Participation record à la réunion mondiale de l'automobile

La réunion était présidée par Christine Olivier, coprésidente sectorielle et secrétaire internationale du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA). Son constat est que la pandémie a affecté le secteur et que les employeurs l'ont prise comme excuse pour précariser la main-d’œuvre.

Pour Ray Curry, le président de l'United Autoworkers (UAW), des accords robuste sur la santé et la sécurité ont fait que, pendant la pandémie, beaucoup de travailleurs étaient plus en sécurité au travail qu'à l'extérieur. Certains constructeurs se sont convertis à la production de masques et de ventilateurs.

Le directeur en charge du secteur, Georg Leutert, a donné un aperçu de ses grands enjeux et de l'évolution de la situation depuis la dernière grande réunion à Düren, en Allemagne, en 2019. La fusion de PSA et FCA dans Stellantis, quatrième plus grand groupe mondial de l'automobile, a entraîné une coordination syndicale totale à l'échelon mondial afin de garantir à l'avenir de bonnes relations professionnelles avec la direction, tant à l'échelon européen qu'à l'échelon mondial.

Georg Leutert a aussi évoqué l'importance du nouvel accord mondial sur le télétravail avec Renault. Les délocalisations dans des pays où les conditions de travail sont mauvaises et les relations professionnelles pires encore restent un problème de taille dans le secteur, et il a cité plusieurs exemples en Serbie, en Roumanie et en Turquie.

Rosa Omamo, secrétaire générale du Syndicat fusionné des travailleurs de la métallurgie du Kenya, a montré comment la solidarité mondiale pourrait changer la situation, citant l'exemple du soutien du comité d'entreprise de VW qui a permis de mettre fin à la rémunération à la pièce chez un sous-traitant kényan.

Christine Olivier a expliqué qu'un des objectifs majeurs de la réunion était d'explorer des moyens de renforcer l'action des syndicats tout au long de la chaîne d'approvisionnement, en mettant au premier plan la chaîne d'approvisionnement des batteries, qui va de l'extraction artisanale, précaire et dangereuse, jusqu'au secteur très syndicalisé de la construction automobile.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Atle Høie a présenté un projet lancé par IndustriALL avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert pour la syndicalisation de la chaîne d'approvisionnement des batteries et pour faire entendre la voix des travailleurs dans le processus de diligence :

"Nous avons des affiliés dans toute la chaîne d'approvisionnement, dans les mines, le traitement chimique, la production des batteries et l'utilisation finale, y compris dans la construction automobile. Les syndicats de la construction automobile sont généralement puissants, avec des taux de syndicalisation élevés et de bonnes relations avec les directions, mais moins dans d'autres secteurs. Comment les syndicats puissants peuvent-ils faire levier pour organiser les travailleurs et obtenir de meilleures conditions dans toute la chaîne d'approvisionnement ?"

Judith Kirton-Darling, d'IndustriALL Europe, a mentionné les éléments nouveaux survenus à propos de la législation sur le devoir de diligence en Europe, et comment elle a donné une impulsion aux campagnes pour l'assainissement des chaînes d'approvisionnement. Fredrik von Bothmer, directeur en charge des droits de l'homme chez Daimler, a exposé le point de vue des entreprises sur le devoir de diligence, disant qu'elles sont parfaitement conscientes de trois facteurs ; la pression des partenaires sociaux tels que les syndicats et les ONG, la publicité et la vigilance des médias, et la possibilité de litiges stratégiques. Une législation claire sur le devoir de diligence aide les entreprises à dresser le tableau de leurs responsabilités.

Georg Leutert a déclaré :

"Tous nos affiliés d'un bout à l'autre de la chaîne d'approvisionnement doivent s'impliquer dans la problématique du devoir de diligence. IndustriALL va procéder à un recensement pour identifier les affiliés concernés, les former et les aider à interpeller les entreprises sur les risques de violations des droits syndicaux fondamentaux dans leurs chaînes d'approvisionnement."

Les syndicats sud-africains condamnent les troubles, les violences et les pillages

Depuis quelques jours, l'Afrique du Sud plonge dans ce qui a débuté comme des mouvements de protestation contre l'emprisonnement de l'ancien président, Jacob Zuma, pour outrage à la justice. Il avait été cité à comparaître devant une commission judiciaire d'enquête sur la corruption d'État et ne s'était pas présenté à plusieurs reprises.

Or, la misère généralisée, exacerbée par la pandémie et la récente suppression des aides Covid-19, a fait que les protestations, qui touchaient principalement les provinces de Gauteng et du KwaZulu-Natal, se sont muées en émeutes de la faim et en agitation généralisée.

S'en sont suivis des pillages de centres commerciaux, d'épiceries, d'entrepôts alimentaires et industriels, de magasins de vêtements, de chaussures et d'ameublement, entre autres. Des usines et centres commerciaux ont été incendiés et des ateliers de confection ont été mis à sac dans la province du Kwa-Zulu.

Suivant la presse, 17 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Des émeutiers ont été arrêtés. Le gouvernement dit prendre des mesures pour enrayer les violences en déployant l'armée pour seconder la police dans les zones d'agitation.

Andre Kriel, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l'habillement et du textile d'Afrique australe (SACTWU), a déclaré :  

"Nous ne pouvons accepter que, alors qu'avec le gouvernement et les employeurs nous avons travaillé dur pour sauver et créer des emplois industriels locaux, les résultats à long terme de nos efforts soient réduits à néant par ces actes criminels horribles et honteux.

"À Isithebe, par exemple, une toute nouvelle usine de vêtements, Kingspark Manufacturers, qui n'a ouvert qu'en septembre de l'an dernier, a été totalement détruite. Les machines et les matières premières ont été pillées et il ne reste plus rien. De ce fait, 600 emplois dont nous avons grand besoin et qui font vivre 3.000 personnes dans la partie la plus pauvre du pays sont maintenant perdus."

William Mabapa, le secrétaire général par intérim du National Union of Mineworkers, ajoute :

"En conséquence, de nombreux travailleurs vont perdre leur emploi. Beaucoup de familles n'auront plus de moyens de subsistance, beaucoup de magasins et de camions ayant été réduits en cendres. Le saccage de ces entreprises détruit le gagne-pain et les moyens de subsistance de familles laborieuses. Bien que nous soyons pour l'application de la loi, il faut éviter que des vies soient inutilement perdues dans ces interventions."

Phakamile Hlubi-Majola, la porte-parole du National Union of Metalworkers of South Africa, ajoute :

"Nous sommes extrêmement préoccupés par les actes criminels et les troubles, mais nous savons que ce soulèvement était inévitable après deux décennies d'un capitalisme néolibéral qui a causé la crise des inégalités, de la pauvreté et du chômage. La classe ouvrière et les pauvres sont depuis longtemps sous pression. Nous avons besoin des réformes et de politiques économiques qui profitent à la classe ouvrière."

L'Afrique du Sud est un des pays les plus inégalitaires au monde, avec de fortes disparités salariales et des pauvres qui n'ont pratiquement pas accès à l'éducation et aux soins de santé. Près de la moitié de la population adulte, des femmes surtout, vivent dans la pauvreté. Avec les pertes d'emplois causées par les confinements du Covid-19, la pauvreté gagne du terrain.

Hier, la fédération syndicale COSATU a proposé un ensemble de mesures de secours au Nedlac, le conseil tripartite des relations professionnelles d'Afrique du Sud. Elle estime que des centaines de milliers d'emplois vont disparaître, et que c'est une "catastrophe nationale".

La COSATU réclame une série de mesures d'urgence, comme la livraison de colis alimentaires, le rétablissement des aides Covid-19 et des incitants économiques pour aider les entreprises à se redresser. La fédération réclame aussi des mesures à long terme pour transformer l'économie.

Paule France Ndessomin, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a déclaré :

"Depuis des années, l'Afrique du Sud met en place des mécanismes de dialogue social pour répondre aux problèmes sociaux et économiques. Il faut s'en servir pour désamorcer les tensions actuelles, tandis que le gouvernement doit faire appliquer la loi tout en protégeant les droits des travailleurs et les droits de l'homme."

Photo: Des volontaires déblayent les débris après les émeutes, par Athi Geleba

L'avenir est à nous: l'avenir, c'est maintenant !

Le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a ouvert le forum par ces mots :

"Nous avons beaucoup de choses pour lesquelles lutter : une reprise économique équitable, une Transition juste face aux transformations du monde du travail. Nous ne pourrons pas relever ces défis sans remettre nos structures syndicales en question. Nous devons surmonter la compartimentation des syndicats en secteurs ou suivant des frontières géographiques. Nos syndicats doivent être radicalement inclusifs, nous avons besoin de jeunes dans nos instances décisionnelles. Si nous n'opérons pas ces changements, nous ne représenterons jamais réellement les travailleurs. C'est une question de survie pour nos syndicats."

Le mois de juin a vu un marathon de réunions régionales des jeunes pour préparer ce forum mondial. Les rapports régionaux montrent clairement que le combat des jeunes est le même partout : le travail précaire, l'absence de représentation, la discrimination, le manque de pertinence des syndicats et la nécessité de renforcer les capacités pour les jeunes militants. De jeunes participants déjà actifs dans des structures syndicales ont confié que ces questions sont difficiles à aborder, mais ils sont prêts à les attaquer de front.

La Marocaine Nassima El Guennouni a déclaré :

"Les jeunes ne se syndiquent pas autant qu'ils le devraient parce qu'ils ont peur d'être licenciés par l'employeur. Ils sont les dirigeants de demain. Il est important d'accroître leur présence dans les structures syndicales pour pérenniser nos organisations."

Le Français Romain Decalles a expliqué :

"Nous devrons communiquer avec les jeunes autrement que le faisaient nos prédécesseurs si nous voulons les inclure dans le syndicat."

En Afrique subsaharienne, des syndicats ont constitué un comité des jeunes qui fonctionne. Le président élu Geoffrey Akedi, du Kenya, a déclaré : "Nous devons veiller à avoir dans nos syndicats des structures pour les jeunes qui fonctionnent."

Sweeshta Soomungill, de Maurice, a relaté comment le comité des jeunes d'Afrique subsaharienne s'est constitué et comment il favorise la coopération transgénérationnelle. Elle a expliqué que "les jeunes travailleurs et travailleuses sont l'avenir des organisations syndicales, et ils peuvent innover et transformer les syndicats pour les rendre plus pertinents, sur le lieu de travail et au-delà."

Une session consacrée aux mouvements sociaux tels que le féminisme, Black Lives Matter, Asian Lives Matter et LGBTQA+, s'est ouverte par une discussion sur la manière dont les syndicats peuvent s'avérer de véritables alliés, non seulement en affichant leur solidarité, mais aussi en se transformant réellement pour ne pas perpétuer la discrimination dans nos propres structures.

Le pañuelo verde (foulard vert) est devenu l'emblème des militants pour les droits en matière de procréation en Amérique latine. Yamila Picasso, de la Campagne nationale pour le droit à un avortement légal, sûr et gratuit en Argentine, a expliqué comment cette campagne a été utilisée comme outil de transformation politique.

La campagne a suivi trois axes stratégiques : la rédaction d'un projet de loi; des actions de protestation avec occupation de l'espace public; et de solides communications. Les membres se sont concentrés sur un seul objectif et, bien que provenant de groupes différents, cela a renforcé l'unité. Le combat a duré 15 ans mais, finalement, la      loi a été votée l'an dernier.

Les participants ont pris conscience que ces mouvements sociaux sont fluides, inclusifs et se reconnaissent réciproquement, mais surtout, ils sont emmenés par des jeunes. Parce qu'ils sont très bureaucratiques, les synergies sont plus difficiles dans les syndicats, ce qui explique qu'ils ont besoin de plus de diversité.

C'est pour cela qu'ils ont besoin de plus de jeunes pour les rendre plus pertinents.

Les participants ont été encouragés à participer au congrès en tant que délégués ou observateurs et ils ont mis la dernière main à leur résolution des jeunes qui sera soumise au Congrès d'IndustriALL, en septembre. Son texte traite de questions telles que les campagnes de recrutement, l'éducation syndicale et l'équité de la représentation des jeunes, entre autres.

L’incendie meurtrier dans une usine au Bangladesh démontre la nécessité d’un nouvel Accord

Un incendie s’est déclaré dans la soirée du jeudi 8 juillet dans un bâtiment de sept étages où sont fabriqués des boissons aux fruits ainsi que du matériel d’emballage et de conditionnement en plastique. On estime que 200 travailleurs et travailleuses se trouvaient dans le bâtiment. Au moins 49 personnes ont été brûlées vives au troisième étage. Trois autres ont trouvé la mort en sautant du bâtiment et vingt-cinq ont été recueillies sur le toit. Les proches affirment que la seule issue de l’usine était verrouillée.

Au moins 16 enfants sont portés disparus. Selon certains témoignages, des enfants d’à peine 11 ans travaillaient dans l’usine.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches a déclaré :

“La conjonction du travail d’enfants et de travailleurs et travailleuses enfermés dans une usine peu sûre a conduit à un résultat particulièrement déchirant et affligeant. Cet horrible cas d’homicide industriel nous rappelle les conditions barbares et l’absence totale de sécurité dans certaines usines du Bangladesh.

Selon nos informations, le propriétaire de l’usine a été arrêté et les proches des victimes recevront une indemnisation. Mais l’attention portée par le gouvernement bangladais à la punition et à l’indemnisation ne ramènera pas les vies qui ont été perdues.

De nombreux progrès ont été réalisés au fil des ans en termes de sécurité dans le secteur du textile et de la confection au Bangladesh, grâce à l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments. Ces progrès doivent être garantis à l’avenir par un nouvel accord juridiquement contraignant entre les enseignes qui s’approvisionnent au Bangladesh et les syndicats.”

Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI Global Union, a déclaré :

“Huit ans après le Rana Plaza, cette tragédie choquante et injustifiable montre que des conditions de travail mortellement dangereuses persistent dans les usines du Bangladesh. Si d’énormes progrès ont été réalisés en matière de sécurité dans l’industrie de la confection, grâce à l’Accord du Bangladesh, cette tragédie nous rappelle qu’en l’absence de systèmes solides et indépendants pour assurer la sécurité des conditions de travail, le pire peut arriver.

Une sortie de secours verrouillée est une catastrophe en devenir et nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisants. Nous devons continuer à faire pression pour que les entreprises qui s’approvisionnent au Bangladesh prennent des engagements crédibles et exécutoires : la vie des travailleurs et travailleuses en dépend.”

Le Bangladesh a un long passif d’accidents mortels en usine, principalement dans l’important secteur de la confection du pays. En novembre 2012, 112 personnes sont mortes dans l’incendie de Tazreen Fashions après avoir été enfermées dans le bâtiment. En avril 2013, 1.133 personnes ont été tuées lors de l’effondrement du complexe industriel du Rana Plaza.

L’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh a été élaboré peu après afin de créer un environnement de travail où les accidents peuvent être évités grâce à des mesures de santé et de sécurité raisonnables.

L’Accord est une convention indépendante et juridiquement contraignante, entre les enseignes de mode qui s’approvisionnent au Bangladesh et les syndicats, pour œuvrer à la sécurité dans l’industrie de la confection et du textile.

Cet Accord est limité dans le temps et son successeur est en cours de négociation. Depuis 2020, la sécurité dans le secteur est coordonnée par un organisme tripartite local, le Ready-Made Garments Sustainability Council (Conseil pour la durabilité du prêt-à-porter, RSC). Cependant, le RSC ne peut réussir dans sa mission que si les enseignes sont liées par leur engagement envers les syndicats par le biais d’un accord sur la santé et la sécurité, pour l’instant en cours de négociation en vue dex succéder à l’Accord lui-même. L’industrie manufacturière locale doit se conformer aux normes établies par l’Accord.

Cent vingt enseignes ont signé un document pour prolonger le mandat de l’Accord. La force collective des enseignes et des syndicats exerce une pression considérable sur le gouvernement bangladais et sur les propriétaires d’usines locales pour qu’ils prennent la sécurité au sérieux.

Bien que l’Accord ne concerne que l’industrie de la confection, il crée un précédent important en matière de sécurité dans les usines.

Photo : © Parvez Ahmad Rony. Proches éplorés de victimes de Hashem Foods.

Syndiquer la chaîne d'approvisionnement des piles et batteries

Les 28 et 29 juin, des affiliés d'IndustriALL ont participé à un atelier pour discuter des prochaines étapes de l'élaboration d'une stratégie pour les chaînes d'approvisionnement des batteries.

"Nous devons utiliser notre force de persuasion tout le long de cette chaîne, qui démarre dans les mines, se prolonge dans l'industrie chimique et ses raffineries, dans le conditionnement, jusqu'à l'utilisation finale,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Atle Høie.

"Nous devons faire usage de notre influence du mieux que nous pouvons, et il faut une participation active de nos affiliés."

Avec une demande de voitures électriques en forte augmentation, ce projet visera en premier l'industrie automobile. Le niveau de syndicalisation est élevé chez beaucoup de fabricants, mais il diminue à mesure qu'on remonte la chaîne d'approvisionnement en s'éloignant du produit final. Les réseaux mondiaux d'IndustriALL joueront un rôle crucial, par un renforcement de la coopération entre les différents réseaux sectoriels de la chaîne d'approvisionnement.

La législation joue aussi un grand rôle, de nouvelles lois sur le devoir de diligence ayant été votées dans quelques pays européens. Ces lois imposent davantage de transparence vis-à-vis des gouvernements et du grand public et permettent aux travailleurs de faire entendre leur voix. Les Principes directeurs de l'OCDE sur le devoir de diligence sont d'une grande aide pour faire pression sur la chaîne d'approvisionnement. Des participants de Belgique ont expliqué que leur syndicat a commencé à former ses membres au devoir de diligence pour qu'ils puissent tirer pleinement parti des bénéfices de ce concept.

En dehors de la première étape de la chaîne d'approvisionnement des batteries, c’est-à-dire l'extraction des matières premières, le nombre de femmes qu'elle emploie augmente. Les syndicats ont un rôle essentiel à jouer en veillant à ce que les questions de genre, avec notamment la violence fondée sur le sexe, fassent l'objet d'enquêtes dans le cadre du processus de diligence, et qu'elles soient suivies de mesures dans les entreprises.

Cet atelier de deux jours constituait une étape importante dans la préparation du lancement d'un projet sur la chaîne d'approvisionnement des batteries financé par la FES. Il s'agit d'un projet pilote dans lequel IndustriALL collaborera avec des entreprises, des ONG et d'autres parties prenantes afin de renforcer l'action syndicale. La chaîne d'approvisionnement des batteries est celle qui connaît la plus forte croissance, avec une demande supérieure à l'offre, et le projet vise à comprendre son fonctionnement, à accroître le recrutement et à y améliorer les conditions de travail.

"Une volonté politique forte pousse le secteur et la valeur de la chaîne d'approvisionnement est énorme. Pour la répartir, il faut une politique qui explique à tous ce qui se passe. Pour que le projet soit couronné de succès, il faut y associer nos affiliés, pour qu'ils nous aident à cartographier la chaîne d'approvisionnement et à y jouer de notre effet de levier,"

a dit Atle Høie.

Dispensaires gérés par le syndicat de la confection en Afrique du Sud agréés pour le vaccin Covid-19

Ce 3 juillet, 15 travailleurs et travailleuses ont reçu leur vaccin lors d’un essai effectué dans un dispensaire de Durban. Ces dispensaires, qui ont la capacité de vacciner au moins 6.000 personnes par semaine, seront liés au programme national de déploiement de la vaccination.

Les dispensaires gérés par le syndicat fournissent des services de santé aux travailleurs et travailleuses de la confection depuis plusieurs décennies (le premier a été créée en 1942) et font partie de la stratégie du syndicat en matière de santé et de sécurité. Ils sont gérés avec le soutien du Conseil national de négociation de l’industrie de l’habillement, dans le cadre du système tripartite de relations sociales d’Afrique du Sud.

Les efforts du syndicat contribuent à un programme de déploiement national visant à vacciner le plus grand nombre possible de personnes contre une vague ravageuse d’infections de Covid-19 qui s’est récemment multipliée en raison du variant delta, plus contagieux, qui domine désormais dans le pays. Les syndicats expriment leur inquiétude face à la lenteur de la vaccination.

Andre Kriel, Secrétaire général du SACTWU, a déclaré :

“Cet exaltant fait nouveau fait suite à la récente conclusion de négociations fructueuses en vue d’un accord-cadre historique sur le déploiement du vaccin Covid-19 pour notre secteur, qui a été signé par le SACTWU et toutes les associations d’employeurs du secteur du vêtement en avril. Une partie de l’accord-cadre stipule que nous mettrons à disposition les dispensaires de notre secteur et son personnel médical qualifié pour aider à la campagne de déploiement du vaccin Covid-19.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Nous saluons les efforts du SACTWU, qui est un syndicat à la pointe dans la campagne de prévention et de vaccination contre la Covid-19 dans les usines et sur les lieux de travail. Il est important que le syndicat ait intégré la Covid-19 dans ses activités de santé et de sécurité, ce qui justifie pourquoi la Covid-19 doit être reconnue comme une maladie professionnelle.”

L’Afrique du Sud est le pays d’Afrique subsaharienne où le taux d’infection par la Covid-19 est le plus élevé : plus de 63.000 personnes en sont mortes. Selon le Conseil sud-africain de la recherche médicale, un excédent de décès de 176.700 personnes a été enregistré dans le pays depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19.

En outre, selon le Ministère de la santé, le 7 juillet, le pays comptait 195.493 cas actifs et 411 personnes mouraient chaque jour de complications liées à la Covid-19. Le pays enregistre 21.427 nouvelles infections par jour. Jusqu’à présent, 3.819.730 personnes ont été vaccinées, ce qui très inférieur aux 40 millions de personnes visées pour que le pays atteigne l’immunité collective. Les informations à disposition indiquent que certains hôpitaux du pays, dans les endroits les plus touchés par la Covid-19 comme Johannesburg, manquent de lits pour les patients qui doivent être admis.

IndustriALL appelle le gouvernement indien à s'attaquer à la crise de la sécurité

Dans des accidents du travail, au nombre estimé de 116, survenus dans l'industrie minière et la chimie dans tout le pays, 235 travailleurs auraient perdu la vie entre les mois de mai 2020 et juin 2021. Depuis la reprise de l'activité industrielle consécutive au confinement de mai 2020, l'Inde est la scène d'une série d'accidents du travail.

Ces chiffres sont le fruit d'une compilation d'articles parus dans les grands médias et des accidents signalés par des affiliés d'IndustriALL. Le nombre réel des accidents et des morts pourrait être bien supérieur.

Beaucoup de travailleurs sont aussi décédés du Covid-19 contracté, pour certains, sur le lieu de travail. 1.857 travailleurs sont morts du Covid-19 dans 32 établissements industriels du secteur manufacturier, comme les charbonnages, les aciéries et les cimenteries.

Les orateurs qui sont intervenus à la conférence de presse ont souligné que le recours en grand nombre à des travailleurs non formés, les défaillances du système d'inspection, la mauvaise application des protocoles de sécurité couplée à un manque de sensibilisation à la sécurité, les carences de l'évaluation des risques et des réactions, la négligence et le délitement des procédures de réponse d'urgence ont exacerbé l'impact des accidents.

"L'homicide industriel se répète de plus belle en Inde. Ce pays est devenu un laboratoire de la détérioration des droits des travailleurs, et cela se reflète dans la crise de la sécurité sanitaire professionnelle. Nous ne pouvons rien tolérer qui mette en danger la vie des travailleurs. Avec la pandémie de Covid-19, la santé et la sécurité sont devenues des droits fondamentaux des travailleurs.

" Il faut que les gouvernements et les employeurs, en total partenariat avec les travailleurs et les organisations syndicales, élaborent et mettent en œuvre des politiques de santé et de sécurité,"

a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

"Nous assistons à une montée du nombre des accidents industriels et ne tirons pas les leçons du passé. Le gouvernement indien devrait constituer une commission d'experts pour analyser les accidents industriels et identifier leurs causes profondes et les erreurs commises.

"Il faut que les mesures de sécurité soient améliorées pour sauver à tout prix les vies des travailleurs. Le gouvernement et les employeurs doivent assumer leurs responsabilités, protéger la santé de leurs travailleurs et s'attaquer sans retard à la crise de la sécurité. Le Code de 2019 sur la santé, la sécurité professionnelles et les conditions de travail, récemment adopté, ne répond pas aux préoccupations des syndicats. Sa couverture est limitée et partielle et exclut de larges pans de la population active, comme les travailleurs précaires. Il faut qu'ils collaborent avec les syndicats pour concevoir des politiques et renforcer la législation en vigueur pour garantir la santé et la santé des travailleurs,"

a déclaré Sanjeeva Reddy, le président de l'INTUC.

Sanjay Vadhavkar, membre du comité exécutif d'IndustriALL et secrétaire général du SMEFI, a déclaré :

"Nous perdons beaucoup de travailleurs à cause du Covid-19 et de la fréquence accrue des accidents mortels qui sont devenus de graves sujets de préoccupation pour les travailleurs du secteur manufacturier. Le gouvernement central et les autorités des États devraient renforcer au plus vite le système de l'inspection de sécurité, diligenter des enquêtes dignes de ce nom, rendre publics les rapports d'enquête sur les accidents, organiser des consultations publiques et associer les syndicats à l'amélioration des mesures de sécurité pour protéger la sécurité du personnel au travail."

La conférence de presse a reçu un large écho dans la presse indienne.

Kirghizistan : la nouvelle loi sur les syndicats doit être conforme aux normes internationales du travail

Le mouvement syndical international avait été heureux d’apprendre qu’après deux ans de lutte des syndicats kirghizes, soutenus par une énorme solidarité internationale, la loi sur les syndicats avait fait l’objet d’un veto de la part du Président en mai de cette année. Cette loi aurait gravement porté atteinte à la liberté syndicale au Kirghizstan et privé les syndicats de leur indépendance.

Toutefois, une nouvelle version a été approuvée à la hâte par le Parlement en troisième lecture le 30 juin. Bien qu’ayant une nouvelle structure et un contenu révisé, elle reste largement en contradiction avec la Constitution du Kirghizistan et les principales normes internationales du travail, notamment les Conventions 87 et 98 de l’OIT, ratifiées par le Kirghizistan.

Le Parlement n’a pas tenu compte des nombreux commentaires du Président sur l’incompatibilité de la loi à laquelle il a opposé son veto avec la Constitution du Kirghizistan et les principales normes internationales du travail et a inclus les mêmes dispositions contraires dans la nouvelle version. Le Parlement a également ignoré la revendication d’inclure des représentants d’autres syndicats que la Fédération des syndicats du Kirghizistan (FTUK) dans le groupe de conciliation chargé de travailler sur la version révisée de la loi.

La nouvelle loi sur les syndicats stipule que la FTUK est le seul partenaire social, ce qui lui confère un monopole, en violation flagrante de la Convention 87 de l’OIT, car elle prive les travailleurs et travailleuses de la possibilité de créer une autre confédération syndicale s’ils le souhaitent. La nouvelle loi prive les syndicats de leur indépendance en les obligeant à rendre des comptes au gouvernement et aux employeurs et place tous les syndicats du pays sous le contrôle total de la FTUK. Les syndicats seraient privés du droit de déterminer de manière indépendante leur structure organisationnelle, formes et types d’associations ainsi que du droit d’établir leurs propres chartes et organes directeurs.

De plus, la nouvelle loi sur les syndicats est pleine de contradictions et de discordances techniques, ce qui démontre clairement le très faible niveau de rigueur juridique appliqué par ses initiateurs.

Dans son courrier adressé au Président du Kirghizstan, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, déclare :

“Nous demandons au Président du Kirghizstan d’opposer son veto à la nouvelle loi sur les syndicats, adoptée par le Parlement le 30 juin, et nous exhortons le Kirghizstan à s’assurer que tout nouvel amendement à la législation syndicale soit préparé avec la participation réelle de syndicats indépendants afin de garantir le plein respect des normes internationales fondamentales du travail.”

Travailleuse de la confection tuée et nombreux blessés lors d’une manifestation dans une ZFE au Bangladesh.

Selon nos informations, Jesmin Begum (32 ans), une travailleuse de la confection qui était occupée par Lenny Fashions, a subi des blessures mortelles après avoir heurté un poteau métallique alors qu’elle s’éloignait précipitamment du lieu de la manifestation, la police ayant violemment dispersé les manifestants. Un grand nombre de personnes ont été blessées quand la police a tiré des balles en caoutchouc, lancé des bombes lacrymogènes, utilisé des canons à eau et chargé à la matraque les manifestants sur l’autoroute Dacca-Tangail dans la ZFE de Dacca, à Ashulia.

Mme Begum et les autres manifestants faisaient partie des plus de 6.000 travailleurs et travailleuses qui ont perdu leur emploi lors de la fermeture, le 20 janvier 2021, de Lenny Fashion et Lenny Apparels, une filiale de Must Garment, une entreprise basée à Hong Kong. Les employeurs n’ont pas entièrement versé les arriérés de salaire qui étaient dus. L’employeur affirme avoir effectué une première tranche de paiement et ne prévoit d’effectuer le versement final aux travailleurs et travailleuses qu’après avoir vendu l’usine, ce qui prendra du temps.

Selon Must Garment, les usines ont été fermées en raison d’annulations de commandes, de la chute des prix et d’un manque de travail dus à la pandémie de Covid-19.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL Global Union pour l’industrie du textile et de la confection, a déclaré :

“Nous sommes profondément préoccupés par la violence à laquelle les forces de l’ordre ont eu recours. Un véritable dialogue social avec les représentants des travailleurs et travailleuses doit être poursuivi pour trouver une solution. L’Autorité des zones franches d’exportation du Bangladesh doit veiller à ce que les travailleurs et travailleuses ne soient pas injustement affectés par des fermetures et s’assurer que les employeurs paient rapidement aux travailleurs ce qui leur est dû.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“IndustriALL condamne cette violence exercée contre les travailleurs et travailleuses. Cet incident montre l’importance de permettre aux syndicats de fonctionner dans les ZFE. Nous appelons le gouvernement du Bangladesh à prendre en compte la revendication des syndicats de pouvoir effectuer leur travail au sein des ZFE.”

Photo : Solidarity Center

Les syndicats réclament des réformes démocratiques en Eswatini

D'après les chiffres des hôpitaux confirmés par les syndicats, 24 personnes ont été tuées et 150 autres sont hospitalisées pour des blessures par balles après que la police et l'armée aient ouvert le feu sur les manifestants. On craint plusieurs autres morts, qui auraient été enterrés en secret ou brûlés et réduits en cendres par les forces de sécurité.

Plutôt que les brutalités de la police et de l'armée et la coupure de l'Internet par les autorités, les syndicats proposent le dialogue et l'ouverture d'espaces de démocratie dans le royaume.

L'Eswatini est la dernière monarchie absolue d'Afrique. Le roi Mswati III règne depuis 1986 sur le royaume. Sa fortune s'élèverait à 200 millions $ et il est accusé de puiser dans les finances publiques pour mener un train de vie dispendieux pour lui-même et ses quinze épouses. Les partis politiques ont été interdits en 1973 et la constitution limite fortement leurs activités. Les manifestants réclament la mise en place d'un système de gouvernement démocratique.

Les syndicats conseillent aux travailleurs de rester chez eux pour leur sécurité et ils ont demandé aux employeurs de les autoriser à rester absents tant que la situation ne s'améliore pas.

Pour les syndicats, les protestations ont démarré en mai lorsque le gouvernement a repoussé des pétitions demandant des réformes démocratiques consistant notamment en une réduction des pouvoirs de la monarchie et l'élection démocratique du premier ministre. Actuellement, le premier ministre, les ministres et certains députés et sénateurs sont nommés par le roi.

Wander Mkhonza, le secrétaire général des Syndicats unis du Swaziland (ATUSWA), affilié à IndustriALL, a déclaré :

"Nous sommes dans cette situation à cause d'un dirigeant qui a choisi de rester indifférent à toutes nos demandes de démocratisation. Le roi prône le dialogue sur la scène internationale mais fait le contraire dans le pays. Il se cache derrière ceux qu'il envoie négocier avec les voix dissidentes. Le roi doit accepter que son règne absolu a pris fin d'un coup."

"Nous appelons le gouvernement à ouvrir la scène politique et à accepter le dialogue avec ceux qui ont d'autres conceptions politiques. La fédération doit entamer d'urgence une consultation interne en profondeur pour sortir au plus vite de l'impasse actuelle qui s'avère lourde de conséquences pour la paix sociale et, d'une manière générale, la jouissance des droits et libertés individuelles," 

a écrit dans un communiqué le Congrès des syndicats du Swaziland (TUCOSWA), dont les affiliés sont membres.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Nous sommes solidaires des travailleurs et de la population de l'Eswatini et de leurs demandes pour des réformes démocratiques. En tant que syndicats, nous sommes persuadés que le dialogue social et politique est important pour sortir des conflits et nous exhortons le gouvernement de l'Eswatini à promouvoir un dialogue inclusif."

Les affiliés d'IndustriALL d'Eswatini sont l'ATUSWA et le Syndicat des travailleurs de la fourniture d'électricité, sa maintenance et associés du Swaziland (SESMAWU).

Photo: People's Dispatch