Faire participer les hommes à la lutte contre la violence et le harcèlement basés sur le genre

La centaine de femmes syndicalistes et dirigeantes d’IndustriALL interrogées dans le cadre de cette étude donnent un aperçu des actions et des négociations des affiliés d’IndustriALL pour mettre fin à la VHBG. Les inégalités de pouvoir, la discrimination, la stigmatisation des victimes et une culture de l’impunité existent dans les trois secteurs et font partie des causes profondes de la problématique.

Des progrès concrets peuvent être réalisés lorsque les syndicats s’opposent à la discrimination et aux inégalités et soutiennent les victimes. L’implication des syndicats dans les mécanismes de plainte est essentielle dans la lutte contre l’impunité. Le rôle des femmes dirigeantes dans les syndicats en vue d’instaurer la confiance avec les travailleuses et mettre la VHBG à l’ordre du jour du syndicat est crucial.

Les femmes demandent que les syndicalistes masculins s’impliquent. Une formation et une sensibilisation axées sur le changement de comportement des hommes au sein du mouvement syndical sont nécessaires.

Au Canada, les Métallos USW ont mis au point une formation de témoin actif. En 2021, les Métallos USW ont établi un partenariat avec l’Association des joueurs de football canadiens (APFC) afin de “briser le silence” sur la VHBG par le biais d’un programme de formation de porte-parole destiné aux adhérents masculins du syndicat. Ils ont ainsi pu faire un exposé de 90 minutes aux membres du syndicat sur la façon de travailler en tant qu’alliés masculins pour mettre fin à la VHBG.

“Nous disons toujours aux hommes que nous ne leur demandons pas de défendre les femmes, mais simplement de les soutenir. Soyez les plus nombreux ! Il n’y a qu’un très petit nombre d’hommes qui sont violents et nous essayons d’amener la majorité des hommes qui sont corrects à s’exprimer et à aider à changer la culture ambiante,”

a déclaré une déléguée syndicale qui participr au programme.

“Cette étude a un contenu percutant et sera essentielle pour le travail d’IndustriALL dans la confection, les mines et l’électronique. En lisant les témoignages de toutes ces femmes syndicalistes des affiliés d’IndustriALL, on découvre leur combat acharné. Ils montrent comment l’implication active des syndicats fait la différence dans la vie quotidienne des travailleuses. Les mentalités et les comportements doivent changer et les syndicats doivent être les acteurs de ce changement. Ils doivent combattre les stéréotypes et les normes sociales qui perpétuent la discrimination à l’égard des femmes. Ils doivent tenir les employeurs et les entreprises responsables de leur incapacité à prévenir et à combattre la VHBG,”

a déclaré Armelle Seby, Directrice pour les questions de genres au sein d’IndustriALL.

De bons emplois et une Transition juste vers l’hydrogène

Types d’hydrogène et leurs technologies

En fonction du type de production et des niveaux d’émission, différentes couleurs ont été affectées à l’hydrogène

“Il n’existe pas une industrie unique qui pourrait remplacer l’industrie pétrolière et gazière en termes d’emplois et de revenus. Nous devons envisager de multiples technologies différentes lorsque nous réfléchissons à ce que vont devenir les emplois,”

a déclaré Kenneth Sandmo, responsable de la politique commerciale et industrielle de la Confédération norvégienne des syndicats (LO Norvège).

Mettant les choses en perspective, Kenneth Sandmo a expliqué que l’industrie pétrolière et gazière norvégienne emploie directement et indirectement plus de 200.000 travailleurs et travailleuses. Comme la filière hydrogène devrait créer environ 35.000 emplois en Norvège, cette technologie ne devrait pas être la seule préoccupation des syndicats.

La technologie de l’hydrogène est essentielle pour la décarbonation à long terme des industries à forte intensité énergétique et des secteurs tels que ceux des transports lourds. Pour avoir une meilleure idée des emplois existants et potentiels, l’atelier a examiné les chaînes de valeur du pétrole et du gaz ainsi que celles de l’hydrogène. La décomposition de ces deux chaînes de valeur en production, transformation, distribution et utilisation finale (amont, intermédiaire, aval) a permis de mieux comprendre où se trouvent les emplois et où travailleurs et travailleuses ont un avenir dans la chaîne de valeur de l’hydrogène.

Chaînes de valeurs du pétrole et du gaz ainsi que de l’hydrogène

Du Brésil aux États-Unis, de l’Allemagne et de l’Espagne au Japon, les experts syndicaux ont clairement indiqué que les voies de transition et les perspectives de développement d’un système énergétique à base d’hydrogène qui place travailleurs et travailleuses au premier plan présentent des défis, mais ne sont pas impossibles à aborder. Face à l’incertitude, aux perspectives contradictoires et aux intérêts parfois opposés des multinationales, des gouvernements et des travailleurs, les syndicats doivent veiller à ce que le monde du travail fasse partie de la transition dès le départ.

Le gouvernement allemand a élaboré une stratégie pour l’hydrogène en 2020 afin de créer des partenariats énergétiques solides dans le monde entier.

“Cependant, le débat est dominé par des détails techniques, sans le point de vue du monde du travail,”

a indiqué Patricia Kraft, de la DGB.

En impliquant des syndicalistes, des membres de comités d’entreprise et des experts de la chaîne de valeur, la DGB a produit sa propre littérature sur le sujet. Elle a mené des entretiens avec 20 experts différents et a rédigé un document de synthèse : Revendications syndicales pour l’économie de l’hydrogène, vers une main-d’œuvre prête pour le H2.

“De nombreuses nouvelles infrastructures doivent être construites en Allemagne pour l’hydrogène et l’infrastructure gazière doit être réutilisée. Les problèmes de transport doivent être résolus ; il n’est pas facile de transporter l’hydrogène aux quatre coins du monde,”

a indiqué Patricia Kraft. D’autres experts syndicaux ont abondé dans le même sens, notant qu’il n’existe pas encore de solutions commerciales aux défis techniques du transport à grande échelle de l’hydrogène.

Les centrales syndicales espagnoles UGT et CCOO se sont exprimées sur la conversion des sites de raffinage à l’hydrogène. Le groupe Repsol mène un projet visant à reconvertir ses cinq raffineries en centres d’approvisionnement, de distribution et de production d’hydrogène pour les petits consommateurs, notamment pour le transport maritime, l’aviation et le transport de marchandises lourdes.

“Notre industrie pétrolière compte environ 30.000 travailleurs et travailleuses, si l’on inclut la distribution, il y en a environ 70.000 de plus. Nous ne savons pas combien d’emplois la distribution d’hydrogène offrira. Là où des complexes sont créés dans le secteur pétrochimique, nous voyons des emplois de qualité. La production d’hydrogène en dehors de ces complexes offre des salaires plus bas, moins de droits, moins de pouvoir de négociation et c’est une préoccupation pour les syndicats,”

a confié Augustin Perez de l’UGT.

Au Japon, le gouvernement a établi une stratégie de croissance verte pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Onze des quatorze secteurs de croissance de cette stratégie sont liés à l’hydrogène.

Bien que la pandémie et la guerre en Ukraine aient ralenti la stratégie japonaise en matière d’hydrogène, l’un des principaux objectifs reste de rendre l’hydrogène abordable et d’étendre son réseau au sein du Japon. Des investissements majeurs sont également prévus parmi les entreprises du secteur de l’énergie afin de favoriser la croissance de cette technologie.

Aux États-Unis, la loi sur les investissements dans les infrastructures et les emplois prévoit un financement fédéral concernant jusqu’à quatre pôles pour l’hydrogène. Chris Hannan, du Conseil des métiers du bâtiment et de la construction de Los Angeles/Orange County, a expliqué que les syndicats californiens sont déterminés à atteindre les objectifs climatiques de l’État. Ils voient dans l’hydrogène un avenir pour les ouvriers qualifiés d’aujourd’hui dans le secteur de l’énergie et sont le fer de lance d’une coalition visant à obtenir un financement fédéral pour un pôle d’hydrogène vert en Californie du Sud.

“L’hydrogène représente des emplois de substitution, c’est un processus industriel qui fait lui aussi appel à des travailleurs et travailleuses du bâtiment hautement qualifiés pour construire les installations et les entretenir.”

a indiqué Chris Hannan.

Anna Fendley, des Métallos USW, a expliqué qu’elle voyait également une grande opportunité nationale, qui pourrait fournir de nouveaux emplois aux travailleurs et travailleuses des raffineries américaines.

Pour le Brésil, Daniel Gaio de la CUT a expliqué que

“le Brésil a été un pionnier des technologies de l’hydrogène entre 2002 et 2005 avec le plan national pour l’hydrogène. Nous étions un acteur important de la protection du climat, mais nous avons fait des pas de géant en arrière.”

Avec l’intérêt porté aux investissements dans les technologies plus propres, les syndicats brésiliens sont optimistes et pensent que la tendance va changer, bien que cela dépende beaucoup des prochaines élections.

Les participants ont clairement indiqué que les syndicats doivent se préparer au changement et s’adapter rapidement. Assurer une Transition juste pour les travailleurs et travailleuses des industries à forte intensité énergétique, en garantissant les droits du travail, la santé et la sécurité et des emplois de qualité est une priorité pour les syndicats.

Les syndicats doivent examiner la situation mondiale pour voir où les multinationales investissent. Par exemple, la société allemande Siemens a signé un accord avec le gouvernement irakien pour produire de l’hydrogène dans le pays. IndustriALL a conclu un accord-cadre mondial avec Siemens qui peut permettre aux syndicats de revendiquer la participation des travailleurs au processus de transition.

Trois autres ateliers sur les technologies de transition énergétique suivront cette année dans le cadre de l’initiative “Transition juste” dans le secteur de l’énergie :

La répression se poursuit dans l’usine de confection au Myanmar

En avril, trois salariés de l’usine de confection Sioen Myanmar Garment ont été arrêtés pour leur implication dans le mouvement de désobéissance civile. Parmi ces trois personnes se trouve une dirigeante syndicale, détenue après avoir partagé des messages politiques sur les médias sociaux.

Selon l’IWFM, syndicat affilié à IndustriALL, les trois syndicalistes ont été libérés.

La Présidente de l’IWFM et Trésorière de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM), Khaing Zar, déclare :

“Le régime illégitime de la junte doit cesser de porter atteinte aux droits humains des syndicalistes ; tout le monde doit jouir de la liberté d’expression et de pensée.

Nous demandons à la communauté internationale de prendre la mesure de la situation dans l’industrie de la confection au Myanmar. Non seulement les travailleurs et travailleuses sont constamment exposés au risque d’être arrêtés, mais les employeurs ignorent toutes les réglementations et les traitent comme si le Myanmar était un pays sans foi ni loi en profitant de la situation politique actuelle.”

Après le coup d’État, l’employeur a cessé de respecter la convention collective auparavant signée avec le syndicat. Les membres de l’IWFM présents dans l’usine rapportent que l’employeur a engagé des salariés temporaires pour ensuite les licencier avant la fin de leur période d’essai de trois mois sous prétexte de mauvaise conjoncture. Après leur licenciement, l’employeur les a réembauchés.

Nous sommes convaincus que l’employeur ne veut pas du tout engager sous contrat de travail régulier, refusant ainsi de payer le salaire minimum légal de 4.800 Kyat, soit 2,6 dollars, par jour.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Shinya Iwai, a déclaré :

“La poursuite de la répression montre que les employeurs ne peuvent pas protéger les droits des travailleurs. Sioen doit assumer son entière responsabilité et trouver des solutions pour les travailleurs. L’OIT et les autres organismes internationaux doivent prendre des mesures contre les violations de la liberté syndicale et de la liberté d’expression et conseiller à leurs membres de revoir leurs relations avec le Myanmar.”

Sioen Myanmar Garment emploie plus de 700 travailleurs et travailleuses dans la zone industrielle du canton de Hlaing Thar Yar, où elle produit des vestes et des pantalons sous sa propre marque.

Sri Lanka : les syndicats luttent pour la paix et la démocratie

Depuis des mois, les Sri Lankais font la queue pour acheter du carburant, du gaz pour la cuisson, des produits alimentaires et des médicaments, dont la majorité provient de l’étranger. La pénurie de devises fortes a également entravé l’importation de matières premières pour l’industrie manufacturière, aggravant une inflation qui a atteint 18,7 % en mars. Le pays est au bord du défaut de paiement de sa dette extérieure et les remboursements ont été suspendus.

Jusqu’à présent, le gouvernement n’a proposé aucune solution aux personnes qui manifestent devant le Parlement depuis plus d’un mois. La foule revendique la démission du gouvernement, ce qui est venu ajouter à la situation une énorme crise politique. M. Rajapaksa a démissionné de son poste de premier ministre en début de semaine.

Lundi, la situation tendue a pris un nouveau tournant lorsque des partisans du gouvernement, dont beaucoup étaient armés de barres de fer, ont effectué un raid sur une manifestation antigouvernementale, mettant le feu aux tentes des participants. La police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes, après quoi la foule en colère a incendié plusieurs résidences appartenant à des membres du Parlement.

Un couvre-feu a été imposé dans tout le pays. Le gouvernement a publié un avis spécial dans le Journal officiel concernant les services essentiels pour en attribuer le caractère à certaines industries afin d’y interdire les actions syndicales.

Anton Marcus, Secrétaire général du syndicat affilié d’IndustriALL, le Syndicat des salariés des zones franches et des services généraux, a déclaré :

“Nous devons construire une large alliance entre les organisations proches du peuple pour atteindre la stabilité politique. Nous ne serons pas en mesure de faire face à la crise économique sans être politiquement stables.”

Les syndicats, y compris les affiliés d’IndustriALL, ont revendiqué la constitution d’une commission parlementaire spéciale, comprenant tous les partis représentés au Parlement, afin de formuler un plan pour fournir à la population le carburant, le gaz de pétrole liquéfié, le kérosène et d’autres articles essentiels, aux prix qui prévalaient en janvier 2020, et de trouver des solutions à la crise des devises étrangères. Les fonds disponibles devraient être réévalués et un nouveau budget social devrait être présenté au Parlement pour répondre aux besoins de la population.

Alors que l’introduction d’engrais organiques devrait faire l’objet d’un programme clairement défini, un nouveau programme visant à fournir des engrais chimiques subventionnés aux agriculteurs devrait être mis en œuvre. Des dates devraient être fixées pour des élections législatives. Les élections des conseils provinciaux devraient être organisées en même temps que les élections parlementaires. La proposition de mettre en place entre-temps un gouvernement provisoire est également soutenue par l’Association du Barreau.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, indique :

“IndustriALL exhorte le gouvernement à prendre en compte les revendications légitimes des syndicats et à les mettre en œuvre de toute urgence. Il est impératif de rétablir la paix et la démocratie dans le pays pour éviter que la crise ne s’aggrave davantage.”

Le rôle des syndicats dans la lutte contre la violence sexiste dans le secteur textile

On estime que 80 % des travailleurs du secteur du textile et de la confection sont des femmes, qui occupent principalement des emplois moins bien rémunérés dans les travaux de couture. Les femmes sont régulièrement licenciées lorsqu’elles tombent enceintes ou lorsqu’elles signalent un harcèlement sexuel.

Les dirigeantes syndicales interrogées ont fait état d’un harcèlement et d’abus sexuels omniprésents dans leurs usines de la part des superviseurs, des directeurs et des techniciens masculins. Les travailleuses sont régulièrement victimes d’attouchements inappropriés, de gestes sexualisés, d’agressions verbales et de requêtes de faveurs sexuelles.

“Souvent, si vous voulez que votre contrat soit prolongé, le superviseur vous demandera des faveurs sexuelles, il est difficile pour les femmes de dire non, car elles veulent garder leur emploi… Quand la machine est en panne et que le technicien vient les toucher, elles ne peuvent pas dire non, car elles veulent que la machine soit réparée pour pouvoir faire leur travail et elles acceptent cela,”

déclare une représentante syndicale d’Indonésie.

Il existe un lien étroit avec des risques accrus de VHBG lorsque les travailleuses sont confrontées à l’insécurité d’emploi en raison de contrats à court terme, de mauvaises conditions de travail, de l’absence de salaire vital, du manque de protection sociale et de l’impossibilité d’exercer leur droit à la syndicalisation et à la négociation collective. Des primes de productivité inaccessibles et des systèmes de travail à la pièce injustes rendent les femmes encore plus vulnérables à la violence et au harcèlement.

Les salaires vitaux, le travail décent et la fin du travail précaire sont d’une importance capitale pour mettre fin à la VHBG dans le secteur de la confection et du textile. En outre, les stratégies visant à alléger les pressions sur la production et à garantir que les femmes ne soient pas contraintes de faire des heures supplémentaires sont essentielles pour mettre fin à la VHBG.

L’absence de systèmes efficaces pour signaler les cas de violence et de harcèlement, ainsi qu’une culture du silence, de l’impunité et de la stigmatisation des victimes, contribuent au faible nombre de plaintes.

“J’ai été victime d’une [agression sexuelle] dans l’ascenseur au travail. Lorsque j’ai porté plainte j’ai été mise à pied par le chef de division, lorsque je me suis plainte auprès de l’administration, ils n’ont rien fait. J’ai alors porté plainte au tribunal et j’attends que cela soit traité. J’ai des problèmes physiques (douleurs aux muscles et aux jambes) et des problèmes psychologiques,”

a rapporté une représentante syndicale du Maroc.

De nombreuses femmes interrogées ont parlé de l’impact positif d’un syndicat ; certaines femmes ont constaté des changements significatifs après la création du syndicat dans l’usine. De nombreux syndicats ont fait de la formation et de la sensibilisation à la VHBG une priorité, ainsi que des négociations et des accords sur le lieu de travail. La présence de femmes aux postes de direction des syndicats a un impact déterminant.

Les entretiens montrent également l’importance des systèmes de plaintes confidentielles auxquels les femmes font confiance et de représentants syndicaux qui puissent signaler des incidents de manière anonyme au nom de leurs membres.

Les femmes dirigeantes interrogées ont formulé d’autres recommandations :

La Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection, Christina Hajagos-Clausen, indique :

“Nous savons que la violence sexiste sur le lieu de travail existe et qu’elle est inacceptable. Cette étude montre l’importance de la participation des syndicats dans la résolution de ce problème et la recherche de solutions.”

 

Pour ce chapitre, des entretiens individuels et de groupe ont été réalisés avec 26 dirigeantes et représentantes syndicales au Salvador (FEASIES), en Indonésie (GARTEKS et SPN), au Lesotho (IDU) et en Turquie (Deriteks, DISK/TEKSTIL, Öz Iplik-Is et TEKSIF). Le chapitre fait également référence à certains des résultats d’une étude parallèle impliquant 27 femmes dirigeantes syndicales au Bangladesh (SGSF, BGIW et IBC) et au Maroc (SNTHC-CDT, UMT).

Illustration : femmes travailleuses au Bangladesh, ©ILO

Poursuite de la grève dans la confection en Eswatini sur fond d’intimidation et de harcèlement

La détermination des travailleurs et travailleuses s’exprime alors que la police et l’armée tentent de mettre fin à la grève par l’intimidation et le harcèlement. Selon le syndicat, les forces de sécurité vont jusqu’à se rendre au domicile des grévistes en exigeant la reprise du travail sous peine d’expulsion du lieu de résidence. Selon nos informations, des gaz lacrymogènes ont été lancés dans certaines habitations.

Wander Mkhonza, Secrétaire général de l’ATUSWA, a déclaré :

“Bien que nous soyons exténués (ces cinq semaines ont été longues), la grève continue. Nous persisterons à lutter avec tout ce qui est en notre pouvoir en tant que syndicat jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites. Nous nous battons uniquement en faveur de salaires vitaux pour nos membres, et je tiens à souligner qu’il s’agit d’un conflit de travail entre les travailleurs et l’employeur. Cependant, nous sommes choqués par les menaces proférées à l’encontre de nos membres par des forces de sécurité qui ne sont pas parties au conflit salarial.”

Contrairement à se qui se traduit dans les actes des forces de sécurité, le ministère du travail et de la sécurité sociale a déclaré dans son communiqué sur la Journée des travailleurs que le gouvernement respectait les “principes et droits fondamentaux au travail” de l’Organisation internationale du travail (OIT). Auparavant, le ministère avait déclaré que le syndicat ATUSWA (Syndicat général du Swaziland), affilié à IndustriALL Global Union, devait soumettre ses doléances au Conseil salarial du secteur du textile et de la confection, composé de représentants des employeurs, des travailleurs et du gouvernement.

L’ATUSWA, qui mène la grève, affirme qu’au lieu de s’attaquer au conflit salarial, les employeurs sont de connivence avec le gouvernement d’Eswatini, qui est censé être neutre, pour intimider et harceler le syndicat et les grévistes.

Environ 2.000 travailleurs et travailleuses se sont réunis le 2 mai dans la zone industrielle de Nhlangano, qui regroupe des usines textiles et de confection, pour réaffirmer leur engagement dans la grève. Certains ont marché sur plus de 8 km pour assister à la réunion de masse où 30 travailleurs et travailleuses ont pris la parole pour soutenir la grève, qui, cela a été réaffirmé, doit se poursuivre jusqu’à ce que leurs revendications par rapport au salaire vital soient satisfaites.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

“Nous soutenons la grève menée par l’ATUSWA et les revendications en faveur de salaires vitaux, car le coût de la vie augmente. Conformément à la résolution du Congrès d’IndustriALL, nous appelons le gouvernement d’Eswatini à respecter les droits de grève et de négociation collective des travailleurs et travailleuses. Le gouvernement doit respecter leurs droits humains et mettre fin à l’intimidation et au harcèlement.”

IndustriALL, l'IBB et la FETBB exhortent les actionnaires de Holcim à faire pression pour le respect des droits des travailleurs

"Les actionnaires de Holcim ne peuvent pas rester indifférents à la manière dont leur argent est investi. La société prétend mener ses affaires avec intégrité, mais nos membres disent une histoire différente. Notre récent Conseil syndical mondial de Holcim, un forum pour les représentants des travailleurs du monde entier, a exhorté Holcim à s'engager dans un véritable dialogue social avec l'IBB et IndustriALL",

déclare Christine Olivier, secrétaire générale adjointe d'IndustriALL.

"Représentant ceux qui créent la richesse de Holcim, nous exigeons la reconnaissance des syndicats mondiaux en tant que partenaires légitimes, le plein respect des droits fondamentaux des travailleurs, y compris la santé et la sécurité, et l'établissement d'un protocole clair pour la résolution des conflits avec un engagement du CEO pour un accord-cadre mondial."

Le recours croissant de Holcim à des sous-traitants sape l'ambition de l'entreprise d'atteindre l'objectif "zéro blessure". Les travailleurs des cimenteries de Holcim sont continuellement exposés à des conditions de travail dangereuses, à des heures de travail excessives, à l'absence d'équipements de protection individuelle et à des congés non payés.

Les travailleurs ne sont toujours pas en sécurité et meurent au travail, la plupart des victimes étant des sous-traitants ou des travailleurs tiers. En Asie, plus de 80 % des travailleurs restent sans contrat permanent malgré l'augmentation de la capacité de production de Holcim. Holcim a réduit ses emplois propres et directs de 135 000 à moins de 68 000 travailleurs.

Les droits des travailleurs sont violés à Davao, aux Philippines, où 141 travailleurs ont été injustement licenciés. Holcim doit faire preuve de diligence raisonnable pour garantir le respect des normes internationales fondamentales du travail.

La santé et la sécurité chez Holcim continuent d'être violées. Plus de 200 travailleurs ont été tués depuis la fusion en 2015. En janvier de cette année, trois travailleurs sont morts et huit ont été grièvement blessés dans un incendie à Hima Cement, une filiale de Holcim en Ouganda. L'incendie s'est déclaré lors de travaux d'installation d'un réservoir de gazole.

"Les graves incidents survenus chez Holcim, ses filiales et ses sous-traitants sont inacceptables. Holcim doit créer ou relancer les comités mixtes de santé et de sécurité inactifs, et abandonner les faibles systèmes de supervision et d'inspection, ainsi que la mauvaise qualité des équipements de protection individuelle",

déclare Ambet Yuson, secrétaire général de l'IBB.

"Nous avons demandé à plusieurs reprises à Holcim de s'engager avec les syndicats, car des lieux de travail véritablement sûrs ne peuvent être obtenus que par la participation des travailleurs. Aucun délai supplémentaire n'est acceptable pour reconnaître la santé et la sécurité au travail comme un droit fondamental des travailleurs."

Les syndicats mondiaux insistent sur un véritable dialogue social à tous les niveaux. Ces dernières années, Holcim  a procédé à d'importants désinvestissements dans les pays du Sud, souvent sans en informer au préalable les représentants des travailleurs et ne respecte pas les droits des travailleurs dans des pays comme la Malaisie, l'Indonésie, Singapour et la Zambie et privilégiant à nouveau les profits à la vie des travailleurs.

"Ce sont les travailleurs employés directement par Holcim et les milliers de travailleurs sous-traitants qui créent les profits et le développement futur de Holcim – ils méritent d'être respectés et inclus dans le processus de transformation",

a déclaré Tom Deleu, secrétaire général de la FETBB.

"Les résultats sont en hausse, et le conseil d'administration propose une augmentation de dix pour cent du dividende, qui sera décidée lors de l'AGA d'aujourd'hui. Cette augmentation se fait au détriment des travailleurs et de leurs familles qui contribuent le plus à Holcim."

Fête du Travail 2022

En Thaïlande, la CILT, affiliée à IndustriALL, s’est jointe à d’autres syndicats lors d’un rassemblement pour revendiquer une augmentation du salaire minimum, 180 jours de congé de maternité, une réforme du système de sécurité sociale et la ratification des Conventions 4, 87 et 98 de l’OIT.

Les syndicats du Sri Lanka ont appelé à des solutions politiques immédiates pour faire face à la situation économique désastreuse du pays.

La MEGM, en Mongolie, a profité du rassemblement du 1er mai pour protester contre la nouvelle loi sur le travail qui, les syndicats l’affirment, permet aux employeurs de voler leur salaire aux travailleurs et travailleuses. Les affiliés d’IndustriALL ont également réclamé une journée de travail de huit heures.

Cortège syndical en Thaïlande à l’occasion du 1er mai

Dans une déclaration commune, la Confédération du mouvement des travailleurs cambodgiens (CCW), le Syndicat collectif du mouvement des travailleurs (CUMW), la Coalition des syndicats indépendants (ILUC), l’Association pour la vie et le développement du peuple du Cambodge (CDPLA) ainsi que l’Association des travailleurs domestiques (ADW), ont appelé le gouvernement du Cambodge à ratifier les Conventions 144, 183, 189 et 190 de l’OIT et à procéder à une évaluation de la mise en œuvre des Conventions 87 et 98 de l’OIT.

En Corée, 75.000 travailleurs et travailleuses se sont rassemblés dans 16 régions, dont 14.000 dans les rues de la capitale Séoul, pour réclamer des droits du travail pour tous les travailleurs et travailleuses, sans discrimination, le droit à un lieu de travail sûr et la fin des politiques anti-ouvrières.

Aux Philippines, les syndicats se sont attaqués aux salaires de misère, aux problèmes de santé et de sécurité au travail et ont revendiqué la fin de la violence et du harcèlement sur le lieu de travail, dans un contexte d’élections locales et nationales et de crise du coronavirus.

Les affiliés d’IndustriALL en Afrique sub-saharienne ont célébré le 1er mai en faisant campagne pour la restauration de la dignité dans le monde du travail.

Ce 1er mai, le syndicat IDUL du Lesotho a officiellement ouvert son bureau à Buthe Butha, dans le but d’améliorer la prestation de services aux mineurs. Le syndicat belge ACV-CSC a soutenu la construction de ces locaux.

Turkey, May Day 2022

 

Unis dans la solidarité

La solidarité est plus importante que jamais : la junte militaire au Myanmar a mis les syndicats hors la loi, des dirigeants syndicaux d’affiliés d’IndustriALL en Biélorussie ont été arrêtés et la guerre en Ukraine cause d’énormes souffrances.

“Mais nous devons aussi nous tourner vers l’avenir”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Et appeler à une Transition juste où travailleurs et travailleuses ont voix au chapitre”.


Le Bélarus resserre son emprise sur les syndicats indépendants

D'après des renseignements obtenus hier, Alexander Yaroshuk, le président du Syndicat bélarusse des syndicats démocratiques (BKPD), son vice-président, Sergei Antusevich, et sa comptable, Irina But-Gusaim, ainsi que Nikolai Sharakh, le président du Syndicat bélarusse libre, sont détenus sous l'inculpation d'organisation et préparation d'actions violant gravement l'ordre public, ou de participation active à celles-ci, au titre de l'article 342 du code pénal qui prévoit des peines jusqu'à quatre ans.

Le vice-président du Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie, Alexander Evdokimtchik, est toujours derrière les barreaux, à l'âge de 66 ans. Il a été arrêté le 19 avril et se trouve au centre de détention préventive du KGB. Alexander Evdokimtchik, est également détenu au titre de l'article 342 du code pénal et ne peut avoir un avocat de son choix, les autorités lui en ayant désigné un d'office.

Le 27 avril, la présidente de Naftan, Volha Brytsikava, a été condamnée pour la cinquième fois à 15 jours d'arrestation. Elle est en prison depuis plus de deux mois.

Ces derniers jours, deux autres syndicats indépendants ont succombé alors que les autorités resserrent leur emprise. Le JSC “Mozyr OF” a été retiré du registre officiel des organisations syndicales et est ainsi condamné à disparaître. Dans un communiqué, le ministère public de la région de Grodno a qualifié l'organisation primaire du JSC "Grodno Azot" d'extrémiste, interdisant ses activités et ordonnant sa liquidation.

Appel à la solidarité internationale

Nous devons accroître la pression autant que possible.

C'est pourquoi nous vous demandons d'agir pour soutenir les syndicats indépendants du Bélarus.

Photo : À 66 ans, le vice-président du Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie, Alexander Evdokimtchik, est toujours derrière les barreaux.