Le gouvernement malaisien doit mettre fin à l'état d'urgence et réformer la législation du travail

Après le changement politique de 2018, le gouvernement fédéral du Pakatan Harapan avait entamé une réforme de la législation du travail, mais il a chuté en février 2020 après l'adoption par le parlement de la Loi sur les relations professionnelles.

Avec une majorité infime, le nouveau gouvernement du Perikatan Nasional a utilisé le Covid-19 pour adopter diverses ordonnances limitant les déplacements et a limité les sessions du parlement, qu'il a suspendu en janvier 2021 avec la proclamation de l'état d'urgence. 

Une législation restrictive prive 94 pour cent des travailleurs malaisiens du droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

Le président de la Coalition pour la réforme de la législation du travail (LLRC) et secrétaire d'IndustriALL Malaisie, N. Gopal Kishnam, déclare :

"Nous demandons que les dispositions hostiles aux travailleurs, qui limitent gravement la liberté des travailleurs de créer des syndicats de leur choix ou d'y adhérer, le droit de négocier collectivement et le droit de grève soient éliminées de la législation du travail.

"La suspension du parlement a retardé les amendements à la loi sur les syndicats et la mise en application de la nouvelle loi sur les relations professionnelles. Nous prions instamment le gouvernement de réunir le parlement et de faire voter toutes les propositions ministérielles rendues publiques en 2019."

 

La LLRC s'est mise en rapport avec le nouveau gouvernement pour lui demander de poursuivre les réformes de la législation du travail et mettre en place une plateforme qui permette aux travailleurs de négocier avec les employeurs pendant la pandémie. En l'absence de réponse positive du ministère des Ressources humaines, la coalition a décidé de lancer une campagne publique.

À partir du 7 avril, les dirigeants des affiliés d'IndustriALL, le Syndicat national des travailleurs des équipements de transport et des industries apparentées (NUTEAIW), le Syndicat des travailleurs de l'industrie électrique (EIWU), la Coalition syndicale des salariés de l'industrie de l'électronique (EIEU Coalition) et le Syndicat des salariés de la fabrication du papier et des produits en papier (PPPMEU), ont participé à une semaine d'action sur la réforme de la législation du travail à l'initiative de la LLRC.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Annie Adviento, déclare :

"Nous soutenons sans réserve la campagne pour une réforme de la législation du travail malaisienne conforme aux normes de l'OIT. La liberté syndicale est le principe fondamental de toute législation du travail nationale."  

Reconnaître la santé et la sécurité professionnelles comme un droit fondamental au travail

La Déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail (2019) a précisé que :

“Des conditions de travail sûres et salubres sont fondamentales au travail décent.”

La résolution de la conférence adoptée par la suite demandait au Conseil d’administration “d’examiner, dans les meilleurs délais, des propositions visant à inclure des conditions de travail sûres et saines dans le cadre des principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT”, à l’instar des huit Conventions fondamentales de l’OIT.

Ce 28 avril, alors que nous célébrerons la Journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés ce sera l’occasion de nous souvenir de tous les travailleurs et travailleuses qui ont perdu la vie au travail en raison de problèmes de santé et de sécurité. Le mouvement syndical international plaide pour que la santé et la sécurité au travail soient reconnues par l’OIT comme un droit fondamental au travail.

IndustriALL Global Union appelle ses affiliés à se joindre à la campagne mondiale pour exiger la reconnaissance de la santé et de la sécurité comme un droit fondamental au travail en partageant des actions et activités locales, par exemple :

Donnez-nous à connaître les actions que vous menez et ces contributions seront collectées et publiées sur les canaux d’IndustriALL.

Bien solidairement,

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL

 

Les syndicats d'Asie du Sud veulent une protection sociale universelle forte

Lors d'une réunion en ligne, le 25 mars, entre au moins 125 syndicalistes du Bangladesh, d'Inde, du Népal, du Pakistan et du Sri Lanka, les syndicats ont souligné que beaucoup de travailleurs de la région n'ont pas de systèmes de protection sociale.

Dans toute l'Asie du Sud, deux pour cent du PIB sont consacrés à la protection sociale, alors que la moyenne mondiale se situe à onze pour cent.

Les membres du Comité exécutif d'IndustriALL Anton Marcus, de la FTZ&GSEU, et Sanjay Vadhavkar, du SMEFI, ont souligné que les mesures de lutte contre le Covid-19, avec des mois de confinement draconien, ont provoqué une cause sociale majeure et ils ont réclamé un système de protection sociale universelle fort en Asie du Sud.

“La grande majorité des travailleurs du secteur informel d'Asie du Sud n'ont aucune protection sociale. L'absence de mécanismes tels que les allocations de chômage en a précipité beaucoup dans la crise, surtout pendant la pandémie. Dans des pays comme le Népal et le Bangladesh, la protection sociale provient surtout de bailleurs de fonds, une formule qui n'est pas soutenable. Les travailleurs ont besoin de plus pour avoir un système de protection sociale universel et généralisé. La sécurité sociale ne peut être un expédient ni dépendre de la charité; elle est un droit,”

A déclaré Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL, déclare pour sa part :

“La pandémie a démontré la faillite du modèle néolibéral de la mondialisation. L'impact de la crise est inégal et inéquitable. La protection sociale est au cœur du débat politique sur le type de société que nous voulons. IndustriALL lutte pour une protection sociale universelle et pour la stabilité mondiale. Les syndicats mondiaux réclament un fonds mondial de protection sociale. La protection sociale est essentielle pour l'humanité, un outil de prévention et de réduction de la pauvreté et des inégalités, de l'exclusion sociale et de la précarité sociale. Elle renferme d'énormes possibilités de promotion de l'égalité des chances et de l'égalité entre les sexes et les races.”

L'OIT réexamine les politiques de protection sociale en Asie du Sud. Son spécialiste des activités des travailleurs dans la région, Syed Sultan U Ahmmed, a souligné l'importance des syndicats par leur rôle de sensibilisation des travailleurs du secteur informel au droit à la protection sociale, ainsi que par le recours à la négociation collective pour obtenir une protection sociale pour leurs adhérents.

“D'après notre étude, seuls 33 pour cent des travailleurs ont bénéficié des mesures d'aide gouvernementales pendant le confinement. Alors que le nouveau code de la sécurité sociale doit entrer en vigueur, le gouvernement a arrêté de nombreux programmes de protection sociale existants. Ce nouveau code exclut les travailleurs du secteur informel du système de protection sociale à de nombreux égards. Il faut exiger une représentation adéquate des femmes dans la conception des systèmes de protection sociale,”

confie Shalini Trivedi, de l'Association des travailleuses indépendantes SEWA.

Une cartographie des lois sur la protection sociale en vigueur pour les travailleurs de l'industrie en Asie du Sud a mis en lumière la nécessité d'un renforcement de la protection sociale dans la région. Cette étude a été réalisée par Neha Louis, de l'institut Tata des sciences sociales dans le cadre d'un stage au bureau d'IndustriALL pour l'Asie du Sud.

Crédit photographique : ILO Asia Pacific

Les syndicats indépendants biélorusses reçoivent le prix Arthur Svensson 2021

Cette année, le lauréat du Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux est le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) et ses syndicats affiliés, dont trois affiliés d’IndustriALL : le Syndicat indépendant de Biélorussie (BITU), le Syndicat libre des métallurgistes (SPM) et le Syndicat biélorusse des travailleurs de l’industrie radio et électronique (REP).

Frode Alfheim, Président d’Industri Energi, précise :

“Le mouvement syndical indépendant a joué un rôle central dans la lutte contre la falsification des résultats des élections et la lutte pour la démocratie. Des représentants et des militants syndicaux ont été licenciés et beaucoup ont été emprisonnés ou forcés de fuir le pays. Néanmoins, les syndicats du BKDP ont recruté de nouveaux membres, formé de nouvelles sections syndicales et poursuivi la lutte. Cela sera crucial pour que le régime de Lukashenko finisse par tomber.”

 

“Nous sommes reconnaissants que notre travail de protection des droits des travailleurs ait été remarqué à un niveau aussi élevé. Cela nous inspire et nous encourage à poursuivre. Malgré de sévères répressions, 17 membres de notre syndicat ont été condamnés à différentes peines de prison rien que cette année, le REP continue de se battre pour les travailleurs et travailleuses. Je suis certain qu’aucune répression ne pourra arrêter notre lutte pour la liberté, l’indépendance et la solidarité,”

indique Gennady Fedynich, dirigeant du REP.

Au cours des 26 dernières années, le travail syndical normal en Biélorussie, comme le recrutement et la fidélisation de nouveaux membres, l’enregistrement de nouveaux syndicats, la négociation collective, l’organisation de grèves ou de manifestations, a été soumis à une limitation totale ou partielle par le régime de Loukachenko, qui tente de contrôler le mouvement syndical indépendant.

La Biélorussie est considérée comme l’un des pires pays au monde pour ce qui est des infractions aux droits du travail. Cependant, les syndicats indépendants BITU, SPM et REP, se refusent à renoncer et continuent de se battre pour leurs membres, même face à des difficultés croissantes.

“C’est un grand honneur et nous estimons que cette récompense revient à l’ensemble des travailleurs et travailleuses biélorusses, qui ont montré la force de leur solidarité au cours de l’année écoulée. Nous ferons tout notre possible pour que notre prochaine récompense soit le respect des droits en Biélorussie, en particulier la liberté syndicale, la liberté de réunion et le droit de grève,”

commente le Président du BITU Maxim Poznyakov.

Après l’élection présidentielle truquée d’août 2020, la situation s’est encore détériorée. Toute forme de protestation a fait l’objet d’une répression massive, y compris par des détentions injustifiées et des peines de prison sévères. Un certain nombre de militants et de dirigeants syndicaux ont été licenciés et arrêtés, leur domicile et les bureaux du syndicat ont été perquisitionnés. Le président du REP, Vasily Zavadsky, a été contraint de fuir la Biélorussie.

Néanmoins, les syndicats indépendants biélorusses poursuivent leur lutte quotidienne pour la démocratie, les droits des travailleurs et les droits de l’homme.

“Le SPM se réjouit de la reconnaissance du rôle des syndicats indépendants biélorusses dans la lutte pour la transition démocratique et la protection des droits des travailleurs. Nous avons toujours senti le soutien d’IndustriALL et du mouvement syndical international. La lutte continue et nous veillerons à ce que les travailleurs et travailleuses de Biélorussie puissent se débarrasser de la dictature politique et s’unir librement au sein de leurs organisations pour protéger leurs droits,”

indique le Président du SPM Aleksander Bukhvostov.

Le Comité du Prix proclame que pour façonner un nouveau régime politique et économique après la chute de Lukashenko, un mouvement syndical dynamique, indépendant des autorités politiques, sera crucial pour créer une société au service de la grande majorité.

IndustriALL avait soutenu cette nomination et a félicité les lauréats.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Ces trois syndicats se sont battus sans relâche pour les droits des travailleurs. Nous admirons leur lutte courageuse et sans relâche pour la démocratie en Biélorussie en général ainsi que pour une véritable représentation des travailleurs sur le lieu de travail en particulier. Ces syndicats joueront un rôle clé dans l’élaboration d’un nouvel agenda politique et économique pour la Biélorussie, en sauvegardant les intérêts sociaux et économiques de l’ensemble de la population.”

Le Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux a été créé par le syndicat norvégien Industri Energi pour promouvoir et renforcer les syndicats et les droits syndicaux au niveau international.

Un accord-cadre sur la vaccination conclu dans le secteur de l'habillement en Afrique du Sud

Selon le syndicat, cet accord vise un objectif d'immunisation d'au moins 80 pour cent des travailleurs et sera étendu à d'autres secteurs qu'il organise, comme le textile, le cuir et la chaussure.

L'accord-cadre conclu le 6 avril avec le Conseil national de négociation pour l'industrie de la confection d'Afrique du Sud, qui représente cinq associations d'employeurs de l'habillement, a pour but d'instaurer des relations de travail étroites avec le gouvernement national et le ministère de la Santé.

Il encourage aussi l'élaboration, dans les ateliers, de plans et principes directeurs organisant l'injection des vaccins qui seront mis à la disposition des travailleurs.

S'agissant des droits des travailleurs, l'accord stipule qu'aucun contrat de travail ne peut établir une discrimination fondée sur le fait qu'un travail a été vacciné ou non. En outre, pour lutter contre la désinformation, il s'efforce aussi de tordre le cou aux mythes répandus sur les vaccins contre le Covid-19, de fournir des informations crédibles et de dispenser aux délégués d'ateliers une formation à la campagne de vaccination.

L'accord favorise les initiatives visant à accélérer les achats de vaccins abordables et en suffisance. Il s'agit notamment de soutenir les plans de production locale, comme par exemple avec Aspen, une compagnie pharmaceutique sud-africaine qui devrait commencer à produire le vaccin Johnson & Johnson en juin dans son usine de Gqberha, l'ancienne Port Elizabeth. Le vaccin sera reçu congelé avant d'être décongelé et conditionné pour sa distribution locale.

Le gouvernement sud-africain a commandé 43 millions de doses et est en attente des livraisons de Pfizer et du dispositif COVAX. À plus long terme, l'accord soutient la mise au point d'un vaccin local contre le Covid-19. À ce jour 278.909 membres des personnels de santé ont été vaccinés.

Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement, déclare :

"Le Covid-19 nous presse d'innover dans la manière dont nous menons nos campagnes en tant que syndicats. C'est pourquoi nous félicitons le SACTWU qui fait œuvre de pionnier et a mené campagne pour la prévention du Covid-19 lorsque la pandémie a démarré, et continue de le faire pour l'accès au vaccin, l'équité et la vaccination des travailleurs de l'habillement."

Pour André Kriel, le secrétaire général du SACTWU :

"Le syndicat considère qu'il s'agit d'un jalon important dans la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19. Nous sommes heureux que les employeurs du secteur du vêtement aient épousé cette campagne, qu'ils aient souscrit à cet accord-cadre et contribué de manière constructive à ses conditions, arrêtées de commun accord."

La nouvelle loi kirghize sur les syndicats doit être retirée

Les syndicats du Kirghizistan se rassemblent devant le bâtiment de l’administration présidentielle depuis le début du mois d’avril. Le 6 avril, une délégation syndicale a rencontré le chef adjoint de l’administration présidentielle et les chefs de plusieurs départements de l’administration pour exprimer leurs préoccupations concernant la loi sur les syndicats.

 

La loi a été approuvée par le parlement kirghize en troisième lecture le 31 mars, malgré les objections formulées depuis deux ans par des organisations internationales, dont IndustriALL, la CSI, l’OIT et l’ONU, car elle est en contradiction avec la constitution nationale et les conventions 87 et 98 de l’OIT, ratifiées par le Kirghizistan.

Si elle est signée par le Président, cette loi portera gravement atteinte à la liberté syndicale au Kirghizstan et privera les syndicats de leur indépendance.

Tous les syndicats du pays tomberaient sous le contrôle total de la Fédération des syndicats du Kirghizistan (FTUK). Les présidents de tous les syndicats sectoriels seraient nommés et révoqués par le président de la FTUK et les chartes syndicales seraient soumises à l’approbation de la Fédération. Les travailleurs et travailleuses seraient privés de la possibilité de créer une autre confédération syndicale, la loi sur les syndicats désignant la FTUK comme le seul partenaire social.

Ces dispositions ainsi que d’autres de la loi proposée sont en contradiction avec la constitution du Kirghizistan et les conventions 87 et 98 de l’OIT, selon lesquelles les travailleurs et travailleuses se voient garantir le droit de créer des organisations de leur choix et d’y adhérer sans autorisation préalable. Également, les syndicats ont le droit d’élaborer leurs chartes, d’élire leurs représentants en toute liberté, d’organiser leur administration et leurs activités et de formuler leurs programmes.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Nous appelons le Président à opposer son veto à la loi sur les syndicats et, dans le même temps, nous demandons instamment au Kirghizistan de solliciter les conseils et le soutien d’experts techniques de l’OIT pour élaborer une législation syndicale garantissant sa pleine conformité avec les normes et instruments internationaux fondamentaux du travail.”

IndustriALL et industriAll Europe demandent à la Commission européenne d’intervenir, car le respect des conventions 87 et 98 de l’OIT fait partie des engagements du Kirghizistan dans le cadre du SPG+ et de ses obligations générales envers l’OIT. Actuellement, l’économie du pays bénéficie de préférences commerciales offertes unilatéralement par l’Union européenne au Kirghizstan par le biais du Système de préférences généralisées plus (SGP+), en échange de la mise en œuvre par le Kirghizstan de 27 conventions internationales relatives, entre autres, aux droits de l’homme et aux droits du travail.

Le secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Alors que le monde souffre d’une pandémie, au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes de la société, le parlement kirghize préfère modifier la loi sur les syndicats en violation des normes et instruments internationaux. C’est incompréhensible et nous demandons instamment au Président de mettre fin à cette absurdité et de révoquer la nouvelle loi sur les syndicats.”

Soutenez le mouvement syndical au Kirghizstan et envoyez une lettre au Président, lui demandant instamment d’opposer son veto à la loi sur les syndicats et de veiller à la pleine conformité de la législation kirghize avec les conventions 87 et 98 de l’OIT. Vous trouverez ci-dessous un modèle de lettre.

Un syndicat se bat pour une négociation collective équitable chez ArcelorMittal en Ukraine

Un millier de travailleurs ont protesté à la manifestation organisée par le PMGU le 30 mars pour exprimer leur opposition à la décision unilatérale de l'entreprise de n'augmenter les salaires que de cinq pour cent à partir du 1er mai 2021. L'Ukraine connaît un taux d'inflation élevé, comme la hausse des prix à la consommation qui, en 2020, a atteint 27 pour cent pour les services d'utilité publique, 37 pour cent pour l'électricité, 19 à 56 pour cent pour le pain, les pâtes, la farine, les céréales, les œufs et le sucre. La hausse de 5 pour cent imposée par la direction revient en fait à réduire fortement les salaires.

Cette décision a été prise unilatéralement, sans consultation du syndicat, ce qui est contraire à la convention collective qui stipule que l'augmentation est déterminée chaque année sur la base des résultats de l'entreprise et avec l'accord du syndicat. La précédente augmentation remonte à mai 2019, les travailleurs ayant patiemment attendu deux ans, conscients des difficultés occasionnées à l'employeur par la pandémie de Covid-19 en 2020. Cette décision unilatérale est considérée comme une violation flagrante du principe de la négociation de bonne foi.

Le PMGU souligne qu'il est temps d'augmenter convenablement les salaires. La situation économique de l'industrie comme de l'entreprise s'est améliorée grâce à la reprise des ventes de produits en acier et à une augmentation sensible des prix des produits et concentrés en acier, à la progression du volume de production et des ventes de produits au quatrième trimestre 2020 chez ArcelorMittal Kryvyi Rih, à la rentabilité des activités principales en 2020, à la réalisation des objectifs fixés pour les capacités de production principales, et à l'augmentation des rentrées de devises que l'entreprise retire de ses ventes à l'étranger.

En outre, la faiblesse des salaires payés par ArcelorMittal Kryvyi Rih et ses sociétés apparentées Steel Service and Foundry et Mechanical Plant pousse le personnel à passer chez les entreprises concurrentes où il est mieux payé, ce qui entraîne des sous-effectifs dans la plupart des départements et des conditions de travail difficiles et dangereuses, avec l'augmentation des accidents du travail qui en découle. 33 accidents ont eu lieu en 2020, contre 22 en 2018. Par conséquent, en plus de la hausse des salaires, le syndicat réclame l'application sans délai de mesures de nature à améliorer les conditions de travail et prévenir les maladies professionnelles et les accidents du travail.

Natalya Marynyuk, la présidente de la section du PMGU d'ArcelorMittal Kryvyi Rih, explique que, depuis septembre 2020, le syndicat s'est adressé à sept reprises au CEO à propos des salaires et pour lui demander d'accélérer les négociations. Or, depuis près de six mois, la direction freine délibérément les négociations pour retarder autant que possible la date de la hausse des salaires.

"C'est la première fois en 15 ans que la direction annonce une hausse aussi déraisonnable, adoptée unilatéralement sans l'accord du syndicat. Le PMGU s'oppose fermement à cette décision, qu'il juge inique et sans rapport avec les capacités financières de l'entreprise obtenues grâce aux efforts de ses salariés.

"Ensemble, nous obtiendrons des salaires équitables pour tous les travailleurs !"

Le 5 avril, le PMGU a envoyé une lettre au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour lui demander d'intercéder auprès de l'entreprise pour le syndicat et les travailleurs.

Dans la lettre qu'il a envoyée à la direction de l'entreprise, le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit :

"Nous sommes pleinement solidaires avec le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et des mineurs d'Ukraine et nous appuyons ses revendications pour une hausse significative des salaires de 30 pour cent pour tous les travailleurs de PJSC ArcelorMittal Kryvyi et de ses sociétés apparentées. Il est impératif qu'ArcelorMittal Kryvyi Rih entame un dialogue social digne de ce nom avec le syndicat."

Chan Myae Kyaw, mineur au Myanmar, sacrifie sa vie pour la démocratie

Ils ont déposé des fleurs sur son corps, scandé avec émotion des slogans et critiqué le cruel régime militaire. Les funérailles se sont terminées par la crémation du corps.

Chan Myae Kyaw

Chan Myae Kyaw était des leurs. Il avait fréquemment participé au mouvement de désobéissance civile dans la ville minière de Monywa, à 700 km au nord de Yangon, depuis le coup d’État militaire du 1er février.

Quelques jours après le coup d’État, il a écrit sur sa page Facebook :

“Je fais partie des gens ordinaires

Nous nous tiendrons aux côtés des fonctionnaires et rejoindrons le mouvement de désobéissance civile.

Je me tiendrai aux côtés des fonctionnaires autant que possible, que ce soit par la voix ou par l’action.

Que tous les dictateurs échouent”

Chan Myae Kyaw avec le mouvement de désobéissance civile

Chan Myae Kyaw, 29 ans, était conducteur de dumper à la mine de cuivre de SinoHydro et membre de la Fédération des mineurs du Myanmar (MWFM), affiliée à IndustriALL Global Union, ainsi que de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM).

Bien que ses parents et ses quatre frères et sœurs dépendaient de ses revenus pour vivre, il a courageusement rejoint presque tous les mouvements de protestation de la région. Sa page Facebook est pratiquement un journal du mouvement anti-coup d’État dans cette ville minière reculée.

Chan Myae Kyaw a fait passer le pays avant lui-même. Il a écrit sur Facebook le 17 février :

“Avons-nous peur de perdre notre emploi ?

J’ai peur, mais

Le pays est plus important que la perte d’un emploi.

Nous avons davantage peur de vivre sous une autorité militaire.

Nous avons conçu le mouvement de désobéissance civile pour cela.

Pas sûr que je retournerai au travail.

Nous menons cette bataille consciemment.”

Il avait déclaré qu’il se mettait à l’abri à chaque fois que les soldats tiraient, mais qu’il revenait toujours sur les lieux de la manifestation.

“Quand il y a des tirs, je m’enfuis.

Mais je reviendrai le lendemain

Le monde ne s’arrêtera pas”

Lorsque l'histoire s'écrit et que l'heure est décisive, la fuite n’est plus moralement une option.

Le 27 mars, alors que Chan Myae Kyaw manifestait avec 6.000 travailleurs et habitants à l’intersection des routes Pathein-Monywa et Yargyi-Kalaywa, 150 soldats et policiers anti-émeute ont traversé la rivière Chin Dwin et ont tiré sur la foule, sans sommation.

Chan Myae Kyae a reçu plusieurs balles alors qu’il protégeait d’autres manifestants. Ses camarades l’ont emmené en moto. Il est mort peu après.

Lorsque la nouvelle de sa mort s’est répandue, les condoléances ont afflué sur Facebook.

Htet Htet Mar a écrit :

“(Tu avais dit) S’il y a des tirs, je vais courir.

Peux-tu revenir maintenant ?

Jusqu’où cours-tu ?”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, qui avait rencontré le brillant jeune homme à plusieurs reprises à Monywa et à Yangon, confie :

“Disparu trop tôt, nous venons de perdre un de nos camarades syndicalistes qui, à un jeune âge, a montré comment on pouvait être un syndicaliste passionné par la liberté et la démocratie, luttant pour ce qui est juste au milieu de l’agitation et du chaos dans les rues du Myanmar. Il sera une source d’inspiration dans la poursuite de notre travail en faveur d’un mouvement syndical fort et démocratique au Myanmar.”

Les travailleurs du nucléaire du monde entier commémorent la catastrophe de Fukushima

Dans ses propos liminaires, Valery Matov, vice-coprésident du secteur de l'énergie d'IndustriALL en charge du nucléaire et président du syndicat ukrainien Atomprofspilka, a déclaré :

“Il est extrêmement important de discuter des priorités des travailleurs de l'énergie nucléaire, des questions d'environnement, d'apprendre des erreurs et d'utiliser les technologies pour empêcher de telles tragédies et protéger les travailleurs des centrales nucléaires et les populations environnantes.”

160.000 résidents ont été évacués lorsque la fuite radioactive a été détectée dans les réacteurs de Daiichi, après que le tsunami et ses vagues de 15 mètres de haut mirent le système de refroidissement hors d'usage.

Depuis dix ans, des travailleurs japonais du nucléaire sont en première ligne dans les travaux de déblaiement, évacuant les restes de carburant des réacteurs, décontaminant les eaux et surveillant la cémentation des terres contaminées.

La Fédération des syndicats de travailleurs de l'industrie  apparentée à l'énergie électrique du Japon (DENRYOKU SOREN) et la Confédération des syndicats du Japon (RENGO) ont envoyé des volontaires pour participer aux travaux de relèvement communautaire.

La Tokyo Electric Power Company Holdings (TEPCO) a renforcé les mesures de prévention des catastrophes en édifiant une digue de 22 mètres pour arrêter les tsunamis, en installant des générateurs électriques de secours hors site et diverses installations doivent résister aux tremblements de terre, aux ouragans, aux explosions d'hydrogène et aux attaques terroristes.

Koji Sakata, le président de DENRYOKU SOREN, déclare :

“Nous sommes reconnaissants pour les messages d'encouragement et les dons reçus de la communauté internationale. Les travaux de démantèlement posent de grands défis aux travailleurs du nucléaire à Fukushima, en particulier pour ce qui est de l'élimination des eaux purifiées dont les capacités de stockage sont dépassées. Nous avons besoin de votre soutien.”

La catastrophe de Fukushima a entraîné des changements énormes dans les stratégies nucléaires de tous les pays. Les 75 syndicalistes d'Espagne, de France, de Turquie, de Belgique, du Royaume-Uni et d'Ukraine se sont réjouis du renforcement des mesures de sécurité et ont indiqué qu'en Europe, les exploitants ont redoublé d'efforts pour prévenir les accidents nucléaires. En Ukraine, ils ont procédé à des simulations de crise dans toutes les centrales nucléaires.

Eu Europe, les travailleurs du nucléaire sollicitent leurs gouvernements et le grand public sur la question du démantèlement des centrales nucléaires. Ils réclament une Transition juste pour amortir l'incidence des pertes d'emplois que causera le passage des pays européens aux énergies renouvelables.

Pour Diana Junquera Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie : 

“Malgré l'importance des investissements dans les énergies renouvelables, un bouquet énergétique s'impose pour garantir la sécurité de l'approvisionnement. Les pays qui ont choisi de sortir du nucléaire doivent se donner des plans de Transition juste afin d'assurer un avenir aux travailleurs du nucléaire.”

Les gouvernements doivent tenir compte du fait que des centrales sont situées dans des zones éloignées. Pour les mettre à l'arrêt et les démanteler, ils doivent miser sur l'industrialisation, laquelle sera définie par le marché et par les gouvernements eux-mêmes.

“IndustriALL élabore actuellement des recommandations concrètes pour une Transition juste dans les secteurs de l'énergie, de la mine et de la mécanique. Nous ne pouvons pas demander aux travailleurs d'arrêter ce qu'ils font aujourd'hui sans leur dire ce qu'ils feront demain,”

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

La solidarité internationale met fin au travail précaire dans une usine automobile au Kenya

C’est une bonne nouvelle pour les travailleurs et travailleuses. Par exemple, Anisa, qui a travaillé chez KVM pendant 20 ans sur la base d’un salaire à la pièce, raconte :

“Nous sommes ravis que nos salaires aient augmenté et nous attendons avec impatience des contrats plus longs qui nous donneront une sécurité d’emploi. Actuellement, nous avons des contrats mensuels. La sécurité d’emploi est importante pour nous, car elle améliore nos moyens de subsistance et ceux des familles dont nous nous avons la charge.”

Rose Omamo, Secrétaire générale de l’AUKMW, déclare :

“Nous louons cette démarche de la direction de KVM que nous considérons comme une victoire pour les travailleurs et travailleuses. Il s’agit d’une étape importante pour mettre fin aux conditions de travail précaires dans le secteur automobile au Kenya et nous sommes reconnaissants pour le soutien que nous avons reçu de nos camarades du Comité d’entreprise de Volkswagen. Cette action fait suite à nos engagements dans le réseau VW d’Afrique sub-saharienne.”

Bernd Osterloh, Président du Comité d’entreprise européen et mondial du groupe Volkswagen AG, déclare :

“Nous sommes heureux que les 42 travailleurs et travailleuses rémunérés à la pièce de la KVM aient obtenu un véritable contrat grâce à notre soutien. Il s’agit là aussi d’une belle réussite de l’AUKMW. Ce succès n’aurait pas pu être atteint sans l’engagement passionné des collègues de ce syndicat. En tant que Comité d’entreprise du groupe Volkswagen, nous nous sommes engagés à améliorer les conditions de travail dans le monde entier, tant dans nos propres usines que chez nos fournisseurs. Une clé importante pour cela est notre culture de gestion coopérative des conflits. KVM montre également qu’elle assume la responsabilité de son personnel et coopère avec le syndicat.”

Dariusz Dabrowski, Secrétaire général du Comité d’entreprise européen et mondial du groupe Volkswagen AG, déclare :

“La coopération par le biais du réseau subsaharien, que nous avons établie avec différents syndicats de la région, la Fondation Friedrich Ebert et IndustriALL, démontre par cet exemple l’existence d’une opportunité exemplaire de solidarité internationale. Nous nous réjouissons de poursuivre à l’avenir cette coopération avec nos syndicats frères d’Afrique.”

KVM est impliquée dans l’assemblage en sous-traitance dans son usine de Thika, à environ 40 km de Nairobi. Elle assemble des véhicules pour VW et d’autres clients, notamment des modèles de Nissan, Land Rover, Foton et Hyundai. Les autres activités de KVM comprennent la construction et l’assemblage de carrosseries de bus ainsi que leur marquage. Avec 35 % des parts de la société, les autorités du Kenya sont l’actionnaire majoritaire.