Grève au Myanmar et en Corée pour commémorer le soulèvement de 1988

La grève a été organisée par l’organe de coordination de la grève générale avec le slogan “la dette de sang de 1988 doit être apurée en 2021”. Ce thème évoque pour la population la lutte pro-démocratique toujours inachevée au bout de 33 ans et le fort engagement de la génération actuelle.

Les membres de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) et de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM) ont partagé des photos d’eux portant des vêtements rouges et faisant le salut à huit doigts, avec les hashtags #8FingersStrike et #RedCampaign.

Le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) et d’autres organisations de la société civile en Corée du Sud ont mobilisé les travailleurs et les citoyens pour qu’ils participent à des actions de solidarité avec le Myanmar.

Manifestants en Corée du Sud

Des groupes ont organisé des piquets de grève dans tout le pays devant des entreprises coréennes ayant des investissements au Myanmar, notamment la société sidérurgique POSCO International, la Korea Gas Corporation, le National Pension Fund et Inno Group, qui participe à des projets de construction avec l’armée du Myanmar.

Le KMWU a exhorté la junte militaire à mettre fin au massacre, demandant que les autorités coréennes reconnaissent le gouvernement d’unité nationale du Myanmar et que les entreprises coréennes rompent leurs liens avec les sociétés liées à l’armée du Myanmar.

Depuis le coup d’État, le KMWU a constamment tenu des piquets de grève quotidiens devant le bureau de l’attaché militaire de l’ambassade du Myanmar à Séoul.

Khaing Zar, Président de l’IWFM, a déclaré :

“Il est important que la nouvelle génération du peuple et des travailleurs et travailleuses du Myanmar poursuive la lutte pour la démocratie. Nous devons rejeter la dictature militaire et rendre le pouvoir au gouvernement civil. J’appelle la communauté internationale à soutenir l’initiative de sanctions économiques exhaustives afin de chasser la junte militaire efficacement et rapidement.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Le message du mouvement syndical du Myanmar est clair et sans ambiguïté : il ne peut y avoir aucun contact avec la junte militaire. Le régime doit être isolé diplomatiquement, politiquement et économiquement. Cela signifie que les organisations internationales et les gouvernements du monde entier doivent reconnaître le Gouvernement d’Unité nationale et refuser tout contact avec le régime. Depuis le coup d’État, nous demandons aux gouvernements, aux investisseurs et aux entreprises d’appliquer des sanctions économiques exhaustives afin de limiter les ressources dont dispose la junte militaire illégitime pour s’en prendre au peuple birman.”

Six mois après le coup d’État militaire, 965 personnes ont été tuées par le régime et 5.534 autres, dont l’ancienne conseillère d’État Aung San Suu Kyi, sont toujours en détention arbitraire.

Bélarus : La lutte continue pour la démocratie et les droits au travail

Depuis les élections de l'an dernier, le régime bélarusse foule au pied les libertés civiles élémentaires : la liberté d'expression, la liberté de réunion, la liberté d'association. Cette date anniversaire souligne la nécessité d'une intervention et une solidarité plus déterminées de la communauté internationale.

Les syndicats indépendants du Bélarus ont toujours été aux avant-postes du combat pour les droits fondamentaux et la démocratie et ils sont violemment attaqués par ce régime fondé sur la répression. Depuis le mois d'août 2020, des responsables, activistes et adhérents de syndicats indépendants subissent l'intimidation, la détention, la condamnation à de longues détentions administratives et à des amendes. Les bureaux des syndicats sont perquisitionnés par la police et les responsables et activistes syndicaux voient leurs domiciles soumis à la fouille, tandis que certains ont dû fuir le pays.

Menacées de liquidation par les autorités, des entreprises privées sont contraintes de créer des organisations syndicales inféodées au gouvernement, ce qui est une violation de la convention 87 de l'OIT.

Des travailleurs sont licenciés pour s'être affiliés à des syndicats indépendants de leur choix, pour avoir voulu faire grève, ou pour avoir participé à des actions de protestation pacifiques. Certains ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.

Pour leur lutte téméraire dans des conditions aussi hostiles et antidémocratiques, trois affiliés d'IndustriALL, le Syndicat indépendant bélarusse (BITU), le Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM) et le Syndicat bélarusse des travailleurs de l'industrie de la radio et de l'électronique (REP), ont obtenu le Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux en tant que membres du Congrès bélarusse des syndicats démocratiques (BKDP).

Par soutien et solidarité avec ses affiliés bélarusses, IndustriALL a pris des initiatives envers les autorités bélarusses, en exigeant la libération des syndicalistes détenus illégalement et en réclamant l'arrêt des intimidations, des pressions, des violations et des emprisonnements de responsables syndicaux indépendants et de grévistes. IndustriALL a agi auprès des employeurs pour exiger l'arrêt des intimidations et des licenciements abusifs de travailleurs et leur réintégration.

Avec d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL a dressé une liste d'entreprises ayant des activités au Bélarus et les a exhortées à s'acquitter de leur devoir de diligence s'agissant des droits humains et syndicaux.

IndustriALL a appelé l'OIT, l'Union européenne et des organisations intergouvernementales à intervenir d'urgence pour protéger la liberté syndicale et mettre fin à la répression contre les militants et dirigeants syndicaux indépendants au Bélarus. L'Union européenne a imposé des sanctions ciblées contre le Bélarus et les États-Unis vont annoncer de nouvelles sanctions contre ce pays.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Nous réitérons notre engagement à lutter pour les droits des travailleurs et les valeurs démocratiques et notre soutien aux syndicats indépendants et à la société civile au Bélarus. Le régime doit respecter les droits fondamentaux et les libertés fondamentales et respecter ses obligations internationales. Nous poursuivrons la lutte tant que la justice n'aura pas repris ses droits." 

Agissez pour l'Eswatini !

Les syndicats de l'Eswatini exhortent le gouvernement à entreprendre des réformes démocratiques. Demain, 6 août, ils marcheront sur le parlement. Participez à notre journée d'action avec la CSI et envoyez des lettres au gouvernement swatinien ainsi qu'au vôtre pour exprimer votre soutien aux manifestants et demander qu'il fasse pression d'urgence sur le gouvernement swatinien.

Le mouvement de protestation a démarré en mai, lorsque le gouvernement a rejeté les pétitions demandant des réformes démocratiques parmi lesquelles la réduction des pouvoirs de la monarchie et l'élection du premier ministre au suffrage universel. Actuellement, le premier ministre, les ministres et quelques députés et sénateurs sont désignés par le roi.

"La solidarité mondiale peut faire la différence, et nous vous prions d'agir pour soutenir nos camarades syndicalistes de l'Eswatini. IndustriALL appelle le gouvernement à entamer un dialogue inclusif pour sortir de cette situation,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.

Les affiliés d'IndustriALL en Eswatini, l'ATUSWA et le Syndicat des travailleurs de l'approvisionnement, la maintenance électriques et les secteurs connexes du Swaziland (SESMAWU), appellent

"le gouvernement à ouvrir l'arène politique et se montrer réceptif à un dialogue avec les opinions politiques minoritaires".

CONGRÈS DES SYNDICATS DU SWAZILAND

MARCHE SUR LE PARLEMENT

REVENDICATIONS

  • Examiner les demandes du peuple pour un débat
  • Légiférer un processus conduisant à un dialogue politique authentique
  • Nous voulons des emplois décents, pas la guerre
  • L'armée doit évacuer les rues
  • Une enquête de l'ONU sur les morts de civils
 

En Afrique du Sud, un syndicat se prépare à la grève après l'impasse des négociations salariales

Bien qu'il reste attaché à la poursuite des négociations, le syndicat annonce qu'il appellera à la grève et à des grèves de solidarité dans d'autres secteurs, comme la construction automobile, l'énergie, la mine et le pneu, si les négociations sur les salaires ne sortent pas de l'impasse. Un autre affilié d'IndustriALL, l'UASA, participe à ces négociations.

Le NUMSA, qui réclame une hausse de 8 pour cent, a repoussé l'offre de 4,4 pour cent faite le 12 juillet par la Fédération des industries de l'acier et de l'ingénierie d'Afrique australe (SEIFSA) au nom des employeurs du secteur de l'ingénierie. Les salaires n'ont pas augmenté dans le secteur en 2020, à la suite d'un accord entre le syndicat et les employeurs pour ne pas augmenter les salaires à cause de la pandémie de Covid-19.

Irvin Jim, le secrétaire général du NUMSA, déclare : "Nous refusons que le gouvernement et le monde des affaires se cachent derrière le Covid-19 pour défendre l'attitude qu'ils ont toujours défendue, qui est de refuser d'accorder aux travailleurs les hausses de salaires qu'ils méritent et de leur verser un salaire de survie. Il est important de savoir que, tout comme les entreprises et le gouvernement, les travailleurs supportent le même fardeau dans ces circonstances socioéconomiques difficiles. Les travailleurs ont des familles élargies à charge et, dans une économie qui stagne, cela érode encore davantage leur propre pouvoir d'achat."

"Nous avons signé l'accord suspensif pour garantir l'avenir de l'industrie dans cette période de confinements et de défis économiques pour nos fournisseurs et notre chaîne de valeur. Avec nos adhérents, nous avons assuré le bon fonctionnement d'entreprises qui sont maintenant revenues à l'équilibre et dont certaines ont renoué avec les bénéfices. Nous avons fait ces compromis à la condition expresse que la sauvegarde des entreprises ait la sécurité d'emploi pour corollaire."

Le NUMSA se dit déçu du fait qu'en dépit des sacrifices des travailleurs, les entreprises aient "licencié des salariés pour équilibrer leurs bilans et faire des profits, vu qu'elles considèrent toujours les travailleurs comme le maillon le plus faible de la chaîne auquel s'attaquer."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Les employeurs de l'ingénierie devraient s'engager à verser des salaires minimums supérieurs à l'inflation et à considérer les revendications du NUMSA favorables aux travailleurs. La pandémie de Covid-19 ne peut pas servir de prétexte à une baisse des salaires."

L'administration fiscale de l'Afrique du Sud indique une amorce de reprise économique du fait des cours élevés des métaux et des métaux précieux exportés comme le platine et l'or, et du minerai de fer, ainsi que des équipements automobiles et de transport, des produits chimiques et autres biens d'exportation. La chaîne d'approvisionnement de l'ingénierie constitue une partie importante des activités en amont et horizontales et profite des prix élevés des produits de première nécessité. 

Les syndicats indiens protestent contre la privatisation de l'aciérie de Visakhapatnam

L'aciérie de Visakhapatnam (VSP), que gère la Rashtriya Ispat Nigam Ltd (RINL), est une des plus grandes aciéries du secteur public en Inde. Le 27 janvier 2021, le comité du cabinet du gouvernement indien en charge des questions économiques a décidé de procéder à la privatisation totale de la participation du gouvernement dans la RINL, ainsi que des participations de cette dernière dans ses filiales et coentreprises. Le gouvernement a entamé la procédure en désignant un conseiller transactionnel, un conseiller juridique et un expert en actifs. Il maintient que l'accord de rachat de parts et l'accord de transfert d'activité protégeront les intérêts des travailleurs.

Les représentants des travailleurs remettent leurs doléances au ministère des Finances

Toutes les organisations syndicales et associations des ouvriers et employés de VSP et les partis politiques de l'État d'Andhra Pradesh ont lancé un mouvement de masse pour protester contre la privatisation de VSP. De son côté, l'assemblée législative de l'Andhra Pradesh a adopté une résolution réclamant l'arrêt de la privatisation. Celle-ci affecterait quelque 35.000 salariés et leurs familles. Ce sont au total près de cent mille personnes qui dépendent de cette usine pour leur subsistance qui seraient touchées par cette privatisation.

L'aciérie de Visakhapatnam étant une entreprise du secteur public, ses activités répondent à plusieurs objectifs stratégiques de service public. Elle est en première ligne de la lutte contre le Covid-19 et a sauvé quantité de vies en produisant rapidement 18.000 MT d'oxygène liquide à usage médical pour approvisionner tout le pays. Sa rapidité d'action a stabilisé les prix de l'oxygène liquide sur le marché.

L'argument des syndicats est que VSP a été créé au prix de lourds sacrifices des habitants de 60 villages qui ont cédé 8.800 hectares de leurs terres. Les propriétaires privés chercheront avant tout à faire des bénéfices et ne poursuivront pas les objectifs de développement économique et social mis en avant par VSP dans l'intérêt des populations locales et de l'économie nationale. VSP promeut les valeurs de justice sociale inscrites dans la constitution en recrutant dans les castes et tribus répertoriées, ce qu'il est peu probable que les propriétaires privés continueront à faire.

Dans une lettre au premier ministre indien, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a appelé le gouvernement à stopper immédiatement la privatisation.

Raghunath Pandey, de la Fédération nationale indienne des travailleurs de la métallurgie, a déclaré :

Nous avons, avec tous les syndicats et les travailleurs, intensifié les protestations contre la privatisation. Nous ne permettrons pas au gouvernement Modi de vendre ce précieux patrimoine national. VSP peut être rentable au prix d'importantes décisions économiques. Les syndicats demandent que le gouvernement redistribue les mines de minerai d'acier captives de manière à ce que l'usine puisse s'approvisionner à moindre coût. Le gouvernement devrait transformer les prêts de courte et longue durée en participations de manière à alléger le fardeau des remboursements et des intérêts pour VSP. L'usine ayant déjà renoué avec les bénéfices d'exploitation trimestriels, si elle poursuit dans cette voie, elle redeviendra totalement rentable."

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, ajoute :

"Le rôle crucial que jouent les usines du secteur public dans la réalisation des objectifs économiques et sociaux du pays à des fins d'intérêt public doit être préservé. Les travailleurs et les syndicats qui ont eu un rôle prépondérant dans le développement de l'aciérie de Visakhapatnam doivent avoir leur mot à dire dans le processus décisionnel de l'entreprise. Nous appelons le gouvernement indien à ne pas poursuivre la privatisation de VSP, à avoir de véritables consultations avec le syndicat et à donner une chance à la proposition de redressement avancée par le syndicat."

Grande victoire pour les syndicats de Singapour dans le secteur des ascenseurs et escaliers roulants

Les négociations ont eu lieu au sein du Groupe tripartite pour l'industrie des ascenseurs et des escalators (TCLE), une initiative du National Trades Union Congress (NTUC). Le TCLE s'est créé en 2020 avec pour membres le Syndicat des travailleurs des industries du métal (MIWU), les Travailleurs unis des industries de l'électronique et de l'électricité (UWEEI), l'Association des sous-traitants et fabricants d'ascenseurs et d'escalators de Singapour, des utilisateurs et agents de gestion, deux municipalités et des organismes gouvernementaux.

Le comité tripartite a évalué divers défis se posant à l'industrie, par exemple le fait que la moitié de la main-d’œuvre est âgée de plus de 50 ans et que les jeunes boudent cette industrie pour ses longs horaires de travail, un environnement de travail peu propice et une stagnation des salaires, conséquence d'un recours à une sous-traitance qui brade les prix.

Le gouvernement singapourien a accepté les recommandations du TCLE pour un modèle de rémunération progressive (PWM) qui augmentera sensiblement le salaire de base d'un spécialiste adjoint qui passera de 1.480 SGD (1.097 US$) en 2021 à 1.850 SGD (1.371 US$) en 2022 pour atteindre graduellement 3.080 SGD (2.283 US$) d'ici à 2028. 

Selon le ministère, une prime annuelle obligatoire entrera en vigueur en janvier 2023. Le PWM deviendra la règle pour les firmes d'entretien des ascenseurs et escaliers roulants qui s'enregistreront auprès de l'Autorité du bâtiment et de la construction l'an prochain.

Tong Dickson, membre du conseil exécutif du MIWU, a déclaré :

"Avec la dernière révision en date du PWM, les agents d'entretien des ascenseurs et escaliers roulants seront plus nombreux à gagner progressivement des salaires à la hauteur de leurs qualifications. Pour cela, il faut faire en sorte que nos travailleurs suivent une formation adaptée qui leur permette de grimper les échelons."

Tong Dickson et Tamil Maran Nadesen

Tamil Maran Nadesen, membre du conseil exécutif de l'UWEEI, explique :

"Le PWM contribuera à attirer plus de talents locaux en leur donnant confiance dans le secteur. Le nouveau salaire de base a ouvert les perspectives des métiers du secteur en offrant une plus grande sécurité salariale et une progression professionnelle, et en incitant les salariés à se perfectionner professionnellement par une valorisation des compétences.."

Les adhérents du syndicat travaillent chez Hitachi Elevator Asia, Fujitec Singapore, et d'autres fabricants d'ascenseurs et escaliers roulants. Les marques les plus répandues à Singapour sont OTIS, Mitsubishi Electric, Schindler, KONE, Thyssenkrupp (TK).

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Annie Adviento, a déclaré :

"Je félicite nos affiliés MIWU et UWEEI pour la grande victoire qu'ils ont remportée. Le mouvement syndical joue un rôle vital à Singapour en protégeant les droits et les prestations des travailleurs à bas salaires par un mécanisme tripartite effectif.

Crédit photographique : NTUC Singapore

Un syndicat malaisien porte plainte à l'OIT contre HICOM

En février 2016, HICOM a licencié 32 adhérents du NUTEAIW pour avoir assisté à une réunion syndicale après leurs heures de travail et en dehors des locaux de l'entreprise. Cette réunion d'information concernait une impasse dans la négociation collective et la direction a accusé les travailleurs de "ternir l'image" de l'entreprise et d'"attirer inopportunément l'attention du public ".

Après des réunions de médiation au département des relations professionnelles, 27 membres du syndicat ont été réintégrés, mais la direction a refusé de réintégrer les 5 autres, des délégués du syndicat local. Le NUTEAIW a épuisé tous les recours juridiques, aucune juridiction n'ayant confirmé le droit des syndicalistes de participer à des activités syndicales légitimes.

"HICOM n'a pas le droit de réglementer les activités personnelles des travailleurs après les heures de travail. Le gouvernement et les tribunaux malaisiens ne protègent pas les libertés d'expression et de réunion de nos membres inscrites dans la constitution,"

a déclaré le secrétaire général du NUTEAIW, N. Gopal Kishnam.

"Le gouvernement a enfreint l'article 1(2)(b) de la convention 98 de l'OIT qui stipule que les travailleurs doivent bénéficier d'une protection adéquate contre le licenciement en raison de leur participation à des activités syndicales en dehors des heures de travail." 

L'entreprise est réputée pour ses actions antisyndicales en Malaisie. En 2013, HICOM et sa société sœur Isuzu ont licencié 18 adhérents du NUTEAIW pour avoir exercé leurs droits politiques.

Ces syndicalistes ont été réprimés pour avoir remis – en dehors des heures de travail, vêtus de l'uniforme de l'entreprise – un mémorandum sur les droits des travailleurs à un candidat de l'opposition lors des élections générales. Ils ont obtenu des indemnités de licenciement devant la justice, mais pas leur réintégration.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Annie Adviento, déclare :

"Nous exprimons notre solidarité avec le NUTEAIW en portant l'affaire devant le Comité de la liberté syndicale de l'OIT. IndustriALL appelle Volkswagen, Mercedes-Benz et Mitsubishi à organiser un dialogue avec HICOM pour obtenir la réintégration des 5 responsables syndicaux locaux."

Au Bangladesh, le calvaire des travailleurs de l'habillement avec la réouverture des ateliers en plein confinement du Covid-19

Faute de moyens de transport, les travailleurs qui ont repris le travail après les fêtes de l'Aïd rencontrent d'énormes difficultés et s'exposent à la contamination par le Covid.

Les travailleurs contraints de reprendre le travail d'urgence utilisent les moyens de transport qu'ils peuvent trouver

Vendredi 30 juillet, le gouvernement a publié une ordonnance autorisant les ateliers de confection pour l'export à reprendre leurs activités le 1er août pour répondre aux pressions incessantes des fabricants et des exportateurs. Cette annonce soudaine a semé la panique parmi les travailleurs dont la plupart avaient quitté Dacca et étaient rentrés dans leurs villes et villages pour le congé de l'Aïd et y passer le confinement qui a suivi.

Les travailleurs contraints de reprendre le travail d'urgence utilisent les moyens de transport qu'ils peuvent trouver

Le gouvernement n'a annoncé la reprise des services de transport que dans la soirée du 31 juillet. À ce moment, les travailleurs du vêtement avaient déjà entrepris un voyage de retour pénible pour rejoindre leur lieu de travail, de crainte de perdre leur emploi et leur salaire. Des ferries, des camions et des transporteurs de marchandises destinés aux situations d'urgence ont embarqué des milliers de personnes sur des véhicules surchargés et dangereux. La presse a indiqué que près de 90 pour cent des travailleurs de l'habillement ont repris le travail. Quoi qu'il en soit, ils n'ont toujours pas suffisamment de moyens de transport et doivent payer plus cher pour se rendre au travail.

Le 2 août, 15.989 nouveaux cas de Covid ont été enregistrés dans un pays où l'on dénombre 150.407 cas confirmés. La pandémie reste un sujet de préoccupation au Bangladesh et la direction générale des services de santé a recommandé d'élargir le confinement à tout le pays, où les déplacements sont toujours strictement limités.

Salauddin Shapon, premier vice-président du Conseil d'IndustriALL pour le Bangladesh, a déclaré :

"Nous déplorons que des centaines et des milliers de travailleurs aient été forcés de retourner au travail dans des conditions dangereuses. Le gouvernement et les employeurs devraient veiller à ce que des mesures de sécurité et des consignes de santé strictes soient adoptées dans les lieux de travail pour enrayer l'infection.

"Dans les circonstances actuelles, aucun travailleur ne devrait être licencié pour ne pas s'être présenté au travail. Tous devraient toucher leur salaire pendant le confinement. Nous continuerons à réclamer des primes de risque Covid pour les travailleurs du vêtement."

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"Il est inacceptable que des travailleurs de l'habillement soient forcés de courir de tels risques pour respecter des objectifs de production. Ouvrir les usines pendant le confinement et demander au personnel de reprendre le travail alors que tous les transports sont à l'arrêt est inhumain.

"Le gouvernement du Bangladesh et les employeurs devraient faire que les travailleurs ne perdent pas leur salaire s'ils n'ont pu se présenter au travail en pleine pandémie. Il faut que les usines continuent d'appliquer toutes les mesures de prévention et de protection. Les grandes marques internationales doivent veiller à ce que leurs fournisseurs ne compromettent pas les droits de leurs travailleurs à la santé et la sécurité au travail et les travailleurs ne devraient pas être contraints de travailler dans des situations dangereuses."  

 

Les travailleurs du ciment albanais signent une convention collective à Elbasan

Cet accord, d'une durée de deux ans, améliore sensiblement les conditions de travail et les salaires des 560 travailleurs de cette usine du district d'Elbasan, en Albanie.

Le président du SPMSH, Gezim Kalaja, qui a signé la convention avec le délégué d'atelier Skender Ndregjoni du côté syndical, a déclaré : 

"Cette victoire est le fruit de la puissance de la négociation collective et de la force de notre syndicat en Albanie. Par la signature de cette convention collective, le SPMSH s'attaque à la crise financière provoquée par la pandémie de Covid-19."

Gezim Kalaja a souligné certains points saillants de la convention collective, notamment :

L'actionnaire majoritaire de la Cimenterie d'Elbasan est la multinationale libanaise de négoce du ciment Seament Holding, par le truchement de sa filiale albanaise.

Un syndicat tanzanien s'attaque à la violence fondée sur le genre dans les ateliers de textile et de vêtement

Pendant la visite, ils ont appris des travailleurs que les contremaîtres harcelaient sexuellement les jeunes femmes, provoquant chez elles un stress qui se répercute sur leur rendement. Pour y mettre fin, le TUICO a organisé, du 22 au 26 juillet, une conférence de cinq jours chez Sunflag à Arusha, afin de sensibiliser le personnel aux moyens de stopper la VHFG dans les ateliers.

101 participants, dont 53 femmes, assistaient à cette conférence. Le programme de formation a mis en lumière le fait que les droits des travailleurs sont protégés par la législation du travail nationale et par les normes internationales du travail. Parmi ceux-ci figurent les droits à la protection de la maternité qui sont les plus fréquemment violés par le refus d'un congé de maternité aux travailleuses.

Les débats ont souligné l'importance de la convention 190 de l'Organisation internationale du travail sur l'élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, une des armes pour combattre la VHFG. Les discussions en ateliers et en groupes de travail ont défini les formes de harcèlement telles que les propos inconvenants, la discrimination fondée sur le genre, les menaces et les plaisanteries déplacées. En outre, la convention 190 et la recommandation 206 élargissent le concept de monde du travail pour englober les hôtels où se tiennent des réunions, les vestiaires, les lieux de formation, les marchés et le chemin du travail.

Le TUICO fait campagne pour la ratification de la convention 190 par la Tanzanie. En Afrique subsaharienne, elle a été ratifiée par la Namibie, l'île Maurice et la Somalie.

Le TUICO dit avoir mis en place des mécanismes de dénonciation de la VHFG qui consistent à encourager les travailleuses concernées à informer leurs collègues, à la signaler à la section locale du syndicat, en des enquêtes menées par le département du genre, à la signaler à la police, ou à porter les cas devant les tribunaux ou le médiateur.

"Parler avec les collègues du harcèlement et de la violence fondée sur le sexe a de l'influence. Nous prévoyons de profonds changements dans cette usine, de sorte que les plaintes des travailleuses seront prises en considération. Le syndicat l'a sélectionnée après avoir reçu des signalements de pratiques abusives. Nous avons rencontré des travailleurs, des contremaîtres, le personnel d'encadrement, des chefs d'unités et de départements de Sunflag,"

a déclaré Maria Bange, en charge des femmes, des handicapés, de la santé et la sécurité au travail et de l’environnement au TUICO.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, ajoute :

"Inciter les travailleuses à revendiquer leurs droits et réclamer des lieux de travail exempts de VHFG est important, surtout dans les ateliers de confection où le harcèlement sexuel est une pratique courante. IndustriALL aidera le TUICO à étendre les campagnes de formation et de sensibilisation à d'autres secteurs manufacturiers."

La conférence a été organisée avec le soutien du bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne et du projet NITO. NITO est une organisation syndicale norvégienne d'ingénieurs et de techniciens; elle vient en aide aux affiliés tanzaniens d'IndustriALL par un projet d'organisation axé sur le genre, les jeunes et les efforts de renforcement syndical.