailleurs et travailleuses de l’automobile sont bien conscients que des stratégies appropriées sont nécessaires pour transformer les nouveaux investissements potentiels annoncés par les grandes entreprises automobiles en nouvelles opportunités pour les personnes et les communautés.

RAPPORTTRACT

Le secteur automobile en Afrique subsaharienne : investissement, durabilité et emplois décents

Nous voulons des emplois décents ! Investissement durable dans l’industrie automobile en Afrique subsaharienne

Selon le rapport, les stratégies de politique industrielle dans la plupart des pays africains comprennent le secteur automobile. C’est particulièrement vrai pour le Ghana, l’Éthiopie, le Kenya, la Namibie, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud. Les politiques industrielles traditionnelles en matière de fabrication automobile visent à attirer les investissements étrangers directs grâce à des mesures d’incitation qui comprennent des exonérations fiscales et la création de zones économiques spéciales. Dans ce contexte, certains pays ont signé des accords avec les principaux acteurs mondiaux du secteur automobile, dont VW, Nissan, BMW et Toyota, entre autres.

Certains pays et entrepreneurs essaient d’aller au-delà du schéma habituel et d’investir dans de véritables marques et produits locaux. L’Éthiopie et le Rwanda explorent la possibilité de produire des véhicules électriques. Le rapport souligne que l’efficacité des investissements dépend du fait “de pouvoir susciter le développement local et de s’assurer que toute croissance économique aura des bénéfices locaux partagés, créera des liens avec les activités économiques locales et générera des opportunités d’emploi de qualité.”

Cependant, la région continue d’être confrontée à des problèmes structurels tels que la faiblesse des infrastructures, les importations massives de véhicules d’occasion, les déficits de compétences, l’instabilité financière et le manque de fiabilité des approvisionnements en énergie. En outre, la pandémie de Covid-19 a retardé la mise en œuvre de la plupart des plans d’investissement.

Les syndicats interrogés dans le cadre du rapport affirment vouloir lutter contre la nature précaire du secteur afin de garantir un plus grand nombre d’emplois décents permanents pour inverser la tendance actuelle. Au Nigeria, par exemple, plus de 70 % de la main-d’œuvre du secteur automobile est employée de façon précaire sur base de contrats à durée déterminée. C’est le cas dans la plupart des autres pays. Les syndicats veulent également que les employeurs du secteur automobile versent des salaires vitaux.

Le dialogue social et le dialogue tripartite sont mis en évidence dans le rapport comme étant des plates-formes importantes pour s’investir dans des politiques industrielles. Cela ouvre des possibilités de politiques ciblées et conjointes concernant les compétences, les conditions de travail, la santé et la sécurité au travail et bien d’autres points importants. En outre, le cadre des négociations collectives doit être étendu à tous les niveaux.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Ce rapport est important, car il met en évidence la manière dont les syndicats peuvent influencer la création d’emplois dans le secteur automobile par le biais de l'implication politique. Les syndicats peuvent également travailler ensemble de manière solidaire dans la région pour résoudre les problèmes communs auxquels ils sont confrontés et participer à des réseaux visant à améliorer les salaires et les conditions de travail.”

Grève aux Philippines contre une fermeture d'usine illégale

Le 5 novembre 2019, la Fédération des industries du commerce de l'habillement, du textile, de la chaussure, du plastique, du cuir et secteurs apparentés (TF2-KD), qui est affiliée à IndustriALL, est parvenue à organiser le personnel de PGA, obtenant le statut d'agent de négociation unique et exclusif  (ANUE) pour le syndicat de PGA.

Pourtant, plutôt que de négocier de bonne foi avec le syndicat, l'entreprise a déposé un recours demandant l'annulation de l'ANUE au ministère du Travail et de l'Emploi, lequel a confirmé le statut d'agent de négociation du syndicat.

Or, le 21 septembre 2020, la direction a informé les 173 travailleurs et travailleuses que l'usine fermerait définitivement ses portes dans le mois. Des chèques d'indemnité de licenciement ont été distribués à tous mais ils ont été refusés par les responsables du syndicat, car contraires au code du travail.

 

Le syndicat a déposé plainte pour pratique déloyale du travail auprès de l'antenne locale du ministère du Travail. Les affiliés se sont mis en grève et ont organisé une manifestation devant le siège de PGA à Makiling, Calamba City, le 24 février 2021.

D'après la présidente de la TF2-KD, Laudicia Casana :

"Les dirigeants du syndicat local ont appris que l'entreprise a ouvert une nouvelle usine dans la zone franche d'exportation de Santo Tomas, à Batangas, avec la même équipe de direction. Une tactique fourbe souvent utilisée par les employeurs pour échapper aux syndicats.

"L'entreprise doit respecter le syndicat et organiser immédiatement une réunion de négociation collective; et il faut que tous les travailleurs de l'usine de Manggahan soient réintégrés avec arriéré de salaires."

Dans une lettre à l'entreprise, le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a condamné cet agissement antisyndical et a exhorté l'entreprise à entamer le dialogue social avec TF2-KD :

"L'employeur doit respecter totalement la législation nationale du travail et les normes fondamentales du travail internationales. Vous êtes prié de réintégrer tous les travailleurs et de reprendre la négociation collective."