Congrès de Sydney : la voix des cols blancs

“Lors du congrès, nous devons souligner l’importance d’intégrer les cols blancs dans tous les piliers de la stratégie d’IndustriALL, car ils sont présents dans tous les domaines, de la transition juste à l’égalité et au-delà. Leurs droits doivent être pleinement reconnus et nous devons identifier des moyens concrets de les soutenir. IndustriALL doit adapter ses stratégies afin de refléter la diversité des situations des travailleurs et travailleuses cols blancs et répondre aux attentes spécifiques de chaque pays. Il s’agit d’un défi de taille, mais je suis convaincue que la section des travailleurs et travailleuses cols blancs d’IndustriALL est prête à le relever. Dans tous les pays, le nombre de travailleurs et travailleuses cols blancs continue d’augmenter et ils sont tous confrontés à des défis similaires”, a indiqué Corinne Schewin, CFE-CGC, Coprésidente du secteur des cols blancs d’IndustriALL.

La syndicalisation des cols blancs reste la priorité absolue. De nombreux syndicats, en particulier ceux qui représentent traditionnellement les cols bleus, ont réguilièrement du mal à comprendre pleinement les préoccupations des cols blancs. À l’inverse, de nombreux cols blancs ont peu de connaissances ou de liens au niveau des syndicats. Une étude d’industriAll Europe indique que l’une des principales raisons pour lesquelles les cols blancs ne s’affilient pas à un syndicat est simplement qu’ils ne le connaissent pas et n’ont jamais été approchés.

Constanze Kraetsch a présenté des exemples de stratégies efficaces mises en œuvre par IG Metall pour toucher les travailleurs et travailleuses des bureaux et établir une relation de confiance avec eux. Pendant l’épidémie de Covid-19, dans une entreprise automobile, le syndicat a commencé à organiser des “pauses café” en ligne pour les travailleurs et travailleuses de bureau, qui se sont avérées si efficaces qu’elles se poursuivent depuis lors.

Ces réunions bimestrielles combinaient des conversations informelles, des mises à jour techniques et des exposés des représentants du Comité d’entreprise sur les tendances du secteur et l’évolution de l’entreprise. Les sessions étaient soigneusement préparées et ont attiré de nombreux participants. Le bouche-à-oreille a contribué à leur succès et les travailleurs et travailleuses ont rapidement compris qu’ils passaient à côté de quelque chose s’ils n’y participaient pas. Au fil du temps, les travailleurs et travailleuses se sont sentis plus à l’aise pour dialoguer avec le syndicat et les membres du Comité d’entreprise.

Dans une autre entreprise, qui ne comptait que des travailleurs et travailleuses cols blancs, le syndicat et les membres du Comité d’entreprise ont organisé de courtes réunions de 20 minutes pendant la pause déjeuner, au cours desquelles ils ont débattu des questions liées au lieu de travail et interrogé les employés sur leur satisfaction au travail.

Patrick Tay Tack, du syndicat UWEEI (Syndicat de l’industrie électronique et électrique) et Coprésident du secteur des cols blancs d’IndustriALL, a déclaré : “Il est essentiel de comprendre les préoccupations des travailleurs et travailleuses cols blancs avant de commencer à les syndiquer.”

À Singapour, où ils regroupent les deux tiers de la main-d’œuvre, les syndicats peuvent les représenter par le biais de conventions collectives. Dans le cadre tripartite, un groupe de travail sur les experts, gestionnaires et cadres d’entreprises a été créé en 2020 afin de renforcer l’emploi et l’employabilité. Après avoir interrogé plus de 10.000 d’entre eux, ainsi que les employeurs et autres parties prenantes, il a constaté que la précarité de l’emploi était la principale préoccupation, avec des appels à un soutien plus fort en matière d’emploi et de formation.

Sur base de ces conclusions, le NTUC a élaboré plusieurs programmes ciblés pour soutenir les cols blancs. Il s’agit notamment d’un écosystème de mentorat et du programme de mentorat des cadres du NTUC, conçu pour aider les cols blancs à différentes étapes de leur carrière. Les mentors, qui sont des spécialistes du secteur, partagent les meilleures pratiques et donnent des conseils de carrière. Les mentors peuvent participer au réseau des mentors du NTUC afin de se tenir au courant des tendances du secteur et de l’évolution des attentes des travailleurs et travailleuses cols blancs.

Agnes Ama Agamasu, du GMWU (Syndicat des mines du Ghana), a souligné la nécessité de mettre en place des stratégies ciblées pour s’impliquer auprès des femmes des STEM ainsi qu’auprès des jeunes cols blancs. Elle a mis en avant le recrutement syndical entre pairs comme le moyen le plus efficace d’atteindre les jeunes cadres, les jeunes leaders partageant leurs expériences en tant que syndicalistes pour inspirer les autres. Les réseaux sociaux jouent également un rôle clé pour susciter l’intérêt et encourager la participation.

Pour ce qui est des femmes dans les STEM, les syndicats doivent leur apporter leur soutien par le biais d’initiatives telles que des bourses de formation et des comités de femmes, qui offrent des possibilités de réseautage et de développement du leadership.

IndustriALL a développé des modules de formation pour aider les recruteurs syndicaux à concevoir et à mettre en œuvre des campagnes de syndicalisation stratégiques pour les travailleurs et travailleuses cols blancs. Soutenus par la Fondation Friedrich Ebert (FES), ces programmes de formation ont déjà permis de former de nombreux recruteurs et dirigeants en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, où des campagnes de syndicalisation sont en cours.

“Au cours des deux dernières années, nous nous sommes attachés à mieux équiper nos affiliés pour syndiquer les cols blancs. Nous avons constaté des progrès significatifs au cours de cette période, après une période d’activité limitée. Le Congrès devrait nous aider à tirer parti de cette nouvelle dynamique et permettre à nos affiliés d’intensifier leurs efforts pour syndiquer ces travailleurs et travailleuses qui, dans certains pays, représentent déjà une minorité importante, voire la majorité, de la main-d’œuvre au sein de l’industrie manufacturière,”

a indiqué Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

Une autre priorité a consisté à donner aux syndicats les moyens de s’occuper de la santé mentale des travailleurs et travailleuses cols blancs, en particulier à la lumière des nouveaux risques liés à l’automatisation et à l’IA.

Enfin, les participants ont discuté de la nécessité de renforcer la capacité des syndicats à négocier les politiques industrielles et de formation ainsi que les plans de Transition juste. Cela implique le partage des bonnes pratiques et des prévisions en matière de compétences. L’objectif est de soutenir les syndicats à deux niveaux d’action : au niveau national et tripartite (pour les politiques industrielles et les STEM) et au niveau de l’entreprise (pour la planification de la transition).

Les syndicats participant au congrès se coordonneront pour soulever toutes ces questions au cours des sessions. Une feuille de route sera élaborée pour guider le travail des cols blancs tout au long de la période s’étendant jusqu’au prochain congrès.

Les travailleuses des mines artisanales de RDC sont victimes d’exploitation alors que les syndicats réclament de meilleures conditions de travail

Plus de 32.000 personnes, dont 1.045 femmes, travaillent sur le site, qui est exploité par la coopérative d’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) Mutoshi COMIAKOL, dans des conditions de santé et de sécurité déplorables, comme l’a constaté IndustriALL lors d’une visite.

Une étude menée par IndustriALL intitulée Exploring the DRC cobalt value chain: Challenges, opportunities and stakeholder engagement (Regard sur la chaîne de valeur du cobalt en RDC : défis, opportunités et implication des parties prenantes) confirme ces conditions :

“Les femmes employées dans ces mines artisanales travaillent dans et autour des sites d’extraction de cobalt et de cuivre dans des conditions difficiles, dans des zones d’exploitation artisanale non durables et avec des installations sanitaires inadéquates. Dans le cadre de leur travail, elles utilisent très souvent de l’eau sale, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux maladies, telles que les infections urogénitales, les maladies de la peau, les mycoses vaginales, les verrues et les menstruations irrégulières.” En outre, les femmes sont souvent victimes de discrimination, d’intimidation et de violence sexiste en raison des préjugés et des stéréotypes liés à des pratiques culturelles néfastes.

L’exploitation de ces travailleuses est un exemple de la nature brutale de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, où les mineurs utilisent des outils rudimentaires, ne disposent pas d’équipements de protection individuelle, ne reçoivent pas de rémunération adéquate, ne bénéficient d’aucune protection sociale et ne jouissent pas des droits dont bénéficient les travailleurs et travailleuses du secteur formel conformément au code minier national et aux normes internationales du travail. Pour mettre fin à cette situation, les syndicats réclament la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

Ces fosses d’EMAPE ont une profondeur de plus de 30 mètres, avec des treuils électriques qui hissent les roches à la surface et descendent les mineurs sous terre. Après traitement, le cobalt est ensuite mis en sacs prêts à être expédiés vers les dépôts, où, d’après les travailleurs et travailleuses, chaque sac est vendu environ 75 dollars américains, selon la qualité. La société publique Gecamines achète le cobalt à la coopérative.

L’EMAPE de la RDC produit plus de 30 % du cobalt du pays, qui est très recherché à l’échelle mondiale, étant l’un des matériaux utilisés dans la fabrication des batteries pour véhicules électriques.

“Des organisations sont venues sur ce site pour filmer et interviewer les travailleurs et travailleuses. Nous nous sommes vus à la télévision et sur les réseaux sociaux. Mais nous ne sommes pas un musée, nous sommes des êtres humains et des travailleurs. Nous espérons que toute cette publicité contribuera à changer nos conditions de travail”,

a déclaré l’une des travailleuses.

Constantin Grund, Représentant résident de la FES en RDC, a déclaré :

“Les sentiments que nous avons recueillis sur ce site minier à ciel ouvert nous laissent consternés. Les regards sur les visages de ceux qui extraient le cuivre et le coltan de la terre, à mains nues, en disent long. Il est politiquement crucial que nous continuions à parler de ce côté obscur d’une soi-disant prospérité. Je suis reconnaissant à IndustriALL pour son engagement, car personne d’autre n’assumerait cette responsabilité.”

“L’exploitation minière du cobalt et du cuivre en RDC est l’histoire de deux mondes : d’un côté, les entreprises minières multinationales de haute technologie et de grande valeur, et de l’autre, les activités artisanales souvent dangereuses et axées sur la survie. En tant que syndicats, nous formulons la revendication de meilleures conditions de santé et de sécurité ainsi que des conditions de travail décentes pour mettre fin à l’exploitation des travailleurs et travailleuses artisanaux,”

a ajouté Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour les mines et les diamants.

La visite sur place s’inscrit dans le cadre d’une série de réunions avec les syndicats travaillant sur les minerais essentiels à la transition énergétique, notamment des tables rondes. Les affiliés d’IndustriALL en RDC sont l’Organisation des travailleurs du Congo (OTUC), le Secrétariat des syndicats IndustriALL de la CDT (SSI-CDT), Travailleurs Unis des Mines, Métallurgies, Énergie, Chimie et Industries Connexes (TUMEC), le Secrétariat des Syndicats d’IndustriALL (SSI-CSC) et le Secrétariat IndustriALL Global (SIG-UNTC).

Ces réunions s’inscrivent dans le cadre de la plateforme sur les batteries d’IndustriALL, qui a identifié les problèmes et les défis liés aux droits des travailleurs et travailleuses et créé des forums de discussion avec les principales parties prenantes, notamment dans le secteur de l’EMAPE, afin de fournir des connaissances et des outils sur la diligence raisonnable en matière de droits humains et le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement des batteries.

L’autre facette du lithium : renforcer les syndicats dans la chaîne d’approvisionnement des batteries

Le séminaire a été organisé par IndustriALL, avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert (FES) au Chili. Des représentants de l’AOMA (Argentine) et d’Industrial Chile Constramet (Chili) ainsi que de quatre autres syndicats chiliens ont participé à la rencontre.

Le lithium est un minerai essentiel à la fabrication des batteries rechargeables utilisées dans les véhicules électriques, les appareils électroniques et les systèmes de stockage d’énergie. Il a fait de l’Amérique latine un maillon clé de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Cependant, la croissance du secteur a également entraîné des défis urgents en matière de droits du travail, de réglementation et de justice sociale.

Lors du séminaire, Arlette Gay, Responsable du projet FES Chili, a déclaré :

“La FES joue un rôle clé dans la promotion des droits du travail et des normes environnementales dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les normes de diligence raisonnable contribuent à garantir que les syndicats du monde entier puissent revendiquer le respect de leurs droits et nous sommes heureux de contribuer au renforcement des capacités des syndicats miniers à exploiter le potentiel de ces nouveaux outils.”

Les résultats d’une étude de terrain sur le secteur du lithium en Argentine et au Chili ont également été présentés. Cette étude, menée avec le soutien de la FES, a identifié certaines des dynamiques de pouvoir dans le secteur, dans le but de renforcer la coopération intersectorielle entre les syndicats, de donner plus de pouvoir aux syndicats et d’utiliser les outils de diligence raisonnable en matière de droits humains pour responsabiliser les entreprises multinationales.

Après deux jours de débats, les syndicats chiliens sont convenus de travailler ensemble pour développer leur propre vision sur la manière de surmonter la fragmentation et le manque de pouvoir des syndicats dans le secteur. Les dirigeants du syndicat d’Argentine ont présenté les mesures qu’ils pourraient prendre pour renforcer les droits du travail et les droits syndicaux et élaborer une stratégie visant à promouvoir une plus grande valeur ajoutée et une plus grande diversification. Les participants ont également souligné l’importance de travailler ensemble et d’assurer une meilleure coordination entre les deux pays.

Laura Carter, Secrétaire régionale adjointe d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes a résumé la discussion :

“Il y a tellement de violations des droits du travail dans le secteur du lithium. Les stratégies relatives à la chaîne d’approvisionnement offrent une occasion majeure d’améliorer le respect des droits des travailleurs et travailleuses qui extraient ces minerais essentiels.”

IndustriALL publie un document d'orientation sur l'intelligence artificielle

Artificial Intelligence (AI): challenges and opportunities for industrial workers and trade union responses (ENGLISH)

"L'IA n'est plus une perspective éloignée, elle transforme déjà l'industrie par l'automation, la robotique et les systèmes de gestion informatisés. Ce nouveau document d'orientation est à la fois un avertissement et un guide, une ressource pour aider les syndicats à braver les risques et se saisir des possibilités qu'offre l'IA tout en protégeant les droits des travailleurs, leur dignité et leurs emplois,"

dit le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki.

Mettre les travailleurs au centre du changement technologique

Comme l'explique ce document, l'intelligence artificielle redéfinit l'organisation du travail, son contrôle et son évaluation. Beaucoup de travailleurs sont maintenant gérés par des algorithmes qui fixent leurs horaires, suivent leur rendement et vont jusqu'à influencer les embauches et les promotions, souvent dans une absence totale de transparence et de redevabilité.

Or, ni les gouvernements ni les entreprises n'ont arrêté des règles adéquates pour garantir l'équité et les conventions collectives traitent rarement de l'IA de manière spécifique. Le résultat est un déséquilibre qui favorise les entreprises tandis que des masses de travailleurs subissent l'insécurité, la discrimination et une surveillance qui s'intensifie.

Le document d'orientation d'IndustriALL arrête une feuille de route claire pour changer cette situation, en faisant en sorte que le progrès technologique aille main dans la main avec le travail décent, l'égalité et une Transition juste.

Cinq domaines-clés pour l'action syndicale

Le document identifie cinq domaines prioritaires dans lesquels les syndicats doivent agir :

Une feuille de route globale, sectorielle et nationale

Le document d'orientation appelle les syndicats à agir à tous les niveaux pour faire en sorte que l'IA profite aux travailleurs :

L'IA doit servir l'individu, pas le profit

Le document d'orientation conclut que l'IA peut servir de catalyseur pour le renforcement du pouvoir d'action des travailleurs ou de moteur de la lutte contre les inégalités et la répression antisyndicale, selon la manière dont elle est gérée.

Les syndicats ont un rôle décisif à jouer dans la détermination de l'avenir : réclamer la transparence, veiller à ce que les travailleurs aient leur part des gains de productivité et ancrer l'IA dans un cadre de justice sociale et de contrôle démocratique.

"Par une solidarité internationale et une négociation collective fortes, IndustriALL et ses affiliés peuvent s'assurer que l'IA deviendra  un outil pour le travail décent et une industrie durable, pas un nouveau mécanisme d'exploitation,"

a déclaré Kan Matsuzaki.

IndustriALL Global Union recherche un directeur pour mines et l'énergie

Nous recherchons un professionnel qualifié et expérimenté pour occuper le poste de directeur pour les industries minières et énergétiques* au sein de notre équipe industrielle. Le directeur fournira une orientation stratégique, coordonnera les initiatives mondiales et sectorielles et veillera à ce que les intérêts des travailleurs soient efficacement représentés dans les secteurs minier et énergétique. Ce poste nécessite une expérience avérée dans le domaine syndical ou dans un domaine connexe, ainsi que la capacité à travailler dans un environnement complexe et multiculturel.

Principales fonctions et responsabilités

Le directeur pour les secteurs minier et énergétique sera chargé de:

Qualifications et expérience

Salaire et avantages sociaux:

Nous offrons un salaire compétitif et un ensemble complet d'avantages sociaux conformément à la convention collective (CBA) d'IndustriALL.
Les avantages sociaux comprennent notamment la possibilité de télétravailler, ce qui favorise l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Rejoignez notre équipe:
Chez IndustriALL, nous nous engageons à créer un lieu de travail diversifié et inclusif. Nous accueillons les candidatures de tous les candidats qualifiés et nous nous engageons à garantir l'égalité des chances dans nos pratiques de recrutement et d'emploi.
Si vous êtes passionné(e) par l'idée d'avoir un impact mondial et que vous adhérez aux valeurs d'IndustriALL, nous vous encourageons à postuler. Veuillez envoyer votre CV et votre lettre de motivation en anglais à Kemal Ozkan et Olivia Dufornetavant le 20 Octobre 2025.

Les candidatures sans CV et lettre de motivation ne seront pas prises en considération. De plus, IndustriALL ne conserve pas les candidatures des candidats non retenus. Les candidatures provenant d'agences de recrutement ne seront pas prises en considération.

* Veuillez noter que:

IndustriALL et IF Metall célèbrent les 10 ans de l’accord-cadre mondial historique avec le groupe H&M

Signé en 2015 et renouvelé en 2024, l’ACM a contribué à autonomiser les travailleurs, les travailleuse et leurs syndicats, à prévenir et à résoudre les conflits au niveau des usines et à améliorer les conditions de travail de milliers de travailleurs et travailleuses du secteur de la confection dans le monde entier. Les comités nationaux de suivi (CNS) du Bangladesh, de Turquie, du Cambodge, d’Inde et d’Indonésie se sont réunis à Stockholm pour examiner les progrès accomplis, partager les meilleures pratiques et renforcer les protocoles de traitement des conflits, d’accès aux usines et de collaboration.

“Notre accord-cadre mondial avec H&M n’a cessé d’évoluer depuis sa signature il y a dix ans. Il constitue une référence en matière de relations sociales saines, essentielles pour promouvoir des salaires décents et des conditions de travail dignes dans le secteur. Mais rien n’est facile : les deux parties doivent continuer à travailler d’arrache-pied dans cette voie importante vers la justice pour les travailleurs et travailleuses du textile tout au long de la chaîne d’approvisionnement de H&M”,

a indiqué Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Parmi les principales réalisations de cette décennie, on peut citer :

“Il s’agit de l’un des accords les plus importants de notre chaîne d’approvisionnement et j’en suis très fière. Depuis dix ans, nous avons établi une collaboration solide et durable qui a un impact réel et positif sur la vie quotidienne de milliers de travailleurs et travailleuses du secteur textile. Mais cela montre également que de bonnes relations sociales sont la voie à suivre pour améliorer les conditions de travail et les salaires dans les pays où nous nous approvisionnons”,

a déclaré Leyla Ertur, Directrice du développement durable du groupe H&M.

“Nous sommes fiers de célébrer dix ans de partenariat dans le cadre de cet accord-cadre mondial. Cette étape importante montre que les entreprises mondiales et les syndicats peuvent travailler ensemble pour un changement durable. Nous savons qu’un dialogue social fort, notamment par le biais de la négociation collective, est essentiel pour parvenir à des conditions de travail sûres et équitables dans la chaîne d’approvisionnement du textile et de la confection. Donner du pouvoir aux travailleurs et renforcer les syndicats au niveau des usines n’est pas seulement crucial, c’est le fondement même d’un progrès durable”,

a déclaré Marie Nilsson, Présidente d’IF Metall et d’IndustriALL.

Syndicalisation et campagnes pour revitaliser les syndicats en Afrique subsaharienne

En Afrique subsaharienne, une région qui se caractérise par un chômage important, la pauvreté et l'inégalité, les bas salaires, les conditions de travail précaires, des normes de santé et de sécurité indigentes, et les violations des droits de l'homme et des travailleurs, les syndicats constatent que la syndicalisation et les campagnes sont la clé de leur survie et d'une amélioration des conditions de travail, en particulier dans un contexte de baisse des effectifs.

C'est ce qu'ont exprimé les syndicats lors d'un atelier pour recruteurs qui s'est tenu du 29 septembre au 1er octobre à Boksburg, en Afrique du Sud, pour discuter des moyens de renforcer les syndicats par l'utilisation de divers outils d'organisation et stratégies de campagne. Il s'agit notamment de recenser les industries et les lieux de travail et d'identifier des adhérents en puissance, les recruter et les conserver. Il est essentiel d'identifier les parties prenantes qui comptent et de les associer en utilisant pleinement les législations du travail nationales et les conventions de l'Organisation internationale du travail, principalement la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la Convention n° 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective. Il est tout aussi essentiel de renforcer les capacités des leaders syndicaux et de lutter contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre. L'accent a été mis sur la planification stratégique, l'efficacité des communications avec des messages clairs et l'utilisation de plateformes numériques telles que les réseaux sociaux.

Les 25 participants venus du Botswana, de l'Eswatini, du Ghana, de Tanzanie, d'Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabweétaient des recruteurs et leaders syndicaux d'affiliés d'IndustriALL Global Union représentant les travailleurs de l'énergie, de la mine, des diamants, des métaux et de l'ingénierie, du textile et du vêtement, et d'autres industries manufacturières. Ils ont insisté sur le fait que l'argument principal du recrutement doit être la mission première des syndicats, qui est de protéger les droits des travailleurs, quoique d'autres avantages puissent aussi être mis en avant pour attirer les travailleurs. L'importance du syndicat en tant qu'organisation bâtisseuse de solidarité et d'unité des travailleurs est vitale. La syndicalisation a aussi été décrite comme une activité de longue durée pour asseoir la puissance syndicale et la syndicalisation sur les lieux de travail, en particulier lorsqu'elle émane de la base tandis que les campagnes peuvent être de courte durée et cibler des thèmes spécifiques pour un meilleur impact.

L'atelier a aussi comporté des études de cas, des jeux de rôle et des plans d'organisation future fondés sur des situations réelles en entreprise et sur des défis que rencontrent les syndicats.

Des réseaux syndicaux mondiaux comme ceux de Barrick Gold et AngloGold Ashanti offrent des perspectives de recrutement et de syndicalisation. En outre, les accords-cadres mondiaux sont un exemple de conventions collectives transnationales pour lesquelles les syndicats pourraient faire campagne.

Zazi Mugambi, responsable du secrétariat du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud, qui participait à l'atelier, a souligné son intérêt.

"Les syndicats sont confrontés à des licenciements massifs dus à la crise géopolitique qui nous affaiblit de jour en jour. En Afrique du Sud, nous devons trouver des moyens de syndiquer les travailleurs qui ne le sont pas et d'accroître nos effectifs pour renforcer nos syndicats."

Aaron Chappell, qui dispose d'une expérience très vaste de la syndicalisation, était le facilitateur de l'atelier, secondé par le bureau régional d'Afrique subsaharienne. Cet atelier est le premier du projet en matière de campagnes et de syndicalisation que le comité exécutif d'IndustriALL a adopté en 2023; son but est de dégager des synergies entre la syndicalisation et les campagnes.

"Le but est de bâtir des syndicats forts par des stratégies et des tactiques de syndicalisation et de campagne efficaces parmi les organisations syndicales d'Afrique subsaharienne et du monde entier car il s'agit là d'un des socles sur lesquels doit reposer la puissance syndicale,"

a déclaré Walton Pantland, le directeur d'IndustriALL en charge de la syndicalisation et des campagnes. 

Grève suspendue après conciliation à la raffinerie Dangote

La grève a été suspendue après une conciliation qui a permis la réintégration des 800 travailleurs licenciés. Le conciliateur en chef a ensuite publié un communiqué.

“L’un des points clés du communiqué était le rappel immédiat et la réaffectation de tous les travailleurs concernés sans perte de salaire, affirmant que leur licenciement était injustifié et qu’aucune preuve de sabotage n’avait été établie à leur encontre. Il insiste également sur l’article 40 de la Constitution nigériane, qui garantit le droit des travailleurs à s’associer librement et à adhérer à des syndicats et prévoit une protection claire contre les représailles”, a écrit le Conseil exécutif national du PENGASSAN dans un avis suspendant la grève.

Les négociations entre le PENGASSAN et la raffinerie Dangote avaient abouti à une impasse le 30 septembre, lors d’une réunion au Ministère du Travail et de l’Emploi.

Cette suspension intervient après une semaine d’action de la part des syndicats. Le 27 septembre, le PENGASSAN, syndicat représentant les cadres supérieurs du secteur pétrolier, a ordonné à ses membres de suspendre l’approvisionnement en gaz naturel et en pétrole brut des installations de la raffinerie Dangote à Lagos, dans le cadre d’une action de grève contre le licenciement abusif de 800 travailleurs.

Les conduites de la raffinerie se sont vidées après que les membres du PENGASSAN ont cessé le travail dans des entreprises en amont telles que Chevron et Shell. Depuis le début de l’année, la raffinerie produit de l’essence, du diesel et du kérosène et a été lancée avec le soutien des syndicats.

Le conflit trouve son origine dans le ressentiment de la raffinerie Dangote à l’égard des syndicats, au point d’annoncer son intention de créer un syndicat interne. En août, environ 800 ingénieurs et techniciens nigérians de la raffinerie ont rejoint le PENGASSAN, affilié d’IndustriALL, invoquant de mauvaises conditions de travail et l’absence de négociation collective. En quelques jours, ils ont été licenciés et leurs contrats ont été résiliés sans préavis. Le syndicat condamne ces licenciements, affirmant que la compagnie pétrolière a violé la législation du Nigeria sur les syndicats, qui protège le droit de se syndiquer.

La Commission pétrolière de la Chambre des représentants a appelé à la suspension de la grève. L’intervention des députés est à rapprocher du protocole d’accord conclu le 9 septembre entre Dangote et le NUPENG (Syndicat nigérian des travailleurs du pétrole et du gaz naturel), l’équivalent syndical du PENGASSAN pour les cols bleus, qui a permis d’éviter un arrêt de travail à l’échelle nationale. Le protocole d’accord, négocié par le gouvernement avec le soutien du NLC (une des centrales syndicales du Nigeria), garantissait l’accès au syndicat, mais Dangote est revenue sur sa parole après quelques jours.

Alors que la grève s’intensifiait, la Commission pétrolière de la Chambre des représentants du Nigeria a demandé la suspension de la grève le 29 septembre, tandis qu’un tribunal de Lagos a rendu une ordonnance interdisant au PENGASSAN de mener une action collective et obligeant la NNPCL (Compagnie nationale nigériane des pétroles) à maintenir l’approvisionnement en pétrole brut. Cependant, sans se laisser décourager et avec le soutien des centrales TUC et NLC, les syndicalistes ont barricadé les tours de la NNPCL, de la NMDPRA (Autorité nigériane de régulation du secteur pétrolier) et de la NUPRC (Commission nigériane de réglementation de l’amont du secteur pétrolier) à Abuja, s’engageant à poursuivre leur action jusqu’à la réintégration des travailleurs.

Lumumba Okugbawa, Secrétaire général du PENGASSAN, a déclaré : “Nous apprécions profondément votre solidarité, votre discipline et votre engagement sans faille envers les idéaux de notre syndicat pendant cette période critique. Restez vigilants et unis, tandis que vos dirigeants continuent de suivre l’évolution de la situation.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Hoie, a déclaré :

“En totale solidarité avec les fiers affiliés d’IndustriALL, NUPENG et PENGASSAN, nous exprimons notre profonde préoccupation et notre condamnation sans équivoque des actions persistantes de Dangote visant à saper les droits syndicaux et à éroder les structures de négociation collective durement acquises et mises en place par ces deux syndicats. La grève est une réponse légitime à ces dérives inacceptables.”

Dans des courriers adressés à Dangote, IndustriALL a fait part de ses préoccupations concernant le comportement antisyndical de l’entreprise et a appelé au dialogue avec les syndicats.

Illustration : Shutterstock

L’accord-cadre mondial historique avec H&M fête ses dix ans

Dans le cadre des célébrations de ce dixième anniversaire, des représentants syndicaux du Bangladesh, de Turquie, du Cambodge et d’Indonésie se sont réunis à Stockholm pour partager leurs expériences. Tous sont convenus que l’accord avait contribué à améliorer les conditions de travail dans leurs pays respectifs.

“L’accord-cadre mondial nous a fourni une base solide pour nous organiser syndicalement et mener des négociations. Il a permis d’instaurer un dialogue social permanent avec les employeurs, ce qui nous a permis de négocier des droits fondamentaux tels que le congé parental et d’aborder ensemble des questions telles que le harcèlement sur le lieu de travail”,

a déclaré Nazma Akter, Présidente de fédération syndicale bangladaise de la confection Sommilito Garments Sramik Federation.

Fulya Pinar Özcan, Responsable des relations internationales auprès du Syndicat turc des travailleurs du textile Öz İplik İş, partage cet avis :

“Les accords-cadres mondiaux sont essentiels pour nous, car ils relient notre travail local à la responsabilité mondiale. Grâce à ces accords, nous pouvons garantir que les marques internationales assument la responsabilité de protéger les droits des travailleurs dans leurs chaînes d’approvisionnement turques. Pour notre syndicat, ils constituent un outil puissant pour renforcer la liberté syndicale, la négociation collective et la protection contre les abus tels que la répression syndicale. Surtout, ils donnent à nos membres une voix qui porte bien au-delà de leur propre usine.”

Eko Purwantoro, du Syndicat SPN d’Indonésie, a également souligné la manière dont l’accord garantit les droits humains fondamentaux ainsi que les droits syndicaux :

“L’accord-cadre mondial apporte des avantages tangibles aux travailleurs et travailleuses en garantissant les droits fondamentaux, en améliorant les conditions de travail, en ouvrant des canaux directs de dialogue social avec la direction mondiale, en empêchant le démantèlement des syndicats et en renforçant notre pouvoir syndical grâce à la solidarité internationale.”

Au cours des dix années d’existence de l’accord, les représentants syndicaux et les directions d’entreprise ont suivi des formations sur les droits des travailleurs, l’établissement de relations constructives entre les parties, les techniques de négociation et la résolution des conflits.

“Cet accord-cadre mondial a été source de transformation. Il donne aux syndicats une place officielle à la table des négociations et un accès direct aux décideurs de l’une des plus grandes enseignes mondiales. Cela se traduit par de réels progrès en matière de salaires, de sécurité et de dignité au travail. Il renforce également notre capacité à nous organiser syndicalement, à négocier collectivement et à défendre les travailleurs et travailleuses contre l’intimidation, montrant ainsi que la solidarité internationale peut apporter des améliorations concrètes dans les usines”,

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile et de la confection.

Lindsey Refinery : début des licenciements malgré des offres de reprise du site

Des licenciements annoncés au milieu d'offres de rachat

Le 29 septembre, le curateur FTI Consulting, qui gère Lindsey, a envoyé des préavis de licenciement à 125 travailleurs. Unite a révélé que deux offres au moins ont été déposées pour le rachat et la gestion du site en conservant l'ensemble du personnel, mais qu'elles n'ont suscité aucune réaction. Le syndicat est persuadé que l'option favorite est de démanteler Lindsey pour en faire un terminal de stockage pour pétroliers.

Pour Unite, cette solution saccagerait l'emploi, dévasterait l'économie de la région et affaiblirait la sécurité énergétique du Royaume-Uni. La raffinerie emploie directement 420 personnes,plus 500 en sous-traitance et des milliers d'autres dans sa chaîne d'approvisionnement.

La secrétaire générale d'Unite, Sharon Graham, a déclaré :

"Le gouvernement a fait la sourde oreille quant au sort de la deuxième raffinerie de pétrole menacée de fermeture en moins d'un an. Cela montre le ridicule des promesses du gouvernement de protéger les travailleurs et de son plan de zéro net. Il avait promis de donner la priorité aux offres privilégiant l'emploi chez Lindsey; or, avant même que ces offres soient examinées, on délivre des préavis de licenciement. Tant que les Travaillistes ne soutiendront pas les travailleurs et l'industrie britanniques, l'hémorragie continuera."

Une communauté démantelée

Pour les travailleurs du North Lincolnshire, ces licenciements ne sont pas seulement des chiffres, ce sont des vies détruites.

"Ce sont des milliers de familles et toute une communauté dont les existences sont terrassées,"

a dit Jamie Dalgetty, le coordinateur d'Unite chez Lindsey.

"Le gouvernement doit choisir : protéger les créanciers ou protéger les emplois. Nous nous battons pour la deuxième solution."

Réunion du NORTCCà Londres, en septembre 2025 

Les délégués présents à la réunion du Comité national des raffineries et terminaux pétroliers (NORTCC) d'Unite, qui s'est tenue à Londres les 23 et 24 septembre, ont qualifié cette fermeture de chaotique et dangereuse. Les équipes de sécurité ont été dissoutes, des installations essentielles fermées sans respecter les procédures et la maintenance est négligée. Ils avertissent que le site fonctionne très en-deçà des seuils de sécurité," ce qui fait craindre un accident grave.

Des travailleurs comptant plus de 25 années d'ancienneté sont licenciés sans indemnités. Du personnel technique est renvoyé avec moins d'une semaine de préavis. Des familles sont confrontées au chômage, au stress et à un bouleversement.

Ondes de choc politiques

Le NORTCC d'Unite a depuis écrit à la secrétaire générale Sharon Graham pour qu'elle réclame les démissions du secrétaire d'État à l'Énergie, Ed Miliband, et du ministre de l'Énergie, Michael Shanks, et envisage de désaffilier Unite du Parti travailliste.

Entretemps, une délégation d'Unite est présente au Congrès du Parti travailliste, à Liverpool, où elle fait pression pour une intervention d'urgence du gouvernement pour stopper les licenciements et obtenir une solution juste.

Cliff Bowen, membre du Conseil exécutif d'Unite pour le CPPT, a déclaré :

"Exporter les emplois et les compétences en essayant de décarboner par la désindustrialisation et la destruction de l'avenir des enfants de la classe laborieuse et de leurs communautés en délocalisant la production à l'étranger n'a jamais été la transition énergétique dont ce pays a besoin. Allez demander aux membres de la classe ouvrière du Grangemouth, aux milliers de travailleurs qui ont perdu leur emploi en mer du Nord ou à nos adhérents de Lindsey Oil Refinery qui nous regardentalors qu'ils se battent pour leurs emplois et leurs communautés. Les travailleurs ne veulent plus que se répète la transition injuste qui a dévasté Grangemouth. Le type de transition auquel nous assistons ne nous convient pas, géré par un gouvernement sourd. Il faut que cela s'arrête et mon syndicat et nos adhérents ne le supporteront pas plus longtemps.

La sécurité énergétique menacée

Lindsey n'est pas seulement vital pour l'emploi, mais aussi pour la sécurité énergétique du pays. Avant sa fermeture, la raffinerie fournissait près de 25 pour cent du carburant diesel consommé au Royaume-Uni. Sans elle, le Royaume-Uni dépendra davantage des importations, en particulier de Turquie et d'Inde, où beaucoup de ce diesel est produit à partir de brut russe.

La transformation de Lindsey en terminal de stockage pourrait convenir aux créanciers, dont le fisc britannique et le pétrolier Glencore,mais la Grande-Bretagne s'en trouverait dangereusement exposée aux caprices du marché mondial et aux hausses des prix à la pompe. Avec un soutien approprié du gouvernement, ajoute Unite, Lindsey pourrait continuer à fonctionner et préserver l'emploi et la sécurité énergétique.

Une tendance européenne

Le cas de Lindsey s'inscrit dans une tendance plus générale en Europe, celle d'une désindustrialisation déguisée en décarbonation. De Grangemouth à la mer du Nord et de l'Allemagne à l'Italie, des usines ferment sans aucun plan pour les travailleurs ou pour l'investissement dans des solutions de rechange. Les promesses de nouveaux emplois verts sont loin de se réaliser tandis que des communautés sont dévastées.

À la réunion du NORTCC, des intervenants venus de l'étranger ont confirmé la perspective. Mike Smith, de l'United Steelworkers, a décrit une même tendance aux États-Unis, en avertissant que les transitions se font de plus en plus "sans travailleurs", obligeant les syndicats à réclamer la nationalisation des raffineries pour protéger l'emploi et la stabilité énergétique.

"Un test pour l'Europe"

IndustriALL a promis un soutien total à Unite et à ses membres, en insistant sur le fait que Lindsey fait office de test pour l'Europe.

"Ce qui se passe à Lindsey fait office de test. Si les gouvernements laissent des entreprises s'effondrer sans plans pour l'emploi, les compétences ou la sécurité, nous nous orientons alors vers une transition sans travailleurs. IndustriALL est aux côtés d'Unite et de tous nos affiliés au Royaume-Uni. Nous mobiliserons la solidarité internationale pour défendre l'emploi et nous voulons des transitions industrielles planifiées, justes et négociées, pas chaotiques et imposées,"

a déclaré Diana Junquera Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie.

Un combat pour l'avenir

Unite et IndustriALL demandent :

L'histoire ne s'arrête pas avec les licenciements annoncés cette semaine. Pour Unite, Lindsey est un terrain de bataille, pas seulement pour défendre des milliers d'emploi dans le North Lincolnshire, mais pour dénoncer les dangers d'une transition énergétique animée par la logique mercantile et l'inaction du politique.

Ce qui en sortira ne concerne pas qu'une seule raffinerie; cela nous dira si les travailleurs ont un avenir dans la transition énergétique du Royaume-Uni, ou si les communautés vont continuer à payer le prix d'une transition sans justice.

PHOTO: IMMINGHAM, ROYAUME-UNI, 30 JUIN 2025, images d'un drone PRAX montrant les bureaux, cuves de stockage, cheminées et torchères de la raffinerie Lindsey Oil Refinery. Stock Photo ID: 2647850779