L’absence de sécurité fait de nouveaux morts dans les mines de jade du Myanmar

Le glissement de terrain s’est produit lors des fortes pluies de la mousson. Soixante-dix mineurs ont été emportés dans un grand bassin de rétention. Jusqu’à présent, les sauveteurs ont retrouvé les corps de trois mineurs.

En 2020, plus de 160 travailleurs ont été tués dans un autre glissement de terrain au sein d’une mine de jade à Hpakant. Les études montrent que les glissements de terrain ont été principalement causés par des pratiques dangereuses mises en œuvre par les sociétés minières.

Un rapport de Global Witness rend compte du fait que la suspension du permis d’exploitation des mines de jade en 2016 par le gouvernement de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) n’avait pas permis de résoudre les principaux problèmes tels que la domination des entreprises liées à l’armée dans le secteur, la corruption à plusieurs niveaux et les conflits armés dans la région.

Compte tenu de la suspension de la délivrance de licences et de l’expiration de celles existantes en mars 2021, les sociétés minières ont abandonné la pratique consistant à transporter les déchets miniers vers les sites de décharge désignés par l’autorité.

Au lieu de cela, les entreprises ont commencé à déverser leurs déchets sur site. En conséquence, les pentes des mines sont devenues instables et de grands bassins de résidus se sont formés.

Des collecteurs de jade artisanaux, fréquentes victimes de glissements de terrain sur les sites miniers, recherchent jour et nuit des pierres de jade dans les bassins de résidus. Le nombre de collecteurs de jade, pour la plupart des migrants d’autres États, a doublé au cours des cinq dernières années avec la situation incertaine qui a suivi l’expiration des permis d’exploitation minière.

Le rapport de Global Witness met également en lumière les flux financiers du secteur des mines de jade vers la junte du Myanmar.

En 2016, la société Myanma Economic Holdings Limited, détenue par des militaires, contrôlait 600 licences d’exploitation de jade par le biais de filiales. Ces sociétés sont liées à des dirigeants de la junte comme Than Shwe, Ohn Myint, Aung Thaung et Maung Maung Thein.

L’actuel Conseiller d’État, Min Aung Hlaing, qui a pris le pouvoir lors du coup d’État de février, a reçu un versement de dividendes de 250.000 dollars en 2010-2011. Son fils Aung Pyae Sone aurait profité de l’exploitation minière illégale et de l’importation de dynamite dans la région de Hpakant.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Le cercle vicieux d’une exploitation minière dangereuse doit prendre fin et la vie des travailleurs et travailleuses doit être protégée. De saines pratiques de sécurité doivent être imposées. Cependant, cela ne peut se faire sous le joug d’un régime militaire qui tire parti des pratiques dangereuses actuelles. Le Gouvernement d’unité nationale doit devenir le gouvernement légitime du Myanmar afin de poursuivre les réformes mises en place par le gouvernement de la LND en 2016.

Il sera crucial pour un gouvernement démocratiquement élu de démilitariser l’industrie des mines de jade, de mettre en place une norme de sécurité industrielle solide et d’éliminer la corruption à tous les niveaux.”

Illustration : glissement de terrain dans une mine de jade du Myanmar en 2015.

Inde : Les travailleuses d'une usine Foxconn protestent

L'usine emploie quelque 16.000 travailleuses, dont 80 pour cent âgées de 18 à 23 ans. La plupart sont des migrantes embauchées par l'intermédiaire de sous-traitants ou d'agences, sans contrats, documents d'identité ou toute trace prouvant qu'elles sont employées par Foxconn. Elles sont mal payées, n'ont pas de protection sociale et ne peuvent pas se syndiquer ni négocier collectivement.

Elles doivent loger dans des foyers qu'elles disent surpeuplés et dépourvus de sanitaires. Elles sont 20 à 40 dans des chambres prévues pour n'en recevoir que 10 au plus et insuffisamment aérées. Elles n'ont pas accès à des aliments sains et de qualité. Elles ne peuvent s'absenter qu'en cas d'urgence et leurs salaires sont réduits d'autant.

Ces travailleuses contractuelles ne peuvent pas utiliser leur téléphone portable à l'intérieur de l'usine et leurs déplacements sont limités. Pour les syndicats, elles sont dans une situation de travail servile.

Au cours de la troisième semaine de décembre, des centaines de travailleuses ont été intoxiquées dans le dortoir IMA de l'entreprise qui en héberge plus de 2.000. Lorsque leurs collègues se sont enquises de leur santé, la direction, le foyer et le sous-traitant ont refusé de répondre, ce qui a déclenché le mouvement de protestation.

Le 17 décembre, des travailleuses ont manifesté à proximité de l'usine par un "sit-in" spontané qui a bloqué l'autoroute Chennaï-Bangalore. L'action s'est étendue à d'autres endroits le long de l'autoroute.

Les travailleuses exigeaient que les autorités donnent tous les détails sur les travailleuses malades et sur leur état de santé, qu'elles prennent des mesures contre le sous-traitant et le gestionnaire du foyer, assurent de meilleures infrastructures et améliorent leurs conditions de travail et d'existence. Elles exigeaient aussi que Foxconn assume ses responsabilités quant à la sécurité et au bien-être des travailleuses.

"Des travailleuses sont mises à la porte ne fût-ce que pour une petite erreur et elles subissent des abus. Nous sommes toutes instruites et beaucoup sont diplômées mais doivent accepter un travail temporaire et mal payé."

Même les assurances données par le ministre du Bien-être, des hauts responsables de l'État et l'administration du district n'ont pas convaincu les travailleuses.

Au bout de plus de 16 heures de protestations, la police a dispersé les travailleuses aux abords de l'usine de Sunguvarchatram. À Oragadam, une zone industrielle proche, elle a procédé à des arrestations. Une vingtaine de militantes ont été placées en garde à vue le soir même et 67 ont été remises en liberté le lendemain.

"Les protestations des jeunes femmes de cette usine sont la conséquence des conditions de travail absolument inhumaines à l'usine Foxconn et des conditions de vie dans les dortoirs. Il est impérieux que les syndicats aient accès à ces jeunes travailleuses pour pouvoir les syndiquer et améliorer leurs conditions de travail et d'existence,"

a déclaré Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL Global Union.

Ghana : dans un secteur automobile en pleine croissance, la syndicalisation passe à la vitesse supérieure

Cette année, des usines Toyota et Volkswagen ont été mises en service, cette dernière devant produire jusqu’à 20.000 véhicules par an.

Le syndicat a recruté 1.982 travailleurs et travailleuses dans les entreprises automobiles, y compris celles qui vendent des composants et des pièces. Seuls 154 de ces salariés sont des femmes et le syndicat demande à l’industrie automobile d’intégrer l’égalité des sexes dans ses politiques de recrutement.

L’ICU affirme qu’il veillera à ce que les travailleurs et travailleuses du secteur reçoivent un salaire décent et souhaite que les entreprises soient impliquées dans les négociations collectives et le dialogue social et qu’elles adhèrent à de meilleures normes de santé et de sécurité, notamment aux protocoles Covid-19. En outre, le syndicat souhaite que les entreprises investissent dans une automatisation qui améliore les compétences des travailleurs et travailleuses ghanéens. Le syndicat fait également partie du réseau VW, qui comprend des syndicats du Kenya, de Namibie et d’Afrique du Sud, ainsi que le Comité d’entreprise européen de VW. Le réseau a notamment pour objectif de promouvoir un travail décent pour les travailleurs de VW.

Morgan Ayawine, Secrétaire général de l’ICU, déclare :

“Il est important de noter que chez VW Ghana, nous avons une convention collective et que les salaires sont supérieurs au salaire minimum. Les membres ont accès à tous les avantages statutaires tels que spécifiés dans les législations du travail, dont la sécurité sociale. En outre, l’ICU a pu négocier des avantages supplémentaires pour les travailleurs et travailleuses, tels que des soins de santé gratuits ou subventionnés, entre autres.”

Selon la Commission nationale tripartite, le salaire minimum au Ghana pour 2021 est de 12,53 cedis par jour ou 301 cedis par mois (49 dollars). Cependant, l’Institut de recherche Anker estime que le salaire vital pour une famille de deux adultes et deux enfants est l’équivalent d’environ 250 dollars.

La croissance du secteur automobile est soutenue par les politiques gouvernementales, notamment le Programme de développement industriel, qui vise à attirer les grandes entreprises de construction automobile dans le pays. Cette politique vise également à créer des emplois hautement qualifiés dans l’assemblage automobile et la fabrication de composants et de pièces.

La mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) est également perçue comme un avantage pour l’industrie automobile du Ghana, notamment par l’exportation de véhicules assemblés localement vers les pays voisins moyennant des tarifs douaniers réduits. L’industrie automobile de l’Afrique subsaharienne et certains gouvernements africains, dont le Ghana, étudient la possibilité de créer des centres de fabrication automobile dans le cadre de la ZLECA.

En outre, la Politique de développement du secteur automobile au Ghana prévoit des exonérations fiscales de 5 et 10 ans pour l’importation de kits semi-assemblés (SKD) et de kits en éléments non assemblés (CKD), respectivement. Les importations de matériaux et d’équipements destinés à la construction des usines sont également exemptées de droits et d’autres charges.

“La croissance du secteur automobile au Ghana crée des emplois dont le pays a grand besoin et l’ICU devrait accroître ses efforts de syndicalisation dans ce secteur en pleine expansion. En recrutant davantage de membres et en atteignant des seuils de majorité sur les lieux de travail, le syndicat sera mieux placé pour exiger des conditions de travail décentes et faire progresser les droits des travailleurs dans le secteur.”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

L’ICU, qui compte 140.000 adhérents, est présent syndicalement dans des secteurs tels que l’automobile, la métallurgie, le papier, l’imprimerie, le textile, l’habillement, la chaussure, le cuir ainsi que dans des secteurs informels.

Escalade de la violence au Myanmar

Khaing Zar, Présidents de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), a déclaré :

“Des vies sont en danger, les gens fuient les attaques et n’ont nulle part où aller. Les meurtres et les tortures commis par l’armée terroriste doivent cesser. Les gouvernements étrangers doivent prendre des mesures concrètes et fournir une aide humanitaire par le biais du Gouvernement d’unité nationale.”

Les syndicats du Myanmar, comme la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) et l’IWFM, ont participé au mouvement de désobéissance civile et à de nombreuses grèves nationales. Avec l’Alliance du travail du Myanmar, ils ont lancé une campagne pour des sanctions économiques exhaustives en août.

IndustriALL soutient la campagne pour des sanctions économiques contre le régime militaire, appelant les entreprises multinationales à désinvestir et à cesser leurs activités au Myanmar. Le 3e congrès d’IndustriALL en septembre a adopté une résolution de soutien à la lutte pour la démocratie au Myanmar.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Nous condamnons les violences généralisées commises par le régime illégitime contre le peuple du Myanmar. La junte doit immédiatement mettre fin à la violence, comme l’a demandé le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre.

IndustriALL exhorte la communauté internationale à intensifier ses actions, en revendiquant la fin des massacres. Les Nations unies et l’Organisation internationale du travail doivent reconnaître le Gouvernement d’unité nationale du Myanmar.”

Atle Høie : Bienvenue dans ce numéro de Global Worker (#2 2021)

Bienvenu dans Global Worker No. 2 novembre 2021

Lors du 3e Congrès d'IndustriALL en septembre, nos affiliés ont voté à l'unanimité pour soutenir la campagne de sanctions économiques organisée par l'Alliance syndicale du Myanmar contre la junte militaire. La campagne appelle à un désinvestissement du pays et à ce que toutes les entreprises qui y opèrent cessent leurs activités et n’y passent aucune nouvelle commande. Lisez ici l'article sur les raisons pour lesquelles IndustriALL soutient les sanctions au Myanmar.

La pandémie de Covid se poursuit et s'accélère même dans certaines parties du monde. Avec cette pandémie, nous avons constaté une augmentation des violations des droits des travailleurs, mais les syndicats se battent sans relâche. Dans ce numéro, vous pourrez lire des articles sur nos affiliés au Nicaragua et en Eswatini qui défendent sans relâche leurs membres et luttent pour un avenir meilleur.

Au Maroc, le mouvement syndical joue un rôle social essentiel, les affilés d'IndustriALL ayant un rôle clé dans l'amélioration des conditions de travail. Pour en savoir plus sur le renforcement d’un pouvoir syndical dans des circonstances difficiles, voyez ici.

La syndicalisation dans le secteur du démantèlement des navires en Inde a permis d'améliorer considérablement la condition des travailleurs, mais il reste beaucoup à faire pour protéger les démolisseurs de navires au Bangladesh et au Pakistan. La Convention de Hong Kong pour un recyclage sûr des navires est cruciale pour l'avenir. Que faudra-t-il faire pour que la Convention entre en vigueur ?

Dans l'interview proposée dans ce numéro, nous nous entretenons avec Daniela Cavallo, Présidente des Comités d'entreprise européen et mondial du groupe Volkswagen, le plus grand constructeur automobile au monde, qui emploie plus de 600.000 personnes partout sur la planète. L'industrie automobile connaît une transformation qui implique des changements dans le travail, entraînant des pertes d'emploi potentielles en raison de la numérisation et des changements technologiques, mais aussi des créations d’emplois dans de nouveaux domaines. Comment les syndicats y garantissent-ils les droits des travailleurs ?

Le changement climatique et une Transition juste pour les travailleurs sont des éléments clés dans notre agenda : nous voulons avoir notre mot à dire. “Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous”, tel était le slogan de la délégation syndicale qui a participé à la conférence sur le climat de cette année à Glasgow, au Royaume-Uni. Alors, que s'est-il passé à la COP26 ? Et qu'est-ce que cela signifie pour nos syndicats et nos membres ?

L'année 2021 touche à sa fin et, déjà, l'année 2022 semble receler son lot de défis pour les travailleurs et travailleuses. Mais un autre monde est possible et nécessaire. IndustriALL a adopté un nouveau plan d'action au Congrès, axé sur la solidarité et la coopération syndicales mondiales pour la paix, la démocratie et nos droits. Notre mission est de garantir la justice sociale, l'égalité et l'équité, avec un niveau de vie décent pour tous.

Quand nous nous unissons, nous gagnons.

Atle Høie
Secrétaire général

Réaliser un changement durable

Deux nouvelles Coprésidentes ont été élues pour les quatre prochaines années : Hashmeya Muhsen Alsaad, Vice-présidente du Syndicat général des salariés du secteur de l’électricité d’Iraq (GTUESE) et Ilvana Smajlovic, Présidente du Syndicat indépendant de la chimie et des industries diverses de Bosnie-Herzégovine.

Pendant ces deux jours, les participants ont discuté des priorités pour la période de quatre ans menant au prochain Congrès. La violence sexiste, la représentation et la participation des femmes dans les syndicats restent en tête de liste pour parvenir à un changement durable, ainsi que la réduction de l’écart de rémunération entre les sexes et ce à quoi ressemblera l’avenir du travail pour les femmes.

Les efforts visant à intégrer l’égalité des sexes dans le travail sectoriel d’IndustriALL sont une priorité depuis la réunion du Cap en 2018. Les recommandations de cette réunion ont été approuvées par le Comité exécutif et le Congrès a pris d’autres décisions pour accroître la participation des femmes aux réunions ainsi que pour augmenter et renforcer la représentation des femmes au sein des syndicats.

En outre, le travail se poursuivra par l’inclusion d’un libellé sur l’égalité au sein des accords-cadres mondiaux ainsi que par l’organisation de formations sur le leadership, la syndicalisation et la négociation collective, la diligence raisonnable en matière de droits humains, ainsi que la violence et le harcèlement fondés sur le sexe dans le monde du travail.

Le Comité des femmes a adopté un cadre pour son travail, L’objectif du Comité des femmes est de veiller, ensemble avec le Comité exécutif, à ce que les politiques et les actions soient élaborées et mises en œuvre par IndustriALL Global Union et ses affiliés, conformément au vaste plan d’action d’IndustriALL, visant à :

Le Comité des femmes a adopté une feuille de route pour la mise en œuvre de la résolution adoptée lors du 3ème Congrès d’IndustriALL, appelant à la fin des inégalités, du sexisme, de la misogynie et de la violence basée sur le genre au sein d’IndustriALL, parmi les affiliés et dans le monde du travail. La feuille de route va maintenant être soumise au Comité exécutif pour approbation.

Selon Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL :

“Pour que notre Comité des femmes soit bien équipé pour relever les défis futurs, nous devons nous concentrer sur l’avenir du travail et Industrie 4.0 ainsi que sur ce que cela signifie pour nos syndicats. Les femmes doivent prendre les choses en main et veiller à ne pas être laissées pour compte.”

Le carnage continue dans les mines du Pakistan alors qu'IndustriALL rencontre des représentants du gouvernement

L'entrevue a eu lieu quelques jours après que trois mineurs aient perdu la vie dans les charbonnages meurtriers du Pakistan, le 10 décembre, Journée mondiale des droits de l'homme, soulignant la cruauté du sort fait aux mineurs de ce pays. Ces derniers morts viennent s'ajouter à la liste interminable des victimes.

IndustriALL fait campagne pour la santé et la sécurité au Pakistan et exhorte ce pays à ratifier et mettre en œuvre la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines (C176). IndustriALL et ses affiliés pakistanais ont mené des actions auprès du gouvernement, des employeurs, du siège du BIT à Genève et son bureau au Pakistan pour promouvoir la ratification de cette convention.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, et son adjoint Kemal Özkan, ainsi que le directeur chargé de l'industrie minière, Glen Mpufane, ont rencontré l'ambassadeur et le représentant permanent du gouvernement pakistanais à la mission permanente du Pakistan à Genève pour insister sur la nécessité de ratifier la C176. La ministre du Travail, Mme Farhat Ayesha, était présente à la mission permanente aux côtés de l'ambassadeur, M. Khalil Hashmi.

Kemal Özkan a expliqué à l'ambassadeur qu'il est inacceptable que le gouvernement pakistanais retarde la mise en œuvre des conclusions de l'analyse des lacunes effectuée par le BIT, qui a été présentée au gouvernement et soumise au Comité consultatif tripartite fédéral (FTCC).

"L'analyse des lacunes est une étape importante du processus de ratification, et elle doit être suivie d'effets car tous ces décès hantent les nuits d'IndustriALL,"

a-t-il déclaré.

M. Hashmi a expliqué que la constitution fédérale du Pakistan présente des défis et que la structure de gouvernance du pays confère le pouvoir de décision aux provinces. Il a souligné le rôle du ministère du travail – le ministère des Pakistanais d'outre-mer et du développement des ressources humaines – dans la mobilisation des ressources nécessaires à la ratification et à la mise en application de la C176. Il a donné des assurances que ces défis sont discutés par le FTCC qui s'efforce de les surmonter.

Atle Høie a réitéré les demandes d'IndustriALL s'agissant de l'impérieuse urgence de finaliser le processus de ratification et les protocoles en vue de les soumettre à l'OIT. Il a ajouté :

"Tandis que ces tractations et ces discussions traînent en longueur, des travailleurs périssent dans des proportions alarmantes, à cause d'un problème inhérent au processus législatif et au système de gouvernance dans les charbonnages du Pakistan, et d'une situation anarchique."

Cette réunion productive s'est achevée sur un accord sur les étapes devant suivre, notamment un engagement des deux parties en faveur du processus de ratification, la promesse de s'efforcer de débloquer la situation s'agissant de l'application des recommandations de l'analyse des lacunes, et de mobiliser des ressources pour la ratification, par des efforts de renforcement des capacités notamment. Les parties poursuivront le dialogue et l'échange d'informations.   

Les syndicats et les communautés d’Afrique du Sud manifestent contre la privatisation d’Eskom

Selon les annonces faites par le gouvernement, il est prévu de diviser Eskom en unités de production, de transport et de distribution afin d’améliorer la disponibilité de l’électricité et de mettre fin aux fréquentes coupures de courant causées par la demande croissante et le vieillissement des infrastructures, entre autres facteurs.

Dans le cadre de cette marche, le Syndicat national des mineurs (NUM), affilié à IndustriALL Global Union, a présenté un cahier de revendications à la direction d’Eskom. Celles-ci comprennent l’arrêt du dégroupage, la dissolution du Conseil d’administration d’Eskom et la démission immédiate de la direction. Le syndicat souhaite également que les conditions d’emploi des travailleurs et travailleuses soient rétablies et qu’une augmentation de salaire de 15 % soit accordée. En outre, il revendique l’arrêt de ce qu’il appelle la “fermeture prématurée” des centrales électriques au charbon.

En outre, le NUM souhaite que les accords d’achat d’énergie renouvelable soient revus afin d’inclure Eskom parmi les producteurs d’énergie. Actuellement, la fourniture d’énergie renouvelable est assurée par des producteurs indépendants. Le syndicat dit soutenir une politique de mix énergétique qui protège les emplois, met fin à la pauvreté ainsi qu’un terme au “pillage” des ressources de l’État par la corruption. Le NUM exhorte également Eskom à négocier des conditions de paiement abordables avec les communautés de Soweto, à Johannesburg, dont l’alimentation en électricité a été coupée.

William Mabapa, Secrétaire général ff du NUM, a déclaré que le syndicat s’oppose aux plans visant à transformer la compagnie d’électricité en une entité à but lucratif.

“Le NUM est contre la privatisation des entreprises publiques. Notre gouvernement doit faire passer les intérêts du peuple avant ceux des entreprises privées. Eskom est un service public vital et stratégique pour les besoins de développement de l’économie sud-africaine et l’électricité doit être considérée comme un bien public.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“La sécurité d’emploi et le maintien des avantages sociaux sont des questions cruciales pour nos affiliés, le NUM et le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, qui sont présents chez Eskom. En outre, les syndicats revendiquent la protection des intérêts communautaires et sociaux dans le cadre de la Transition juste vers des sources d’énergie renouvelables. Pour protéger ces intérêts, nous demandons à la direction d’Eskom de consulter les syndicats et les communautés concernées avant tout changement.”

Un accord signé lors de la COP26 prévoit que les pays riches financent la décarbonation d’Eskom. Cependant, les syndicats craignent que cet accord ne serve de prétexte à la privatisation et revendiquent que les parties s’en tiennent à la Déclaration sur la Transition juste.

Le Kazakhstan a besoin de syndicats forts

L'issue tragique de ce long conflit du travail est survenue après une inaction des autorités frisant l'escalade intentionnelle et cédant aux pressions de l'employeur.

Depuis, les choses n'ont guère changé au Kazakhstan. Le dialogue social est rarement utilisé pour éviter les conflits sociaux. Cette année, les grèves se sont multipliées dans le secteur pétrolier avec la montée de la tension sociale. Les travailleurs réclament des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail.

Le mouvement syndical kazakh subit une forte oppression depuis une dizaine d'années. En 2014 a été adoptée une loi sur les syndicats régressive qui empêche la création de syndicats libres et indépendants. En 2017, les syndicats indépendants ont fait l'objet d'attaques directes. La Confédération des syndicats indépendants du Kazakhstan (KNPRK) a été liquidée et les activités de son dernier affilié restant, le Syndicat des travailleurs de l'industrie du pétrole et de l'énergie, ont été suspendues en février 2021. Les dirigeants syndicaux sont harcelés, intimidés, arrêtés et emprisonnés.

Les actions antisyndicales affaiblissent les syndicats kazakhs, privant de nombreux travailleurs de toute protection.

D'après les chiffres officiels, on a dénombré plus de 60 grandes grèves cette année, la plupart dans le secteur de l'énergie et du pétrole. Toutes ont été déclarées illégales et les grévistes menacés de poursuites pénales.

En juin de cette année, les violations des droits syndicaux au Kazakhstan sont passées sous la loupe de la Commission de l'application des normes de l'OIT pendant la Conférence internationale du travail. Malgré un amendement positif de la législation en 2020, cette commission a noté des restrictions persistantes à la pratique du droit des travailleurs de constituer des organisations de leur choix, contraires à l'exercice de la liberté syndicale.

La commission a prié le gouvernement du Kazakhstan de mettre sa législation nationale en conformité avec la convention 87 de l'OIT, de diligenter des enquêtes approfondies sur la violence à l'encontre des syndicalistes, de mettre fin au harcèlement judiciaire des syndicalistes et dirigeants syndicaux qui exercent des activités syndicales licites et d'abandonner tous les chefs d'accusation injustifiés, notamment l'interdiction de mener des activités syndicales, de résoudre la question de l'enregistrement de la confédération qui a été liquidée et de la suspension de ses affiliés, d'aplanir les obstacles à l'enregistrement des organisations syndicales, et de s'abstenir de toute ingérence dans le fonctionnement des syndicats.

"Le Kazakhstan doit remplir ses obligations internationales et respecter les normes fondamentales du travail et les droits syndicaux. Des syndicats libres et forts, capables de gérer les conflits du travail par un dialogue social digne de ce nom sont la garantie que la tragédie de Janaozen de 2011 ne se répétera pas,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

La nouvelle équipe dirigeante d’IndustriALL tient sa première réunion du Comité exécutif

Le Président Jörg Hofmann, du syndicat allemand IG Metall, a ouvert la réunion en évoquant les inégalités croissantes dans le monde, mais en soulignant que l’ensemble de notre fédération syndicale internationale constitue une grande force de solidarité. Il a déclaré que le fait que la réunion doive encore se tenir virtuellement, près de deux ans après le début de la pandémie, était le signe de l’échec des politiques mondiales à cet égard.

“Le seul moyen de revenir à la normale est un accès équitable aux vaccins pour tous les habitants de la planète,”

a-t-il ajouté.

Avec la nouvelle équipe dirigeante élue lors du 3e Congrès d’IndustriALL en septembre, le Secrétaire général Atle Høie a expliqué la nouvelle structure de direction et la répartition des responsabilités. L’organisation doit être en ordre de bataille pour mettre l’accent sur la solidarité syndicale mondiale, en garantissant la justice sociale, l’égalité et l’équité, avec un niveau de vie décent pour tous, conformément au nouveau plan d’action.

Le Comité exécutif a débattu des suites données aux résolutions adoptées par le 3e Congrès d’IndustriALL en septembre. La pandémie et la complexité croissante des chaînes d’approvisionnement mondiales ont démontré la nécessité pour les syndicats de présenter un front uni. Le Congrès a adopté une résolution sur la coopération avec d’autres organisations syndicales ; un programme détaillé pour une coopération efficace avec des organisations telles qu’IndustriALL Europe et d’autres fédérations syndicales internationales a été présenté.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint, a informé les participants des mesures prises alors qu’IndustriALL continue de demander des sanctions économiques exhaustives contre la junte militaire du Myanmar. Cet appel a été lancé à l’occasion d’une série de réunions et de communications avec des multinationales des secteurs de l’énergie, de l’acier et de la confection, ainsi que dans le cadre d’initiatives multipartites.

Hashmeya Alsadawe, du Syndicat général des salariés du secteur de l’électricité en Irak et Coprésidente du Comité des femmes, a présenté un rapport de la réunion du Comité qui s’est tenue la semaine dernière. La réduction de l’écart de rémunération entre les sexes figure parmi les priorités, de même que le renforcement du dialogue social et la participation des femmes aux débats sur l’avenir du travail.

Concernant la résolution appelant à la fin des inégalités, du sexisme, de la misogynie et de la violence fondée sur le genre au sein d’IndustriALL, parmi les affiliés et dans le monde du travail, adoptée au Congrès, Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a souligné que la violence fondée sur le genre et le harcèlement sexuel continuent d’être une réalité pour de nombreuses travailleuses et que c’est également une réalité au sein de nombreux syndicats.

Lors de la conférence des femmes en 2019, les femmes ont appelé leurs syndicats à être des agents de changement et à lutter contre les stéréotypes qui perpétuent la discrimination sur le lieu de travail et dans la société en général. Christine Olivier a rappelé aux affiliés l’important engagement pris en 2017 de lutter contre la violence sexiste sur les lieux de travail et au niveau des syndicats, appelant le Comité exécutif à prendre cette question au sérieux.

L’inclusion et le renforcement des capacités sont essentiels pour garantir une place aux jeunes travailleurs et travailleuses dans le syndicat. En tant qu’organisation, IndustriALL doit être capable de se renouveler, de construire un deuxième niveau de leadership, ce qui ne peut se faire qu’avec l’inclusion de jeunes travailleurs et travailleuses.

Un débat important a eu lieu sur la manière dont IndustriALL et ses affiliés devraient utiliser le concept des journées d’action mondiales pour attirer l’attention du public sur l’importance de la réduction des inégalités dans le monde. Le Comité exécutif est convenu de charger le Secrétariat d’élaborer un concept de journée d’action mondiale sur les inégalités et de le présenter aux affiliés au cours du premier trimestre de 2022. La réunion du Comité exécutif du 30 juin prochain décidera si cette journée d’action aura lieu ou non.

Les délégués ont exprimé leur confiance dans la nouvelle équipe dirigeante ainsi que dans la capacité pour l’organisation d’affronter ensemble les défis. Les futures réunions du Comité exécutif se tiendront deux fois par an, une fois virtuellement et une fois physiquement, si les conditions de pandémie le permettent.