Le syndicat sud-africain des mines s’engage à recruter et à mieux servir ses membres

Plus de 400 délégués ont assisté à la conférence, au cours de laquelle ont été abordées des questions telles que les stratégies de syndicalisation et l’amélioration des services aux membres, parmi lesquels la représentation en conciliation et en médiation, l’implication syndicale en matière de politiques minières, la charte minière, les politiques énergétiques, la fabrication du ciment, la violence et le harcèlement fondés sur le sexe, ainsi que des mises à niveau sur le processus d’adoption de la convention 190 de l’Organisation internationale du travail. La santé et la sécurité et la vaccination Covid-19 ont été les autres sujets abordés. Des appels ont été lancés pour que davantage de femmes et de jeunes travailleurs participent aux activités et aux prises de décision au sein du syndicat.

En ce qui concerne le bien-être des travailleurs et travailleuses, les discussions ont porté sur des salaires vitaux par la négociation de conventions collectives qui maintiennent les salaires et les conditions de travail décents que le syndicat a organisés au fil des ans. À ce jour, le syndicat a signé des accords salariaux avec 13 sociétés minières. Les discussions ont également porté sur les prestations de retraite et les plans visant à retrouver les travailleurs et travailleuses retraités qui n’ont pas encore réclamé leur pension. Le syndicat a discuté des modèles qui peuvent être adoptés pour fournir un logement décent aux travailleurs et travailleuses. En outre, la conférence a débattu de l’importance de renforcer les capacités des délégués syndicaux dans un monde du travail en mutation et de bâtir des compétences pour contrer le travail précaire par le biais de la syndicalisation.

On a appris lors de la conférence que l’exploitation minière continuait à apporter sa contribution au PIB du pays et qu’elle faisait partie des secteurs en pointe dans la reprise économique après la pandémie de Covid-19. La plupart des membres du NUM sont issus du secteur minier, notamment du charbon, de l’or, du platine et d’autres métaux. Le syndicat s’oppose aux mises en veille de mines, qui ont entraîné jusqu’ici la perte de dizaines de milliers d’emplois et la perte de membres.

Le syndicat s’est déclaré opposé à la privatisation de la compagnie publique d’électricité, Eskom. Il est plutôt favorable à l’implication de l’entreprise publique dans le secteur des énergies renouvelables, actuellement dominé par les producteurs d’électricité indépendants, et à la protection des emplois.

Concernant la Transition juste, l’un des sujets les plus débattus lors de la conférence, William Mabapa, Secrétaire général ff du NUM, a déclaré :

“Le débat sur l’abandon du charbon et le passage aux énergies renouvelables sans tenir compte des intérêts des travailleurs et travailleuses des charbonnages et ceux et celles des centrales électriques est dangereux. L’arrêt brutal de l’extraction du charbon détruira l’économie de la province de Mpumalanga, qui dépend de l’exploitation de ce combustible fossile. En ce sens, trouver une voie au sein de la transition énergétique est important pour les mineurs et leurs communautés. De plus, nous devons sécuriser l’approvisionnement en énergie avant de passer aux énergies renouvelables et donc avoir une politique de mix énergétique qui inclut le nucléaire.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Les syndicats, comme la plupart des organisations, traversent des étapes dans leur vie. À l’approche de son 40e anniversaire, le NUM mûrit en tant que syndicat fort et les débats qui ont eu lieu lors de cette conférence de politique en sont le reflet. Il est stratégique pour le NUM de discuter de l’avenir du travail et de redéfinir son rôle en tant que syndicat à l’ère numérique qui est la nôtre.”

Confronter le capital mondial dans l’industrie de la confection

Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré que si le secteur du textile et de la confection est important en termes de nombre de travailleurs et travailleuses employés, il est faible en termes d’effectifs syndicaux.

“Il y a matière à croissance et nous devons nous rassembler et nous battre pour recruter davantage de membres. Nous devrions du reste utiliser les accords-cadres mondiaux (ACM) que nous avons dans le secteur de manière plus active lors de nos campagnes de recrutement syndical.”

IndustriALL a signé des ACM avec cinq fabricants de textile et de confection. L’ACM avec l’enseigne japonaise Mizuno a été renouvelé l’année dernière.

Des solutions systémiques sont nécessaires pour créer des conditions de concurrence équitables dans le secteur. Cette année a vu une évolution importante de l’Accord, qui a permis de préserver des vies humaines, et qui est devenu un Accord international en étendant son champ d’application à de nouveaux pays et au-delà de la sécurité en matière d’incendie et de sécurité des bâtiments. De son côté, en établissant un lien entre les pratiques d’achat des multinationales et les conditions de travail au sein de la chaîne d’approvisionnement, ACT ouvre des perspectives de négociation à l’échelle du secteur.

L’industrie de la confection ainsi que ses travailleurs et travailleuses ont été durement touchés par la pandémie de Covid-19. Dans les pays où la protection sociale, si tant est qu’elle existe, est faible, le non-paiement de salaires a eu des effets dévastateurs sur les travailleurs et travailleuses.

Conformément à la Charte de solidarité, IndustriALL a travaillé avec ses affiliés pour identifier les enseignes et les détaillants qui n’ont pas payé leurs commandes ou qui n’ont pas fait preuve de diligence raisonnable dans la gestion de leurs chaînes d’approvisionnement, entraînant des violations des droits humains et des normes fondamentales du travail. Les affiliés revendiquent que les enseignes signent des accords contraignants avec les syndicats de leur pays d’origine ainsi qu’IndustriALL et s’engagent à faire preuve de transparence en ce qui concerne :

Les participants à la réunion ont approuvé la campagne PAY RIGHT NOW! (Payez tout de suite !), pour que les enseignes et les fournisseurs versent les salaires impayés pendant la pandémie aux travailleurs et travailleuses de la confection du monde entier.

Khaing Zar, Présidente de l’IWFM, a évoqué la lutte pour la démocratie au Myanmar et la nécessité de sanctions économiques mondiales pour mettre à l’écart la junte militaire au pouvoir.

“Les parcs industriels où a lieu la production textile sont soumis à la loi martiale et nombre sont ceux qui y risquent leur vie. Des travailleurs et travailleuses sont tués et emprisonnés et nous avons besoin de votre solidarité et de votre soutien.”

IndustriALL a entendu et fait sien l’appel des affiliés du pays et demande aux entreprises opérant au Myanmar de cesser de passer de nouvelles commandes et de se retirer du pays.

“Bien que l’industrie du textile et de la confection est confrontée à de nombreux défis : pertes d’emplois, vols de salaires, risques pour la santé et la sécurité, nous nous efforçons, avec nos syndicats, d’établir de nouvelles normes au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales,”

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection.

“Nous devons continuer à nous battre pour un meilleur taux de syndicalisation, pour des conditions de travail décentes et pour la protection sociale. L’exploitation dans un secteur ne peut être stoppée que par la syndicalisation et la négociation collective.”

Négociation d'un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l'homme

Ensemble, la CSI, IndustriALL Global Union et d'autres syndicats mondiaux ont précisé leur position quant aux négociations dans un mémorandum commun. La réunion de cette semaine est consacrée à un document révisé, la troisième version du texte.

Les grandes priorités du mouvement syndical sont notamment :

Cet instrument représente une étape importante vers l'instauration d'une imputabilité des entreprises en droit international et elle améliorerait l'accès aux voies de recours des personnes victimes de violations des droits de l'homme.

On peut lire dans le plan d'action adopté en septembre par IndustriALL à son 3ème Congrès :

IndustriALL continuera de lutter pour des instruments juridiquement contraignants qui protègent les personnes contre les violations des droits de l'homme commises par des sociétés multinationales; elle continuera notamment à préconiser un Traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l'homme accompagné de voies de recours efficaces et fera campagne pour que l'obligation de diligence raisonnable soit réglementée aux niveaux national et international par une législation ayant force obligatoire.

"IndustriALL veut un instrument contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l'homme pour mettre fin à l'impunité des entreprises qui violent ces droits. La fin de l'impunité des entreprises doit être au cœur d'une reprise durable,"

déclare le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

Les réglementations nationales contraignantes, comme la loi allemande sur les chaînes d'approvisionnement, et les discussions sur des réglementations correspondantes à l'échelon européen sont des marqueurs importants, mais elles nécessitent un cadre mondial qui pourrait constituer le chaînon manquant les conventions existantes entre syndicats et entreprises.

Pour ce faire, notre affilié IG Metall organise le 28 octobre une activité parallèle à la négociation, consacrée à la question de savoir comment des auto-réglementations des entreprises et un traité des Nations unies contraignant peuvent contribuer à rendre l'économie mondiale plus équitable.

Le syndicat obtient un accord salarial de trois ans à l’issue de la grève

Le NUMSA, affilié d’IndustriALL, a signé l’accord avec la Fédération des industries sidérurgiques et mécaniques d’Afrique du Sud (SEIFSA), qui représente la plupart des employeurs du secteur.

Le syndicat souhaite que l’accord soit étendu à d’autres organisations d’employeurs, dont l’Association sud-africaine de l’ingénierie et de la fonderie (SAEFA) et l’Association nationale des employeurs d’Afrique du Sud, qui, selon le syndicat, sont “hostiles aux salariés et aux syndicats”. Le NUMSA souhaite que ces associations patronales signent l’accord et ne soient pas des “resquilleuses” qui mettent en œuvre l’accord salarial sans en être partie à la convention. Le syndicat estime que tous les travailleurs et travailleuses du secteur devraient bénéficier de l’accord salarial.

Le 25 octobre, Macsteel, une grande entreprise sidérurgique, a répondu à l’appel du NUMSA et est devenu l’un des premiers employeurs de la SAEFA à signer l’accord.

La grève a débuté alors que les négociations salariales étaient dans l’impasse, le syndicat revendiquant 8 % et rejetant l’offre initiale des employeurs de 4,4 %. Le syndicat a fait valoir que les travailleurs et travailleuses se sont sacrifiés pour la survie des industries lorsqu’ils ont accepté de ne pas augmenter les salaires en 2020 pour atténuer l’impact de la Covid-19 sur le secteur.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

“Nous avons consciemment pris la décision en tant que syndicat de faire un compromis et d’accepter l’offre actuelle de la SEIFSA de six pour cent sur les minima, dans le seul but de conclure la grève actuelle dans le meilleur intérêt de nos membres. Ce sont les membres du NUMSA qui ont payé un lourd tribut à la grève et il est dans leur intérêt que le syndicat fasse tout son possible pour que la grève soit résolue le plus rapidement possible, car chaque jour de grève est un sacrifice en vertu de la règle “pas de travail, pas de salaire”. L’accord protège également les taux de rémunération du secteur et les travailleurs et travailleuses recevront leur augmentation salariale avec effet rétroactif à partir du 1er juillet 2021.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Nous félicitons le NUMSA pour sa stratégie de négociation qui a, dans un contexte difficile, abouti à cet accord salarial crucial, car il maintiendra des salaires décents dans le secteur de l’ingénierie et de la métallurgie pour les trois prochaines années.”

Les syndicats demandent à l’UE le retrait immédiat du Myanmar du SPG en raison des violations des droits de l’homme et du travail

Aujourd’hui, industriAll Europe et IndustriALL Global Union, au nom des syndicats du monde entier, ont contacté la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil européen, leur demandant de retirer immédiatement les préférences commerciales accordées au Myanmar dans le cadre de l’initiative TSA de l’UE.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Ce qui se passe au Myanmar depuis le coup d’État militaire constitue une tache dans l’histoire de l’humanité. Tuer des innocents, les torturer ou les mettre en prison sont des actions brutales menées contre l’humanité. Nous avons tous la responsabilité de lutter contre ce phénomène et l’Europe a une responsabilité particulière. L’UE accorde le SPG (Système des préférences généralisées) aux pays en développement vulnérables pour les aider à réduire la pauvreté et à créer des emplois sur base des valeurs et des principes internationaux, notamment les droits du travail et les droits de l’homme. Nous demandons à l’UE de faire le nécessaire pour mettre fin à ce massacre.”

Les travailleurs et travailleuses du Myanmar vivent sous la menace constante d’arrestations, de violences et même de torture sous la junte militaire. Les syndicats du Myanmar appellent à des sanctions économiques sévères contre le régime actuel, antidémocratique et violent.

Depuis le coup d’État du 1er février 2021, la junte militaire du Myanmar fait régner la terreur, ciblant les travailleurs et les zones industrialisées. Les syndicalistes ainsi que les travailleurs et travailleuses qui tentent d’exprimer leurs préoccupations légitimes par le biais de manifestations ont été traqués par les militaires et de nombreux dirigeants syndicaux ont été contraints de se cacher, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et beaucoup ont vu leur passeport invalidé.

C’est un fait établi qu’environ 300.000 travailleurs et travailleuses ont déjà été licenciés pour avoir rejoint le Mouvement de désobéissance civile (MDC). Les restrictions des libertés civiles sont clairement visibles.

Le système des préférences généralisées (SPG) de l’UE, dont le principe TSA est un exemple, est présenté par la Commission européenne comme un moyen d’utiliser le commerce de l’UE pour créer des emplois dans les pays en développement. Les syndicats soutiennent les objectifs généraux du SPG, notamment celui d’améliorer les droits syndicaux et les conditions de travail des habitants de certains des pays les plus pauvres du monde.

Toutefois, les syndicats insistent sur le fait que les sanctions doivent également être utilisées à la lumière des terribles violations des droits de l’homme et du travail pour que le SPG ait un réel impact.

Les deux organisations, la CTUM et l’IWFM, soutiennent l’appel conjoint du mouvement syndical du Myanmar lancé aux entreprises multinationales pour qu’elles se désengagent du Myanmar, tout en s’assurant qu’elles traitent leur main-d’œuvre de manière responsable lors de l’exécution des commandes.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“Il ne fait aucun doute que l’actuelle dictature militaire au Myanmar malmène ses citoyens et viole leurs droits humains fondamentaux ainsi qu’un grand nombre de conventions de l’OIT. Le système des préférences généralisées de l’UE est censé garantir que les travailleurs et travailleuses évoluent dans des conditions sûres et que leurs droits sont respectés. Rien n’est moins vrai au Myanmar et nous revendiquons que l’UE révoque de toute urgence les dispositions TSA pour le Myanmar, conformément aux revendications des travailleurs et travailleuses du pays.”

Victoire syndicale dans la sidérurgie en Inde

La convention conclue au Comité paritaire national de l'industrie sidérurgique (NJCS) le 22 octobre était en suspens depuis janvier 2017. Seul le personnel permanent aura une hausse de 13 pour cent des prestations minimales garanties, et 25,5 pour cent pour les avantages extra-légaux et les allocations.

Les arriérés de salaires remontant au 1er avril 2020 seront versés en une fois aux salariés de SAIL. Pour ceux de RINL, la date du paiement sera fixée au niveau local par les syndicats et la direction.

"En tant que principales sociétés de l'industrie sidérurgique, SAIL et RINL ont la responsabilité d'agir de concert avec les syndicats afin d'instaurer le travail décent. Nous sommes heureux qu'un accord satisfaisant pour tous ait pu être trouvé dans cette situation économique difficile causée par la pandémie,"

a déclaré G. Sanjeeva Reddy, le président de l'INMF et membre du comité exécutif d'IndustriALL.

La convention devrait être approuvée en novembre par le ministre de l'Acier et les travailleurs recevoir en décembre la hausse de salaire de novembre. Elle court pour une durée de dix ans à dater du 1er janvier 2017.

"La négociation a été dure, mais nous avons obtenu un bon résultat par une action commune méthodique. Cet accord n'a pu être obtenu que par un soutien affirmé au niveau des ateliers,"

a déclaré Sanjay Vadhavkar, le président du SMEFI et membre du comité exécutif d'IndustriALL.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a félicité les syndicats pour leur victoire :

"Nous nous réjouissons de voir les syndicats de la sidérurgie investir leurs forces et leur dynamisme pour encourager d'autres sidérurgistes privés à respecter et suivre ces conventions pour qu'elles deviennent des principes directeurs pour l'industrie sidérurgique indienne."

Le NJCS se compose des directions du SAIL et du RINL et des cinq fédérations syndicales centrales d'Inde. C'est lui qui fixe les salaires ainsi que les conditions sociales, économiques et autres.

SAIL est une entreprise sidérurgique publique qui compte de nombreuses usines et une vingtaine de mines de charbon et de fer en Inde. RINL a une grande usine sidérurgique à Vishakhapatnam.

Deux travailleurs tués en une semaine dans des usines Holcim en Inde

 

Un manutentionnaire de 49 ans, M. Subhash, a été retrouvé mort le 8 octobre dernier sur la plateforme d’une machine de chargement de wagons chez ACC Wadi Cement à Karnataka. M. Subhash était membre du syndicat local de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération nationale indienne des travailleurs du ciment (INCWF-INTUC).

Le 13 octobre, Chandra Mani Pradhan, 39 ans, chauffeur de camion, a été retrouvé mort à côté de son véhicule à ACC Bargarh Cement dans l’Orissa, après être venu charger du ciment à l’usine.

Dans les deux cas, la séquence des événements qui ont conduit aux issues mortelles n’a pas été clairement établie et ces accidents n’ont pas fait l’objet d’une enquête transparente.

Ces deux travailleurs étaient des sous-traitants et n’étaient donc pas employés directement par l’ACC. Comme M. Subhash avait un contrat permanent, sa famille recevra une indemnisation. Celle de M. Pradhan ne recevra probablement aucune indemnisation.

Les accidents mortels dans les usines d’ACC ne sont pas rares et il y a eu de nombreux incidents ces dernières années. Une importante explosion dans une usine d’ACC dans l’Himachal Pradesh en 2020 a entraîné l’hospitalisation de six travailleurs. En 2019, trois travailleurs ont été tués dans une cimenterie d’ACC à Sindra.

Les syndicats affirment que cette série d’accidents mortels montre que Holcim ne se préoccupe que du bout des lèvres de la sécurité. Le recours croissant à des travailleurs en sous-traitance nuit également à la sécurité. En Inde, on compte généralement neuf sous-traitants pour chaque salarié permanent.

Holcim a publié de bons résultats financiers en 2020 et a versé d’importantes sommes à ses actionnaires. Mais au cours des six dernières années, l’entreprise a réduit ses effectifs permanents de 140.000 à seulement 67.000 personnes dans le monde.

Holcim a annoncé une ambition de zéro blessure, mais le recours croissant aux sous-traitants sape cette ambition. Les travailleurs et travailleuses ne sont toujours pas en sécurité et meurent au travail et la grande majorité des victimes sont des sous-traitants ou appartiennent à des entreprises tierces.

Alexander Ivanou, Directeur pour l’industrie des matériaux, a déclaré :

“Nous sommes profondément attristés par la nouvelle de ces accidents tragiques et évitables et furieux du mépris constant de Holcim pour la sécurité de sa main-d’œuvre. Nous sommes également troublés par le fait que les détails concernant ces accidents restent obscurs.

Il est temps pour l’entreprise de reconnaître les Fédérations syndicales internationales comme des partenaires et d’entamer un dialogue sur les droits des travailleurs et la crise de la sécurité dans ses usines. L’entreprise doit se conformer aux normes de santé et de sécurité de l’OIT, reconnues au niveau international, et autoriser les délégués syndicaux à la sécurité à inspecter les lieux de travail.

La racine de ce problème est le recours croissant de Holcim à des entreprises tierces. Cette externalisation sape la culture de la sécurité sur le lieu de travail et contribue largement à la liste croissante d’accidents mortels.”

Deoraj Singh, Secrétaire général de l’INCWF-INTUC, a déclaré :

“ACC et Ambuja doivent renforcer les systèmes d’inspection dans toutes leurs cimenteries et s’engager en faveur de la participation des syndicats et à divulguer toutes les informations significatives sur la sécurité et la santé.

Ils devraient également cesser immédiatement d’engager des travailleurs précaires non qualifiés et créer un système de prévention en matière de sécurité, sans laisser de place aux insuffisances. L’INCWF et ses parties constituantes sont prêts à travailler avec la direction de Holcim pour garantir les conditions de travail des travailleurs et travailleuses du ciment.”

Les Secrétaires généraux d’IndustriALL et de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois ont envoyé un courrier commun à Holcim, appelant l’entreprise à prendre des mesures immédiates pour résoudre la crise qu’elle connaît dans le domaine de la sécurité.

Les syndicats coréens utilisent Squid Game pour mobiliser pour une grève générale

"Vous êtes tous au seuil de la vie. Un nouveau jeu commence à renverser les règles de l'inégalité ! Le jeu de la grève générale débute le 20 octobre".

Dans la vidéo, le maître du jeu s'adresse à un groupe de participants, il les met face à leurs échecs personnels et les met au défi de revendiquer leurs droits au travail. Il leur faudra jouer à un jeu pour pouvoir progresser. La solution du jeu réside dans un hymne syndical dont les paroles sont :

"Désunis, nous périrons. Mais en restant unis, nous avons une chance de résister."

Les participants entonnent l'hymne ensemble, enlèvent leurs survêtements et enfilent des gilets de manifestation syndicale. Le maître du jeu les félicite parce qu'ils ont remporté le jeu tandis que, sur l'écran, défilent les revendications portées par la grève

"Travailleurs du monde, enlevez vos survêtements et rejoignez tout de suite la grève générale !

À la fin, le maître du jeu pose une dernière question :

"Où est passé le participant numéro un ?"

La caméra montre le bureau vide du président du KCTU, Yang Kyeung-soo, qui a été arrêté le 2 septembre.

Squid Game est une série qui raconte l'histoire d'un groupe de personnes, fortement endettées, qui risquent leurs vies dans un jeu de survie mystérieux, pour gagner une grosse somme d'argent. Il est devenu le programme le plus regardé sur Netflix dans 90 pays, avec 142 millions de spectateurs en 28 jours.

Cette série a capté l'imagination du public, beaucoup disant qu'elle reproduit des aspects de la vie sous le régime capitaliste, et l'illusion du choix laissé aux travailleurs et aux consommateurs. Elle met aussi en lumière les effets dévastateurs de l'endettement personnel et des inégalités dans la société coréenne.

Le premier rôle, Seong Gi-hun, est un ancien ouvrier de l'industrie automobile qui a perdu son emploi après une grève. Son histoire est basée sur la grève violente chez SsangYong, en 2009, qui avait abouti aux suicides de treize salariés de SsangYong et de membres de leurs familles. 

Victoire syndicale : DOW renonce à fermer une usine en Argentine

Au mois d'août, cette entreprise de la pétrochimie avait annoncé son intention de fermer dans l'année l'usine de Puerto General San Martín qui occupe 4.000 personnes. Le syndicat des travailleurs de la pétrochimie de DOW du SOEPU a alors lancé une campagne pour préserver l'industrie argentine et ses travailleurs de la pétrochimie, qui a reçu le soutien de presque tous les syndicats argentins, de fédérations internationales et du réseau mondial des travailleurs de DOW.

Étant donné que cette fermeture aurait aussi des conséquences pour des centaines d'entreprises de tout le pays, qui devraient importer du polyuréthane à des prix plus élevés, le gouvernement argentin est lui aussi concerné.

Le 7 octobre, Cesira Arcando, qui siège au parlement de Santa Fe, a rencontré les travailleurs pour leur expliquer les démarches entreprises avec le SOEPU aux échelons provincial et national pour protéger les emplois menacés.

Le 13 octobre, le ministre argentin du développement productif, Matías Kulfas, et le gouverneur de la province de Santa Fe, Omar Perotti, ont rencontré le PDG de DOW pour l'Amérique latine, Javier Constante, pour discuter des conditions de concurrence nécessaires pour que DOW continue à exploiter l'usine de San Lorenzo.

Après des pourparlers avec les autorités nationales et provinciales, DOW a annoncé que l'usine poursuivra ses activités et que les emplois seront maintenus.

Le secrétaire général du SOEPU, Mauricio Brizuela, a remercié les sénateurs de Santa Fe pour le soutien apporté à leur cause, pour avoir traité cette industrie comme un outil de croissance nationale et de développement et pour avoir approuvé dans un premier temps une loi déclarant l'usine "entreprise publique sujette à expropriation".

Le polyuréthane est un composé essentiel pour l'industrie automobile et pour la production de produits blancs et de matelas.  

Grève générale en Corée pour les droits des travailleurs et la Transition juste

La grève fait suite à l’arrestation du Président du KCTU, Yang Kyeung-soo, après une descente de police au siège du syndicat le 2 septembre. Yang est le 13e président consécutif de la KTCU à être emprisonné depuis la levée de l’interdiction de la fédération en 1997. La libération du Président Yang, qui est toujours en détention, était l’une des revendications des travailleurs et travailleuses en grève.

La police bloque les grévistes

Malgré de sévères restrictions au droit de se réunir, des rassemblements ont eu lieu dans 14 régions de Corée. À Séoul, la police a bloqué de vastes zones de la ville pour empêcher tout rassemblement. Finalement, 24.000 travailleurs et travailleuses en grève ont pu se rassembler au carrefour de Seodaemun, avec cette revendication :

“Démolir les inégalités ! Une grande transition vers une société équitable !”

Le Président du KMWU, Kim Ho Gyu, s’est adressé aux travailleurs et travailleuses en grève lors du rassemblement de Séoul, en déclarant :

“Les inégalités sont un désastre. Une transition industrielle dominée par les conglomérats chaebols engendrerait des inégalités plus profondes, tout comme le phénomène Covid-19. La participation des syndicats est la solution pour développer une certaine immunité à cette inégalité. Le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie relèvera le défi de notre époque, à savoir la participation du monde du travail à une transformation industrielle favorable à la population active.”

Le Président Kim a également partagé la déclaration de solidarité du Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie :

“Conformément à la résolution approuvée à l’unanimité lors de notre troisième congrès le 15 septembre, IndustriALL réitère sa revendication pour la libération du Président de la KCTU Yang et pour que le gouvernement coréen cesse immédiatement la répression de la liberté syndicale et de réunion.

Nous exprimons notre soutien à la grève générale du 20 octobre et à la lutte en faveur de la réforme du droit du travail, des droits syndicaux fondamentaux et de l’abolition du travail précaire, pour une transition juste et pour le renforcement des services publics et de la protection sociale.”

D’autres affiliés d’IndustriALL ont également envoyé des messages de solidarité et l’UAW ainsi que l’USW se sont joints à une délégation dépêchée à l’ambassade de Corée à Washington, DC, en solidarité avec la grève.

Les syndicats revendiquent une réforme du droit du travail pour donner des droits syndicaux fondamentaux à tous les travailleurs et travailleuses, l’abolition du travail précaire, une transition juste basée sur le dialogue social qui donne leur mot à dire aux travailleurs et travailleuses, la garantie de l’emploi en temps de crise, des services publics plus forts et une plus grande responsabilité de l’État en matière d’emploi et de soins de santé.

Le Premier ministre a répondu que le gouvernement prendrait des mesures judiciaires strictes contre les rassemblements illégaux et punirait les organisateurs et les participants aux rassemblements. La police de Séoul a annoncé la création d’une unité spéciale chargée de mener une enquête approfondie sur la grève.

Les syndicats s’inquiètent de ce que sera la répression après la grève et s’attendent à ce que la police convoque les syndicalistes pour un harcèlement judiciaire. En Corée, le droit de mener des actions collectives est sévèrement limité et la grève n’est légale que pendant certaines étapes d’une négociation collective ouverte.

Compte tenu de la répression des militants syndicaux, la KCTU a condamné la nomination par le gouvernement coréen d’un ancien ministre des affaires étrangères pour le poste de Directeur général de l’OIT.

Manifestants en uniformes de la série télévisée Squid Game.

La série à succès de Netflix Squid Game a récemment mis en lumière l’effet des inégalités et de l’endettement personnel sur la société coréenne. Le personnage principal de la série est un ancien métallurgiste syndiqué qui a perdu son emploi après une grève.