Un nouveau modèle de relations du travail dans la chaîne d'approvisionnement de l'industrie du textile et du vêtement

Ce sont les travailleurs qui ont payé le prix de l'atomisation de la chaîne d'approvisionnement du textile et de l'habillement, qui est la conséquence de l'impact de la pandémie de Covid-19 sur le modèle économique intenable du secteur.

Les annulations de commandes ont provoqué la fermeture de milliers d'ateliers de confection et le licenciement de millions de travailleurs sans aucun filet de sécurité. Cela illustre la précarité du modèle économique du secteur et l'urgente nécessité d'instaurer des modèles de chaîne d'approvisionnement durables pour ce qui est des relations du travail.

L'Accord international négocié récemment légitime une fois encore un changement de modèle des relations du travail dans cette chaîne d'approvisionnement, un modèle qui repose, plutôt que sur des initiatives volontaires, sur des règles contraignantes qui imposent aux marques de rendre des comptes sur l'impact sur les travailleurs.

IndustriALL et ses affiliés considèrent que ce modèle peut être appliqué à d'autres problèmes systémiques de la chaîne d'approvisionnement. Nous nous proposons d'expliquer pourquoi un changement s'impose dans le secteur, en raison notamment d'un urgent besoin de protection sociale pour les travailleuses et les travailleurs du vêtement.

Par protection sociale, nous entendons des mesures de protection inhérentes aux droits fondamentaux du travailleur, qui sont la condition d'un lieu de travail robuste et plus équitable. Ces mesures incluent notamment :

Le modèle actuel, où le renvoi est la seule forme de protection sociale, est à l'origine des vols de salaires commis pendant la pandémie.

C'est un continuum, allant de l'Accord du Bangladesh, qui porte sur les droits et la sécurité des travailleurs dans un pays en particulier, à l'Accord international, qui vise à étendre ces acquis à d'autres pays, et à une initiative en faveur de la protection sociale dont le but est d'implanter un changement positif et solidement ancré pour tout un secteur.

Joignez-vous à notre session parallèle au Forum de l'OCDE sur l'habillement, le 22 février à 16 heures CET, pour une discussion sur de nouvelles relations du travail dans la chaîne d'approvisionnement.

Parmi les orateurs, citons : Jason Judd, de l'ILR School de l'Université Cornell, Ruwan Subasinghe, de la Fédération internationale du transport, Kalpona Akter, de la BGIWF et membre du comité exécutif d'IndustriALL, et Elizabeth Umlas, conseillère principale d'IndustriALL sur les stratégies d'investissement.

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Des enseignes de la lingerie sommées de verser 7,4 millions de dollars à 1.388 salariés thaïlandais

La journée d’action régionale a été organisée en soutien aux membres de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT), affiliée à IndustriALL, qui ont été licenciés sans préavis en mars 2021 lors de la fermeture inopinée de leur usine. Les salariés, pour la plupart des femmes, se sont retrouvés dans des conditions désastreuses en pleine pandémie de Covid-19. À ce jour, les travailleurs et travailleuses n’ont toujours pas reçu les salaires, les heures supplémentaires, les congés et les indemnités de licenciement qui leur sont dus.

“Les travailleurs et travailleuses attendent une indemnisation depuis près d’un an maintenant et il est nécessaire de la régler le plus rapidement possible,”

a indiqué le Président de la CILT, Prasit Prasopsuk.

 

Des syndicalistes d’Australie, d’Indonésie, du Japon, de Corée, de Malaisie, de Mongolie, des Philippines et de Thaïlande ont participé à des actions en magasin, à une campagne sur les médias sociaux et à l’envoi de lettres de protestation aux enseignes, revendiquant que les travailleurs et travailleuses soient payés immédiatement.

Les membres du Comité des femmes pour l’Asie-Pacifique d’IndustriALL se sont jointes de manière virtuelle à la journée d’action régionale lors de leur réunion du 14 février.

“La solidarité ne passe jamais de mode et ce combat est très important. Nous demandons à Victoria’s Secret et aux autres grandes enseignes de verser aux travailleurs et travailleuses les 7,4 millions de dollars qui leur sont dus,”

a déclaré Jenny Kruschel, Coprésidente du Comité des femmes d’IndustriALL pour l’Asie-Pacifique ainsi que Secrétaire nationale du textile, de l’habillement et de la chaussure de la division manufacturière du CFMEU.

Shinya Iwai, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“IndustriALL poursuivra la lutte contre les employeurs sans scrupules. Les enseignes doivent faire preuve de diligence raisonnable et assumer leur responsabilité lorsque des droits sont violés dans leur chaîne d’approvisionnement.”

Des manifestants haïtiens confrontés à la violence policière

Jeudi, pour la deuxième journée consécutive, la police a tiré des grenades lacrimogènes et frappé à coups de bâton devant la zone franche d'exportation SONAPI à Port-au-Prince.

Le mois dernier, une coalition dont fait partie notre affilié GOSTTRA a appelé le premier ministre Ariel Henry à augmenter, de 500 gourdes (4,80 $) à 1.500 par jour, le salaire minimum dans l'industrie de l'habillement. Le code du travail stipule que les salaires doivent être ajustés lorsque l'inflation dépasse 10 pour cent dans l'année. Ces derniers mois, elle a pratiquement atteint 23 pour cent.

 Le coordinateur du GOSTTRA, Réginald Lafontant, déclare :

"Les coûts de la nourriture, des loyers, des soins de santé et du transport augmentent chaque jour, mais nos salaires n'ont pas bougé depuis trois ans. Les travailleurs gagnent moins du tiers de ce qu'il faut pour survivre. La vie est un combat de tous les jours et les gens sont désespérés."

Les ateliers de confection de Haïti exportent principalement vers les marchés au détail des États-Unis et du Canada, ajoute Réginald Lafontant :

"Les travailleurs haïtiens ne reçoivent pas une part équitable de la richesse qu'ils produisent. Une travailleuse de l'habillement devrait travailler quatre jours pour se payer le T-shirt qu'elle confectionne. Je sais qu'Haïti est un pays pauvre, mais c'est ridicule."

La situation est encore aggravée par les violations généralisées des droits au travail dans l'industrie du vêtement, comme tout récemment chez Centri Garments où une soixantaine de personnes ont été licenciées pour avoir protesté contre l'iniquité des pratiques salariales, et le ministère du Travail ferme les yeux.

Dans une lettre au premier ministre haïtien, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, l'avertit que les marques et les enseignes sont de plus en plus sollicitées pour faire respecter le devoir de diligence dans leurs chaînes d'approvisionnement.

"Payer des salaires de misère et réprimer les travailleurs qui protestent est très mauvais pour la réputation de votre pays en tant que pays avec lequel on peut faire des affaires,"

écrit Atle Høie.

IndustriALL exhorte le premier ministre à entamer un dialogue digne de ce nom avec les syndicats signataires afin de revoir le salaire minimum à la hausse. Il appelle aussi le gouvernement à veiller au respect de la législation nationale et des normes internationales dans l'industrie de l'habillement, et en particulier à obtenir la réintégration des travailleurs et travailleuses de Centri Garments.

Dénonciations d’abus à l’usine Dyson en Malaisie

Le 10 février dernier, la chaîne britannique Channel 4 News a diffusé un reportage réalisé en Malaisie par un groupe de travailleurs et travailleuses migrants, occupés dans une usine produisant principalement pour Dyson. Les travailleurs et travailleuses migrants ont raconté qu’alors qu’ils étaient employés par ATA Industrial, on leur a retiré leur passeport, ce qui les a contraints à continuer à travailler pour l’entreprise.

Ces personnes étaient contraintes à de longs temps de travail qui, avec les heures supplémentaires, allaient parfois jusqu’à 18 heures par jour. On leur disait que si elles refusaient de prester des heures supplémentaires lorsqu’on le leur ordonnait, elles n’auraient plus droit à effectuer aucune heure supplémentaire à l’avenir, ce qui les empêcherait de vivre de leur salaire. Certains jours, ces travailleurs et travailleuses gagnaient moins de l’équivalent de 10 dollars.

De nombreux travailleurs et travailleuses vivaient dans des conditions insalubres et de surpopulation, où jusqu’à 80 personnes partageaient une même pièce, et leurs déplacements étaient limités par des agents de sécurité.

Les frais de recrutement, les mauvaises conditions de vie, la rétention des passeports, les horaires excessifs, les heures supplémentaires forcées et les restrictions de mouvement sont autant d’indicateurs clairs de travail forcé, tel que défini par l’Organisation internationale du travail.

Le syndicat britannique Unite, affilié à IndustriALL, appelle à des réformes de la chaîne d’approvisionnement de Dyson à la suite de ces allégations de mauvais traitements infligés à des migrants dans une usine en Malaisie qui fabrique des produits pour l’enseigne bien connue.

Simon Dubbins, Directeur international d’Unite, a déclaré :

“Unite se joint au mouvement syndical international pour revendiquer que Dyson garantisse que des violations des droits de l’homme et du travail ne se produisent dans aucune section de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise. Des syndicats indépendants doivent également être autorisés dans l’ensemble de la société et de ses chaînes d’approvisionnement afin que les droits des travailleurs et travailleuses soient protégés et que les consommateurs puissent être sûrs qu’ils n’achètent pas des produits fabriqués au prix de la misère d’autrui.”

Le fait d’ignorer les informations faisant état de longue date d’abus chez ATA Industrial contredit les affirmations publiques de Dyson en matière d’approvisionnement responsable. Et lorsque Dyson a mis fin à son contrat avec ATA Industrial en novembre de l’année dernière à la suite des conclusions d’un audit, il l’a fait sans mettre en place aucune mesure corrective pour les travailleurs et travailleuses.

N. Gopal Kishnam, Secrétaire du Conseil d’IndustriALL pour la Malaisie et Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des équipements de transport et des industries connexes (NUTEAIW), indique :

“Le plan d’action national sur le travail forcé doit être mis en œuvre immédiatement pour mettre fin à toute forme d’abus. Nous appelons le gouvernement malaisien à mener une enquête approfondie sur cette plainte et à prendre des mesures conformément à la législation.”

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a pour sa part déclaré :

“Ce cas chez Dyson montre que ces audits mal conçus et mal exécutés ne sont utilisés que pour présenter des certificats de bonne santé. Comme chez Dyson, nous avons vu de nombreux cas d’audits problématiques dans la chaîne d’approvisionnement qui ne reflètent pas la réalité. Un audit crédible inclut le droit pour les travailleurs et travailleuses d’être entendus.”

“Dyson doit garantir dans sa chaîne d’approvisionnement les droits fondamentaux conformément aux normes internationales du travail. La meilleure façon d’éviter l’exploitation est de s’assurer que travailleurs et travailleuses, y compris migrants, puissent exercer leur droit à la syndicalisation et à la négociation collective afin de pouvoir améliorer leurs salaires et conditions de travail.”

Fondée au Royaume-Uni en 1993, l’entreprise Dyson a transféré son siège social à Singapour en 2019. En 2007, Dyson a fermé son usine britannique et a transféré la fabrication en Malaisie. ATA Industrial fabrique principalement des produits pour les gammes d’aspirateurs, d’éclairage, de soins capillaires, d’appareils de chauffage et de ventilateurs de Dyson.

Photo d’archive de travailleuses migrantes, Petaling Jaya, Malaisie. Crédit : ONU Femmes

Un travailleur tué au chantier de démolition navale Kabir Steel

La victime, Mohammad Ariful Islam Sujan, a perdu la vie alors qu'il découpait une poutrelle au chalumeau. Les chantiers de démolition navale fonctionnent la nuit dans des conditions extrêmement dangereuses malgré une ordonnance de la justice de 2011 interdisant le démantèlement de navires pendant la nuit. Un autre travailleur avait été blessé sur le même chantier la semaine précédente.

Les affiliés d'IndustriALL Global Union, la Fédération des travailleurs du métal du Bangladesh (BMF) et la Fédération des travailleurs du métal, de la chimie, de l'habillement et des tailleurs du Bangladesh (BMCGTWF), n'ont cessé de soulever ces questions. Sept accidents ont été signalés l'an dernier dans d'autres chantiers, ceux de Madanbibir Hat et Gamarital, qui appartiennent également à Kabir Steel.

La direction essaie de minimiser l'accident, d'après Abdullah Al Sakib Mubarrat, l'inspecteur général adjoint du Département de l'inspection des usines et établissements, Chattogram. "Ariful s'est soudain senti mal, il a vomi et s'est effondré". Les affiliés bangladais d'IndustriALL rejettent ce qu'ils voient comme une mystification et réclament une indemnisation complète pour la famille de la victime.

Les syndicats ont organisé, le 2 février, une chaîne humaine que la police locale a tenté de disperser. Après son intervention, les dirigeants syndicaux ont transformé la chaîne humaine en une manifestation de masse.  Des représentants de la BMF et de la BMCGTWF ont rencontré la famille du défunt et l'ont aidée à préparer les documents nécessaires pour réclamer une indemnisation.

Les syndicalistes rencontrent la famille  

Les syndicats ont consulté le Département de l'inspection des usines et établissements sur la question de l'indemnisation et ils comptent poursuivre ces contacts. L'entreprise aurait déposé 200.000 takas (2.327 $) à la cour du travail, suivant la pratique instaurée par les amendements de 2018 à la Loi sur le travail du Bangladesh, mais la somme de 500.000 takas (5.816 $) reste à verser à la famille de la victime.

Les affiliés bangladais d'IndustriALL n'ont cessé de soulever la question des conditions de travail dangereuses sur les chantiers de déconstruction navale et ils continueront de se battre jusqu'à ce que les familles des victimes soient totalement indemnisées. IndustriALL appelle le gouvernement bangladais à ratifier la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr des navires.

L'an dernier, ce sont en tout 50 travailleurs de ces chantiers qui ont été tués et 12 autres blessés. Cette année déjà, deux travailleurs ont été tués et deux autres blessés.

Le président de la BMF, AM Nazim Uddin, et le secrétaire général de la BMCGTWF (comité de Chattogram), Md. Nurul Absar, on publié une déclaration dans laquelle on peut lire :

"La BMF et la BMCGTWF ont toujours été préoccupées par la fréquence des accidents dans le secteur du démantèlement des navires au Bangladesh et elles n'ont cessé de réclamer des propriétaires et du gouvernement des mesures qui permettraient de les enrayer. Elles ont donc été abasourdies d'entendre l'inspecteur général adjoint du Département de l'inspection des usines et établissements de Chattogram et le propriétaire de Kabir Steel Limited donner une relation totalement différente de l'accident, ce qui soulève beaucoup de questions quant à leurs intentions et leur intégrité. Nous exigeons du gouvernement qu'il prenne les mesures appropriées contre les activités illicites du propriétaire et des représentants du gouvernement. Nous voulons aussi que les familles des travailleurs touchés reçoivent en totalité l'indemnisation qui leur est due."

Le secrétaire régional d'IndustriALL, Apoorva Kaïwar, a déclaré :

"Il est de la responsabilité des propriétaires de veiller à ce que ceux qui travaillent pour eux ne meurent pas au travail, plutôt que de s'en tirer en versant une indemnité dérisoire pour la mort d'un travailleur".

Photo: Un chantier de démolition navale à Chittagong . CC Stéphane M. Grueso

Daniela Cavallo: un esprit d'équipe axé sur les solutions

INTERVIEW

Global Worker No. 2 novembre 2021

Qui: Daniela Cavallo

Texte: Alexander Ivanou

Daniela Cavallo, fille d'un immigrant italien venu en Allemagne à la recherche d'une vie meilleure et qui a travaillé chez Volkswagen à Wolfsburg, a également commencé à travailler dans l’entrepriseil y a plus de 27 ans. Aujourd'hui, elle est Présidente du Comité d'entreprise de la plus grande usine de Wolfsburg, Présidente du Comité d'entreprise national en Allemagne et Présidente des Comités d'entreprise du groupe européen et mondial de Volkswagen. Daniela est également membre du Conseil de surveillance de l'entreprise, en plus d'autres responsabilités au sein de l’univers complexe de Volkswagen.

La grande expérience de Daniela dans l'entreprise apporte beaucoup à son poste. Au fil des ans, elle a été témoin de nombreuses évolutions, tant favorables que critiquables. Elle a occupé différents postes : d'apprentie en administration de bureau à membre du Comité d'entreprise de la filiale “Auto 5000”, un projet visant à garantir de nouveaux emplois et investissements chez VW en Allemagne tout en acceptant des salaires plus bas et des horaires de travail plus flexibles. Elle y a également participé à la négociation de conventions collectives.

Au fil des ans, Daniela a représenté différentsgroupes de salariés et a acquis beaucoup d'expérience. Son travail lui a permis de se constituer un vaste réseau, non seulement parmi les travailleurset travailleusesmais aussi au sein de la direction à différents niveaux, ce qui l'aide dans son poste actuel.

Daniela pense que l'une de ses forces est sa capacité à travailler avec différentes personnes 

““J'ai un bon esprit d'équipe et je cherche toujours des solutions. Les gens peuvent avoir des opinions différentes et il est important de l'accepter, dediscutermême lorsqu'il y a une controverse et de toujours chercher des solutions. ”

Daniela se considère parfois trop impatiente et préfère faire évoluer les choses rapidement. D'une certaine manière, c'est un avantage, car cela l'aide à continuer à insister et à obtenir des résultats, mais d’aucunpeuvent considérer qu'elle est trop insistante.

Bien qu'exaltée lorsqu'elle a été élue Présidente du Comité d'entreprise, Daniela n'a pas eu beaucoup de temps pour y réfléchir

“J'ai été immédiatement plongéedans le grand bain.”

Au début, l'attitude à son égardétait un peu“attendons de voir”, ce que Daniela ne lie pas au fait qu'elle soit une femme

“Je travaillais déjà depuis des années avec nombre de ces collègues. Cependant, j'ai remarqué que lors des réunions, des discussions et des rendez-vous, plus on est haut dans la hiérarchie, moins on voit de femmes.”

Depuis 2002, les comités d'entreprise en Allemagne ont un quota de femmes et donc, il yena davantageprésentes.

“La façon de discuter, detravailler et de chercher des solutions change lorsqu'il y a plus de femmes présentes et c'est enrichissant.”

Bien que cela reste une partie importante de son travail quotidien, Daniela se concentre principalement sur les changements qui ont lieu chez Volkswagen et qui affectent les emplois actuels et futurs.

L'industrie automobile connaît une mutation profonde et complète vers les véhicules électriques et les nouveaux concepts de mobilité. Cette transformation implique des changements dans le travail,entraînant des pertes d'emploi potentielles en raison de la numérisation et des changements technologiques, mais aussi des opportunités de nouveaux postesdans de nouveaux domaines. En 2016, la direction de VW et le Comité d'entreprise général ont signé un pacte pour l'avenir. La signature de ce pacte signifiait, bien que géré de manière socialement responsable, desévèrespertes d'emploi et la mise en place d'un système actualisé avec une évolution vers de nouveaux rôles et emplois avec un budget pour la qualification et la reconversion. 

“Nous avions présenté les éléments du pacte pour l'avenir, et bien que nous ayons dû faire quelques compromis, en contrepartie nous avons reçu de la part de la direction les garanties pour sécuriser les emplois,”

indique Daniela.  

Avec une feuille de route pour latransformation numérique, l'accent a été mis sur les domaines indirects, c'est-à-dire les emplois qui ne sont pas directement liés à la fabrication. Une foisla feuille de route adoptée, Volkswagen s'est engagéà investir dans la création de nouveaux emplois liés à la numérisation, principalement dans le domaine de l'informatique.

Le programme “Faculty73”est l'un des exemples de conversion descompétences. Dans le cadre de ce programme, Volkswagen forme des développeurs de logiciels et leur offre un emploi permanent lorsqu'ils ont réussi. Ce qui est remarquable, c'est que les travailleurs et travailleuses de la chaîne de montage peuvent également participer au projet s'ils font preuve de talent dans le domainede l'informatique. Un concept similaire a également été mis en œuvre chez SEAT en Espagne.

Volkswagen est un pionnier en matière de coopération transnationale et d'organes mondiaux de représentation des travailleurs. Des chartes mondiales telles que la Charte sociale, la Charte du travail temporaire, la Charte de la formation et de l'éducation, etc. ont été mises en œuvre et ont permis aux syndicats d'autres usines VW dans le monde de bénéficier des solides droits de codétermination présents en Allemagne et chez VW.

L'Allemagne dispose d'une base juridique pour un système de codétermination et une culture de codécision sur le lieu de travail. Cela signifie une coopération entre la direction et les travailleurs dans la prise de décision, entre autres par la représentation des travailleurs dans les conseils de surveillance.

Les chartes concernant les politiques de VW sont uniques et constituent une contribution importante à la protection des droits des travailleurs dans le monde. Ces chartes peuvent également servir de base à la mise en œuvre de droits minimaux dans les pays où les travailleurs et travailleuses sont confrontés à un respect insuffisant de leurs droits.

“Ledroit à être consultéset informés dans les différents pays estun sujet d'échange important. Ces échanges peuvent être favorables, mais si l'entreprise ne prend pas les revendications au sérieux, je dois soutenir les travailleurs et travailleuses concernés. Les différentes chartes peuvent contribuer au processus et aider à mettre en place des modalitésde codétermination et de codécision, non seulement du côté des salariéset des syndicats, mais aussi du côté de la direction.”

La pandémie de Covid-19 a suscité un large débat sur le type de mesures de protection sociale à mettre en place. Daniela se souvient des plaintes de collègues à l'étranger concernant la réduction du temps de travail. La forteprésence du groupe VW en Allemagne et les accords connexes entre l'entreprise et le comité d'entreprise ont souvent contribué à préserver les emplois, et pas seulement pendant la pandémie :

“En Allemagne, le personnel était envoyé de Volkswagen chez Porsche, ou d'Audi chez VW Sachsen, tandis que dans les usines d'autres pays, comme chez VW et Audi au Mexique, il y avait très peu d'échanges. Les deux usines ne se soutenaient pas vraiment l'une l'autre dans les situations difficiles et chacune se débattait seule avec ses problèmes”,

explique Daniela.

Agreements between the Volkswagen Group & the European/Global Group Works Councils

Daniela estime que la participation d'IndustriALL aux chartes internationales est très importante, évoquant également le cas de la seule usine non syndiquée de Volkswagen, celle de Chattanooga, dans le Tennessee, aux États-Unis.

L'affilié d'IndustriALL, le syndicat del'automobile UAW, a essayé de syndiquer cette usine en 2014 et en 2019. Dans les deux cas, l'entreprise a fait appel à une société pour la soutenirdans ses pratiques antisyndicales afin d'empêcher l'UAW de remporter les élections syndicales. IndustriALL a même suspendu l'accord-cadre mondial conclu avec Volkswagen.

L'influence des politiciens, tant au niveau de l'État qu'au niveau fédéral, a clairement joué un rôle lors des scrutinsà Chattanooga. Daniela admet la complexité du sujet et poursuit ses consultations avec l'UAW. Elle s'engage à soutenir la syndicalisationde l'usine et pense que la situation actuelle aux États-Unis, avec le nouveau Président, peut apporter des changements, 

“C'est une nouvelle donneet c'est peut-être le moment pour de nouvelles collaborations. Il y a beaucoup de facteurs et d’aspectsdifférents. Je ne peux pas promettre que mon arrivée va tout changer ; je peux seulement promettre queje ferai tout ce que je peux,"

précise Daniela.

L’élaboration de chartes se poursuit et de nouveaux domainessont ajoutés. Actuellement, le comité d'entreprise VW travaille sur une nouvelle charte concernant la responsabilité numérique, qui définira certains principes baséssur l'impact de la numérisation au niveau des salariéset les conséquences qu'elle entraîne pour la main-d'œuvre.. 

“C'est une question que nous continuons à traiter ; elle fait partie de la culture de l'entreprise”,

déclare Daniela.

La stratégie d'investissement de l'entreprise est également à l'ordre du jour.

“Il est crucial que les représentants des travailleurs aient une influence sur les décisions d'approvisionnement et d'investissement chez VW, et pas seulement en Allemagne. Sans cette possibilité,nous serions réduits à de simples faire-valoir… ”

conclut Daniela.

PHOTOS: Kevin Nobs et Carsten Heidmann

Victoire syndicale après quatre jours de grève à la cimenterie Dangote en Zambie

Environ 1.300 personnes sont employés dans cette usine, principalement par des sous-traitants, Dangote n’en employant que 178 directement. La plupart des salariés directs font partie de la direction.

Les travailleurs et travailleuses se sont croisés les bras après l’échec des négociations entre Silondwa Engineering et le Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ). Il a rejeté l’augmentation de salaire de 15 % proposée par l’employeur au cours des négociations et a revendiqué à la place une augmentation du salaire mensuel minimum de K1000 (55 dollars) à K2500 (136 dollars).

Selon l’accord final conclu entre le syndicat et l’employeur, une hausse des salaires de K1000 s’appliquera uniformément pour tous. Le MUZ, affilié à IndustriALL Global Union, compte 445 membres dans l’usine et a signé un accord de reconnaissance avec l’employeur.

Depuis quelques années, le MUZ fait campagne pour que les travailleurs et travailleuses soient directement employés par Dangote au lieu d’être employés par une tierce partie. Bien que travaillant pour Dangote, leur employeur direct légal est le sous-traitant Silondwa Engineering, qui a un contrat de “fourniture de services de main-d’œuvre”. Cette convention est limitée à trois ans, ce qui signifie que les contrats sont à court terme et n’offrent aucune sécurité d’emploi.

L’une des conventions antérieures entre Dangote et Silondwa Engineering contenait des clauses antisyndicales flagrantes stipulant que “le contractant doit veiller à ce que ses salariés ne participent pas à des activités syndicales et à des grèves entraînant l’arrêt du travail”. Le MUZ affirme que Silondwa Engineering a tenté d’inciter les travailleurs à adhérer à un syndicat jaune apprécié par la direction, mais que les travailleurs y ont opposé une forte résistance.

De plus, une visite du site par le syndicat et le ministère du travail pour résoudre la grève a révélé que les installations sanitaires de la cimenterie sont sales, la plomberie étant en mauvais état et les toilettes n’ayant pas de chasse d’eau. Ce grave danger pour la santé des travailleurs a incité le ministère à ordonner la fermeture immédiate des installations et à demander à la direction de les mettre en conformité avec les normes nationales de santé et de sécurité au travail.

Joseph Chewe, Président du MUZ, déclare que le syndicat lutte contre l’externalisation de la main-d’œuvre :

“Le gouvernement doit s’attaquer rapidement au problème de l’externalisation, en particulier dans les entreprises productrices de ciment, et veiller à ce que les travailleurs et travailleuses soient employés directement par les entreprises principales.”

Le MUZ affirme que l’externalisation est préjudiciable au bien-être des travailleurs et travailleuses, car elle crée des conditions de travail précaires telles que des contrats temporaires et des bas salaires.

“Nous félicitons le MUZ pour sa victoire. Nous attendons des entreprises panafricaines comme Dangote qu’elles offrent des salaires vitaux et des conditions de travail décentes. Pourtant, nous sommes consternés, et nos attentes sont refroidies, par les situations d’emploi précaires et les mauvaises conditions de travail à la cimenterie de Masaiti.

Nous appelons Dangote à offrir des conditions de travail décentes en créant des emplois permanents en Zambie,”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

PROFIL : Les syndicats marocains créent une base solide pour protéger leurs membres

PROFIL

Global Worker No. 2 november 2021

Syndicats

Fédération Nationale des Travailleurs, Pétrole, Gaz et Produits Assimilés –  FNTPGPA – UMT

Fédération Nationale des Travailleurs de l'énergie – FNTE-UMT

Syndicat National de Textile Habillements et Cuirs – SNTHC-CDT

Syndicat National d'Energie et des Mines – SNEM– CDT

Syndicat National des Industries du Pétrole & Gaz Naturel – SNIPGN-CDT

Syndicat National des Industries Métallurgiques et Electromécaniques- SNIME – CDT

Syndicat National des Travailleurs de Phosphates – SNTP-CDT

Syndicat National des Travailleurs du Textile et du Cuir – SNTTC-UMT

Pays: Morocco

Le gouvernement de coalition du Rassemblement national des indépendants (RNI) qui a émergé devra agir sur la base du nouveau modèle de développement du pays, annoncé en mai 2021. Le Nouveau Modèle de Développement (NMD) “est conçu par les Marocains, avec les Marocains et pour les Marocains” et vise à réduire les énormes inégalités dans le pays.

Cette vision du NMD pour l'avenir du Maroc a été voulue par le roi Mohammed VI. Elle définit des objectifs tels que l'augmentation des revenus, l'accroissement des investissements privés, une meilleure gestion des ressources naturelles du pays et l'augmentation du nombre de femmes dans la population active, ainsi que des objectifs sociétaux tels que la réduction des mariages précoces et l'augmentation de l'inclusion sociale.

La question est maintenant de savoir dans quelle mesure ces recommandations peuvent être mises en œuvre et de connaître la volonté politique du gouvernement et de toutes les autres institutions, comme les syndicats et la société civile, de travailler ensemble pour atteindre les objectifs fixés.   

“Nous appelons le nouveau gouvernement à revenir sur les décisions et les politiques impopulaires du gouvernement précédent, qui ont porté atteinte au pouvoir d'achat des citoyens. Nous revendiquons également l'institutionnalisation du dialogue social, le réexamen des projets de loi sur la grève et les syndicats, l'amélioration des salaires et une discussion sur le régime des retraites,” 

déclare Abdelmajid Matoual de la FNTE-UMT et Vice-président d'IndustriALL pour la région MENA.

L'Union Marocaine du Travail (UMT) et la Confédération Démocratique du Travail (CDT), les centrales nationales auxquelles appartiennent tous les affiliés d'IndustriALL, ont obtenu cette année un nombre considérable de sièges tant au niveau des représentants des travailleurs, qu'au niveau de la deuxième chambre du parlement. Ces évolutions ne constituent pas des changements significatifs par rapport aux élections précédentes mais consolident l'influence des travailleurs et travailleuses au parlement.

Le mouvement syndical marocain s'efforce depuis longtemps de cimenter une base unifiée forte qui devrait être bien équipée pour défier le nouveau gouvernement afin de construire une société libre et socialement juste.

Le mouvement syndical est une force sociale essentielle au Maroc. IndustriALL a des syndicats affiliés dans la plupart des secteurs manufacturiers, jouant un rôle clé dans l'amélioration des conditions de travail de la classe ouvrière marocaine.

Renforcer le pouvoir syndical dans des circonstances difficiles

Pendant le printemps arabe de 2010, la plupart des confédérations syndicales du Maroc ont soutenu une nouvelle constitution. Bien que le changement constitutionnel n'ait pas été obtenu en soi, les syndicats ont réussi à obtenir certains avantages qu'ils revendiquaient depuis de nombreuses années. À l'époque, la mobilisation syndicale a offert une occasion unique aux tenants de l’islam et de la gauche de s'allier pour poursuivre des objectifs similaires.

En avril 2011, les syndicats ont conclu un accord avec le gouvernement selon lequel il se conformerait aux conventions de l'OIT sur le respect des droits syndicaux et le dialogue social. Mais malgré cet accord, les droits syndicaux sont encore fréquemment violés au Maroc.

La démarche d'unification du mouvement syndical marocain a commencé en 2000, en luttant contre les politiques contestables du gouvernement visant à affaiblir fortement les travailleurs. En 2014 encore, le mouvement syndical a reconnu que l'unité était la meilleure façon d'avancer, s'agissant d'influencer l'opinion publique et de faire pression sur le gouvernement.

Les trois centrales nationales, l'UMT, la CDT et la FDT, ont signé en janvier 2014 une déclaration commune condamnant la violation des libertés syndicales, les fermetures d'usines, les licenciements, ainsi que l'arrestation et les poursuites de responsables et de militants syndicaux. La déclaration a également abordé les mesures gouvernementales adoptant des lois financières injustes contre l'intérêt de la classe ouvrière, l'absence de dialogue social et de négociation collective, et excluant les syndicats du débat lors de l’adoption d’un projet de loi sur la grève.

En 2014, le refus du gouvernement d'engager un dialogue social sur les questions fondamentales auxquelles sont confrontés les travailleurs et travailleuses a poussé les syndicats dans leurs derniers retranchements. Le fait de ne pas pouvoir participer aux discussions sur des questions essentielles telles que les salaires, les conditions de travail, les pensions et les plans sociaux a montré clairement qu'il fallait en faire davantage, compte tenu d'un pouvoir d'achat en baisse alors que les coûts des services publics et des transports augmentaient.

Le refus du gouvernement d'entamer un dialogue, comme cela avait été convenu en 2011, avec les syndicats sur ces questions fondamentales violait la législation nationale du travail, ainsi que les normes de l'OIT. En conséquence, en octobre de la même année, les travailleurs et travailleuses marocains des secteurs public et privé ont mené une grève générale organisée par les trois centrales nationales UMT, CDT et FDT, pour protester contre la décision du gouvernement de tenir les syndicats à l’écart.

Le gouvernement marocain était sous la pression des bailleurs de fond internationaux pour réduire les dépenses publiques et mettre en œuvre des réformes anti-ouvrières au niveau des retraites et des dispositions sociales. Mais il a reçu un message fort et uni de par la grève générale organisée par les travailleurs et travailleuses.

En 2019, la CDT et l'UMT ont de nouveau appelé le gouvernement à respecter ses engagements en matière de dialogue social, à institutionnaliser le dialogue social tripartite, à respecter les droits syndicaux et à se conformer aux conventions de l'OIT. Les syndicats ont organisé une série d’actions de protestation à travers le pays, notamment des marches, des grèves et des manifestations.

Quand on se bat, on gagne

L'industrie automobile au Maroc a connu une croissance rapide avec l'arrivée de nouveaux acteurs du monde entier. Avec une main-d'œuvre constituée de plus de 135.000 personnes, cette activité est récemment devenue un secteur d'exportation primaire et joue un rôle crucial dans le développement du pays.

Les syndicats ont du mal à s'implanter dans les zones économiques spéciales, car les employeurs tentent de les tenir à l'écart et le gouvernement ne leur offre aucun soutien. Ce n'est qu'après des années de travail de fond que les dirigeants de l'UMT Kenitra ont réussi à syndiquer les travailleurs de Stellantis, une ancienne usine Peugeot Citroën (PSA) à Kenitra.

La pandémie de Covid-19 a durement touché l'industrie aérospatiale et la crise devrait durer. Les entreprises annoncent de vastes restructurations, y compris le licenciement de milliers de travailleurs et travailleuses dans le monde entier. Selon le droit du travail marocain, les employeurs doivent verser aux salariés une indemnité en cas de licenciement pour motif économique. Pourtant, dans la plupart des cas, les entreprises s'en tirent sans rien payer. Dans les entreprises où les syndicats sont présents, ceux-ci se défendent et ont réussi à négocier des solutions alternatives pour réduire considérablement le nombre de licenciements. SNIME-CDT et UMT ont indiqué que les licenciements prévus ont été réduits et que des solutions socialement responsables ont été trouvées.

Pour consolider son pouvoir dans les secteurs de la métallurgie, le SNIME-CDT est passé par un processus de restructuration et a élu une nouvelle direction en 2018. L'UMT avance sur la voie de la création d'un syndicat national des métallurgistes.  
 
Les syndicats des mines marocains ont fait de la lutte contre le travail précaire et de l'amélioration de la santé et de la sécurité dans le secteur une priorité. Le phosphate, également connu sous le nom d'or blanc, est un élément clé de l'économie marocaine, car le pays possède plus de 70 % des réserves mondiales estimées. Le SNTP- CDT rapporte que, grâce à des négociations collectives fructueuses, 2.400 travailleurs et travailleuses externalisés ont été titularisés ces dernières années.

En décembre 2020, 100 affiliés à l'UMT ont organisé une grève à 700 mètres sous terre dans la mine de Jebel Aouam. Deux cents autres travailleurs et travailleuses ont manifesté en surface, dénonçant la violation par l'entreprise de leur santé et de leur sécurité.

“Nous souffrons d'un manque de dialogue social au niveau national depuis de nombreuses années. La CDT a récemment envoyé une lettre au gouvernement demandant un dialogue sur les questions urgentes dans le secteur de l'énergie et de reconsidérer la loi de finances préparée par le gouvernement précédent. Nous attendons toujours une réponse,”

confie Salah Kandil, Secrétaire général du Syndicat National d'Energie et des Mines – SNEM-CDT.

En 2016, un tribunal marocain a ordonné la liquidation de la raffinerie de pétrole SAMIR. Cette décision a affecté 1.000 travailleurs et travailleuses, ainsi que les moyens de subsistance d'environ 5.000 personnes dépendant de la seule raffinerie du pays. L'affilié d'IndustriALL, le SNIPGN-CDT, a appelé le gouvernement à agir immédiatement pour mettre fin à l'impasse entourant cette raffinerie de pétrole, qui avait arrêté sa production en août 2015 après avoir été incapable de payer une dette équivalant à 1,3 milliard de dollars aux autorités fiscales marocaines.  

Le gouvernement a été exhorté à protéger les emplois et à faire tout ce qui est en son pouvoir pour remettre la raffinerie en marche. À ce jour, toutes les tentatives de vente de la raffinerie ont échoué.

La FNTPGPA-UMT s'est impliquée auprès de plusieurs multinationales du secteur pétrolier et gazier pour discuter des défis et de l'impact de la transition énergétique et garantir une Transition juste où les avantages et les droits des travailleurs soient respectés.

Dans le secteur de la chimie, 500 salariés de la filiale marocaine de Veolia, Amanor, n'ont pas pu bénéficier de l'aide de l'État pendant la pandémie de Covid-19 en 2020. L'entreprise a refusé d'inscrire les travailleurs et travailleuses auprès de l'office national de sécurité sociale. Les travailleurs étaient syndiqués par l'intermédiaire de l'Union marocaine du travail (UMT) et couverts par une convention collective que l'entreprise avait déjà violée en ne payant pas des prestations et en licenciant ceux et celles qui réclamaient leurs prestations non payées.

Une victoire historique a été obtenue en février 2021, lorsque la grève d'un an a pris fin et qu'une feuille de route pour une nouvelle relation entre les salariés et la direction d'Amanor a été définie.

Onze travailleurs et travailleuses licenciés pendant le conflit ont été réintégrés et les activités devaient reprendre sans discrimination. Selon l'accord de la feuille de route, le processus fera l’objet d’un suivi par Veolia et IndustriALL. De plus, en juillet, une nouvelle convention collective a été signée.

La FNTE-UMT représente les travailleurs et travailleuses de la production, de la distribution et du transport d'électricité. En 2014, les autorités ont pris la décision de privatiser la distribution d'électricité dans la région de Casablanca et ont ignoré les consultations avec la FNTE-UMT concernant l'impact sur les salariés. Le syndicat a répondu en lançant un certain nombre de grèves et d'actions de protestation pour défendre les intérêts des travailleurs.
 
Selon la FNTE-UMT, le projet du gouvernement de restructurer le secteur et de donner de l'autonomie aux régions démantèlera le secteur et ouvrira la porte à la privatisation. Le syndicat insiste sur un véritable dialogue avec les autorités sur l'impact professionnel et social.

L'industrie du textile et de la confection s'est développée avec l'arrivée d'enseignes mondiales dans le pays. Ce secteur est le deuxième plus grand secteur d'exportation et emploie des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses.
 
En 2021, 28 travailleurs et travailleuses ont été tués lorsqu'un atelier de confection clandestin à Tanger a été inondé par une crue. L'UMT et la CDT ont tenu les autorités et les employeurs responsables de cette tragédie évitable, affirmant qu'il existe au Maroc une acceptation générale de l'exploitation des travailleurs et des violations des conditions de travail dans le but d'accumuler des richesses.

Les affiliés IndustriALL de l'UMT et de la CDT organisent, construisent et consolident des syndicats sectoriels, améliorent la santé et la sécurité et suivent la mise en œuvre des accords-cadres mondiaux. Au cours des dernières années, les syndicats du textile de l'UMT et de la CDT ont recruté de nouveaux membres, fait avancer le dialogue social et réalisé d'importantes améliorations structurelles au sein du syndicat.

Une campagne soutenue dans le secteur de la fabrication des tapis au Pakistan débouche sur des augmentations de salaire

Les employeurs de l’industrie du tapis n’ont pas respecté la décision et ont continué à payer les anciens salaires jusqu’à ce que les travailleurs et travailleuses recourent à des grèves d’avertissement en septembre 2021. Le 19 août, les syndicats avaient notifié aux propriétaires d’usines que leurs membres cesseraient le travail à partir du 6 septembre.

Plus de 2.000 travailleurs et travailleuses ont participé à la grève.

L’ILUCIP, l’affilié d’IndustriALL, a mené les négociations avec les employeurs avec une charte de revendications qui comprenait les points suivants :

  1. Les travailleurs et travailleuses qui s’occupent de la coupe, du lavage, de la préparation, de la teinture et d’autres processus de la fabrication de tapis doivent recevoir une augmentation de 4.000 PKR (22,71 dollars).
  2. Les travailleurs et travailleuses du secteur de la fabrication des tapis doivent recevoir des cartes de sécurité sociale et d’allocations de vieillesse.
  3. Les spécialistes du lavage doivent bénéficier d’une augmentation de 6.000 PKR (34,07 dollars) par mois.
  4. Les travailleurs et travailleuses dont le salaire est calculé sur la base de la surface de tapis travaillée doivent recevoir une augmentation de 2 PKR (0,01 dollar) par pied carré.

Alors que les mouvements de protestation dans les usines s’intensifiaient, les propriétaires d’usines ont progressivement accepté les revendications des travailleurs et travailleuses visant l’application des augmentations salariales fixées par le gouvernement. Une grève totale a eu lieu du 6 au 9 septembre et, en décembre, la plupart des employeurs avaient appliqué les salaires décidés par le gouvernement. La lutte du syndicat a permis d’obtenir une augmentation de 16 % pour les travailleurs et travailleuses rémunérés à la pièce et au pied carré et de 14 % pour les titulaires de salaires fixes.

Niaz Khan, Secrétaire général de l’ILUCIP, a déclaré :

“Le syndicat s’est bien battu cette fois-ci, mais le chemin à parcourir est encore long. Nous devons veiller à ce que toutes nos revendications soient satisfaites et que personne ne soit exploité.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous félicitons notre affilié pour avoir tenu bon et remporté cette importante victoire. Il est dommage que, même après l’ordonnance du gouvernement, les propriétaires d’usines aient refusé d’augmenter les salaires et que le syndicat ait dû recourir aux actions de grève. Les augmentations des salaires obtenues nous montrent l’importance d’une action unifiée.”

“Nous n’aurons de cesse de rendre le pouvoir au peuple du Myanmar.”

La lutte pour le retour de la démocratie au Myanmar, un an après le coup d’État

Les orateurs du webinaire étaient :

Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Il y a un an, juste avant la cérémonie de prestation de serment du nouveau parlement et la formation d’un nouveau gouvernement, à l’issue d’une victoire électorale écrasante de la LND, les militaires du Myanmar ont organisé un coup d’État.

L’année qui s’est écoulée depuis le coup d’État a été une année d’horreur, car nous avons été témoins des atrocités de la junte militaire, tandis que la communauté internationale n’a pas pu ou voulu contribuer à la restauration de la démocratie. En un an, 1.500 personnes ont été tuées, plus de 11.500 ont été arrêtées, plus de 1,6 million ont été déplacées à l’intérieur du pays et on compte 241.000 réfugiés au Bangladesh, en Malaisie et en Thaïlande.

La junte militaire ne se contente pas de traquer et de bombarder ses citoyens au Myanmar, elle les attaque également dans les camps de réfugiés en Thaïlande. Ce dont nous sommes témoins ne sont rien de moins que des crimes contre l’humanité.

Pourtant, l’Union européenne ne peut pas se résoudre à retirer les privilèges commerciaux préférentiels de l’initiative “Tout sauf les armes”. Cette initiative TSA représente un système qui accorde des privilèges commerciaux aux pays en développement et aux pays les moins avancés afin de réduire la pauvreté et de créer des emplois, sur la base de valeurs et de principes internationaux, notamment en matière de travail et de droits de l’homme.

Sur quelle planète peut-on dire que ce qui se passe au Myanmar est fondé sur des valeurs et des principes internationaux ?

Ensemble avec industriAll Europe, nous demandons à tous nos affiliés de l’Union européenne de faire pression sur leurs gouvernements pour qu’ils retirent les préférences accordées par l’initiative TSA. Cela ne peut plus durer.

Lors de son Congrès en septembre, IndustriALL a adopté une résolution très forte demandant des sanctions économiques globales contre le Myanmar. Nous avons revendiqué que toutes les entreprises multinationales et les enseignes de stature mondiale cessent leurs activités, désinvestissent, arrêtent de passer des commandes et mettent fin à leurs relations commerciales au Myanmar.

Des millions de travailleurs et travailleuses ont déjà perdu leur emploi en raison de l’effondrement de la société, mais des sanctions globales sont nécessaires pour étrangler le flux d’argent dirigé vers la junte militaire.

Notre revendication a été suivie par certains, est encore débattue par d’autres et ignorée par d’aucuns. Ceux qui débattent encore ou qui l’ignorent soit pensent qu’ils aident la population du Myanmar en maintenant des emplois, soit l’exploitent cyniquement pour faire des bénéfices supplémentaires.

Soyons clairs à cet égard : il n’est pas possible de faire des affaires au Myanmar en respectant les normes exigées par la communauté internationale. Aucune activité dans le pays ne peut faire l’objet d’une véritable diligence raisonnable et, de ce fait, aucune entreprise ne peut affirmer que ses activités ne portent pas atteinte à la population ou qu’elle garantit les droits syndicaux et humains fondamentaux.

Nous n’aurons de répit tant que le pouvoir ne sera pas rendu au peuple du Myanmar et nous devons profiter de cet anniversaire pour renouveler notre revendication en faveur de la justice.”