Les syndicats signent un accord salarial à une centrale Eskom d'Afrique du Sud

Cet accord, qui a été signé au Central Bargaining Forum (CBF), comporte une hausse des salaires de 7 pour cent sur un an (du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023), une augmentation de l'indemnité de logement de 400 rands (24 $) et l'engagement de poursuivre les négociations pour améliorer les salaires et les conditions de travail.

En outre, l'accord rétablit les conditions de travail qui étaient en vigueur au 30 juin, date après laquelle les travailleurs auraient perdu 9.000 rands (547 $) de prestations si les syndicats n'étaient pas intervenus. Le CBF, qui représente 28.300 travailleurs de l'entreprise publique, est un forum dans lequel les employeurs négocient avec les syndicats.

"Nous sommes contents que ces négociations aient finalement abouti, surtout compte tenu de la situation difficile que nous vivons. Les conditions de service, dont le retrait unilatéral a causé tant de tort à nos membres, ont été réinstaurées. Nous avons aussi obtenu une amélioration sensible par rapport à l'an dernier, alors qu'Eskom imposait 1,5 pour cent, et nous tenons à remercier l'équipe de négociateurs pour leurs efforts inlassables à la recherche d'une solution. Le NUMSA ne cessera de se battre pour améliorer les conditions des classes laborieuses,"

a dit Irvin Tim, le secrétaire général du NUMSA.

Pendant la grève et la négociation, arrivée dans une impasse lorsque la direction a déclaré un litige et rompu les discussions, l'argument des travailleurs était qu'Eskom pouvait se permettre cette hausse et ils refusaient une augmentation inférieure à l'inflation, comme celle de l'an dernier. En 2021, l'inflation nationale fut de 5,9 pour cent.

"Le NUM veut exprimer sa sincère gratitude à ses adhérents d'Eskom pour leur conduite pendant les négociations et jusqu'au moment où ils nous ont mandatés pour signer l'accord. S'agissant des procédures disciplinaires et de règlement des différends ainsi que de l'accord de reconnaissance, une équipe spéciale composée de trois représentants de chaque partie sera constituée et rendra son rapport au CBF dans les trois mois,"

explique William Mabapa, le secrétaire général du NUM.

 

Les coupures de courant actuelles, dues à l'insuffisance des capacités de production, et que certains médias imputaient aux grévistes faisaient partie d'une campagne de désinformation dénoncée par les syndicats et dont un exemple sont les fake news qui annonçaient qu'un accord avait été conclu alors que les syndicats n'avaient pas signé ni même consulté leur base sur l'offre.

"Nous appelons les médias à faire preuve de retenue dans leurs articles. Les fake news qu'ils publient peuvent compromettre la négociation,"

mettent en garde, dans un communiqué, le NUMSA et le NUM, deux affiliés d'IndustriALL.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Nous sommes heureux que le NUMSA et le NUM continuent de se battre pour un salaire minimum et de meilleures conditions de travail pour les travailleurs d'Eskom. Alors qu'Eskom se lance dans la transition vers les énergies renouvelables, les intérêts des travailleurs sont cruciaux et doivent être protégés. C'est pourquoi IndustriALL fait campagne pour une Transition juste qui englobe l'agenda pour le travail décent."  

Atle Høie : bienvenue dans ce numéro de Global Worker (1-2022)

BIENVENU

De Global Worker No 1 juin 2022

Bienvenu: du secrétaire général Atle Høie

Le rapport sur les futurs concepts de mobilité détaille la manière dont les syndicats se préparent au secteur de la mobilité de l'avenir. Quels en sont les principaux éléments et quels sont les défis à relever ? Et surtout, comment les syndicats se positionnent-ils au mieux pour défendre les droits des travailleurs, ainsi que l’emploi et les salaires décents à l'avenir ? 

Le syndicat finlandais du papier Paperliitto a remporté une victoire retentissante ce printemps, lorsqu'une convention collective a finalement été signée après 112 jours de grève. L'employeur voulait briser le droit à la négociation collective, mais le syndicat a tenu bon et a défendu ce droit fondamental. Pour en savoir plus sur cette victoire syndicale, consultez le portrait de ce syndicat.  

Dans l'interview, j’affirme en tant que Secrétaire général que la défense du droit de négociation collective est la clé de notre action. Les droits syndicaux fondamentaux, à savoir de se syndiquer et de négocier collectivement, fournissent aux travailleurs et travailleuses les bases de tout le reste, comme des lieux de travail sûrs et l'absence de discrimination. 

La négociation collective est également le meilleur outil pour lutter contre l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes, qui s'élève actuellement à 20 % en moyenne dans le monde. Comment relever le plancher salarial et que peuvent faire les syndicats pour intégrer l'équité salariale dans tout ce qu'ils font ?

C'est le collectif qui construit le pouvoir syndical et c'est là que réside sa force, explique Rose Omamo du Kenya dans son portrait d’un syndicat. En tant que fédération syndicale internationale, nous avons appelé à la solidarité et à l'action pour nos camarades au Myanmar. La situation de la population active s'y est radicalement détériorée depuis le coup d'État militaire de février dernier. La plupart des syndicats sont interdits et de nombreux travailleurs et travailleuses qui étaient autrefois protégés par des conventions collectives ont été licenciés et remplacés par des travailleurs occasionnels sans aucun droit. En tant que collectif, nous devons agir et IndustriALL réitère son appel à des sanctions économiques complètes. Plus les entreprises agiront comme si tout allait bien, plus le calvaire du Myanmar se prolongera.

Atle Høie

Secrétaire général 

Faire entendre la voix des travailleurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement des batteries

La chaîne d’approvisionnement des batteries connaît une croissance rapide, alimentée par la hausse de la demande en véhicules électriques (VE) et, avec elle, la création de nouveaux emplois. Rien qu’en Europe, on estime que les emplois liés à l’industrie des VE devraient passer de 500.000 à 850.000 d’ici 2030. L’industrie automobile compte un nombre relativement élevé de travailleurs syndiqués, mais ce nombre diminue au long de la chaîne d’approvisionnement, où les violations des droits des travailleurs, ainsi que le travail forcé et le travail des enfants, augmentent.

Chaque région constitue une partie différente de la chaîne d’approvisionnement en batteries. Il y a en Amérique latine ce que l’on appelle le triangle du lithium, la plupart des autres produits miniers sont exploités en Afrique, l’Asie-Pacifique enregistre de nouveaux investissements dans les batteries et les véhicules électriques ainsi que les investissements qui en découlent sont en plein essor en Amérique du Nord et en Europe.

La chaîne d’approvisionnement des batteries

 

Parmi les défis que doivent relever les syndicats, Jojo Nem Singh, de l’Institut international d’études sociales, a indiqué qu’il était important de se concentrer sur les politiques minières. L’accès aux matières premières est un véritable champ de bataille dans l’hémisphère sud.

La Chine est le premier producteur mondial de batteries, un pays où, même si les syndicats sont présents, ceux-ci ne jouent aucun rôle dans les négociations sectorielles. Le Directeur d’IndustriALL pour l’électronique, Alex Ivanou, a parlé de la “Foxconnisation” de l’industrie automobile, avec de rudes conditions de vie et de travail et une migration interne de la main-d’œuvre.

“Nous voulons accroître notre influence tout au long de la chaîne d’approvisionnement des batteries, qui commence dans les mines, passe par l’industrie chimique et ses raffineries, et s’étend jusqu’au conditionnement des batteries et à l’utilisateur final. Nous devons accélérer notre campagne de syndicalisation pour faire face à l’expansion de cette activité,”

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Nous devons élaborer des outils de diligence raisonnable et nous concentrer davantage sur le nombre croissant de travailleuses présentes dans le secteur et sur les questions de genre, y compris la violence sexiste.”

Inga Petersen, de Global Battery Alliance, une plateforme mondiale associant public et privé qui se mobilise pour que la production de batteries non seulement soutienne l’énergie verte, mais aussi protège les droits de l’homme et favorise la santé et la durabilité environnementale. L’organisation est à l’origine du partenariat d’action “Battery Passport” qui, s’il fonctionne, pourrait permettre d’établir des critères, des données et des repères mondiaux pour un marché des batteries durable et transparent.

 

Alejandro Gonzalez, du Centre de recherche sur les sociétés multinationales, a parlé de la proposition de réglementation européenne sur les batteries, qui prévoit des exigences en matière de durabilité, d’étiquetage et d’information sur les batteries, ainsi que de collecte, de traitement et de recyclage. Cette proposition établit des obligations de diligence raisonnable pour la chaîne d’approvisionnement, couvrant les droits de l’homme et des travailleurs, ainsi que la santé et la sécurité.

Il est essentiel de renforcer les capacités en matière d’intégration de la dimension de genre et de promouvoir l’égalité des sexes dans la chaîne d’approvisionnement des batteries. Cela signifie l’égalité des droits, des traitements et des opportunités pour les femmes aussi bien que les hommes, a indiqué Armelle Seby, Directrice de la section des femmes d’IndustriALL.

“L’un de nos principaux défis consiste à passer des principes à l’action,”

ont déclaré Glen Mpufane et Georg Leutert, respectivement directeurs d’IndustriALL pour les industries minière et automobile.

“Une véritable diligence raisonnable nécessite la participation des travailleurs et travailleuses dans le dialogue social afin de préserver la liberté syndicale, la négociation collective, la santé et la sécurité ainsi que le travail décent.”

À l’avenir, IndustriALL renforcera les capacités syndicales dans la chaîne d’approvisionnement des batteries par le biais :

Signez l’accord, Levi’s !

Les manifestants sont entrés dans le magasin Levi’s munis de pancartes et ont remis une lettre à la direction. La manifestation s’est poursuivie devant le magasin, où Levi’s a été appelé à rejoindre l’Accord international pour la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de la confection.

“Levi’s est dangereusement à la traîne s’agissant de faire des usines de confection des lieux de travail sûrs. Levi’s a décidé d’adopter une approche de la sécurité dans les usines sur base volontaire, ce qui, nous le savons par expérience depuis de nombreuses années, ne fonctionne pas. Il est plus que temps pour Levi’s de signer l’Accord et de garantir la sécurité de ses travailleurs et travailleuses,”

a déclaré Kalpona Akter, Présidente de la Fédération des travailleurs de la confection et de l’industrie du Bangladesh.

Neuf ans se sont écoulés depuis la mort de 1.138 travailleurs au Rana Plaza et près d’un an depuis que l’Accord, qui constitue le programme de sécurité au travail le plus efficace de l’histoire moderne de la mode, a été renouvelé et institué au plan international.

L’Accord a permis de rompre au Bangladesh avec un cruel passé en matière de décès dans les usines de confection. Et même si 175 autres enseignes, dont Uniqlo, Zara et H&M, soutiennent le nouvel Accord international, Levi’s a refusé de le signer, menaçant ainsi de réduire à néant les progrès accomplis.

“Depuis sa création en 2013, l’Accord a réalisé d’immenses progrès en rendant, de manière quantifiable, les usines de confection au Bangladesh plus sûres, permettant ainsi d’épargner d’innombrables vies. En tant qu’entreprise qui se targue d’agir pour la durabilité et d’évoluer selon ses valeurs, Levi’s a la responsabilité de signer l’Accord international et de garantir des lieux de travail sûrs pour les travailleurs et travailleuses de sa chaîne d’approvisionnement. Personne ne devrait avoir à risquer sa vie en effectuant sa journée de travail,”

a déclaré Edgar Romney, Secrétaire-trésorier de Workers United.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile, a pour sa part ajouté :

“Si Levi’s prétend s’engager en faveur de chaînes d’approvisionnement éthiques sans signer l’accord, ce ne sont que des paroles en l’air dans un monde où la complaisance implique des questions de vie ou de mort. Nous nous joignons à l’appel de nos affiliés et demandons instamment à Levi’s de signer cet accord de sécurité efficace et juridiquement contraignant.”

Un nouveau contrat social est nécessaire pour mettre fin à l’intensification des violations des droits des travailleurs

L’Indice de la CSI, publié en ligne le 28 juin sous le thème “Restaurer la confiance grâce à un nouveau contrat social”, est une enquête annuelle menée auprès de 148 pays.

Sur base de ces résultats, l’indice souligne que les syndicats doivent lutter contre les pressions exercées par les employeurs et les gouvernements sur les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses, comme en témoignent les meurtres de syndicalistes, les attaques violentes, les arrestations arbitraires et les détentions. Les droits de l’homme et les libertés civiles sont également violés.

L’indice de la CSI indique que des syndicalistes ont été assassinés dans 13 pays : Bangladesh, Colombie, Équateur, Eswatini, Guatemala, Haïti, Inde, Irak, Italie, Lesotho, Myanmar, Philippines et Afrique du Sud.

En outre, des harcèlements, des arrestations et des détentions arbitraires ont eu lieu dans 69 pays, les pires cas ayant été signalés au Cambodge, à Hong Kong et au Myanmar.

Les pires violations des droits des travailleurs ont eu lieu au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, tandis que les conflits et les coups d’État ont aggravé les conditions des travailleurs et travailleuses.

Indice 2022 des droits dans le monde

 

En outre, un accès restreint à la justice prévaut également de plus en plus en Afrique, les incidences signalées passant de 76 à 95 % entre 2021 et 2022.

Les dix pires pays au monde pour les travailleurs, identifiés dans l’indice, sont le Bangladesh, la Biélorussie, le Brésil, la Colombie, l’Égypte, l’Eswatini, le Guatemala, le Myanmar, les Philippines et la Turquie.

Ces pays sont brutaux à l’égard des syndicats. Ils utilisent des lois pénales régressives et répressives, empêchent la formation de syndicats, forcent les syndicats à cesser leurs activités, procèdent à des arrestations arbitraires et massives de dirigeants syndicaux, adoptent des mesures discriminatoires antisyndicales, pratiquent des chasses aux sorcières à l’égard du syndicalisme et licencient injustement les dirigeants syndicaux, violent les conventions collectives, commettent des meurtres en toute impunité, poursuivent les grévistes, violent la liberté de réunion, recourent à la violence policière et répriment brutalement les grèves et les manifestations.

Plusieurs intervenants ont raconté ce qui se passe dans leur pays, comme le confirme l’indice de la CSI.

Maung Maung, du Myanmar, a déclaré que malgré le fait que des syndicalistes aient été tués, arrêtés, emprisonnés et harcelés, “la révolution tient bon”. Cependant, la plupart des dirigeants syndicaux se cachent ou sont en exil.

“Le gouvernement du Brésil est hostile aux syndicats et il y a une régression des droits des travailleurs, qui sont bafoués quotidiennement sans frein, en particulier à l’égard des travailleuses noires,”

a rapporté Rosa Souza Fernandes.

Maksim Pazniakou a pour sa part déclaré :

“La Biélorussie connaît des mesures répressives sans précédent, caractérisées par des accusations forgées de toutes pièces contre des dirigeants syndicaux. En outre, le procureur général veut interdire les syndicats indépendants.”

“Les syndicats et des manifestants, parmi lesquels des travailleurs, font l’objet d’hostilité. Des travailleurs et travailleuses ont été tués lorsque les forces de sécurité de l’État ont eu recours à des balles réelles pour disperser des manifestants,”

a indiqué Mduduzi Gina d’Eswatini.

“Il faudra un nouveau contrat social avec des emplois, des droits, une protection sociale, des salaires justes, l’égalité et l’inclusion, pour restaurer la confiance qui a été brisée par des gouvernements répressifs et des entreprises abusives. Le contrat social a été déchiré. Mais ensemble, nous pouvons en écrire un nouveau,”

a martelé Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI.

Elle a indiqué que le nouveau contrat social devra aborder le travail précaire, la création d’emplois et la Transition juste. En outre, le contrat social doit trouver des solutions aux fortes inégalités, à l’urgence climatique et à la récession économique post-Covid 19.

“IndustriALL salue la publication de l’indice des droits dans le monde de la CSI, qui fait écho à nos campagnes contre les violations flagrantes des droits de l’homme et des travailleurs au Myanmar, les arrestations et emprisonnements arbitraires de dirigeants syndicaux en Biélorussie et le recours à la violence contre les travailleurs et travailleuses en grève au Bangladesh et en Eswatini.

Il est tragique de constater que la situation des travailleurs et travailleuses se dégrade de pays en pays. Les syndicats doivent faire preuve de fermeté dans leur lutte et IndustriALL se tiendra aux côtés de ses affiliés pour reconquérir les droits qui nous ont été retirés et pour en conquérir de nouveaux,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

L’indice des droits dans le monde de la CSI compte 97 indicateurs, issus des droits fondamentaux au travail de l’OIT, en particulier de la Convention 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et de la Convention 98 (droit d’organisation et de négociation collective), ainsi que des dispositions internationales en matière de droits de l’homme. Le rapport actuel porte sur la période allant de mars 2021 à avril 2022.

Le Bangladesh lance un programme d’indemnisation des accidents du travail dans la confection

Ce système d’assurance contre les accidents du travail est un régime de protection sociale comprenant une indemnisation pour les traitements médicaux et les services de réhabilitation, ainsi que pour la perte de revenus causée par les accidents du travail et les maladies professionnelles. Le projet pilote vise à compléter les sommes forfaitaires déjà versées au Bangladesh en cas de décès ou d’invalidité permanente dus à un accident du travail et à faire en sorte que les indemnisations liées au travail soient conformes aux normes internationales du travail.

Le projet, qui est financé par les gouvernements néerlandais et allemand, permettra également de recueillir des données sur les coûts médicaux moyens par personne en cas d’accident, sur les prestations fournies en cas d’incapacité temporaire, ainsi que sur le renforcement des capacités en matière d’accidents du travail, de maladies professionnelles et de réhabilitation, dans le but d’affiner ce que pourrait être le coût d’un régime d’assurance contre les accidents du travail pleinement opérationnel au Bangladesh.

Environ 150 usines de prêt-à-porter participeront à la première partie du projet pilote, qui se déroulera initialement sur trois ans, avec la possibilité d’être prolongé pour deux années supplémentaires. Si le projet pilote s’avère concluant, il pourrait être étendu à d’autres secteurs de l’économie.

 

Rashadul Alam Raju, Secrétaire général du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh et de la Fédération indépendante des syndicats de travailleurs de la confection du Bangladesh (BIGUF), déclare :

“Ce régime constitue une étape importante pour assurer la sécurité et le bien-être des travailleurs et travailleuses en cas d’accident du travail, ainsi que pour fournir des services de réhabilitation lors du retour au travail. Cela dit, il faut attendre de voir quelle sera l’efficacité du plan une fois qu’il sera mis en œuvre et que les procédures de demande d’indemnisation seront clarifiées.”

Un comité tripartite, composé de représentants du gouvernement, des associations d’employeurs et des syndicats, a été mis en place. Il sera chargé de verser les indemnités et de garantir les soins médicaux aux blessés. Les enseignes et les détaillants internationaux verseront des contributions volontaires pour couvrir les indemnités complémentaires et les frais administratifs. Le mécanisme d’indemnisation des dommages corporels prévu par le régime est fondé sur une approche dite “sans égard à la responsabilité” et de partage des risques et prévoit des versements périodiques à long terme au lieu d’un règlement forfaitaire pour les pertes économiques.

À ce jour, sept enseignes, dont Bestseller, Fast Retailing, le groupe H&M, KiK Textilien und Non-Food GmbH, Primark et Tchibo, ont signé des promesses de contributions financières volontaires.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice pour l’industrie textile auprès d’IndustriALL, estime qu’il s’agit d’une première étape importante dans la mise en place d’un filet de sécurité sociale solide pour les travailleurs et travailleuses, mais qu’il faut que davantage d’enseignes se joignent au projet pour en assurer la pérennité.

“Il est de la responsabilité des enseignes et des détaillants de stature mondiale de contribuer financièrement à ce type de système. Nous demandons à ces enseignes et détaillants d’assumer leur responsabilité envers les travailleurs et travailleuses de leurs chaînes d’approvisionnement.”

Les métallurgistes japonais souhaitent être associés aux plans de diligence raisonnable

Le gouvernement japonais a préparé des lignes directrices sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme afin d’aider les entreprises à identifier et à prévenir les violations dans ce domaine au sein de leurs chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le 21 juin, Akihiro Kaneko, Président du JCM, a soumis la demande de diligence raisonnable du syndicat à un membre de la Chambre des représentants, Kazuchika Iwata. M. Iwata est Vice-ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie.

La demande du JCM contient les éléments suivants :

  1. préciser l’implication des syndicats dans la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme ;
  2. assurer que les partenaires commerciaux indirects, tels que les sous-traitants de second rang et au-delà, soient soumis à des contrôles et des actions liés à la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme ; et
  3. si les lois nationales ne répondent pas aux normes internationales, les entreprises doivent alors se conformer aux normes internationales qui vont au-delà du niveau des lois nationales.

Akihiro Kaneko a expliqué que

“le JCM met activement en œuvre des initiatives et des mesures, comme l’inclusion de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, dans son offensive de printemps. Cependant, la diffusion de ces mesures auprès des petites et moyennes entreprises dépend de la capacité d’action du gouvernement. Le JCM est déterminé à promouvoir les discussions entre les mondes ouvrier et patronal à l’avenir, y compris s’agissant des syndicats de petite et moyenne taille.”

Le Vice-ministre Iwata a répondu en ces termes :

“Nous allons évaluer sérieusement le contenu de la demande du JCM. La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme est une tendance majeure dans les activités économiques internationales et le Japon va également l’assimiler et travailler à sa promotion. Nous voulons nous assurer que les entreprises puissent volontairement travailler à la résolution des problèmes liés aux droits de l’homme et s’engager dans des activités économiques saines. En ce qui concerne les orientations, nous poursuivons les discussions tout en tenant à l’esprit les normes internationales. Au niveau du Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, nous souhaitons résolument avancer.”

Le projet de directives du MECI n’a pas encore été publié, mais il sera bientôt ouvert aux commentaires publics. Le JCM discute actuellement des points qui concernent les syndicats par rapport au traitement de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, qui doivent être finalisés en août.

Les syndicats tunisiens exhortent le gouvernement à honorer l’accord salarial

Le gouvernement tunisien tarde à publier les annexes d’un accord conclu avec les parties prenantes sociales du secteur du textile et de l’habillement, en novembre 2021, pour des raisons qui ne sont pas claires. Ces annexes sont essentielles et nécessaires aux chefs d’entreprise pour augmenter les salaires.

Habib Hazami, Secrétaire général de la FGTHCC-UGTT, a prononcé une allocution lors de la manifestation dans laquelle il a déclaré que le gouvernement retenait la publication des annexes de l’amendement, alors qu’il n’était pas partie aux négociations, mais plutôt un facilitateur qui donne à l’accord un caractère officiel en le publiant au Journal officiel. Il a souligné que si le blocage se poursuit, la FGTHCC-UGTT prévoit de lancer une grève générale sectorielle, afin de tenir le gouvernement pour responsable de la montée des tensions.

Différents dirigeants syndicaux ont participé à la manifestation. L’UGTT a choisi, comme première étape, une manifestation avec uniquement la participation de dirigeants syndicaux afin d’éviter au secteur toute perturbation de la production.

À l’issue de la manifestation, la délégation de la FGTHCC-UGTT a rencontré M. Malek Alzahi, Ministre des Affaires sociales, qui a confirmé comprendre les revendications sectorielles et s’est engagé à publier les annexes de l’accord ce vendredi.

Cette rencontre intervient une semaine seulement après la grève générale du secteur public en Tunisie, à la suite de l’échec des négociations avec le gouvernement visant à protéger les travailleurs et travailleuses de l’augmentation du coût de la vie dans le pays. Bien que cette réunion ait été positive, la FGTHCC est prête à prendre d’autres mesures si le gouvernement n’agit pas ce vendredi.

Aviation verte : les syndicats revendiquent un engagement international fort en faveur de la durabilité sociale et d’une Transition juste

Cette semaine, les fédérations syndicales internationales et européennes représentant les travailleurs et travailleuses des secteurs de l’aérospatiale et de l’aviation se sont réunis pour débattre d’une position commune en vue de l’assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en septembre, au cours de laquelle les gouvernements du monde entier et les principales parties prenantes du secteur devraient convenir de la future voie vers une aviation durable.

À un moment aussi critique, où l’industrie de l’aviation doit relever le défi urgent de répondre aux retombées continues de la crise Covid, les syndicats ont identifié le besoin d’une réponse coordonnée à l’échelle de l’industrie de la part des compagnies aériennes, des aéroports, des gouvernements et des syndicats afin de remédier aux pénuries de capacité, aux retards de vols et aux niveaux de service accablants qui ont frappé l’industrie depuis des mois.

La participation des travailleurs et travailleuses est essentielle, non seulement pour résoudre les problèmes sous-jacents qui paralysent actuellement l’industrie, mais aussi pour assurer la durabilité à long terme et la décarbonation de l’industrie. La participation ouvrière sera essentielle dans la gestion sociale d’un changement industriel aussi important. La justice climatique ne peut exister sans justice du travail, l’emploi décent étant créé par la liberté syndicale et la négociation collective.

La réunion organisée par IndustriALL, la Fédération internationale des ouvriers du transport et leurs homologues européens industriAll Europe et la Fédération européenne des ouvriers du transport fait suite à une collaboration fructueuse dans le cadre de la Déclaration de Toulouse sur la durabilité et la décarbonation futures de l’aviation.

Les secteurs de l’aérospatiale et de l’aviation sont intrinsèquement liés. Les fédérations syndicales internationales sont particulièrement importantes dans ces processus, car elles jouent un rôle clé dans la mise en relation des besoins communs et sont essentielles pour les transformer en une vision et une stratégie internationales. Les syndicats des deux secteurs considèrent que des opportunités importantes sont offertes par une approche combinée et intersectorielle, fondée sur une vision à l’échelle de la chaîne d’approvisionnement et une stratégie industrielle internationale reposant sur des fondements de durabilité et de travail décent.

Dix années de campagnes mondiales

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs et travailleuses dans 140 pays, dans les secteurs de l’exploitation minière, de l’énergie et de l’industrie manufacturière. C’est une force de solidarité mondiale qui se bat pour de meilleures conditions de travail et pour les droits syndicaux dans le monde entier.

Un autre monde est possible et nécessaire. Pour le réaliser, nous avons besoin partout dans le monde de la solidarité et de la coopération des syndicats pour la paix, la démocratie et les droits. Notre mission est de garantir la justice sociale, l’égalité et l’équité, avec un niveau de vie décent pour tous.

IndustriALL défie le pouvoir des multinationales et négocie avec elles au niveau mondial. IndustriALL se bat pour un autre modèle de mondialisation et un nouveau modèle économique et social qui donne la priorité aux personnes, se basant sur la démocratie et la justice sociale.

Ensemble avec ses affiliés et d’autres parties prenantes, IndustriALL fait campagne pour de meilleures conditions de travail.

DOSSIER SPÉCIAL

Pourquoi le travail dans les mines est-il toujours si dangereux ?

DOSSIER SPÉCIAL

Changer l’équilibre des forces dans l’industrie du textile et de la confection

16 jours d’action

Les femmes de nos industries et de nos syndicats ont droit à un milieu exempt de violence fondée sur le genre.

Lorsque nos 600 syndicats des secteurs de l’exploitation minière, des métaux de base, de la construction navale et du démantèlement des navires, de l’automobile, de l’aérospatiale, de la mécanique, des TIC, de l’électricité et de l’électronique, de la chimie, du caoutchouc, de la pâte à papier, du textile, de la confection, du cuir et de la chaussure agissent, cela fait écho à l’échelle mondiale.

INDE

Plus de 250 millions de travailleurs se joignent à la grève nationale en Inde

PÉROU

Unique-Yanbal licencie 600 travailleurs pendant la pandémie

FINLANDE

Les grévistes du papier tiennent bon face à UPM qui refuse de négocier

PAKISTAN

New minimum wage in Pakistan is a union win

ZIMBABWE

Young trade unionist’s deportation ordeal in Zimbabwe

ENQUÊTE

Union busting, IndustriALL affiliates under attack