Le harcèlement s'intensifie contre les dirigeants des syndicats et leurs adhérents au Bélarus

Presque tous les dirigeants des sections locales du SPM ont été licenciés par les grandes compagnies, dont l'usine automobile de Minsk (MAZ), l'entreprise BELAZ, l'atelier de tracteurs de Minsk MTW, BKM Holding, l'usine de moteurs de Minsk MMP, l'Usine de tracteurs de Minsk et l'Usine d'électrotechnique de Minsk.

Le 17 novembre, le responsable de la section locale du SPM à la MAZ, Artyom Zhernak, a été incarcéré sur ordre du Comité de la sécurité d'État et son appartement a été perquisitionné à deux reprises. Ils est toujours en détention.

Le domicile d'Alla Tsvirko, une militante du SPM employée à la MAZ, a aussi été perquisitionné. Sous la menace de poursuites pénales, elle a dû fuir le Bélarus, tout comme son collègue chargé de la presse, Sergey Gultsov.

La répression contre les adhérents du SPM s'est intensifiée à l'entreprise MMP. Le 21 octobre, Nikolaï Chibeko a été interpellé, son domicile perquisitionné et du matériel a été saisi. Le 22, des agents de la sécurité d'État ont arrêté Pavel Gaïduk et Daniil Vosinsky sur leur lieu de travail. Ils ont été condamnés à 10 et 15 jours de détention respectivement avant d'être licenciés par MMP à leur remise en liberté.

Le même jour, Alexander Mogilevitch, lui aussi syndiqué, a été interrogé par le Comité de la sécurité d'État. Le 3 novembre, Viktor Verovsky, un membre du SPM dont le contrat avec MMP n'a pas été reconduit pendant l'été, a été arrêté et condamné à 45 jours de détention. Des agents de la sécurité d'État ont perquisitionné le domicile d'Andreï Komlik-Yamatin, ancien salarié de MMP et membre du SPM, et il a été forcé de quitter le pays.

Le domicile du militant du SPM employé chez BELAZ Alexander Smolsky, a été perquisitionné à trois reprises et il a dû fuir le Bélarus sous la menace de poursuites pénales. Fin 2021, après des pressions et menaces répétées, BELAZ n'a pas renouvelé le contrat de travail d'Alexey Gubitch, le président de la section locale du SPM. Après son licenciement, quatre membres de la section locale du SPM ont été privé du versement de leurs primes.

Le 7 décembre, Viktor Mikhalchik, membre du SPM, a été arrêté pendant deux jours à Grodno avant d'être condamné à une amende de 800 roubles (310 $).

Le harcèlement des syndicalistes se traduit aussi par de la discrimination, les membres du SPM étant exclus des listes de travailleurs pouvant prétendre à diverses primes et mesures d'incitation prévues dans les conventions collectives.

Dans un courrier au président du Comité d'enquête et au procureur général de la République du Bélarus, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, écrit :

"Nous vous exhortons à remettre immédiatement en liberté tous les responsables et activistes syndicaux détenus illégalement, dont Artyom Zhernak, et à stopper les violations continues des obligations internationales contractées par la convention 87 de l'OIT que le Bélarus a ratifiée." 

DOSSIER SPECIAL : Que faudra-t-il pour que la Convention de Hong Kong entre en vigueur ?

DOSSIER SPECIAL

Global Worker No. 2 Novembre 2021

Pays: Pakistan, Bangladesh et Inde

Texte: Petra Brännmark

Ce secteur a la responsabilité de fournir des emplois sûrs, sains, propres et durables, ce que l’on est en droit d’attendre. L’un des moyens d’y parvenir est la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

Cette convention vise à garantir que, lors de leur recyclage, les navires ne présentent pas de risques évitables pour la santé humaine, la sécurité et l’environnement. Elle aborde des questions telles que les substances dangereuses comme l’amiante, les métaux lourds, les hydrocarbures et celles appauvrissant la couche d’ozone, ainsi que les préoccupations relatives aux conditions de travail et d’environnement sur de nombreux sites de recyclage de navires dans le monde.

La convention elle-même ne prévoit pas spécifiquement la syndicalisation, mais elle indique clairement que l’éducation et la formation, notamment en matière de santé et de sécurité au travail, sont cruciales.

“Cela doit être développé non seulement avec les employeurs, mais aussi avec les travailleurs. Nous voulons nous en servir et aider les syndicats à motiver les travailleurs et travailleuses à adhérer ; la convention peut être utilisée pour augmenter le nombre d’adhérents et donner aux syndicats la possibilité de développer le dialogue social avec le gouvernement et les employeurs,”

indique Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, qui œuvre au niveau du secteur du démantèlement des navires depuis 2010.

D’un point de vue technique, pour entrer en vigueur, la Convention doit

A ce jour, 17 pays l’ont ratifiée : Norvège, Congo, France, Belgique, Panama, Danemark, Turquie, Pays-Bas, Serbie, Japon, Estonie, Malte, Allemagne, Ghana, Inde, Croatie, Espagne.
Il manque environ 10 % du tonnage et 0,4 % des volumes de recyclage pour que la convention puisse entrer en vigueur.

Une grande partie du démantèlement des navires ayant lieu au Bangladesh et au Pakistan, la ratification par ces pays est importante. Et il y a un mouvement dans la bonne direction ; en 2018, le Bangladesh, qui est récemment devenu le plus grand pays au monde en matière de démantèlement de navires, a mis en place une nouvelle législation sur le recyclage des navires, qui prévoit que le pays ratifiera la Convention d’ici 2023.

“Il y a des progrès, mais nous devons accélérer le processus de ratification car il y a un flot continu d’accidents graves et la situation en matière de santé et de sécurité au travail est désastreuse. Il existe une forte revendication pour rendre le démantèlement des navires plus sûr et durable. Les armateurs et les parties prenantes veulent que leurs navires soient recyclés de manière sûre et respectueuse de l’environnement. Au final, les pays qui n’ont pas ratifié la convention perdront des marchés,”

indique Kan Matsuzaki. 

“Nous attendons de la Convention de Hong Kong qu’elle remplisse les conditions requises pour entrer en vigueur d’ici à 2023 et qu’elle définisse un socle minimum et un premier pas vers la création de règles du jeu équitables pour un avenir durable.”

Une syndicalisation réussie conduit à des lieux de travail plus sûrs

IndustriALL mène un projet de syndicalisation au sein des chantiers navals en Inde depuis 2003. Financé par la FNV (Pays-Bas), le projet a débuté dans les chantiers de Bombay, car l’affilié d’IndustriALL, SMEFI, était déjà présent syndicalement dans le chantier de construction navale voisin, ce qui lui permettait d’accéder facilement aux travailleurs. Dès le départ, la campagne de syndicalisation s’est heurtée à une forte résistance de l’employeur, les pratiques antisyndicales étaient monnaie courante et la police a refusé d’intervenir lorsque la mafia s’en est mêlée.

Mais les recruteurs ont refusé d’abandonner et ont continué à informer les travailleurs de leurs droits, du fait que leur vie a de l’importance et que le syndicat peut contribuer à rendre le travail plus sûr. Grâce à une carte d’identité syndicale, les travailleurs pouvaient non seulement s’identifier, mais la carte indiquait également leur groupe sanguin, une information cruciale en cas d’accident.

En 2006, la campagne de syndicalisation a été étendue à Alang, à l’époque le plus grand chantier de démantèlement de navires au monde, où les conditions de travail étaient très dures. Une fois encore, l’employeur et le gouvernement local ont tenté de s’opposer à la syndicalisation.

Avant le début du projet, la majorité des personnes occupées à Alang étaient des travailleurs pauvres, sans papiers et informels, engagés par des agences. Si un travailleur mourait, son corps était tout simplement jeté à la mer. Mais grâce au projet, un syndicat a été créé, l’Association des travailleurs du recyclage des navires et activités connexes d’Alang Sosiya (ASSRGWA). Le syndicat a contribué à améliorer les salaires, les mesures de sécurité sociale ainsi que la santé et la sécurité au travail. Grâce à la carte d’identité du syndicat, les travailleurs peuvent désormais bénéficier d’une assurance sociale ainsi qu’ouvrir un compte bancaire et le syndicat dispose d’un registre indiquant où est occupé tel ou tel travailleur. Les supports d’éducation et de formation en matière de santé et de sécurité au travail élaborés par l’ASSRGWA, la FNV et IndustriALL sont désormais largement utilisés par les propriétaires des chantiers navals et par l’autorité locale, la Commission maritime du Gujarat (GMB).

L’Inde a ratifié la Convention en 2019. Depuis que l’Inde a commencé à se conformer à ses normes, les installations ont été modernisées et la sécurité s’est améliorée.

La crise de la sécurité dans le démantèlement des navires se poursuit au Bangladesh

En l’espace d’une seule semaine, en septembre, deux travailleurs ont été tués et trois autres blessés en raison du manque déplorable de sécurité au sein des chantiers de démantèlement de navires de Chittagong. Selon l’enquête d’IndustriALL sur ces accidents, au moins dix travailleurs ont été tués et 23 ont été blessés sur les chantiers de démolition du Bangladesh depuis janvier 2021. La plupart des victimes étaient des travailleurs intérimaires jeunes, sans papiers et sans équipement de sécurité adéquat.

Il existe plus de 100 chantiers de démantèlement de navires au Bangladesh, mais un seul répond aux exigences de la Convention. Il n’existe pas de système de recyclage final ; les matières dangereuses sont soit déversées quelque part, soit conservées sur le chantier jusqu’à ce qu’une installation adéquate soit construite. Mais le gouvernement a promis de construire des systèmes de recyclage juste avant ou juste après la ratification de la Convention.

Là où vont mourir les navires

En novembre 2016, 29 travailleurs ont été tués lorsqu’un pétrolier a pris feu alors que 250 travailleurs le démantelaient. Une explosion s’est produite en raison de la présence de gaz inflammables et toxiques à l’intérieur du réservoir de carburant du navire. Les travailleurs avaient été contraints de commencer le processus de démantèlement avant que le réservoir ne puisse être nettoyé des restes de carburant.

Dans un secteur parfois qualifié de pire des pires, le syndicat NTUF, affilié à IndustriALL, représente les travailleurs et tente d’améliorer les conditions et les avantages sociaux par le biais du dialogue social, l’employeur reconnaissant le syndicat comme un partenaire de négociation.

La Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires a été adoptée lors d’une conférence diplomatique en 2009.

Les dispositions de cette nouvelle convention portent : sur la conception, la construction, l’exploitation et la préparation des navires de manière à en faciliter un recyclage sûr et écologiquement rationnel sans en compromettre la sécurité et l’efficacité opérationnelle ; sur l’exploitation des installations de recyclage des navires d’une manière sûre et écologiquement rationnelle ; ainsi que sur la mise en place d’un mécanisme de mise en œuvre approprié pour le recyclage des navires, comprenant des exigences en matière de certification et de rapports.

Les chantiers de recyclage des navires seront tenus de fournir un “plan de recyclage des navires”, précisant la manière dont chaque bâtiment sera recyclé, en fonction de ses particularités et de son inventaire. Les Parties seront tenues de prendre des mesures efficaces pour s’assurer que les installations de recyclage des navires relevant de leur juridiction respectent la Convention.

Les salariés de GM en Inde obtiennent des indemnités provisoires dans une affaire de licenciement

En juillet de l’année dernière, GM a licencié illégalement 1.086 salariés de son usine de Talegaon, près de Pune, après que les travailleurs et travailleuses ont refusé d’accepter un plan de départ volontaire et une maigre compensation, fixés unilatéralement par la direction, comme règlement final du litige.

Le Syndicat des salariés de General Motors, qui fait partie de l’organisation Shramik Ekta Mahasangh (SEM), elle-même affiliée à IndustriALL, a déposé une plainte auprès du Tribunal du travail pour licenciement illégal et a contesté le fait que le plan a été imposé aux salariés.

Le 5 janvier, le tribunal a donné raison au syndicat et a ordonné à GM de verser 50 % des salaires aux 1.086 travailleurs et travailleuses illégalement licenciés, à compter du 1er avril et jusqu’à ce que la plainte soit résolue.

Dilip Pawar, Président du syndicat Shramik Ekta Mahasangh, a déclaré :

“La bataille n’est pas encore terminée et nous allons poursuivre ce combat sur le terrain et devant les tribunaux. C’est devenu une tendance des multinationales de fouler aux pieds les droits des travailleurs et travailleuses en Inde. Cette victoire montre que nous nous allons nous battre et c’est dans l’unité que nous sortirons victorieux.”

La direction de GM a cherché des acheteurs pour le terrain de 300 hectares où l’usine était implantée, ainsi que pour les machines. Le Syndicat des salariés de General Motors avait demandé une suspension de la vente des actifs, car cela entraînerait pour les travailleurs et travailleuses des difficultés pour obtenir leur dû. Toutefois, le Tribunal du travail a refusé d’intervenir en la matière, car une affaire connexe est encore pendante devant la Haute Cour.

“IndustriALL se félicite de cette décision de justice. Nous continuerons à soutenir les travailleurs et travailleuses qui luttent contre la violation de leurs droits,”

a indiqué Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL.

Les travailleurs de Canada Goose votent leur affiliation à un syndicat

D'après les informations reçues, des problèmes de licenciement et de discipline s'étaient posés et des travailleurs jugeaient la rémunération à la pièce inéquitable. La victoire obtenue par le syndicat le 1er décembre dernier permettra à 1.200 travailleurs du vêtement des deux usines de Canada Goose d'être représentés et de faire entendre leur voix sur le lieu de travail.

"C'est un moment grandiose pour nos travailleurs. Nous travaillons tellement dur pour la réussite de cette entreprise. Maintenant, nous avons le sentiment d'y être réellement entendus et d'avoir une part dans cette réussite,"

dit Alelie Sanvictores, une couturière qui travail là depuis cinq ans et est un des artisans de cet effort syndical.

La campagne de syndicalisation a été menée par un comité aussi nombreux que divers de travailleuses de Canada Goose qui ont passé des heures après leur travail à proposer à leurs collègues de former leur propre section syndicale. Des étudiants, des dirigeants de la communauté et des associations pour les droits des migrants se sont joints à la campagne pour exhorter Canada Goose à respecter le droit des travailleurs de se syndiquer.

"Je tiens à féliciter les travailleurs de Canada Goose pour cette extraordinaire victoire. Je tiens aussi à rendre hommage à l'entreprise. Aucun employeur n'a envie d'un syndicat, mais la direction de Canada Goose est restée neutre et a laissé aux travailleurs le droit de voter démocratiquement,"

a déclaré Richard Minter, le directeur du recrutement international de Workers United.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré pour sa part :

"L'organisation de la chaîne d'approvisionnement de l'habillement est une priorité pour IndustriALL et cette grande victoire syndicale témoigne des efforts incessants de nos affiliés qui luttent pour les droits des travailleurs."

Workers United, qui est affilié au SEIU, compte 10.000 adhérents au Canada; si on ajoute les États-Unis, ce sont plus de 86.000 travailleurs qui sont représentés dans la confection, la blanchisserie, l'alimentation, l'accueil, le non-commerçant, la distribution et les industries manufacturières.

Photo : Canada Goose 2021

Victoire des métallurgistes turcs à l’issue d’une lutte unie

Après avoir démontré leur détermination et leur unité par une série d’actions solidaires, les trois syndicats ont reçu une invitation du MESS à des pourparlers dans la soirée du 11 janvier 2022. Une longue session de négociations s’est conclue sur une note positive aux premières heures du 12 janvier avec la signature d’une convention de deux ans.

Avant le dernier tour de négociations, le MESS a retiré ses revendications de concessions. Selon un communiqué de presse conjoint des trois syndicats, les travailleurs et travailleuses ont obtenu une augmentation moyenne de 65,67 % dans les entreprises représentées par le MESS.

Cela se traduit par une augmentation de 27,44 % pour les six premiers mois de l’accord et de 30 % pour la seconde moitié. Si l’inflation augmente au cours du deuxième semestre, l’écart sera couvert par les employeurs afin que les membres du syndicat reçoivent une augmentation réelle. Au cours des troisième et quatrième semestres, les salaires seront ajustés en fonction du taux d’inflation.

De droite à gauche, les Présidents Adnan Serdaroğlu (Birleşik Metal-İş), Burak Akkol (MESS), Pevrul Kavlak (Türk Metal) et Yunus Değirmenci (Özçelik-İş).

Les travailleurs et travailleuses obtiendront également une augmentation de 35 % des prestations sociales pour la première année de l’accord, tandis que pour la deuxième année, l’augmentation sera basée sur le taux d’inflation.

La Turquie connaît actuellement une crise économique, avec une inflation galopante et une chute de la valeur de la monnaie, ce qui signifie que les augmentations liées à l’inflation sont essentielles pour maintenir le pouvoir d’achat.

“Nous félicitons nos trois affiliés pour leur détermination à atteindre cet important résultat,”

a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Dans les circonstances économiques qui prévalent actuellement en Turquie, les métallurgistes ont montré un excellent exemple de la manière dont travailleurs et travailleuses peuvent et doivent défendre leurs droits. Bravo !

La lutte continue !”

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Accord historique pour les syndicats du Sri Lanka dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’habillement

Ce protocole d’accord, signé le 23 décembre dernier, prévoit la mise en place d’un mécanisme bipartite de résolution des conflits par les syndicats et le JAAF. Tout grief soulevé par les syndicats sera transmis au comité exécutif de le JAAF et au collectif syndical pour examen. Le JAAF et le syndicat concerné collaboreront alors pour résoudre le problème dans un délai d’un mois, ou prolongeront mutuellement ce délai et demanderont une intervention externe indépendante pour les aider à trouver une solution.

L’accord prévoit également la mise en place de comités de santé bipartites composés d’un nombre égal de travailleurs et d’employeurs dans chaque usine de confection et de vêtements afin d’améliorer la santé et la sécurité, d’atténuer les risques posés par la Covid-19 et de garantir le respect des directives émises par le Ministère de la Santé concernant les lieux de travail.

“Cet accord avec le JAAF est une reconnaissance que les syndicats font partie intégrante de l’industrie de la confection. Nous travaillerons ensemble pour veiller à ce que l’accord soit mis en œuvre et que les travailleurs et travailleuses en bénéficient,”

a indiqué Palitha Atukorale, Secrétaire général du NUMMS.

Les syndicats et le JAAF ont signé un deuxième accord garantissant que les travailleurs et travailleuses recevront 50 % de leur salaire mensuel ou 14.500 roupies (71 dollars), le montant le plus élevé étant retenu, en cas d’absence pour cause de Covid-19.

“Nous saluons cet accord historique qui promeut le droit des travailleurs et travailleuses à la liberté syndicale et garantit la santé et la sécurité dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’habillement. L’accord ouvre la voie à une collaboration entre syndicats et employeurs pour atténuer les répercutions de la Covid-19 sur les travailleurs et travailleuses, ainsi qu’à des comités permanents de santé et sécurité dans les entreprises sri-lankaises,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Photo : ©OIT/M. Crozet

Le Kazakhstan doit respecter la démocratie et les droits fondamentaux

Le Kazakhstan est connu pour ses violations systématiques des droits essentiels des personnes et des travailleurs, ainsi que pour une absence généralisée de démocratie. Le dialogue social est pratiquement non existant et, plutôt que de se doter d'une législation sur le règlement des conflits, du travail notamment, les autorités appliquent une loi régressive de 2014.

Dans les faits, cette loi élimine les syndicats libres et indépendants. En juin 2021, la Commission de l'application des normes de l'OIT a examiné pour la cinquième fois les violations des droits syndicaux au Kazakhstan lors de la Conférence internationale du travail.

La loi kazakhe sur les syndicats empêche toute résolution rapide et efficace des problèmes sur le lieu de travail. Les autorités ont dissous les syndicats indépendants avec pour conséquence que les protestations des travailleurs se font maintenant de manière spontanée.

Trois dirigeants du Syndicat du pétrole et de l'énergie du Kazakhstan, Kuspan Kosshygulov, Takhir Erdanov et Amin Eleusinov, étaient portés disparus depuis leur participation à des actions de protestation à Aktau, le 6 janvier. Ils ont été remis en liberté après une intervention d'urgence d'IndustriALL et de la CSI.

Afin d'obtenir le respect des droits de l'homme et des travailleurs et le dialogue social et la démocratie, IndustriALL Global Union exhorte une fois de plus le Kazakhstan à :

Des enseignements sont à tirer de ces protestations de masse. Ce sont les politiques, et non des forces extérieures, qui sont à l'origine des conflits sociaux et du travail, réprimés durement par la police et les forces de sécurité. La conclusion qui s'impose est que le dialogue avec les parties concernées,  l'attachement à l'ouverture et aux valeurs démocratiques, le dialogue social avec les travailleurs représentés par les syndicats sont nécessaires pour construire une société durable au Kazakhstan.

De nouveaux régimes de travail, une grande victoire pour les mineurs mongols

“Nous nous félicitons de la révision du code du travail, qui garantit le travail en équipe 14-14 pour les mineurs. Je demande instamment aux sociétés minières de se conformer au nouveau code du travail et de ne pas diminuer les salaires. Le gouvernement doit s’assurer de sa bonne application en effectuant des inspections régulières,”

a déclaré Khuyag Buyanjargal, Président de la MEGM et Secrétaire général de la Confédération des syndicats de Mongolie (CMTU).

Le gouvernement avait initialement proposé 20 jours de travail et 10 jours de congé pour les mineurs travaillant par roulement sur des sites miniers éloignés.

Mais avec l’augmentation des accidents miniers en 2018 et 2019, la MEGM a soumis une pétition, signée par 3.400 mineurs, appelant le gouvernement à modifier les régimes de travail à 14-14. Le syndicat a fait valoir que l’allongement des journées de travail priverait les mineurs de temps de repos et compromettrait la sécurité dans les mines.

La MEGM a également mis en garde le gouvernement contre les problèmes sociaux découlant de l’allongement des horaires de travail, comme l’augmentation des taux de divorce et de suicide.

En plus de la modification des tableaux de service, une nouvelle disposition donnant aux travailleurs et travailleuses le droit de refuser un travail dangereux a été insérée. Les travailleurs et travailleuses ne doivent pas retourner au travail tant que les employeurs n’ont pas éliminé les éléments dangereux.

“Il s’agit d’une victoire importante pour la protection de la sécurité et de la santé des mineurs et cela montre le rôle important des syndicats dans l’élaboration d’une politique industrielle durable et d’emplois décents,”

a indiqué Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’industrie minière.

Une entreprise comptant 20 travailleurs ou plus doit mettre en place une commission de résolution des conflits du travail, composée de représentants de l’employeur et du syndicat.

Si une telle commission n’est pas mise en place, les travailleurs et travailleuses peuvent soumettre le différend à un comité tripartite local de règlement des conflits du travail. Si aucun consensus n’est atteint, une plainte peut être déposée auprès du tribunal civil.

Les métallos turcs en lutte pour une convention équitable

Les affiliés d'IndustriALL Türk Metal, Birleşik Metal-İş et Özçelik-İş ont adressé à la MESS un cahier de revendications pour une amélioration des conditions de travail et des hausses de salaires afin de compenser la forte baisse du pouvoir d'achat en Turquie.

L'inflation des prix à la consommation a fait un bond en avant en Turquie. D'après les chiffres officiels de l'Office turc de statistique (TUIK), l'inflation a atteint 36 pour cent en 2021, et 13,6 pour cent pour le seul mois de décembre. Or, l'organisme indépendant ENAGrup affirme pour sa part que l'inflation annuelle a dépassé les 80 pour cent.

La crise de l'économie turque a entraîné des fluctuations de la devise et des hausses de prix qui ont plongé les travailleurs dans une situation difficile. Ils ressentent durement le renchérissement des denrées alimentaires et autres produits de consommation courante.

Türk Metal réclame une hausse de 29,57 pour cent pour ses 129.000 adhérents, tandis que Birleşik Metal-İş demande 30,89 pour cent pour ses adhérents qui sont plus de 11.000. Les syndicats veulent aussi des hausses des prestations et de meilleurs horaires de travail, soins de santé et primes d'heures supplémentaires.

Dans un premier temps, les employeurs ont proposé 12 pour cent pour les six premiers mois, une offre qu'ils ont ensuite revue à 17 pour cent puis portée à 21 pour cent lors du dernier cycle, le 5 janvier 2022. Türk Metal et Birleşik Metal-İş ont rejeté les dernières offres de la MESS.

Birleşik Metal-İş se prépare à la grève à la suite du désaccord avec la MESS (sur le site de DEMİSAŞ) 

Les deux syndicats ont commencé à mobiliser leurs membres avec des actions d'avertissement. Türk Metal et Birleşik Metal-İş ont organisé des rassemblements de masse dans les villes comptant des usines, ainsi que des arrêts de travail sur des sites de production. Les revendications des métallos jouissent d'un large soutien dans la communauté.

Pour les syndicats, le problème de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, qui met de nombreuses industries en difficulté, ne peut servir d'excuse aux employeurs pour refuser les augmentations de salaires. 

Après la réunion de son comité exécutif du 24 décembre, Türk Metal a annoncé sa décision d'entrer en grève dans les 60 jours sur tous les sites où il est représenté. Birleşik Metal-İş a annoncé une action de grève dans quatre usines à dater du 14 janvier et une autre dans six usines à partir du 18.

Manifestation de masse organisée par Türk Metal à Kocaeli le 2 janvier 2022

Türk Metal a organisé un grand rassemblement de 100.000 personnes dans la ville de Kocaeli, tandis que Birleşik Metal-İş a intensifié sa campagne d'arrêts de travail et d'actions de protestation sur plusieurs sites.

Kemal Özkan à la manifestation de masse de Türk Metal, le 2 janvier 2022 à Kocaeli

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan a déclaré :

"Nous appuyons sans réserve les revendications de nos affiliés représentant des milliers de métallos. Les demandes de hausses salariales des travailleurs sont totalement justifiées, surtout avec l'inflation galopante et la situation économique difficile que connaît la Turquie."

"Nous continuerons à mobiliser notre famille syndicale mondiale en apportant notre solidarité aux camarades turcs."

"Le combat continue en Turquie et partout dans le monde."

DOSSIER : Ce qui s'est passé à la COP26 et ce que cela signifie pour le monde du travail

DOSSIER

Global Worker No. 2 novembre 2021

Theme: COP 26, Just transition

Texte: Walton Pantland

Qu'est-ce que la COP26 ?

La COP26 est la 26e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Les parties sont les 197 pays signataires de la CCNUCC. Elles travaillent ensemble sur un accord mondial et multilatéral pour lutter contre le changement climatique.

La première réunion de la CCNUCC, le Sommet de la Terre de Rio, s'est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992, tandis que la première COP, l'organe directeur de la CCNUCC, a eu lieu à Berlin en 1995. La COP3, à Kyoto, a débouché sur le premier traité mondial sur le climat visant à tenter de limiter le réchauffement, le Protocole de Kyoto. Le Pacte climatique de Glasgow est la dernière mouture de ce traité.

Le fonctionnement de la CCNUCC a fait l'objet de nombreuses critiques. L'un des principaux problèmes est que chaque partie reconnaît que quelque chose doit être fait, et souhaite que tous les autres prennent des mesures, tout en trouvant des exceptions pour elle-même. Il en résulte une sous-déclaration systématique des émissions de carbone, un blanchiment écologique et l'exemption de secteurs entiers, par exemple l'armée.

La plupart des gouvernements espèrent encore des solutions venant du privé, guidées par le marché, ce qui fait que l'on se repose exagérément sur le potentiel de technologies qui restent théoriques et que les gouvernements n'agissent pas assez.

Pourquoi la COP26 était-elle importante ?

La COP26 a été présentée comme notre dernière et meilleure chance de limiter le réchauffement climatique à des niveaux tolérables. La COP21, qui s'est tenue à Paris en 2015, a été une étape importante, car elle a débouché sur l'Accord de Paris, un engagement mondial à limiter le réchauffement à un niveau nettement inférieur à 2 degrés. La COP26 était importante car elle a finalisé les règles régissant l'Accord de Paris, le “règlement de Paris” (Paris rulebook), et parce que les pays devaient définir leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN) pour réduire les émissions.

La COP26 a-t-elle été un échec ?

De nombreux militants écologistes, dont Greta Thunberg, ont qualifié la COP26 d'échec. Le Pacte climatique de Glasgow manque d'ambition et les CDN des parties ne sont pas suffisantes pour limiter le réchauffement climatique. Mais ce n'est pas tout et les syndicats font preuve à cet égard d'un optimisme prudent : par rapport à la situation d'il y a un an, lorsque Trump était encore à la Maison Blanche, des progrès significatifs ont été réalisés. Un champ du possible pour empêcher un changement climatique désastreux reste ouvert, la dynamique est en marche et des engagements ont été pris pour financer une transition.
Il est essentiel de souligner que les négociations ne sont pas terminées : une pression supplémentaire sera exercée sur les pays pour qu'ils redéfinissent les CDN lors de la COP27 à Sharm el Sheikh l'année prochaine et chaque année par la suite. La société civile, dont font partie les syndicats, devra profiter de l'année prochaine pour pousser les gouvernements aussi loin que possible.

En dehors des engagements pris lors de la COP26, on observe un élan croissant au niveau mondial, y compris de la part du secteur privé et des collectivités locales, en faveur de l'objectif zéro émission. La technologie a progressé et est devenue plus abordable, ce qui signifie que le rythme de la transition augmente rapidement.

Quelles sont les conséquences probables de la COP26 pour les syndicats ?

La COP26 nous lègue un environnement politique sensiblement différent de celui dans lequel nous étions après la COP25. Voici ce à quoi les syndicats doivent s'attendre à être confrontés :

La fin du charbon

Le rôle joué par le charbon dans le bouquet énergétique a été l'un des sujets les plus vivement débattus lors de la COP26. Les centrales électriques au charbon contribuent de manière significative au réchauffement de la planète et pourtant, de nombreux pays sont dépendants du charbon pour leurs besoins énergétiques. La formulation initiale de l'accord, qui visait à “éliminer” le charbon, a été adoucie à la suite des pressions exercées par la Chine et l'Inde en faveur d'une “réduction progressive”. Néanmoins, l'intention est claire : les parties conviennent qu'il n'y a pas d'avenir à long terme pour le charbon et il y aura une pression croissante au niveau mondial pour fermer les charbonnages. Pour les syndicats, se battre pour maintenir ouvertes les mines de charbon et les centrales électriques au charbon, c'est lutter contre le courant de l'histoire. Les syndicats au Royaume-Uni, en Espagne et ailleurs ont réussi à obtenir des reconversions et des redéploiements. Nous devons nous battre pour que cela devienne la norme.

Un engagement en faveur de la Transition juste

L'un des principaux slogans des syndicats lors de cette COP était “Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous.” Les syndicats ont réussi à promouvoir le principe de la Transition juste à tous les niveaux. L'un des résultats importants de cette conférence est le renforcement de l'engagement en faveur de la transition juste, qui figure désormais dans le règlement de Paris. La Déclaration de Transition juste annoncée par les pays riches crée un précédent important, à savoir que la transition vers la durabilité doit se faire en consultation avec les personnes les plus touchées.

Les syndicats peuvent dès maintenant utiliser les formulations concernant la Transition Juste contenues dans les accords de la COP pour revendiquer un dialogue social au niveau national. Les Fédérations syndicales internationales peuvent également revendiquer un dialogue social avec les entreprises multinationales sur des plans de transition.

Le retour des gouvernements

Depuis la fin des années 1970, une grande partie du monde s'est détournée de formes de développement dirigées par les États pour se tourner vers la déréglementation, la privatisation, la désindustrialisation et le développement dirigé par le marché. Cette évolution, à laquelle les syndicats ont opposé une forte résistance, a entraîné une augmentation des inégalités et provoqué des crises comme le krach financier de 2008. La Covid-19 est parvenu à forcer les gouvernements qui étaient totalement engagés idéologiquement dans l'austérité à engager des dépenses publiques sans précédent, car il est rapidement devenu évident qu'il n'y avait pas de solution à la pandémie émanant du marché.
    
Ce niveau sans précédent d'intervention et de financement de l'État sera probablement maintenu lorsque les gouvernements s'attaqueront au changement climatique. Malgré les sommes considérables qui seront investies, il sera toujours nettement moins coûteux de prévenir les catastrophes climatiques que de faire face à leurs conséquences.

Il est également probable qu'il y ait un effet multiplicateur : lorsque les États investissent, le secteur privé a tendance à suivre. Pour la première fois dans l'histoire du monde, les investissements seront coordonnés au niveau mondial, ce qui permettra de réaliser des économies d'échelle.

Financement de la décarbonation des pays du Sud

Les pays riches se sont engagés à Paris à fournir 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud pour atténuer les effets du changement climatique et les aider à décarboner leurs économies. Jusqu'à présent, ils n'ont pas honoré cette promesse. Malgré cela, d'importantes sommes d'argent, des subventions et non des prêts, ont commencé à être versées aux pays les plus pauvres.

Les 8,5 milliards de dollars affectés à la décarbonation d'Eskom, la compagnie d'électricité parapublique sud-africaine qui utilise du charbon, constituent un précédent important. Les pays financeurs se sont engagés en faveur de la Transition juste, et le processus sera géré par le dialogue social au travers de la structure tripartite Nedlac. Les syndicats sud-africains ont des craintes justifiées au sujet de la corruption, de l'écoblanchiment, de la privatisation et d'un certain nombre d'autres problèmes, mais si l'accord s'exécute comme prévu, il pourrait conduire à la création d'emplois propres et de qualité, à un transfert de compétences et de technologies ainsi qu’à une réduction significative des émissions. Le succès de l'Afrique du Sud se traduirait également par une augmentation des financements dans d'autres pays, notamment ceux qui, comme l'Inde, sont fortement dépendants du charbon.

Les pactes verts dans les pays du Nord

Les pays riches s'engageront à consacrer des sommes considérables à la construction d'infrastructures vertes. Le Pacte vert pour l'Europe, par exemple, fournira 100 milliards d'euros d'ici à 2030 pour financer une reprise verte après la pandémie de Covid. Cela comprendra de nouvelles infrastructures de transport, la rénovation de maisons et de bâtiments, la production d'énergie verte, etc. La Commission européenne prévoit que cela créera des centaines de milliers d'emplois.

De même, aux États-Unis, le projet de loi sur les infrastructures de 1.000 milliards de dollars, du Président Biden fera la part belle aux infrastructures vertes. D'autres pays de l'OCDE prévoient des niveaux d'investissement similaires.

Comment les syndicats doivent-ils réagir ?

“Si vous avez aimé Covid, vous allez adorer le changement climatique !”

La crise du Covid a été une répétition générale du changement climatique. Il a fallu des actions gouvernementales, un financement et une coordination mondiale sans précédent pour supprimer la pandémie et sauver des vies. Nous devrons poursuivre cette méthode de travail pour faire face au changement climatique.

Revendiquer le dialogue social et lutter pour une Transition juste

Nous devons préparer nos membres aux changements qui s'annoncent. Il est facile de critiquer nos gouvernements pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires, mais ceux d'entre nous qui font partie du mouvement syndical sont également coupables d'ignorer la crise climatique et de la laisser de côté. Les emplois dans le secteur des combustibles fossiles sont bien rémunérés et constituent des bastions pour les syndicats, ce qui nous amène à donner la priorité à la protection de ces emplois. Il existe désormais un engagement mondial en faveur de la transition vers l'abandon des combustibles fossiles. Dans certains pays, les syndicats ont une grande expérience de la lutte et de la victoire pour la Transition juste. Nous devons continuer à apprendre des meilleurs exemples.

La Directrice de l'énergie d'IndustriALL et déléguée à la COP26, Diana Junquera Curiel, confie :

“ Il vaut mieux concevoir son avenir que de se le voir imposer.

Plutôt que de faire croire à nos membres que nous pouvons défendre ces emplois indéfiniment, nous devons être honnêtes avec eux et les aider à préparer l'avenir. Notre tâche urgente est de développer des cadres concrets pour la Transition juste que nous pouvons mettre en œuvre par le biais du dialogue social.”

La Transition juste est incluse dans le Règlement de Paris. Mais pour de nombreux gouvernements, le dialogue social autour de la politique économique ne sera pas naturel. Il appartient aux syndicats de revendiquer un siège à la table lorsque les pays affinent leurs CDN et planifient la transition. Si nous le faisons efficacement, nous pouvons créer un précédent dans d'autres domaines de l'économie, en créant des structures tripartites et des négociations sectorielles.

Changer de discours

Les travailleurs et leurs syndicats se méfient, à juste titre, des grandes déclarations en vertu desquelles une glorieuse Transition juste conduirait à une utopie écologiste où règneraient les emplois syndiqués, propres et de qualité. Chaque changement majeur de l'économie mondiale dans l'histoire a eu un coût pour les travailleurs : du développement des machines textiles, qui ont remplacé les tisserands au début du 19ème siècle, à la mondialisation des années 1990 qui a conduit à l'externalisation et à des pertes d'emplois à grande échelle.

Pourquoi devrions-nous croire que ce sera différent cette fois-ci ?

Ce ne sera pas différent si nous laissons faire les politiciens. Mais cela peut être différent si nous nous impliquons dans la conduite de la transition. Nous sommes confrontés à un changement sans précédent dans l'économie mondiale : la fin de l'ère des combustibles fossiles et le début d'une nouvelle ère qui reste à définir. Contrairement aux changements précédents, il s'agit d'un processus géré, dans lequel les syndicats ont la possibilité d'influencer les politiques.

Les gouvernements du monde entier vont dépenser des sommes d'argent sans précédent. C'est à nous de veiller à ce que ces dépenses génèrent des emplois de qualité pour nos membres et que nous construisions un monde meilleur par la même occasion.