Un an de terreur au Myanmar : les syndicats demandent le retrait immédiat des préférences commerciales de l'UE

"Nous sommes solidaires avec la population du Myanmar et continuerons à nous battre pour le retour de la démocratie dans ce pays,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

"Il est essentiel de priver la junte militaire de ces liens économiques et il faut lever le TSA."

Depuis le coup d'État, les militaires ont arrêté plus de 11.500 civils, syndicalistes, journalistes et acteurs de la culture; ils ont procédé à 64 exécutions et tué plus de 1.500 civils, dont une centaine d'enfants âgés de 14 mois à 17 ans.

En outre, les Nations unies estiment qu'à cause du conflit, plus de 1,6 million de personnes ont été déplacées ou ont trouvé refuge dans les États de Chin, Kachin, Rakhine et Shan. À cela s'ajoutent les 241.000 personnes qui ont fui le pays au Bangladesh, en Malaisie et en Thaïlande.

Devant cette situation, il faut que l'Union européenne et la communauté internationale durcissent leur position et appliquent des mesures économiques pour que cesse ce carnage. À la demande des syndicats démocratiques du Myanmar, IndustriALL Global Union et son organisation jumelle IndustriALL Europe appellent l'Union européenne à annuler immédiatement les préférences commerciales dont bénéficie le Myanmar par le régime TSA.

Le Système de préférences généralisées (SPG), dont le TSA fait partie, consiste à utiliser les échanges commerciaux avec l'UE pour créer des emplois dans les pays en développement, dans le respect des droits humains et des droits au travail. Des sanctions peuvent être appliquées et les préférences commerciales retirées lorsque des violations de ces droits sont constatées.

"La population du Myanmar vit depuis un an sous une dictature militaire et cette situation ne peut tout simplement pas continuer. Tous les dirigeants politiques doivent agir pour mettre fin aux atrocités commises au Myanmar, et nous appelons les dirigeants de l'UE à utiliser les moyens dont ils disposent ensemble, notamment les régimes commerciaux, pour affaiblir la junte militaire et mettre fin à ce règne de terreur,"

déclare Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Europe.


 

Au Togo, les syndicats et les organisations de la société civile rejettent un projet de loi constitutionnelle répressif

La Fédération des Industries du Togo (FIT), affiliée à IndustriALL Global Union, deux autres syndicats des mines et des hôpitaux et des organisations de la société civile (OSC), constituant un groupe de huit organisations baptisé G8, jugent bancal ce processus d'amendement de la constitution de 1901, qui n'est ni transparent ni inclusif. Le GO, une coalition d'organisations promouvant les droits des travailleurs, les droits de l'homme, l'état de droit et un dialogue social inclusif, dit n'avoir jamais été consulté sur le projet de loi qu'il a découvert par les annonces officielles.

Le G8 accuse aussi le projet de loi de violer les droits de l'homme et les normes du travail auxquels le pays a souscrit sur la scène internationale. Il exhorte le gouvernement à prendre en compte ces instruments internationaux lorsqu'il élabore des lois. Ces droits sont protégés par la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations unies, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et les normes internationales de l'Organisation internationale du travail, à savoir la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la convention 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective.

Le G8 craint que le but premier soit de les "réduire au silence" et il est choqué que les amendements n'aient pas été soumis au parlement sous le prétexte de la pandémie de Covid-19. Dans une déclaration, le groupe y voit de l'antisyndicalisme et de l'ingérence dans les OSC et considère que la lourde procédure d'enregistrement et de déclaration que propose la future loi rendra leur fonctionnement impossible.

"Pour montrer combien ce projet de loi est néfaste, nous en avons supprimé 44 articles choquants. Nous soumettrons nos objections au gouvernement et sensibilisons les travailleurs par des campagnes d'information et d'éducation sur les raisons pour lesquelles les syndicats rejettent le projet de loi. Nous invitons aussi les travailleurs à commenter le projet,"

a déclaré Mensah Tchegnon, le secrétaire général de la FIT.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, ajoute :

"Nous appelons le gouvernement du Togo à respecter les droits de l'homme et du travailleur que protègent la législation nationale et les normes internationales du travail. Le gouvernement doit mettre en place une relation non-conflictuelle avec les syndicats, fondée sur le dialogue social, plutôt que d'élaborer des lois détestables."

Photo : Fédération des Industries du Togo 

Le Myanmar, un an après le coup d’État

Il y a tout juste un an aujourd’hui, l’armée du Myanmar organisait un coup d’État après la défaite du parti dirigé par des militaires lors d’une élection démocratique. IndustriALL Global Union a condamné le coup d’État le jour même et a immédiatement commencé à travailler avec ses syndicats affiliés du Myanmar pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses jusqu’au rétablissement de la démocratie.

La résistance au coup d’État a été forte : des centaines de milliers de fonctionnaires ont refusé de travailler sous la junte, des travailleurs et travailleuses se sont mis en grève, un mouvement de désobéissance civile a été lancé, les minorités ethniques se sont rassemblées et un gouvernement en exil a été formé.

Les syndicats du Myanmar et IndustriALL ont demandé aux entreprises de veiller à ce que les droits des travailleurs et travailleuses soient protégés pendant le coup d’État. Cependant, il est rapidement apparu que c’était impossible : les propriétaires d’usines locales ont profité du coup d’État pour licencier la main-d’œuvre syndiquée, fournissant les coordonnées des membres du syndicat à la police.

La dirigeante syndicale Khaing Zar Aung confie :

“Aucun syndicat démocratique ne peut désormais fonctionner au niveau d’une usine.”

Elle qualifie cette situation d’“esclavage moderne”, expliquant que le président d’un de ses syndicats a récemment été menacé d’assassinat. Les travailleurs et travailleuses font des heures supplémentaires forcées en tant que journaliers et, souvent, ne sont pas payés. Elle estime qu’une diligence raisonnable efficace n’est pas possible dans ces conditions.

Cette situation a conduit le mouvement syndical du Myanmar, soutenu par IndustriALL, à demander que des sanctions économiques complètes soient prises à l’encontre du Myanmar et que les entreprises de stature mondiale cessent de mener leurs affaires dans le pays. IndustriALL a écrit à ces entreprises pour leur faire part de cette revendication. En conséquence, de nombreuses entreprises ont réduit leurs activités, tandis que certaines, dont Total, Chevron, Bridgestone et C&A, se sont retirées du pays.

Le gouvernement démocratiquement élu s’est constitué en gouvernement en exil, principalement basé en Thaïlande. Le Gouvernement d’unité nationale (GUN) est composé de membres de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti qui a remporté les élections, ainsi que d’autres partis qui respectent le résultat démocratique, et de groupes représentant les minorités ethniques.

Le GUN a formé une force armée qui mène une guérilla contre la junte militaire, ce qui entraîne des représailles de l’armée contre les civils, les villes étant bombardées par l’artillerie. Environ 1.500 personnes ont été tuées, tandis que 20 frappes aériennes contre des villages rebelles ont entraîné la fuite d’environ 32.000 personnes et on recense 776.000 personnes déplacées dans les frontières du pays.

Source: ITUC

La plupart des syndicats du Myanmar reconnaissent le GUN comme le gouvernement intérimaire légitime du Myanmar. Le mouvement syndical international, notamment par le biais de la CSI et d’IndustriALL, a demandé que le GUN soit reconnu au niveau mondial depuis avril 2021. Le mouvement syndical a également mené des efforts diplomatiques pour isoler la junte et faire reconnaître le GUN lors des réunions de l’ONU, notamment la Conférence internationale du travail en juin 2021. Les efforts diplomatiques portent leurs fruits et le Sénat français ainsi que le Parlement européen ont reconnu le GUN en octobre 2021.

Bien que le mouvement syndical reconnaisse le GUN, ses tactiques, sa stratégie et ses priorités sont différentes. Alors que la Force de défense du peuple du GUN mène une lutte armée, le mouvement syndical se concentre sur la désobéissance civile pacifique, en donnant la priorité aux grèves et à une campagne internationale en faveur de sanctions économiques complètes contre le Myanmar.

Bien que le GUN ne soutienne pas officiellement l’appel aux sanctions, il demande aux entreprises de stature mondiale de refuser de coopérer avec le régime militaire ou de payer des taxes et droits. Le mouvement syndical se réunit chaque semaine avec le Ministère du travail du GUN afin de coordonner les efforts visant à protéger les droits des travailleurs.

IndustriALL estime que la stratégie visant à isoler la junte militaire sur le plan diplomatique et économique est le moyen le plus efficace d’apporter un changement pacifique au Myanmar. La campagne de sanctions va s’intensifier et une pression croissante sera exercée sur les entreprises qui continuent à fonctionner au Myanmar.

IndustriALL et notre organisation sœur industriAll Europe avons écrit ce jour à la Commission européenne pour revendiquer la fin de l’accord commercial préférentiel de l’UE “Tout sauf les armes”.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Le mouvement syndical international et les partisans de la démocratie partout dans le monde, n’accepteront jamais la normalisation de la dictature militaire au Myanmar.

Dans les jours qui ont immédiatement suivi le coup d’État, de nombreuses entreprises ont pu être sincèrement persuadées que la chose la plus responsable à faire était de continuer à fournir des emplois durables à la population du Myanmar.

Cependant, il est de plus en plus clair que la diligence raisonnable n’est pas possible dans une dictature. Ces entreprises doivent cesser immédiatement leurs activités au Myanmar.”

Les travailleurs de General Motors Mexique élisent de nouveaux représentants syndicaux

En août 2021, lors d’un vote requis dans le cadre du processus de la réforme du travail au Mexique, les travailleurs et travailleuses ont rejeté la convention collective signée par l’ancien syndicat Miguel Trujillo López, affilié à la Confédération des travailleurs mexicains (CTM), accusant ce syndicat de prendre parti pour GM et de faire passer les intérêts de l’entreprise avant ceux de ses membres.

Les travailleurs et travailleuses ayant voté contre l’ancienne convention, des élections sont maintenant organisées pour choisir un nouveau syndicat.

La fédération syndicale américaine AFL-CIO, a exhorté GM et l’autorité mexicaine du travail à garantir un processus électoral juste et libre, pendant et après le scrutin lui-même, comme l’exigent l’accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) et la réforme du travail au Mexique.

Le Réseau régional des travailleurs de GM, composé de membres des affiliés d’IndustriALL Global Union à travers les Amériques, affirme que tous les travailleurs et travailleuses ont le droit d’être représentés par un syndicat démocratiquement élu et de bénéficier d’un processus de négociation collective libre et équitable.

Pour garantir la transparence du processus de vote, les gouvernements mexicain et américain sont convenus de la présence d’observateurs de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Institut national électoral (INE) et du Comité national des droits de l’homme du Mexique.

Comme convenu avec le Centre fédéral de conciliation et d’enregistrement des syndicats, quatre syndicats se présenteront aux élections.

L’un d’eux est le Syndicat national des travailleurs de l’automobile (SINTTIA), soutenu par le réseau régional des travailleurs de GM et créé par des employés actifs et indépendants de GM qui ont voté contre l’accord précédent.

Les trois autres syndicats sont liés à la CTM. Il s’agit du Syndicat national des travailleurs et employés du transport automobile, de la construction, de l’automobile, des pièces détachées automobiles et des industries similaires ; du Syndicat national des travailleurs de l’automobile et des industries métalliques ; et du Syndicat national de l’industrie, du commerce et des services “Carrillo Puerto”.

IndustriALL se félicite du processus de réforme du travail qui a ouvert la voie permettant aux travailleurs et travailleuses d’élire leurs dirigeants et de peser sur leur convention collective de travail. Nous suivons de près ce processus et, avec d’autres affiliés et travailleurs de GM, nous souhaitons appeler à un scrutin transparent et exprimer notre soutien aux travailleurs et travailleuses de l’usine de Silao dans leur lutte pour la liberté syndicale.

Le gouvernement nigérian renonce à la hausse du prix du pétrole devant la mobilisation syndicale

Les affiliés nigérians d'IndustriALL Global Union ont promis de combattre ces hausses qui, pour eux, vont rogner les revenus de leurs adhérents et aggraver la pauvreté.

Le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (NUPENG) et l'Association des cadres du pétrole et du gaz naturel (PENGASSAN) appellent le gouvernement à industrialiser l'économie en ressuscitant les raffineries locales. Les syndicats voient en elles le moyen d'atténuer les effets des fluctuations des cours du pétrole, de créer des emplois décents et d'accroître les recettes du pays.

Auparavant, le gouvernement avait annoncé une augmentation du prix du pétrole de 320 à 340 Nairas le litre (0,05 $). Mais, le 24 janvier, il est revenu sur sa décision à la perspective des protestations nationales qu'allaient organiser les syndicats et les organisations de la société civile.

"Cette suspension de la hausse du prix du pétrole n'est pas une victoire totale parce qu'elle ne change pas la situation économique et sociale des travailleurs nigérians. Le chômage est élevé et l'inflation gagne du terrain. Les travailleurs ont besoin d'un amortisseur social fait de transports publics abordables et d'un développement des infrastructures,"

a déclaré Olawale Afolabi, le secrétaire général du NUPENG.

"Nous irons de l'avant et continuerons à interpeler le gouvernement sur les problèmes cruciaux que sont le raffinage du pétrole sur place, la création d'emplois durables et un pétrole à des prix abordables,"

a dit Ayuba Wabba, le secrétaire général du Congrès du travail du Nigeria.

Le Congrès des syndicats du Nigeria (TUC) insiste lui aussi sur "la revitalisation des raffineries existantes, la création de nouvelles, modulaires notamment, et une surveillance efficace des frontières pour endiguer la contrebande de produits pétroliers."

Depuis des années, les syndicats font campagne contre "la malédiction des ressources" au Nigeria, où les réserves de pétrole et de gaz ne profitent pas à l'économie et n'éradiquent pas la pauvreté.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, déclare :

"Au Nigeria, les travailleurs et les communautés attendent du gouvernement un pétrole abordable et ne veulent pas de hausses qui sont souvent la conséquence de la corruption. Les travailleurs nigérians devraient profiter des énormes réserves de pétrole et de gaz, et notamment pouvoir acheter un pétrole abordable raffiné sur place."

Photo : Station-service flottante dans le delta du Niger. Stakeholder Democracy

Une manifestation syndicale débouche sur des poursuites pénales

Le Président du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Triumph International Thailand, Chitnawatcharee Panad, le Président de la Fédération syndicale du textile, de la confection et du cuir de Thaïlande (TWFT), Sia Jampathong ainsi que quatre autres militants syndicaux ont été inculpés par la police thaïlandaise pour avoir enfreint le décret d’urgence et la loi sur le contrôle des maladies.

“Le gouvernement a tort d’utiliser la Covid-19 comme une excuse pour étouffer les préoccupations légitimes du monde du travail. Ces 1.388 travailleurs et travailleuses sont maintenant confrontés à de graves difficultés économiques. Le gouvernement doit abandonner toute accusation ou enquête,”

a déclaré Prasit Prasopsuk, Président de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT).

Ils ont été mis en accusation après avoir pris la parole lors d’une manifestation devant les bâtiments du gouvernement à Bangkok en octobre de l’année dernière. Les travailleurs et travailleuses revendiquent que le gouvernement assume la responsabilité de l’argent dû à 1.388 salariés, précédemment employés par Brilliant Alliance Thai Global (BAT).

L’entreprise, qui fournissait le géant de la lingerie Victoria’s Secret, n’a toujours pas versé les indemnités de licenciement, les salaires dus, les heures supplémentaires ou les congés payés, soit un total de THB 242.689.862,71 (7,4 millions de dollars), après avoir fermé l’usine en mars 2021.

“IndustriALL Global Union appelle le Premier ministre thaïlandais, Prayuth Chan-o-cha, à abandonner les poursuites et à respecter le droit des travailleurs et travailleuses à exprimer leurs préoccupations.

Nous demandons également à Victoria’s Secret, Torrid et Lane Bryant, qui s’approvisionnent auprès de BAT, d’assumer la responsabilité des travailleurs et travailleuses de leur chaîne d’approvisionnement mondiale, d’intervenir de toute urgence et de garantir le versement d’indemnités aux personnes licenciées en faisant pression sur le gouvernement thaïlandais et l’usine ou, si nécessaire, en versant eux-mêmes le dû.”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Lutter contre la violence et le harcèlement chez ENI

L’accord stipule qu’ENI doit offrir un monde du travail exempt de violence et de harcèlement.

Les principaux aspects sont les suivants :

ENI interdit toute forme de violence et de harcèlement au travail, soulignant une politique de tolérance zéro.

Une attention particulière est accordée à la violence et au harcèlement fondés sur le sexe, offrant une protection étendue aux personnes les plus vulnérables.

L’accord est applicable à tous les travailleurs et travailleuses d’ENI, quel que soit leur statut professionnel.

L’accord couvre non seulement le lieu de travail, mais, comme le prévoit la C190 de l’OIT, le monde du travail, c’est-à-dire la violence et le harcèlement qui se produisent au-delà du lieu de travail physique, comprenant l’utilisation d’outils numériques.

Promotion d’une culture de lutte contre la violence et le harcèlement, fournissant des informations et des formations, mettant en œuvre des mesures préventives.

Un système de signalement assurant que tous les cas feront l’objet d’une enquête en bonne et due forme, garantissant la confidentialité et la protection contre la victimisation et les représailles.

“Un monde du travail exempt de violence et de harcèlement est un droit fondamental pour tous, en particulier les femmes qui sont affectées de manière disproportionnée par la violence. La C190 offre la possibilité d’ajouter des clauses importantes aux ACM, en particulier sur la violence liée au sexe, et c’est une priorité pour IndustriALL au sein de tous ses nouveaux ACM. Les affiliés d’IndustriALL indiquent que les ACM ont été un levier important pour les politiques sur le lieu de travail et la sensibilisation à la violence liée au genre,”

a indiqué Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

IndustriALL vise également à inclure dans les ACM un texte sur l’impact de la violence domestique dans le monde du travail, ainsi que sur les mesures que les employeurs devraient prendre pour en atténuer les impacts.

Ghana : appel du syndicat à la ratification de la C176 de l’OIT après l’explosion qui a tué 13 personnes et détruit un village

Certaines maisons ont été rasées tandis que d’autres ont été gravement endommagées par l’explosion. La Commission des minéraux du Ghana mène une enquête sur l’explosion, et la licence minière du fabricant d’explosifs, Maxim Ghana, a été suspendue, ainsi que celle de son sous-traitant qui transportait les explosifs.

Les mines d’or de Chirano sont gérées par la société canadienne Kinross Gold Corporation.

Selon les informations en notre possession, les explosifs auraient dû être transportés sous escorte policière, ce qui n’a pas été le cas. Le gouvernement du Ghana et autres organisations ont depuis lancé des opérations de secours pour soutenir la communauté locale touchée.

Le Syndicat des mineurs du Ghana (GMWU), affilié à IndustriALL Global Union, affirme que cette catastrophe aurait pu être évitée si les protocoles de santé et de sécurité avaient été respectés.

Le syndicat souligne en outre que le moment est venu pour le gouvernement ghanéen de ratifier la Convention 176 de l’Organisation internationale du travail sur la santé et la sécurité dans les mines et de l’intégrer dans la législation nationale afin d’éviter que des accidents similaires ne se reproduisent.

Abdul-Moomin Gbana, Secrétaire général du GMWU, a déclaré :

“Le syndicat compatit avec l’ensemble de la communauté d’Appiatse, dont certains de nos membres et leurs familles, pour cette perte et souhaite les assurer de notre soutien le plus total en ces temps difficiles.

Les communautés riveraines doivent être assurées que l’exploitation minière et les activités connexes ne mettront pas en danger les vies et les moyens de subsistance. Le moyen le plus sûr d’y parvenir est de se concentrer davantage sur l’aspect préventif en éduquant les citoyens, en garantissant une application et un respect stricts des normes de sécurité et en punissant les contrevenants de manière frontale.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a pour sa part déclaré :

“Il est particulièrement horrible que tant de vies aient été perdues en raison de la négligence et du non-respect de mesures de santé et de sécurité. Nous soutiendrons le GMWU dans sa campagne pour la ratification de la C176 ainsi qu’au niveau de la sensibilisation à la santé et à la sécurité des travailleurs et travailleuses ou encore des communautés riveraines.”

De sérieuses inquiétudes subsistent quant à la santé et la sécurité en Inde

Le 1er janvier 2022, quatre personnes ont été tuées dans une explosion survenue dans une usine de feux d’artifice du district de Virudhunagar, dans le Tamil Nadu. L’explosion a entraîné l’effondrement du bâtiment et a laissé plusieurs travailleurs et travailleuses grièvement blessés. Dans un incident similaire, le 5 janvier, une explosion dans une autre unité de fabrication de pétards à Virudhanagar a tué trois personnes.

Le 6 janvier, six travailleurs et travailleuses ont été tués et 29 autres salariés de Vishwaprem Mill, une usine de teinture et d’impression de textiles, ont dû être hospitalisés après avoir inhalé des gaz toxiques provenant de la crique Sachin, dans le district de Surat. Le Conseil de contrôle de la pollution du Gujarat a confirmé que de l’hydrogénosulfure de sodium et du thiosulfate de sodium avaient été déversés illégalement dans le ruisseau. Alors que le National Green Tribunal, la juridiction fédérale pour les questions environnementales, s’est saisi de l’affaire, l’attitude des autorités locales reste laxiste.

Une autre fuite chimique a eu lieu à Mangalore le 11 janvier. Vingt salariés d’une unité de traitement de poisson ont été admis dans un hôpital privé à Mukka, suite à une fuite d’ammoniac. Les affiliés indiens d’IndustriALL Global Union signalent également des accidents dans la zone minière exploitée par Northern Coalfield Limited (NCL) : le 10 janvier, un camion-citerne de diesel a pris feu dans la zone du projet Amlorhi de NCL et le 12 janvier, un travailleur sous-traitant a été tué alors qu’il nettoyait une citerne.

Les accidents sont une caractéristique constante de la vie professionnelle. Le 23 janvier, un travailleur a été tué et quatre autres ont été gravement blessés sur le site de Megafine Pharma Company à Lakhmapur-Nashik à la suite de l’incendie d’un réacteur.

Au cours des cinq dernières années, le gouvernement a assoupli les inspections et l’octroi de licences pour permettre l’auto-certification et a exempté certaines entreprises de l’obligation de rendre des comptes au sujet de la santé et de la sécurité afin de faciliter les affaires et de soutenir les petites entreprises. La faiblesse des investissements en matière de santé et de sécurité, la vétusté des machines et le manque de formation à l’utilisation de celles-ci aggravent le danger pour les travailleurs et travailleuses. Les accidents industriels ont grimpé en flèche lorsque les usines ont repris le travail après un confinement de trois mois pour cause de COVID-19.

En Inde, la disponibilité des inspecteurs de santé et de sécurité est faible par rapport à la densité des usines. La mise en œuvre effective des normes de santé et de sécurité est depuis longtemps une revendication des syndicats et des travailleurs.

Sanjay Vadhavkar, membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :

“En avril 2021, le Ministère de l’Emploi et du Travail a mis en place trois groupes d’experts chargés d’enquêter sur les causes de la hausse des accidents et d’examiner les politiques et pratiques existantes en matière de sécurité, de santé et de conditions de travail. Cependant, les préoccupations et les recommandations des syndicats et des travailleurs n’ont pas été prises en compte. Nous revendiquons que le gouvernement fédéral et les gouvernements des États divulguent toutes les informations pertinentes sur les accidents, rendent publics les rapports d’enquête et imputent la responsabilité aux employeurs ou aux autorités gouvernementales concernées.”

G. Sanjeeva Reddy, Président de la Fédération nationale indienne des métallurgistes (INMF-INTUC) et membre du Comité exécutif d’IndustriALL a déclaré :

“Nous sommes attristés et scandalisés par ces accidents, qui montrent clairement de graves lacunes dans les mesures de sécurité. Nous revendiquons une enquête judiciaire de haut niveau sur ces accidents fréquents, une inspection stricte des usines et des mines en coordination avec les représentants des travailleurs, le renforcement des lois sur la santé et la sécurité et leur mise en œuvre dans leur véritable esprit, ainsi que l’abolition complète du système de sous-traitance.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a pour sa part indiqué :

“Des accidents industriels aussi fréquents en Inde sont très préoccupants et montrent clairement l’effacement de la norme en matière de sécurité et le non-respect des règles à cet égard. IndustriALL appelle le gouvernement indien à revoir d’urgence les lois et règles de sécurité existantes dans le pays et à développer un plan d’action intégré avec l’aide des syndicats, afin de garantir que les lieux de travail soient sûrs et à l’épreuve du feu, et non des pièges mortels.”

En Finlande, les grévistes du papier tiennent bon face à UPM qui refuse de négocier

Trois affiliés d'IndustriALL Global Union, Paperiliitto (syndicat du papier), Teollisuusliitto (syndicat d'industrie) et Proliitto (syndicat professionnel) sont concernés. Tous les sites d'UPM en Finlande sont à l'arrêt, avec un coût énorme pour l'entreprise alors que la demande pour ses produits est au plus haut.

Le conflit a éclaté lorsque UPM a quitté la négociation sectorielle qui avait cours depuis des décennies, refusant de signer toute convention collective avec Paperiliitto, qui représente la majorité de son personnel. La direction veut des conventions séparées pour chacun des cinq secteurs d'activité.

Elle veut reclasser les 500 travailleurs cols-blancs représentés par Proliitto en tant que cadres afin de les exclure de la négociation collective et ne reconnaîtrait plus les délégués d'atelier du syndicat. La direction a aussi supprimé le prélèvement automatique des cotisations syndicales en vigueur depuis les années 1970. La convention collective qui la lie à Teollisuusliitto reste en vigueur, mais le syndicat appuie la revendication d'une convention uniforme sur les conditions de travail.

En plus de saboter la négociation collective, la direction veut allonger fortement la durée du travail sans augmentation des salaires, ce qui revient dans les faits à diminuer de 20 à 30 pour cent les salaires de nombreux travailleurs. Les syndicats pensent qu'elle a délibérément provoqué cette grève qu'elle espère utiliser pour briser les syndicats.

Depuis lundi 24 janvier, les dockers et les cheminots ont rejoint les grévistes en refusant, par solidarité, de toucher aux produits d'UPM.

Petri Vanhala, le président de Paperiliitto, explique :

"Nous avons proposé de rencontrer UPM mais ils ont refusé. Notre unique revendication est de ne pas démanteler le système de négociation collective et de s'en tenir à la norme de l'industrie qui a été fixée avec d'autres entreprises du secteur."

Des actions collectives de cette importance sont rares en Finlande, qui connaît généralement une paix sociale relative grâce à des conventions collectives de branche. Les syndicats sont persuadés que cette attaque contre la négociation collective a une dimension idéologique et que l'entreprise est déterminée à affaiblir les syndicats, même à un coût économique élevé pour elle, ce qui constituerait un dangereux précédent pour les relations professionnelles dans ce pays nordique.

La médiation a échoué parce que la direction refuse de rencontrer les syndicats. UPM a offert à des jaunes une prime de 30 euros par jour, et les syndicats s'attendent à ce que la grève perdure. Des représentants majeurs des travailleurs au comité européen d'entreprise refusent de coopérer avec la direction, par solidarité avec les Finlandais, et des syndicats représentant les travailleurs d'UPM dans d'autres pays suivent de près l'évolution de la situation, beaucoup envoyant des messages de soutien et de solidarité. Les syndicats du papier du monde entier vont se réunir incessamment et d'autres actions de solidarité suivront.

Le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie, Tom Grinter, a déclaré :

"L'intransigeance bornée d'UPM et son insistance à rejeter les conventions collectives entachent partout la réputation de l'entreprise. Ses actionnaires devraient s'inquiéter des dégâts pour son image à long terme."

UPM a toujours été un franc-tireur dans l'industrie finlandaise, avec une attitude relativement dure et hostile aux syndicats. Alors que d'autres entreprises de la pâte et du papier de Finlande ont signé des conventions collectives avec les syndicats, UPM s'est retirée de l'association des employeurs en 2020.

Photo : Grévistes devant les grilles de l'usine UPM Kymi à Kouvola, le 1er janvier. Par Henri Koskela, un des grévistes et syndicalistes.