IndustriALL condamne l’arrestation de YANG Kyeung-soo, Président de la KCTU, et exige sa libération immédiate
Un mandat d’arrêt avait été émis 20 jours plus tôt par le tribunal du district central de Séoul pour avoir organisé un rassemblement, prétendument en violation des dispositions de la loi pénale contre l’obstruction générale de la circulation, de la loi sur les rassemblements et les manifestations et de la loi sur le contrôle et la prévention des maladies infectieuses.
IndustriALL Global Union condamne avec véhémence cette arrestation et la considère comme une attaque scandaleuse et inacceptable à l’égard des droits fondamentaux qu’ont les travailleurs et travailleuses à la liberté syndicale et à la réunion pacifique.
IndustriALL se joint à la Confédération syndicale internationale pour qualifier le mandat d’arrêt d’“injuste et disproportionné”, car les participants ont respecté les règles de distanciation sociale et les précautions nécessaires pour empêcher la propagation de la Covid-19, notamment le port de masques et les contrôles de température.
IndustriALL Global Union exige que YANG Kyeung-soo soit immédiatement libéré et que le gouvernement coréen cesse d’utiliser la pandémie comme excuse pour réprimer le mouvement syndical démocratique.
IndustriALL exprime sa solidarité avec la KCTU.
Un fabricant chinois de Smartphones viole les droits des travailleurs en Turquie
Salcomp fabrique des Smartphones pour le chinois Xiaomi, deuxième producteur mondial de ce type de téléphone. La firme a été rachetée par le chinois Lingyi ITech en 2019, mais elle conserve son siège social en Finlande, avec un site de production en Turquie. Celui-ci emploie quelque 800 personnes à Istanbul et projette de porter son effectif à 2.000 personnes.
Les conditions de travail à l'usine Salcomp Turkey d'Istanbul sont intenables. Pendant la pandémie, les travailleurs ont été forcés de travailler onze heures par jour, alors que leurs contrats n'en prévoient que huit. Des heures supplémentaires ont été imposées sans leur consentement et rémunérées en partie seulement. Les pauses ne pouvaient être prises que suivant le bon vouloir des patrons et, l'usine n'ayant pas de cantine, pendant un temps les travailleurs ont dû manger dans des conteneurs. Beaucoup ont contracté le Corona.
Une grande partie du personnel ayant décidé d'adhérer au syndicat des travailleurs de la métallurgie, Türk Metal, affilié à IndustriALL, la direction de Salcomp a lancé une campagne d'actions antisyndicales. Les travailleurs ont subi des intimidations, des menaces et neuf syndiqués ont été licenciés, prétendument pour baisse de rendement.
Or, les travailleurs et le syndicat savent bien que ces mesures ont été prises pour dissuader d'autres de s'affilier à Türk Metal.
La direction de Salcomp a contraint des travailleurs à affirmer que "les syndiqués doivent renoncer à leur affiliation à Türk Metal", et que "l'entreprise apportera les améliorations nécessaires aux salaires et conditions de travail".
La direction a fait entourer l'usine de fil de fer barbelé pour empêcher d'éventuelles manifestations. Il est interdit aux travailleurs d'utiliser leurs téléphones portables, pour couper toute communication avec les collègues.
Bien que la constitution turque dispose que "les travailleurs ont le droit de constituer un syndicat de leur choix et d'y adhérer, et personne ne peut être contraint de mettre fin à son affiliation", la réalité est très différente.
Au début de l'année, la direction a proposé aux travailleurs de dormir dans des logements de fortune qu'elle aurait fournis, afin de réduire les temps de déplacement. L'installation de dortoirs dans le lieu de travail est une pratique courante en Turquie.
Le secrétaire général d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :
"Traiter des travailleurs de cette manière au 21e siècle, avec des bas salaires, de mauvaises conditions de travail et des menées antisyndicales, est totalement inacceptable. Nous exhortons Salcomp à réintégrer immédiatement les travailleurs syndiqués qu'elle a licenciés et à entamer des négociations de bonne foi avec Türk Metal, et nous exhortons Xiaomi à assumer ses responsabilités et mettre un terme à cette exploitation.
"Les travailleurs chinois doivent apprendre à traiter les travailleurs dignement."
Xiaomi est une multinationale de l'électronique qui a vu le jour en 2010 et dont le siège est à Beijing. Elle produit une large gamme de produits électroniques, comme des Smartphones, des ordinateurs portables, de l'électroménager et de l'électronique grand public.
Les syndicats zimbabwéens font campagne contre les hésitations sur le vaccin Covid-19
Les syndicats ont fait part de leurs plans ce 20 août lors d’une réunion en ligne sur la santé et la sécurité. Plusieurs sujets et questions ont été abordés au cours de la rencontre, notamment la question de savoir s’il est légal pour l’employeur de demander aux salariés de produire des certificats de vaccination ou des résultats négatifs au test Covid-19 effectués au cours des dernières 24 heures pour pouvoir se présenter au travail. Les droits en matière de santé et de sécurité dont bénéficient les travailleurs et travailleuses pendant une pandémie mondiale ont été débattus en se référant au droit du travail zimbabwéen et aux normes internationales du travail.
Les syndicats ont soulevé ces questions en réaction à une tendance récente selon laquelle les employeurs du pays exigent des cartes de vaccination ou des résultats négatifs au test Covid-19 lorsque les salariés se présentent au travail. Cette tendance a débuté après l’annonce du gouvernement selon laquelle, bien que l’on ne soit pas obligé de se faire vacciner, ceux et celles qui choisissent de ne pas le faire ne se verront pas proposer d’emploi, seront interdits de transport dans les bus publics et n’auront pas accès aux allocations liées à la Covid-19. Cependant, les syndicats sont d’avis que les employeurs doivent faire participer les travailleurs et travailleuses par le biais de plateformes de dialogue social et consulter les syndicats afin d’aborder la question de l’hésitation à se faire vacciner avant de communiquer à ce sujet.
En réaction aux annonces des employeurs, le Congrès des syndicats du Zimbabwe a saisi la justice pour contester les actes posés par l’entreprise publique de télécommunications TelOne, qui a écrit à ses salariés pour les informer que les personnes non vaccinées ne recevraient plus les allocations Covid-19 et devraient se mettre immédiatement en vacance.
“Si les travailleurs et travailleuses ont des sentiments mitigés à l’égard de la vaccination Covid-19, les employeurs, eux, doivent veiller à leur santé, à leur sécurité et à leur bien-être. Cependant, il semble que le manque d’information ait un impact négatif sur l’adoption des vaccins, mais lentement, parmi les travailleurs et travailleuses, on commence à voir les avantages de la vaccination. En tant que syndicats, nous insistons sur le fait que les travailleurs et travailleuses devraient recevoir suffisamment d’informations pour les convaincre d’accepter la vaccination,”
a indiqué Eustace Chidhindi, Coordinateur santé et sécurité au travail de nos affiliés.
“Il a été prouvé que les vaccins peuvent empêcher les maladies graves et la mort lorsqu’une personne est infectée par le coronavirus et nous encourageons les travailleurs et travailleuses zimbabwéens à se faire vacciner. En outre, nous demandons instamment une coopération sur le lieu de travail entre les syndicats et les employeurs, tout comme un dialogue social sur la prévention de la Covid-19 ainsi que sur la santé et la sécurité au travail,”
a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.
Selon le Ministère de la Santé et de l’Enfance, le pays a acheté 13 millions de vaccins et a vacciné 2.582.705 personnes (dose unique) et 1.636.498 personnes (double dose) en utilisant principalement le vaccin Sinopharm de Chine. Au 31 août, le nombre cumulé de cas positifs confirmés était de 124.773, dont 4.419 décès et 113.057 guérisons. Le ministère indique que pour atteindre l’immunité collective, 10 millions de personnes doivent être vaccinées.
Les affiliés d’IndustriALL au Zimbabwe sont le Syndicat national des industries du métal et des industries connexes du Zimbabwe (NUMAIZ), le Syndicat national de l’industrie de l’habillement (NUCI), le Syndicat zimbabwéen des travailleurs de l’industrie chimique, des plastiques et des secteurs connexes (ZCPAWU), le Syndicat général des travailleurs du diamant et des ressources minières du Zimbabwe (ZDAMWU), le Syndicat des travailleurs de l’énergie du Zimbabwe (ZEWU), le Syndicat des travailleurs du cuir, de la chaussure et des branches connexes du Zimbabwe (ZLSAWU) et le Syndicat des travailleurs du textile du Zimbabwe (ZTWU).
Maintenant, un syndicat indépendant pour les travailleurs de l'usine General Motors de Silao
Lors d'un vote historique qui s'est tenu les 17 et 18 août, les travailleurs ont rejeté l'actuelle convention collective, aux mains du syndicat corrompu Miguel Trujillo López, affilié à la Confédération des travailleurs du Mexique (CTM).
Un syndicat alternatif, indépendant et légitime s'est créé, avec le soutien du collectif "Generando Movimiento", géré par d'anciens salariés et des employés en fonction chez GM, et qui fait l'objet de représailles de la part de l'entreprise depuis deux ans. Le but est d'instituer un syndicat représentatif prêt à engager le dialogue avec la direction pour préserver les droits des travailleurs.
À la conférence de presse, la secrétaire générale du SINTTIA, María Alejandra Morales, qui travaille depuis onze ans chez GM, a annoncé que le nouveau syndicat a été officiellement approuvé et enregistré par le ministère du Travail :
"Finalement, nous avons fait entendre notre voix. Nos travailleurs sont unis et prêts à se batte pour leurs droits et renverser la CTM, qui ne les protège pas et ne fait rien pour améliorer les prestations qu'ils reçoivent."
La conseillère juridique du SINTTIA, Patricia Juan Pineda, a dit que le 17 septembre, le ministère du Travail devrait déclarer la convention collective de la CTM nulle et non avenue. Ensuite, le SINTTIA proposera une nouvelle convention et appellera à la grève pour exiger que GM signe le nouveau texte, ajoutant :
"Un appel à la grève ne signifie pas nécessairement que la grève aura vraiment lieu. Un délai sera accordé pour laisser suffisamment de temps pour, d'abord, des pourparlers avec la direction."
Le secrétaire régional d'IndustriALL Global Union, Marino Vani, ajoute :
"Lorsque les travailleurs sont unis et agissent ensemble, et lorsqu'ils soutiennent leurs dirigeants, ils peuvent obtenir le respect et la dignité au travail. Le SINTTIA est la solution pour imposer la dignité sur le lieu de travail; seule une campagne organisée peut donner l'élan nécessaire pour obtenir la convention collective que vous méritez."
Ratification des instruments de l’OIT par la Sierra Leone : l’occasion de transformer les relations sociales, selon le syndicat
Le Secrétaire général de l’OIT, Guy Ryder, lors de la signature. Photo : OIT
Ces conventions visent à remédier au déficit en termes de travail décent pour tous les travailleurs et travailleuses du pays, y compris ceux et celles issus de l’immigration, et à améliorer les conditions de travail des titulaires de postes précaires, qui n’ont aucune sécurité d’emploi et sont mal payés. Dans la plupart des cas, les travailleurs et travailleuses précaires sont employés par des tiers, tels que des agences de placement privées, qui les exploitent souvent et bafouent leurs droits. Ces conventions comprennent celles qui concernent les conditions de santé et de sécurité au travail, qui ont été aggravées par la pandémie de Covid-19.
Le Protocole de 2014 relatif à la convention sur le travail forcé, 1930, a également été ratifié. Cette démarche est importante pour mettre fin à la traite des migrants et des femmes dans le pays et à l’étranger. Des cas de travail forcé impliquant des travailleurs et travailleuses migrants ont été signalés dans le pays, tandis que des milliers de Sierra-Léonais ont été victimes d’esclavage dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, en Libye et au Moyen-Orient.
Muluku Tarawally, Secrétaire général de l’ASGEmU, a déclaré :
“C’est l’une des meilleures choses qui soit arrivée aux travailleurs de Sierra Leone depuis longtemps. C’est l’occasion de mener à bien les révisions du droit du travail auxquelles les syndicats participent. De plus, la ratification de ces conventions renforce les revendications des syndicats en faveur de l’inclusion de toutes les conventions ratifiées dans les lois nationales du travail. Il est important que le gouvernement soutienne l’adoption des normes internationales du travail et ceci démontre son engagement à cet égard.”
Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :
“La ratification de ces neuf instruments illustre le pouvoir du dialogue social dans lequel les syndicats et le gouvernement s’engagent, en faveur du travail décent. Cela garantit la protection des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que de meilleures conditions de travail par le biais des lois nationales et des normes internationales du travail. Il est important que les syndicats ne se contentent pas de soutenir la transposition des conventions dans le droit du travail national, mais qu’ils y prennent part.”
IndustriALL appelle le gouvernement thaï à cesser de persécuter un dirigeant syndical
Les irrégularités qui ont émaillé les élections générales de 2019 et, par la suite, la dissolution d'un parti d'opposition ordonnée par la cour constitutionnelle ont provoqué des vagues de protestations. Le soulèvement des jeunes qui a suivi, mi-2020, a attiré l'attention de l'opinion mondiale sur le mouvement pour la démocratie en Thaïlande.
Les quatre activistes ouvriers ont été interpelés par la police pour avoir pris la parole lors de rassemblements organisés par les mouvements ouvriers entre les mois de février et d'août de cette année. Il sont associés au Réseau des travailleurs pour les droits des gens, créé en 2020 pour exiger du gouvernement thaï qu'il cesse de harceler les participants aux manifestations pro-démocratiques, qu'il dissolve le parlement, qu'il rédige une nouvelle constitution et institutionnalise un programme complet de protection sociale pour réduire les inégalités de classe.
Le réseau des travailleurs s'est également joint aux étudiants dans ses critiques contre le gouvernement pour sa mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 et la distribution tardive de vaccins dans la population.
IndustriALL Global Union, avec ses affiliés, et la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT) exhortent le premier ministre, Prayuth Chan-o-cha, à cesser de persécuter les activistes ouvriers qui participent aux manifestations pour la démocratie.
Prasit Prasopsuk, le président de la CILT, a déclaré :
"Nous condamnons le gouvernement qui se sert de la loi pour s'attaquer aux droits démocratiques des leaders syndicaux. On ne peut accepter que le gouvernement muselle la liberté d'expression, et en particulier l'incapacité à gérer le Covid-19 et les retards dans la vaccination qui ont fait tant de morts. Il faut que le harcèlement cesse sur-le-champ."
Dans une lettre au premier ministre et au ministre du Travail, le secrétaire général d'IndustriALL Valter Sanches écrit :
"Le Décret d'urgence et la Loi sur la lutte contre les maladies sont détournés pour empêcher les gens de participer aux rassemblements pour la démocratie. IndustriALL appelle le gouvernement thaïlandais à garantir le droit des individus de participer à des manifestations pacifiques, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, et à respecter les normes fondamentales internationales du travail."
L’Accord international sur la sécurité est lancé avec 77 enseignes et détaillants de la confection
Les enseignes et les détaillants de l’industrie de la confection qui ont signé l’Accord international et s’engagent à soutenir le Conseil pour la durabilité du prêt-à-porter (RSC), organe indépendant qui a déjà entrepris des programmes liés à la santé et à la sécurité au Bangladesh. Les enseignes et les détaillants s’engagent en outre à étendre à l’échelle mondiale d’autres programmes de santé et de sécurité spécifiques à chaque pays, sur la base des principes des accords de 2013 et de 2018 et d’études de faisabilité. Le nouvel accord sera mis en œuvre par la Fondation pour l’Accord international, implantée aux Pays-Bas.*
Le 25 août 2021, un groupe de représentants de détaillants internationaux de la confection et les fédérations syndicales internationales IndustriALL et UNI ont annoncé leur accord sur un nouveau pacte élargi pour la sécurité des travailleurs. Depuis lors, 77 enseignes ont signé le nouvel accord et font donc partie de la première vague d’entreprises qui s’engagent à poursuivre et à étendre leurs efforts collectifs avec les syndicats pour rendre les usines de confection sûres.
“Il est encourageant de voir le grand nombre d’enseignes qui ont déjà signé l’Accord international, faisant leur la responsabilité d’une industrie de la confection et du textile sûre et durable. Ces 77 premiers signataires constituent déjà une couverture importante du secteur, mais nous appelons toutes les enseignes du textile et de la confection à assumer la responsabilité de leur chaîne d’approvisionnement et à adhérer à l’Accord international élargi,”
a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.
* La fondation basée aux Pays-Bas s’appelle actuellement la Fondation pour l’Accord du Bangladesh et sera renommée Fondation pour l’Accord international.
IndustriALL et Daimler signent un accord mondial innovant
Le nouvel accord, intitulé "Principes pour la responsabilité sociale et les droits de l'homme", a été signé par la direction du groupe Daimler, le Comité mondial des salariés de Daimler et IndustriALL Global Union le 1er septembre.
Ses principaux éléments sont les suivants :
Un engagement clair à honorer scrupuleusement les droits fondamentaux au travail de l'OIT, avec notamment l'engagement de trouver des solutions dans les pays qui n'ont pas ratifié ses conventions;
Un libellé sans équivoque sur l'application obligatoire de l'accord avec des engagements forts et des obligations contraignantes pour la direction à tous ses échelons;
Un engagement clair quant à la neutralité de l'entreprise dans les cas de campagnes de syndicalisation;
L'indication que la convention 190 de l'OIT sur la violence et le harcèlement au travail fait partie intégrante de la politique de l'entreprise en matière d'égalité de chances et de non-discrimination;
Des politiques et des mécanismes sur les droits de l'homme et le devoir de diligence tout au long des chaînes d'approvisionnement, avec un texte ferme enjoignant aux partenaires commerciaux et aux fournisseurs de se conformer aux mêmes principes.
Valter Sanches, qui a travaillé chez Daimler dans le passé et a aussi siégé à son Comité mondial des salariés (CMS) ainsi qu'au conseil de surveillance de Daimler, déclare :
"Je suis particulièrement reconnaissant que nous ayons reconduit cet accord en l'améliorant, parce que j'avais participé, en tant que membre du CMS, à la négociation de l'accord-cadre mondial original, signé en 2002 avec la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie. Daimler était alors une des toutes premières entreprises à signer un ACM. Cet accord contient plusieurs éléments innovateurs, comme sur le rôle et la protection des défenseurs des droits de l'homme et des lanceurs d'alarme, ainsi que sur l'importance de la protection des données et l'utilisation de l'intelligence artificielle, en insistant sur le fait que le monde du numérique doit rester sous le contrôle de l'être humain. Il contient aussi un langage ferme en imposant aux partenaires commerciaux et aux fournisseurs de suivre les mêmes principes.
"L'engagement en faveur de la formation et de l'apprentissage tout au long de la vie est essentiel pour éviter le risque qu'un grand nombre de travailleurs soient laissés sur le côté alors que l'industrie de l'automobile est en pleine mutation. Cet accord fixe les règles, pour les syndicats et la direction, de la promotion d'une Transition juste qui garantisse à tous une chance équitable de faire face aux défis d'aujourd'hui et de demain."
IndustriALL soutient la campagne pour des sanctions économiques exhaustives contre la junte du Myanmar
L’annonce a été faite ce 27 août lors d’un webinaire sur la “Campagne pour des sanctions économiques exhaustives contre la junte militaire du Myanmar”, réunissant des dirigeants syndicaux, des représentants de la société civile et des enseignes du monde entier.
Le mouvement syndical du Myanmar affirme qu’il n’est pas possible de faire des affaires de manière éthique dans le pays et appelle à des sanctions exhaustives et à ce que les entreprises, parmi lesquelles les enseignes de mode, désinvestissent et cessent leurs activités au Myanmar.
Depuis le coup d’État militaire de février, des milliers de travailleurs et travailleuses ont été arrêtés, plus de 950 personnes ont été tuées et la propagation incontrôlée du Covid-19 laissé derrière elle 1.500 cadavres à Rangoun en une seule journée, en juillet. Sous le régime militaire, les travailleurs et travailleuses du Myanmar se voient refuser le droit à la liberté syndicale, à la santé et à la sécurité ainsi qu’à la liberté d’expression.
Les représentants de l’Alliance du travail du Myanmar, Khaing Zar, Moe Sandar Myint et Nandar Sit Aung, ont rendues publiques les graves violations du droit du travail au Myanmar : des syndicalistes ont été licenciés par des employeurs collaborant avec les autorités, les conventions collectives ne sont pas respectées, les protocoles Covid-19 ne sont pas suivis.
Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :
“Ce qui se vit au Myanmar n’est certainement pas une situation normale : des personnes sont tuées et torturées, les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas se rendre au travail en raison de la répression. Comment les droits des travailleurs et des travailleuses peuvent-ils être protégés dans ce genre de situation extrême ?
C’est pourquoi nous soutenons la campagne appelant à des sanctions économiques exhaustives, menée par notre affilié IWFM (Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar), nos partenaires de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) et de l’Alliance du travail du Myanmar. Les sanctions économiques se sont avérées efficaces pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud et pourraient dès lors l’être également au Myanmar."
Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section du textile et de la confection d’IndustriALL, a souligné l’importance de maintenir un dialogue avec les enseignes qui s’approvisionnent au Myanmar à propos des violations des droits de l’homme, de la diligence raisonnable et de la manière de manière responsable de se désengager.
Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), a déclaré :
“Vous n’êtes pas seuls dans votre lutte pour la démocratie au Myanmar. Les fédérations syndicales internationales organisent une journée d’action mondiale ce 15 septembre prochain pour exiger le rétablissement du gouvernement civil au Myanmar. La CSI soutient la campagne pour des sanctions exhaustives et mènera une action de solidarité pour demander aux banques de bloquer les transferts internationaux vers le Myanmar.”
Que pouvez-vous faire ?
Interpellez les enseignes et les multinationales pour leur demander de cesser leurs activités et de passer de nouvelles commandes au Myanmar.
Organisez des manifestations ou des conférences de presse dans les locaux des multinationales présentes au Myanmar.
Prenez des photos avec un message de solidarité et partagez-les sur les médias sociaux avec le hashtag #Workers4Myanmar
Remettez des mémorandums aux ambassades des pays de la zone ASEAN dans votre pays pour faire pression sur les multinationales.
Contactez les médias pour mettre en lumière la campagne et la situation critique des travailleurs et travailleuses du Myanmar.
Incendie meurtrier dans une usine au Pakistan
L'unique porte d'accès et de sortie de l'usine illégale BM Industry était verrouillée, tout comme une porte donnant sur le toit, qui aurait permis aux travailleurs de s'échapper. Les fenêtres étaient équipées de barreaux. Ce n'est que deux heures après son départ que la lutte contre l'incendie s'est organisée.
Trois frères figurent parmi les 17 travailleurs qui ont perdu la vie dans l'incendie : Irfan (37 ans), Farman (33 ans) et Farhan (30 ans). Deux autres frères ont échappé de justesse à la mort.
Le père des trois frères qui ont péri dans l'incendie montre leurs cartes d'identité
Afzal, un des trois frères survivants, a déclaré :
"Je n'ai échappé à l'incendie que parce que j'étais descendu pour aller prendre le thé qu'on nous livrait. J'ai entendu des appels au secours venant de l'étage. J'ai laissé tout tomber pour me ruer à l'étage, mais c'était impossible. Le feu s'était répandu en quelques secondes et il dévorait les escaliers."
Afzal explique que le conseiller du premier ministre et avocat administrateur de Karachi, Murtaza Wahab, a promis aux familles des défunts une indemnisation d'un million de roupies (6.000 $) ainsi que des rations alimentaires et la gratuité de la scolarité pour leurs orphelins.
Cet incendie rappelle au secrétaire général de la Fédération syndicale nationale du Pakistan, Nasir Mansoor, l'incendie de l'usine de Baldia, en 2012, qui avait fait 259 victimes chez les travailleurs.
"Si des leçons avaient été tirées de l'incendie de 2012, celui-ci ne se serait peut-être jamais produit. Dans le cas de Baldia, les autorités ont cédé aux considérations politiques et ont délibérément passé sous silence la corruption et l'incompétence des services gouvernementaux.
"Nous exigeons une indemnisation par les propriétaires et par le gouvernement. Il faut aussi une enquête judiciaire sur les causes de l'incendie."
D'après Nasir Mansoor, le Pakistan a signé 32 conventions internationales sur le travail décent et la santé et la sécurité au travail. Mais elles restent lettre morte à cause de la corruption qui règne au gouvernement et chez les employeurs.
"C'est un nouvel exemple épouvantable qui montre qu'en finale, ce sont les travailleurs qui paient le prix et cette course mortelle au profit doit cesser. Des mesures doivent être prises immédiatement pour améliorer la santé et la sécurité des travailleurs au Pakistan, en concertation avec les syndicats,"
a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.