Les FSI se retirent du programme de sécurité, inapplicable, des usines de confection au Bangladesh

Ce retrait signifie qu’IndustriALL, UNI et les syndicats locaux au Bangladesh ne feront plus partie du RSC et de son conseil d’administration, ce qui lui enlève toute crédibilité en tant qu’organisation efficace pour la sécurité des travailleurs et travailleuses.

Le RSC a été créé par l’Accord dans le cadre de négociations avec l’industrie de la confection bangladaise afin d’inclure les propriétaires d’usines en tant que parties prenantes, étant entendu qu’un nouvel accord juridiquement contraignant entre les syndicats et les enseignes succéderait à l’Accord tel que conclu à l'origine.

Les Fédérations syndicales internationales ne peuvent accepter de remplacer le modèle extrêmement efficace de l’Accord par une proposition alternative des enseignes dérivée des approches des décennies précédant l’homicide industriel du Rana Plaza et qui ont échoué.

Ces derniers mois, les enseignes mondiales de la confection ont insisté sur un nouveau cadre pour l’avenir qui écarte les éléments clés qui ont permis à l’Accord de rendre les usines de confection au Bangladesh sûres pour les travailleurs et travailleuses, par exemple la responsabilité individuelle des enseignes et un contrôle indépendant de celles-ci.

Les promesses creuses des enseignes de renouveler l’Accord et leurs contre-propositions désobligeantes ont conduit à un point critique pour la sécurité des usines de confection au Bangladesh et à la mise en danger de la vie de millions de travailleurs et travailleuses de la confection au Bangladesh.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches a déclaré :

“L’Accord et le secrétariat indépendant habilité à rendre compte de la performance des enseignes, récemment renforcé par l’accord de coopération avec le RSC, ont réussi à prévenir la perte de vies au cours des huit dernières années. La proposition d’autocontrôle des enseignes constitue un dangereux retour en arrière et sape la crédibilité du programme. Elle aura des conséquences immédiates sur la sécurité de millions de travailleurs et travailleuses dans les chaînes d’approvisionnement des enseignes.”

Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI Global Union, a déclaré :

“Au lieu de négocier la prochaine phase de notre travail conjoint sur la sécurité au Bangladesh, les enseignes ont poursuivi une stratégie de « sortie d’accord » conçue pour supprimer tout rôle significatif pour les syndicats à l’avenir. Nous ne pouvons pas nous contenter d’approuver un partenariat entre l’industrie et les enseignes sans une réelle responsabilité et un contrôle rigoureux. Le moment est venu d’aller de l’avant et de s’appuyer sur les progrès réalisés, pas de faire marche arrière.”

Le modèle de l’Accord a été largement salué comme étant inégalé dans son succès et dans sa cohérence avec les Principes directeurs des Nations unies, ceux de l’OCDE et les principes de responsabilité crédible de la chaîne d’approvisionnement et des obligations en matière de commerce et de droits de l’homme.

Antisyndicalisme chez Novartis en Inde

L'affilié suisse d'IndustriALL Global Union, Unia, et l'organisateur de campagnes suisse MultiWatch unissent leurs forces pour soutenir les collègues syndiqués indiens.

Depuis sa création en 1984, le syndicat indien Novartis Employees Union (NEU) connaissait une relation constructive avec la direction.

En janvier 2017, le syndicat et la direction ont signé un mémorandum de conciliation par lequel les deux parties s'engageaient à se rencontrer trois fois par an pour régler leurs différends. Non seulement, la règle n'a pas été suivie, mais la direction a tenté de changer unilatéralement les conditions d'emploi plutôt que de passer par la procédure de négociation collective établie.

Le mémorandum est arrivé à expiration en décembre 2018 et le NEU a déposé un nouveau cahier de doléances en mars 2019. Mais, à ce jour, la direction refuse toujours de rencontrer le syndicat pour poursuivre la négociation collective.

Pour tenter de briser le syndicat, la direction a manipulé le système d'évaluation pour l'utiliser de manière répressive contre les travailleurs syndiqués, et même pour justifier des licenciements abusifs. Elle a aussi informé la presse de licenciements à venir avant d'en aviser les intéressés ou le syndicat. À l'opposé des déclarations publiques du président du conseil d'administration de Novartis, la direction indienne s'est servie de la pandémie de Covid-19 pour procéder à des licenciements en masse.

Le syndicat dit avoir tout tenté pour renouer les relations et rétablir la confiance, mais que la direction continue à enfreindre les protocoles qu'elle a signés et à ne pas honorer les accords et engagements écrits.

Dans une lettre commune avec le syndicat suisse Unia et l'organisation de défense des droits de l'homme MultiWatch, IndustriALL exhorte le P-DG de Novartis en Suisse à intervenir et

"à agir auprès de la direction en Inde et lui rappeler les engagements sociaux pris à l'échelle mondiale par le groupe Novartis. Ces violations entachent gravement l'image de Novartis. Or, avec votre intervention, cette tache peut être effacée, et nos organisations sont prêtes à vous épauler pour ce faire."

Les métallurgistes d’ArcelorMittal au Canada votent pour la grève

2.500 travailleurs et travailleuses d’ArcelorMittal Mining Canada à Port-Cartier, Fermont et Fire Lake ont participé au vote, qui a donné lieu à une majorité de 97 à 99,8 % de rejet de l’offre de l’entreprise et de soutien à une grève illimitée.

“Optant pour une position dure, nos membres ont décidé de faire grève pour qu’ArcelorMittal partage ses énormes profits avec ses salariés, au bénéfice de leur région, plutôt qu’avec les seuls actionnaires,”

a déclaré Dominic Lemieux, Directeur des Métallos USW pour le Québec.

Les travailleurs avaient organisé des piquets de grève permanents devant les installations de l’entreprise à Port-Cartier et à Fermont.

Le syndicat réclame de meilleurs salaires et pensions, de meilleures conditions de travail ainsi que des primes liées aux conditions de vie dans le Nord. Le prix du fer étant à un niveau record, les travailleurs et travailleuses soutiennent qu’il est grand temps qu’ArcelorMittal respecte et reconnaisse leur immense contribution.

En outre, des promesses faites lors des négociations de 2017 n’ont pas été tenues, par exemple en ce qui concerne l’hygiène sur certains sites et la qualité de certains aliments servis dans les cantines.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, exprime sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses et demande qu’ArcelorMittal retourne à la table des négociations :

“Le grand soutien des travailleurs est une indication très claire de la confiance entre les membres et leur syndicat. En ce sens, nous croyons fermement que cela devrait donner un signal clair pour la direction d'ArcelorMittal de revenir immédiatement à la table des négociations et de négocier de bonne foi pour trouver une solution.”

IndustriALL a informé les membres du Réseau syndical mondial d’ArcelorMittal et leur a demandé d’afficher leur solidarité avec leurs camarades canadiens du Québec.

PROFIL: Le rôle éminent d'Industrial Chile Constramet dans le processus de rédaction d'une nouvelle Constitution

PROFILE

From Global Worker No. 1 May 2021

Pays: Chile

Syndicat: Constramet

Bien que le syndicat Industrial Chile-Constramet a été fondé en 1929, en vertu d’un décret de 1973 il était hors-la-loi pendant la dictature. En 1980, ce décret dictatorial a été abrogé et le syndicat est redevenu légal.

Le 18 octobre 2020, une augmentation des tarifs du métro de Santiago a déclenché des manifestations historiques. Ce débordement social a attiré l'attention sur des sentiments d'injustice dus aux inégalités croissantes au Chili. Les manifestants réclamaient une augmentation du salaire minimum, des changements dans l'éducation et contestaient les montants élevés des tarifs de l'électricité et du gaz, du prix de l'essence et des coûts des soins de santé. Une modification de la Constitution a été proposée, qui garantirait la justice sociale et apporterait des solutions aux problèmes profondément ancrés dans la société.

Lors du référendum du 25 octobre dernier, les Chiliens ont voté en faveur de la rédaction d'une nouvelle Constitution pour remplacer celle en vigueur depuis la dictature de Pinochet. 

Industrial Chile-Constramet s'est engagé en faveur de l'approbation du référendum et souhaite également participer au processus de rédaction de la nouvelle Constitution du pays. Une nouvelle Constitution, que les Chiliens approuveront ou rejetteront, devrait être prête à être soumise à référendum d'ici avril 2022.

Horacio Fuentes, Président d'Industrial Chile-Constramet et membre du comité exécutif d'IndustriALL, déclare :

“En 2021, notre défi est de continuer à lutter pour les transformations exigées par le peuple chilien. C'est pourquoi nous jouons un rôle de premier plan dans le processus constituant, qui ouvre la porte vers un Chili digne et équitable pour tous.” 

Le dirigeant syndical indique que le syndicat présentera des propositions visant à “un nouveau modèle de développement pour le Chili”, qui seront remises aux personnes désignées pour travailler sur la nouvelle Constitution.

“Nous avons préparé un document précisant que la nouvelle Constitution doit établir les droits du travail et un nouveau modèle de développement. Elle doit contribuer à la création d'une industrie nationale en lien avec nos ressources naturelles, capable d'assurer un plus grand développement industriel au Chili. La nouvelle Constitution doit changer le destin du pays,” affirme Fuentes.

Le syndicat regroupe 8.000 travailleurs et travailleuses de l'industrie manufacturière, notamment du secteur du cuir, de la chaussure, du textile, de la sylviculture, du métal, du plastique, des mines, de la chimie et de l'énergie, quel que soit le type de contrat qui est le leur. Un tiers des membres sont des femmes ; l'objectif du syndicat est de porter ce chiffre à au moins 50 %.

 

Fuentes explique que l'intégration d'un plus grand nombre de jeunes travailleurs et de femmes est un défi. Industrial Chile-Constramet a créé un secrétariat pour les jeunes et un autre pour les femmes afin de les former et de les encourager à rejoindre les organes directeurs. Cependant, il est difficile de trouver des jeunes qui s'engagent dans le syndicat, où l'intérêt collectif prime sur l'individu. 

“Nous devons être le genre d'organisation que les travailleurs et travailleuses souhaitent et pas seulement celle que la loi crée. Cela implique de dépasser les syndicats d'entreprise et de se tourner vers la création d'un grand syndicat national,”

conclut Fuentes.

IndustriALL et Anglo American fixent le cadre d'un dialogue mondial

Anglo American reconnaît IndustriALL comme interlocuteur mondial et déclare son attachement aux droits fondamentaux au travail définis par l'OIT, et met en place des mécanismes de contrôle permanent pour faire en sorte que les travailleurs jouissent effectivement de ces droits fondamentaux.

Le mécanisme de dialogue mondial sera activé au moins deux fois par an.

Il prévoit notamment :

Selon le P-DG d'Anglo American, Mark Cutifiani,

"L'année dernière nous a rappelé une fois de plus la valeur de la collaboration dans toute l'industrie minière. Alors que les économies repartent et que nous nous orientons vers un avenir à faible carbone, le dialogue avec nos salariés et leurs représentants n'a jamais autant compté. C'est pourquoi je me félicite de cette chance que nous avons de poursuivre le dialogue avec IndustriALL et me réjouis d'une coopération future productive."

La signature de ce mémorandum d'accord est l'aboutissement d'un processus entamé au plus fort de la crise des matières premières, alors que, partout dans l'industrie minière, les travailleurs perdaient leurs emplois et que protestations et grèves marquaient les relations professionnelles. Le Covid-19 a aussi été éprouvant pour l'industrie minière mais il a été l'occasion de poursuivre le dialogue et la collaboration entre les deux parties.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Ce mémorandum d'accord fera date dans l'industrie minière et ouvre, avec Anglo American, des pistes pour améliorer les processus de règlement des conflits. Cet engagement va au-delà d'un accès effectif aux droits fondamentaux au travail et s'étend à la santé et la sécurité, à la gestion de l'introduction des nouvelles technologies et à une Transition juste pour les mineurs de charbon et les communautés proches des activités d'Anglo American."

Anglo American est le premier producteur mondial de platine, avec 40 pour cent de la production mondiale, et un gros producteur de diamants, de cuivre, de nickel, de minerai de fer et de charbon métallurgique et thermique. Il emploie plus de 90.000 personnes.  

 
 
 

Inde : la direction de Siemens sommée de payer des arriérés pour le retard de la CCT

Les conventions collectives de différentes divisions de Kalwa Switchgear & Switchboard, Transformer, Nashik & Aurangabad ont expiré entre le 31 décembre 2018 et septembre 2019.

L’entreprise a l’habitude de retarder la signature des conventions collectives ; en 50 ans, pas une seule convention collective n’a été signée à temps. Les retards ont varié de dix à trente mois, mais l’employeur a toujours payé l’augmentation salariale convenue à titre d’arriérés pour ladite période.

“Aujourd’hui, l’entreprise veut mettre fin à cette pratique et priver les cols bleus de leurs arriérés. Le syndicat n’est pas à l’origine des retards et nous avons coopéré avec la direction pour augmenter les capacités de production pendant la Covid. En retour, nous ne recevons rien d’autre que des atermoiements de la part de l’entreprise,”

a indiqué le Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de Siemens, Girish Ashtekar.

Au début des négociations, la direction n’a proposé qu’une faible augmentation de salaire, invoquant la crainte d’un effondrement dû à la pandémie. Plus tard, la direction a exprimé le souhait de réduire le paiement des arriérés.

 

Girish Ashtekar précise que pendant la pandémie, le syndicat a montré une volonté d’ajuster les arriérés de manière significative. En réponse, et malgré une année 2019-2020 bénéficiaire, la direction de l’entreprise semble viser davantage au découragement du syndicat.

“Avec son affilié allemand IG Metall, IndustriALL soutient pleinement la lutte du Syndicat des travailleurs de Siemens en Inde. Il n’est pas acceptable que la pandémie soit utilisée par la direction comme une tactique dilatoire alors que le syndicat travaille dur pour trouver une solution à l’amiable.

J’espère qu’un accord sur les arriérés sera conclu très rapidement, afin que syndicat et direction puissent se concentrer ensemble sur la manière de surmonter les difficultés actuelles causées par la pandémie,”

a indiqué Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

En Géorgie, les travailleurs de la chimie obtiennent de meilleures conditions après une grève

Ils s'étaient mis en grève le 27 avril pour réclamer une hausse des salaires, et plus de 500 d'entre eux avaient bloqué l'usine, empêchant tout mouvement de camions. Trois jours plus tard, l'activité était totalement à l'arrêt.  

Alors que l'entreprise faisait de plus en plus de bénéfices, les salaires des travailleurs n'ont pas bougé. Entre 2016 et 2020, le coût de la vie a augmenté de 27 pour cent en Géorgie, tandis que les travailleurs n'ont obtenu qu'une seule augmentation en 2019. Le salaire mensuel moyen payé par l'entreprise est de 750 GEL (220 $), un des plus bas du secteur.

Après un changement de direction en 2017, les relations de travail se sont tendues, chez Rustavi Azot, d'autant plus lorsque 350 travailleurs ont été licenciés. En 2018, 56 d'entre eux ont été réintégrés sur décision de justice.

Ils ont repris le travail le 3 mai, après que le Syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique, minière et chimique de Géorgie (STIMMCG), affilié à IndustriALL Global Union, ait passé avec la direction un accord augmentant les salaires de 250 GEL (72 $) pour les travailleurs gagnant moins de 1.000 GEL (290 $), et de 125 GEL (36 $) pour ceux gagnant plus de 1.000 GEL.

La direction a aussi proposé une prime de Pâques et promis de ne pas déduire les jours de grève des salaires.

Elle a également accepté de négocier avec les représentants syndicaux une rémunération annuelle tenant compte de l'inflation, une amélioration des conditions de travail et des prestations sociales et de l'assurance-maladie. 

L'entreprise a promis de s'abstenir de représailles contre les travailleurs qui ont participé à la grève de respecter la liberté syndicale sur le lieu de travail. Par la suite, 500 nouveaux membres ont adhéré au STIMMCG, qui représentera les intérêts des travailleurs dans les négociations à venir.

Tamaz Dolaberidze, le président du STIMMCG, a déclaré :

“Nous remercions tous ceux qui ont soutenu la grève, y compris la représentation majoritaire de Roustavi au Parlement géorgien, la municipalité et l'administration régionale de la Basse Kartlie. Nous attendons de la direction de l'entreprise qu'elle poursuive la négociation dans le même esprit constructif qu'à la fin de la grève.”

JSC Rustavi Azot produit jusqu'à un pour cent de tout le nitrate d'ammonium consommé dans le monde.

IndustriALL condamne la violence en Colombie

Le 28 avril, une grève nationale rejetant un projet de réforme fiscale prévoyant une augmentation des taxes sur les services publics a débuté en Colombie. Le Président colombien, Iván Duque, a répondu à ces manifestations massives et pacifiques par des actes policiers excessifs.

À ce jour, 28 personnes sont mortes, 234 ont été blessées, 726 ont été détenues arbitrairement et plus de 100 sont portées disparues.

Le 4 mai, les Fédérations syndicales internationales ont envoyé une lettre à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) et au Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, leur demandant d’intervenir d’urgence en Colombie pour mettre fin à cette violence policière aveugle.

Ils ont également demandé au gouvernement colombien de promouvoir le dialogue et d’écouter les revendications du Comité de grève national, qui a appelé à la manifestation nationale contre la crise sanitaire, économique et sociale consécutive à la pandémie de Covid-19.

Bien que le gouvernement a annoncé le retrait du projet de réforme fiscale le 2 mai, le Comité de grève national a appelé à la poursuite des manifestations, à la fin du massacre et à ce que les responsables répondent de leurs actes.

Les affiliés d’IndustriALL en Colombie sont à nouveau descendus dans la rue aujourd’hui. Le Président de l’USO, Edwin Palma Egea, explique :

“Notre démocratie est en danger ; le gouvernement crée des troubles internes pour justifier la militarisation des rues et le massacre de nos jeunes. Nous appelons le gouvernement à s’asseoir et à négocier avec toutes les parties prenantes au niveau social pour résoudre la situation avant qu’il n’y ait davantage de violence et de morts.”

Dans un courrier adressé au Président colombien Iván Duque, le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches martèle :

“Nous condamnons fermement la répression brutale du peuple colombien qui exerce son droit à la liberté d’expression en manifestant contre le projet de réforme fiscale et d’autres politiques dommageables de son gouvernement.

Nous soutenons les revendications légitimes du peuple colombien et nous soutenons les grèves et les mobilisations pacifiques dans le cadre des décisions du Comité de grève national et des nombreuses organisations sociales qui les soutiennent.”

DOSSIER: Les syndicats latino-américains veulent prôner la réindustrialisation

DOSSIER

Global Worker No. 1 mayo 2021

Texte: Kim Meyer

Region:Amérique latine et des Caraïbes

Thème:  la réindustrialisation

En 2020, plus de 150 dirigeants syndicaux des secteurs des métaux de base, de l'énergie et de l'automobile en Amérique latine et aux Caraïbes ont participé à une série de séminaires et de groupes de travail dans le cadre d'un projet régional d'autonomisation des syndicats mené par IndustriALL et l'organisation suédoise Union to Union.

Au cours du second semestre, ils ont travaillé avec des experts universitaires pour rédiger un document présentant les principales tendances et les scénarios possibles pour l'industrie dans la région au cours des prochaines années. Ils ont finalisé une première version du document en décembre 2020 et la retravailleront cette année.

Le Secrétaire régional d'IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

"Nous devons analyser ce qui se passe actuellement et évaluer ce qui pourrait se passer à l'avenir. Nous devons également être proactifs dans la mise en place d'un programme politique qui prône la réindustrialisation de la région, les syndicats jouant un rôle politique et social dans ce processus. 

Nous devons réunir les pouvoirs politiques et productifs ainsi que les gouvernements progressistes pour faire face aux changements à venir. Nous devons également élaborer des politiques industrielles durables qui donnent de l'espoir aux travailleurs et travailleuses, aux millions de chômeurs, aux migrants et aux pauvres de notre région."

La menace d'une désindustrialisation accrue en Amérique latine

Selon Gabriel Porcile, Directeur du bureau uruguayen de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), la montée en puissance du néolibéralisme dans les années 1990 a constitué un revers majeur pour l'industrie manufacturière de la région. Les politiques industrielles ont été mises de côté, rien n'a été fait pour promouvoir de nouveaux secteurs économiques, l'hypermondialisation a fait que les décisions ont été prises presque exclusivement en fonction du marché et les taux de change ont explosé, ce qui a rendu les importations moins chères. En conséquence, la part de la valeur ajoutée provenant de l'industrie a considérablement diminué dans la région, ce qui a eu de graves répercussions sur l'emploi.

"À la CEPALC, nous nous inquiétons de la désindustrialisation précoce à laquelle nous assistons en Amérique latine et dans les Caraïbes. Notre productivité par rapport au reste du monde a chuté. Vous ne pouvez changer votre position dans le monde qu'en vous industrialisant, en vous diversifiant, en adoptant des politiques industrielles et en exportant des biens industriels et des produits technologiques de pointe,"

indique M. Porcile.

Selon M. Porcile, l'Amérique latine a été durement touchée par la crise provoquée par la pandémie, avec une baisse du PIB de 7,7 % en moyenne, ce qui a considérablement exacerbé les inégalités. C'est pourquoi il n'y a pas une vision très positive, même si rien n’est perdu. Les crises précédentes ont montré que l'hypermondialisation ne fonctionne pas, que le marché ne se corrige pas de lui-même et que des politiques très fermes sont nécessaires pour surmonter les crises avec succès.

"La pandémie a renforcé le rôle de l'État et des investissements du secteur public dans le processus de redressement. À la CEPALC, nous plaidons pour une évolution majeure vers un développement durable sur le plan social, environnemental et économique. La durabilité économique implique de réaliser des investissements qui rendront la région réellement compétitive et de disposer de stratégies en bonne et due forme et de qualité pour l'industrie, le secteur technologique et la création d'emplois. S’agissant de l'environnement, l'idée est d'utiliser les investissements du secteur public pour stimuler ceux du secteur privé et promouvoir une production et des dépenses durables, tout en assurant la transition vers une économie à faible émission de carbone. […]

Il est également important d'adopter une approche multilatérale et de créer des règles qui protègent la majorité contre les intérêts d'une poignée de puissants et qui favorisent un dialogue avec les acteurs industriels et la société civile. Cela permettra de créer des espaces dans lesquels les politiques de sécurité sociale et de développement pourront s’épanouir. […]

La CEPALC appelle à un changement de discours et à un nouveau contrat social définissant des rôles différents pour le marché, l'État et la société civile. Le monde du travail et les organisations non gouvernementales doivent avoir leur place à la table des négociations afin de pouvoir participer à la création de politiques industrielles durables, ce qui entraînera une modification de l'équilibre entre l'État, le marché et la société. "

Qu’est  mis à l’ordre du jour par les syndicats pour l'Amérique latine et les Caraïbes ?

Secteur des métaux de base

Selon les experts et les dirigeants syndicaux du secteur des métaux de base, le commerce et l'utilisation des capacités ont tendance à dominer le discours dans l'industrie sidérurgique d'Amérique latine, les autres questions étant laissées de côté. Le commerce peut être un important moteur de prospérité, mais cela n'est possible que s'il existe un cadre mondial juste et équitable.

Selon ce discours, les syndicats doivent s'opposer à des droits de douane qui frappent  à l’aveugle, sont unilatéraux et injustes, car ils peuvent déclencher des guerres commerciales qui, à leur tour, peuvent constituer une réelle menace pour l'emploi. Les pays ont le droit d'utiliser des solutions commerciales fondées sur des normes pour protéger leurs industries locales contre la concurrence déloyale.

Pour renforcer les industries de la région et veiller à ce qu'elles restent compétitives, les syndicats doivent, selon eux, promouvoir une politique industrielle régionale durable qui comprenne un cadre réglementaire clair, prévoie des investissements dans la transition énergétique, crée des pôles industriels et renforce la capacité de la région à attirer et à conserver une main-d'œuvre locale hautement qualifiée. Pour eux, il est essentiel de créer des espaces de débats nationaux impliquant les associations patronales et le gouvernement afin de créer des secteurs durables sur le plan social, économique et environnemental.

Secteur de l’énergie

Les travailleurs et les experts du secteur ont affirmé que l'énergie était un droit universel fondamental. Ils ont également déclaré qu'il était essentiel de veiller à ce que le secteur de l'énergie soit sûr, socialement responsable et durable et permette la mise en œuvre de politiques industrielles durables. De grandes infrastructures seront nécessaires pour la transition énergétique, c'est pourquoi les syndicats doivent exiger que les gouvernements et les entreprises investissent dans une vision d’avenir du secteur.

Ils ont déclaré qu'il était essentiel de passer à une économie à faible émission de carbone. Ce processus doit être aligné sur l'intérêt public, fondé sur des critères inclusifs et équitables et mené dans le respect des droits à l'emploi et du concept d'énergie en tant que droit fondamental. Le secteur est concentré entre les mains de multinationales et une production décentralisée pourrait être un moyen de résoudre ce problème.

Ils ont indiqué que les syndicats devaient veiller à ce que toutes les parties prenantes soient impliquées dans l'élaboration des politiques énergétiques nationales, non seulement pour assurer une transition vers des énergies plus propres, mais aussi pour créer des politiques équitables. Une approche globale est nécessaire pour anticiper et atténuer les effets des stratégies à faible émission de carbone et assurer une transition équitable pour les travailleurs, les travailleuses et les communautés qui les abritent tout en évitant la prise de risques.

Secteur automobile

Les dirigeants syndicaux et les experts du secteur automobile ont suggéré de créer des plates-formes de dialogue local et régional avec les gouvernements et les entreprises afin de ne pas se laisser distancer dans la mise en œuvre des technologies et la création d'infrastructures.

Ils ont déclaré qu'ils chercheraient à renforcer la valeur ajoutée du lithium et à entrer dans la chaîne d'approvisionnement des batteries électriques, car ces batteries seront des composants clés des futurs véhicules et leur production devient de moins en moins onéreuse.

Les principaux défis pour les syndicats latino-américains de ce secteur sont de continuer à renforcer la syndicalisation des travailleurs et travailleuses de toutes les chaînes d'approvisionnement et de construire des réseaux syndicaux. Les syndicats du secteur automobile s'efforceront de favoriser les alliances afin de pouvoir influencer le dialogue aux côtés des chefs d'entreprise et des gouvernements et de contribuer à l'élaboration de politiques industrielles axées sur la réindustrialisation de l'Amérique latine. Ils chercheront à collaborer avec les secteurs public et privé afin d'entrer dans l'industrie automobile numérisée de manière moins polluante.

DOSSIER SPECIAL : Campagne pour des conditions de travail plus sûres dans les mines artisanales et à petite échelle du Zimbabwe

SPEACIAL REPORT

From Global Worker no. 1 May 2021

Pays: Zimbabwe

Theme: mines artisanales et à petite échelle du Zimbabwe

Les campagnes menées par les syndicats, les organisations de la société civile et les communautés concernées par les mines en faveur de la formalisation de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) visent à mettre fin aux conditions de travail délétères des mineurs au Zimbabwe. En outre, la formalisation entrainera des conditions de travail décentes.

Des centaines de creuseurs des mines artisanales et à petite échelle du pays meurent dans des chantiers inondés et effondrés qui les emprisonnent sous terre. Des chutes de pierres bloquent souvent les voies d'évacuation et les gaz toxiques étouffent les mineurs dans les galeries mal ventilées. La plupart des opérations de sauvetage menées par les brigades mal équipées dépêchées par les autorités ne vont jamais à leur terme et seuls quelques mineurs sont secourus avant que ces efforts ne soient abandonnés. 

Hélas, certaines mines où des accidents se sont produits sont maintenant les lieux de sépulture de mineurs, jeunes pour la plupart. Parmi les accidents survenus ces dernières années, citons la mine de Ran, à Bindura, où un vieux puits de mine d'or qui avait été laissé à l’abandon s'est effondré le 6 novembre 2020. Seuls six mineurs ont été secourus et 24 étaient piégés sous terre lorsque la mission de sauvetage a pris fin. Plus de 40 mineurs sont morts dans les mines de Cricket et Silvermoon, dans la région de Battlefields, près de Kwekwe. La plupart de ces accidents se sont produits dans des mines qui n'étaient plus fonctionnelles et dont les licences d'exploitation étaient contestées. 

Commentant l'abandon rapide des opérations de sauvetage par les autorités, le Parlement du Zimbabwe indique qu'il n'y a aucune compassion dans la façon dont le pays traite les décès des creuseurs des mines artisanales, les sauveteurs n’étant pas parvenus à récupérer des travailleurs à une profondeur d’à peine 60 mètres.

Le droit du travail du Zimbabwe entérine les notions de santé et sécurité dans les mines et le pays a également signé la convention 176 de l'Organisation internationale du travail sur la sécurité et la santé dans les mines. Mais ces cadres juridiques sont moins utiles dans un environnement de travail informel qui est parfois contrôlé par des organisations ou des bandes criminelles.

Sans autre source de revenus, plus d'un million de mineurs, soit 14 % de la population active du pays, continuent de prospecter, en particulier à la recherche d'or, pour gagner leur vie. Le cercle vicieux se poursuit car des accidents dans les mines non sécurisées continuent de coûter la vie à des travailleurs. Avec la crise économique que connaît le pays depuis des décennies, le chômage reste élevé et plus de deux millions de personnes vivent dans la pauvreté. Le travail des enfants est courant le long des rivières, certains enfants abandonnant l'école pour l’orpaillage.

Terrance Sakala (25 ans), un creuseur travaillant dans une mine à petite échelle avec sept autres travailleurs près de Kadoma, raconte :

“ Ma journée de travail commence par le pompage de l'eau de la mine à 30 mètres de profondeur à l'aide d'une pompe submersible, puis nous attendons quatre heures avant de percer trois trous dans la terre à l'aide d'un marteau-piqueur. Ensuite, nous mettons des explosifs et nous attendons encore quatre heures avant d'entrer dans la mine pour récupérer le minerai. Nous sommes payés chaque semaine, mais cela dépend de l'or que nous obtenons après le broyage. Quand il n'y a pas d'or, il n'y a pas d'argent. Au cours d'une bonne semaine, vous pouvez obtenir jusqu'à 500 dollars, mais au cours d'une mauvaise semaine, le montant peut descendre à 100 dollars, voire rien du tout. Nous vivons dans l'espoir et la foi. L'exploitation minière artisanale est une question d'endurance. Ça n’a rien à voir avec une exploitation industrielle à grande échelle.” 

Le rapport de l'Auditeur général du Zimbabwe confirme que la santé et la sécurité au travail ne sont pas respectées dans l'EMAPE. Cette situation est aggravée par des cas où l'exploitation minière a lieu sur des sites où il y a des conflits de propriété et où l'exploitation minière peut être considérée par les autorités comme illégale. Il y a également eu des incidents violents lorsque des bandes armées de couteaux ont attaqué des creuseurs et des communautés lors d'affrontements violents concernant l'utilisation des terres.

Les syndicats du Zimbabwe ont depuis longtemps identifié les risques de l'EMAPE comme relevant de puits peu sûrs et mal ventilés. En outre, les puits et les galeries sont susceptibles de s'effondrer et d'être inondés, notamment après de fortes pluies. Il y a également un manque d'équipement de protection individuelle et une exposition à la poussière. Les mineurs sont également exposés à d'autres risques liés au travail lourd, car ils doivent creuser avec des pioches et des pelles de manière répétitive pendant de longues heures. La plupart des mineurs ou leurs employeurs n'ont pas les moyens d'acheter des équipements et des machines pour l'exploitation minière. Ils sont également exposés à des substances dangereuses telles que le mercure.

Concernant les appels croissants à la formalisation de l'EMAPE, Justice Chinhema, Secrétaire général du Syndicat des travailleurs du diamant et des secteurs connexes du Zimbabwe, déclare :

“En tant que syndicat représentant les intérêts des mineurs de tout le pays, nous exhortons le gouvernement à faire progresser les droits des travailleurs des mines artisanales et de petite échelle en leur accordant des concessions minières et un meilleur accès aux droits miniers. L'absence de telles concessions, là où des titres légaux sont disponibles pour la formalisation de l'EMAPE, est un obstacle majeur. Nous souhaitons également qu'un soutien technique soit apporté à l'EMAPE par le biais d'une réglementation qui favorisera la constitution de coopératives minières, la mise en place d'une sécurité sociale et de fonds de pension.” 

Le Zimbabwe est en train de modifier sa législation sur les régimes miniers afin d'y inclure les creuseurs et d'y introduire une formalisation et une meilleure réglementation. En outre, les organisations de la société civile et les communautés affectées par les mines appellent les autorités du pays à adopter les recommandations de la Vision minière africaine sur l'intégration de l'EMAPE comme l'une des stratégies de développement et de réduction de la pauvreté se basant sur les ressources naturelles.

S’agissant des flux financiers illicites, il existe des recommandations pour mettre fin à la contrebande d'or. En 2020, de l'or pour une valeur de plus de 1,8 milliard de dollars a par exemple été sorti en contrebande du pays. Un rapport d'enquête du journal sud-africain Daily Maverick portant sur la dynamique du pouvoir des cartels au Zimbabwe, a conclu que la contrebande d'or est contrôlée par des cartels et que la majeure partie de l'or de contrebande qui a trouvé le chemin de l'Afrique du Sud et les Émirats arabes unis est extraite par des EMAPE qui “ en 2019 ont produit 63 % de l'or commercialisé officiellement au Zimbabwe.” C'est davantage que l'or produit par les mines à grande échelle.

Cependant, les conditions d'exploitation minière et de travail des EMAPE au Zimbabwe reflètent ce qui se passe dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, où 10 millions de travailleurs des EMAPE creusent pour extraient des produits miniers par le biais de l'exploitation à la batée, à ciel ouvert et dans des puits. Ces produits comprennent l'étain, le tungstène, le tantale, l'or, le cobalt et d'autres métaux et terres rares utilisés dans la fabrication de batteries de voitures électriques, de smartphones et autres.

Pour améliorer les conditions dans l'EMAPE, IndustriALL a organisé des réunions avec des affiliés en Afrique sub-saharienne afin de discuter de la mise en œuvre de la Convention 176 de l'OIT et de l'adoption de sa Recommandation 204 sur la transition du travail informel au travail formel. Cette recommandation vise, entre autres, à “faciliter la transition des travailleurs et des unités informelles vers l'économie formelle, tout en respectant les droits fondamentaux des travailleurs et en garantissant des possibilités de sécurité des revenus, de moyens de subsistance et d'esprit d'entreprise.”

Les affiliés d'IndustriALL du Zimbabwe et d'autres pays africains, dont le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, le Ghana et l'Afrique du Sud, ont participé à l’Indaba alternatif des mines (AMI), qui se tient chaque année parallèlement à l'Indaba minier, où des résolutions ont été adoptées pour soutenir l'EMAPE et reconnaître le rôle que jouent les mineurs dans le maintien des moyens de subsistance de communautés marginalisées et rurales.

L'une des résolutions de l'AMI stipule : “ L'EMAPE contribue aux moyens de subsistance de millions d'Africains. En tant que tel, nous affirmons que cela doit être reconnu dans les lois et les politiques des pays et ne doit pas être criminalisé. Cela inclut le renforcement du droit de l'EMAPE à l'accès et à la propriété des droits miniers, un cadre de travail décent visant à assurer une valorisation équitable tout au long de la chaîne de valeur, l'accès à la protection sociale et aux filets de sécurité et des conditions de travail décentes”

Glen Mpufane, Directeur d'IndustriALL pour les mines, le proclame :

“IndustriALL soutient la formalisation de l'EMAPE afin de remédier aux conditions effroyables de santé et de sécurité ainsi qu’au déficit en termes de travail décent au Zimbabwe et dans d'autres pays africains. Il est affligeant que des mineurs continuent à perdre la vie dans des accidents prévisibles qui pourraient être évités par l’application de législations nationales et des normes internationales du travail. La formalisation s'accompagne de mises en conformité, ainsi que de connaissances et de capacités techniques en matière de gouvernance minière, comme l'explique le Cadre africain de gouvernance minière (African Minerals Governance Framework).”

Des résolutions ont également été adoptées en faveur d'une meilleure gouvernance des ressources minières à l'AMI et de la réduction des flux financiers illicites qui, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, privent le continent africain de plus de 88 milliards de dollars, qui quittent illégalement le continent pour des comptes offshore.