Comité de l’acier de l’OCDE : la délégation des travailleurs solidaire des sidérurgistes d’Ukraine

En cette triste occasion, le TUAC, IndustriALL Global Union et industriAll Europe, ont pris la parole pour exprimer conjointement leur entière solidarité avec les sidérurgistes d'Ukraine, ainsi qu’avec la population du pays dans son ensemble, et pour appeler à la fin de la guerre au plus tôt.

S’adressant au Comité, Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base et la construction mécanique, a déclaré :

“IndustriALL compte des affiliés à la fois en Russie et en Ukraine. L’administration Poutine a déclenché cette guerre le 24 février 2022 et elle en est responsable. Nous revendiquons la fin de la guerre et le retrait des troupes russes. Nous ne devons pas permettre que les travailleurs et leurs familles en paient le prix. Pendant que nous parlons, des hommes, des femmes et des enfants ukrainiens tentent d’échapper à la guerre. Rien qu’à Kryvyï Rih, 26.000 sidérurgistes, mineurs et leurs familles se battent pour survivre et pour protéger leur aciérie.

IndustriALL demande à ses affiliés d’effectuer des dons pour soutenir directement les syndicats touchés. Notre objectif est de continuer à aider les personnes touchées et les réfugiés par une solidarité concrète sous forme de dons et de livraisons d’aide. Nous sommes en dialogue constant avec nos affiliés ukrainiens pour leur apporter un soutien financier et organisationnel pendant cette période sombre en Europe. Nous sommes aux côtés de l’Ukraine.”

Le Comité de l’acier de l’OCDE se concentre sur la situation du marché mondial de l’acier, la demande en acier et l’évolution de son commerce. À ce titre, les sanctions internationales et leur impact sur le secteur de l’acier au plan mondial ont fait l’objet de discussions. Plusieurs pays ont fait part de leurs préoccupations quant à l’impact des sanctions sur les flux commerciaux, le coût de l’énergie et l’accès aux matières premières.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“Nous sommes solidaires du peuple ukrainien et demandons le retrait immédiat des forces armées russes. Nous demandons instamment aux décideurs politiques d’Ukraine, de la Fédération de Russie, des États-Unis, de l’UE et des organisations internationales, y compris l’OCDE, de redoubler d’efforts pour orienter le processus vers le dialogue et les solutions politiques afin de garantir une issue stable et pacifique pour une Ukraine unie.

Nous demandons également que les sanctions n’aient pas d’impact sur les travailleurs ordinaires, comme le montre un cas rapporté en Roumanie chez TMK Artrom, fabricant de tuyaux industriels, où les travailleurs et travailleuses ont vu leurs salaires gelés parce que leur entreprise appartient à un oligarque. Nous devons empêcher les terribles actions de la Russie de punir les travailleurs et travailleuses ordinaires.’’

En outre, le 1er mars, le TUAC a rapidement suspendu le statut de membre associé de son affilié russe, la FNPR, suite à sa déclaration de soutien à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Par conséquent, à partir de maintenant, les représentants de la FNPR ne sont plus invités à assister au Comité de l’acier de l’OCDE, ni à aucun autre comité de l’OCDE.

Marc Leemans, Président par intérim du TUAC, a conclu :

“Le TUAC condamne l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie en tant qu’acte violent et barbare contre une nation souveraine, son peuple et ses travailleurs et appelle les gouvernements de l’OCDE à déployer tous les efforts possibles pour mettre fin aux souffrances des peuples d’Ukraine et de Russie. L’attaque de l’armée russe contre les travailleurs et leurs familles, les sites de production et les villes d’Ukraine est inacceptable et doit être arrêtée. À cette fin, nous soutenons pleinement la décision du Conseil de l’OCDE de mettre officiellement fin au processus d’adhésion de la Russie.

Le TUAC a en outre cessé de collaborer avec la principale confédération syndicale russe, la FNPR, après son soutien public aux activités de Poutine en Ukraine, mettant fin à toute invitation à l’OCDE.’’

Le syndicat turc signe une CCT avec un fournisseur de pièces automobiles grâce à la solidarité internationale

Le 24 mars 2022, Safe Demo Plastik a signé une CCT avec Petrol-İş à l’issue d’une action mondiale contre les pratiques antisyndicales dans la filiale turque de l’équipementier automobile français Safe Group. Petrol-İş a d’abord obtenu la reconnaissance légale chez Safe Demo Plastik à Bursa, en Turquie, en 2019, après des années d’efforts de syndicalisation, en recrutant une majorité des 400 travailleurs et travailleuses. Le Ministère du Travail a certifié la reconnaissance, mais l’entreprise a réagi en la contestant devant les tribunaux et en licenciant des membres du syndicat.

IndustriALL a organisé une action de solidarité au sein de la chaîne d’approvisionnement, ciblant les clients de l’entreprise. Demo Plastik fournit Toyota Boshoku, Autoliv et Faurecia, qui sont tous syndiqués par des affiliés d’IndustriALL. Toyota Boshoku, une entreprise japonaise qui fabrique des intérieurs de voitures, est syndiqué par la JCM-JAW, Autoliv, une entreprise suédoise qui fabrique des systèmes de sécurité automobile, est syndiqué par IF Metall et Unionen, et Faurecia, une entreprise française qui fabrique des intérieurs et des systèmes d’échappement, est syndiquée par la FCE-CFDT. Ces syndicats ont pu exercer un effet de levier utile dans la campagne.

Dans le même temps, le syndicat a maintenu une forte présence sur le lieu de travail. La détermination des travailleurs et travailleuses ainsi que l’engagement du syndicat à poursuivre l’affaire devant les tribunaux ont permis de maintenir la pression sur l’entreprise.

Le syndicat a soumis une nouvelle demande de reconnaissance en novembre 2021, qui a de nouveau été accordée par le Ministère du Travail et contestée par l’entreprise. En décembre 2021, IndustriALL a écrit au Directeur général de Safe Group, lui faisant part de ses inquiétudes quant aux pratiques antisyndicales. Après avoir épuisé tous les moyens de faire échouer le syndicat, l’entreprise a reconnu Petrol-İş et a signé l’accord de principe.

Le Président de Petrol-İş, Süleyman Akyüz, a écrit à IndustriALL pour remercier le mouvement syndical international de son soutien, en disant :

“Nous sommes bien conscients que les activités de syndicalisation de l’entreprise ont pris beaucoup de temps. Au bout du compte, nous avons remporté une grande victoire grâce au soutien et à la solidarité de notre famille internationale IndustriALL Global Union. L’implication d’IndustriALL a fait une grande différence à cet égard. Merci à la solidarité mondiale.”

La CCT apporte des avantages considérables aux travailleurs et travailleuses de Demo Plastik. Avant la campagne de syndicalisation, les travailleurs et travailleuses étaient payés pratiquement au salaire minimum. La nouvelle convention, d’une durée de deux ans, prévoit une augmentation substantielle des salaires et des primes sociales. Les problèmes liés au lieu de travail, notamment les heures supplémentaires et la santé et la sécurité, ont été abordés avec la participation du syndicat.

Erhan Yakışan, ancien Président de la section locale de Bursa et désormais membre du Comité exécutif central de Petrol-İş, a déclaré que la stratégie de la chaîne d’approvisionnement avait été essentielle :

“Nous avons clairement vu que l’attitude et le comportement de la direction de l’entreprise locale ont changé avec l’implication des syndicats présents chez les clients de l’entreprise. Vive la solidarité internationale !”

Tom Grinter, Directeur d’IndustriALL pour le secteur, a déclaré :

“Cette affaire a pris beaucoup trop de temps : le refus obstiné de l’entreprise de respecter la loi et de reconnaître le syndicat lui a porté préjudice. Mais ce cas montre que la solidarité internationale, surtout lorsqu’elle est appliquée stratégiquement tout au long des chaînes d’approvisionnement, fait une différence cruciale pour gagner au nom des travailleurs et travailleuses.”

Illustration principale : photo de 2019 des travailleurs et travailleuses de Demo Plastik. Petrol-İş

Traitement inique des syndiqués chez Molex Malaysia

Face aux pratiques antisyndicales de Molex Malaysia, le Syndicat des salariés de l'industrie électronique de la région Nord (EIEUNR) a porté plainte au Département des relations de travail (IRD), qui statue en première instance sur les cas de traitement inéquitable de travailleurs.  

L'IRD a informé le syndicat qu'il entendra des travailleurs dans l'usine dans le cadre de son enquête. L'EIEUNR juge que ces interviews causeront un stress anormal pour les travailleurs parce qu'elles se feront sur le lieu de travail, ce qui veut dire que l'employeur n'aura aucun mal à identifier ceux qui sont interviewés.

L'EIEUNR détient un enregistrement dans lequel le directeur des ressources humaines (DRH) menace de supprimer des primes si les travailleurs votent la création d'un syndicat. Il a aussi reçu un autre enregistrement avec des menaces similaires, le DRH chargeant les cadres et contremaîtres de convaincre les travailleurs de voter contre le syndicat.

Ces enregistrements ont été soumis à l'IRD. Le syndicat est persuadé qu'ils sont suffisamment probants pour que l'IRD reconnaisse le traitement inéquitable des travailleurs et impose à l'employeur de procéder à un vote à bulletin secret sur la reconnaissance du syndicat, sans ingérence extérieure.

Le géant de la technologie Apple est un des principaux clients de Molex dont le comportement viole incontestablement le code de conduite d'Apple :

"Le fournisseur doit permettre aux travailleurs de s'associer librement à d'autres, de former des organisations de leur choix et d'y adhérer (ou ne pas y adhérer), et de négocier collectivement, sans ingérence, discrimination, représailles ou harcèlement."

"Le traitement inique des travailleurs de Molex viole clairement les droits fondamentaux des travailleurs et les droits syndicaux que garantissent les conventions de l'OIT et que la Malaisie devrait respecter. Apple et les autres grands client de Molex doivent être mis au courant de ces violations graves des droits des travailleurs dans leur chaîne d'approvisionnement,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki.

Des millions de travailleurs et travailleuses participent à une grève nationale

Les syndicats ont fait campagne pour les droits des travailleurs et travailleuses, qui sont sévèrement attaqués dans le cadre actuel des politiques anti-ouvrières en Inde. La plate-forme commune a appelé à la grève pour protester contre la privatisation du secteur public, la politique nationale de monétisation des actifs fonciers du secteur public, les nouvelles réformes du droit du travail favorisant l’emploi précaire et les attaques contre les droits constitutionnels et démocratiques des travailleurs.

“Des milliers de travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi, parfois leur vie, pendant la pandémie et les politiques du gouvernement ne font qu’accroître la précarité de l’emploi et les conditions de travail dangereuses. Cette grève de deux jours montre qu’en Inde, les travailleurs et travailleuses sont en colère et mécontents des politiques actuelles,”

a déclaré G. Sanjeeva Reddy, Président de la Fédération nationale indienne de l’acier, du métal, des mines et de l’ingénierie et membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

 

Les syndicats ont organisé dans tout le pays des rassemblements communs, des piquets de grève, des barrages routiers et ferroviaires et des réunions publiques pour soutenir la grève. Les services bancaires et les transports publics ont été gravement touchés. Les travailleurs et travailleuses de divers sites de production des secteurs de l’acier, du charbon, du pétrole et du métal se sont croisé les bras. Une proportion importante de travailleurs et travailleuses du secteur du charbon a participé à la grève générale, ce qui montre le mécontentement à l’égard de la politique du gouvernement visant à privatiser les charbonnages.

 

Certains syndicats, comme celui des travailleurs de l’électricité du Maharashtra, n’ont pas pu participer aux manifestations, car le gouvernement de l’État a interdit aux salariés des compagnies d’électricité publiques de se joindre au mouvement de protestation.

“Le gouvernement n’a pas répondu au cahier de revendications des syndicats, qui comprend l’abandon des modifications du droit du travail, l’augmentation du salaire minimum, la fin de la privatisation des entreprises du secteur public, ainsi que la fin de la précarisation du travail permanent. Les travailleurs et travailleuses ont été contraints de faire grève, car le gouvernement refuse de discuter avec les syndicats,”

a indiqué Sanjay Vadhavkar, membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL Global Union est solidaire du mouvement syndical indien, qui se bat pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses ainsi que pour protéger et renforcer les institutions et pratiques démocratiques. Nous appelons le gouvernement indien à engager un véritable dialogue social avec les syndicats.”

Les syndicats réclament une hausse des salaires en pleine crise économique au Sri Lanka

Partout dans le pays, des manifestants demandent que le gouvernement change ses politiques économiques pour maîtriser la situation. Les affiliés d'IndustriALL Global Union, qui sont aussi membres du Conseil national consultatif du travail (NLAC), ont mis en garde le gouvernement contre cette situation économique désastreuse et réclament une aide financière pour les travailleurs précaires du secteur privé.

Les syndicats demandent que tous les ménages qui gagnent moins de 75.000 roupies (258 $) puissent acheter de l'essence, du pétrole, du pain, de la farine, du riz, etc. aux prix de janvier 2020. Les salaires devraient également augmenter de 10.000 roupies (34 $) pour les travailleurs qui gagnent moins de 60.000 roupies (206 $) par mois. En outre, le salaire minimum devrait être porté de 16.000 roupies (55 $) à 26.000 roupies (89 $) par mois.

"Le pays est dans une situation dramatique. Des gens meurent debout pendant qu'ils font la file pendant des heures pour obtenir de l'essence. Nous avons remis au gouvernement une pétition reprenant nos revendications. Nous avons aussi donné des pistes par lesquelles le gouvernement pourrait y répondre, mais il faut qu'il agisse tout de suite,"

a déclaré Anton Marcus, co-secrétaire du Syndicat des salariés des zones franches et des services généraux.

Une pénurie de carburant a entraîné des coupures de courant journalières, rompant les chaînes d'approvisionnement, tandis que les grandes marques se fournissant au Sri Lanka ont exprimé leurs préoccupations. Les pénuries de matières premières et les coupures de courant ont durement frappé les entreprises des zones franches d'exportation, précarisant aussi la situation de l'emploi.

Les exportations sont une source régulière de devises étrangères pour l'économie sri-lankaise, mais avec la pire situation économique que le pays connaît depuis des dizaines d'années, des millions de travailleurs risquent de perdre leur emploi et leur moyen de subsistance. Dans certaines usines, on a dit aux travailleurs qu'ils pourront travailler quatre jours mais être payés six; toutefois, la prime de présence versée chaque mois sera déduite.

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale pour l'Asie du sud d'IndustriALL Global Union, a déclaré :

"Nos affiliés ont invoqué l'inflation galopante et la dégradation des conditions d'existence auprès du gouvernement avant la présentation du dernier budget, mais nos revendications n'ont pas été entendues. IndustriALL exhorte le gouvernement du Sri Lanka à se pencher sur les demandes des syndicats pour éviter de nouvelles pertes de vie."

Les FSI mettent en garde les actionnaires d’UPM contre un risque pour leur investissement

Une réunion mondiale de syndicats exprime sa solidarité avec les travailleurs d'UPM

La lettre, envoyée le 25 mars aux 20 plus gros actionnaires de l’entreprise, met en garde par rapport à une attaque idéologique de la direction d’UPM contre les droits syndicaux qui s’est intensifiée au point de menacer la réputation à long terme de l’entreprise.

Les travailleurs de tous les sites d’UPM en Finlande sont en grève depuis le 1er janvier contre les plans de l’entreprise visant à revendiquer plus de travail sans augmentation de salaire, à rompre des décennies de pratique de négociation collective et à refuser à certains groupes de travailleurs, membres du syndicat des techniciens et cadres Ammattiliitto Pro, affilié à IndustriALL, le droit d’être représentés syndicalement.

La grève coûte à l’entreprise environ 20 millions d’euros par semaine et l’oblige à rompre des obligations contractuelles envers des clients. UPM invoque un cas de force majeure en raison de la grève pour tenter d’échapper à ses responsabilités. La lettre rappelle toutefois que, dans un arrêt de 2021, la Cour européenne de justice a jugé que la force majeure n’était pas applicable en cas d’action syndicale légale.

Les syndicats représentant les travailleurs chez les clients d’UPM écrivent à leurs employeurs pour leur conseiller de rejeter la revendication de force majeure d’UPM et de tenir la société pour responsable.

La grève de Paperiliitto (syndicat des travailleurs du papier) a été prolongée jusqu’au 16 avril au moins. Teollisuusliitto (syndicat général du secteur industriel), présent également chez UPM mais qui n’est pas actuellement en grève, a versé 2,2 millions d’euros au fonds de grève, déjà bien fourni, de Paperiliitto. Les syndicats, qui sont affiliés à IndustriALL, estiment avoir les ressources nécessaires pour résister à l’attaque de l’entreprise.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la pâte et du papier, Tom Grinter, a déclaré :

“Cette grève repose sur des bases solides. Le niveau de solidarité et de soutien international est très impressionnant à voir. Il s’agit d’une attaque idéologique mal-inspirée contre les droits syndicaux. Nous avons organisé une série de réunions avec des syndicats du papier du monde entier et ils sont tous absolument déterminés à faire en sorte que le syndicat l’emporte.”

Photo : Paperiliitto

Un syndicat signe une convention collective avec ArcelorMittal au Libéria

Cette convention collective de trois ans (2022-2024) est la cinquième conclue avec l'entreprise et, pour le syndicat, elle assure l'harmonie entre l'employeur et les travailleurs. Elle comporte des primes de scolarité pour leurs enfants, des primes de logement et offre des emplois permanents aux travailleurs contractuels. En outre, le syndicat se félicite d'une classification des postes censée remédier aux disparités salariales.

Le ministère du Travail, qui avait offert ses bons offices, considère que la convention collective est conforme à la Loi sur le travail décent, qui régit entre autres les conditions d'emploi, la santé et la sécurité au travail, les conventions collectives et les actions du travail ainsi que la rémunération des travailleurs.

Pour le ministère, les négociations sont essentielles à l'amélioration des relations du travail et la mise en œuvre de cette convention comptera beaucoup.

Dave Seneh, le secrétaire général de l'UWUL, qui représente les travailleurs de la mine et de la sidérurgie, a déclaré :

"Cette convention amènera la paix sociale et fournira la sécurité d'emploi aux 400 travailleurs contractuels qui seront titularisés. La conversion, en 2023, des contrats temporaires en emplois permanents, sera un soulagement pour les travailleurs.

"Il est important de souligner que l'UWUL n'a cessé de réclamer des emplois permanents depuis qu'ArcelorMittal s'est installé dans le pays. Notre argument est que, puisque ces travailleurs font le même travail que d'autres, ils doivent aussi avoir des contrats permanents."

"Nous félicitons l'UWUL pour avoir négocié cette convention collective qui donne des contrats permanents à des travailleurs précaires, avec des prestations et de meilleures conditions de travail, dont on ne peut que se réjouir. Il est essentiel que les syndicats luttent pour les emplois permanents et pour les droits des travailleurs, en particulier pour les travailleurs qui ont des formes d'emploi atypiques,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

ArcelorMittal Liberia extrait et transforme du minerai de fer et participe aussi au développement des infrastructures portuaires et ferroviaires du pays. L'an dernier, ArcelorMittal a signé avec le gouvernement un accord pour l'accroissement de ses activités au Libéria dont il est le premier investisseur étranger.

Les syndicats de Malaisie obtiennent une extension du congé de maternité

Après l’adoption par la chambre basse du parlement malaisien, le 21 mars, du projet de loi 2021 sur l’emploi, les travailleuses malaisiennes bénéficieront désormais de 14 semaines de congé de maternité et leurs maris auront droit à un congé de paternité d’une semaine.

“Nous saluons l’extension du congé de maternité et l’introduction du congé de paternité. Le gouvernement devrait également ratifier la Convention 183 de l’OIT sur la protection de la maternité, car la législation nationale sera bientôt conforme à la norme internationale,”

a indiqué Idawati Idrus, coprésidente du Comité des femmes d’IndustriALL pour la Malaisie.

Le projet de loi a également introduit de nouvelles dispositions sur l’interdiction du travail forcé, la discrimination en matière d’emploi, l’interdiction du licenciement des travailleuses enceintes, le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et les modalités du travail flexible. La durée hebdomadaire du travail a été réduite de 48 à 45 heures.

N. Gopal Kishnam, Secrétaire du conseil d’IndustriALL pour la Malaisie, a déclaré que ce succès est également le fruit d’une étroite collaboration entre les affiliés des Fédérations syndicales internationales en Malaisie, les organisations de femmes et de travailleurs migrants, dans le cadre de la Coalition pour la réforme du droit du travail (LLRC).

La LLRC, qui se compose de 58 syndicats affiliés à IndustriALL, l’IBB, l’ISP, la FITD, l’IE et ainsi que de différentes ONG, a invité depuis 2019 le Ministère des Ressources humaines à réformer la loi sur l’emploi, la loi sur les syndicats et la loi sur les relations sociales.

“Je félicite les syndicats d’avoir vu leur campagne sur la protection de la maternité couronnée de succès. Nous continuerons à soutenir nos affiliés dans leurs efforts pour améliorer la législation du travail et les droits syndicaux,”

a déclaré Shinya Iwai, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est.

Le harcèlement antisyndical continue au Bélarus

Le 21 mars, les bureaux du syndicat de la compagnie pétrolière Naftan ont été perquisitionnés et mis sens dessus dessous. Du matériel, dont des ordinateurs, de la documentation et des banderoles syndicales ont été saisis par la police.

La militante syndicale Nina Barysava a été détenue une nuit, son domicile a été perquisitionné et son téléphone emporté par les policiers. L'appartement de Gennadz Vorona, vice-président du syndicat BITU de Naftan a également été perquisitionné.

Volha Brytsikava, la présidente du syndicat BITU de Naftan, est en prison après avoir été condamné à trois peines de détention de 15 jours pour sa prise de position contre la guerre.

Selon les observateurs, ces perquisitions et arrestations sont destinées à effrayer le syndicat et l'amener à dévoiler la liste des membres qu'il a encore chez Naftan, comme l'exigent les services du procureur.

Le mois dernier, la police s'est aussi attaquée aux syndicats. Aleksandr Yevdokimchik, le vice-président de notre affilié SPM, âgé de 67 ans, a été arrêté le 24 février à son arrivée aux bureaux du syndicat. En jugement quatre jours plus tard, il a été condamné pour faits de hooliganisme, prétendument au poste de police, et a passé 17 jours en prison.

Pour le secrétaire général d'IndustriALL Atle Høie :

"Tant que le harcèlement brutal contre les syndicats se poursuivra, IndustriALL continuera à se battre pour ses syndicats. Les violations doivent cesser et le Bélarus doit respecter les obligations découlant de la convention 87 de l'OIT, que le gouvernement a ratifiées."

Forte solidarité dans le réseau nord-américain du ciment

Deux conflits du travail ont fait l’objet de débats lors de la réunion. Un groupe de 150 membres de la section locale d’Unifor de Ash Grove (propriété de CRH) à Joliette, Québec, Canada, est en lock-out depuis mai dernier. Dès lors que l’employeur se prépare à fermer deux des quatre fours, des dizaines de membres risquent de perdre leur emploi.

Trois cent trente camionneurs de Seattle, aux États-Unis, se sont mis en grève en novembre de l’année dernière dès lors qu’un groupe d’employeurs, parmi lesquels les multinationales HeidelbergCement et Taiheiyo Cement ainsi que deux producteurs locaux, a refusé de négocier de bonne foi. Depuis, une grande partie du secteur de la construction de Seattle, qui représente 23 milliards de dollars, est à l’arrêt.

Quelques jours après la réunion du réseau, le 14 mars, plus de 40 chauffeurs de camions à béton et le personnel auxiliaire de l’usine de béton prêt à l’emploi de Cadman sur East Marginal Way et de l’usine de béton prêt à l’emploi de Salmon Bay à Ballard ont accepté, dans un geste de bonne foi, de reprendre le travail. Toutefois, Cadman (propriété de HeidelbergCement) a refusé de réintégrer les chauffeurs de camions à béton en temps voulu ou de leur fournir une date pour leur retour. Il est donc important de continuer à soutenir les Teamsters en grève.

L’assemblée a adopté une déclaration de solidarité avec les Teamsters en grève à Seattle. Une déclaration de solidarité similaire sera préparée pour les collègues canadiens et américains de Ash Grove à Joliette.

 

Les conséquences humaines et économiques de l’invasion de l’Ukraine par la Russie se répercutent au-delà de la région concernée. Huit des douze cimenteries d’Ukraine appartiennent à des multinationales du ciment, dont l’irlandaise CRH, l’italienne Buzzi Unicem et la russe Eurocement. CRH a déjà suspendu sa production et annoncé une aide aux salariés et à leurs familles pour fuir le conflit. L’entreprise a également cessé toutes ses activités en Russie. Buzzi Unicem a annoncé le déploiement d’un plan d’urgence afin de garantir la sécurité de ses salariés et de leurs familles en Ukraine. À ce stade, nous n'avons aucune information sur les activités et les salariés d’Eurocement en Ukraine.

Les délégués ont discuté des transformations de l’industrie aux niveaux mondial et régional. L’industrie du ciment est sous pression pour neutraliser ses émissions de carbone d’ici 2050 afin d’atteindre l’objectif de développement durable des Nations Unies sur la lutte contre le changement climatique et ses impacts sur le secteur. Afin de faire entendre la voix des syndicats dans ce processus, IndustriALL entame un travail se situant dans la lignée de la déclaration sur la Transition juste adoptée lors de la COP26 de Glasgow l’année dernière.

Alexander Ivanou, Directeur pour les industries des matériaux, a déclaré :

“Notre réseau continue à mettre en place une forte solidarité et les Teamsters ainsi qu’Unifor peuvent compter sur nous. Nous nous élevons contre la guerre en Ukraine et exprimons notre entière solidarité avec le peuple ukrainien. Pour ceux qui sont en mesure d’apporter une contribution, veuillez suivre ce lien.

Nos réseaux vont redoubler d’efforts en faveur d’une Transition juste dans le secteur du ciment, ce qui est extrêmement souhaitable à l’heure actuelle.”