Bangladesh : la police fait obstacle aux activités syndicales

Le CIB est l’organe de coordination des affiliés d’IndustriALL au Bangladesh. Le 24 septembre, une réunion devait avoir lieu dans les bureaux de l’affilié d’IndustriALL BIGUF à Chittagong en vue de former un Comité régional, mais un appel téléphonique de la police au premier Vice-président du CIB, Salauddin Shapon, y a mis fin.

Une autre réunion était prévue dans une autre région le jour suivant. Mais une fois encore, la police a contacté le Vice-président pour lui dire que la réunion ne pouvait pas avoir lieu là non plus.

Dans le cadre d’une troisième tentative, le CIB a décidé de tenir la réunion dans les locaux d’un autre affilié, le BTGWL. Mais dans ce qui constitue une grave violation des droits syndicaux et des Conventions de l’OIT garantissant la liberté syndicale, lorsque les dirigeants du CIB sont arrivés, des policiers, dont certains en civil, ont bloqué la porte et n’ont laissé entrer personne.

Dans une lettre adressée au Premier ministre du Bangladesh, Sheik Hasina, IndustriALL condamne fermement l’ingérence de la police.

“Ce qui s’est passé à Chittagong viole les droits les plus fondamentaux des travailleurs et travailleuses. L’intervention des forces de police et l’obstruction d’activités de syndicats indépendants sont inacceptables,”

écrit Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Nous appelons le gouvernement du Bangladesh à mener sans délai une enquête sur cette affaire et à veiller à ce que la police, y compris celle compétente dans le domaine industriel, n’interfère pas dans les activités légitimes des syndicats du Bangladesh.”

Le CIB avait décidé de former un Comité régional à Chittagong, car la région compte de nombreuses usines de confection et les travailleurs et travailleuses de certaines de ces entreprises sont membres de syndicats affiliés à des fédérations qui constituent le CIB. En conséquence, plusieurs dirigeants s’étaient rendus à Chittagong pour former un Comité régional avec les représentants locaux de leurs fédérations.

Photo : travailleurs et travailleuses de la confection quittant l’usine à la fin de leur service (OIT)

Les syndicats cambodgiens estiment que l’augmentation du salaire minimum n’est pas suffisante

Le Conseil national pour le salaire minimum du Cambodge (NMWC) a négocié au cours des deux dernières semaines afin de déterminer le nouveau salaire minimum pour 2022. Les négociations ont été intenses, car les employeurs ont revendiqué une réduction du salaire minimum de 192 à 188 dollars US, en raison du ralentissement économique.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union et les dirigeants de leurs confédérations ont plaidé en faveur d’une augmentation à 204 dollars, sur base d’une étude, réalisée avec le soutien d’IndustriALL, prenant en compte les sept critères de détermination du salaire minimum. De nombreux travailleurs et travailleuses ont du mal à faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires et des prêts au logement dans les zones industrielles.

Alors que la plupart des membres du NMWC avaient voté pour 192 dollars, le Premier ministre Hun Sen est intervenu et pour ajuster le salaire minimum à 194 dollars.

Athit Kong, Président de la Coalition des syndicats démocratiques de l’habillement du Cambodge (CCAWDU), a déclaré :

“La majorité des travailleurs et travailleuses de la confection cambodgiens ne sont pas satisfaits de l’augmentation de 2 dollars du salaire minimum en 2022. Afin de renforcer notre pouvoir de négociation, tous les travailleurs et travailleuses de la confection doivent s’approprier cette lutte avec le soutien de la solidarité internationale.”

Malgré leur mécontentement, les syndicats doivent accepter la décision, car la Covid-19 a eu de graves répercussions sur le marché du travail et les investissements étrangers au Cambodge. Une étude de la Banque mondiale montre que le taux d’emploi cambodgien a baissé et que 45 % des ménages ont subi des pertes de revenus.

Kim Chan Samnang, Président de la Fédération des syndicats démocratiques et progressistes (TUWFPD), et Vice-président du Conseil national pour le salaire minimum, a déclaré :

“Nous nous sommes battus pour obtenir 204 dollars, mais tenant compte de l’impact de la crise de Covid-19, nous nous contentons de la décision de la majorité. Nous espérons que le salaire minimum pourra être augmenté l’année prochaine, lorsque la pandémie sera terminée.”

Il y a sept ans, les Fédérations syndicales internationales ont organisé une journée d’action internationale pour demander au gouvernement cambodgien d’augmenter de manière significative le salaire de misère de 100 dollars à 177 dollars. Depuis lors, le gouvernement cambodgien l’a régulièrement augmenté.

Photos de la campagne de 2014

Photos from the campaign in 2014

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Nous continuerons à soutenir nos affiliés dans leur lutte pour un salaire vital. La solidarité internationale a fonctionné dans le passé, elle fonctionnera également à l’avenir.”

Photo d’illustration : usine de confection au Cambodge, Programme par pays pour le travail décent, OIT

Les travailleurs et travailleuses de Farmindustria-Abbott au Pérou poursuivent leur lutte

Le syndicat a appelé à la grève pour amener l’entreprise à satisfaire ses revendications en vue de négociations collectives pour les périodes 2020-2021 et 2021-2022.

Cependant, Farmindustria, filiale de la société pharmaceutique américaine Abbott, a maintenu la politique appliquée partout ailleurs qui consiste à ne pas dialoguer avec les syndicats sur les augmentations de salaires. Et bien qu’elle a augmenté certains salaires au cours de la période 2020-2021, elle a marginalisé et discriminé les travailleurs et travailleuses syndiqués, qui n’ont reçu aucune augmentation de salaire.

Bien qu’Abbott, qui détient un monopole international sur la production de certains des médicaments utilisés pour traiter la Covid-19, a bénéficié financièrement de la pandémie, elle n’a pas l’intention de conclure un quelconque accord avec ses salariés et a adopté une politique antisyndicale.

Gilmer Ibañez Meléndrez, Secrétaire général de la FETRIMAP-CGT, a déclaré :

“Abbott est un leader du marché au Pérou, mais il est toujours à la traîne en ce qui concerne les salaires. La plupart des travailleurs et travailleuses touchent le salaire minimum fixé par le gouvernement. Après la création du syndicat au début de l’année 2020, l’entreprise a immédiatement mis en place une nouvelle politique salariale qui prévoyait un minimum d’augmentations de salaire afin de maintenir celles-ci en dehors du processus de la négociation collective.”

La Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP) est solidaire des membres du syndicat et soutient leur lutte. Elle a appelé les travailleurs et travailleuses de tout le pays à unir leurs forces pour protéger les droits du travail. Elle a également exigé que Farmindustria-Abbott apporte des solutions à la liste de revendications du syndicat et a demandé à l’autorité chargée de l’emploi de veiller au respect de la loi, qui protège le droit à la négociation collective.

L’entreprise refusant de coopérer, les travailleurs et travailleuses poursuivront leur combat, soutenus par les affiliés de la CGTP et de FETRIMAP. Ils restent déterminés à obtenir des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail et continueront à faire campagne jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

Cristian Alejandro Valerio, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous demandons à Farmindustria de cesser son comportement antisyndical et de respecter le droit de grève des travailleurs et travailleuses. Nous demandons instamment à l’entreprise de nouer un dialogue avec les travailleurs et travailleuses afin d’évaluer et de résoudre leur liste de revendications. Nous félicitons le syndicat et la FETRIMAP pour leur lutte sans répit en faveur des droits des travailleurs et de tenir bon malgré la tentative de l’entreprise de saper leur action.”

Les syndicats indiens s’unissent contre les politiques anti-ouvrières du gouvernement

En août, le gouvernement indien a annoncé une politique appelée National Monetisation Pipeline (NMP), qui reprend de nombreux actifs et secteurs d’infrastructure importants du secteur public, notamment les mines, l’aviation, les ports, les pipelines de gaz naturel et de produits pétroliers, les chemins de fer et le secteur de l’énergie, qui seront vendus au cours des quatre prochaines années. Il ne s’agit pas seulement d’un mécanisme de financement pour le gouvernement, mais d’un changement global vers la privatisation de secteurs clés.

Dans une démarche complémentaire, qui conduira à des emplois précaires et à des conditions de travail dangereuses, le gouvernement indien fait pression pour des amendements au droit du travail, qui excluraient et priveraient les travailleurs et travailleuses de protection juridique et conduiraient à des violations des droits de l’homme et à l’élimination de droits fondamentaux du travail.

Le Dr G. Sanjeeva Reddy, Président de la Fédération nationale indienne des métallurgistes et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, déclare :

“L’Inde est confrontée à une paralysie de sa politique sociale et économique, car le gouvernement s’apprête à donner en leasing ou à vendre tous les services d’infrastructure et les industries de base à des entreprises privées. Nous, les syndicats indiens, allons mobiliser, faire campagne et tenir des manifestations dans tout le pays le 7 octobre sous le nom de Mission Inde.

Nous appelons tous les travailleurs et travailleuses à se présenter pour participer à ces manifestations et à cette lutte commune afin que nos droits légitimes et nos emplois soient protégés.”

Malgré les nombreuses difficultés et restrictions dues à la pandémie de Covid-19, les syndicats indiens et les fédérations sectorielles ont une tradition d’actions et de mesures d’oppositions communes. À l’heure actuelle, le gouvernement n’a pas tenu compte de la voix des travailleurs et continue à promouvoir ces changements dans le système économique et social du pays.

Le gouvernement indien encourage la privatisation d’entreprises bénéficiaires, dont l’aciérie de Vishakhapatnam, tout en sapant les droits démocratiques des travailleurs et sans consulter les parties prenantes que sont, entre autres, les travailleurs et les syndicats.

Sanjay Vadhavkar, Secrétaire général de la Fédération indienne des travailleurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l'ingénierie et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :

“Le gouvernement montre qu’il est complètement déconnecté des revendications vitales des travailleurs et des travailleuses et qu’il utilise délibérément la pandémie pour remettre les richesses du peuple à ses amis au sein du monde de l’entreprise.

La lutte unie se poursuivra jusqu’à ce que les quatre codes du travail contestés soient supprimés et que les tentatives du gouvernement de privatiser les entreprises essentielles soient arrêtées.”

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, soutient les actions communes de protestation des syndicats indiens et déclare :

“Nous sommes solidaires des travailleurs et du peuple indien et nous demandons instamment au gouvernement d’identifier les véritables préoccupations des travailleurs et travailleuses du pays. Le gouvernement doit immédiatement retirer ses propositions politisées et établir une consultation sociale et politique inclusive avec toutes les parties prenantes, y compris les travailleurs et les syndicats.”

Sauver des vies et faire de la santé et de la sécurité au travail un droit fondamental

Depuis l’adoption de la Déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail en 2019, qui énonçait clairement que “des conditions de travail sûres et saines sont fondamentales pour un travail décent”, IndustriALL Global Union, avec la CSI et d’autres fédérations syndicales internationales, fait campagne pour que la santé et la sécurité au travail soient reconnues par l’OIT comme un principe et un droit fondamental au travail. La pandémie actuelle de Covid-19 a souligné la nécessité pour l’OIT de prendre des mesures urgentes et attendues depuis longtemps.

En novembre prochain, le Conseil d’administration de l’OIT décidera s’il convient d’inscrire cette question à l’ordre du jour de la Conférence internationale du travail de 2022. IndustriALL et d’autres Fédérations syndicales internationales insistent sur le fait que cela doit être fait en modifiant la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998, car ce serait le moyen le plus simple et le plus rapide d’inclure la santé et la sécurité au travail dans le cadre des principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, indique :

“Le rapport mondial conjoint de l’OMS et de l’OIT révèle une réalité que nous connaissons déjà trop bien. L’hécatombe dont sont victimes les travailleurs et travailleuses est évitable ; trop c’est trop. Ce carnage doit prendre fin. Nous réitérons notre demande ferme auprès de l’OIT de faire de la santé et de la sécurité au travail un droit fondamental, au même titre que la liberté syndicale, la négociation collective et autres.”

Selon le rapport de suivi de l’OMS et de l’OIT, les maladies représentent plus de 80 % des décès, tandis que 19,3 % sont attribuables à des blessures. Un tribut disproportionné payé aux maladies liées au travail est observé en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, chez les hommes et les groupes d’âge plus élevés.

Le facteur de risque professionnel avec le plus grand nombre de décès attribuables était l’exposition à de longs temps de travail (≥ 55 heures par semaine), suivi de l’exposition professionnelle aux particules, gaz et fumées et des accidents du travail. La pathologie présentant le plus grand nombre de décès attribuables au travail était la bronchopneumopathie chronique obstructive, suivie des accidents vasculaires cérébraux et des cardiopathies ischémiques.

Les syndicats d’Asie-Pacifique appellent à la Transition juste

Une quarantaine de syndicalistes venus d’Australie, d’Indonésie, du Japon, de Corée, de Malaisie, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam ont participé aux réunions régionales d’Asie-Pacifique sur les métaux de base d’une part et l’ingénierie mécanique de l’autre.

Selon le Forum économique mondial, la pandémie de Covid-19 va accélérer le travail à distance et la numérisation. Le taux d’automatisation va également augmenter rapidement dans les cinq prochaines années.

En réponse à la menace qui pèse sur la sécurité d’emploi des travailleurs et travailleuses, Matthew Murphy, Coordinateur national du Syndicat australien des communications, de l’électricité, de l’électronique, de l’énergie, de l’information, des postes, de la plomberie et des services connexes (CEPU/ETU), a déclaré :

“Nous avons besoin d’un système de gestion des compétences pour améliorer la formation des travailleurs et travailleuses déjà en poste et nous devons plaider en faveur d’une formation industrielle de base alignée sur celle des écoles professionnelles. Les employeurs ne s’attellent pas à l’amélioration des compétences ; les syndicats doivent s’engager dans la formation professionnelle pour garantir l’emploi et assurer une Transition juste.”

Également concerné par la tendance à la numérisation, le Syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) a signé en août un accord sur la transformation industrielle avec l’Association coréenne des employeurs de l’industrie métallurgique, portant sur la formation aux nouvelles technologies, le changement climatique et la sécurité d’emploi.

De nombreux affiliés sont concernés par la question du travail précaire. Des travailleurs et travailleuses coréens de Hyundai Steel ont fait grève pendant un mois après avoir été contraints de rejoindre une entreprise sous-traitante.

Des membres du Syndicat de l’automobile et de la métallurgie (TEAM-CILT) ont été licenciés et remplacés par des sous-traitants.

En Indonésie, après la mise en œuvre de la loi dite omnibus, la durée des contrats à durée déterminée a été portée de trois à cinq ans.

Le Japon, troisième plus grand pays producteur d’acier, se prépare à atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Les syndicats japonais s’engagent à produire un acier plus propre et plus vert dans les années à venir.

Shinobu Satou, membre du comité exécutif de la Fédération japonaise des syndicats des travailleurs de l’industrie de base (JBU), a déclaré :

“Les entreprises sidérurgiques japonaises investissent dans la recherche et le développement de nouvelles technologies afin de produire un acier plus écologique. Le gouvernement japonais a promis de fournir des subventions pour la recherche. Cependant, une offre excédentaire a eu pour effet de réduire les bénéfices des entreprises et a affecté leur capacité à faire de la recherche.”

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour la construction mécanique et les métaux de base, a déclaré :

“En l’état actuel des études, beaucoup sont convaincus que la crise climatique est aussi grave que la pandémie de Covid-19. Nous devons profiter de l’élan actuel pour prendre des mesures dans la bonne direction et les syndicats doivent montrer la voie.

Le passage aux énergies renouvelables offre de grandes possibilités au génie mécanique pour la production de machines destinées aux éoliennes, aux turbines hydrauliques, aux équipements de recyclage et autres. Un autre aspect positif de la numérisation est que la réduction des contraintes physiques peut se traduire par de nouvelles opportunités d’emploi pour les femmes travaillant dans le secteur du génie mécanique.”

Les dangereux chantiers de démolition de navires du Bangladesh font deux nouvelles victimes

La crise de la sécurité dans les chantiers de démantèlement de navires du Bangladesh se poursuit. Ces accidents mortels de septembre, qui se sont produits en l’espace d’une semaine, illustrent les conséquences terrifiantes de l’absence de prise en compte des conditions de travail dangereuses.

Un homme de 35 ans, Md. Ali Najim, 35 ans, a été tué le 14 septembre lorsque des bonbonnes d’oxygène sont tombées d’un camion mal chargé dans un chantier de démolition de navires à Kumira.

Le 18 septembre, Liton Paul, 30 ans, découpait la partie supérieure d’un navire chez J L Shipbreaking, dans la région de Tentultal, lorsqu’il a glissé. Sans harnais de sécurité, il a chuté d’une grande hauteur et a été grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il a été déclaré mort à son arrivée.

Le 20 septembre, Babul, 22 ans, Pias, 26 ans, et Russel, 25 ans, ont été gravement brûlés en découpant un réservoir de carburant sur le chantier de démolition de Marine Mars, dans la région de Joramtal. Le réservoir n’avait pas été inspecté par les autorités de sécurité compétentes pour s’assurer qu’il n’y restait pas de substances chimiques et il a pris feu, blessant les trois travailleurs.

Selon l’enquête menée par IndustriALL sur les accidents survenus, au moins dix démolisseurs de navires ont été tués et 23 ont été blessés sur les chantiers de démolition du Bangladesh depuis janvier 2021. La plupart des victimes sont des travailleurs jeunes et précaires qui ne disposent pas d’équipements de sécurité adéquats.

Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Un tel nombre d’accidents en seulement une semaine est révoltant. La négligence des employeurs se poursuit. Cette situation est totalement inacceptable et il est d’autant plus urgent que le gouvernement du Bangladesh prenne des mesures immédiates pour résoudre ce problème, notamment en ratifiant la Convention de Hong Kong.”

Le syndicat zimbabwéen s’oppose à Afrochine Smelting pour violation des droits des travailleurs

Selon un délégué syndical qui travaille chez Afrochine, plus de 1.500 travailleurs et travailleuses sont employés dans cette usine de ferrochrome située à environ 75 km de Harare.

“Nous travaillons dans la peur, sans sécurité d’emploi, et nous sommes humiliés tous les jours. Vous êtes frappé par des contremaîtres qui sont des ressortissants chinois et si vous portez plainte auprès de la police, vous êtes injustement licencié avant la conclusion de l’affaire. Les emplois étant de moins en moins nombreux au Zimbabwe, les travailleurs et travailleuses souffrent en silence. Nous soutenons l’appel à la grève contre Afrochine pour mettre fin aux violations des droits des travailleurs,”

a indiqué le délégué syndical qui a été témoin de certains des passages à tabac.

Les efforts de conciliation au Conseil national de l’emploi de l’industrie des ferroalliages, une plate-forme de dialogue social, ont échoué, l’entreprise de fonderie de ferrochrome ne s’étant pas présentée à une réunion le 22 septembre. En l’absence de dialogue, le syndicat déclare qu’il s’en remettra aux tribunaux.

Henry Tarumbira, Secrétaire général du NUMAIZ, a déclaré :

“Le syndicat ne restera pas les bras croisés pendant que ses membres sont maltraités. Nous nous battons pour mettre fin aux licenciements et au harcèlement injustes et nous prendrons les mesures nécessaires prévues par la législation du travail pour manifester contre les violations et saisir les tribunaux pour mettre fin aux abus. Les travailleurs et travailleuses sont continuellement exposés à de mauvaises conditions de travail et les normes de santé et de sécurité sont ignorées. Il y a également des cas de vol et de sous-paiement des salaires. Les affiliés d’IndustriALL dans le pays seront mobilisés et devraient se joindre à la grève ainsi qu’à d’autres actions en solidarité avec les travailleurs et travailleuses d’Afrochine.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“La direction d’Afrochine doit respecter la dignité des travailleurs et travailleuses, la législation nationale du travail et les normes internationales du travail. Nous félicitons le NUMAIZ pour avoir défendu les droits des travailleurs et des conditions de travail décentes.”

Afrochine est une filiale du groupe Tsingshan Holding, le plus grand fabricant mondial de produits en acier inoxydable, dont les actions sont cotées à la Bourse des métaux de Londres. La Chine est le plus grand importateur de chrome et d’autres métaux, qui sont des matières premières essentielles pour son industrie sidérurgique. Une partie de ce chrome est extraite au Zimbabwe, qui en a produit plus de 300.000 tonnes au premier trimestre de cette année.

Le Comité de l’acier de l’OCDE doit garantir des normes minimales mondiales pour les sidérurgistes

Les syndicats ont rappelé au Comité que la pandémie de Covid-19 est toujours en cours et que l’ensemble des travailleurs et travailleuses, y compris dans les pays du Sud, doivent avoir accès aux vaccins Covid-19 et que les travailleurs et leurs représentants syndicaux doivent jouer un rôle clé dans l’élaboration de ce que sera le secteur de l’acier après la pandémie.

Bien que de nombreux secteurs utilisant de l’acier se soient redressés plus rapidement que prévu initialement, en raison de l’augmentation de la demande mondiale, la tendance à augmenter globalement la capacité de production d’acier au-delà de la demande réelle met en péril le redressement de l’ensemble de l’industrie sidérurgique.

L’augmentation de la surcapacité mondiale pourrait exacerber les pressions préexistantes sur le marché de l’acier avec un dumping des prix entraînant une baisse des normes écologiques et une diminution des salaires et des conditions sociales.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour la construction mécanique et les métaux de base, a déclaré :

“Il est impératif que les sidérurgistes puissent aller au travail avec la certitude de pouvoir rentrer à la maison à la fin de leur service. L’augmentation récente du nombre d’accidents mortels est totalement inacceptable et nous demandons à cet égard des mesures urgentes. La production d’acier de qualité dépend de normes sociales, de travail, d’environnement et de décarbonisation élevées et nous appelons les pays membres de l’OCDE à garantir des normes minimales mondiales adéquates pour les sidérurgistes.

Tout gouvernement, tout producteur d’acier et toute organisation désireuse d’œuvrer dans ce sens peut compter sur le soutien des travailleurs et travailleuses syndiqués.”

Les syndicats ont appelé les pays membres de l’OCDE à adopter une stratégie qui garantira l’application des normes minimales mondiales pour les sidérurgistes, notamment les conventions fondamentales de l’OIT et les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Cela comprend la liberté syndicale, la santé et la sécurité pour tous, sachant que le nombre d’accidents mortels sur les sites sidérurgiques n’a cessé d’augmenter au cours de l’année écoulée, ce qui est totalement inacceptable.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“Les syndicats sont unis pour demander la fin de la surcapacité mondiale et la mise en place de règles du jeu équitables pour tous les travailleurs et travailleuses. Nous devons mettre un terme à cette course agressive au moindre coût qui a un impact négatif sur les travailleurs et travailleuses et ralentit la mise en œuvre indispensable de la décarbonisation du secteur.”

Le TUAC, IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont affirmé le rôle vital que joue l’industrie sidérurgique dans la limitation du réchauffement de la planète et ont insisté sur le fait que les investissements dans les technologies propres doivent être accompagnés de plans d’amélioration des compétences et de programmes de Transition juste pour les sidérurgistes.

Ils ont noté que cela ne peut être réalisé que par des négociations équitables et ouvertes entre les gouvernements, les entreprises sidérurgiques, les travailleurs et leurs syndicats.

Compte tenu de la complexité et de l’ampleur des défis auxquels le secteur de l’acier est confronté, le TUAC encourage le Comité de l’acier à travailler en étroite collaboration avec d’autres organes de l’OCDE (notamment le Comité économique, le Comité des politiques d’environnement, le Comité de l’emploi, du travail et des affaires sociales, le Comité de l’investissement et son Groupe de travail sur la conduite responsable des entreprises) pour faire progresser le dialogue et proposer des solutions viables.

Victoire syndicale pour les travailleurs et travailleuses turcs produisant des mobiles multifonctions

Le mois dernier, les travailleurs et travailleuses de Salcomp ont décidé de rejoindre Turk Metal, affilié à IndustriALL Global Union. En retour, la direction de l’entreprise a lancé une campagne de pratiques antisyndicales ; intimidations, menaces et 170 membres du syndicat licenciés. Environ 80 % des personnes licenciées sont des femmes.

Alors que les travailleurs et travailleuses protestaient contre ces pratiques antisyndicales dans l’enceinte de l’entreprise, la direction a réagi en verrouillant toutes les portes. Selon nos informations, les travailleurs et travailleuses à l’intérieur de l’usine n’ont pas été autorisés à utiliser les toilettes et il leur a été interdit d’utiliser leurs téléphones portables, ce qui a coupé la communication avec leurs collègues.

Mais après six jours, les protestations ont porté leurs fruits. La direction de Salcomp a accepté de réintégrer tous les membres du syndicat licenciés, de se retirer de l’action en justice contestant le certificat d’agrément délivré au syndicat par le Ministère du Travail et d’entamer des négociations collectives le 1er octobre.

“Dans l’untié, nous gagnons. Grâce aux actions entreprises et à l’attention portée sur nous par la solidarité internationale, notre droit de nous syndiquer a été reconnu,”

a indiqué Pevrul Kavlak, Président de Türk Metal et membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

“Nous félicitons Türk Metal et ses membres pour cette victoire syndicale et saluons l’engagement de l’entreprise à entamer un véritable dialogue social,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d'IndustriALL.

Xiaomi est une société multinationale d’électronique fondée en avril 2010 et dont le siège social est à Pékin. Xiaomi fabrique une large gamme de produits électroniques, tels que des mobiles multifonctions, des ordinateurs portables, des appareils ménagers et des produits électroniques grand public.