Les syndicats préoccupés par la lenteur de la vaccination contre le Covid-19 en Afrique subsaharienne alors que les taux d'infections bondissent

Les hôpitaux, cliniques et autres centres de santé publics sont débordés et manquent de lits en soins intensifs et, pour les syndicats, la vaccination doit maintenant se faire d'urgence, avec cette nouvelle vague qui a fait bondir le nombre des décès de 40 pour cent au cours des derniers mois. D'après l'Africa Centre for Disease Control, on comptait à la date du 27 juin, 140.976 décès et 4.736.725 guérisons, tandis que 52.059.658 tests avaient été effectués.

Des sources indiquent que le variant delta, très contagieux, a été détecté dans certains pays et les taux d'infection de la région sont ceux qui progressent le plus rapidement sur toute la planète, ce qui a amené certains pays, dont la République démocratique du Congo, le Kenya, la Namibie, l'Afrique du Sud, l'Ouganda et le Zimbabwe, à durcir le confinement et les mesures contre le Covid-19 pour endiguer la propagation.

Les syndicats qui représentent le secteur minier, le textile, l'habillement, la chaussure et le cuir, les produits chimiques et pharmaceutiques et l'industrie manufacturière disent leurs préoccupations devant la lenteur de la vaccination dans leurs pays.

Sipho Mungwe, le secrétaire en charge de la santé au National Union of Mineworkers (NUM) d'Afrique du Sud a déclaré :

"Le NUM est vivement préoccupé par l'incidence élevée des infections par le Covid-19 sur le lieu de travail et il lance un appel pour une campagne de vaccination rapide. Cependant, le programme de vaccination doit respecter les droits des travailleurs."

Certains affirment que les programmes de vaccination sont les plus lents au monde, avec moins de 3,7 doses injectées par 100 personnes en Afrique, contre 67 sur 100 en Europe et 73 sur 100 en Amérique du Nord.

Pour les syndicats, cette vague vient aggraver une crise économique et de santé publique qui a fait des milliers de malades et de morts parmi les travailleurs. Ils sont des millions à avoir perdu leur emploi tandis que les salaires arrivent parfois en retard, voire pas du tout. L'indigence des systèmes de sécurité sociale a aggravé la situation tandis que la pauvreté et le chômage empirent.

Les syndicats voient dans la vaccination une des solutions à la crise et ils soutiennent l'initiative Covax, lancée pour procurer des vaccins aux pays en développement. Il s'agit d'un partenariat entre la CEPI, l'Alliance GAVI, l'UNICEF et l'OMS, fondé sur une collaboration mondiale pour le développement, la production et l'accès équitable aux tests, traitements et vaccins contre le Covid-19.

"Nous avons lancé sur les réseaux sociaux une campagne de promotion de la vaccination et nous avons aussi ouvert une plateforme de messagerie en ligne pour permettre à nos délégués d'atelier de sensibiliser les directions et les travailleurs à la nécessité de la vaccination et contrer la désinformation. Nous utilisons aussi cette plateforme pour le contact avec nos membres. C'est de cette façon que nous pouvons faire campagne puisque nous sommes soumis au confinement,"

a dit Justina Jonas, la secrétaire générale du Syndicat des travailleurs namibiens de la métallurgie et des secteurs connexes.

Par ailleurs, les syndicats soutiennent l'African Vaccine Acquisition Task Team dont le but est une immunisation de 60 pour cent sur le continent, et des accords bilatéraux sur des vaccins.

Ils soutiennent aussi la production locale. En Afrique du Sud, par exemple, les syndicats appuient la production du vaccin Johnson & Johnson par l'intermédiaire de la firme pharmaceutique locale Aspen Pharmacare.

En outre, les syndicats appuient les propositions de renonciation à l'accord ADPIC déposées à l'OMC par l'Inde et l'Afrique du Sud et qui amélioreront la production de vaccins.

Les syndicats veulent aussi que le Covid-19 soit reconnu en tant que maladie professionnelle, de sorte que les travailleurs soient indemnisés s'ils contractent le Covid-19 ou en meurent, et poursuivre des campagnes de sensibilisation, de port du masque, de désinfection des mains, et pour une meilleure ventilation des espaces intérieurs dans le cadre de leurs programmes pour la santé et la sécurité.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, déclare :

"Il faut un accord concerté des syndicats, des gouvernements, des partenaires sociaux, et des initiatives mondiales tels que Covax et la campagne pour la renonciation à l'accord ADPIC. La fabrication locale des vaccins est aussi essentielle pour la disponibilité des vaccins. L'équité vaccinale s'impose parce que le Covid-19 est une pandémie mondiale et que les pays en développement ne peuvent disposer des vaccins dont ont besoin d'urgence l'Afrique subsaharienne et d'autres pays en développement."

Les syndicats d'ArcelorMittal réclament toujours un véritable dialogue

Des discussions animées ont eu lieu sur les relations professionnelles et le dialogue social, lequel fait durement défaut, à l'échelon international surtout. Au mois de mai au Canada, 2.500 travailleurs d'ArcelorMittal se sont mis en grève pour leurs salaires, leurs pensions et des promesses non tenues, et ils ont gagné leur combat.

Les participants ont constaté avec horreur que la dégradation des conditions de santé et de sécurité fait exploser le nombre des décès dans tous les sites d'exploitation d'ArcelorMittal. Des accidents mortels sont survenus au Kazakhstan, en Espagne, en Ukraine, en Pologne et en Afrique du Sud.

Les participants sont confrontés aux mêmes conflits partout dans le monde, au Brésil, en Europe, au Canada et en Ukraine, et ils réclament une structure mondiale opérante pour traiter et régler les conflits lorsque, au niveau local, le dialogue social est absent.

Bart Wille, vice-président exécutif et directeur des ressources humaines du groupe ArcelorMittal, s'est exprimé sur des thèmes majeurs, comme la stratégie du groupe ArcelorMittal sur la décarbonation et l'acier vert. Cela changera la situation et transformera les lieux de travail des quelque 170.000 personnes qu'ArcelorMittal emploie actuellement. Bien qu'il accepte de discuter avec les participants, ArcelorMittal campe sur sa position qui est que les conflits doivent se régler là où ils surviennent et qu'aucune structure mondiale de plus n'est nécessaire.

Les participants à la réunion ont répété que la Déclaration de 2020 reste d'actualité et qu'un dialogue social digne de ce nom s'impose dans tous les sites d'ArcelorMittal du monde, en dépit de la position de la direction.

"Nous apprécions la présence d'ArcelorMittal à cette réunion, toutefois nous en attendons davantage. Nous voulons qu'il entame un dialogue structuré digne de ce nom sur les réalités des travailleurs, les concepts stratégiques ayant des répercussions sur le personnel, la santé et la sécurité, et l'avenir de l'emploi.

"Pour cela, nous voulons et avons besoin d'une structure mondiale et d'un engagement clair d'ArcelorMittal. Nous voulons plus que de belles paroles, nous voulons un engagement réel ! Notre Déclaration de 2020 est notre ligne directrice pour laquelle nous nous battrons tous ensemble,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

Les participants ont observé une minuté de silence à la mémoire de Jose Quirino Dos Santos, du syndicat brésilien CNM, le coordinateur du réseau syndical national d'ArcelorMittal au Brésil.  

Les travailleurs indiens de la métallurgie en grève pour leurs salaires

Ces ouvriers de la métallurgie du secteur public ont opté pour la grève quand ont capoté les négociations sur les salaires et d'autres matières malgré un véritable engagement des syndicats pendant plus de six jours. La question de la révision des salaires était en attente depuis décembre 2017.

La convention collective est normalement révisée tous les cinq ans par le Comité national paritaire de l'acier (NJCS), composé de la direction de la SAIL et de cinq centrales syndicales, dont nos affiliées SMEFI (HMS) et INMF (INTUC). Mais cette fois, la direction a fait traîner les négociations et proposé une hausse négligeable des salaires.

 

Les syndicats réclament notamment :

Sanjay Vadhav, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie, la sidérurgie et l'ingénierie d'Inde (SMEFI), et membre du comité exécutif d'IndustriALL, explique :

"Membre du NJCS depuis 15 ans, j'ai rarement été confronté à une telle passivité de la direction de la SAIL, qui ne réagit pas aux revendications sérieuses des travailleurs pour une révision des salaires attendue depuis longtemps. Les travailleurs ont continué à travailler pendant la pandémie et l'entreprise a réalisé de confortables bénéfices. Et pourtant, la direction foule au pied les droits et les prestations des ouvriers de la métallurgie, y compris des travailleurs précaires."

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan déclare :

"Nous sommes solitaires des travailleurs de la métallurgie et nous exhortons le gouvernement et la direction à changer d'attitude face aux revendications des travailleurs. Nous sommes vivement préoccupés par les centaines de morts que le Covid a fait dans leurs rangs, et beaucoup ont perdu plusieurs membres de leur famille. La direction de la SAIL et de la RINL devraient entamer immédiatement un dialogue constructif avec les syndicats et apporter une réponse concrète à leurs revendications fondées de longue date."

La SAIL est une des plus importantes entreprises publiques de la métallurgie au monde; elle compte cinq usines intégrées à Rourkela, Durgapur, Bhilaï, Bokaro et Burnpur, trois unités spécialisées à Salem, Durgapur et Bhadravati et une vingtaine de mines de charbon et de minerai. La RINL a une grande aciérie à Vishakhapatnam. 

Le syndicat du papier signe un accord avec Suzano au Brésil

Le Syndicat des travailleurs du papier de Mogi das Cruzes, qui fait partie de la CNQ/CUT, un affilié d’IndustriALL Global Union, a contrecarré les projets de l’entreprise visant à altérer les conditions de travail.

Après une campagne sur les médias sociaux et à l’entrée de l’usine, il a réussi à trouver un accord avec l’entreprise afin de conserver les acquis. Le 15 juin, le syndicat a approuvé l’accord lors d’une assemblée virtuelle.

Le nouvel accord prévoit ce qui suit :

L’entreprise productrice de papier et de pâte à papier a annoncé son intention de modifier sa convention avec le syndicat le 17 mai. Le syndicat a alors indiqué que les changements proposés ne reflétaient pas la réalité économique de l’entreprise et portaient atteinte aux droits des travailleurs et travailleuses.

Il a réclamé un accord équitable qui valorise les travailleurs et travailleuses de l’entreprise. Le syndicat a également fustigé Suzano, qui est spécialisée dans la production d’eucalyptus, pour sa tentative de réduire la durée de la convention de deux ans à un seul.

Le Président du syndicat, Marcio Bob Cruz, a déclaré :

“La proposition initiale était méprisable, enlevant des droits aux travailleurs et travailleuses, et représentait un pas en arrière dans notre longue et fructueuse lutte syndicale. Suzano n’a pas besoin de prendre ce genre de mesures parce qu’elle est une grande entreprise.

Notre campagne a bénéficié d’un soutien national et international et l’unité des travailleurs et travailleuses a été décisive pour faire reculer l’entreprise. Nous savons combien il est difficile de réclamer des droits perdus à la table des négociations. C’est pourquoi chacun a joué un rôle clé dans cette victoire.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a ajouté :

“Les actions et la résistance du Syndicat des travailleurs du papier de Mogi das Cruzes sont une source d’inspiration pour tous les travailleurs et travailleuses de l’industrie du papier et de la pâte à papier, non seulement à Mogi et au Brésil, mais aussi dans le monde entier.

Cette victoire montre à tous les travailleurs et travailleuses, ainsi qu’à leurs patrons, que lorsque nous sommes fermes et unis, nous avons le pouvoir de contrer les tentatives de la direction de saper les droits des travailleurs.”

CRH : travailleurs et syndicats restent forts et unis

La réunion a été convoquée par IndustriALL Global Union, l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) et s’inscrivait dans la continuité du travail entamé lors de la conférence de Dublin en 2019, où le réseau de représentants syndicaux et de militants a été constitué.

Les participants ont échangé leurs points de vue sur les défis auxquels sont confrontés leurs syndicats et leurs membres face à la pandémie de COVID-19, la sous-traitance, la SST, le changement climatique, la nécessité d’une transition juste et l’état du dialogue social dans les entités de CRH.

Ambet Yuson, Secrétaire général de l’IBB

“Au cours des cinq à dix dernières années, CRH est devenu un acteur majeur de l’industrie du ciment. La société a établi de nouvelles activités dans les pays du Sud. Les travailleurs espéraient que l’arrivée de CRH se ferait pour un mieux, s’attendant à des investissements, à la modernisation et au développement.

Malheureusement, nous avons été témoins du contraire. Violation de la CCT en Ukraine, introduction de doubles équipes au Brésil en temps de COVID-19 et sous-traitance excessive aux Philippines. Ces pratiques ne sont pas conformes aux normes internationales en matière de droits de l’homme et aux engagements pris par l’entreprise dans le cadre des principes directeurs de l’OCDE. Nous devons unir nos forces et combattre cette injustice.”

Les délégués à la conférence ont discuté de l’état d’avancement des négociations visant à conclure une nouvelle convention pour le Comité d’entreprise européen de CRH et ont exprimé leur soutien aux efforts déployés au niveau européen.

Tom Deleu, Secrétaire général de la FETBB

Tom Deleu, Secrétaire général de la FETBB a déclaré :

“Chez CRH, nous avons du travail à faire. Au niveau européen, nous disposons d’un cadre législatif clair concernant le dialogue social au sein des entreprises multinationales. CRH a conclu une convention volontaire, mais nous pensons qu’elle ne répond pas aux normes. Ces dernières années, l’entreprise est devenue un acteur mondial et elle doit maintenant s’engager avec les syndicats au niveau local, européen et mondial. Nous visons à améliorer le dialogue dans le cadre des règles contraignantes de la directive européenne et nous n’accepterons rien de moins.”

Les délégués ont discuté d’un plan d’action détaillé axé sur la collecte d’informations concernant la situation dans l’entreprise s’agissant de la présence syndicale, de la numérisation, de la réponse de l’entreprise au changement climatique, etc. Tout en établissant et en construisant un dialogue social avec l’entreprise, les délégués ont également décidé d’entrer en contact avec les parties prenantes de l’entreprise et de s’engager avec elles sur des questions cruciales.

Les participants ont également décidé de préparer une déclaration commune qui, après consultation des délégués, sera partagée avec l’entreprise et publiée ici.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a félicité les participants pour le succès de la conférence et a déclaré :

“Il s’agit de la deuxième réunion mondiale consacrée aux problèmes liés au dialogue social chez CRH. Nous tendons la main et recherchons un dialogue transparent ; tant que cela sera réciproque, nous serons heureux de coopérer. Mais CRH doit devenir transparente sur sa coopération avec nous et nous ne tolérerons pas d’autre attitude. Si l’entreprise accepte notre offre, nous ferons de notre mieux pour construire notre relation sur la base du respect mutuel, sinon, nous avons d’autres méthodes dans notre boîte à outils et avons suffisamment d’expérience pour également mener des campagnes, si nécessaire.”

Salaires impayés chez un fournisseur de Victoria’s Secret en Thaïlande

Les 300 travailleurs et travailleuses brandissaient des pancartes portant des messages tels que “Où est notre propriétaire ?” et “Je ne partirai pas comme votre précédent propriétaire”. Les salariés exigent que l’entreprise de lingerie règle immédiatement les montants dus conformément à la loi thaïlandaise.

L’usine a fermé le 10 mars sans avertissement préalable et 1.388 travailleurs et travailleuses ont été licenciés. Les salaires, les heures supplémentaires, les congés et les indemnités de licenciement n’ont toujours pas été perçus. BAT a proposé de rembourser le montant dû sur une période de 10 ans, ce qui a été rejeté par les travailleurs et travailleuses.

Le 23 mars, le Bureau provincial de protection et de bien-être au travail de Samut Prakarn a établi que la société avait violé plusieurs dispositions de la loi sur la protection du travail et qu’elle devait verser 242.689.862,71 bahts (7,61 millions de dollars) à 1.237 plaignants. Si elle ne le fait pas dans les 30 jours, elle devra payer des intérêts de retard de 15 % par an.

 

Dans le cadre d’échanges de courriels entre IndustriALL Global Union et Clover Group, la société mère de Brilliant Alliance Global Ltd. basée à Hong Kong, celle-ci a affirmé avoir fait une proposition au syndicat Triumph International Thailand Labour Union et être en train de déposer un aveu de faillite. Le syndicat affirme que la proposition de paiement sur une période de 10 ans est inacceptable.

Prasit Prasopsuk, Président de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT), indique :

“Il est extrêmement décevant que l’entreprise ait violé des dispositions fondamentales du droit du travail et ignoré les injonctions de l’inspecteur du travail. L’entreprise a prétendu avoir négocié avec le syndicat, mais en réalité, elle a demandé unilatéralement au syndicat d’accepter des paiements échelonnés sur une période pouvant aller jusqu’à 10 ans.

Cela ne profite qu’à l’entreprise. Nous ne pouvons pas accepter l’offre et lui demandons de se conformer à l’injonction de l’inspecteur du travail en réglant les paiements aux salariés le plus rapidement possible.”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Nous appelons l’entreprise à payer immédiatement et intégralement les travailleurs et travailleuses, conformément à l’ordonnance du Bureau provincial du travail. Le client de Clover Group, Victoria Secret, doit intervenir dans le conflit pour protéger les droits des travailleurs.”

La Conférence internationale du travail appelle à des actions fermes pour la relance post-Covid

La Covid et la protection sociale figuraient parmi les principaux débats au sein de la CIT, qui s’est tenue en ligne cette année. Un appel fort à l’action sur la pandémie a été adopté, en réponse à l’impact de celle-ci, plus d’un an après son déclenchement initial. L’Appel mondial à l’action pour une reprise centrée sur l’humain a été adopté à l’unanimité par les représentants des gouvernements, des employeurs et des syndicats et accélère la mise en œuvre de la Déclaration du centenaire de l’OIT.

Forum tripartite unique, la CIT est composée de représentants des employeurs, des gouvernements et des travailleurs des États membres de l’OIT. La Commission de l’application des normes (CAN) de la CIT a connu des débats de fond parfois difficiles sur les 19 cas individuels de violations des conventions de l’OIT, mais a réussi à adopter des conclusions pour tous les cas.

IndustriALL et ses affiliés ont participé activement aux commissions de la CIT et à la Commission de l’application des normes pour dénoncer le manque de respect des droits des travailleurs dans différents pays.

Avec les autres Fédérations syndicales internationales et ses affiliés, IndustriALL a pris la parole pour dénoncer les violations les plus graves de la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical en Biélorussie, en Éthiopie, au Cambodge, en Colombie et au Kazakhstan ainsi que de la Convention 98 en Roumanie.

S’agissant de la Biélorussie, la CAN a émis l’ensemble de conclusions les plus fermes, en vertu desquelles les violations continues des droits des travailleurs en matière de liberté syndicale en Biélorussie doivent être considérées comme un paragraphe spécial. Il s’agit de la mesure la plus forte prise par la CAN à l’égard d’un pays qui viole systématiquement les conventions de l’OIT.

IndustriALL, en tant que membre du Conseil de Global Unions, a contesté la légitimité de la junte du Myanmar dans l’ensemble du système des Nations Unies. La CIT a adopté une résolution d’urgence sur le Myanmar, appelant notamment le régime militaire à mettre fin instamment aux violations des droits de l’homme, à respecter la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale ainsi qu’à cesser les violences et les arrestations et détentions arbitraires.

“Face à une crise sans précédent, nous devons reconnaître que la reprise après la précédente crise mondiale, bien que génératrice de richesses, n’a pas donné lieu à leur répartition équitable et a creusé les inégalités. L’OIT est le temple du tripartisme où les gouvernements, les employeurs et les travailleurs cherchent des accords pour améliorer le monde du travail. Une reprise mondiale équitable ne se fera qu’avec la garantie effective des conventions fondamentales établies par cette institution, notamment en assurant la liberté syndicale et de la négociation collective”,

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.

Un tribunal du Malawi impose une indemnisation dans une affaire de harcèlement sexuel

Tamara Kabowa, harcelée sexuellement par son contremaître général, Joaquim Carvalho, a poursuivi avec succès son employeur, Mota Engil Engenharia Construcao Africa, pour obtenir des dommages et intérêts. Le tribunal a appris que Carvalho avait caressé Kabowa de force et tenté de la déshabiller en utilisant “un canif pour déchirer son pantalon”. Carvalho a démissionné et quitté le Malawi avant que l’affaire ne soit entendue par le tribunal.

La Cour a statué que Mme Kabowa devait être indemnisée par son employeur, Mota Engil, le défendeur dans l’affaire, à “des dommages et intérêts exemplaires et aggravés pour l’atteinte à sa dignité de femme, le traumatisme émotionnel et psychologique, entre autres, résultant de la négligence du défendeur à freiner les abus sexuels dont elle a été victime de la part d’un de ses responsables qui était son supérieur”.

En outre, le tribunal a jugé que Mota Engil “a manqué à son devoir, en tant qu’employeur, de garantir un lieu de travail sûr, conformément à l’article 13 de la loi sur la sécurité, la santé et le bien-être au travail.”

Les affiliés d’IndustriALL au Malawi se félicitent de l’approche ferme adoptée par les tribunaux pour combattre la violence sexuelle et sexiste et sont impliqués dans des campagnes pour la ratification de la C190 dans le cadre de la deuxième mouture du Programme de travail décent du Malawi. Les affiliés participent également à des campagnes en tant que membres du Congrès des syndicats du Malawi et avec des organisations de la société civile sur l’intégration de la dimension de genre et l’égalité des sexes. Les affiliés d’IndustriALL sont le Syndicat du bâtiment, de la construction, du génie civil et des branches connexes (BCCEAWU), le Syndicat de la chimie, de l’énergie, des mines et des branches connexes (CEMAWU), le Syndicat du commerce, de l’industrie et des branches connexes (CIAWU), le Syndicat du personnel d’Escom (ESU) et le Syndicat du textile, de la confection, du cuir et des services de sécurité (TGLSSWU).

“Nous nous félicitons des jugements récents dans lesquels les tribunaux prononcent des peines et des sanctions plus sévères à l’encontre des auteurs de violences sexuelles et sexistes au travail,”

a indiqué William Mnyamula, Secrétaire général de l’ESU.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Nous saluons les femmes qui se dressent contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. L’employeur a le devoir de protéger les travailleuses et d’assurer leur sécurité. La ratification de la Convention 190 par le Malawi est la prochaine étape nécessaire, sachant que les tribunaux y sont favorables.”

En Afrique subsaharienne, la Namibie et la Somalie ont ratifié la convention, tandis que d’autres pays en sont à diverses étapes de consultation en vue de la ratification.

L’industrie pétrochimique iranienne en grève

Les syndicats indépendants n’étant pas reconnus par le gouvernement et faisant l’objet de restrictions systématiques, les actions de grève sauvage sont coordonnées par des comités de grève. Les revendications immédiates de la grève sont de meilleurs salaires, une sécurité sociale adéquate et de meilleures conditions de vie. Les comités de grève ont émis une série de revendications salariales claires pour chaque catégorie d’emploi et ont déclaré que le travail reprendrait si les employeurs répondaient à ces revendications.

Cette grève fait écho à une vague d’actions de grève d’un mois menées par plus de 10.000 travailleurs et travailleuses des champs pétroliers et gaziers de South Pars en août de l’année dernière. La grève de 2020 a contraint les employeurs à améliorer les salaires et les conditions de vie.

L’affilié d’IndustriALL Global Union, le Syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI), rapporte que la vague actuelle de grève a débuté le 19 juin, les travailleurs et travailleuses se croisant les bras et cessant le travail sur plusieurs sites du sud de l’Iran.

Ces travailleurs et travailleuses sont employés par des entreprises de sous-traitance qui fournissent de la main-d’œuvre pour des projets de développement dans les champs pétroliers et gaziers. Les entreprises sous-traitantes font office de tampon entre les travailleurs et les compagnies pétrolières et gazières et tentent de juguler les revendications en recrutant dans le cadre de contrats à court terme renouvelables. Le cycle de travail est de 20 jours de travail et de 10 jours de repos. Pendant la période de travail de 20 jours, les travailleurs sont logés sur le site dans des dortoirs communs. La plupart sont des techniciens et des ouvriers qualifiés tels que des échafaudeurs, des monteurs, des soudeurs et des électriciens.

Les conditions de vie dans les dortoirs sont mauvaises et peu hygiéniques, la qualité de la nourriture dans les cantines est médiocre et les salaires sont bas. Comme les travailleurs sont employés par des intermédiaires, ils ne peuvent pas négocier de meilleures conditions directement avec les compagnies pétrolières et gazières. Les salaires et les conditions sont fixés par les sous-traitants.

En outre, ces entreprises sous-paient régulièrement les cotisations de sécurité sociale en ne respectant pas les classifications de leurs salariés, ce qui a des répercussions sur leurs pensions, leur chômage et leur couverture maladie.

La grève s’est étendue à tout le pays. Actuellement, des milliers de travailleurs et travailleuses de 22 raffineries et projets dans les centres pétroliers et gaziers, dont Jahan Pars, Gachsaran Petrochemicals, la raffinerie de Téhéran et la raffinerie d’Abadan, sont en grève, ce qui a obligé un certain nombre de projets à suspendre leurs activités.

On s’attend à ce que la grève prenne de l’ampleur au fur et à mesure des phases de versement des salaires intervenant au bout des cycles de travail de 20 jours. Les salariés directs de la Société nationale iranienne du pétrole (SNIP) se joindront à la grève et organiseront des rassemblements de protestation dans tout le pays le 30 juin.

Dans une déclaration publiée sur son site web, l’UMMI s’est adressé aux travailleurs du secteur :

“Les vis sont serrées par nos mains et les tuyaux soudés avec notre sueur. Aucun projet ne peut se poursuivre sans que nous assemblions, soudions ou échafaudions. Faites confiance au pouvoir qui est le vôtre et restez chez vous : voyons si l’échafaudage se dresse tout seul !”

Les sanctions américaines ont stoppé la plupart des exportations de pétrole et de gaz de l’Iran. La monnaie nationale s’est dépréciée et l’inflation concernant l’alimentation est extrêmement élevée. Avant d’entamer la grève, les travailleurs ont manifesté devant le parlement à Téhéran ainsi qu’à Ahvaz, la capitale de la province pétrolière du Khouzistan, pour demander que le ministre du pétrole Bijan Zanganeh réponde à leurs revendications.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Une fois de plus, nos camarades iraniens ont fait preuve d’un courage et d’une détermination extraordinaires face à l’oppression. Ils agissent collectivement pour se défendre, améliorer leurs conditions de vie et de travail et exiger que leur patrie se construise pour répondre aux besoins du plus grand nombre. Nous les saluons et sommes solidaires de leur lutte et de leurs justes revendications”

Le mouvement syndical mondial lance une boîte à outils visant à éradiquer la violence et le harcèlement dans le monde du travail

Affectant des millions de travailleuses et de travailleurs  dans le monde, les agressions physiques, les brimades, le harcèlement sexuel, le cyberharcèlement, la violence économique et les pratiques de travail abusives sont les formes de violence les plus répandues dans le monde du travail.

Les rapports publiés dans le cadre de la pandémie de COVID-19 confirment que les violences perpétrées à l'encontre des femmes et des filles se sont intensifiées sous toutes leurs formes au cours de l'année écoulée, rendant les travailleuses particulièrement vulnérables.

L'absence de politiques adaptées et de soutien des employeurs pour répondre à cette violence et la prévenir ont conduit de nombreuses femmes à développer de l'anxiété et des troubles mentaux ou ont entraîné une baisse de leurs performances professionnelles et ont impacté leurs revenus.

La boîte à outils vise à fournir aux syndicats des moyens afin de contrer la violence et au harcèlement sur le lieu de travail et s'assurer que la violence ne soit plus considérée comme faisant "partie du travail".

La violence domestique, bien que se déroulant en dehors du lieu de travail, peut également avoir des répercussions physiologiques et physiques importantes sur les travailleuses qui en sont victimes. De plus, les discriminations liées à l'intersectionnalité créent une autre couche d'inégalité qui augmente le risque de violence et de harcèlement.

La boîte à outils aide les formateur.ice.s et les facilitateurs-trices des travailleurs, ainsi que le personnel et les représentants syndicaux à développer des programmes de formation et constitue un outil utile pour les syndicats qui organisent des campagnes nationales pour la ratification de la C190 dans leurs pays.

Grâce à des campagnes de plaidoyer intensives menées par les syndicats et des groupes de femmes à travers le monde, la Convention 190 et la Recommandation 206 constituent  désormais une base permettant aux syndicats et aux autres parties prenantes de répondre à la violence et au harcèlement dans le monde du travail.

La Convention et la Recommandation s'étendent à tous les secteurs – public et privé- ainsi qu'à l'économie informelle, et sont les premiers instruments internationaux de ce type. Grâce à l'adoption de ces normes, chacune et chacun bénéficiera désormais du droit de vivre dans un monde exempt de violence et de harcèlement.

Valter Sanches, secrétaire générale d'IndustriALL Global Union, a déclaré:

"La boîte à outils de formation des formateurs-trices sur la C190 mise au point par les syndicats mondiaux fournit des outils pratiques et utiles en vue de prévenir la violence et le harcèlement, y compris la violence fondée sur le genre dans le monde du travail. Nous souhaitons que les affiliés d’IndustriALL et les autres syndicats s’appuient sur ces outils dans le cadre des formations, des initiatives de sensibilisation, de la négociation collective et des campagnes.
Cette boîte à outils peut être décisive : ainsi dotés de meilleures armes, les syndicats pourront veiller à ce que la C190 de l’OIT se traduise en actes concrets."

La boîte à outils se compose d'un guide du-de la facilitateur-trice et d'un manuel d'activités. Son objectif est de:

Voici la boîte à outils complète pour former les formateurs:

Facilitator guide
ENGESPFRA
Activity workbook
ENGESPFRA