Un traité de l'ONU contraignant nécessite un engagement plus ferme

À la conclusion du dernier cycle de négociations, auquel ont participé des gouvernements, des représentants d'entreprises, des syndicats et des organisations de la société civile, les syndicats adressent aussi des critiques aux associations du secteur de l'entreprise pour leur absence de volonté de faire aboutir les négociations.

Bien négocié, un traité des Nations unies contraignant serait une bonne avancée pour que soit inscrite dans le droit international l'obligation des entreprises de rendre compte et faciliterait l'accès aux mécanismes de réparation pour les victimes de violations des droits humains. Mais pour cela, il faudrait que les États-Unis et l'Union européenne appuient pleinement les négociations.

Pour le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan :

"Le Covid-19 a montré les carences de chaînes d'approvisionnement mondiales intolérables, fondées principalement sur des mécanismes de signalement volontaires qui n'offrent pas la possibilité de garantir le respect des droits des travailleurs. Le monde a besoin d'instruments contraignants et exécutables pour assurer la protection contre les violations des droits humains, et un Traité des Nations unies sur les entreprises et les droits humains a une importance décisive. Tous les gouvernements, en particulier ceux de l'Union européenne et des États-Unis, doivent s'engager sérieusement. Si ce n'est maintenant, quand ?"

Les syndicats, dont la CSI, l'ITF, l'IBB, l'IE, IndustriALL, UNI et l'ISP se sont engagés dans le processus d'élaboration d'un traité sur les entreprises et les droits humains en préconisant :

Algérie : libérez le syndicaliste emprisonné Ramzi Dardar

Depuis de nombreuses années, les syndicats indépendants d’Algérie qui revendiquent des droits et une reconnaissance sont confrontés à la répression. Celle-ci s’est intensifiée avec l’émergence du mouvement de masse pro-démocratie, le Hirak. Les licenciements massifs de dirigeants et de membres de syndicats, la fermeture et la mise sous scellés de bureaux syndicaux par la police, le harcèlement et l’emprisonnement constituent actuellement une répression qui est entrée dans une phase nouvelle et dangereuse.

Le 30 juin, la police algérienne a arrêté le dirigeant syndical Ramzi Dardar, mécanicien automobile et dirigeant élu de l’Union algérienne des industries (UAI), qui représente les travailleurs et travailleuses du secteur informel et est affiliée à la centrale indépendante COSYFOP. Dardar est accusé de terrorisme ainsi que de saper le moral de l’armée et l’unité nationale par ses publications sur les réseaux sociaux.

Les Fédérations syndicales internationales IndustriALL, ISP et UITA ont demandé à l’OIT d’intervenir et d’exiger que le gouvernement libère Dardar et abandonne toutes les charges contre lui. Le gouvernement algérien a répondu en transférant Dardar dans un quartier pour condamnés à mort. La date du procès n’a pas encore été fixée. Des informations alarmantes indiquent que sa santé, physique et mentale, se détériore.

Veuillez signer et partager la campagne LabourStart qui demande au gouvernement algérien de libérer immédiatement et sans condition Ramzi Dardar et de respecter pleinement les droits syndicaux et démocratiques énoncés au niveau des normes internationales, notamment au sein des conventions de l’OIT.

Le troisième Congrès d’IndustriALL a adopté une résolution condamnant la répression des syndicats libres en Algérie et demandant la libération de tous les militants pro-démocratie, en particulier celle du syndicaliste Ramzi Dardar.

La résolution qui a été adoptée

Christine Olivier

Christine Olivier a été élue secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Global Union lors de son 3e congrès, qui s'est tenu les 14 et 15 septembre 2021.

Christine Olivier est originaire d'Atlantis, dans la province du Cap-Occidental, en Afrique du Sud. Elle a commencé à travailler dans une usine d'électronique en 1987 où elle est restée jusqu'à sa fermeture, en 2015. À la fin des années 1990, Christine a été élue déléguée d'atelier de l'usine, avant de devenir présidente de la section locale du syndicat puis, en 2003, vice-présidente du NUMSA pour le Cap-Occidental. Christine est devenue la première femme présidente régionale du NUMSA par son élection à la présidence du NUMSA du Cap-Occidental en 2005.

Pendant sa carrière syndicale, Christine a également occupé les postes de trésorière et responsable provinciale du COSATU pour le Cap-Occidental, et de présidente nationale en charge du genre au NUMSA. Entre 2008 et 2013, Christine a été 2e vice-présidente du NUMSA, puis 1ère vice-présidente de 2013 à 2016.

Pendant de nombreuses années, les relations internationales ont été au cœur de l'activité de Christine et elle a été membre du comité exécutif d'IndustriALL ainsi que coprésidente du comité des femmes d'IndustriALL et de son comité de l'automobile.

Depuis 2017, Christine occupe les fonctions de responsable internationale du NUMSA.

Une déclaration sur la Transition juste adoptée à la COP26

Cette Déclaration a été signée par des pays du Nord ayant le poids nécessaire pour en faire une réalité, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Commission européenne et plusieurs pays européens à titre individuel. Ces pays riches se sont engagés à financer les efforts des pays pauvres en matière de décarbonation et d'atténuation du changement climatique, un financement qui répondra dorénavant au principe de la Transition juste. 

Ils appliqueront aussi les principes de la déclaration dans leurs plans nationaux pour la Transition juste.

Le texte de cette déclaration a été préparé en étroite collaboration par la direction du gouvernement britannique en charge de la Transition juste, la CSI, IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe.

Elle s'appuie sur l'Accord de Paris, les Principes directeurs pour une Transition juste de l'Organisation internationale du travail (OIT) et la Déclaration de Silésie qu'avait adoptée la COP24 à Katowice, en Pologne.

Elle constate que les effets du changement climatique et de la décarbonation de l'économie vont peser d'un poids disproportionné sur les travailleurs pauvres et précaires, sur les industries grandes productrices de carbone et sur les pays dépendant des combustibles fossiles, et qu'ils risquent d'exacerber les inégalités de genre, de race, d'âge et autres. Son but est d'empêcher que personne ne soit laissé pour compte à mesure que le monde opère sa transition vers une économie respectueuse du climat. 

Les principes de la déclaration sont :

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“Toutes les parties parlent de la Transition juste à cette COP. C'est en soi une grande victoire pour nous, et cela montre que nos interventions ont porté. Mais le débat sur l'interprétation des termes continue, pour s'assurer que nous parlons des mêmes choses. Aussi, les détails de la mise en pratique de la Transition juste restent flous.

“Cette déclaration constitue un précédent très important. Il faut que, dans tous les pays, les syndicats la diffusent largement et veillent à ce que leurs gouvernements, les entreprises et les autres parties prenantes comprennent bien son contenu, et ils doivent multiplier les actions de lobbying pour faire en sorte que ces principes ainsi que les Principes directeurs de l'OIT soient respectés.”

La secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Europe Judith Kirton-Darling a ajouté :

“Il ne s'agit pas seulement d'une déclaration de plus. Il est question d'engagements clairs pris par les gouvernements en faveur d'un dialogue social effectif avec les travailleurs et de l'acceptation par ces gouvernements de leur responsabilité et de l'obligation de rendre compte de la mise en œuvre des principes pour une Transition juste en application du mécanisme de révision de l'Accord de Paris. Les syndicats attendent beaucoup des gouvernements et ils demandent à être pleinement impliqués.”

Cette déclaration fait suite à des années de campagne de lobbying intense du mouvement syndical. La semaine dernière, IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe ont publié une déclaration commune appelant les gouvernements à aller au-delà des mots et des écrits et à mettre en œuvre une Transition juste avec des mesures concrètes et qui respectent le dialogue social et la participation des travailleurs.

Les participants à une réunion de la COP26 sur la Transition juste au siège de Unite the Union

Cette semaine, les syndicats ont organisé une série de manifestations en marge de la COP26 afin de promouvoir les initiatives pour une Transition juste. À la Journée de l'énergie du 4 novembre, les parties ont annoncé un partenariat pour la décarbonation à hauteur de 8,5 milliards $ pour le secteur de l'énergie sud-africain, qui a reçu un accueil mitigé des syndicats. Ils suivront de près l'évolution de la situation en Afrique du Sud parce qu'elle constitue un bon cas d'école pour un processus de Transition juste international à grande échelle.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe se réjouissent de discuter plus en détail de la Transition juste à la manifestation parallèle qu'ils organisent ensemble au Pavillon de l'UE mercredi 10 novembre en présence de syndicats, d'employeurs, de politiciens et de la Commission européenne.

Les syndicats inquiets de l’accord sud-africain de financement de la Transition juste révélé lors de la COP26

Or, ils affirment que l’accord de partenariat multilatéral pour une transition énergétique juste annoncé par le Président des États-Unis, Joe Biden, lors de la COP26, ce 2 novembre, manque de détails sur la manière dont la transition énergétique se fera. Ce partenariat, d’une valeur de 8,5 milliards de dollars, vise à permettre, en vertu des plans sud-africains, de fermer plus tôt les mines de charbon et à passer à des sources d’énergie renouvelables.

Ce partenariat, qui fournira des fonds pour la transition énergétique du charbon, à forte intensité de carbone, vers des sources d’énergie renouvelables à faible intensité de carbone, notamment l’énergie solaire et éolienne, a été signé par les gouvernements d’Afrique du Sud d’une part, et de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Union européenne, d’autre part. Il sera mis en œuvre sur une période de trois à cinq ans. Cet accord est le premier du genre et pourrait servir de modèle à d’autres pays en développement.

Le Président sud-africain Cyril Ramaphosa a décrit le partenariat, constitué de financements préférentiels, comme un “moment décisif” qui permettra d’accroître la sécurité énergétique du pays en “créant des emplois et en exploitant de nouvelles opportunités d’investissement, avec le soutien des économies développées.”

“Le changement climatique est un défi existentiel auquel nous sommes tous confrontés et l’Afrique du Sud est déterminée à jouer son rôle dans la réduction des émissions mondiales”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il y aura des investissements dans la production de véhicules électriques et d’hydrogène vert.

Selon le gouvernement, l’accord profitera aux mineurs de charbon et à leurs communautés. Selon les syndicats, plus de 100.000 mineurs perdront leur emploi. Par ailleurs, 100.000 autres personnes dans les communautés, qui vivent de la chaîne de valeur du charbon, devront être indemnisées lorsque les mines seront fermées. Des études estiment que le coût de la transition équitable pour les mineurs des charbonnages comprendra l’indemnisation, le recyclage, la réinstallation et la réhabilitation des communautés ainsi que d’autres coûts liés au développement économique régional.

Le partenariat devrait également fournir des fonds à la compagnie d’électricité Eskom pour le démantèlement des centrales électriques au charbon qui sont concentrées dans la province de Mpumalanga. L’Afrique du Sud est le 12e pollueur mondial et le premier en Afrique.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

“Nous craignons que cette annonce n’accélère la fermeture précipitée des centrales électriques au charbon avant qu’une solution viable pour un approvisionnement énergétique cohérent ne soit trouvée. Actuellement, les énergies renouvelables ne peuvent pas répondre aux besoins de l’industrie. Pour qu’il y ait une transition, le gouvernement doit fournir un plan social pour développer les provinces et les régions qui seront affectées, avec des voies spécifiques à suivre sur la façon de remplacer les emplois et les industries.”

“Si le financement de la transition est essentiel, c’est le processus suivi qui est le plus important pour le syndicat, qui a besoin de l’assurance que les travailleurs et les communautés de la classe ouvrière ne seront pas affectés négativement. À l’heure actuelle, la destination de cet argent n’est pas claire, ni les conditions dans lesquelles il sera accessible ou si une partie importante de cet argent sera utilisée pour protéger les travailleurs et les communautés. Les syndicats ne sont toujours pas satisfaits de l’accord,”

a indiqué William Mabapa, Secrétaire général ff du Syndicat national des Mineurs (NUM).

Les politiques de transition énergétique du pays incluent les Contributions déterminées au niveau national (CDN) qui font partie de l’Accord de Paris. En outre, le plan intégré de ressources (2019-2030) trace le contour de la manière selon laquelle le charbon sera remplacé par des énergies renouvelables et du gaz.

Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour l’industrie de l’énergie, a déclaré :

“Il s’agit d’un partenariat important, car l’atténuation du changement climatique nécessite une coopération mondiale, notamment entre les pays développés et les pays en développement. En outre, le gouvernement sud-africain doit s’engager davantage auprès des syndicats et négocier avec eux pour protéger les intérêts des travailleurs et de leurs communautés. Cela peut se faire par le biais d’un plan détaillé de Transition juste qui stipule une compensation équitable, des formations et d’autres avantages pour les travailleurs et les travailleuses ainsi que leurs communautés.”

Pas de rendement sur le cuivre pour les travailleurs de BHP au Chili

Le 26 octobre, les syndicats chiliens de BHP se sont réunis pour un atelier en ligne organisé par IndustriALL Global Union afin d'examiner des questions de droits de l'homme et de devoir de diligence dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, ainsi que des questions de santé et de sécurité au travail.

Le directeur d'IndustriALL en charge de l'activité minière, Glen Mpufane, explique que le cuivre est le métal le plus essentiel pour l'économie mondiale et subit une forte demande résultant de la transition énergétique.

"De ce fait, les actionnaires de BHP bénéficient de rendements confortables. Mais quel est son rendement pour les travailleurs, les communautés et le pays dans son ensemble,"

précise Glen Mpufane.

D'après les syndicats de BHP, la seule façon d'obtenir réparation pour les violations des droits est la voie judiciaire. Cette conception ne tient pas compte des mécanismes de diligence raisonnable en matière de droits de l'homme, comme les Principes directeurs  des Nations unies et les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales, qui donnent des orientations pour la conduite responsable des entreprises.

"Ces mécanismes doivent être utilisés autant que faire se peut pour obliger BHP à rendre des comptes. Les questions environnementales, sociales et de gouvernance sont considérées aujourd'hui comme le risque majeur pour l'industrie minière. BHP ne peut plus s'y soustraire. Elle doit traiter les travailleurs, les communautés et le pays avec respect,"

a ajouté Glen Mpufane.

Cet atelier, qui était organisé dans le cadre d'un projet de la FES, a aussi traité de la question de la santé et la sécurité et de la campagne pour la ratification de la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines.

IndustriALL mène une campagne mondiale contre BHP dans un contexte de rejet constant des demandes de ses travailleurs d'entamer avec IndustriALL un dialogue social sur son triste bilan de maltraitance des travailleurs, des communautés et de la dégradation de l’environnement partout où elle a des activités.

Les travailleurs d’Electrolux concluent des accords au Chili et au Mexique

Au Chili, les travailleurs et travailleuses des syndicats 1 et 2 de Tecno Industrial (CTI S.A.), propriété de la multinationale suédoise Electrolux, ont mis fin à leur longue lutte pour le droit à négocier collectivement.

Dans une décision rendue le 14 juin, le tribunal du travail de Santiago a rejeté à l’unanimité la proposition initiale de l’entreprise, qui consistait simplement à maintenir le seuil de négociation et à verser une prime de licenciement et une contribution syndicale supplémentaire. Dans son jugement, le tribunal s’est dit déçu qu’il ait fallu sept mois à Electrolux pour présenter une proposition aussi veule, qui a également été rejetée parce que la multinationale n’avait pas respecté les délais initiaux de la négociation collective.

Alors que la direction de l’entreprise et le syndicat sont toujours à couteaux tirés, les travailleurs et travailleuses ont décidé de conclure une convention avec Electrolux parce que le processus s’éternisait et que les coûts de la bataille juridique s’accumulaient.

Ce 26 octobre, un accord a été conclu à Mexico avec les six travailleurs et travailleuses licenciés qui avaient refusé d’accepter une démission volontaire et avaient porté l’affaire devant les tribunaux. Cet accord est intervenu au bout de 18 mois et de nombreuses réunions entre la direction d’Electrolux en Suède et aux États-Unis, IndustriALL et le syndicat suédois Unionen, au nom du Comité d’entreprise. Les travailleurs et travailleuses n’avaient reçu aucune indemnisation pour leur licenciement abusif par l’usine Electrolux de Ciudad Juárez en avril 2020.

Cependant, Electrolux n’a pas offert aux travailleurs et travailleuses une indemnisation complète pour leur licenciement abusif ni accepté de payer les salaires dus depuis la date de licenciement. Même s’ils n’ont pas obtenu tout ce qu’ils avaient demandé, les travailleurs et travailleuses ont signé l’accord afin de mettre enfin un terme à la situation et d’éviter de passer une année de plus devant les tribunaux. Les six travailleurs et travailleuses ont reçu leur chèque d’indemnisation le 29 octobre.

“Nous sommes heureux que des accords aient été conclus dans les deux cas. Nous allons poursuivre notre dialogue avec les syndicats suédois et Electrolux et chercher des moyens d’améliorer ce dialogue ainsi que les conditions de travail par le biais de notre accord-cadre mondial,”

a indiqué Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

IndustriALL appelle les entreprises à désinvestir au Myanmar

Une déléguée du Myanmar dépose une résolution soutenue par les participants

Ces interventions ont été faites dans une série de réunions et par des communications avec des multinationales de l'énergie, de l'acier et de l'habillement, ainsi que par des initiatives multipartites.

Ces actions font suite à une résolution de soutien à la démocratie au Myanmar adoptée à l'unanimité au troisième Congrès d'IndustriALL, qui s'est tenu les 14 et 15 septembre 2021 avec la participation de 434 organisations syndicales de 11 pays. La résolution préconise des sanctions économiques globales contre la junte militaire. Cet appel à des sanctions émane du mouvement syndical du Myanmar et est soutenu par des syndicats et des activistes syndicaux du monde entier.

Le message que veut envoyer IndustriALL est que les violations des droits de l'homme commises dans le pays rendent impossible tout commerce équitable, étant donné que les entreprises ne sont pas en mesure de garantir la sécurité de leurs personnels. On peut y lire :

"… le 1er février 2021, un coup d'État militaire a causé l'emprisonnement de dirigeants démocratiquement élus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), comme Win Myint et Aung San Suu Kyi et de nombreux autres responsables politiques, quelques heures avant leur prestation de serment devant la nouvelle assemblée parlementaire et la constitution d'un nouveau cabinet. Depuis, la junte militaire a procédé à des arrestations, des assassinats et autres actes de violence contre des politiciens, des activistes et des travailleurs au Myanmar.

"1.088 personnes au moins ont été tuées par les militaires, plus de 8.100 ont été arrêtées et 1.984 mandats d'arrêt ont été délivrés.

"Des centaines de milliers de travailleurs ont déjà perdu leur emploi. Les syndicalistes et les travailleurs qui participent à des manifestations politiques sont harcelés par les militaires. Ceux qui ont été appréhendés par l'armée ou la police subissent des tortures auxquelles beaucoup succombent. Beaucoup de lieux de travail et de zones industrielles, comme Hlaing Thar Yar et Shwepyitha, sont violemment attaqués par les militaires.

"Il est impératif d'agir maintenant pour renforcer et soutenir la démocratie au Myanmar et, ainsi, contribuer à mettre fin aux violations des droits humains et syndicaux.

"Nous sommes persuadés qu'en promouvant et en appliquant scrupuleusement les sanctions économiques, les marques contribueront largement à rétablir le libre exercice des droits fondamentaux de la population au Myanmar."

Un expert des droits de l'homme des Nations unies a averti récemment l'Assemblée générale que "le Myanmar pourrait être au bord d'une catastrophe plus grave encore en matière de droits de l'homme et de pertes de vies humaines suivant les indications selon lesquelles la junte militaire déploie des dizaine de milliers de soldats et des armes lourdes dans le nord du pays".

Unis pour une industrie maritime durable

 

À cette réunion, qui s'est tenue le 29 octobre, assistaient une cinquantaine de représentants de syndicats de 18 pays. Le coprésident du secteur, Kenichi Kanda, a ouvert la réunion en ces termes :

"Notre secteur a été durement ébranlé par le Covid-19. Les chaînes d'approvisionnement ont connu des pénuries et le transport maritime a chuté pendant les confinements. Nous avons toujours trop de tonnage. Les défis environnementaux s'aggravent et nous sommes aussi confrontés à des questions de sécurité et à la numérisation – mais si nous savons prendre la vague du changement, nous pouvons prospérer dans des lieux de travail sûrs et verts."

Eileen Yeo Chor Gek, l'autre coprésidente du secteur, a déclaré :

"La situation du secteur s'est améliorée depuis l'an dernier, avec la construction de nouveaux navires, l'apparition de nouvelles technologies, comme la propulsion à l'hydrogène, les drones de maintenance et les systèmes autonomes. Le transport maritime vert est l'avenir : nous devons y préparer nos membres, pour protéger l'emploi et renforcer la sécurité."

Le premier cargo autonome, zéro émission, le Yara Birkland, a été construit en Norvège et il prendra la mer d'ici la fin de l'année. Des ferries hybrides rechargeables pour le transport de passagers sont déjà en service.

Elspeth Hathaway, d'IndustriALL Europe, a annoncé que des syndicats européens ont beaucoup fait pour promouvoir la transition juste, avec un certain succès. Le nouveau Pacte européen pour les compétences dans le secteur de la technologie maritime doit assurer la formation de 200.000 travailleurs dans toute l'industrie au cours des cinq prochaines années et il projette de recruter 230.000 travailleurs supplémentaires en dix ans. Bien que le secteur – en particulier l'industrie des croisières – ait terriblement souffert du Covid, l'Union européenne a des plans ambitieux pour le transport maritime vert. Alors que l'Organisation maritime internationale a fixé un objectif de réduction des émissions de 50 pour cent pour 2050, l'Union européenne voudrait la neutralité carbone pour 2050.

Le secrétaire général adjoint Kan Matsuzaki a donné un aperçu des tendances mondiales dans le secteur, mentionnant les inquiétudes que suscite la fusion contestée entre Hyundai Heavy Industries, Daewoo Shipbuilding et Marine Engineering. Pour le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie, si cette fusion aboutit, la nouvelle société dominera tout l'industrie de la construction navale, engendrant une consolidation massive reposant sur de mauvaises pratiques de travail.

Kan Matsuzaki a parlé des progrès réalisés sur la voie de la ratification de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires. 17 pays l'ont maintenant ratifiée, le seuil des 15 pays étant donc dépassé. Cependant, une grande partie du démantèlement des navires ayant lieu au Bangladesh et au Pakistan, il est important que ces pays ratifient la convention.   

Vidyadhar Rane, en Inde, a montré comment la convention pourrait faire la différence. Depuis que son pays a commencé à se conformer à ses normes, des installations ont été mises à niveau et la sécurité s'est améliorée. Un guide de sécurité à l'intention des travailleurs a été publié dans le cadre du projet conjoint IndustriALL-FNV sur le démantèlement des navires, et cela a permis de recruter des milliers de nouveaux membres.

Kan Matsuzaki a aussi souligné l'importance d'une transition juste, citant l'exemple d'une telle clause pour les conventions collectives du syndicat australien Electrical Trades Union of Australia. Il a présenté le plan des activités du secteur pour 2022. Il s'agit notamment de faire pression sur les gouvernements du Bangladesh et du Pakistan pour qu'ils ratifient la convention de Hong Kong et d'améliorer la participation des femmes dans le secteur et dans ses syndicats. Le secteur se concentrera aussi sur la promotion d'une transition juste et d'une relance verte.

Les activités du secteur pour les douze prochains mois ont été approuvées par les participants. Il s'agira principalement de :

Photo: © Yara / Knut Brevik Andersen, Wilhelmsen Ship Service

Le réseau syndical mondial Saint-Gobain préconise le dialogue social

37 participants de 17 pays on participé à sa réunion annuelle en ligne, les 27 et 28 octobre, pour discuter des revendications et des objectifs des travailleurs de Saint-Gobain.

Partout dans le monde, le coronavirus constitue un défi de taille pour les travailleurs et leurs familles. Dans les pays du Sud, l'accès au vaccin reste problématique et les syndicats font leur possible pour obtenir une distribution équitable des vaccins.

Saint-Gobain a repris presque totalement ses activités, mais la crise du Covid-19 impacte toujours l'organisation du travail.

Dominique Bousquenaud, secrétaire général de notre affilié français FCE-CFDT et coordinateur du réseau syndical de Saint-Gobain, note que, bien que la situation financière du groupe soit globalement positive, une pénurie de matières premières fait que certaines usines ont été mises à l'arrêt.

Saint-Gobain a subi, entre 2018 et 2020, une importante réorganisation baptisée Transformation et Croissance, avec pour objectifs de renforcer les synergies, de désinvestir des activités moins rentables pour se concentrer sur les plus rentables et prometteuses. L'entreprise a annoncé son nouveau plan stratégique, "Grow & Impact", destiné à accélérer la croissance et minimiser son impact sur l’environnement. Le responsable du dialogue social chez Saint-Gobain, Régis Blugeon, a participé à la réunion et donné aux participants l'occasion d'exprimer leurs préoccupations et de débattre du dialogue social à l'échelon mondial.

Les participants ont retenu qu'il est nécessaire d'encore développer le dialogue social à l'échelon local et que le contexte global est important, surtout lorsque la législation locale n'offre pas une bonne protection aux travailleurs.

En Colombie, Saint-Gobain ne reconnaît pas le syndicat et rejette toutes les propositions syndicales en matière de santé et de sécurité ou de travail temporaire. Un dialogue n'est possible que dans le cadre de la législation en vigueur, qui ne protège pas assez les travailleurs.

En Indonésie, sous couvert d'un programme de départ à la retraite anticipée, des travailleurs sont poussés à partir à la retraite pour être réembauchés plus tard avec des salaires inférieurs et de moins bonnes conditions de travail par le biais de programmes d'externalisation. Les jeunes travailleurs ne reçoivent pas une formation suffisante et risquent leur santé. L'employeur utilise la Loi multiple à son profit et exploite les travailleurs.

Des conditions précaires, avec des bas salaires et une protection de la santé insuffisante, démotivent les travailleurs en Inde.

En Allemagne, l'usine de Mannheim, qui produisait du verre et occupait 150.000 salariés, a déménagé en Pologne où il n'y a toujours pas de représentation des travailleurs. Beaucoup d'usines Glassolutions ont été vendues au cours des 18 derniers mois. La division Sekurit de Saint-Gobain, qui produit du verre pour l'industrie automobile, connaît des problèmes car on construit moins de voitures par manque de matières premières et de semi-conducteurs.

Un équipement vieillissant et un manque de clarté sur les plans d'investissement futur inquiètent les travailleurs d'Espagne et de Belgique pour l'avenir de leurs emplois.

Alexander Ivanou, responsable des industries des matériaux chez IndustriALL, a déclaré :

"Cette réunion a été l'occasion de se faire une idée plus précise des différents problèmes rencontrés par les travailleurs de Saint-Gobain dans le monde et d'exprimer notre solidarité. Les interventions des délégués montrent la nécessité d'un dialogue social mondial, un outil qui a fait ses preuves en permettant de résoudre des problèmes et des conflits. Nous invitons une fois encore l'entreprise à entamer réellement le dialogue social."