Appel à la Russie à cesser immédiatement son agression, invasion et occupation en Ukraine

Le recours à la force par la Fédération de Russie en Ukraine constitue une violation flagrante de l’article 2 de la Charte des Nations Unies, qui appelle les États membres à s’abstenir de recourir à la menace ou à l’usage de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État.

Par conséquent, il est impératif que la Fédération de Russie cesse de recourir à la force contre l’Ukraine et retire immédiatement son contingent militaire, complètement et sans condition du territoire ukrainien.

Il est également inadmissible que la Fédération de Russie ait relevé ses niveaux d’alerte nucléaire. IndustriALL Global Union et industriAll Europe demandent la désescalade immédiate par rapport à la situation actuelle et soutiennent l’appel de la communauté internationale à assurer la protection de la population civile et l’accès sans entrave de l’aide humanitaire.

Comme nous l’avons exprimé la semaine dernière, avant l’invasion, dans notre première déclaration, IndustriALL Global Union et industriAll Europe exhortent une fois de plus les décideurs politiques concernés d’Ukraine, de la Fédération de Russie, des États-Unis, de l’UE et des organisations internationales à redoubler leurs efforts pour orienter le processus vers le dialogue et les solutions politiques afin de garantir une issue pacifique stable pour une Ukraine unie, et de garantir la sécurité de l’Europe et des pays voisins de l’Ukraine.

Nous exprimons notre entière solidarité avec les travailleurs et les travailleuses d’Ukraine ainsi qu’avec son peuple, et nous appelons les affiliés, en particulier dans les pays voisins, à apporter leur soutien en aidant les milliers de réfugiés qui fuient la violence en Ukraine.

Soussignés :

Jörg Hoffmann, Président d’IndustriALL Global Union

Michael Vassiliadis, Président d’industriAll Europe

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Trade Union

Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe

La répression continue contre les syndicats indépendants au Bélarus

Le 24 février, des individus non identifiés ont fait irruption dans les bureaux du Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM) à Minsk. Sans présenter le moindre document officiel, ils ont perquisitionné les locaux et saisi des documents, du matériel de bureau, des disques durs ainsi que des ordinateurs portables personnels et des téléphones mobiles de dirigeants et de membres du personnel du syndicat.

Le vice-président du SPM, Oleksandr Yevdokimchik, a subi des brutalités et a été emmené en un lieu tenu secret lorsqu'il a osé demander pourquoi les bureaux du syndicat étaient fouillés par des personnes en civil. Il sera traduit en justice le 28 février.

Les communications avec l'avocat du SPM, Ihar Komlik, ont été coupées dans la matinée du 24 février. Le lendemain, il a été condamné à 15 jours de détention.

Le 27 février, la présidente de la section locale de Naftan du Syndicat indépendant du Bélarus (SIB), Volha Brytsikava, a été arrêtée dans un bureau de vote pendant le référendum sur les modifications à la constitution bélarussienne. Elle est actuellement en attente de jugement.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Nous exigeons la libération immédiate des dirigeants syndicaux Oleksandr Yevdokimchik, Igor Komlik et Volha Brytsikava, ainsi que l'arrêt des poursuites incessantes contre les dirigeants et militants des syndicats indépendants au Bélarus." 

Un nouveau modèle pour l’industrie du textile et de la confection

L’Accord international récemment négocié valide encore davantage un modèle nouveau de relations sociales au sein de la chaîne d’approvisionnement, avec des règles contraignantes et la responsabilité des marques quant à leur impact sur les travailleurs et travailleuses, plutôt que des initiatives volontaires.

Kalpona Akter, de l’affilié bangladais BGIWF, a déclaré que l’accord avait apporté “un changement phénoménal dans le pays”. Avec 1.600 usines plus sûres, 2,2 millions de travailleurs et travailleuses peuvent désormais travailler sans crainte.

 

Le monde du travail a subi de plein fouet l’effondrement de la chaîne d’approvisionnement du textile et de l’habillement, provoqué par les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur le modèle économique non viable du secteur. Les annulations de commandes ont entraîné la fermeture en masse de milliers d’usines de confection, avec des millions de travailleurs et travailleuses licenciés dans des pays dépourvus de filet de sécurité sociale. Cette situation a mis en évidence la précarité du modèle économique du secteur et la nécessité urgente d’établir des modèles durables de relations sociales au niveau de la chaîne d’approvisionnement.

“La Covid a provoqué une situation désastreuse au Bangladesh, où nous avons été témoins de la précarité du modèle d’entreprise à l’occasion du confinement. Dès lors que les travailleurs et travailleuses ne sont pas payés, ils meurent de faim, car il n’y a pas de sécurité sociale ni d’allocations de chômage dans le pays,”

a indiqué Kalpona Akter.

IndustriALL et ses affiliés ont lancé un débat sur les changements nécessaires dans le secteur, notamment sur le besoin urgent d’une protection sociale pour les travailleurs et travailleuses de la confection, qui comprendrait une assurance chômage, des indemnités de maladie, une sécurité sociale et des indemnités de licenciement. Le modèle actuel, où l’indemnité de licenciement est la seule forme de protection sociale, a conduit à des vols de salaires pendant la pandémie.

Jason Judd de l’ILR (la faculté des relations sociales et du travail de l’université Cornell) a présenté une étude commandée par IndustriALL, qui examine la possibilité de trouver un modèle de fonds de protection sociale doté de mécanismes juridiquement contraignants. Un tel fonds devrait avoir une portée transnationale et inclure, entre autres, la fixation de niveaux d’indemnité dans de nombreux pays, des processus de résolution des conflits et l’accès pour les syndicats à des inspections sur les lieux de travail pour en contrôler la mise en œuvre.

“Mais il existe des obstacles à la conclusion d’un accord juridiquement contraignant pour le secteur,”

a précisé Jason Judd.

“Qui sont les parties prenantes ? Les acheteurs et les propriétaires d’usines ne sont pas organisés. Les gouvernements peuvent exiger des indemnités de licenciement de la part d’une enseigne, mais s’il n’y a pas d’application, cela ne sera pas efficace. Et où est l’effet de levier ?”

Des comparaisons ont été établies avec la Fédération internationale des transports (ITF) qui, tous les deux ans, s’engage avec les employeurs maritimes dans le cadre du Forum international de négociation (IBF, International Bargaining Forum), où un accord-cadre est négocié. Une fois l’accord-cadre négocié, les syndicats affiliés à l’ITF entament des négociations locales avec les entreprises de leur pays. Ces négociations locales aboutissent à des accords dans le cadre de l'IBF au niveau national et parfois au niveau de l’entreprise. Bien que le cadre juridique puisse varier légèrement, tous les accords IBF doivent s’inscrire dans ce qui a été convenu au sein de l’IBF pour la période concernée.

“Il s’agit d’un dispositif unique et du seul exemple de convention collective internationale. Les employeurs cotisent à un fonds dédié aux marins et un système d’inspection a été mis en place, l’inspection de l’ITF veillant au respect des accords,”

indique Ruwan Subasinghe, Directeur juridique de l’ITF.

“Et surtout, elle contient des recours importants pour les travailleurs et travailleuses confrontés à des changements soudains dans le secteur.”

La protection sociale a une incidence sur la stabilité politique et donc sur des marchés de capitaux essentiels. Les investisseurs se concentrent de plus en plus sur les droits du travail dans la chaîne d’approvisionnement et ont tendance à apprécier les accords solides entre les enseignes et les syndicats.

“Nous envisageons que les investisseurs jouent un rôle clé dans le respect des droits des travailleurs de la chaîne d’approvisionnement,”

précise Elizabeth Umlas, Conseillère principale d’IndustriALL sur les stratégies de capital.

“Les investisseurs veulent des chaînes d’approvisionnement solides et résilientes et reconnaissent la responsabilité des enseignes : les violations des droits de l’homme et les mauvaises conditions de travail ne sont pas bonnes pour eux.”

En conclusion des débats, la Directrice d’IndustriALL pour la confection et le textile, Christina Hajagos-Clausen, a réitéré l’appel d’IndustriALL et de ses affiliés aux enseignes de stature mondiale ainsi qu’à leurs fournisseurs et fabricants afin qu’ils mettent fin au vol des salaires et négocient un accord mondial pour renforcer le filet de sécurité sociale.

Illustration : Femme au travail dans une usine de fabrication de masques faciaux et de vêtements, à Harare, au Zimbabwe.

Crédit photo : KB Mpofu / OIT

Haïti : un mort et cinq blessés lors de manifestations

Lundi, le gouvernement a annoncé des augmentations pour différents secteurs économiques. Dans celui de la confection, l’augmentation de 37% fait passer les salaires de 500 à 685 gourdes (6,50 dollars) par jour. Ce montant est inacceptable pour la coalition de syndicats, dont le GOSTTRA, affilié d’IndustriALL, qui fait pression pour de meilleurs salaires. Les syndicats affirment que même les 1.500 gourdes qu’ils réclament depuis janvier couvriraient à peine les besoins essentiels des travailleurs et travailleuses.

Le coût de la vie augmente chaque jour au sien de cette petite économie insulaire où les gangs ont souvent plus de pouvoir que le gouvernement.

Les travailleurs et travailleuses de la confection haïtiens produisent des vêtements pour de grandes marques comme Gildan, Underarmour, Hanesbrands, PVH, VFC, Target, Kathmandu, Fanatics et New Era.

IndustriALL Global Union a exprimé sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses de la confection haïtiens. Elle a condamné les actions du gouvernement, prévenant qu’il mettait en danger son industrie d’exportation de vêtements, qui est l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois dans le pays.

Les manifestations devraient se poursuivre cette semaine.

Au Zimbabwe, les travailleurs de l'énergie à l'arrêt contre les salaires de misère

Selon le Syndicat des travailleurs de l'énergie du Zimbabwe (ZEWU), certains gagnent moins de 100 $ US par mois.

"Nous vous écrivons pour vous signifier que nos adhérents ne sont plus en mesure de se présenter au travail comme prévu. Il ne fait pas mystère que cette situation résulte des conditions économiques insupportables qu'ils endurent,"

écrit Martin Chikuni, le secrétaire général du ZEWU, affilié à IndustriALL Global Union.

Pour le syndicat, l'excuse  de "l'absence de mandat collectif pour l'industrie" invoquée par l'employeur est une ruse pour éviter d'augmenter les salaires qui brise l'harmonie et sème le doute sur la volonté de l'employeur de négocier. Les travailleurs sont de plus en plus sceptiques quant à l'utilité d'assister à des réunions de négociation qui ne prennent aucune décision sur le versement de salaires de survie.

Dans une lettre du 14 février, le ZEWU écrit que les travailleurs sont confrontés à des hausses de prix des produits de première nécessité, des loyers, des carburants et de la scolarité. En outre, devant la perte de confiance dans la monnaie locale, la plupart des fournisseurs de biens et de services demandent à être payés en dollars US, lesquels s'obtiennent à des taux supérieurs sur le marché parallèle. Le taux de change du dollar US est de 1:120 dollar zimbabwéen (ZWL) sur le marché officiel, et 1:235 sur le marché parallèle. Mais le dollar US est plus répandu dans la rue que dans les banques.

Pour le syndicat, les salaires ne suivent pas le rythme de l'hyperinflation, qui dépasse les 60 pour cent, suivant l'Agence nationale de statistique. En outre, le Conseil des consommateurs du Zimbabwe indique qu'une famille de six personnes a besoin d'au moins 73.000 ZWL (310 $ US) compte tenu du coût de la vie.

Or, la réponse de l'opérateur national ZESA au syndicat a été de proposer une hausse de 30 pour cent des salaires et des augmentations des primes de Covid-19 et de transport que le syndicat qualifie de dérisoires. Il ajoute que l'action collective se poursuivra jusqu'à l'obtention d'un salaire vital.

"Nous soutenons la campagne du ZEWU pour un minimum vital et espérons que l'employeur entamera des négociations sérieuses et dignes de ce nom et qu'il cessera ses procédés dilatoires alors que les travailleurs et leurs familles n'ont pas de quoi se nourrir. Les travailleurs souffrent des conditions de travail précaires et des bas salaires qui sévissent au Zimbabwe,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Les rapports de la Banque mondiale montrent que plus de 7,9 millions de Zimbabwéens vivent dans l'extrême pauvreté, ce qui veut dire qu'une personne au moins vit avec moins de 30 $ par mois. La population du Zimbabwe est estimée à plus de 15 millions de personnes. La pauvreté s'est aggravée avec les hausses des prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité tandis que la pandémie de Covid-19 a aggravé la crise économique.

Photo : Un travailleur de l'énergie zimbabwéen 

Ukraine : le dialogue et la diplomatie sont les seules voies à suivre

Les tensions actuelles affectent principalement les gens ordinaires, perturbant leur vie au quotidien et augmentant l’incertitude quant à leur avenir. Elles déstabilisent également l’ensemble de la région, ajoutant aux difficultés économiques et sociales.

IndustriALL Global Union et industriAll Europe demandent instamment aux décideurs politiques concernés d’Ukraine, de la Fédération de Russie, des États-Unis, de l’UE et des organisations internationales de redoubler d’efforts pour orienter le processus vers un dialogue et des solutions politiques afin d’assurer une issue pacifique stable pour l’Ukraine et de garantir la sécurité de l’Europe et des pays voisins de l’Ukraine.

La diplomatie doit prévaloir pour résoudre la crise. Une confrontation militaire aura des conséquences humanitaires incommensurables et ne fera que nous éloigner d’une solution durable et à long terme.

Nous exprimons notre solidarité avec tous les syndicats de la région qui sont depuis trop longtemps les otages des conflits géopolitiques. Nous appelons également à la solidarité syndicale au-delà des frontières. Seules la paix et la sécurité peuvent créer les conditions d’une reprise économique durable, tout en garantissant un niveau effectif de justice et de protection sociales pour les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles.

Soussignés :

Jörg Hoffmann, Président IndustriALL Global Union

Michael Vassiliadis, Président d’industriAll Europe

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Trade Union

Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe

L'égalité hommes-femmes aujourd'hui pour être durables demain

Les entreprises n'opèrent pas les changements qui s'imposent pour que les femmes aient les mêmes opportunités que les hommes. La persistance de la ségrégation professionnelle fondée sur le sexe dans les secteurs couverts par IndustriALL, dans la technologie en particulier, devrait accroître encore cette inégalité dans l'emploi entre les hommes et les femmes (notamment en matière de rémunération) à l'avenir.

L'écart salarial entre les hommes et les femmes réduit la capacité de ces dernières à obtenir un revenu indépendant et décent. Les facteurs contribuant à cet écart sont :

Une Transition juste pour les travailleurs et les travailleuses de nos secteurs n'est pas possible sans l'égalité entre les hommes et les femmes. En décembre, le comité des femmes d'IndustriALL a identifié et donné la priorité à une action pour lutter contre la discrimination fondée sur le genre dans nos secteurs, en commençant par l'écart salarial.

Il est urgent que les syndicats intensifient leur action pour l'adoption et la mise en œuvre de politiques qui, à tous les niveaux, assurent l'égalité des chances dans l'emploi pour tous les travailleurs, hommes comme femmes, y compris dans les industries vertes et STEM, ainsi que pour l'égalité de traitement et de rémunération.

Pour la Journée internationale des femmes de cette année, suivez IndustriALL en ligne pour une discussion sur le fossé hommes-femmes et sur l'égalité de salaire pour un travail d'égale valeur.

Et faites-nous savoir ce que votre syndicat fera le 8 mars ! Veuillez utiliser les hashtags #ALLWomen et #PayEquityForAll 

Molex Malaisie doit cesser ses pratiques antisyndicales

Lors d’une réunion d’information à l’usine de Penang de Molex Malaisie le 7 février, la direction a mis en garde ses salariés par rapport à un vote favorable au Syndicat des employés de l’industrie électronique de la région Nord (EIEUNR).

Selon le syndicat, la direction de Molex Malaysie a menacé les travailleurs et travailleuses de ne pas se voir verser de primes et de compromettre leur avenir en cas de vote pour le syndicat.

Un vote à bulletin secret prévu pour le 22 février a été suspendu par le Département des relations sociales après que le syndicat a déposé une plainte concernant ces pratiques antisyndicales.

Le Président de l’EIEUNR, Mohd Razi bin Rahim, a déclaré :

“Molex Malaisie a arbitrairement interféré dans le processus de demande de reconnaissance. Nous exigeons une information appropriée des travailleurs et travailleuses par l’EIEUNR et le Département des relations sociales pour compenser les dommages causés par la direction.”

Le droit du travail malaisien interdit aux employeurs de se mêler du processus de syndicalisation. Pourtant, les travailleurs malaisiens sont souvent victimes d’intimidation lorsqu’ils exercent leur droit à se syndiquer.

Dans une lettre adressée à Joe Nelligan, PDG de Molex, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Atle Høie, demande instamment à Molex de cesser d’intimider ses travailleurs et travailleuses et de respecter leur liberté syndicale.

“Nous souhaitons rappeler à Molex qu’à travers son code de conduite, elle s’engage à respecter le principe de non-discrimination et les dispositions légales en matière de pratiques d’emploi, en ce compris le respect de la liberté syndicale.”

L’industrie électrique et électronique est un secteur manufacturier clé en Malaisie, représentant 35 % des exportations totales du pays et employant environ 560.000 travailleurs et travailleuses.

Molex est un fabricant de stature mondial de systèmes de connectivité électroniques, électriques et à fibres optiques pour diverses industries comme les communications de données, le médical, l’industrie au sens large, l’automobile et l’électronique grand public. L’entreprise emploie plus de 45.000 personnes dans le monde.

Les syndicats réclament l'intervention du politique pour sauver l'emploi dans les raffineries de pétrole et de gaz d'Afrique du Sud

La semaine dernière, les actionnaires de Sapref, une raffinerie appartenant à BP et Shell, ont annoncé la suspension de ses activités pour la fin mars. Sapref raffine 35 pour cent du pétrole brut importé à Durban. Cette annonce s'ajoute aux fermetures des raffineries Astron, de Chevron, et Wenworth, d'Engen, qui devraient entraîner des milliers de licenciements.

L'Afrique du Sud importe l'essentiel de son pétrole brut des pays d'Afrique et du Moyen-Orient. En outre, Sasol fabrique des produits pétroliers pour le marché intérieur, en raffinant du pétrole brut et par la liquéfaction du charbon et du gaz. Et enfin, l'entreprise d'État Petrosa liquéfie du gaz naturel, mais elle a aussi mis sa raffinerie à l'arrêt.

Les affiliés d'IndustriALL qui représentent les travailleurs du secteur pétrolier, le Syndicat des travailleurs de la chimie, de l'énergie, du papier, de l'impression, du bois et des secteurs connexes (CEPPWAWU) et le Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA), estiment que le gouvernement doit intervenir par des politiques industrielles durables pour sauver l'emploi. Pour eux, ces fermetures auront un impact sur les activités en aval de la chaîne de valeur telles que le raffinage, le transport et la commercialisation des produits pétroliers. 

Le secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim, déclare :

"Il faut que le gouvernement donne un coup d'arrêt à l'agenda clairement orchestré par les multinationales du pétrole telles que Shell et BP, Engen, Sapref et Chevron qui, consciemment et animées par la cupidité, ont décidé de fermer des raffineries en Afrique du Sud pour ne plus faire qu'importer les produits finis, diesel et essence, en faisant croire que le pétrole brut est inabordable et en invoquant la réglementation stricte du gouvernement sur la pollution par le soufre.

"Notre message au gouvernement est que, dans l'intérêt du pays et devant la nécessité de stimuler la croissance économique et de préserver et créer des emplois, il ne faut pas laisser ces multinationales pétrolières cupides fermer nos raffineries, chez nous, pour simplement importer les produits finis, en abusant des licences d'importation."

"Les multinationales du pétrole et du gaz doivent négocier avec les syndicats pour sauver l'emploi et protéger les intérêts et les moyens de subsistance des travailleurs plutôt que de fermer des raffineries et licencier des milliers de travailleurs. Bien que la recherche de sources d'énergie plus propres soit nécessaire pour atteindre la neutralité carbone, la transition vers des combustibles plus propres et des énergies renouvelables doit se faire en concertation, en associant les syndicats, les travailleurs et les communautés concernées,"

déclare la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Photo : des membres du NUMSA manifestent en faveur d'une Transition juste

Pression syndicale sur les clients d’UPM dans le contexte d’une pénurie de papier en Europe

La prolongation de la grève obligera la société à rompre des contrats commerciaux de fourniture de papier et devrait entraîner une pénurie de papier à l’échelle européenne. Intergraf, l’association européenne de l’industrie de l’impression, a écrit à UPM pour lui demander de mettre fin à la grève et l’avertir que 40 % du papier dont ses membres ont besoin ne sera pas disponible si la grève se poursuit. UPM fabrique des supports qui sont utilisés pour l’étiquetage les marchandises dans tous les secteurs, ainsi que des matériaux pour les emballages et les médias.

Les entreprises d’impression et d’emballage mettent en garde contre une menace existentielle pour le secteur, affirmant que l’indisponibilité du papier accélérera le passage au numérique. UPM a écrit à certains de ses clients pour les avertir de son incapacité à respecter ses engagements et pour invoquer la force majeure, une clause qui limite la responsabilité en cas de rupture de contrat due à une catastrophe inévitable, comme l’est la pandémie de Covid-19.

Les syndicats appellent les clients d’UPM à rejeter cette demande, car la situation était évitable et a été créée par le refus de l’entreprise de négocier. Dans un arrêt de 2021, la Cour européenne de justice a estimé que la force majeure n’était pas applicable dans le cas d’actions syndicales répondant aux exigences légales.

UPM tente de briser des décennies de pratique de négociation collective dans le secteur et au sein de l’entreprise en refusant de négocier si ses conditions préalables ne sont pas rencontrées. La satisfaction de ces conditions préalables affaiblirait considérablement la position de négociation des travailleurs à l’avenir et laisserait des catégories professionnelles entières sans représentation. Les travailleurs et travailleuses de l’entreprise, représentés par les affiliés d’IndustriALL Global Union, Paperiliitto (papier) et Ammattiliitto Pro (techniciens et cadres), sont en grève depuis le 1er janvier.

Les responsables du syndicat britannique Unite, également affilié à IndustriALL, chez WestRock et Antalis au Royaume-Uni ont été informés par leurs employeurs de l’imminence d’une pénurie de papier et de la déclaration de force majeure d’UPM. Ils se sont adressés aux syndicats finlandais pour obtenir des éclaircissements. Lors d’une réunion mondiale des syndicats de la pâte et du papier, les syndicats finlandais ont expliqué la situation et ont appelé les organisations des autres pays à faire pression sur leurs employeurs pour qu’ils rejettent la clause de force majeure.

Les syndicats expliquent dans une déclaration que l’entreprise peut mettre fin à la crise en retournant à la table des négociations et en concluant un accord conforme à la politique générale du marché du travail en Finlande :

“Paperiliitto et Ammattiliitto Pro considèrent qu’il n’y a pas de situation de force majeure, mais qu’il s’agit plutôt d’un conflit causé par l’entreprise, qui poursuit des objectifs idéologiques.”

Petri Vanhala, Président de Paperiliitto, a déclaré :

“Nous voulons reprendre le travail chez UPM. La norme du secteur a été fixée par nos conventions collectives avec les autres entreprises qui y sont présentes. Le seul obstacle auquel nous sommes confrontés est l’attaque antisyndicale de la direction d’UPM, motivée par des raisons idéologiques plutôt que commerciales.”

Tom Grinter, Directeur sectoriel d’IndustriALL, a déclaré :

“À l’heure où la reprise économique après la pandémie est encore fragile, nous sommes confrontés à une crise totalement artificielle de la chaîne d’approvisionnement. Nous avons besoin de papier pour tout : étiquettes alimentaires, emballages, serviettes en papier et imprimés.

UPM fait chanter l’Europe en raison de son obstination à vouloir rompre avec les pratiques de négociations collectives. L’entreprise espère échapper à ses responsabilités en invoquant la force majeure. Les syndicats vont s’adresser directement aux clients d’UPM afin de dénoncer cette tactique et l’imposture qu’elle constitue.”

Les affiliés d’IndustriALL représentent les travailleurs et travailleuses d’UPM en Finlande, Allemagne, Autriche, France, Royaume-Uni, États-Unis et Uruguay.

Agissez

Téléchargez l’affiche ci-dessous, imprimez-la et prenez une photo de vous et de vos collègues la brandissant.

"UPM, ne déchirez pas les droits des travailleurs"