Actions antisyndicales dans une aciérie en Inde

Le MLU, affilié à la SMEFI, compte 3.487 adhérents sur un total de 5.000 personnes employées dans les sept usines de Viraj Steel.

Le 14 avril, le MLU a déposé un cahier de revendications, mais la direction refuse de négocier. 52 agents de sécurité de l'usine N° 1, affiliés au MLU, ont été transférés sur un autre site.

Au début du mois, le MLU a annoncé une grève pour le 16 mai, pour protester contre le harcèlement des syndiqués, la baisse des salaires, l'absence d'équipements de base, comme de l'eau potable, des chaises et des tables pour lui permettre de travailler, l'absence de cantines et de toilettes, ainsi que des agressions physiques contre des syndiqués par des hommes de main à la solde de la direction.

Le 7 mai, la direction de Viraj Steel Limited a tenté d'engager du personnel contractuel à l'usine N° 1 où, jusqu'ici, tous les travailleurs étaient permanents. Ceux-ci ont essayé de bloquer l'accès à l'usine au sous-traitant et aux contractuels qui ont commencé à leur lancer des pierres et des briques ainsi que sur les policiers.

L'employeur a porté plainte à la police contre les délégués syndicaux. Le secrétaire général du MLU et 70 représentants ont été arrêtés et sont toujours en détention.

Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général de la SMEFI, qui est aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL, a déclaré :

“La direction de Viraj Steel essaie constamment de se débarrasser du syndicat. Elle a demandé à la police et à l'administration locale de harceler ses dirigeants et de démoraliser les travailleurs syndiqués. Mais les travailleurs sont unis et sont prêts à faire face aux difficultés que leur pose la direction.”

Pour la secrétaire régionale pour l'Asie du Sud d'IndustriALL, Apoorva Kaiwar :

“IndustriALL condamne fermement cette attaque contre les représentants du syndicat et les travailleurs. Il faut que les dirigeants syndicaux retrouvent immédiatement la liberté et que la direction se concerte avec la direction pour sortir de cette situation.”

Photo : Aciérie à Goa, en Inde

Sept mineurs tués quand une nacelle chute de 240 mètres dans une mine d'or au Zimbabwe

L'accident s'est produit à la Bucks Mine, près de Gwanda, le 14 mai, et les corps des mineurs ont depuis été remontés à la surface grâce aux efforts conjugués des équipes de sauveteurs du ministère des Mines et du Développement minier et d'autres encore. Pour certains, en utilisant un câble de 8mm pour hisser la nacelle à la surface, les propriétaires de la mine ont joué avec les vies des travailleurs.

Selon un audit de la santé et la sécurité au travail dans les mines, réalisé par le gouvernement, les petites mines et les mines de taille moyenne sont insuffisamment contrôlées, ce qui implique que la plupart ne respectent pas les normes de santé et de sécurité. Par ailleurs, l'inspection des mines proprement dite est inopérante.

En outre, les mines n'ont pas de politiques ni de programmes d'évaluation des risques et les mineurs ne reçoivent aucun équipement de protection individuelle. L'audit recommandait une formation approfondie des gestionnaires de mines.

Justice Chinhema, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs du diamant et minéraux apparentés du Zimbabwe, a déclaré :

"Nous tenons à exprimer nos sincères condoléances aux familles des sept travailleurs décédés dans l'accident. Notre syndicat s'est dit préoccupé à de nombreuses reprises par le non-respect des consignes de sécurité dans les mines artisanales et de petite taille. Cet accident aurait pu être évité si les normes de sécurité avaient été appliquées. Le syndicat aidera les familles des victimes qui veulent poursuivre les propriétaires et réclamer des indemnités pour négligence ayant entraîné la mort."

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines et de la santé et la sécurité, a ajouté :

"Nous sommes sous le choc à l'annonce de ces décès de mineurs dus à la négligence de l'employeur. Il incombe aux propriétaires de la mine de veiller à sa constante conformité avec les normes de sécurité. Il est consternant de les voir utiliser du matériel de moindre qualité ou bricolé qui met en danger la vie des travailleurs. Pour combattre ces violations des droits des travailleurs à la sécurité, nous continuerons à inciter les syndicats à réclamer de meilleures conditions de santé et de sécurité dans les mines, et nous avons mis sur pied une plateforme pour la santé et la sécurité en Afrique subsaharienne pour donner aux syndicats les moyens d'agir en ce sens."

13 mois de campagne pour une victoire syndicale

Ces 1.388 travailleuses et travailleurs ont été renvoyés sans préavis en mars 2021, lorsque l'usine, qui fournit de la lingerie pour les marques Victoria’s Secret, Torrid et Lane Bryant, a brusquement cessé ses activités en invoquant la pandémie et l'absence de commandes.

Le personnel, composé en majorité de femmes, a été laissé à lui-même dans une situation désastreuse en pleine pandémie de Covid-19, les propriétaires refusant de verser les salaires et de payer les heures supplémentaires, les primes de vacances et les indemnités de licenciement qu'il leur devait.

L'inspection du travail a ordonné à l'employeur de verser 242 millions de bahts (7,4 millions $) pour violation de la législation du travail. L'entreprise a proposé de payer les travailleurs par tranches sur 10 ans. Devant le refus du syndicat, l'entreprise s'est mise en liquidation en promettant de remplir ses obligations légales.

Depuis, les choses n'ont pas bougé; le TITLU, la Fédération des travailleurs du textile de Thaïlande (TWFT) et la Confédération du travail de l'industrie de Thaïlande (CILT) ont organisé plusieurs manifestations pour réclamer de l'entreprise et du gouvernement le respect des droits des travailleurs et de la législation du travail.

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, IndustriALL a organisé une journée d'action régionale et des syndicalistes d'Australie, d'Indonésie, du Japon, de Corée, de Malaisie, de Mongolie, des Philippines et de Thaïlande ont participé à des actions en magasin, à des campagnes sur les réseaux sociaux, et ont envoyé des lettres de protestation aux marques pour demander que les travailleurs soient payés sur-le-champ.

Après des négociations, l'entreprise a accepté de verser en tout 8 millions $ aux travailleuses et travailleurs de la lingerie pour la fin avril. Ce montant englobe les salaires, les heures supplémentaires, les primes de vacances et les indemnités de licenciement que BAT doit à son personnel, avec un intérêt annuel de huit pour cent.

"C'est une grande victoire, fruit d'une coopération internationale du mouvement syndical pour protéger le droit de 1.388 travailleuses et travailleurs à leurs indemnités de licenciement. Merci à tous ceux dont les efforts ont permis ce succès,"

a déclaré Prasit Prasopsuk, le président de la CILT.

Pour Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement :

"Grâce à la persévérance des travailleurs, des dirigeants du syndicat de Triumph et à d'innombrables actions de solidarité internationale, un combat de 13 mois s'achève par un accord qui verse au personnel de BAT les indemnités auxquelles il a droit.

"C'est pourquoi IndustriALL réclame un filet de protection sociale solide qui serait la solution au problème récurrent du vol des salaires qui corrompt la chaîne d'approvisionnement du textile et de l'habillement. Le moment est venu pour les syndicats, les marques mondiales et leurs fournisseurs de conclure un accord mondial et applicable sur la protection sociale." 

IndustriALL dénonce une nouvelle escalade dans la répression des syndicats au Bélarus

Zinaida Mikhniuk, prisonnière politique, activiste et ancienne présidente du Syndicat des travailleurs de l'industrie de la radio et de l'électronique (REP), affilié à IndustriALL, vient d'être condamnée à deux ans de prison pour avoir "insulté Loukachenko".  Ce verdict est dur en comparaison avec d'autres cas similaires.

Zinaida Mikhniuk

Zinaida Mikhniuk a été arrêtée le 25 mars après une perquisition de son domicile et des bureaux du syndicat. Elle est restée en détention préventive, et pendant son procès aussi. Une vingtaine de personnes au moins, dont sont mari, ont voulu assister à l'audience mais elles ont été refoulées.

La veille du procès de Zinaida Mikhniuk, le dirigeant syndical Maxim Poznyakov a été arrêté après avoir conduit ses deux filles jumelles au jardin d'enfants. Maxim Poznyakov est le président du Syndicat indépendant bélarusse (BITU), affilié à IndustriALL et au Congrès bélarusse des syndicats indépendants. Son arrestation est probablement due à sa désignation comme président par intérim du BCDTU après l'arrestation de ses deux dirigeants.

Maxim Poznyakov

En tout, plus d'une vingtaine de dirigeants syndicaux ont été arrêtés en avril. Maxim Poznyakov est le dernier président des grands syndicats indépendants à être arrêté. À ce stade, tous les dirigeants des syndicats indépendants du Bélarus ont soit été arrêtés avant d'être remis en liberté avec interdiction de quitter le pays ou de diffuser toute information sur leur cas, soit ils sont considérés comme des délinquants et restent en prison, comme le président du Congrès bélarusse des syndicats indépendants, Alexander Yarashuk, et son vice-président, Sergey Antusevich.

Des enseignants et des étudiants membres du Syndicat libre du Bélarus SPB, affilié au BCDTU, feraient l'objet de pressions croissantes des autorités pour qu'ils quittent ce syndicat indépendant "criminel" et rejoignent la Fédération des syndicats du Bélarus, que contrôle en partie Loukachenko.

IndustriALL condamne vigoureusement les attaques contre les dirigeants et activistes syndicaux. Ils doivent être libérés sur-le-champ et tous leurs chefs d'accusation abandonnés immédiatement et irrévocablement.

En tant que membre du Conseil des Syndicats mondiaux, nous dénonçons la répression au Bélarus et exigeons le droit de rendre visite aux syndicalistes emprisonnés et d'envoyer une délégation de solidarité au Bélarus.

Avec les autres syndicats mondiaux, IndustriALL a lancé une campagne LabourStart contre la plus vaste attaque lancée contre les syndicats en Europe et nous appelons au soutien de tous.

L'avenir de la mobilité – options dans l'espace public

Avec la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), UNI Global Union et la FES allemande, IndustriALL a présenté une étude sur les acteurs-clés des marchés de la mobilité de l'avenir, sur les changements à attendre et sur l'impact sur le monde du travail et les syndicats lors d'un webinaire qui s'est tenu le 17 mai. Ses conclusions ont été discutées par plus d'une centaine de participants d'une quarantaine au moins de pays.

Les chercheurs ont dépeint un avenir proche dans lequel le changement est le fruit de la numérisation et la nouvelle génération de consommateurs semble se détourner de la voiture en tant que principal vecteur de déplacement. Les systèmes de transport existants, centrés sur la voiture, ne sont pas adaptés à l'avenir.

L'avenir de la mobilité réside plutôt dans la réseautisation numérique de différents moyens de transport dans l'espace public, où l'utilisation compte plus que l'appartenance.

L'égalité hommes-femmes est un aspect important de la préparation de l'avenir.

"La planification du transport urbain est actuellement conçue par des hommes, pour les hommes,"

constate Claire Clarke, de l'ITF. 

Elle a expliqué de quelle manière la mobilité joue un rôle particulièrement important dans la vie des femmes, qui emmènent les enfants à l'école, vont au travail, utilisent les services publics, ce qui explique que la demande de neutralité de genre soit essentielle.

Les emplois dans le transport public sont eux aussi extrêmement genrés. Moins de 15 pour cent du personnel des transports publics sont des femmes, qui sont surreprésentées dans les emplois précaires et les moins rémunérés. Les conducteurs sont souvent des hommes, tandis que les femmes vendent les tickets. Les carences sont nombreuses s'agissant des droits à la maternité et de la santé et la sécurité, et les femmes sont souvent l'objet de violences et de harcèlement de la part de leurs collègues et des usagers.

L'étude montre que beaucoup de nouveaux emplois seront créés et qu'ils compenseront les emplois perdus. Mais des compétences nouvelles et différentes seront demandées. D'où la question fondamentale : comment reconvertir et requalifier les femmes qui ont perdu leur emploi au profit d'un distributeur automatique ?

"Nous savons que les concepts de mobilité de demain entraîneront des changements énormes pour les travailleurs, et il faut que notre revendication d'une Transition juste soit sans ambiguïté. Nous avons besoin de programmes de formation exhaustive pour faire en sorte que les travailleurs d'aujourd'hui soient les travailleurs de demain,"

a déclaré Georg Leutert, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur automobile.

"En tant que syndicat, nous devons nous assurer d'être aux côtés des travailleurs en transition et, dans le même temps, nous avons besoin d'offres sur mesure pour les nouveaux travailleurs du secteur, pour qu'ils comprennent au premier abord que leur avenir sera beaucoup plus souriant s'ils adhèrent à un syndicat et négocient collectivement."   

Législation novatrice pour le secteur de la confection aux États-Unis

La loi FABRIC, présentée par la sénatrice Kristen Gillibrand, renforcera la protection des travailleurs et travailleuses de l’industrie de la confection. Selon l’affilié d’IndustriALL, Workers United-SEIU, la loi FABRIC comprend plusieurs éléments cruciaux qui bénéficieront aux travailleurs et travailleuses américains.

Le projet de loi établit des exigences de responsabilité conjointe et solidaire grâce auxquelles les travailleurs et travailleuses peuvent tenir les enseignes et les détaillants de mode responsables des pratiques de travail de leurs sous-traitants américains, apportant ainsi un niveau de responsabilité juridique qui faisait défaut jusqu’à présent. Cette disposition permettra aux travailleurs et travailleuses d’engager des poursuites judiciaires contre les mêmes enseignes et détaillants dont les pratiques commerciales conduisent à des abus en matière de droit du travail et qui ont réussi à échapper à toute responsabilité pendant des décennies.

En tant que groupe, les travailleurs et travailleuses de la confection ont le deuxième taux de vol de salaire le plus élevé de toute la population active américaine. L’utilisation de systèmes de rémunération à la pièce comme salaire de base sera interdite, tandis que le projet de loi vise à garantir que les fabricants offrent le salaire minimum comme plancher salarial, avec la possibilité de payer à la pièce au-delà du salaire initial.

“Workers United est fier de soutenir la loi FABRIC, qui établit d’importantes exigences en matière de responsabilité afin de tenir les enseignes de mode et les détaillants responsables des pratiques de travail de leurs sous-traitants américains. Cette disposition, ainsi que l’établissement d’un salaire minimum plancher, contribueront à garantir que les emplois dans l’industrie américaine de la confection sont de bons emplois, impliquant dignité et respect,”

a déclaré Edgar Romney, Secrétaire-trésorier de Workers United-SEIU, affilié à IndustriALL.

Dans une déclaration, la sénatrice Gillibrand indique :

“Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement causées par la pandémie n’ont fait qu’exacerber ces problèmes persistants, qui touchent de manière disproportionnée les femmes, les personnes de couleur et les travailleurs migrants. La loi FABRIC protégera près de 100.000 travailleurs et travailleuses américains de la confection et contribuera à revitaliser l’industrie de la confection aux États-Unis en améliorant les conditions de travail et en réformant le barème de rémunération à la pièce. Les femmes sont les chefs de file de l’industrie de fabrication de vêtements coupés-cousus, puisqu’elles représentent 61 % de la main d’œuvre. Après les lourdes pertes d’emplois subies par les femmes pendant la pandémie, nous devons investir dans leur potentiel et dans cette industrie cruciale.”

Incendie meurtrier dans une usine d’électronique en Inde

Le feu s’est déclaré au premier étage et s’est propagé à l’ensemble du bâtiment de quatre étages en raison de la présence de matériaux plastiques combustibles, utilisés dans la fabrication des caméras de sécurité, et de piles de cartons d’emballage. Un court-circuit serait à l’origine de l’incendie.

Le bâtiment était occupé par 70 personnes lorsque le feu a pris. La fumée épaisse dégagée par les matières plastiques a rendu difficile l’évacuation du bâtiment, car tous les étages n’étaient reliés que par un seul petit escalier. Selon les médias, certaines personnes ont été obligées de briser des fenêtres pour échapper à l’incendie.

Le bâtiment n’avait pas l’agrément des pompiers et n’était pas équipé de matériel de sécurité incendie, par exemple des extincteurs. Selon les premiers rapports sur l’accident, les propriétaires de l’entreprise et le propriétaire de l’immeuble n’avaient pas les documents requis par rapport à leurs locataires. Les propriétaires de l’entreprise ont été arrêtés en relation avec l’accident, tandis que le propriétaire du bâtiment a pris la fuite.

Le ministre en chef de Delhi a annoncé une indemnisation d’un équivalent de 13.000 dollars pour les proches de chaque personne décédée et de 650 dollars pour les personnes blessées dans l’incendie.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Cette tragédie montre les dangers d’un système d’inspection des lieux de travail dont les attributions sont floues. Le ministère du travail doit mener des inspections appropriées qui peuvent sauver des vies.”

Solidarité syndicale avec l'Ukraine

Le mois dernier, l'Union syndicale suisse (SGB/USS), a adopté un message de solidarité avec "les habitants, les travailleurs et les syndicats d'Ukraine", pour réclamer l'arrêt immédiat de la guerre. Le centre syndical suisse Solifonds a transféré des dons pour 20.000 CHF (20.000 $) à des syndicats de Kryvyi Rih, et continue à rassembler des fonds.

Les travailleurs de la métallurgie allemands soutiennent leurs collègues de l'aciérie ArcelorMittal de Kryvyi Rih. Le comité d'entreprise d'ArcelorMittal de Brème, en Allemagne, a collecté de l'argent pour des générateurs électriques d'urgence, des accumulateurs et des pansements. Deux convois sont déjà arrivés à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine. En outre, les syndicats belges de l'usine de Gand ont aussi envoyé des produits demandés d'urgence.

 

À l'heure actuelle, la plupart des hommes défendent leur pays et les femmes continuent à faire tourner les usines. Avec ses collègues Elena Pantyuch et Tatjana Prizkau, Natalya Marynyuk, la présidente du syndicat d'entreprise d'ArcelorMittal à Kryvyi Rih, se bat pour remettre les hauts fourneaux en service le plus vite possible parce que les gens ont besoin de travail et de salaires. La tâche est ardue, non seulement parce qu'une partie de la direction a quitté le pays, mais aussi parce que Kryvyi Rih est pleine de réfugiés ayant fui les zones de combat.

Selon Natalya Marynyuk,

"Nous devons nous y mettre et aider ceux d'entre nous qui sont incorporés. Des travailleurs sont déjà tombés. Votre aide et votre soutien nous donnent courage et espoir en ces temps difficiles. Nous ne céderons pas."

La Moldavie connaît un afflux de réfugiés d'Ukraine. Le conseil de la Confédération nationale des syndicats de Moldavie a ouvert des centres pour réfugiés dans trois lieux de villégiature du syndicat.

"Le sanatorium héberge principalement des mères avec enfants. Nous leur offrons le logement, trois repas par jour, de l'eau chaude. Un service de sécurité veille 24 heures par jour et est prêt à aider si nécessaire. Nous assistons à une mobilisation extraordinaire dans la population, ce qui facilite les contacts et nous aide,"

a déclaré le directeur d'un des centres pour réfugiés.

La Fédération des syndicats de travailleurs de la chimie et de l'énergie de la République de Moldavie (FSCRE), qui est affiliée à IndustriALL, a fourni une aide financière à ces centres, pour du chauffage, de la nourriture et des vêtements.

Irina, une réfugiée d'Ukraine, raconte :

"Nous sommes d'Odessa. Nous avons eu du mal à arriver ici. Les files d'attente à la frontière étaient longues. Par les réseaux sociaux, nous avons trouvé un groupe de volontaires qui nous ont amenées à ce sanatorium. Ils nous aident à chaque étape. Les gens sont ouverts et amicaux. À tout moment, je veux dire un grand "merci" aux Moldaves pour leur chaleur dans ces temps difficiles que nous vivons."

Les affiliés d'IndustriALL de Pologne, de Hongrie et d'autres pays peuvent citer de nombreuses actions de solidarité. En France, huit syndicats ont uni leur forces et envoient des fournitures telles que du matériel médical, des machines à laver industrielles, du matériel de cuisine et 2.600 couvertures.

Beaucoup d'affiliés ont aussi fourni une aide financière substantielle, par le biais d'IndustriALL et d'organisations humanitaires de nombreux pays. IndustriALL a réussi à envoyer une première tranche d'aide financière a ses affiliés ukrainiens. 

Les syndicats mondiaux réclament la libération immédiate d'activistes syndicaux bélarusses emprisonnés

Ils ont été inculpés au titre de l'article 342, paragraphe 1, du code pénal et ont été transférés au centre de détention préventive pour la durée de l'enquête. Parmi leurs chefs d'accusation, la préparation d'actions violant gravement l'ordre public, assorties d'arrestation ou de privation de liberté pendant deux à cinq ans, ou d'emprisonnement pouvant atteindre quatre ans. Nous exigeons leur libération immédiate et l'abandon de tous les chefs d'inculpation du régime illégitime d'Alexandre Loukachenko, qui a truqué les élections de 2020 afin de rester au pouvoir.

Leurs arrestations et le traitement qui leur est réservé ont soulevé une vague d'indignation et de protestations car il s'agit d'un cas à motivation politique et lié directement à leurs activités syndicales, ainsi que d'une attaque contre la démocratie et le syndicalisme indépendant qui est un de ses éléments essentiels.

L'arrestation, fût-elle de courte durée, de dirigeants syndicaux pour avoir exercé leur droit légitime à la liberté d'association constitue une violation grave des droits humains fondamentaux, comme l'a écrit dans un communiqué spécial le directeur général du BIT, Guy Ryder, qui s'est aussi adressé directement au gouvernement du Bélarus. Nous profiterons de la prochaine Conférence internationale du travail et du conseil d'administration du BIT qui suivra pour accroître la pression sur le régime illégitime du Bélarus.

La communication avec nos camarades syndicalistes emprisonnés n'est possible que par l'intermédiaire de leurs avocats et par courrier; nous réclamons le droit de leur rendre visite en personne et nous efforçons d'envoyer une mission de solidarité au Bélarus à cet effet.

En tant que syndicats mondiaux, nous ne resterons pas silencieux devant cette attaque injustifiée et inacceptable contre les syndicats du Bélarus et, par extension, contre les travailleurs et les syndicats du monde entier : le tort fait à l'un de nous est un tort fait à tous.

Déclaration du Conseil des Syndicats mondiaux (CSM), 13 mai 2022

La Transition juste au cœur des discussions de l’Indaba minier

Les discussions ont porté sur les impacts du changement climatique, en particulier sur les minerais de transition (cobalt, cuivre, manganèse, nickel, lithium, zinc), sur l’avenir de l’exploitation du charbon dans le contexte du changement climatique, sur les implications de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et sur les risques liés à la sécurité énergétique.

L’Indaba a été marqué par des discours liminaires et l’ouverture officielle des débats de la part de trois présidents : Cyril Ramaphosa, Afrique du Sud, Mokgweetsi Masisi, Botswana et Hakainde Hichilema, Zambie, qui ont insisté sur le potentiel de l’industrie minière pour stimuler le développement économique, l’industrialisation et la création d’emplois.

S’exprimant lors du panel sur l’initiative Vers le développement minier durable (VDMD) de l’Association minière du Canada, Glen Mpufane, Directeur du secteur des mines d’IndustriALL, a soulevé le double défi de l’écoblanchiment de la part de l’industrie minière et de l’attention disproportionnée accordée par les industriels et les gouvernements à la réduction des émissions par rapport aux impacts sociaux.

Glen Mpufane, Directeur du secteur des mines d’IndustriALL

“Le manque de transparence et de consultation, de dialogue et d’implication significatifs contribue à l’écoblanchiment. L’implication significative des travailleurs et des communautés se traduit par un système de normes véritablement multipartite, crédible et solide, qui va au cœur de la gouvernance. L’exigence d’un véritable dialogue doit également se refléter au niveau des sites miniers, où travailleurs et travailleuses, par l’intermédiaire de leurs syndicats et des organisations communautaires, sont amenés à participer au débat.

Des outils permettant l’implication doivent être développés entre les Fédérations syndicales internationales et les sociétés minières individuelles et, mieux encore, les associations minières, comme l'Initiative VDMD et l'ICMM (Conseil international des mines et métaux).”

L’Indaba alternatif des mines (AMI), un forum parallèle à l’Indaba minier dirigé par les entreprises et composé, lui, de communautés affectées par les mines, d’organisations de la société civile, d’organisations confessionnelles, d’organisations non gouvernementales et autres, s’est tenu sous le thème : “Une transition énergétique juste pour des communautés minières durables à l’ère de la crise climatique”.

À l’occasion de l’AMI, Glen Mpufane a rappelé la position syndicale selon laquelle la Transition juste doit aller au-delà de la réduction des émissions de carbone.

“Le lien entre la transition énergétique et le changement climatique n’est pas linéaire et neutre, mais politique. La COP26 a, s’agissant du changement climatique, forgé une référence, issue de tous les mouvements sociaux, où existe un engagement en faveur d’une transition équitable et juste et qui résiste aux fausses solutions et à l’écoblanchiment des gouvernements et des entreprises riches, ainsi qu’aux solutions qui perpétuent la pauvreté et les inégalités.”

Les affiliés d’IndustriALL dans le secteur minier du Lesotho, d’Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe, avec le soutien du bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne et du Centre de compétence syndicale de la Fondation Friedrich Ebert (FES) pour la région, ont participé à l’Indaba pour discuter du travail décent, avec des notions de droits humains et des travailleurs, et de la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Afrique sub-saharienne. Lors d’une session sur le Processus de Kimberley, des appels ont été lancés pour inclure dans les points à traiter les violations des droits humains et des travailleurs par des entités publiques, notamment dans la communauté de Marange au Zimbabwe.