Accord et fin de la grève historique des travailleurs du papier finlandais chez UPM

Notre affilié Paperiliitto a mené une grève inspirante face aux attaques de l'entreprise contre les droits syndicaux et les conditions d'emploi. Ses 2.200 adhérents ont résisté aux efforts de la direction pour briser la grève grâce à une action collective déterminée qui a reçu un large soutien, en Finlande comme de l'étranger.

Le conflit s'est achevé sur l'acceptation part les deux parties d'une ultime proposition du médiateur national. Cinq conventions collectives ont alors été signées, une pour chaque secteur industriel de l'entreprise, pour une durée de quatre ans et une renégociation des salaires tous les deux ans.

Cette grève, sans précédent par sa taille dans ce secteur en Finlande, avait pour origine l'attitude résolument antisyndicale de la direction exécutive d'UPM qui voulait briser le syndicat de ses cols-bleus, Paperiliitto, trop puissant à ses yeux.

L'attaque de la direction d'UPM n'a pas réussi à détruire le syndicat, elle n'a pas pu supprimer le système de négociation collective et elle a échoué dans sa tentative pour fixer unilatéralement les salaires et les conditions, sans représentation des travailleurs par Paperiliitto.

Malgré son insistance, elle n'a pas pu faire reculer les conditions d'emploi, notamment en allongeant fortement la durée annuelle du travail sans hausse de salaire. Finalement, cette grève puissante a contraint UPM à accepter les revendications du syndicat pour des conditions conformes aux normes en vigueur dans cette industrie, tout comme pour les hausses salariales.

Les pertes financières d'UPM dues à la grève sont évaluées entre 2 et 3 millions d'euros par jour, qui s'ajoutent aux dégâts durables à la réputation de l'entreprise auprès de ses clients, que ce soit sous l'angle social ou pour sa fiabilité commerciale. Le coût total de cette grève pour UPM est estimé à 300 millions d'euros.

 

La grève a aussi coûté aux membres comme au syndicat et le Syndicat finlandais de l'industrie Teollisuusliitto, autre affilié d'IndustriALL, a versé 2 millions d'euros au fonds de grève de Paperiliitto.

Cette attaque à motivation idéologique de l'entreprise contre la puissance syndicale visait aussi notre affilié des cols-blancs, Ammattiliitto Pro. Ainsi, UPM a reclassifié les contrats de ses 500 adhérents pour les déposséder de leur droit de négocier collectivement. Or, la loi impose de maintenir leurs conditions de travail inchangées et le syndicat continuera à leur fournir une assistance juridique si l'entreprise tente de supprimer leurs avantages.

Le directeur d'IndustriALL en charge du secteur, Tom Grinter, a déclaré :

"Les membres de Paperiliitto employés par UPM ont été une inspiration pour tous les travailleurs du papier du monde entier. En opposant leur force et leur unité aux attaques de cette entreprise puissante, les adhérents de Paperiliitto envoient à toutes les entreprises du secteur du papier un message disant que les droits syndicaux sont intouchables et à tous les travailleurs du papier un autre disant que des combats difficiles peuvent être gagnés par l'action collective."

Le président de Paperiliitto, Petri Vanhala, ajoute :

"Grâce aux membres de Paperiliitto d'UPM qui ont tenu bon pendant la grève, nous avons obtenu une convention collective pour l'ensemble de l'entreprise. Cette grève était pour la défense du droit de négocier. L'attitude d'UPM donne un mauvais exemple des relations du travail et nous attendons des entreprises qu'elles respectent davantage les travailleurs maintenant qu'elles ont vu qu'ils sont capables de faire grève pendant 112 jours."

La violence et le harcèlement basés sur le genre sont un problème de santé et sécurité

Les travailleuses représentent une part importante de la main-d’œuvre dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’électronique, en particulier dans l’assemblage de petits composants.

“Il y a peu de femmes à des postes de supervision et les promotions dépendent souvent du fait que les femmes se conforment à l'attitude des hommes et acceptent ce genre de badinage sexuel.”

a déclaré une dirigeante d’un syndicat d’usine de la CNM-CUT, au Brésil.

Les emplois se trouvent souvent dans de grandes usines situées dans des zones économiques spéciales ; de nombreuses travailleuses sont jeunes et migrantes. Le secteur de l’électronique se caractérise par des commandes fluctuantes, une production à flux tendu et des cycles de produits courts. Il en résulte un niveau élevé de travail temporaire et intérimaire, ainsi qu’un nombre important d’heures supplémentaires. De mauvaises conditions de travail, des heures supplémentaires non-souhaitées, un temps de repos insuffisant et la présence de produits chimiques toxiques exposent les femmes à la VHBG.

“Il s’agit principalement de harcèlement verbal dans l’usine (…) lorsqu’il y a pression sur la production, lorsque l’on doit produire 2.400 pièces en une heure, c’est là que la pression se porte [et que la] discrimination commence, comme le fait de ne pas permettre aux femmes d’aller aux toilettes, ce qui est néfaste pour elles,”

confie une représentante syndicale d’Indonésie.

Il existe peu de données sur la VHBG dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), de l’électricité et de l’électronique.

“Nombreux sont ceux et celles qui n’en sont pas conscients ; pensant que seuls les abus physiques (agressions sexuelles) constituent un harcèlement sexuel. Il a été important de les aider à comprendre qu’il peut s’agir d’un harcèlement psychologique et nous avons à cet égard des programmes de sensibilisation au sein du syndicat.”

déclare Sanjyot Vadhavkar, Secrétaire nationale de la SMEFI, Inde.

Les syndicats jouent un rôle essentiel dans la prévention de la VHBG et veillent à ce qu’elle occupe une place centrale dans les programmes de santé et sécurité, y compris dans les évaluations de risques.

“En tant que syndicat, nous essayons de promouvoir une participation égale des hommes et des femmes et, dans le domaine de la SST, de prévenir la VHBG. Mais en sensibilisant chaque lieu de travail, y compris les lieux non syndiqués, nous pouvons améliorer la prise de conscience de l’ensemble de la société, ce qui conduira à une meilleure application des lois,”

indique une dirigeante syndicale japonaise.

Le leadership et la participation des femmes dans les syndicats sont essentiels pour lutter contre la VHBG. La syndicalisation des femmes et des jeunes a contribué à transformer les syndicats du secteur, avec davantage de femmes dirigeantes qui donnent la priorité à la VHBG.

Les femmes consultées recommandent :

Le Directeur d’IndustriALL pour les TIC, Alexander Ivanou, a déclaré :

“Il y a trois ans, la Convention de l’OIT sur la violence et le harcèlement a été adoptée. Les études d’IndustriALL ont révélé que près de la moitié des sites étudiés ont signalé des cas de VHBG. Dans le même temps, seul un tiers des syndicats avait une politique en matière de VHBG. La gravité du problème ne doit donc pas être sous-estimée. Nous, les syndicats, nous battons pour l’égalité des droits et des chances pour tous et, avec cette étude, nous écrivons une nouvelle page de ce combat.

Outre les nombreuses révélations sur la VHBG sur le lieu de travail, l’étude fournit une série de recommandations claires sur la manière de renforcer la visibilité et la sensibilisation par rapport à la VHBG dans le secteur. IndustriALL organise déjà des formations sur la VHBG et nous continuerons à veiller à ce que ce mal soit éradiqué de nos rangs, de nos lieux de travail et de nos foyers.”

L’étude présente les résultats d’entretiens menés avec 22 dirigeantes et représentantes syndicales du secteur de l’électronique, en Indonésie (syndicats d’usine FSPMI et LOMENIK), en Inde (SMEFI, SEM, Ever Electrics Pune union, Siemens Kalwa Unit union, Siemens Goa Unit union), au Japon (JEIU, JC Metal, Hitachi Workers Union, Murata Manufacturing Workers Union) et au Brésil (CNM-CUT).

Photo: © ILO/Asrian Mirza

Les enseignes doivent signer l’Accord international

L’Accord du Bangladesh sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments est né sur les décombres de cette catastrophe. Il s’agit d’un accord historique, juridiquement contraignant, qui a rendu l’industrie de la confection plus sûre pour les personnes qui y travaillent.

Les employeurs ont le devoir de veiller à la santé et à la sécurité de leurs travailleurs et travailleuses. Chacun doit se rendre au travail le matin avec la conviction de pouvoir rentrer vivant chez soi le soir.

L’année dernière, l’Accord du Bangladesh est devenu l’Accord international, étendant son champ d’application à des pays autres que le Bangladesh. À ce jour, plus de 170 enseignes l’ont paraphé, mais la majorité des marques nord-américaines sont ostensiblement absentes de la liste des signataires.

“Il est essentiel que les enseignes et les commerces de détail nord-américains sortent du bois et se joignent à cet effort mondial pour protéger la vie des travailleurs et travailleuses à l’échelle mondiale. Il est inacceptable que ces marques ne soient pas disposées à s’engager à garantir la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses de leur chaîne d’approvisionnement mondiale. IndustriALL continuera à revendiquer de l’ensemble de ces enseignes et détaillants mondiaux que leur signature figure au bas de l’accord et à faire campagne dans ce sens,”

a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice pour l’industrie textile auprès d’IndustriALL.

IndustriALL se joint à l’appel mondial pour faire de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail un droit fondamental à l’occasion de la Conférence internationale du travail qui se tient en juin de cette année.

Lutter pour une sidérurgie sûre et responsable

"Les membres des organisations affiliées à IndustriALL sont ceux qui fabriquent l'acier. Ce sont ceux qui vivent ou meurent, qui rentrent en bonne ou en mauvaise santé de leur travail dans l'industrie sidérurgique. Si les choses se passent mal, ils le paient de leur santé, et parfois même de leur vie. C'est pourquoi nous appuyons chaque effort qui est fait pour améliorer les conditions de travail et les mesures de santé et sécurité au travail.

"IndustriALL est membre de ResponsibleSteel parce qu'il est important de représenter nos affiliés dans une organisation en développement qui veut produire l'acier de manière responsable. Chez ResponsibleSteel, nous, en tant que syndicat mondial, pouvons faire entendre la voix des travailleurs et des travailleuses de l'industrie dans les discussions sur les normes de ResponsibleSteel et sur ce que la production responsable veut dire pour les travailleurs et leurs syndicats partout dans le monde. Une telle approche multipartenariale est cruciale.

"Une bonne compréhension et le respect des normes fondamentales du travail de l'OIT et de ses Principes et droits fondamentaux au travail sont essentiels dans chaque usine et chaque mine qui prétend à sa certification par ResponsibleSteel.

"Aujourd'hui, en cette Journée internationale à la mémoire des travailleurs, nous nous souvenons de nos collègues qui ont péri ou ont perdu la santé dans la sidérurgie. Un problème essentiel est de s'assurer que les conventions de l'OIT sur la santé et la sécurité sont respectées et réexaminées pendant la procédure de certification. Ces conventions sont :

Il est tout aussi essentiel d'adopter une démarche générale de Transition juste dans l'industrie sidérurgique. Nous savons qu'une sidérurgie en transformation a besoin du point de vue des travailleurs lorsqu'il s'agit de piloter au milieu des changements qui s'annoncent dans une industrie de cette importance.

"Une norme mondiale pour l'industrie sidérurgique peut contribuer à protéger les droits des travailleurs et il faut que les droits des travailleurs et des syndicats deviennent un critère indispensable de la certification de l'acier. ResponsibleSteel peut le faire et le faire appliquer, en particulier si nous formons nos organes de certification en conséquence.

"Il faut que, tout au long de la chaîne de valeur, les producteurs d'acier acceptent leur responsabilité d'assurer un traitement équitable de leurs salariés, y compris les sous-traitants. Les conventions de l'OIT précitées ont un rôle clé. Si tous les producteurs d'acier du monde entier appliquent ces normes, nous ferons des progrès énormes pour les travailleurs, mais aussi pour l'industrie dans son ensemble.

"Nous réclamons ce que nous appelons une Transition juste. Cela veut simplement dire qu'aucun travailleur – qu'il soit col-bleu ou col-blanc, qu'il soit employé directement ou par un sous-traitant – ne sera laissé sur le côté dans le processus de transition que va suivre l'industrie sidérurgique.

"En d'autres termes, nous voulons une sidérurgie climatiquement neutre, qui continue d'offrir de bons emplois, propres et sains, dans laquelle les hommes et les femmes qu'elle emploie sont fiers de contribuer à la production responsable d'un acier sans impact sur le climat. Tel est l'enjeu de la durabilité." 

Le droit fondamental à la sécurité au travail

"Une approche de la santé et la sécurité axée sur les droits fondamentaux permet de les considérer sous l'angle des droits de l'homme. Les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et droits de l'homme énoncent le devoir et la responsabilité de protéger la santé et la sécurité des travailleurs. Une telle approche dans la perspective des droits de l'homme aura pour effet d'instaurer une cohérence entre les droits humains et les normes sur la santé et la sécurité professionnelles et de renforcer le principe selon lequel tous les travailleurs ont droit à un milieu de travail sûr et sain,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki.

Si IndustriALL Global Union salue la décision prise en mars par le Conseil d'administration du BIT de mettre à l'ordre du jour de la Conférence internationale du travail de juin 2022 un amendement à la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail incluant la santé et la sécurité au travail, nous en attendons à tout le moins un accord. Cela fait trois ans que la Conférence du centenaire de l'OIT s'est prononcée pour un tel amendement et, entretemps,

"près de 8,1 millions de personnes sont mortes du fait de leur travail, et beaucoup plus encore vivent avec des lésions et des maladies invalidantes,"

a déclaré la secrétaire général de la CSI, Sharan Burrow.

Selon une estimation du Workplace Safety and Health Institute, 2,78 millions de décès recensés dans le monde en 2017 étaient la conséquence de maladies ou d'accidents liés au travail. La part la plus importante de la mortalité professionnelle est celle des maladies liées au travail, qui représentaient 86,3 pour cent (2,40 millions personnes) du total des décès estimés. Les blessures ayant entraîné la mort comptaient pour les 13,7 pour cent restants.

En 2019, l'Organisation mondiale de la santé estimait que les décès liés au travail dépassent en nombre ceux causés par les accidents de la route (999.000), les guerres (502.000), les violences (563.000) et le VIH/SIDA (312.000).

"Beaucoup de secteurs d'IndustriALL, comme l'extraction minière, le démantèlement de navires, la production chimique, le textile et l'habillement sont le reflet de ces statistiques, qui laissent aussi apparaître de fortes différences régionales,"

précise le directeur d'IndustriALL en charge des mines et de la santé et la sécurité, Glen Mpufane.

 

Si on la conjugue avec d'autres droits et principes fondamentaux, la reconnaissance de la santé et la sécurité comme principe fondamental donne aux travailleurs une solide chance de remporter la guerre. IndustriALL appelle ses millions de travailleurs dans le monde à participer aux événements et activités du 28 avril et enjoint aux employeurs et aux gouvernements d'agir :  

Faites-nous savoir quelle démarche vous adoptez pour exprimer la demande pour la reconnaissance de la santé et la sécurité en tant que droit et principe fondamental. Il peut s'agir de webinaires, de protestations, de déclarations en ligne, de pétitions, d'inspections de lieux de travail. Veuillez mentionner IndustriALL sur les réseaux sociaux et utiliser le hashtag #IWMD22.

L'OIT organise un webinaire intitulé "Agir ensemble pour instaurer une culture positive de la sécurité et de la santé" à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail 2022, en présence du Directeur général du BIT, Guy Ryder, ainsi que de dirigeants et d'experts du monde entier. Vous pouvez vous enregistrer ici.

Photo: Marcel Crozet / OIT

Les mines polonaises font de nouvelles victimes

Cinq personnes ont été tuées et sept sont toujours portées disparues après un accident survenu à la mine de Pniówek le 20 avril. Trois jours plus tard seulement, un accident à la mine de Zofiówka a fait un mort et plusieurs personnes y sont portées disparues.

Selon nos informations, les accidents auraient été causés par des explosions de méthane, à environ 1.000 mètres de profondeur. Ces deux mines appartiendraient à la société Jastrzębska Spółka Węglowa SA.

Ces dernières années, la Pologne a connu plusieurs accidents liés à l’exploitation minière.

“Nous demandons instamment aux autorités de mener une enquête approfondie, avec la participation des syndicats, et de mettre en œuvre des mesures pour éviter des accidents similaires à l’avenir. Il est inacceptable que des mineurs polonais continuent de mourir dans les mines de charbon, compte tenu des progrès des technologies et des connaissances en matière de sécurité,”

a déclaré le Directeur pour les mines et la santé et sécurité d’IndustriALL, Glen Mpufane.

“Il existe pourtant une solution : la ratification et la mise en œuvre de la Convention 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. Cette convention offre aux syndicats des possibilités de syndicalisation permettant de créer une culture de la sécurité sur le lieu de travail émanant de la base.”

Le 28 avril est une journée consacrée au souvenir et aux hommages aux travailleurs et travailleuses qui ont été blessés ou sont morts dans l’exercice de leurs fonctions. Alors que la Convention 176 de l’OIT est essentielle pour résoudre le défi de la sécurité et de la santé au travail dans l’industrie minière, et qu’IndustriALL réitère l’appel lancé au gouvernement polonais pour qu’il ratifie cette Convention, la reconnaissance voulue par l’OIT de la santé et de la sécurité en tant que principe et droit fondamental du travail, contribuera de manière significative aux efforts visant à améliorer la santé et la sécurité dans les mines de charbon de Pologne.

Rangoun, Myanmar : des militaires foncent avec un véhicule sur des syndicalistes et en placent trois en détention

Les militants arrêtés dans le camp de détention. De gauche à droite : manifestant inconnu, Khaing, Ei.

La Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) a confirmé que Khaing Thinzar Aye, responsable des communications de la CTUM et Ei Phyu Phyu Myint, membre de la Fédération de l’industrie du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL, figurent parmi les personnes placées en détention.

La manifestation était organisée par la coordination Alliance des travailleurs du Myanmar, la CTUM et l’IWFM. L’Alliance exige le rétablissement d’une société démocratique et la fin du régime militaire.

Le Président de la CTUM, Maung Maung, a publié un communiqué de presse pour condamner l’attaque inhumaine et violente contre ces femmes syndicalistes. Il a demandé la libération immédiate de Khaing Thinzar Aye, Ei Phyu Phyu Myint et d’un autre manifestant dont le nom n’est pas connu.

Khaing Zar, Trésorière de la CTUM et Présidente de l’IWFM, déclare :

“L’escalade de la violence contre les citoyens et les syndicalistes montre que le régime militaire est en train de transformer le pays en un champ de bataille. Personne n’est épargné par la répression violente, pas même les jeunes femmes, qui constituent l’épine dorsale économique de l’industrie de la confection au Myanmar.

Comment les entreprises peuvent-elles poursuivre leurs activités alors que, parallèlement, des massacres ont lieu chaque jour ?”

Il y quatre mois de cela, un véhicule militaire a percuté un groupe de manifestants à Rangoun. Une personne a été grièvement blessée et deux autres blessées. Les soldats avaient arrêté 11 personnes.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL condamne cette répression absurde et exige la libération immédiate des trois jeunes femmes, dont deux militantes syndicales. Nous réitérons notre appel selon lequel les entreprises ne peuvent continuer à fonctionner dans des circonstances aussi anormales.

La communauté internationale doit entendre l’appel de l’Alliance des travailleurs du Myanmar et imposer dès maintenant des sanctions économiques complètes dans le but de rétablir un régime civil et de sauver des vies.”

Selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques, au 20 avril 2022, 1.779 personnes ont été tuées et 10.271 détenues arbitrairement par la junte.

Des dizaines de syndicalistes ont été tués et des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses participant au mouvement de désobéissance civile ont été licenciés ou placés sur liste noire.

Rana Plaza : de la tragédie à un accord international pour sécuriser les usines de confection

Il y a neuf ans, l’un des plus grands homicides industriels de l’histoire de la production de vêtements s’est produit au Bangladesh. Cinq mille travailleurs et travailleuses ont été contraints de se rendre au travail dans une usine qui présentait d’évidence des signes avant-coureurs d’effondrement. 1.132 travailleurs et travailleuses sont morts et plus de 2.500 ont été blessés.

Finalement, les FSI IndustriALL et UNI ont réussi à convaincre les enseignes qu’elles devaient prendre à nouveau leurs responsabilités. Nous avons créé l’Accord du Bangladesh. Neuf ans et des milliers d’inspections d’usines plus tard, près de 200.000 causes potentielles d’accidents mortels au sein de 1.600 usines ont été neutralisées. Les gens ne meurent plus dans une industrie qui coûtait chaque année des centaines de vies déjà durant la période précédant le Rana Plaza.

Une inspection d’usine

Ensemble avec 160 enseignes, nous avons créé l’Accord international. Nous sommes convenus d’étendre le champ d’application de cet accord à d’autres pays que le Bangladesh. Cela signifie que nous serons en mesure de sauver des vies dans davantage de nations. Cela signifie que des millions de travailleurs et travailleuses supplémentaires bénéficieront d’usines plus sûres.

La question universelle reste cependant posée : comment pouvons-nous offrir cette fantastique opportunité à tous les travailleurs et travailleuses du textile et de la confection dans le monde ? Les travailleurs et travailleuses de la confection ont besoin d’usines plus sûres. Notre travail doit donc se poursuivre. Nous devons inciter davantage d’enseignes à rejoindre l’Accord, en particulier en Amérique du Nord, afin d’atteindre la masse critique nécessaire pour en faire un accord véritablement mondial.

Les travailleurs et travailleuses qui produisent les vêtements que nous portons méritent un lieu de travail qui leur assure un salaire vital et des conditions de travail décentes, et non un environnement de travail qui menace de leur ôter la vie. Aidez-nous à étendre l’Accord plus loin encore et à sauver des vies.

L’implication des femmes est nécessaire pour mettre fin à la violence sexiste dans le secteur minier

L’étude dans le secteur minier est basée sur des entretiens individuels et collectifs avec 21 femmes et deux hommes dirigeants de syndicats affiliés à IndustriALL en Afrique du Sud (NUM et NUMSA), en Colombie (Sintracarbón) et au Canada (Unifor et USW).

Elle révèle que le harcèlement sexuel et la violence sexuelle sont omniprésents dans le secteur minier. Les femmes ont évoqué l’éloignement et l’isolement relatif des sites miniers, ce qui les rend plus vulnérables à la violence. Le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles demeurent des préoccupations importantes pour ces travailleuses.

Les femmes sont également écartées des promotions, leurs compétences sont sous-évaluées et elles gagnent moins que les hommes. En outre, les femmes et les hommes travaillent et vivent dans les mêmes communautés, ce qui rend plus difficile le dépôt de plaintes contre un collègue ou un superviseur.

La faible représentation des femmes dans les emplois miniers les rend particulièrement vulnérables au harcèlement et aux agressions à caractère sexuel. En outre, l’absence de politiques visant à remédier aux inégalités entre les sexes, ou l’incapacité à les mettre en œuvre, entretient la culture masculinisée du lieu de travail, qui se reflète également dans les structures et la direction des syndicats.

“[Les collègues et camarades syndicaux masculins] remettent en question votre dignité, vous accusent de manquer de valeurs familiales et tentent de saper votre crédibilité et votre réputation,”

rapporte Hidanora Pérez, de Sintracarbón.

Un message récurrent qui ressort des entretiens est l’importance pour les femmes d’avoir des rôles de direction dans les syndicats. Les dirigeants syndicaux ont également souligné qu’il était essentiel que les femmes aient des responsabilités dans les négociations collectives, car c’est là qu’elles peuvent influencer le changement.

“Les femmes doivent être associées aux négociations, car à la présidence de la section locale, il y a toujours un homme. Nous devons nous assurer que ce soient des femmes qui se retrouvent à la table des négociations quand il s’agit de parler de la maternité et de la violence sexiste, sinon le problème n’est pas abordé,”

déclare Mathapelo Khanye, Secrétaire nationale pour les femmes au sein du NUM.

Malgré certaines évolutions positives, de nombreuses travailleuses n’ont pas constaté de réel changement sur le terrain et sur le lieu de travail. Les politiques et mécanismes internes visant à lutter contre la violence sexiste sont considérés comme largement inefficaces et l’on constate un manque général de sensibilisation aux mécanismes de plainte, qui peut aller jusqu’à l’absence de la part de l’entreprise de politique en la matière.

La violence domestique est une préoccupation importante pour les femmes dans le secteur minier. Chaque site devrait s’efforcer d’avoir une politique sur la violence domestique, avec des congés payés et d’autres formes de soutien pour les victimes.

“Si une personne est victime de violence domestique et qu’elle en parle, nous lui apportons notre soutien. Mais comment faire en sorte qu’elle s’ouvre à ces problèmes, c’est tellement affreux de la voir traverser tant de choses sans que nous ne puissions l’aider parce qu’elle n’arrive pas à s’en ouvrir… il nous reste encore beaucoup à faire,”

confie une représentante syndicale d’Afrique du Sud.

Les recommandations des femmes interrogées sont les suivantes :

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur minier, Glen Mpufane, a déclaré :

“Cette étude constitue une étape importante dans la lutte contre le fléau que représente la violence basée sur le genre. Outre sa contribution inestimable à l’ensemble des travaux sur la question, elle présente une perspective puissante du point de vue des femmes qui sont marginalisées, invisibles et inaudibles, rendues vulnérables par leur position dans la hiérarchie des entreprises et des lieux de travail ainsi qu’au sein de la société.

La recommandation relative à l’intégration effective de la VBG dans la problématique de la santé et de la sécurité au travail constitue une voie importante pour lutter contre ce fléau, compte tenu de l’abrogation imminente de la Convention n° 45 de 1935 sur les travaux souterrains (concernant les femmes), qui est dépassée, et de l’intention d’intégrer les problématiques des femmes dans le champ de la Convention n° 176 sur la sécurité et la santé dans les mines, de 1995, ainsi que dans celui de la Recommandation n° 183 sur la sécurité et la santé dans les mines, également de 1995.”

Illustration: Syndicat des mines du Ghana

La répression des syndicats indépendants au Bélarus doit cesser

La dernière attaque flagrante en date contre le mouvement syndical indépendant au Bélarus date du 19 avril.

Les bureaux du Congrès bélarusse des syndicats démocratiques (BKDP) et de ses organisations affiliées, dont les deux affiliés d'IndustriALL que sont le Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM) et le Syndicat bélarusse des travailleurs de l'industrie de la radio et de l'électronique (REP), ont été perquisitionnés, de même que les domiciles de dirigeants et d'activistes, et des appareils numériques et des documents syndicaux ont été saisis. Parmi les dirigeants et activistes emprisonnés figurent Alexander Yaroshuk, Sergey Antusevich, Irina Bud-Gusaim, Nikolay Sharakh, Gennady Fedynich, Yana Malash, Vitaly Chichmarev, Vadim Payvin, Mikhail Gromov, Aleksander Bukhvostov, Igor Komlik, Vasiliy Bersenev et Dmitry Borodko.

Alexander Yaroshuk

Auparavant, le 7 avril, le Comité pour la sécurité de l'État du Bélarus (KGB) a qualifié le Syndicat bélarusse des travailleurs de l'industrie de la radio et de l'électronique (REP) d'organisation extrémiste et mis ses activités hors la loi. Le REP a demandé que le KGB explique par écrit pourquoi le syndicat, qui mène ses activités dans le respect scrupuleux de la législation nationale et internationale, est traité comme un élément extrémiste. De nouvelles perquisitions et arrestations ont été la seule réponse.

Au Bélarus, les syndicats sont l'objet d'attaques depuis août 2020, avec des perquisitions des locaux de syndicats et des domiciles de dirigeants et activistes, des amendes administratives, des détentions et emprisonnements de ceux qui militent pour les droits des travailleurs. Depuis peu, les interrogatoires d'activistes syndicaux se multiplient, de même que le placement illégal de dispositifs d'écoute et de surveillance vidéo dans les locaux des syndicats, ainsi que les pressions exercées sur les adhérents pour qu'ils quittent leur syndicat qui se sont généralisées.

En opprimant de la sorte ses organisations de travailleurs démocratiques, le Bélarus viole ses obligations internationales, notamment la Convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical qu'il a ratifiée.

En mars, la Comité de la liberté syndicale de l'OIT a vivement critiqué le gouvernement du Bélarus qui n'applique toujours pas les grandes recommandations de la Commission d'enquête du BIT de 2004. Plusieurs représentants de syndicats ayant témoigné sur le Bélarus à l'OIT ces dernières années sont parmi les détenus. IndustriALL Global Union exhorte l'OIT à intervenir d'urgence.

Il faut que ces violations cessent immédiatement.

Nous exigeons la libération immédiate de tous les dirigeants et activistes syndicaux détenus, l'abandon de tous les chefs d'accusation, et que les syndicats puissent remplir leurs activités syndicales conformément à la législation nationale et internationale. Il est impératif que le Syndicat bélarusse des travailleurs de l'industrie de la radio et de l'électronique soit retiré de la liste des organisations extrémistes et qu'il soit autorisé à poursuivre son activité syndicale.

Nous exhortons aussi le Bélarus à stopper toute répression contre le mouvement syndical et à entamer avec les organisations syndicales une relation de travail fondée sur le dialogue social.