Le syndicat libérien dénonce la négligence de l’employeur à l’origine du décès d’un travailleur du caoutchouc

Joe, un mécanicien d’une trentaine d’années, membre actif du syndicat depuis plus de dix ans, est mort écrasé ce 21 août dans l’usine de traitement de caoutchouc de la Liberia Agriculture Company (LAC), dans le Comté de Grand Bassa. LAC est détenue et gérée par Socfin SA, une société basée en Belgique et spécialisée dans le caoutchouc industriel.

Selon le syndicat, il a été tué alors que la machine qu’il réparait a été accidentellement mise en marche.

Emmanuel Joe, l’ouvrier libérien de l’usine de caoutchouc qui est mort dans l’accident.

L’AAIWUL et d’autres syndicats affirment que la négligence de la direction de LAC et de mauvaises normes de santé et de sécurité sont en grande partie responsables de l’accident qui a entraîné cette “mort horrible.”

“Cet accident a provoqué un sentiment d’effroi et de méfiance parmi les travailleurs. L’absence de protocoles, de procédures et de réglementations en matière de sécurité au sein de l’entreprise constitue une sérieuse entrave à la santé et à la sécurité des travailleurs. Nous demandons au Ministère du Travail de mener une enquête rapide en consultation avec les syndicats afin de déterminer les faits et les circonstances entourant cet horrible accident. Le syndicat ne baissera pas les bras et fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’une enquête juste, équitable et immédiate soit menée et que les responsables soient tenus de rendre des comptes,”

a déclaré Edwin Cisco, Secrétaire général de l’AAIWUL.

Les syndicats affirment que cet accident récent n’est pas un cas isolé, car quatre travailleurs de LAC ont été tués en 2017 lorsqu’un réservoir de condensation a explosé, là encore en raison d’une négligence, comme l’ont confirmé les enquêtes du Ministère du Travail.

“Nous avons reçu la nouvelle de l’accident avec stupeur et nous demandons de toute urgence des réunions entre LAC, les syndicats et le gouvernement en vue de sauvegarder la vie des travailleurs de l’entreprise. Les protocoles de santé et de sécurité doivent être suivis en toute circonstance pour protéger les travailleurs contre les blessures et la mort. Le droit du travail libérien et les normes internationales du travail stipulent que les employeurs ont le devoir de créer des lieux de travail sûrs,”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Nonobstant, pour améliorer la santé et la sécurité dans l’industrie du caoutchouc, l’AAIWUL mène des activités conjointes avec la confédération nationale Liberia Labour Congress, bénéficiant du soutien d’IndustriALL. Ces activités comprennent une formation aux protocoles et réglementations en matière de santé et de sécurité.

Employant plus de 4.200 travailleurs, avec une superficie plantée de plus de 12.800 hectares, l’exploitation de LAC dans la région de Grand Bassa est l’une des plus anciennes et des plus grandes plantations de caoutchouc. Les activités de LAC comprennent l’entaillage des arbres à caoutchouc, la collecte et le traitement du latex, ainsi que le conditionnement de 25.000 tonnes de caoutchouc brut destiné à l’exportation. Le caoutchouc est le principal produit d’exportation du Liberia.

Accord international : entente de principe sur des programmes élargis de sécurité du travail

L’accord ainsi renouvelé préserve et fait progresser les éléments fondamentaux qui ont fait le succès de l’Accord, notamment : le respect de la liberté syndicale ; la gouvernance partagée entre les travailleurs et les enseignes ; un haut niveau de transparence ; la formation des comités de sécurité et le programme de sensibilisation des travailleurs ; un mécanisme de plainte crédible et indépendant.

Les nouvelles caractéristiques clés de l’Accord international sont les suivantes :

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Cet accord international est une victoire importante pour rendre l’industrie du textile et de la confection sûre et durable. Il maintient les dispositions juridiquement contraignantes pour les entreprises et, surtout, son champ d’application a été étendu à d’autres pays et à d’autres dispositions, englobant la santé et la sécurité en général.

Maintenant, les entreprises du textile et de la confection doivent montrer leur engagement et signer l’accord international renouvelé. Nous félicitons nos affiliés, en particulier ceux du Bangladesh, qui ont fait campagne pour des engagements contraignants en matière de santé et de sécurité dans leur secteur.”

Le nouvel accord, dénommé Accord international sur la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de la confection (Accord international), prend effet le 1er septembre 2021. L’accord actuel, une prolongation de trois mois de l’Accord de transition, expire le 31 août.

L’Accord a été signé pour la première fois en 2013 à la suite de l’homicide industriel qui a tué plus de 1.100 travailleurs avec l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza à Dacca, au Bangladesh.

La Covid-19 se répand dans les usines du Myanmar

Depuis le coup d’État militaire, de nombreux fabricants du secteur de la confection ont ignoré les protocoles sanitaires mis en place par le précédent gouvernement démocratiquement élu. Lorsque les cas de Covid-19 sont montés en flèche en juillet de cette année, l’absence de mise en œuvre des protocoles sanitaires a entraîné un nombre croissant d’infections sur les lieux de travail.

À ce jour, au Myanmar, 14.499 personnes sont mortes de la Covid-19 et 375.871 ont été infectées.

Khaing Zar, Présidente de l’IWFM, a déclaré :

“Il n’y a aucune action concrète pour remédier à la dégradation de la situation et nous avons soulevé ce point avec les employeurs et les enseignes à plusieurs reprises. Certains employeurs ont même collaboré avec l’armée pour identifier et persécuter les dirigeants syndicaux locaux.

Il n’y a pas de droit du travail, pas de justice et pas de recours. C’est pourquoi nous appelons tous les investisseurs à isoler le régime, à lui couper les moyens et à le chasser.”

Selon les syndicats, l’Office du travail du Myanmar est largement dysfonctionnel depuis le coup d’État de février. De nombreux employeurs du secteur de la confection ont licencié unilatéralement des travailleurs et travailleuses qui s’étaient absentés pour des raisons de sécurité.

Selon certaines informations, des employeurs ont violé le droit du travail et les conventions collectives, des travailleurs n’ont pas reçu d’indemnités de licenciement et certains ont fermé des usines sans consulter correctement les syndicats et les salariés.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des deux membres de l’IWFM décédés de la Covid-19 et condamnons la junte et les employeurs pour avoir mal géré la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses. Nous soutenons l’appel de l’IWFM pour des sanctions économiques exhaustives contre la junte militaire.”

Ce 27 août à 11h30 HEC, IndustriALL organise un webinaire sur la campagne visant à demander des sanctions économiques exhaustives contre la junte militaire du Myanmar. Vous pouvez le regarder sur Facebook live.

L’incendie d’une usine en Tunisie témoigne du manque de mesures de sécurité

Bien qu’il n’y a pas eu de victimes, l’incendie met en évidence le manque de mesures de sécurité et de sûreté sur le lieu de travail. Le feu a rapidement pris de l’ampleur et s’est propagé à l’ensemble de l’usine, ce qui témoigne de l’absence de système de lutte contre l’incendie et d’équipement de protection à cet égard, ainsi que de l’absence de dispositifs d’alerte précoce.

Depuis l’incendie, l’entreprise a repris une activité partielle sur un autre site et environ 700 travailleurs et travailleuses ont pu reprendre le travail.

Tahar Berberi, Secrétaire général de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération Générale de la Métallurgie et de l’Électronique, FGME-UGTT, indique :

“L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a joué un rôle important dans le processus puisque son Secrétaire général Noureddine Taboubi a rencontré une délégation représentant la société mère de Valeo. Au cours de la réunion, la direction s’est engagée à payer les salaires et à transférer les travailleurs et travailleuses sur un site temporaire jusqu’à ce que l’usine soit reconstruite. L’UGTT s’est engagée à soutenir la reprise de l’activité et à accélérer certaines des procédures.”

L’incendie aurait débuté dans une usine adjacente et se serait propagé à celle de Valeo après qu’un palmier ait pris feu.

Victoire historique à l’usine General Motors de Silao

Au total, 6.480 personnes ont participé au scrutin. Il y a eu 2.623 votes en faveur de la convention, 3.214 contre et 39 bulletins nuls. En conséquence, la convention collective actuelle sera abrogée.

Les travailleurs ne perdront aucun de leurs droits et leurs avantages et conditions de travail resteront inchangés jusqu’à l’élection de nouveaux délégués.

“Le syndicat devrait maintenant obtenir la signature d’une nouvelle convention collective de travail,”

a expliqué Héctor de la Cueva, Coordinateur général du centre de recherche sur l’emploi et les relations de travail (CILAS) du Mexique, lors d’une conférence de presse.

Cette victoire est sans précédent pour les travailleurs et travailleuses de l’usine GM, qui emploie près de 7.000 personnes. De graves irrégularités dans le processus de vote avaient signalées lors d’un premier scrutin en avril de cette année et une plainte a été déposée, qui constituait la toute première du genre dans le cadre du mécanisme de réponse rapide prévu par l’accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM).

Afin de garantir un processus de vote libre, sûr et transparent, exempt de harcèlement et d’intimidation, les gouvernements mexicain et américain sont alors convenus de faire revoter en présence d’observateurs indépendants de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’Institut national électoral du Mexique (INE), ainsi que d’inspecteurs fédéraux du Ministère du travail.

De nombreux syndicats mexicains démocratiques, dont la Fédération des syndicats indépendants de l’automobile, des pièces détachées, de l’aérospatiale et des pneumatiques (FESIIAAAN), le syndicat “Generando Movimiento”, la nouvelle centrale syndicale (NCT) et le syndicat Los Mineros, ont campé à l’extérieur de l’usine pour montrer leur soutien aux travailleurs et travailleuses de GM durant le processus de vote.

Au niveau international, les affiliés d’IndustriALL Global Union aux États-Unis et au Canada, ainsi que le Réseau régional des travailleurs de GM, ont suivi de près ce vote clé et ont été très heureux du résultat.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

“Nous félicitons les travailleurs et travailleuses de l’usine GM de Silao pour leur courage et leur détermination ainsi que pour leur lutte victorieuse en faveur de la liberté syndicale. Il est clair que nous avons encore beaucoup de travail à faire, mais les travailleurs et travailleuses peuvent compter sur IndustriALL Global Union et ses affiliés dans le monde entier. Nous serons à leurs côtés, pour les aider à obtenir la pleine liberté syndicale et des conditions de travail dignes. Le résultat de ce scrutin est porteur d’un grand espoir et de nouvelles perspectives pour les travailleurs et travailleuses du Mexique.”

Le syndicat sud-africain revendique le retrait du préavis de licenciement de 200 mineurs

Selon le NUM, lorsque la société a repris la mine en 2012, elle a promis d’améliorer l’entretien du puits de mine et l’exhaure. CAPM avait également promis de créer 10.000 emplois et avait dit qu’elle commencerait par embaucher 2.000 travailleurs.

Au lieu de procéder à des licenciements, le syndicat propose que les travailleurs soient mis en chômage technique par rotation, avec un salaire de 50 %, pour permettre à l’entreprise de réparer les machines d’extraction de la mine. Les travailleurs reprendraient ensuite le travail lorsque la mine sera pleinement opérationnelle.

De plus, le syndicat souhaite que CAPM fasse une demande pour le régime de chômage temporaire. Le Fonds de chômage temporaire Covid-19 relève du Ministère du Travail et de l’Emploi et a été créé pour aider les entreprises qui sont en détresse à cause de la pandémie.

“Ces licenciements sont un double coup dur pour nous, après être passés d’Aurora à CAPM lors du changement de mains de la mine. Nous n’avons pas été payés par Aurora et l’affaire est en cours de règlement au tribunal. Et voilà maintenant que nous sommes licenciés,”

déclare Mguga Mava. Il travaille au département d’ingénierie de la mine depuis 12 ans et affirme qu’Aurora, qui a été mise en liquidation, doit toujours de l’argent aux travailleurs.

L’histoire de la mine d’or de Pamodzi est mouvementée. CAPM a repris la mine en 2011 et aurait exigé que les travailleurs sud-africains renoncent aux droits que leur confère la législation du travail dans le cadre d’un nouvel accord avec Pamodzi Gold. Le conflit a été résolu entre le NUM et CAPM, qui se serait engagée à “une implication constructive à l’avenir, reposant sur la confiance mutuelle et la bonne volonté”.

“Le NUM n’est pas d’accord avec CAPM sur la suppression de 66 % des emplois. Nous sommes déçus de constater que ce sont les mêmes anciens travailleurs d’Aurora qui seront touchés par ces suppressions de postes. Le NUM espérait qu’à la réouverture de la mine, le chômage dans la région serait réduit et que les conditions offertes aux travailleurs de cette mine seraient alignées sur celles du secteur, comme l’entreprise s’y était engagée.

Nous sommes très déçus de revenir en arrière alors que la mine passe en phase d’entretien et de maintenance et qu’elle risque la fermeture,”

indique Masibulele Naki, Secrétaire régional du NUM pour Matlosana.

Le syndicat affirme que les entreprises à capitaux chinois comme CAPM exploitent les travailleurs “sans faire preuve du moindre respect pour les droits fondamentaux du travail”.

Le NUM est parti en grève dans cette mine en 2018 pour obtenir de meilleures conditions de santé et de sécurité afin d’éviter des situations dans lesquelles les travailleurs seraient contraints d’évoluer dans des conditions dangereuses. À l’époque, aucune évaluation des risques n’a été effectuée conformément à la réglementation minière. La grève a forcé le département des ressources minières et de l’énergie à inspecter la mine et à demander à l’employeur de se mettre en conformité.

Cependant, les travailleurs affirment que certains problèmes liés aux moteurs de la machine d’extraction, aux câbles et aux détecteurs d’anomalies de communication pour les opérateurs ne sont toujours pas résolus.

“Les emplois doivent être préservés, en particulier dans les conditions difficiles sous la Covid-19. ACPM devrait dialoguer avec le NUM et le gouvernement pour trouver des moyens de sauvegarder les emplois. Il est important de toujours se rappeler que les travailleurs ont des familles à charge et que leur bien-être doit être sérieusement pris en compte avant de décider de licenciements,”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Le KMWU conclut le premier accord de transformation d'une industrie avec les employeurs coréens

La session de négociation marathon, qui s'est conclue à l'aube du 11 août, a également adopté une hausse de 5,11 pour cent par rapport à l'an dernier sur le salaire de base de l'industrie. Cela signifie, pour l'année 2022, une rémunération horaire de 9.250 Wons (7,90 US$) et mensuelle de 2.090.500 Wons (1.787 US$), soit un plancher fixé paritairement au-dessus du salaire horaire minimum légal de 9.160 Wons (7,80 US$).

Par cet accord de transformation, le KMWU et les employeurs conviennent d'élaborer et mettre en œuvre des plans pour réagir à la transformation de l'industrie résultant de la numérisation, l'automation, l'électrification et la crise climatique. Ces plans comporteront notamment des garanties de sécurité de l'emploi et de travail décent, une formation professionnelle aux nouvelles technologies, des protections de la santé, de la sécurité et des droits de l'homme, une réaction à la crise du climat et une équité de traitement tout au long de la chaîne d'approvisionnement.

 

Kim Ho Gyu, le président du KMWU, nous confie :

"Le KMWU et l'Association coréenne des employeurs de l'industrie du métal ont négocié en véritables organisations de dimension industrielle. L'accord et la déclaration auront autant de poids que l'Accord sur la protection contre les maladies infectieuses de l'an dernier. Il est à souligner que cet accord avec l'association des employeurs porte sur les objectifs, les idéaux et la vision d'avenir portés par le KMWU."

Un organe paritaire sera mis en place dans chaque site afin d'élaborer et de mettre en application les plans de transformation industrielle particuliers.

Une déclaration commune sur la réponse de l'industrie métallurgique à la crise du climat a confirmé l'engagement de réduire rapidement et systématiquement ensemble les émissions de carbone, le fait que les entreprises réserveront les fonds et construiront, tout au long des chaînes d'approvisionnement, les structures nécessaires à la réduction des émissions de carbone, et qu'aucun programme d'investissement ou plan de transformation n'aggravera la crise du climat.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Annie Adviento, a déclaré :

"Nous félicitons le KMWU pour la signature de cet accord de transformation de l'industrie. Il est plus important que jamais de négocier avec les employeurs une Transition juste alors que la numérisation menace la sécurité d'emploi et que le gouvernement coréen pousse à une économie technocentrique."

La ratification de l'accord sur la transformation industrielle par les sections du KMWU est prévue pour octobre 2021. 

En Afrique du Sud, les syndicats et la société civile marchent pour la démocratie en Eswatini

Cette marche aboutissant au bureau du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme à Pretoria, le 13 août, a été suivie par la remise d'un mémoire demandant que le Conseil des droits de l'homme des Nations unies (UNHRC) se réunisse d'urgence pour réagir aux violations incessantes des droits de l'homme, du droit à la vie notamment, et de l'état de droit. En outre, l'UNHRC devrait insister sur l'obligation pour l'Eswatini de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales au titre de la Charte des Nations unies et de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Suivant un mémoire de la Diaspora unie de l'Eswatini auquel le NUMSA et d'autres organisations de la société civile ont souscrit, l'UNHRC devrait enquêter et mettre un terme aux :

"Violations des droits de l'homme commises par le gouvernement et la monarchie absolue, qui prennent des formes diverses, telles que les assassinats de 72 civils, les blessures graves infligées à plus de 200 personnes, le harcèlement, la détention arbitraire, la persécution des députés pro-démocratiques, la censure des médias, l'intimidation et les menaces, la promulgation et l'application de lois qui violent les droits fondamentaux à la liberté d'expression et la liberté d'association, et les efforts illicites des autorités pour saboter, empêcher ou réprimer les protestations pacifiques."

 

Ce mémoire indique que plus de 600 personnes, dont des enfants, ont été arrêtées. Des personnes interrogées pendant la marche ont dit qu'on est toujours sans nouvelles de plusieurs centaines de personnes.

"Depuis longtemps, la population de l'Eswatini lutte pour la liberté et contre la répression. Nous, syndicats, soutenons cette lutte pour mettre un terme à leurs souffrances et nous demandons l'intervention de l'ONU et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC),"

confie Jerry Morulane, le secrétaire régional du NUMSA pour Hlanganani, qui englobe Pretoria.

Récemment, les affiliés d'IndustriALL en Eswatini, le Syndicat fusionné du Swaziland (ATUSWA) et le Syndicat des travailleurs de l'approvisionnement, la maintenance électriques et des secteurs connexes du Swaziland (SESMAWU), ont participé à Lobamba à une marche des travailleurs sur le parlement pour réclamer des réformes démocratiques et la monarchie constitutionnelle. Elle était organisée par le Congrès des syndicats du Swaziland et coïncidait avec la journée d'action mondiale d'IndustriALL et de la CSI.

"IndustriALL appelle à nouveau le gouvernement de l'Eswatini à ménager un dialogue social et politique qui conduira à des réformes démocratiques. Le pays doit respecter les droits de l'homme et adhérer à la Charte des Nations unies et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qu'il a signés,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

L'Eswatini est la dernière monarchie absolue d'Afrique; les partis politiques y sont interdits depuis 1973. Le roi Mswati III règne sur le pays depuis 1986; c'est lui qui nomme le premier ministre et d'autres dirigeants de haut niveau. Mswati III, dont la fortune personnelle dépasserait les 50 millions $, est connu pour son train de vie opulent, avec notamment une flotte de Rolls-Royce pour ses 15 épouses et 23 enfants alors que la majorité de sa population vit dans la pauvreté, avec un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes. Le pays connaît aussi des taux élevés d'incidence du VIH et du SIDA.  

ST Microelectronics Malaysia – Ne mettez pas le profit avant la sécurité des travailleurs

Depuis le mois de juillet, les cas de Covid-19 se multiplient en Malaisie et ont atteint un pic de 20.000 nouveaux cas en moyenne la semaine dernière. Le taux d'infection rapporté à la population est le plus élevé de l'Asie du Sud-est.

Le ministère du Commerce international et de l'Industrie n'a ordonné une fermeture totale de l'usine que du 29 juillet au 4 août. Avant, seuls certains départements étaient fermés lorsque des cas de Covid-19 y étaient détectés.

Roslan Bin Rosdi, le vice-président de l'EIEUSR, a dit :

"Les décès de nos collègues de STM nous attristent. Ils auraient pu être évités si un dialogue social suivi avait eu lieu entre la direction et le syndicat. Nous invitons STM à appliquer strictement les protocoles de santé et à désinfecter tous les sites de production."

Dans une lettre à l'entreprise, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, l'exhorte à faire passer les travailleurs avant les bénéfices et à entamer un dialogue avec son affilié, le Syndicat des salariés de l'industrie de l'électronique, région Sud (EIEUSR).

Kan Matsuzaki, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur de l'électronique, déclare :

"IndustriALL adresse ses sincères condoléances aux familles des 19 travailleuses et travailleurs. Nous exhortons STM à passer de la parole aux actes s'agissant de sa stratégie de la durabilité qui affirme donner la priorité à l'humain et protéger la vie de chacun."

STMicroelectronics fabrique des puces électroniques, des microcontrôleurs et autres circuits intégrés numériques et semi-conducteurs utilisés dans toutes sortes de dispositifs électroniques. 

Uruguay : plainte de travailleuses de Yazaki pour harcèlement

En juin, le Comité général de l’UNTMRA a demandé que des pourparlers immédiats soient engagés avec Yazaki pour discuter de harcèlement au travail impliquant un cadre supérieur et du personnel sous sa responsabilité. Le Comité a informé le Ministère du travail et de la sécurité sociale (MTSS) et a déposé une plainte écrite auprès de l’inspection du travail, fournissant des détails sur le harcèlement ainsi que la violence verbale et sexiste.

Vanessa O’Neil, dirigeante du syndicat local et membre du Comité général de l’UNTMRA, a déclaré :

“Lors d’une réunion tenue le 23 juillet, impliquant des dirigeants syndicaux et des responsables du ministère, Yazaki avait indiqué que l’auteur de l’infraction serait démis de ses fonctions. Cependant, il est toujours en place, effectue, occupe toujours les mêmes fonctions et a toujours du personnel sous sa responsabilité. Ce, malgré les diverses plaintes déposées contre lui par plusieurs travailleuses, plaintes dont l’entreprise a parfaitement connaissance.”

Le syndicat a soulevé la question auprès du Secrétariat pour l’égalité des genres, l’équité et la diversité de la fédération syndicale uruguayenne PIT-CNTT, qui a condamné la situation. Dans une lettre, il a exigé le respect total de la Convention n° 190 de l’Organisation internationale du travail sur la violence et le harcèlement, ratifiée par l’Uruguay, et a demandé le respect de la loi 19.580 sur la violence sexiste.

La Commission de l’égalité des sexes de la confédération syndicale a transmis la plainte à son Conseil représentatif. Elle s’est engagée à assurer le suivi de la situation pour garantir le respect de la procédure de plainte.

Malgré la solidarité manifestée par le mouvement syndical, le processus est toujours en cours et les travailleuses de Yazaki n’ont pas encore reçu de réponse du ministère ou de l’entreprise.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

"Nous félicitons les femmes qui ont agi pour mettre fin aux violations de leurs droits et nous soutenons leur combat. Nous espérons que Yazaki et le gouvernement ne sont pas de connivence et que leur inaction ne conduira pas à de nouveaux harcèlements.

Nous avons l’opportunité d’élaborer une politique efficace en accord avec la législation nationale et la C190. Nous espérons que l’entreprise écoutera les revendications de l’UNTMRA et s’efforcera d’établir une convention contenant des directives pour prévenir la violence et des règles pour punir les auteurs.”