“Une grande tragédie humanitaire”

“Nous connaissons un hiver très froid. La nourriture vient à manquer. C’est une grande tragédie humanitaire,” confie un leader syndicaliste.

En raison des conditions difficiles, seule la moitié des affiliés a pu se joindre à la réunion. Ceux qui ont pu le faire ont lancé un appel à l’aide pour les personnes qui sont en grave danger à cause de l’invasion russe, se réfugiant dans des abris ou fuyant. Pour les habitants des villes assiégées, la vie s’est figée, sans électricité ni eau.

Les représentants des travailleurs ont expliqué en détail la situation dans les différents secteurs et régions. Seule la moitié des entreprises du pays sont encore en activité et nombre d’entre elles sont confrontées à des problèmes d’approvisionnement. De nombreux membres de syndicats sont désormais des soldats.

Les travailleurs du nucléaire ont évoqué les dangers très réels causés par l’attaque russe contre la centrale nucléaire de Zaporizhzhia et l’occupation du site de Tchernobyl.

Le Président d’IndustriALL, Jörg Hofmann, a réitéré l’engagement de solidarité d’IndustriALL :

“Nous exigeons la fin immédiate de la guerre et le retrait des troupes russes. Nous continuerons à aider les personnes touchées et les réfugiés par une solidarité concrète sous forme de dons et de livraisons d’aide. Nous sommes aux côtés de l’Ukraine.”

Alors que la situation humanitaire en Ukraine s’aggrave, il y a un besoin de solidarité et d’assistance financière dans toutes les régions du pays. Si vous voulez apporter votre aide, veuillez faire un don, en euros pour réduire les coûts de transaction, sur le compte bancaire d’IndustriALL Global Union.

Combler l'écart salarial entre hommes et femmes

Besoin d'une négociation collective inclusive

L'écart salarial entre les hommes et les femmes est la conséquence des inégalités fondées sur le sexe dans la société, l'économie et sur le marché du travail. Des lois nouvelles, comme celle votée récemment en Espagne, adoptent une démarche plus large, imposant aux entreprises d'élaborer des plans pour l'égalité qui analysent et remédient à d'éventuelles discriminations dans le recrutement, la promotion, la rémunération, la santé et la sécurité, etc.

Les organisations syndicales jouent un rôle essentiel par le biais de la négociation collective, qui peut être utilisée comme un outil pour promouvoir l'égalité sur le lieu de travail et défaire beaucoup de préjugés solidement enracinés sur le rôle des travailleuses. L'expérience montre que la négociation collective contribue à réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes.

Il est essentiel d'obtenir la parité entre les sexes dans les organes de décision, de dialogue social et de négociation collective. La présence de femmes à la tête des syndicats et dans les équipes de négociation influence l'attention qui sera portée aux femmes dans la négociation collective et dans les résultats obtenus. Souvent, les questions d'égalité ne sont reprises dans les conventions collectives que lorsque des femmes ont participé directement aux négociations.

Répartition inégalitaire du travail non rémunéré et de la garde des enfants

Le travail non rémunéré occupe une place énorme. On ne peut espérer combler progressivement l'écart salarial entre hommes et femmes tant que le travail non rémunéré ne sera pas reconnu et valorisé et qu'il ne sera pas redistribué entre elles et eux, mais aussi entre les familles et des services publics de soins de qualité. Près de 70 pour cent des activités d'accompagnement non rémunérées sont encore assurés par les femmes, et cette proportion augmente fortement avec la présence de jeunes enfants dans le ménage. En moyenne, les femmes consacrent trois fois plus de temps que les hommes aux soins aux enfants.

Cette répartition inégale du travail non rémunéré et de la garde des enfants découle de stéréotypes d'une époque où l'homme était considéré comme le principal soutien de famille et la femme comme la gardienne du foyer. Déconstruire ces normes et stéréotypes est la première chose à faire pour redistribuer la charge des soins et du travail domestique.

Une répartition inégalitaire a une incidence directe sur l'écart salarial entre hommes et femmes et contribue au décalage salarial des mères, comme l'a illustré l'OIT.

Les campagnes que mènent actuellement les syndicats montrent qu'il est essentiel d'investir dans l'accompagnement – santé, éducation, soins à l'enfance et aux personnes âgées et autres services d'aide sociale – pour permettre une participation effective des femmes dans tous les pans de l'économie.

En Europe, beaucoup de syndicats donnent la priorité à des politiques de réconciliation du travail et de la vie de famille, avec notamment des dispositions en matière de garde des enfants propices à un meilleur partage des tâches et un comblement de l'écart salarial. Au Japon, en avril 2022, les syndicats négocieront un amendement à la Loi sur le congé pour raisons familiales qui permettra au père de prendre plus facilement congé après la naissance d'un enfant en imposant aux employeurs de mettre de tels dispositifs en place.

 

Sous-évaluation du travail des femmes

"En tant que syndicats, nous avons tendance à croire que, parce que nous avons négocié une grille de salaires, il n'y a plus d'écart salarial entre les hommes et les femmes et qu'ils percevront le même salaire pour le même travail. Or, cela ne suffit pas parce que ça n'élimine pas automatiquement les facteurs qui contribuent à cet écart salarial, comme la ségrégation professionnelle, la sous-évaluation du travail le plus souvent confié à des femmes, l'inégalité d'accès aux primes et prestations. Nous devons mettre la valeur du travail effectué au centre des négociations,"

déclare la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Christine Olivier.

Les normes sociales et les stéréotypes de genre maintiennent les femmes à l'écart des industries et des secteurs où les salaires sont plus élevés, comme les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques (STIM). Dans ces secteurs, les femmes sont victimes d'une discrimination qui freine leur développement professionnel. Leurs salaires sont généralement inférieurs à ceux de leurs collègues masculins. Dans les secteurs de l'énergie et des TIC, l'écart est en général de 31 et 25 pour cent respectivement.

En Espagne, un récent rapport des Comisiones Obreras montre que près de 40 pour cent de l'écart de rémunération mensuelle entre les hommes et les femmes provient des prestations et primes. Ces compléments rétribuent en règle générale les aspects masculins du travail, comme l'effort physique, la pénibilité et le travail de nuit, tandis que les aptitudes telles que l'attention, la précision, l'endurance ne sont pas rétribuées.

Les initiatives sur la transparence des salaires, comme par exemple les enquêtes et audits d'égalité salariale peuvent contribuer à mettre en lumière la faiblesse de la rémunération du travail fait par les femmes. La CES et les syndicats européens réclament une directive européenne qui oblige les employeurs à publier des informations sur les salaires (audits) et des plans d'action annuels sur l'égalité de rémunération, et ils encouragent les syndicats à négocier avec les employeurs pour combler le fossé salarial.

Les évaluations et classements non genrés ont encore plus d'importance en ce qu'ils remettent en cause les préjugés fondés sur le sexe dans l'évaluation du travail des femmes et combattent la sous-évaluation historique des compétences des femmes et de leur travail. Faute d'être conçus de manière à répondre au principe du salaire égal pour un travail de valeur égale, les programmes d'évaluation des postes perpétueront les inégalités actuelles.

La Norme islandaise d'égalité salariale est largement considérée comme une meilleure pratique pour atteindre l'égalité de salaire pour un travail d'égale valeur. Les employeurs devraient prouver qu'un système uniforme et non-discriminatoire est en place pour baser la comparaison sur un système d'évaluation et de classification à partir de quatre grands critères : l'expertise, la responsabilité, l'effort et le cadre de travail, et de critères secondaires devant être arrêtés et pondérés suivant des modes propres à chaque entreprise ou institution.

Il est essentiel de tenir compte du caractère genré de la fixation des salaires, sinon les conventions collectives continueront à institutionnaliser et légitimer la sous-évaluation du travail des femmes.

Des syndicats tels que l'USW au Canada ou Unite au Royaume-Uni ont élaboré des lignes directrices sur ce qu'il y a lieu de négocier pour améliorer la législation en vigueur s'agissant de l'égalité salariale, des enquêtes sur l'égalité salariale et de l'évaluation non genrée des emplois.

Catégories de travailleuses vulnérables

Dans les économies informelles de nombreux pays, les femmes y sont majoritaires. Les campagnes et négociations pour une protection sociale universelle pour tous sont indispensables pour combler l'écart salarial. Il est important de collaborer avec d'autres partenaires sociaux car la formalisation de l'économie informelle contribuera à mettre en place un environnement propice à la négociation collective.

Pour combler l'écart salarial entre hommes et femmes, il est essentiel de garantir aux femmes un travail décent et de remédier à la proportion disproportionnée de femmes dans les emplois précaires et peu qualifiés, mal rémunérés et mal considérés. Il faut un engagement politique pour une redistribution des ressources en faveur des emplois et secteurs où les femmes sont mal rémunérées.

La concentration des femmes au plus bas des chaînes d'approvisionnement mondiales, là où les réglementations sont les plus défaillantes et la concurrence la plus dure, contribue aussi à l'écart salarial entre hommes et femmes. Les accords-cadres mondiaux avec des multinationales peuvent jouer un grand rôle dans l'amélioration des conditions de travail ainsi que dans les négociations de salaires minimums nationaux ou sectoriels. Le processus ACT jouera aussi un rôle essentiel en revalorisant les salaires des femmes dans la chaîne d'approvisionnement.

Indonésie : l’urgence de mettre fin aux accidents miniers au parc industriel de Morowali

À l’occasion d’une visite auprès de l’Office régional du travail le 23 février dernier, la Fédération nationale des syndicats des travailleurs de l’industrie (SPN), la Fédération des mines et de l’énergie (FPE-SBSI), ainsi que le chef du bureau régional du travail ont décidé de former un groupe de travail tripartite pour discuter des problèmes de santé et de sécurité au sein de l’IMIP et leur trouver des solutions.

Depuis des années, les membres de la SPN et de la FPE-SBSI s’inquiètent des quelque 1.800 accidents et des cinq décès qui se produisent en moyenne chaque année, exigeant que l’employeur agisse.

Les syndicats ont également revendiqué l’amélioration de la situation concernant les toilettes dans les mines. Celles-ci, de style ouvert, sont sales et insuffisantes ; l’un des sites miniers ne présente que trois toilettes pour 2.500 travailleurs. Le décret ministériel indonésien n° 5/2018 sur la main-d’œuvre exige que les employeurs fournissent une toilette pour 15 travailleurs.

 

Une des toilettes

“La santé et la sécurité au sein de l’IMIP sont déplorables et cette situation doit changer. J’invite instamment l’Office du travail et les employeurs à engager un dialogue social pour améliorer les conditions de travail. Nous avons également besoin de davantage de formations pour mieux conscientiser les travailleurs et travailleuses à leurs droits,”

a souligné Iwan Kusmawan, qui préside le Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie.

L’employeur a ignoré les revendications des syndicats, mais l’engagement commun appelle à améliorer les mauvaises conditions sanitaires ainsi que de pouvoir disposer de toilettes décentes et en nombre suffisant sur les sites miniers. Cela doit se faire par le biais de la réglementation des entreprises, de conventions collectives et de la mise en place d’un Comité de santé et de sécurité.

“Il faut mettre fin à ce nombre d’accidents extraordinairement élevé et aux conditions insalubres au sein de l’IMIP. IndustriALL demande aux autorités de mener une inspection du travail, de formuler un plan d’action concret, correctif et préventif, afin de créer des lieux de travail sûrs et sains pour tous les travailleurs et travailleuses de l’IMIP,”

a déclaré Glen Mpufane, Directeur du secteur des mines d’IndustriALL.

Ce parc industriel, qui fait partie de l’initiative “Nouvelle route de la soie”, est une coentreprise entre le groupe indonésien Bintangdelapan et le groupe chinois Tsingshan. Il produit principalement du nickel et de l’acier inoxydable dans 19 fonderies située à Morowali, et emploie environ 54.000 travailleurs.

Illustration : des membres de la SPN et de la FPE de l’IMIP ont participé à un atelier les 24 et 25 février pour débattre des problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses des sites miniers.


 

Podcast Talking Threads : Épisode 1 – les femmes derrière l'étiquette

Ce podcast s'intéresse principalement à ceux de la base et fournit aux travailleurs de la confection – aux femmes en particulier – une plateforme pour faire entendre leur voix. Il s'agit d'une production syndicale, faite par des femmes, qui donne un témoignage sonore des usines où le personnel est représenté par IndustriALL.

Ce podcast est disponible sur toutes les grandes plateformes – enregistrez-vous dès aujourd'hui.

Épisode 1 : Les femmes derrière l'étiquette

Lors de cette Journée internationale des femmes, des travailleuses de l'habillement nous parlent des problèmes qu'elles rencontrent sur leur lieu de travail et nous nous intéressons dans le concret à la campagne que mène IndustriALL pour obtenir de meilleures protections sociales pour les travailleurs et les travailleuses de cette industrie.

Ce premier épisode est consacré à toutes les femmes – près de  63 millions – qui travaillent dans la confection.

Contributrices :

Crédits :

Liens :

Pour en savoir plus sur quelques questions étudiées dans ce podcast, vous pouvez consulter les liens suivants :

Soutenez les syndicats d’Ukraine

Les douze syndicats membres d’IndustriALL et leurs adhérents en Ukraine se battent pour leur vie et ont un besoin urgent de solidarité et de soutien financier.

Selon les informations en provenance de nos affiliés ukrainiens, les dirigeants, responsables et membres des syndicats luttent pour leur survie, se cachant dans des abris souterrains pour se protéger des attaques, tout en essayant désespérément de soutenir leurs adhérents. Il est également rapporté que la plupart des usines ont arrêté la production et que certaines d’entre elles sont déjà occupées. Les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas exercer leur métier et l’inquiétude est grande quant à leurs moyens de subsistance. Les syndicats ne peuvent pas remplir leurs fonctions, car ils sont confrontés à une menace existentielle.

Un soutien immédiat est nécessaire, ainsi qu’une assistance à long terme pour la reconstruction éventuelle des structures syndicales. Pour un soutien humanitaire direct, nous vous proposons de faire un don aux organisations humanitaires internationales qui opèrent en Ukraine, mais si vous souhaitez aider directement nos affiliés, veuillez faire votre don, en euros pour réduire les coûts de transaction, sur le compte bancaire d’IndustriALL Global Union.

Nous vous sommes reconnaissants de votre soutien à nos camarades en Ukraine en ces temps difficiles.

Nom de la banque : Cler Bank

Adresse de la banque : 6-8 Place Longemalle, CH 1204 Genève Suisse

Titulaire du compte : IndustriALL Global Union

Adresse du titulaire du compte : 54bis, route des Acacias, CH 1227 Carouge

Code Swift : BCLRCHBB

Code Iban : CH70 0844 0145 2523 1139 0

Devise : Euro]


Lutter contre l'exploitation des travailleurs migrants sur l'île Maurice

IndustriALL Global Union, la marque de vêtements en ligne ASOS, Anti-Slavery International et la CTSP (Confédération des travailleurs des secteurs public et privé) se sont associés pour créer ce centre de ressources afin de protéger les travailleurs et travailleuses migrants et leurs droits humains face à l’esclavage moderne qui comprend le travail forcé, la servitude pour dettes et l’esclavage pour dettes.

Lors de l’inauguration officielle le 8 février dernier, les intervenants ont déclaré que ce partenariat renforçait la coopération entre les enseignes et les syndicats. En outre, le centre a accompagné la CTSP, qui est affiliée à IndustriALL, dans ses campagnes en cours pour mettre fin aux violations des droits des travailleurs et travailleuses migrants.

 

ASOS, qui s’approvisionne en vêtements auprès des usines RT Knits, Tropic Knits, CMT, Denim De L’Ile et Star Knitwear, qui emploient des milliers de travailleurs et travailleuses migrants et locaux, affirme s’engager à s’approvisionner de manière responsable. La marque en ligne a également développé une application mobile qui fournit des informations et une éducation sur les droits des travailleurs à Maurice.

Selon la CTSP, la plupart des 50.000 travailleurs et travailleuses migrants sont payés des salaires de misère, inférieurs au salaire minimum du pays de 10.575 roupies (246 dollars US) pour les entreprises non exportatrices. Cette situation constitue souvent un choc pour les travailleurs et travailleuses et ruine leurs attentes. Pis encore, la plupart doivent rembourser des frais d’agence pour le voyage depuis leur pays d’origine, souvent à des taux d’intérêt excessifs.

Le parcours des travailleurs et travailleuses migrants qui se retrouvent dans les usines de l’île commence dans des pays situés à des milliers de kilomètres, au Bangladesh, au Népal, en Inde ou même en Chine, ainsi qu’à Madagascar, toute proche. Mais le voyage ne se traduit pas toujours par les emplois et les salaires décents promis.

Certains employeurs violent les droits des travailleurs et travailleuses et les droits de l’homme, pourtant protégés par la constitution du pays et la législation sur le droit du travail, entre autres. En outre, les travailleurs et travailleuses migrants ont un accès limité aux soins de santé. Les conditions de santé et de sécurité sont ignorées, certains travailleurs et travailleuses se blessent au travail et des conditions sordides dans leurs dortoirs sont courantes.

La CTSP gère le centre de ressources. Par exemple, des séances de sensibilisation à l’intention des travailleurs et travailleuses migrants sont organisées le dimanche, le seul jour où la plupart sont en congé. Le syndicat indique que ces campagnes de sensibilisation font également partie des événements sociaux destinés aux travailleurs et travailleuses migrants.

Reeaz Chooto, qui préside de la CTSP, déclare :

“Le centre de ressources formule les revendications suivantes : les travailleurs et travailleuses migrants doivent venir à Maurice sans avoir à payer de frais d’agent et le gouvernement doit mettre en place un guichet unique pour les travailleurs et travailleuses migrants. Cela facilitera la conclusion de contrats équitables avec des salaires décents, l’accès aux services de santé publique, la santé et la sécurité sur le lieu de travail, la fourniture d’un logement décent et la participation des travailleurs et travailleuses migrants aux négociations collectives.”

En outre, le centre souhaite que le rapatriement se fasse de manière équitable et protège les droits des travailleurs et travailleuses migrants. La loi doit également prévoir un rapatriement d’urgence. Les rapatriements en outre se faire sous l’autorité du gouvernement afin d’éviter les situations où les travailleurs et travailleuses sont renvoyés dans leur pays d’origine avant la résolution d’un conflit du travail.

Par exemple, la législation du travail doit préciser le délai dans lequel l’employeur doit rapatrier les travailleurs et travailleuses après l’expiration de leur contrat, afin d’éviter de se retrouver bloqués dans le pays sans emploi, sans nourriture et sans logement. Le centre propose la création d’un centre de réfugiés pour les travailleurs et travailleuses qui auraient été agressés physiquement ou seraient devenus sans abri.

“Nous sommes terriblement fiers d’être aux côtés de nos amis critiques d’Anti-Slavery International, de l’équipe de la CTSP et des travailleurs et travailleuses migrants de l’île Maurice pour inaugurer officiellement ce Centre de ressources pour migrants.

Depuis sa création il y a plus de deux ans, le centre sur l’île Maurice a aidé les travailleurs et travailleuses migrants sur le terrain à mieux comprendre et faire acter leurs droits fondamentaux et a joué un rôle déterminant dans la résolution directe de conflits et la responsabilisation des employeurs,”

a déclaré Simon Platts, Directeur pour l’approvisionnement responsable chez ASOS.

“Nous tenons à féliciter ASOS et la CTSP pour avoir défendu les droits des travailleurs et travailleuses migrants grâce à ce partenariat. Nous espérons que le centre de ressources permettra de créer des conditions de travail décentes,”

a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection.

Les syndicats grecs manifestent contre les licenciements chez Kavala

La manifestation était organisée par la Fédération panhellénique de l'énergie (FPE), la Fédération panhellénique des travailleurs de la métallurgie (POEM) et la Fédération des travailleurs de l'industrie chimique (OEXBE). La FPE et la POEM sont affiliées à IndustriALL Global Union et à IndustriALL European Trade Union.

Ces syndicats protestaient contre les licenciements de 112 travailleurs chez Kavala Oil, d'autres encore chez LARCO, l'entreprise publique de production de ferronickel, et contre l'utilisation croissante des contrats temporaires chez Kavala Fertilizers.

Kavala Oil exploite l'unique champ pétrolier de Grèce et est la propriété de Energean, cotée à la bourse de Londres. L'entreprise a reçu de l'Union européenne – c’est-à-dire des contribuables – 100 millions d'euros au titre de l'Encadrement temporaire des aides d'État pour la lutte contre le Covid, afin de soutenir et maintenir l'emploi pendant la pandémie. La FPE et son affilié, le Syndicat des travailleurs de Kavala Oil, ont appuyé la proposition de financement de l'entreprise à condition que les droits des travailleurs soient respectés.

Et pourtant, la direction a lancé en avril 2021 un programme de restructuration en licenciant 40 travailleurs et en assignant à 40 autres des contrats temporaires. Elle a aussi annoncé des coupes de 6 millions € dans les salaires et les prestations.

D'autres travailleurs ont encore été licenciés par la suite, portant le total à 122 actuellement.

En 2021, IndustriALL Europe a écrit à la Commission européenne et un eurodéputé grec du groupe de la Gauche a soulevé la question devant le Parlement européen. En décembre, les travailleurs ont occupé l'usine avant d'être délogés par les forces antiémeutes qui ont arrêté 17 d'entre eux le 21 décembre. Aucun chef d'inculpation n'a été retenu et les travailleurs ont été remis en liberté. Le 1er janvier, les travailleurs se sont mis en grève.

Les travailleurs occupent Kavala Oil

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe avaient envoyé ensemble un message de solidarité avant la manifestation. 

Dans la matinée précédant la manifestation, les présidents des fédérations et syndicats ont rencontré au parlement grec des députés de la Gauche radicale (SYRIZA), du Parti communiste de Grèce (KKE) et du Mouvement pour le changement de centre-gauche (KINAL). Ils ont discuté des licenciements, du recours aux contrats précaires et des hausses de prix des produits de première nécessité et du gaz, de l'électricité et du pétrole.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Energean a honteusement détourné l'argent des contribuables en licenciant des travailleurs après avoir capté 100 millions € d'aide pour le Covid. Il s'agissait d'un fonds de solidarité constitué pour soutenir l'emploi, pas d'une occasion de faire de l'argent pour des patrons d'entreprises cupides.

"La direction doit entamer un dialogue social digne de ce nom avec notre affilié FPE, le Syndicat des travailleurs de Kabala Oil, mettre fin aux licenciements illicites, réintégrer sur-le-champ les travailleurs licenciés, arrêter de précariser les contrats de travail, et garantir la santé et la sécurité dans les installations pétrolières et gazières."

Photos : fournies par la FPE, le Syndicat des travailleurs de Kabala Oil et Petrol-İş

Le gouvernement du Bangladesh doit mettre en œuvre une feuille de route pour les droits des travailleurs

En 2019, plusieurs organisations de travailleurs du Bangladesh ont déposé une plainte au titre de l’article 26 de la Constitution de l’Organisation internationale du travail (OIT). La plainte concernait le non-respect d’un certain nombre de conventions de l’OIT, notamment sur la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement.

En conséquence, le Conseil d’administration de l’OIT a demandé au gouvernement du Bangladesh de développer une feuille de route pour les actions à déployer en réponse à la non-observation des conventions par le pays.

Le gouvernement bangladais a présenté un rapport intermédiaire, faisant le point sur les quatre domaines prioritaires de la feuille de route, notamment la réforme du droit du travail, l’enregistrement des syndicats, l’inspection du travail et l’application de la législation, ainsi que la lutte contre les actes de discrimination antisyndicale, les pratiques déloyales de travail et la violence à l’encontre des travailleurs et travailleuses.

Toutefois, les engagements pris dans le cadre de la feuille de route, assortie de délais, n’ont pas encore été tenus. Lors des réunions de consultation des affiliés d’IndustriALL en décembre et janvier, ceux-ci ont révélé qu’ils n’avaient été consultés ou inclus lors d’aucune des réunions tenues à propos de la feuille de route.

“Si on se réfère au rapport du gouvernement, il semble qu’aucune consultation significative n’ait eu lieu avec les syndicats. Le secteur le plus important au Bangladesh étant celui du prêt-à-porter, toute consultation significative devra nécessairement se faire avec les affiliés d’IndustriALL, ce qui n’a pas été le cas,”

a indiqué Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud.

La liste des revendications du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh s’aligne étroitement sur la feuille de route et comprend notamment

“IndustriALL appelle le gouvernement du Bangladesh à faire des efforts sincères pour mettre en œuvre la feuille de route en pleine consultation avec les syndicats, en particulier les affiliés d’IndustriALL, par le biais d’un véritable dialogue social. Le gouvernement doit prendre en considération les propositions d’amendement de la législation du travail faites par nos affiliés. Les préoccupations des travailleurs et travailleuses du secteur du prêt-à-porter doivent être prises en compte ; les affiliés d’IndustriALL dans le secteur devraient faire partie des sous-comités chargés de formuler les amendements à la loi et la réglementation du travail,”

a affirmé Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats sri-lankais lancent une campagne pour une hausse du salaire minimum

Les affiliés d'IndustriALL Global Union du Syndicat des salariés des zones franches et des services divers, du Sri Lanka Nidahas Sevaka Sangamaya et du Syndicat des travailleurs du commerce, de l'industrie et des secteurs divers de Ceylan participent à cette campagne.

Avec un coût de la vie élevé qui frappe durement les Sri-lankais, l'annonce par le gouvernement, le 3 janvier 2022, d'une allocation de 5.000 roupies sri-lankaises (25 $) accordée aux agents du gouvernement a été une déception, puisque seuls les fonctionnaires et les retraités en bénéficieront et que les salariés du secteur privé en sont exclus. Le gouvernement refuse d'étendre cette allocation au prétexte de la crise économique. Le salaire minimum des salariés du privé ne dépasse pas 16.000 roupies (80 $) par mois.

Anticipant la situation avant l'annonce du budget, les syndicats – dont les affiliés d'IndustriALL – siégeant au Conseil consultatif national du travail (NLAC), ont proposé au ministère des Finances, en octobre 2021, de porter le salaire minimum des salariés du privé à 26.000 roupies (129 $) et de réduire les prix des denrées de première nécessité de 50 pour cent dans le budget de 2022.

En réponse, le cabinet a chargé le ministère du Travail de prendre les dispositions nécessaires pour verser une prime de 5.000 roupies aux salariés du secteur privé. Le ministre a convoqué une réunion des membres du NLAC le 7 janvier, suivie d'une réunion des associations d'employeurs, le 10 janvier.

Les employeurs ont refusé de verser les 5.000 roupies proposées par les syndicats en invoquant les pertes économiques causées par le Covid. S'agissant du salaire minimum, les employeurs prétendent qu'ils paient déjà le salaire minimum de 26.000 roupies, ce que les syndicats savent être faux. Le NLAC a demandé aux syndicats d'en fournir la preuve et les affiliés d'IndustriALL mènent campagne pour récolter les feuilles de paie démontrant la véracité de leurs dires sur les salaires.

Les syndicats ont organisé, le 19 janvier, une conférence commune suivie d'une action de protestation qui a touché toute l'île le 21 janvier. Actuellement, les syndicats font aussi campagne auprès des parlementaires pour que soit déposée au parlement une proposition de loi sur le salaire minimum.

Anton Marcus à la manifestation du 21 janvier

Anton Marcus, le secrétaire du Syndicat des salariés des zones franches et des services divers, a déclaré :

"Les syndicats ont décidé de mettre en place des comités provinciaux et villageois d'activistes sociaux dans tout le pays afin de mobiliser les citoyens pour réclamer du gouvernement qu'il verse 5.000 roupies à titre d'allocation mensuelle à toutes les catégories de travailleurs, qu'il porte le salaire minimum des salariés du privé à 26.000 roupies et qu'il réduise de 50 pour cent les prix des denrées alimentaires de première nécessité."

Photos : Syndicat des salariés des zones franches et des services divers 

Trois morts dans l’incendie d’une usine au Bangladesh

Selon nos informations, cette usine appartenant à Uniworld Footwear Technology Limited et située dans la zone industrielle d’Ashulia à Savar, ne disposait ni de mesures de sécurité ni de permis d’exploitation.

“Cette perte tragique de vies humaines souligne une fois de plus la nécessité de disposer d’un accord contraignant sur la sécurité au travail. L’Accord international, qui couvre le prêt-à-porter, a fait ses preuves à cet égard, mais en l’absence d’un accord mondial contraignant couvrant toutes les catégories de produits, les usines et les marques, les travailleurs et travailleuses du secteur du textile, de la confection, du cuir et de la chaussure continuent de mettre leur vie en danger.”

Les autorités locales ont promis d’engager des poursuites judiciaires contre le propriétaire de l’usine illégale et ont promis une indemnisation à hauteur de 25.000 BDT (295,57 USD) aux familles des victimes.

“La promesse d’un versement d’indemnités aux familles à chaque fois qu’un travailleur ou une travailleuse perd la vie dans l’incendie d’une usine ne suffit pas. L’administration doit veiller à ce que des mesures pénales soient prises à l’encontre du propriétaire de l’usine pour ses activités illégales,”

a martelé Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, signataire de l’Accord international sur la sécurité et membre du RSC.

L’Accord international sur la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de la confection ne concerne actuellement que les fabricants de vêtements et de textiles et non de chaussures. Uniworld Footwear n’est pas membre du Conseil pour la durabilité du prêt-à-porter (RSC), un groupement tripartite composé de propriétaires d’usines, d’enseignes et de syndicats qui supervise les mécanismes de santé et de sécurité dans ce secteur au Bangladesh.

Photo : ouvrier de l’industrie de la confection officiant en tant que facilitateur de la sécurité incendie au niveau de l’usine, vu pendant son service au sein d’une usine de vêtements au Bangladesh.

Crédit : Marcel Crozet / OIT