Une app pour promouvoir les droits des travailleurs migrants sur l’île Maurice

L’application Just Good Work Mauritius est soutenue par l’affilié d’IndustriALL, la CTSP, ainsi que par l’organisation de soutien aux travailleurs migrants du Bangladesh OKUP, Anti-Slavery International et ASOS.

L’application, qui est disponible en bengali, anglais et malgache, a permis à la CTSP de syndiquer les travailleurs et travailleuses migrants de la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT), une usine de confection et de fabrication de pulls, qui est l’une des plus grandes entreprises textiles de l’île, avec des bureaux au Royaume-Uni et en France.

Le 30 mai, la CTSP a organisé une réunion avec 30 travailleurs et travailleuses migrants pour leur expliquer comment utiliser l’application pour faire valoir leurs droits au travail. Pour la première fois, le syndicat s’est vu accorder la possibilité d’aller à la rencontre des travailleurs et travailleuses de l’usine.

“Nous avons enfin pu accéder à la CMT, une entreprise qui n’a jamais autorisé les syndicats à représenter ses travailleurs. C’est une étape importante. Les travailleurs et travailleuses ont eu accès au contenu de l’application et à la manière dont ils peuvent obtenir des informations pertinentes sur les conditions de travail, les salaires et les questions de sécurité. Plus important encore, l’application permet aux travailleurs et travailleuses d’envoyer des demandes spécifiques au Centre de ressources pour migrants et à d’autres organisations,”

a précisé Jane Ragoo, Secrétaire générale de la CTSP.

Sur l’île Maurice, plus de 35.000 travailleurs et travailleuses, soit 17 % de la population active, sont issus de l’immigration et employés dans des secteurs manufacturiers tels que la confection et le textile, ainsi qu’au niveau des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour les industries du textile et de la confection, déclare :

“Les plateformes numériques comme JGW Mauritius deviennent des outils importants dans la syndicalisation ainsi qu’au niveau des campagnes concernant les droits des travailleurs et les salaires vitaux pour les travailleurs migrants. Nous applaudissons la CTSP pour avoir fait usage des opportunités offertes par les technologies numériques en vue d’améliorer les conditions de travail des travailleurs et travailleuses migrants.

Il est louable que la CMT ait ouvert ses portes pour la première fois à la CTSP et cela montre que l’accord-cadre mondial avec ASOS améliore les conditions de travail des travailleurs et travailleuses migrants.”

Un rapport présenté à la Conférence internationale du travail recommande au gouvernement mauricien de respecter les droits des travailleurs migrants, notamment la convention 87 de l’Organisation internationale du travail sur la liberté syndicale et la protection du droit d’organisation.

“Regrettant que l’obligation d’être titulaire d’un permis de travail énoncée dans l’ERA de 2008 n’ait pas été supprimée par la loi n° 21 de 2019, la commission réitère sa demande au gouvernement d’adopter dans un avenir proche toutes les mesures nécessaires à la reconnaissance du droit de tous les travailleurs migrants de constituer des organisations de leur choix et de s’y affilier. La commission prie le gouvernement de fournir des informations sur tout fait nouveau à cet égard,”

peut-ont lire dans le rapport de la Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations.

Bien que la loi sur les droits en matière d’emploi a été modifiée en 2019, la clause relative au permis de travail, qui viole les droits des travailleurs migrants, reste en vigueur. Cette clause stipule que vous ne pouvez pas adhérer à un syndicat si vous n’avez pas de permis de travail.

États-Unis : les travailleurs d’Apple rejoignent un syndicat

Avec l’aide de l’IAM, les salariés d’Apple ont formé un syndicat, CORE (Coalition des salariés syndiqués du commerce de détail). Le magasin de Towson, dans le Maryland, sera le premier magasin Apple syndiqué du pays.

“Pour être clair, la décision de former un syndicat a pour but de nous permettre, en tant que travailleurs et travailleuses, d’accéder à des droits dont nous ne disposons pas actuellement,” ont écrit dans un courrier adressé au PDG d’Apple Tim Cook ceux et celles qui ont formé le syndicat de Towson.

Les travailleurs veulent qu’Apple respecte l’exigence de neutralité de son code de conduite des fournisseurs, dans la section “Liberté syndicale et négociation collective”, afin que ceux-ci puissent jouir de leurs droits à l’information et à la négociation collective.

Le Président de l’IAM, Robert Martinez, déclare :

“J’applaudis le courage dont ont fait preuve les membres de CORE au magasin Apple de Towson pour obtenir cette victoire historique. Ils ont fait un énorme sacrifice pour des milliers de salariés d’Apple à travers le pays qui avaient tous les yeux rivés sur ce scrutin. Cette victoire illustre la revendication croissante pour des syndicats dans les magasins Apple et dans différents secteurs d’activité à travers notre pays.”

Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a ajouté :

“Nous adressons nos plus sincères félicitations à l’occasion de cette importante victoire. Il s’agit d’une étape cruciale pour obtenir des conditions de travail décentes et le respect des travailleurs et travailleuses qui créent la richesse de cette grande entreprise technologique. Nous espérons que d’autres magasins Apple aux États-Unis suivront cette voie.”

De bons emplois et une Transition juste vers la technologie éolienne

Les travailleurs et travailleuses veulent de bons emplois et une Transition juste dans le secteur de l’énergie. Cet atelier s’est penché sur la technologie éolienne aussi bien marine (offshore) que terrestre (onshore), que les employeurs et le gouvernement considèrent comme une voie potentielle permettant aux compagnies pétrolières et gazières de diversifier leurs actifs et de réduire leurs émissions. Les informations ne sont pas toujours faciles à obtenir, mais les syndicats veulent savoir quel est le potentiel d’emplois, quand ils arriveront, de quel type d’emplois il s’agira, quels types de compétences seront nécessaires pour ces emplois ainsi que la transition à laquelle les travailleurs et travailleuses seront confrontés.

Pour avoir une meilleure idée de ce que l’avenir nous réserve, les participants ont examiné les chaînes de valeur du pétrole et du gaz, ainsi que de l’énergie éolienne terrestre et marine, en les décomposant en production, traitement, distribution et utilisation finale (amont, intermédiaire, aval).

Chaînes de valeur du pétrole, du gaz et de la technologie éolienne

Selon Michael Brenner, de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le secteur de l’éolien emploie environ 1,3 million de travailleurs et travailleuses dans le monde et se classe parmi les cinq premières technologies renouvelables en termes de main-d’œuvre.

“L’équilibre entre les sexes est assez médiocre dans ce secteur, principalement en raison de l’accès à l’éducation, des pratiques d’embauche, des politiques discriminatoires sur le lieu de travail et du manque de flexibilité,”

a indiqué M. Brenner.

“C’est une indication que les syndicats ont du travail par rapport aux politiques publiques en ce qui concerne l’égalité des sexes et l’intégration des jeunes dans ces secteurs émergents.”

M. Brenner a expliqué que les nouvelles installations génèrent des emplois dans le secteur éolien, car elles engendrent à leur tour des emplois dans la construction, la fabrication et la conception de projets. Mais l’emploi à long terme est déterminé par les installations qui sont en place et qui créent les emplois dans les activités et la maintenance. Comme la technologie éolienne n’est pas si nouvelle et que de nombreuses installations arrivent en fin de vie, il existe également des emplois potentiels dans le démantèlement et le recyclage des anciennes éoliennes.

Les restrictions en matière d’aménagement du territoire et d’autres politiques rendent la technologie éolienne difficile à mettre en place dans certains pays. Le long processus d’obtention de permis pour les nouveaux parcs éoliens a une influence majeure sur le développement de la technologie et, dans de nombreux pays, une politique industrielle stratégique est nécessaire.

Au Royaume-Uni, l’accent a été mis sur la réduction des coûts, en particulier des coûts de main-d’œuvre. La production de composants est externalisée et certains équipages de navires offshore font appel à une main-d’œuvre étrangère bon marché. Les dépenses d’investissement sont le moteur des emplois dans la chaîne d’approvisionnement et la construction. Une étude récente a montré que seulement 29 % des dépenses d’investissement des projets éoliens marins britanniques sont dépensées au Royaume-Uni. Si l’on inclut les coûts de développement, la maintenance et les activités, ce chiffre passe à 48 %.

En comparaison, le Danemark, un pays beaucoup plus petit, dispose d’une chaîne d’approvisionnement nationale beaucoup plus complète et abrite de grands fabricants de turbines comme Vestas. On estime que les entreprises danoises détiennent 40 % du marché européen de l’éolien marin, principalement dans les activités d’exploitation et de maintenance, mais aussi dans les installations. Le nombre d’emplois que les entreprises danoises peuvent créer, tant au Danemark qu’à l’étranger, est significatif.

Ole Philipsen, de Dansk Metal, a présenté le modèle danois, une main-d’œuvre fortement syndiquée qui a réussi à obtenir des emplois de qualité dans le secteur éolien, démontrant ainsi que les syndicats sont essentiels pour garantir que les travailleurs et travailleuses obtiennent des emplois de qualité dans la transition énergétique.

L’implantation d’un secteur de fabrication d’équipements est un facteur important pour la création d’emplois. Elle détermine la capacité d’un pays à établir une chaîne d’approvisionnement locale solide ainsi que sa capacité à mettre en œuvre et à moderniser les réseaux électriques pour y injecter l’électricité éolienne.

En Norvège, onze installations éoliennes flottantes en mer seront développées avec les employeurs, les gouvernements et les syndicats. Il s’agira des premières installations éoliennes flottantes alimentant des installations pétrolières et gazières offshore. Les émissions liées à la production de pétrole et de gaz représentant un quart des émissions de CO2 de la Norvège, il était important pour ce pays d’électrifier ces plateformes.

“Les syndicats se sont fixé des objectifs clairs pour le développement du secteur : conditions de travail norvégiennes, conditions de travail sûres ainsi que prévention et sécurité,”

a précisé Ane-Beth Skrede de LO-Norvège.

Manuel Riera, de l’UGT en Espagne, a indiqué que son organisation et les CCOO ont élaboré ensemble un manifeste par rapport au potentiel de la technologie éolienne dans le pays. Ils ont impliqué les entreprises du secteur, les ports et les chantiers navals dans la chaîne de valeur, les universités et les institutions de recherche. Le manifeste s’efforce de faire en sorte d’être prêt face à l’émergence de la technologie éolienne. Les syndicats veulent être prêts et s’assurer que tant les travailleurs que les communautés locales seront parties au débat.

Lebogang Mulaisi, du COSATU, a indiqué que l’Afrique du Sud dépend fortement du pétrole, du gaz et du charbon pour son énergie, mais qu’il y a une ruée vers les énergies propres. Il existe un potentiel pour développer l’énergie éolienne et pour syndiquer les travailleurs et travailleuses dans ce secteur nouveau.

“La technologie éolienne est expérimentée en Afrique du Sud et les études montrent des résultats contradictoires. Mais on peut espérer qu’elle créera de nombreux emplois, surtout s’il y a une fabrication locale. Notre revendication est d’avoir une propriété publique et ouvrière, y compris par le biais de coopératives ouvrières,”

a conclu le camarade Mulaisi.

Les rapports nationaux ont donné un aperçu de la manière dont les technologies se développent dans chaque pays et de la mesure dans laquelle les syndicats peuvent participer à la transition. Bien que les défis régionaux soient différents, les participants pourront s’inspirer des exemples donnés pour mieux préparer l’avenir.

Deux autres ateliers sur les technologies de transition énergétique suivront dans le courant de l’année :

Vous trouverez ici le rapport de l’atelier sur l’hydrogène : De bons emplois et une Transition juste vers l’hydrogène

Victoire syndicale pour les travailleurs turcs

En 2017, l’affilié d’IndustriALL, Birleşik Metal-İş, a tenté de syndiquer les 420 travailleurs de l’aciérie Posco Assan à Kocaeli, en Turquie, après que ceux-ci ont exprimé une profonde insatisfaction à l’égard des salaires et des conditions de travail. Lorsque la direction a eu vent de cette tentative de syndicalisation, elle a organisé des rencontres individuelles avec les travailleurs afin de les intimider et leur faire quitter le syndicat. Ceux qui ont refusé de se désaffilier du syndicat ont été licenciés.

En 2017, l’entreprise a également enregistré son siège à l’adresse d’une usine métallurgique afin d’empêcher Birleşik Metal-İş d’obtenir la majorité requise dans l’usine. Le droit syndical turc exige qu’un syndicat ait au moins 50 % +1 de l’effectif global de l’entreprise pour être le représentant légal.

Au bout de cinq ans, la plus haute juridiction turque, la Cour de cassation, a jugé au début du mois que le syndicat était effectivement majoritaire sur le lieu de travail et que Posco devait reconnaître le syndicat comme partenaire de négociation collective.

La Cour avait précédemment jugé que les licenciements de 2017, étant consécutifs à l’adhésion à un syndicat, étaient nuls et non avenus et que les 80 travailleurs devaient être réintégrés. Posco a été condamné à payer un total de 16 mois de salaire, en plus de l’indemnité de licenciement.

Cependant, Posco a refusé de réintégrer les travailleurs et travailleuses et a dû payer des indemnités supplémentaires.

Birleşik Metal-İş s’est tourné vers les actionnaires de POSCO Steel depuis 2017 et la banque Nordea en Suède a décidé de se désinvestir de POSCO et d’ajouter l’entreprise à sa liste d’exclusion pour “violation des normes établies”.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Cette affaire montre clairement à quel point le droit fondamental qu’est la liberté syndicale se trouve restreint pour les travailleurs et travailleuses turcs. Il est inacceptable de devoir attendre cinq ans pour obtenir la reconnaissance d’un syndicat, au détriment de l’emploi et des moyens de subsistance des travailleurs. POSCO et son partenaire ont exploité les procédures légales pour empêcher les travailleurs et travailleuses de bénéficier de la protection d’une convention collective.

IndustriALL exhorte POSCO à respecter le verdict final du tribunal et à s’engager avec Birleşik Metal-İş dans un processus de négociations collectives de bonne foi.”

Posco est la cinquième plus grande entreprise sidérurgique au monde. Il n’y a pas de représentation syndicale dans son pays d’origine, la Corée, en raison de la position antisyndicale de l’entreprise.

Les syndicats rejettent les salaires minimums de misère au Zimbabwe

Cet argent ne permet d’acheter que deux douzaines de miches de pain. Les syndicats affirment que pour éviter de vivre dans la pauvreté, il faut un salaire supérieur à 130.000 dollars zimbabwéens (ZWL), soit 400 dollars. Il faut aussi que le gouvernement implique les syndicats par le biais de plateformes de dialogue social avant d’annoncer les salaires.

La crise des salaires dans le pays conduit les syndicats à négocier des conventions collectives plus courtes avec des clauses stipulant que les salaires doivent être ajustés au taux d’inflation. Les syndicats demandent également aux employeurs de payer les travailleurs et travailleuses en dollars américains, plus stables.

Certaines épiceries ont cessé de vendre des produits dans la monnaie locale, qui perd rapidement de sa valeur. Les travailleurs et travailleuses sont donc confrontés à un dilemme, car ils sont obligés d’acheter des dollars américains dans la rue, où le taux est plus élevé. Selon la Banque nationale du Zimbabwe, l’inflation en glissement annuel atteignait 131,7 % en mai, tandis que le taux de change actuel du dollar américain est de 325,56 dollars zimbabwéens.

Le ZCTU (Congrès des syndicats zimbabwéens), dont certains affiliés d’IndustriALL sont membres, affirme que la population active du pays est constituée de travailleurs et travailleuses pauvres, car leurs revenus les placent en dessous du seuil de pauvreté. Avec un taux de chômage élevé, estimé à 47 % par l’Agence nationale des statistiques du Zimbabwe sur base du taux élargi, ces travailleurs sont susceptibles d’être les soutiens de famille de leur foyer. La plupart des travailleurs étant employés dans des conditions précaires dans le secteur informel, les syndicats contestent le faible taux de chômage officiel.

Joseph Tanyanyiwa, Président du Conseil national d’IndustriALL pour le Zimbabwe, déclare :

“Nous sommes fermement convaincus que le salaire minimum annoncé dans la gazette officielle est trop dérisoire et qu’il n’est en aucun cas lié aux fondamentaux macroéconomiques qui prévalent au Zimbabwe. La réalité sur le terrain est que les prix des denrées de base augmentent alors que la monnaie nationale continue de se déprécier par rapport au dollar américain. C’est avec ce sombre scénario que nous nous demandons quel critère le ministre a utilisé pour fixer un salaire minimum aussi bas. Un salaire minimum de 25.000 dollars zimbabwéens est déraisonnable, inadéquat et constitue une gifle pour les travailleurs.”

“Depuis des années, les travailleurs et travailleuses du Zimbabwe perdent leurs économies, leurs pensions et la valeur de leurs salaires à cause de l’hyperinflation et d’une crise économique qui ne trouve aucune solution. Alors que nous pensions que cette crise était terminée, nous sommes choqués de voir que l’hyperinflation érode à nouveau les salaires des travailleurs. Nous demandons au gouvernement du Zimbabwe de mettre en œuvre des politiques économiques durables qui protégeront la valeur des salaires des travailleurs, amélioreront les conditions de vie et mettront fin aux conditions de travail précaires qui prévalent dans le pays,”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Grève générale du secteur public tunisien

La décision de faire grève a été prise il y a plusieurs semaines, après que le gouvernement a annoncé son programme économique et social, qui prévoit la suppression des subventions, le gel des salaires et des emplois publics, autant de mesures qui auront de graves répercussions sur les travailleurs.

Une négociation de dernière minute a eu lieu le 13 juin entre le gouvernement et l’UGTT, mais les parties ne sont pas parvenues à un accord.

L’UGTT a appelé à une grève générale dans le secteur public le 16 juin. Parmi les revendications figurent :

Sami Al -Taheri, Secrétaire général adjoint de l’UGTT, a déclaré :

“La grève est un moyen de faire monter la pression, car le gouvernement néglige les revendications des travailleurs. La grève vise à protéger les entreprises publiques des tentatives de privatisation du gouvernement. L’UGTT est ouverte à des négociations sérieuses, mais le gouvernement ne veut pas parvenir à des solutions.”

Dans ce qui constitue une attaque contre la démocratie, les droits fondamentaux et l’État de droit, le gouvernement tunisien a récemment révoqué 57 juges. La révocation des juges viole clairement l’un des principes fondamentaux de la démocratie, la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Ces limogeages coïncident avec un certain nombre de décrets restreignant les droits et libertés fondamentaux dans le pays. Parmi les plus inquiétants, le fait que toute négociation avec les syndicats nécessite l’autorisation du Premier ministre, en violation des normes internationales, dont la convention 98 de l’OIT.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL soutient pleinement les revendications légitimes de l’UGTT et se tient aux côtés de ses camarades tunisiens.

La situation financière et politique difficile en Tunisie a un impact direct sur les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles. Cela exige un dialogue et des négociations sérieuses avec l’UGTT, qui représente une force syndicale et sociale importante dans le pays. Nous appelons avec force le gouvernement à réagir sans délai aux revendications de l’UGTT.”

Des syndicats sud-africains arrêtent une grève de trois mois dans le secteur de l'or

Cette convention collective est conclue pour trois ans, et les mineurs officiels comme artisanaux obtiennent une hausse de 5 pour cent, soit 1.000 rands (62 $) sur le salaire mensuel standard la première année, 5,5 pour cent, soit 900 rands (56 $) la deuxième année, et 5 pour cent, soit 750 rands (47 $) la troisième. En outre, ils recevront une prime unique de pénibilité de 3.000 rands (187 $).

Lors d'un rassemblement du 1er mai organisé par le Congress of South African Trade Unions à Rustenburg, les grévistes ont forcé le Président Cyril Ramaphosa à quitter la scène et ont terminé son discours en demandant qu'il intervienne pour trouver une solution au litige salarial. Les travailleurs avaient chanté pendant le discours, le rendant inaudible aux autres.

Le NUM, qui est affilié à IndustriALL Global Union, a indiqué qu'il était dommage que les travailleurs aient "perturbé leur propre manifestation", tout en reconnaissant qu'il s'agissait d'une "plateforme pour les travailleurs" pour leur permettre d'exprimer leurs revendications. Cette action a été à l'origine d'une réunion entre grévistes et représentants du ministère des Ressources minérales et de l'Énergie.

Les syndicats ont aussi expliqué que, si Sibanye Stillwater pouvait payer à on P-DG, Neal Froneman, 300 millions de rands (18,67 millions $) par an, la compagnie minière pourrait se permettre d'accéder aux demandes des travailleurs.

William Mabapa, le secrétaire général du NUM, a déclaré :

"Les négociations salariales de 2022 ont été très dures et ont duré plus d'une année, la plus longue négociation salariale du NUM. La pression que les syndicats ont exercée sur Sibanye Stillwater par des actions de masse tournantes et par la grève pour l'amener à signer l'accord salarial a porté ses fruits. Le syndicat tient à exprimer sa sincère gratitude à ses adhérents de Sibanye Stillwater pour cette grève réussie qui a accompagné les négociations jusqu'à ce qu'ils donnent mandat pour signer la convention."

"L'unité des travailleurs pendant les grèves et les négociations est essentielle pour donner de la force aux travailleurs des mines d'or. Nous partageons la joie des travailleurs qui ont remporté ces négociations et nous félicitons le NUM pour sa solidarité dans l'action avec l'AMCU,"

a ajouté Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines.  

Les syndicats des mines indiens luttent pour les femmes et contre l’emploi précaire

Plus de 40 % des participants étaient des femmes travaillant dans des mines de charbon, y compris dans l’abattage et le tri au moyen de machinerie lourde.

Ces travailleuses occupées dans les mines ont souligné la nécessité pour les syndicats présents dans les charbonnages d’aborder des questions telles que la disponibilité de toilettes propres sur les sites miniers, le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et les périodes d'absence rémunérées. Il faut faire une place aux femmes dans les syndicats traditionnellement dominés par les hommes. Aussi, toute forme de discussion, dans le cadre de négociations collectives ou d’autres organes bipartites, doit inclure ces travailleuses.

Les participants ont discuté de l’insécurité dans les mines et de la façon dont le gouvernement et les autorités chargées de l’extraction du charbon ignorent la santé et la sécurité, notamment en ce qui concerne les travailleurs et travailleuses précaires. Les employeurs ne les forment pas, les mécanismes de contrôle sont insuffisants et les équipements de sécurité font défaut. Lorsque les représentants syndicaux soulèvent des questions de santé et de sécurité, ils subissent les représailles de la direction sous la forme de mutations et de préavis de licenciement.

 

L’accord national sur les salaires dans le secteur du charbon (NCWA), qui reprend la structure des salaires et autres conditions d’emploi, notamment les avantages sociaux, a expiré en 2021. Il n’y a pas eu de discussions pour le renouveler depuis.

Les syndicats ont exprimé leur profonde inquiétude face à la tentative du gouvernement d’externaliser les tâches d’entreprises du secteur public, dont Coal India Limited, et de monétiser les actifs houillers. Le gouvernement est prêt à céder 39 gisements de charbon d’une valeur de 75.220 millions de roupies (9 milliards de dollars US) au cours de l’exercice financier actuel (FY23).

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL South Asia, a déclaré :

“Alors que la nature des emplois passe de permanent à précaire, il est essentiel que les syndicats répondent aux préoccupations des travailleurs et travailleuses précaires, et en particulier des femmes, qui sont plus susceptibles de travailler dans des conditions d’insécurité et de danger.”

Santé et sécurité sont désormais un principe fondamental

On estime que plus de 3 millions de travailleurs et travailleuses meurent chaque année à cause de leur travail et que des dizaines de millions d’autres sont blessés.

La décision de la CIT du 10 juin de faire de la santé et de la sécurité un principe et un droit fondamentaux au travail implique que tous les États membres de l’OIT s’engagent à respecter et à promouvoir le droit fondamental à un environnement de travail sûr et sain, qu’ils aient ou non ratifié les conventions pertinentes de l’OIT.

“Il s’agit d’une grande victoire syndicale et d’une étape cruciale pour rendre la vie professionnelle plus sûre pour les travailleurs et travailleuses du monde entier,”

a indiqué Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Il s’agit d’un jalon important dans les efforts mondiaux visant à endiguer le nombre de décès dans le monde du travail. Nous pouvons désormais envisager un avenir meilleur, où les travailleurs et travailleuses évolueront dans un cadre sûr, sachant que la santé et la sécurité seront un principe et un droit fondamentaux au travail.

Il s’agit de la première extension des droits humains fondamentaux des travailleurs, depuis l’adoption de ces quatre droits en 1998 :

Chacun des principes fondamentaux est associé aux conventions de l’OIT les plus pertinentes. Les nouvelles conventions fondamentales seront la Convention sur la sécurité et la santé des travailleurs (n° 155) de 1981 et la Convention sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail (n° 187) de 2006.

Un syndicat partie prenante d'une initiative pour faire don de vêtements confisqués à des victimes d'inondations en Afrique du Sud

À ce jour, cet accord s'est traduit par des dons de 1.600 couvertures, vêtements, pièces de textile, chaussures et articles en cuir aux victimes des inondations. Ces produits avaient été saisis dans les ports par le Service des impôts d'Afrique du Sud (SARS) pour fraude aux règlements douaniers par certains importateurs.

L'accord-cadre vise à enrayer la contrebande, les disruptions du marché, la corruption et les menaces pour l'emploi. En outre, il favorise les outils de politique industrielle et commerciale destinés à sécuriser et développer l'emploi local et les industries manufacturières. Il a été signé sous les auspices du plan directeur Distribution, Habillement, Textile, Chaussure et Cuir (R-CTFL).

Mais surtout, cet accord a été conforté par une récente décision de justice qui a donné gain de cause au recours introduit par le SARS contre un groupement de fraudeurs. La cour a confirmé que le SARS avait agi dans la légalité en saisissant 19 conteneurs de vêtements importés pour une valeur déclarée nettement sous-estimée en 2020. D'après le syndicat, la sous-évaluation est une pratique courante d'importateurs corrompus pour éviter de payer les droits de douane.

Dans un communiqué, le SACTWU a déclaré :

"Nous félicitons le SARS pour la redynamisation de sa campagne contre la fraude douanière dans les industries du vêtement, du textile, de la chaussure et du cuir. Nous espérons que cette victoire enverra un message fort aux fraudeurs et que les saisies, les arrestations et les inculpations pénales deviendront la règle pour les importations illégales."

"Nous avons initié et conclu ce nouvel accord-cadre avec une volonté affirmée de contribuer de manière concrète pour soulager les souffrances que les victimes des inondations endurent et, en même temps, protéger les emplois de nos membres,"

a déclaré André Kriel, le secrétaire général du SACTWU.

"Cette initiative démontre que des accords tripartites comme le plan directeur R-CFLT sont des instruments clés pour mettre fin à la contrebande de vêtements et d'articles textiles. Nous soutenons les efforts du SACTWU pour sauver les industries manufacturières locales,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

En avril, des pluies torrentielles ont déversé plus de 450mm d'eau en 48 heures en certains endroits. Ces averses inhabituelles dues à des conditions extrêmes causées par la crise du climat, ont ravagé les provinces du KwaZulu-Natal, du Cap-Oriental, du Nord-Ouest et de l'État Libre. Selon le gouvernement sud-africain, 489 personnes au moins ont perdu la vie et 63 au moins sont portées disparues. 4.000 maisons ont été détruites et plus de 40.000 personnes déplacées.

Les signataires de l'accord sont le SACTWU, un autre syndicat, et les organisations patronales South African Apparel Association, Apparel and Textiles Association of South Africa, Apparel Manufacturers of South Africa, Textile Federation of South Africa, et le South African Footwear and Leather Export Council. Le gouvernement est représenté par le ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence et par le SARS.

Les distributeurs qui l'ont signé sont la National Clothing Retail Federation, représentant Mr Price Group, le Foschini Group, Truworths, Woolworths, Pick ‘n Pay, Cotton On, Cape Union Mart et Queenspark. Les autres signataires sont Pepkor, Superbalist et Retailability