Augmentation de salaire record pour 23.000 travailleurs et travailleuses de Leoni en Tunisie
L’augmentation a été annoncée ce 17 septembre lors d’une cérémonie de signature à laquelle ont assisté les représentants syndicaux des 23.000 travailleurs et travailleuses des quatre sites d’activité différents en Tunisie.
Selon Tahar Berberi, Secrétaire général de la FGME-UGTT, cette augmentation des salaires reflète le climat social favorable, fondé sur un dialogue permanent entre les différents syndicats de l’UGTT présents chez Leoni.
“Cette augmentation est importante et aura un impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses dans un contexte économique globalement compliqué.”
En 2017, les travailleurs et travailleuses de Leoni en Égypte ont pu se joindre à leurs collègues tunisiens et marocains et mettre sur pied un syndicat les représentant dans l’entreprise sur différents sites et qui œuvre actuellement à développer un dialogue avec l’entreprise au niveau national sur la sécurité sociale, les soins de santé et les systèmes de retraite.
Lors de la réunion du réseau syndical automobile d’IndustriALL pour la région MENA (Moyen-orient et Afrique du Nord) en 2019 à Casablanca, le réseau syndical de Leoni pour la MENA a été lancé. Le syndicat allemand IG Metall a soutenu l’établissement et le développement du dialogue avec la société mère en Allemagne. Le réseau se réunit régulièrement, y compris avec la direction, en Allemagne, en Tunisie, au Maroc et en Égypte.
Lors de la réunion du réseau syndical Leoni pour la MENA du mois prochain, l’avenir de l’entreprise et les plans de la direction pour surmonter la crise financière liée à la Covid-19 seront débattus.
“Grâce à un dialogue social bien en place, l’entreprise a réussi à concilier développement et durabilité tout en garantissant les droits des travailleurs. Le capital y a un rôle, mais le pouvoir de production réel et essentiel reste le travail,”
a déclaré Noureddine Taboubi, Secrétaire général de l’UGTT.
Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a pour sa part commenté :
“Félicitations aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à notre affilié FGME-UGTT pour cet accord qui montre jusqu’où peuvent mener l’action syndicale conjointe et un dialogue sain.”
IndustriALL et Leoni ont signé un accord-cadre mondial en 2012.
Les syndicats s’opposent à une réforme régressive du droit du travail en Ukraine
Parmi les projets de loi proposés figure le projet de loi N° 5371, qui exclut les travailleurs et travailleuses des petites et moyennes entreprises de sa protection juridique en instaurant un nouveau “régime contractuel de réglementation des relations de travail”, où toutes les conditions de travail sont déterminées par un contrat de travail et non par le droit du travail.
Les licenciements seraient laissés à la discrétion de l’employeur, car le contrat de travail déterminerait les motifs de licenciement au lieu de la liste stricte actuelle de fondements prévue par le code du travail.
Un autre projet de loi, N°5388, permettant un recours quasi illimité aux contrats de travail de courte durée, déterminerait des motifs supplémentaires de licenciement, priverait les mères célibataires, les personnes handicapées, les jeunes travailleurs et les spécialistes retraités après leur passage dans l’armée, des dispositions actuelles et priverait les travailleurs et travailleuses des garanties relatives aux heures supplémentaires.
“Les propositions syndicales n’ont pas été prises en compte et les projets de loi portent atteinte à l’équilibre des droits et des intérêts entre ceux des employeurs et ceux des syndicats. En outre, un certain nombre de dispositions actuelles pourraient conduire à la violation des droits de l’homme et à l’élimination de droits fondamentaux du travail,”
a déclaré Lesia Semeniaka, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et Secrétaire internationale du Syndicat des travailleurs de l’énergie et de l’industrie nucléaires d’Ukraine (Atomprofspilka).
Les deux projets de loi portent atteinte aux droits syndicaux en limitant la portée de la coordination syndicale et sont en violation de la constitution nationale et des normes internationales fondamentales du travail, notamment les conventions de l’OIT et les directives de l’UE.
“Sous couvert d’adapter la législation sociale et du travail aux réalités modernes et de créer un meilleur contexte pour les investisseurs, les autorités ukrainiennes poursuivent leurs attaques contre les droits des travailleurs et travailleuses ainsi que ceux des syndicats,”
a déclaré le Président du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU), Mikhailo Volynets, lors du 3e congrès d’IndustriALL.
L’an dernier, le projet de loi sur le travail N° 2708 a été rejeté grâce aux manifestations syndicales de masse dans le pays et aux actions de solidarité mondiale, puis abandonné après la démission du gouvernement. Cependant, des députés ont, en lieu et place, rédigé des lois distinctes, qu’ils essaient maintenant de faire passer au Parlement.
Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :
“L’Ukraine doit abandonner cette réforme législative anti-ouvrière et agir conformément aux conventions internationales du travail, ratifiées par l’Ukraine, et à l’Accord d’association UE-Ukraine. Nous demandons instamment aux élus ukrainiens de solliciter les conseils et le soutien d’experts techniques de l’OIT pour amender la législation actuelle, en coopération avec les partenaires sociaux, afin de garantir sa pleine conformité avec les dispositions et normes internationales fondamentales du travail.”
Les autorités de Biélorussie intensifient leurs attaques à l’égard des syndicats indépendants
Aujourd’hui, à Navapolatsk, le domicile de Volha Brytsikava, Présidente de la section locale du BITU à Naftan, a été perquisitionné et son ordinateur a été saisi. Elle a été placée en détention, mais a depuis été libérée.
Deux autres membres du syndicat, Andrey Berezovsky et Roman Shkodin, ont été maintenus en état d’arrestation respectivement sept et quinze jours.
Au moment d’écrire, le bureau de la section locale du BITU à Navapolatsk est en cours de perquisition.
Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :
“Ces attaques constantes contre les syndicats indépendants et les droits fondamentaux en Biélorussie sont inacceptables. Nous exigeons la libération immédiate de tous les dirigeants et militants syndicaux qui sont illégalement détenus en raison de leurs activités syndicales et de leur lutte pour la protection des droits fondamentaux.”
La semaine dernière, plusieurs dirigeants et membres de sections locales du BITU ont été arrêtés : le Vice-président de Grodno Azot, Valiantsin Tseranevich, ainsi que les syndicalistes Andrei Paheryla et Vladzimir Zhurauka sont toujours en détention.
À Zhlobin, le Secrétaire-trésorier de la section locale du BITU de l’usine métallurgique BMZ, Aliaksandr Hashnikau, a disparu vendredi dernier. Sa famille n’a appris qu’aujourd’hui qu’il avait été arrêté.
Le Président du BITU, Maksim Pazniakou, a été arrêté le 17 septembre, mais il a ensuite été libéré à la suite d’une condamnation ferme et rapide de cette arrestation de la part des Fédérations syndicales internationales. Toutefois, le 20 septembre, M. Pazniakou a été condamné à une amende équivalant à 350 dollars pour un message publié l’année dernière sur des médias sociaux, mettant en scène un groupe de musique biélorusse, que les autorités ont ensuite qualifié d’extrémiste.
La détention de Pazniakou est à rapprocher de son discours lors du 3e Congrès d’IndustriALL, où il a évoqué la détérioration de la situation des droits de l’homme, des travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs syndicats, les attaques constantes contre les syndicats indépendants et la répression de masse en Biélorussie.
Le BITU et IndustriALL s’inquiètent du fait qu’Ihar Pavarou, condamné à trois ans de prison pour une tentative de grève d’avertissement chez BMZ en août 2020, est maintenu à l’isolement pour une durée indéterminée, ce qui pourrait nuire gravement à sa santé psychologique et physique.
Dans une lettre conjointe datée du 17 septembre, IndustriALL et la CSI ont demandé à l’OIT une intervention urgente auprès des autorités biélorusses pour exiger la libération immédiate d’Ihar Pavarou et de Maxim Pazniakou.
IndustriALL et la CSI ont également écrit au Premier ministre de Biélorussie, Roman Golovchenko, pour lui demander de libérer tous les dirigeants, militants et membres syndicaux qui ont été illégalement détenus en raison de leurs activités syndicales et de leur lutte pour la protection des droits fondamentaux.
Kan Matsuzaki
Kan Matsuzaki a été élu Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union à l’occasion de son troisième Congrès mondial les 14 et 15 septembre 2021. Précédemment, il agissait comme Directeur d’IndustriALL pour les secteurs de l’informatique, électricité et électronique ainsi que de la construction navale et la démolition des navires.
À un stade plus précoce de sa carrière, en 1998, Kan Matsuzaki avait rejoint le Conseil japonais des syndicats de métallurgistes (JCM), une organisation faîtière représentant un large éventail de syndicats de l’industrie métallurgique japonaise dans les secteurs de l’automobile, de l’acier, de la construction navale, de la construction mécanique, de l’électricité et de l’électronique. Il était alors chargé de la coordination et de la mise en place des politiques industrielles visant à renforcer la base de production et à garantir des emplois durables. Il a assuré des missions spécifiques destinées à promouvoir la solidarité internationale au sein de la communauté des métallurgistes en Asie du Sud-Est.
En août 2010, il a rejoint la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) où il était responsable des ouvriers de la construction navale et des travailleurs non-manuels, jusqu’à la création d’IndustriALL en 2012 – date à laquelle il a été nommé Directeur pour les secteurs de l’informatique, électricité et électronique ainsi que de la construction navale et la démolition des navires. Dans ces deux secteurs, il s’est efforcé de développer les réseaux syndicaux, de promouvoir une politique industrielle durable et de mener des projets de syndicalisation (en faveur des ouvriers spécialisés dans la démolition des navires en Asie du Sud et des travailleurs des secteurs de l’informatique, électricité et électronique en Asie du Sud-Est), qui ont permis d’organiser avec succès des travailleurs précaires.
Le 3e Congrès d’IndustriALL élit une nouvelle direction qui aura pour tâche de surmonter les défis
Les syndicats du monde entier et leurs membres sont confrontés à plusieurs crises : l’accroissement des inégalités, l’évolution des formes de travail, le changement climatique et maintenant la pandémie. Les travailleurs et travailleuses ont besoin d’organisations fortes pour tracer une voie au travers de ces crises et pour s’assurer de ne pas avoir à en payer le prix.
Le 3e Congrès d’IndustriALL était une rencontre cruciale pour le mouvement syndical international, car il influencera les priorités des syndicats des secteurs minier, manufacturier et énergétique à travers le monde pour les quatre prochaines années. Une réunion virtuelle a permis la participation d’un plus grand nombre de personnes ; le Congrès a accueilli plus de 3.000 délégués et observateurs de plus de 100 pays.
Bien que la réunion se soit tenue virtuellement et non en Afrique du Sud comme prévu, l’esprit de la lutte anti-apartheid était présent tout au long du Congrès, avec de la musique, des affiches historiques et une vidéo. Il a été rappelé aux délégués comment les travailleurs et travailleuses noirs se sont organisés syndicalement pour affronter la puissance de l’État d’apartheid et les mauvais patrons et comment ils ont gagné. Quelles leçons en tirer pour le mouvement syndical d’aujourd’hui ?
Les délégations ont fait de chaleureux adieux à Valter Sanches, qui a quitté son poste de Secrétaire général.
Des élections en ligne ont été organisées pour mettre en place une nouvelle équipe de direction. Atle Høie, ancien Secrétaire général adjoint, a été élu Secrétaire général. Jörg Hofmann, Président du syndicat allemand IG Metall, restera Président d’IndustriALL. Kemal Özkan a été réélu en tant que Secrétaire général adjoint et a été rejoint par Kan Matsuzaki, précédemment Directeur de la section d’IndustriALL regroupant les TIC, l’électricité et l’électronique, ainsi que la construction navale et la démolition des navires, et Christine Olivier, Secrétaire internationale du syndicat sud-africain NUMSA.
Il y a également six nouveaux Vice-présidents issus des différentes régions d’IndustriALL :
Asie-Pacifique – Akira Takakura, Japon
Amérique latine et Caraïbes – Lucineide Varjao, Brésil
Moyen-Orient et Afrique du Nord – Abdelmajid Matoual, Maroc (2021-2022), Hashmeya Al Saadawi, Irak (2022-2023), Saleh Kandil, Maroc (2023-2024), Habib Hazami, Tunisie (2024-2025)
Amérique du Nord – Anna Fendley, États-Unis
Afrique subsaharienne – Joseph Montesetse, Afrique du Sud
Europe – Garbinea Espejo, Espagne (les deux premières années), Marie Nilsson, Suède (les deux années suivantes)
Gagner la guerre des droits des travailleurs et travailleuses
Dans son discours d’ouverture, le Président d’IndustriALL et d’IG Metall, Jörg Hofmann, a parlé de la nécessité d’une justice vaccinale : la pandémie a laissé des millions de personnes sans revenus, trop de personnes sont mortes, les droits de l’homme et des travailleurs se sont détériorés et il y a eu une augmentation de la discrimination et de la ségrégation. Les pays pauvres ont un accès très limité aux vaccins.
“C’est profondément injuste : nous avons besoin d’une distribution équitable et mondiale des vaccins.”
Alors que les délégués du Congrès débattaient du plan d’action proposé pour la prochaine période de quatre ans, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a souligné la nécessité d’une participation des syndicats affiliés :
“Les droits des travailleurs sont foulés aux pieds et attaqués chaque jour. Nous sommes en droit d’attendre que ces droits, reconnus par l’OCDE, les organes de l’ONU et de nombreux gouvernements, soient respectés. Nous sommes la force syndiquée qui s’interpose entre les multinationales et un pouvoir dictatorial total sur l’ensemble du processus de production. Comment gagner cette guerre pour des droits ?"
Le Secrétaire général d’IndustriALL Atle Høie
La Secrétaire générale adjointe Christine Olivier s’est exprimée sur le renforcement du pouvoir syndical :
“Nous devons revenir à l'essentiel, construire des syndicats démocratiques, contrôlés par les travailleurs, qui permettent d’obtenir des emplois de qualité et permanents. Tous les accords conclus, y compris les accords mondiaux avec les multinationales, doivent faire progresser les droits des travailleurs. Ces accords, à l'avenir, doivent être exécutoires, en particulier au sein de l'ensemble des chaînes d'approvisionnement.”
Le Ssecrétaire général adjoint Kan Matsuzaki a évoqué la confrontation avec le capital mondial :
“Nous avons besoin d’outils internationaux plus puissants pour imposer des obligations contraignantes aux entreprises multinationales et pas seulement leur demander de bien vouloir respecter les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.”
En présentant le débat sur une politique industrielle durable, le Secrétaire général adjoint Kemal Özkan a déclaré :
“Le mouvement syndical international a la responsabilité historique de faire face aux mégatendances qui influencent l’avenir du travail, notamment le changement climatique, la numérisation et Industrie 4.0. Nous exigeons une Transition juste.”
Après que de nombreuses prises de parole sur le thème à débattre, les délégués et déléguées du Congrès ont adopté l’ambitieux plan d’action sur la promotion des droits des travailleurs, la construction de syndicats forts, la confrontation avec le capital mondial et une politique industrielle durable.
La solidarité internationale est cruciale pour IndustriALL et le Congrès a adopté à cet égard un certain nombre de résolutions. Des leaders syndicaux d’Algérie, de Biélorussie, de Corée, d’Eswatini, d’Indonésie et du Myanmar se sont exprimés les situations difficiles dans leurs pays respectifs, où le travail syndical est paralysé en raison d’imposantes attaques contre les droits des travailleurs et la liberté syndicale.
Khaing Zar, Présidente de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), a présenté la résolution sur le Myanmar, qui coïncidait avec la journée d’action syndicale internationale sur le Myanmar.
“Mon pays est dirigé par des militaires voyous, qui tuent et emprisonnent des femmes, des hommes et des militants ouvriers. Il est temps d’intensifier la campagne ; les travailleurs et travailleuses du Myanmar ont plus que jamais besoin de votre aide. Merci pour votre solidarité et votre soutien.”
Maksim Pazniakou, de Biélorussie, a rappelé au Congrès la terrible répression qui sévit dans son pays, où nombre de ses collègues syndicalistes ont été emprisonnés, et combien le soutien du mouvement syndical international est crucial.
Au sujet de la résolution sur les jeunes, Amy Bracegirdle de l’AMWU, Australie, a déclaré :
“Les structures qui ont permis à de nombreux dirigeants syndicaux de développer leurs compétences et leur engagement pour la cause du mouvement ouvrier ont changé. Les jeunes travailleurs et travailleuses sont souvent en première ligne des violations de nos droits. Pour faire progresser les droits des travailleurs, le Congrès devrait adopter la résolution sur la jeunesse, afin de créer plus d’espace dans les structures syndicales pour les jeunes travailleurs et travailleuses.”
Le Congrès a également adopté des résolutions sur l’Afghanistan, sur la coopération avec d’autres Fédérations syndicales internationales, sur la construction d’une IndustriALL Global Union forte, unie et dynamique, qui mène des campagnes, ainsi que sur la lutte contre le sexisme et la violence fondée sur le genre au sein des structures syndicales et des lieux de travail.
Monica Veloso, de la CNTM Brésil, a illustré comment la pandémie a aggravé la situation précaire des femmes :
“Nous devons nous battre pour la ratification de la C190 de l’OIT afin de lutter contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Il n’y a pas d’avenir sans égalité : nous devons faire comprendre à la classe ouvrière mondiale que le leadership féminin au sein de notre fédération syndicale internationale est essentiel pour l’avenir du mouvement syndical international.”
Pour davantage d’informations sur le Congrès, ainsi que des images et des citations de plus de 200 orateurs et oratrices, veuillez consulter YouTube, Flickr, Facebook et twitter.
Résolutions
Building a Strong, United and Vibrant Industriall Global Union
Fusion de trois syndicats zimbabwéens du textile, de la confection, de la chaussure et du cuir
Les trois syndicats qui ont fusionné, le Syndicat national de l’industrie de l’habillement (NUCI), le Syndicat zimbabwéen des travailleurs du cuir, de la chaussure et des secteurs connexes (ZLSAWU) et le Syndicat zimbabwéen des travailleurs du textile (ZTWU), sont convenus de travailler collectivement au renforcement du recrutement en vue de créer un syndicat plus fort. Dans le cadre de ses plans en vue d’être inclusif, la CLTWF a également formé des comités de jeunes et de femmes lors de son lancement.
Cependant, la CLTWF est confrontée à de nombreux défis qui affectent le secteur au niveau mondial. En outre, au Zimbabwe, ces défis sont aggravés par une crise économique qui a entraîné la fermeture d’usines et le licenciement de travailleurs, tandis que ce qu’il est convenu d’appeler le vol de salaires se répand.
Les conditions de travail dans le secteur sont précaires. Dans certains cas, les journées de travail ont été réduites et les salaires sont bas, certains travailleurs et travailleuses affirmant gagner 8.000 dollars zimbabwéens (94 dollars américains au taux officiel et 57 sur le marché parallèle). Selon le Conseil de la consommation du Zimbabwe, une famille de six personnes a besoin de plus de 40.000 dollars zimbabwéens par mois, ce qui signifie que les salaires actuels ne permettent pas aux travailleurs et travailleuses du secteur de subvenir à leurs besoins essentiels.
Selon certains témoignages, le déclin des industries manufacturières causé par la désindustrialisation du pays a affaibli la chaîne de valeur qui va du coton aux vêtements ainsi que celle de la fabrication du cuir et de chaussures. En outre, l’instabilité de la monnaie locale, la pénurie de devises étrangères, l’inflation élevée et les importations massives de vêtements d’occasion et bon marché ont un impact négatif sur le secteur. Les politiques économiques en place ne parviennent pas non plus à relancer les industries du textile et de la confection.
Joseph Tanyanyiwa, le Secrétaire général nouvellement élu de la CLTWF, déclare :
“Cette fusion est attendue depuis longtemps, mais elle est maintenant l’occasion de planifier collectivement et de façonner l’avenir de nos secteurs en luttant pour les droits des travailleurs et travailleuses ainsi que pour des salaires vitaux, tout en syndiquant davantage de membres. Nous tenons également à remercier IndustriALL, les affiliés nationaux et les syndicats d’Afrique subsaharienne pour leur soutien à cette fusion et pour nous avoir aidés à élaborer notre plan stratégique quinquennal.”
“Nous nous félicitons de cette fusion, car elle apporte unité et force au syndicat. Il s’agit d’un élément important pour renforcer le pouvoir syndical dans les secteurs du textile, de la confection, de la chaussure et du cuir au Zimbabwe, compte tenu des défis posés par la pandémie de Covid-19 et la crise économique,”
a indiqué Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.
Un syndicat adopte une stratégie de campagne pour le travail décent pour recruter les petits mineurs artisanaux au Ghana
Le syndicat a exposé sa stratégie lors d'un atelier du projet "Crossing the Divide" de la Fondation Friedrich Ebert et IndustriALL, qui s'est tenu les 2 et 3 septembre à Accra. Ce projet, issu de la Recommandation 204 de l'Organisation internationale du travail sur la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle, préconise l'utilisation par les syndicats de l'innovation dans ses rapports avec les mineurs.
Cet atelier devait réunir des parties prenantes de premier plan – organisations syndicales, chercheurs, organisations de la société civile, gouvernements, associations EMAPE, autorités traditionnelles, communautés, etc. – pour trouver des moyens d'améliorer le secteur. Pour le GMWU, cela peut se faire en utilisant les piliers du travail décent que sont le plein emploi productif, les droits au travail, la protection sociale et la promotion du dialogue social et des normes internationales du travail. Ensuite, l'accent a été mis sur la santé et la sécurité.
Cet atelier hybride comptait 20 participants en salle plus d'autres qui participaient en ligne. Ils s'agissait de représentants du ministère des Terres et des Ressources naturelles, de l'Association nationale ghanéenne des petits mineurs artisanaux, et du groupe de réflexion Third World Network Africa du monde des affaires. D'autres étaient issus du GMWU et des bureaux du Ghana et d'Afrique du Sud de la FES.
Le secrétaire général du GMWU, Abdul-Moomin Ggbana, a déclaré :
"Les appels à la formalisation de l'extraction minière artisanale et à petite échelle sont conformes à la mission des mineurs ghanéens. Nous voulons que les mineurs participent au dialogue social, jouissent de leurs droits au travail et que leurs exploitations soient enregistrées. Cela aura pour effet de promouvoir le travail décent, ce qui sera bénéfique pour l'EMAPE."
"Le Ghana est un des acteurs importants qui nous offrent un modèle de reconnaissance, de formalisation et d'organisation de l'EMAPE qui associe les droits des femmes. Notre réunion de Johannesburg, en 2019, a été suivie de recommandations visant à inscrire le programme dans une perspective d'avenir par le biais de l'apprentissage et de la mise en commun de stratégies et de tactiques. C'est là un des objectifs de cet atelier,"
a ajouté Shane Choshane, gestionnaire de projet au Centre pour la compétence syndicale de la FES.
Il a ajouté que, tandis que l'Afrique du Sud envisage actuellement de formaliser l'EMAPE, le Ghana est un pas plus loin et a déjà des lois relatives à l'enregistrement et à l'octroi de licences dans le secteur.
Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :
"Il est important de créer un cadre de travail décent et d'imposer un devoir de diligence dans l'EMAPE. La santé et la sécurité au travail sont importantes pour le secteur. Dans un secteur informel, les travailleurs sont exposés à des conditions de travail dangereuses, comme des éboulements ou des substances chimiques nocives telles que le mercure. Il y a aussi l'abattage manuel qui fait courir aux mineurs le risque de blessures ou d'accidents mortels lorsqu'ils travaillent sans protection."
L'inégalité hommes-femmes et la violence fondée sur le sexe sont d'autres sujets de préoccupation discutés pendant l'atelier et la situation au Ghana a été exposée par l'experte du travail et du genre Bashiratu Kamal.
"Comme dans la plupart des activités minières, les femmes de l'EMAPE font les tâches les moins importantes, gagnent le moins d'argent et sont confrontées à la violence fondée sur le sexe et au harcèlement sexuel. C'est la conséquence de l'inégalité de genre, très répandue dans les exploitations minières et aggravée par l'informalité. C'est là que s'impose l'intervention des organisations syndicales pour une diligence responsable en matière de genre,"
a dit Armelle Seby, la coordinatrice Programmes et Genre d'IndustriALL.
Suivant certaines informations, il y a au Ghana un million de mineurs dans le secteur de l'extraction artisanale et à petite échelle de l'or, et ils produisent près de 35 pour cent de l'or extrait dans le pays. Ils constituent quelque 60 pour cent de la population active du Ghana. Ils subviendraient aux besoins de familles qui représentent au total 4,5 millions de personnes.
L'atelier sur le Ghana était le premier d'une série de réunions qui se tiendront en République démocratique du Congo et en Zambie pour discuter des moyens d'améliorer l'activité minière et les conditions de travail dans le secteur de l'EMAPE.
Le Congrès d’IndustriALL se joint à la journée mondiale d’action contre la junte militaire du Myanmar
Depuis que les militaires ont pris le pouvoir au Myanmar le 1er février de cette année, des centaines de milliers de citoyens et citoyennes, de travailleurs et travailleuses ont participé à des manifestations pacifiques. Les syndicats ont joué un rôle crucial dans l’organisation du Mouvement de désobéissance civile (MDC) contre le coup d’État et la violation odieuse des droits de l’homme, les exécutions extrajudiciaires, les arrestations, les viols ainsi que la destruction et l’incendie de villages, d’hôpitaux et d’églises.
Au moins 1.088 personnes ont été tuées par l’armée, plus de 8.100 personnes ont été arrêtées et plus de 1.983 mandats d’arrêt ont été décernés. L’ONU estime que 230.000 personnes ont été déplacées depuis le 1er février.
Les syndicalistes ainsi que les travailleurs et travailleuses qui participent aux manifestations sont traqués par les militaires. De nombreux dirigeants syndicaux se sont cachés, plusieurs ont été arrêtés et beaucoup ont vu leur passeport frappé de nullité.
Lors de son troisième Congrès, entièrement virtuel, une résolution sur le Myanmar a été adoptée par IndustriALL, à l’initiative de Khaing Zar, Présidente de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM).
“Mon pays est dirigé par des militaires voyoux, qui tuent et emprisonnent des femmes, des hommes et des militants ouvriers. Il est temps d’intensifier la campagne ; les travailleurs et travailleuses du Myanmar ont plus que jamais besoin de votre aide. Merci pour votre solidarité et votre soutien.”
Cette résolution vise, entre autres choses, à
soutenir la campagne en faveur de sanctions économiques exhaustives contre la junte militaire en demandant aux gouvernements de faire pression sur les entreprises multinationales et les enseignes de stature mondiale pour qu’elles cessent leurs activités, désinvestissent, arrêtent de passer de nouvelles commandes et mettent un terme à leurs relations commerciales avec le Myanmar,
exiger le retrait de tous les mandats d’arrêt contre les syndicalistes et les militants syndicaux émis en raison de leurs activités exclusivement pacifiques et exiger la fin des agressions à leur égard,
faire pression sur les gouvernements de chacun des pays pour qu’ils demandent la reconnaissance du gouvernement d’Unité nationale à l’Assemblée générale des Nations Unies.
Le Président d’IndustriALL, Jörg Hofmann, a exhorté les 3.000 syndicalistes qui étaient rassemblés en ligne à soutenir la campagne sur Labour Start, demandant à l’ONU de rejeter les lettres de créance de la junte militaire du Myanmar, qui est illégitime.
IndustriALL coordonne étroitement ses activités avec la CSI et les autres fédérations syndicales internationales réunies au sein du Conseil de Global Unions (CGU) afin de mettre un terme au règne de terreur de la junte militaire et de remettre le Myanmar sur la voie d’une démocratie où les travailleurs, les travailleuses et leurs représentants pourront à nouveau exercer librement leurs droits fondamentaux.
Onze fédérations syndicales internationales appellent leurs affiliés dans le monde entier à soutenir la journée d’action mondiale sur le Myanmar d’aujourd’hui et ont publié une déclaration commune :
“Un système démocratique est crucial pour l’exercice des droits syndicaux et des libertés fondamentales. Nous exprimons notre plus grande solidarité avec les travailleurs et travailleuses du Myanmar de tous les secteurs et de toutes les professions qui ont sacrifié leur vie, leur liberté et leur emploi pour résister au sein du MDC, paralyser l’administration militaire du pays et mettre à l’arrêt ses principales activités économiques.”
Suivez le Congrès 2021 d'IndustriALL Global Union ici !
Les travailleurs réclament des solutions après l'annonce par DOW de la fermeture d'une usine en Argentine
Lorsque l'usine de Puerto General San Martín sera fermée, DOW approvisionnera toute l'Amérique du Sud à partir de son usine du Brésil. La multinationale indique que sa décision n'a rien à voir avec la crise économique; cette usine est exemplaire, elle est rentable et joue un rôle de premier plan dans l'économie du pays. Sa fermeture s'inscrit dans une restructuration mondiale qui touche aussi d'autres usines dans d'autres pays.
À l'annonce de la fermeture, le Syndicat général des travailleurs de San Lorenzo (CGT) a exprimé son soutien au SOEPU, le syndicat des travailleurs de la pétrochimie de DOW et s'est dit prêt à agir. Les syndicats réclament un dialogue pour trouver une solution et ils épuiseront toutes les pistes de négociation.
"La CGT est prête à aider le syndicat et à prendre tous les mesures nécessaires au niveau de la région,"
a déclaré Jesús Monzón, le secrétaire général de la CGT.
DOW rechigne à négocier et veut licencier les travailleurs et fermer l'usine. Il semblerait qu'elle veuille préserver son monopole et son contrôle sur les prix et ne soit pas prête à négocier avec un concurrent éventuel.
À l'issue d'une conférence de presse au siège de la CGT à San Lorenzo, son secrétaire général, Mauricio Brizuela, a déclaré :
"Nous voulons que cette usine soit déclarée entreprise de service public, et nous continuerons à faire campagne si DOW ne propose pas de solution."
Les travailleurs veulent conserver leurs emplois et appellent d'autres entreprises à reprendre la gestion de l'usine. Plusieurs se sont dites intéressées, comme la Petroquímica Río Tercero, membre du groupe Piero, qui fabrique des produits similaires. Des fabricants de matelas ont aussi manifesté leur intérêt.
Tom Grinter, le directeur d'IndustriALL en charge des produits chimiques et pharmaceutiques, de la pâte et du papier, et des industries du caoutchouc, a déclaré :
"Le syndicat SOEPU de DOW est un acteur essentiel du réseau international des syndicats de DOW et DuPont. Ce réseau, que gère l'USW, a le soutien total d'IndustriALL Global Union. Nous sommes fermement aux côtés de nos amis dans leur lutte pour garder cette usine en activité."