La réunion d’experts de l’OIT adopte le tout premier Recueil de directives pratiques pour l’industrie du textile et de la confection

Ce Recueil de directives pratiques de l’OIT, adopté le 8 octobre, est le premier destiné aux industries du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure. Le recueil indique comment les gouvernements, les employeurs et les travailleurs peuvent améliorer la sécurité et la santé des plus de 60 millions de travailleurs et travailleuses de ces industries.

“Il s’agit d’un acquis important puisque les recueils de directives pratiques de l’OIT sont des outils de référence qui énoncent des principes à prendre en compte dans la conception et la mise en œuvre des politiques, stratégies, programmes, législations, mesures administratives et mécanismes de dialogue social du secteur,”

a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection.

Fondé sur les normes internationales du travail et d’autres codes de pratique sectoriels, le recueil fournit des conseils complets et pratiques sur la manière d’éliminer, de réduire et de contrôler tous les dangers et risques majeurs dans ces secteurs. Cela inclut les substances chimiques, les risques ergonomiques et physiques, les outils, les machines et les équipements, ainsi que la sécurité des bâtiments et en matière d’incendie.

“Nous voulons nous assurer que la tragédie du Rana Plaza ne se reproduira plus jamais. Si tout le monde s’engage à traduire les dispositions de ce recueil en actions, nous pourrons faire en sorte qu’aucun travailleur, aucune travailleuse, au Bangladesh ou dans tout autre pays, n’ait plus jamais à risquer sa vie dans une usine de confection,”

a déclaré Kamrul Anam, Vice-président du groupe des travailleurs à la réunion et Président de la Ligue des travailleurs du textile et de la confection du Bangladesh (BTGWL), affiliée à IndustriALL.

La délégation des travailleurs était également composée de Manuel Alejandro González Muiño (CCOO/Espagne), Peter Frövén (IFM/Suède). Botayeb Bouchkhachakh (CDT/Maroc), Dr. Lilanie Daschner (SACWTU/Afrique du Sud), Athit Kong (CCAWDU/Cambodge) et Leonardo Nelcino da Silva (CNTVCUT/Brésil) et soutenue par le conseiller en SST Rory O’Neill, de la CSI ainsi que Cristian Valero, du Bureau régional d’IndustriALL pour l’Amérique du Sud.

Le Recueil entrera en vigueur après son approbation par le Conseil d’Administration de l’OIT en mars.

Les industries du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure ont été frappées de plein fouet par la crise de Covid-19. Des milliers d’entreprises ont dû arrêter leur production et des millions de travailleurs et travailleuses ont perdu leurs moyens de subsistance pendant des périodes plus ou moins longues et beaucoup sont toujours sans emploi.

L’Accord a été renouvelé en septembre, élargissant sa couverture à la santé et à la sécurité en général et non plus seulement à la sécurité des bâtiments et en matière d’incendie. L’Accord international sur la santé et la sécurité dans le secteur du textile et de la confection préserve et fait progresser les éléments fondamentaux qui ont fait le succès de l’Accord, notamment : le respect de la liberté syndicale ; la gouvernance partagée entre les travailleurs et les enseignes ; un haut niveau de transparence ; des formations pour les comités de sécurité ainsi qu’un programme de sensibilisation des travailleurs et travailleuses et un mécanisme crédible et indépendant pour le dépôt de plaintes.

Plus de 135 enseignes et détaillants de stature mondiale ont signé le nouvel accord.

IndustriALL réclame l'annulation de la Loi multiple

Depuis son entrée en vigueur, le salaire minimum sectoriel est supprimé, un recours excessif à l'externalisation est autorisé et les primes de licenciement nominales ont été réduites.

Dans une lettre au Président Joko Widodo, IndustriALL demande l'annulation de la Loi multiple.

Son secrétaire général, Atle Høie, commente :

"Nous exhortons le Président Joko Widodo à prendre notre message au sérieux. Cette demande résulte d'une résolution majeure votée par le 3e Congrès d'IndustriALL, le 15 septembre. Plus de 3.000 délégués représentant 50 millions de travailleurs des industries manufacturières du monde entier ont réclamé à l'unanimité l'annulation de la Loi multiple."

IndustriALL appelle ses affiliés à soutenir sa campagne en envoyant sa lettre-type au président indonésien et aux ambassades d'Indonésie.

Les syndicats indonésiens protestent contre la Loi multiple depuis près de deux ans.

Le 2 septembre, la Confédération indonésienne des syndicat (KSPI) a mobilisé des milliers d'adhérents d'un millier d'entreprises de 24 provinces contre la loi. Cinq affiliés d'IndustriALL ont participé aux rassemblements.

Saïd Iqbal, le président du conseil national de la Fédération des syndicats de travailleurs indonésiens de la métallurgie (FSPMI), déclare :

"Nous sollicitons un soutien international. La Loi multiple fait reculer les droits constitutionnels des travailleurs et le mouvement syndical indonésien poursuivra la lutte jusqu'à ce que la loi soit abrogée."

La Cour constitutionnelle indonésienne a regroupé les six recours introduits contre la Loi multiple en une seule procédure, y compris les trois déposés par la KSPI, la KSPSI, la Confédération syndicale panindonésienne (KSBSI) et le Mouvement national pour la protection sociale (GEKANAS).

Lors de l'audience du 23 septembre, il a été révélé que le texte de la loi et les rapports techniques n'avaient pas été communiqués aux représentants des autorités académiques et des ministères concernés pendant les discussions en groupes d'experts.

La Loi multiple a aussi eu un effet de catalyseur du changement dans le paysage politique indonésien. Les 4 et 5 octobre, plus de 50 fédérations et confédérations syndicales ont donné un souffle nouveau au Parti du travail indonésien. Saïd Iqbal a été élu à la présidence et son secrétaire général est le vice-président de la KSPSI et du CEMWU, Ferri Nurzali.

Les travailleurs de GM au Brésil poursuivent la grève

Après la décision du syndicat de lancer la grève, une audience de conciliation a eu lieu au tribunal régional du travail. Toutefois, aucun accord n’a été conclu entre les parties.

“Nous n’avions pas d’autre choix que de cesser le travail, car leur proposition ne répondait pas à nos revendications”.

déclare le Président du syndicat, Aparecido Inácio da Silva.

Les travailleurs et travailleuses demandent notamment un ajustement des salaires sur la base de l’indice national des prix à la consommation (INPC) des 12 derniers mois, une augmentation des salaires réels de 5 %, un plancher salarial avec une correction de l’inflation pour la période 2016-2021, et des bons alimentaires.

Ils demandent également le maintien des clauses sociales prévues dans la convention collective de travail actuelle, notamment la clause 42, qui garantit la stabilité de l’emploi pour les travailleurs et travailleuses atteints de maladies professionnelles. Pour tenter de mettre fin à la grève qui a débuté le 1er octobre, l’entreprise a présenté une nouvelle proposition, qui a été rejetée à l’unanimité lors d’une assemblée tenue le 4 octobre.

GM a proposé un ajustement rétroactif de 10,42 % (augmentation totale de l’INPC) à partir du 1er septembre, une augmentation au mérite tous les six mois pour les salariés concernés par la nouvelle échelle salariale ainsi que le maintien de la clause 42 de la convention collective de travail, avec un changement de formulation. Cette proposition avait été suggérée par le tribunal régional du travail lors de l’audience de conciliation du 1er octobre.

a indiqué Aparecido Inácio da Silva.

Le syndicat est toujours prêt à négocier et cherche une solution pour mettre fin à l’impasse.

“Nous resterons fermes jusqu’à ce que l’entreprise présente une proposition satisfaisante qui réponde à notre cahier de revendications”,

a indiqué Aparecido Inácio da Silva.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a quant à lui déclaré :

“Nous sommes solidaires de la décision de nos collègues et de leur syndicat. Nous devons fixer des limites, sinon les conditions de travail continueront d’être attaquées, comme c’est le cas au Brésil depuis cinq ans. Nous espérons que l’entreprise fera preuve d’un minimum de dignité envers ses travailleurs et travailleuses et apportera des solutions concrètes et satisfaisantes afin que nous puissions mettre un terme à ce conflit.”

Pas de travail décent sans protection sociale

Quand Pavi* a perdu son emploi il y a deux ans, tout a changé. Elle occupait jusque-là un poste d’opératrice dans une usine de confection vestimentaire au Bangladesh, où elle travaillait depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, elle n’a plus aucun revenu et a du mal à subvenir aux besoins de ses trois enfants.

« J’ai trois enfants. Mon mari est paralysé – très malade. Je suis la seule à pouvoir assurer la subsistance de ma famille. Mes enfants sont scolarisés. Je dois payer les frais médicaux. Il y a tellement de dépenses. Je n’y arrive pas. Les enfants vont à l’école. J’ai besoin de beaucoup d’argent, mais je ne reçois rien. »

Les pays producteurs de vêtements dans le Sud fournissent les grandes marques en appliquant une fiscalité modérée et une réglementation peu rigoureuse, et peu de marques respectent leurs obligations envers les ouvriers des usines.

Pavi n’est pas un cas isolé. Peu de travailleurs du secteur de l’habillement disposent d’un filet de protection. La maladie, la grossesse ou le licenciement peuvent catapulter les familles au bord du dénuement.

La pandémie de Covid a exposé et amplifié la vulnérabilité de cette main-d’œuvre.

L’épouse de Shayan* est tombée malade et il ne s’est pas présenté au travail ; après quoi on lui a demandé de quitter l’entreprise où il travaillait depuis près de cinq ans. Sa femme était atteinte d’un cancer et avait été hospitalisée après avoir contracté la Covid.

« Quand je suis retourné à l’usine, on m’a dit de ne pas revenir au travail le lendemain. Ils ont tenu des propos très violents. »

La femme de Shayan ne s’est pas rétablie. Il élève à présent son fils de 9 ans seul et subvient aux besoins de sa famille élargie grâce à un emploi de conducteur de pousse-pousse qui lui permet de boucler les fins de mois. L’usine ne lui a pas versé les indemnités auxquelles il a droit. Avec l’aide de son syndicat et d’IndustriALL, il a réussi à obtenir une partie de l’argent qui lui était dû, mais pas la totalité.

« J’essaie d’éduquer mon fils, et de faire de mon mieux pour ma famille. Si l’usine me verse ce qui me revient, je devrais pouvoir offrir une meilleure situation à mon fils. »

Il y a certes les personnes directement touchées par le virus lui-même, mais aussi les travailleurs dont les revenus se sont littéralement effondrés en raison des fermetures d’usines ou des annulations de commandes liées à la pandémie.

Manabi* a versé des larmes quand elle nous a annoncé que l’usine où elle avait travaillé comme finisseuse en confection depuis ces cinq dernières années avait fermé il y a six mois. Incapable de payer son loyer ou d’acheter de quoi manger, elle a été forcée de s’endetter et risque aujourd’hui l’expulsion.

« Je suis endettée. Mais je n’ai pas les moyens de rembourser. Personne n’est disposé à nous donner de l’argent. Quand mon fils demande de quoi manger, je n’ai rien à lui donner. »

Selon Christina Hajagos-Clausen, directrice de la section du textile et de la confection d’IndustriALL, l’industrie mondiale du vêtement manque à ses devoirs envers ces travailleurs ; de nombreuses marques s’accrochent encore à des initiatives volontaires et à des audits d’usine individuels.

« Si nous voulons instaurer le travail décent dans le secteur de l’habillement, les engagements au niveau de la chaîne d’approvisionnement doivent avoir force exécutoire. Les initiatives volontaires ne suffisent pas. Nous avons besoin d’accords contraignants entre les marques, les fabricants et les syndicats qui fournissent aux travailleurs le filet de protection auquel ils ont droit. Négocié récemment, l’Accord international sur la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de l’habillement doit désormais servir de modèle et inspirer les relations industrielles dans les chaînes d’approvisionnement. »

Il est essentiel de renforcer le pouvoir syndical au sein du secteur. La syndicalisation des travailleurs au niveau local produira un effet de levier plus grand afin de mettre en place ces dispositifs de protection. En unissant leurs forces à l’échelon international et en participant à la campagne mondiale d’IndustriALL, les syndicats peuvent contribuer à la transformation du secteur tout entier.

*Les noms ont été modifiés afin de protéger l’identité des travailleur·euse·s, mais toutes les personnes citées ici vivent au Bangladesh

Qu’est-ce que la protection sociale ?

La protection sociale est un ensemble de politiques et de programmes visant à réduire et prévenir la pauvreté et la vulnérabilité durant votre vie. La protection sociale permet d’accéder à des prestations aux familles et à l’enfance, à la protection de la maternité, à des prestations de chômage, des prestations en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, des indemnités de maladie, des pensions de vieillesse, des pensions d’invalidité, des pensions de survivants, ainsi qu’à la protection de la santé.

La protection sociale peut être assurée par l’État, par des régimes contributifs ou des prestations financées par l’impôt, ou par d’autres parties prenantes telles que les employeurs.

À propos de l’industrie du vêtement

Près de 80 % des emplois dans le secteur de l’habillement sont occupés par des femmes, alors que celles-ci ne représentent qu’un tiers de la main-d’œuvre manufacturière à travers le monde. Les emplois à prédominance féminine sont généralement caractérisés par des salaires peu élevés, de longues heures de travail, et l’exposition à des risques de santé et de sécurité au travail ainsi qu’à la violence et au harcèlement.

En ce qui concerne les marchés américain et européen, les données des gouvernements relatives aux importations montrent un écart de 16 milliards de dollars dans les importations de vêtements pour l’année 2020, découlant en grande partie des annulations de commandes.

Les syndicats d'Asie du Sud vont intensifier leur campagne pour la ratification de la C190

La chercheuse Jane Pillinger a présenté les conclusions d'une étude sur la violence fondée sur le sexe. Une main-d’œuvre essentiellement féminine, composée en grande partie de jeunes migrantes, des contrats d'emploi précaires, un faible taux de syndicalisation et une application de la loi défaillante sont des facteurs de risque majeurs de violence fondée sur le sexe dans le secteur de l'habillement.

Les mêmes risques se retrouvent dans le secteur des TIC, de l'électronique et du matériel électrique, où s'ajoutent aussi un manque de sensibilisation au problème et très peu de soutien.

Pour Jane Pillinger, la conclusion est que le dialogue social et l'effet positif de la présence de femmes dans les structures syndicales aident grandement à mettre le problème en lumière. Tandis que des femmes remarquables ont ouvert la voie, il faut maintenant que les syndicats reconnaissent la gravité du problème et l'intègrent dans leurs activités et dans la négociation collective. Ils doivent aussi veiller à ce que des politiques sur la violence fondée sur le sexe soient mises en place sur les lieux de travail et suivies.

Rose Omamo, la secrétaire général de l'Amalgamated Union of Kenyan Metal Workers, qui est aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL Global Union, était invitée au webinaire et elle a dit que les syndicats ont un rôle de premier plan en Namibie, à Maurice et en Somalie, trois pays qui ont ratifié la convention.

"La C190 me tient à cœur parce que j'ai participé à sa négociation. Je pense avoir le devoir de veiller à ce qu'elle soit ratifiée et appliquée pour que les femmes et les jeunes travailleuses en particulier soient protégées et aient un lieu de travail sûr."

Rose Omamo a invité tous les syndicats à prendre l'engagement, à chaque réunion et activité, qu'il n'y aura "pas de harcèlement sexuel sur mon lieu de travail ni dans mon syndicat."

Elle a notamment cité une campagne du syndicat sud-africain NUMSA qui réclame justice pour une travailleuse de l'énergie assassinée, des audits de genre en Zambie et au Zimbabwe où des politiques dépassées ont été révisées, la formulation d'outils de détection du harcèlement sexuel, la désignation de championnes et champions de genre dans des groupes de jeunes hommes et jeunes femmes au Zimbabwe et au Kenya pour examiner tous les cas et toutes les situations de violence fondée sur le genre.

 

Les dirigeants syndicaux ont convenu de la nécessité d'une action commune, non seulement pour la ratification de la convention, mais aussi pour s'attaquer à la violence et au harcèlement sur le lieu de travail et dans les syndicats.

"L'Asie du Sud comptant de nombreux cas de harcèlement et de violence contre les femmes, j'espère que les syndicats vont porter la question aux niveaux national et régional pour développer des activités de campagne au cours des "16 jours d'activisme contre la violence envers les femmes" qui démarreront le 25 novembre,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL Apoorva Kaiwar.

La discussion a mis en lumière des questions importantes; il s'agit d'un problème auquel les hommes et les syndicats doivent s'attaquer, et ils doivent influencer le monde du travail. Les dirigeants syndicaux ont convenu d'accélérer les campagnes de syndicalisation pour atteindre tous les travailleuses et les travailleurs, y compris les non-permanents et les contractuels. Il faut s'efforcer d'accroître la participation des femmes dans les syndicats et leur présence dans les secteurs dominés par les hommes.

"C'est un problème qui concerne les hommes davantage que les femmes parce que ce sont eux les responsables. Et le problème ne se limite pas à la région, il se pose partout dans le monde. Nous utiliserons les outils à notre disposition pour des formations dans les secteurs de la mine, de l'habillement, des TIC, de l'électricité et de l'électronique. Nous vous exhortons toutes et tous à participer activement à la campagne et aux activités de formation planifiées par IndustriALL et aussi à faire votre part aux niveaux local et national,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

Afrique du Sud : secteur de l’ingénierie en grève pour des salaires vitaux après l’échec des négociations

À Johannesburg, les travailleurs et travailleuses ont défilé jusqu’aux bureaux du MEIBC , le Conseil de négociation de la métallurgie et de l’ingénierie, où ils ont présenté un cahier de revendications. Les employeurs représentés au sein du MEIBC sont l’Association nationale des employeurs d’Afrique du Sud (NEASA), la Fédération des industries de l’acier et de l’ingénierie d’Afrique du Sud (SEIFSA) et l’Association de l’ingénierie et de la fonderie d’Afrique du Sud (SAEFA).

Les Conseils de négociation font partie du système de relations sociales d’Afrique du Sud et leurs responsabilités comprennent la résolution des conflits et la facilitation des accords de négociation collective entre les syndicats et les employeurs.

Les travailleurs et travailleuses ont entamé une grève illimitée après que les négociations n’ont pas abouti à l’augmentation salariale de 8 % qu’ils revendiquaient. Au lieu de cela, les employeurs ont proposé 4,4 %, ce qui, selon l’affilié d’IndustriALL, le NUMSA, Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, est une “insulte” pour les travailleurs et travailleuses. Au départ, le NUMSA voulait une augmentation de salaire de 15 %.

 

“Les employeurs ne peuvent pas nous offrir à peine 4,4 pour cent alors que l’année dernière nous n’avons rien eu à cause de la pandémie de Covid-19. Des travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi à cause des licenciements et d’autres ont été mis au chômage partiel, ce qui leur a fait perdre des revenus, car ils ont été payés moins que leur salaire normal. C’est pourquoi nous soutenons fermement notre syndicat dans ses revendications d’augmentation des salaires,” soutient l’un des grévistes.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

“Nous serons en grève illimitée tant que nos revendications ne seront pas satisfaites. Nous ne permettrons pas que la super exploitation de la main-d’œuvre dans le secteur de l’ingénierie se poursuive sans être remise en question. La décision de faire grève a été prise après l’échec de négociations prolongées au cours desquelles les employeurs ont présenté une offre pitoyable, frustrant ainsi les travailleurs et travailleuses.”

“Par cette action de grève, nous revendiquons des salaires vitaux pour les travailleurs et travailleuses de l’ingénierie. L’heure est à l’unité d’action. Nous ne venons pas mendier des salaires vitaux, nous venons les revendiquer,”

a réaffirmé Andrew Chirwa, Président du NUMSA.

“Les travailleurs et travailleuses du secteur de l’ingénierie ont largement contribué à maintenir l’industrie à flot pendant la Covid-19, en supportant des réductions de salaire et des horaires de travail réduits. Les employeurs doivent faire preuve de bon sens et améliorer leur offre actuelle,”

déclare Mawonga Madolo, Coordinateur du secteur des métaux d’un autre syndicat affilié à IndustriALL, le NUM, Syndicat national des mineurs, dans un message de solidarité avec les grévistes.

“La Covid-19 a provoqué des licenciements et créé des conditions de travail précaires qui ont appauvri les travailleurs et travailleuses des secteurs de l’ingénierie et de la métallurgie. Les salariés étant confrontés à ces difficultés, les employeurs doivent être sensibles à leur sort et veiller à ce que ceux-ci ne voient pas fondre davantage la valeur de leur salaire. Les employeurs doivent accorder des augmentations de salaire pour atteindre un salaire vital,”

déclare Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Le NUMSA affirme que les travailleurs et travailleuses sont partie prenante de la reprise économique et méritent de recevoir un salaire vital. Avec l’assouplissement de la réglementation sud-africaine sur le confinement au niveau 1 d’alerte, qui comporte le moins de restrictions pour les activités industrielles, l’économie devrait commencer à se redresser avec un taux de croissance annuel de 4,6 % au premier trimestre, qui a encore augmenté au deuxième trimestre selon l’Office des statistiques d’Afrique du Sud.

Le pays suit les tendances mondiales en vertu desquelles la reprise dans les secteurs a été beaucoup plus forte et rapide que prévu au début de la pandémie. En outre, les prix élevés des métaux, dont le platine, l’or et le fer, contribuent également à la reprise économique.

En Virginie-Occidentale, les "Machinists" en grève pour une convention équitable

Ces membres de la section locale 598 (District 54) du "Machinists Union" se sont mis en grève à minuit, le vendredi 1er octobre. Ils ont installé un piquet de grève devant l'établissement situé au 1305 de la grand-rue, Main Street.

"Parfois, il faut descendre dans Main Street pour que Wall Street vous écoute", commente un porte-parole du syndicat.

Les mécaniciens et les fondeurs ont rejeté à une écrasante majorité la "toute dernière offre" de la direction et ont voté la grève lorsqu'elle a refusé de respecter les droits acquis pendant des années au service de l'entreprise. Elle voudrait réduire les droits à l'ancienneté qui sont la protection de bons emplois dans la communauté de Barboursville.

Le président du District 54 des "Machinists", T. Dean Wright Jr, a déclaré :

"Les salariés de Sulzer Pumps affiliés au Machinists Union demandent simplement que l'entreprise négocie une convention équitable. Nos adhérents se battent pour leurs familles et pour leur communauté en exigeant que cette entreprise traite ses salariés avec respect s'agissant de leur ancienneté. Nous espérons sincèrement que la direction de Sulzer réalisera l'importance d'avoir des travailleurs dévoués."

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a envoyé au syndicat un message de solidarité disant :

"Il est impératif que Sulzer Pumps cesse de vouloir réduire fortement les droits acquis par l'ancienneté et revienne à la table des négociations aves les membres de la section 598 de l'IAM.

"IndustriALL Global Union est déterminé à soutenir votre combat pour protéger les droits fondamentaux au travail des membres de la section 598 de l'IAM employés par Sulzer Pumps à Barboursville.

"Soyez forts; vous n'êtes pas seuls !"

IndustriALL Global Union a informé d'autres syndicats qui, ailleurs dans le monde, représentent les salariés de Sulzer, dont le syndicat suisse Unia qui a relaté conflit dans son bulletin d'information.

Sulzer Pumps est une multinationale suisse de mécanique industrielle cotée en bourse, qui conçoit et fabrique des pompes, des compresseurs et le matériel qui s'y rapporte. Le site de Barboursville est une usine comportant une fonderie où sont coulées des pièces de rechange pour pompes.  

La répression des syndicats indépendants se poursuit en Algérie

En Algérie, une campagne pour la démocratie et les droits humains fondamentaux appelée le Hirak (ce mot signifie “mouvement” en arabe) proteste pacifiquement depuis février 2019. Des syndicats libres et démocratiques, dont les affiliés d’IndustriALL SNATEG et UAI, ont été à l’avant-garde de ce mouvement.

Le gouvernement algérien a répondu par de dures attaques contre les militants du Hirak, et en particulier les dirigeants syndicaux. Le mouvement syndical indépendant et démocratique de l’Algérie fait les frais de la répression étatique, politique, policière, administrative et judiciaire en cours, ignorant les observations de la Commission d’experts de l’OIT de février 2020, avec un nombre croissant de syndicalistes harcelés ou emprisonnés.

Plus récemment, le dirigeant syndical Ramzi Dardar de l’Union Algérienne des Industries (UAI), affiliée à IndustriALL, a été arrêté le 30 juin 2021. Il est accusé de terrorisme, d’atteinte au moral de l’armée et d’atteinte à l’unité nationale par ses publications sur les réseaux sociaux. Le 18 juillet 2021, le tribunal a confirmé l’ordonnance du juge et Ramzi a été envoyé à la prison de Batna.

Ramzi Dardar

IndustriALL, ainsi que d’autres fédérations syndicales internationales, ont demandé à l’OIT d’intervenir d’urgence auprès du gouvernement algérien pour exiger sa libération immédiate et l’abandon de toutes les charges. Le gouvernement algérien a réagi le 2 août en transférant Dardar dans une section de la prison destinée aux condamnés à mort et aux accusés de terrorisme. La date du procès n’a toujours pas été fixée. Sa santé physique et mentale se détériore.

La résolution a été présentée au troisième congrès d’IndustriALL le 15 septembre par Raouf Mellal, militant exilé du SNATEG, qui a parlé de son expérience d’arrestation violente et de répression qui l’a conduit à demander l’asile en Suisse.

Raouf Mellal s’exprime lors du Congrès

Il a déclaré :

“Le bilan de la répression judiciaire, policière et administrative de ces deux dernières années est effarant, illustré par des milliers de personnes licenciées et arrêtées et les centaines de personnes emprisonnées à cause de leurs publications sur les médias sociaux…

Le régime militaire algérien accuse les syndicalistes démocratiques de terrorisme. Il s’agit d’une escalade dangereuse après nous avoir précédemment accusés de calomnier les institutions ou d’inciter à des rassemblements et à des grèves. Le meilleur exemple de ce qui arrive à des dizaines de syndicalistes en Algérie est peut-être ce qui arrive à notre collègue Ramzi Dardar, qui a été emprisonné en août, accusé d’avoir rejoint une organisation terroriste.

Ainsi, chers camarades, je vous demande de soutenir le projet de résolution urgente condamnant ce que fait le régime militaire en Algérie et de nous soutenir pour consacrer les droits syndicaux, réintégrer tous ceux qui ont été licenciés et libérer tous les prisonniers.”

La résolution, telle qu’adoptée,

Le 3e Congrès d’IndustriALL appelle à la fin de la violence en Eswatini

Des manifestations nationales en faveur de la démocratie ont eu lieu dans le pays et une Journée mondiale d’action, organisée par les Fédérations syndicales internationales en soutien aux syndicats d’Eswatini, a eu lieu le 6 août.

Au cours de ces manifestations, plus de 72 personnes ont été tuées de par l’usage excessif de la force du chef de la police et de l’armée contre des manifestants pro-démocratie. Des centaines de personnes ont été blessées, tandis que d’autres sont toujours portées disparues. Certains militants se sont cachés et d’autres ont fui en exil.

C’est dans ce contexte que le 3e Congrès d’IndustriALL, les 14 et 15 septembre, a adopté une résolution pour la démocratisation de l’Eswatini qui inclut le respect du droit à la vie, des libertés syndicales, de réunion et d’expression.

Irvin Jim du syndicat sud-africain Numsa présente la résolution sur l'Eswatini

Irvin Jim of South African union Numsa introduces the resolution on eSwatini

“Nous appelons à un dialogue national sur des réformes qui permettront l’élection démocratique du Premier ministre et à une révision de la constitution du pays pour permettre le transfert des pouvoirs exécutifs du roi à une autorité démocratiquement élue.”

peut-on lire parmi les revendications de cette résolution.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a écrit une lettre au Premier ministre d’Eswatini, Cleopas Dlamini, l’exhortant à agir pour mettre fin aux

“violations flagrantes des droits de l’homme et à l’utilisation d’une force excessive et létale contre les manifestants”. Une autre lettre adressée au Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) demande “une enquête approfondie sur la mort de civils et le sort des disparus et recommande au Conseil des droits de l’homme d’examiner cette question de toute urgence.”

Une pétition adressée au bureau des Nations unies à Mbabane par des syndicats et des organisations de la société civile, insiste pour que l’ONU intervienne en faveur d’“un dialogue inclusif, de la levée de l’interdiction des partis politiques, de la mise en place d’un conseil de transition, d’une constitution démocratique et d’une formule multipartite.” L’ONU doit également “forcer le roi à dialoguer avec le peuple plutôt que de le tuer”. En outre, les pétitionnaires souhaitent que le roi Mswati III soit jugé par la Cour pénale internationale pour “le meurtre impitoyable de civils non armés”.

Les affiliés d’IndustriALL en Eswatini, le Syndicat général du Swaziland (ATUSWA) et le Syndicat des travailleurs de l’électricité, de l’entretien et des services connexes (SESMAWU) ont participé à la marche pour présenter la pétition.

“En tant que travailleurs et travailleuses d’Eswatini, nous apprécions le soutien que nous recevons au niveau international pour nos revendications de réformes démocratiques. La solidarité internationale des travailleurs et travailleuses dans la lutte pour l’élimination du régime non démocratique qui est à l’origine d’une pauvreté abjecte dans notre pays est importante pour notre lutte. Nous apprécions le soutien des organisations sœurs d’IndustriALL. L’injustice, où qu’elle soit, est une menace pour la justice partout dans le monde,”

a martelé Wander Mkhonza, Secrétaire général de l’ATUSWA.

Les pétitionnaires affirment que plus de 65 % de la population du pays vit dans la pauvreté avec moins de 1,25 dollar par jour. “La pauvreté a été aggravée par la dépossession des moyens de subsistance du peuple par un roi qui expulse les gens de leurs terres, propriétés et entreprises. Le pays connaît une pauvreté indicible en raison du détournement des ressources nationales en vue de financer le niveau de vie somptueux de la royauté.”

L’Eswatini est la dernière monarchie absolue d’Afrique et le roi Mswati mène un style de vie extravagant avec des voitures de luxe et des jets privés pour sa famille de 15 épouses. Il a interdit de photographier ses voitures après un tollé général. Les avoirs nets du roi dépassent les 200 millions de dollars et il contrôle Tibiyo Taka Ngwane, une société d’investissement d’une valeur de plus de 140 millions de dollars, censée être au service du peuple d’Eswatini.

Amélioration des conditions de vie des travailleurs et travailleuses iraniens du pétrole par la lutte

Rejoignez la campagne LabourStart

Les travailleurs et travailleuses iraniens du secteur pétrolier occupés en sous-traitance ont entamé une vague de grèves sauvages dans tout le secteur le 19 juin dernier. Cette tactique est apparue après que des travailleurs et travailleuses ont mené des actions dans la ville d’Assaluyeh en 2018, et n’a cessé de prendre de l’importance. Fin 2020, des actions de grève réussies ont conduit de nombreux employeurs à doubler les salaires et à régler des arriérés de salaires.

Les travailleurs et travailleuses du pétrole iraniens manifestent à Assaluyeh en 2018.

Les revendications de la grève de cette année portent sur un cycle de travail en équipe de 20 jours de travail et 10 jours de repos, avec une augmentation de salaire de 40 %. Quelque 100.000 travailleurs et travailleuses se sont croisés les bras le 19 juin pour soutenir cette revendication. Jusqu’à présent, 17 entreprises ont satisfait aux revendications, dont Falat Ghaareh (plateau continental), gérée par les Gardiens de la révolution, une branche de l’armée iranienne qui maintient le système politique en réprimant les révoltes internes.

Maziyar Gilani-Nejad, militant du Syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI), un affilié d’IndustriALL, a été officiellement mandaté par 2.000 travailleurs pour les représenter dans des négociations avec le Ministère du Travail, le Ministère du Pétrole et les compagnies pétrolières, dont la SNIP. Les travailleurs et travailleuses de la ville de Ramhormoz l’ont également nommé comme leur représentant dans les négociations avec le Député de la ville.

Gilani-Nejad est en contact régulier avec le Ministère du pétrole et rend compte régulièrement aux travailleurs et travailleuses par le biais du site web du syndicat et de l’application Telegram.

Lors d’une récente réunion avec le Ministère du travail à Téhéran, Gilani-Nejad a décrit les conditions de travail et de vie des travailleurs et travailleuses, qui opèrent actuellement par roulement 24 heures sur 24 dans une chaleur qui atteint 55 degrés Celsius.

“Voici nos revendications”, a-t-il dit :

“La première est d’obtenir pour les travailleurs et travailleuses un régime de 20 jours de travail suivis de 10 jours de congé, afin de rendre les horaires de travail conformes au droit du travail, qui limite le travail à 176 heures par mois.

Les sous-traitants obligent les travailleurs et les travailleuses à s’exposer à des températures de 55 degrés avec une humidité de 75 % pendant 10 à 12 heures par jour, avec seulement six jours de congé après 24 heures de travail. Ils perdent deux jours à voyager entre les champs pétrolifères et leurs villes de résidence.

Notre deuxième revendication porte sur les violations du droit du travail et de la sécurité sociale commises par les courtiers en main-d’œuvre, qui classent les travailleurs et travailleuses techniques et spécialisés dans la catégorie des ouvriers, et sous-paient leurs cotisations de sécurité sociale. Les inspecteurs du ministère n’ont pas réussi à résoudre ce problème.”

Les revendications portaient également sur le paiement régulier des salaires, la santé et la sécurité, les conditions de vie dans les dortoirs et la nourriture.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Notre revendication a toujours été que le gouvernement iranien reconnaisse les syndicats indépendants. Le fait que les Ministères du travail et du pétrole négocient maintenant avec un représentant des travailleurs de notre affilié est un pas dans la bonne direction. Cette reconnaissance doit être formalisée et les travailleurs et travailleuses doivent être autorisés à s’organiser librement au plan syndical.”

L’UMMI exerce ses activités dans un contexte autoritaire complexe et dangereux et se concentre sur les salaires et les conditions de travail, en évitant les questions politiques. Le syndicat considère que son mandat consiste à défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses qu’il représente et à veiller à ce qu’ils ne soient pas licenciés ou arrêtés et persécutés en tant que militants politiques.

Veuillez retweeter ce message :

Nous appelons le Président iranien @raesi_org à reconnaître les syndicats indépendants. L’Iran doit aligner ses relations sociales sur les normes internationales et les conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale, le droit d’organisation et de négociation collective. https://t.co/jJdYOhFKjY

IndustriALL (@IndustriALL_GU) 30 septembre 2021