Un syndicat réclame des peines plus sévères après les viols en réunion de 8 femmes en Afrique du Sud

Plus de 80 suspects ont comparu devant les tribunaux sur des accusations de 32 cas de viol et tentative de meurtre. Les agresseurs seraient des membres de syndicats du crime impliqués dans l'activité minière et à petite échelle dans des mines abandonnées d'Afrique du Sud.

Ces femmes, âgées de 19 à 35 ans, faisaient partie d'une équipe de production de 12 femmes et 10 hommes qui tournait une vidéo musicale dans une décharge minière le 28 juillet, lorsqu'elles ont été attaquées par des hommes lourdement armés. Les agresseurs ont également dérobé les effets personnels de l'équipe.

Bien que l'Afrique du Sud ait voté des lois pour éradiquer la violence et le harcèlement fondés sur le genre, comme la Criminal Law (Sexual Offences and Related Matters) Amendment Act, la Criminal and Related Matters Amendment Act et la Domestic Violence Amendment Act, les cas ne cessent de se multiplier et les syndicats veulent que les tribunaux engagent davantage de poursuites et condamnent les coupables. L'Afrique du Sud a ratifié en 2021 la convention 190 de l'Organisation internationale du travail qui a pour but l'élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Le pays a aussi un plan stratégique national de lutte contre la violence fondée sur le genre et le féminicide. Dans ce plan, le Président Cyril Ramaphosa qualifie la violence fondée sur le genre et le féminicide de fléau par lequel "le viol et la violence sexuelle sont devenus hyperendémique", et il écrit que "l'Afrique du Sud se distingue honteusement comme un des pays les plus dangereux au monde pour les femmes."

"Le tournage d'un clip vidéo est un lieu de travail. Les artistes travaillent dans un secteur vulnérable selon le type de travail qu'ils font et, en tant que syndicat, nous avons le droit et la responsabilité, conjointement avec d'autres formations, de préconiser et adhérer à la convention 190 qui reconnaît le droit de toute personne à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, y compris de violence fondée sur le genre,"

a déclaré Mathapelo Khanye, la secrétaire nationale du NUM en charge des structures pour les femmes.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Nous sommes consternés par les viols et les violences sexuelles qui continuent de traumatiser les femmes sud-africaines, et nous soutenons les syndicats et les organisations de la société civile dans leurs campagnes pour l'élimination du viol et de la violence et du harcèlement fondés sur le genre."

Le bureau régional pour l'Afrique subsaharienne poursuit ses actions de formation et ses campagnes en vue de sensibiliser les syndicats et les doter de stratégies pour la prévention de la violence et du harcèlement fondés sur le genre et l'adoption de politiques du lieu de travail qui assurent des cadres de travail exempts de tout danger. 

Le Cambodge lance un régime de retraite pour le secteur privé

Le ministre du travail et de la formation professionnelle a annoncé que le régime de retraite, qui fait partie du Fonds national de sécurité sociale (NSSF), sera mis en œuvre le 1er octobre.

Pendant les cinq premières années, un salarié du secteur privé et son employeur sont tenus de verser chacun 2 pour cent du salaire au fonds de pension. Ce taux passe ensuite à 4 pour cent à la fois pour le salarié et pour l’employeur et un taux supplémentaire de 2,75 pour cent sera ajouté à la contribution du salarié et de l’employeur pour chacune des dix années suivantes.

Le ministère a indiqué que l’on pourra commencer à percevoir une pension après avoir atteint l’âge de 60 ans. Le montant est calculé sur la base du dernier salaire perçu six mois avant le départ à la retraite.

Athit Kong, Président de la CCAWDU (Coalition syndicale démocratique de l’habillement du Cambodge) a expliqué que

“ce régime de pension représente un avantage et une opportunité supplémentaires pour les travailleurs et travailleuses d’une entreprise privée. La majorité des personnes concernées s’en félicitent, mais il faut les sensibiliser davantage.”

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour l’industrie du textile et de la confection, indique :

“La protection sociale représente un droit humain et vise à réduire et à prévenir la pauvreté et la vulnérabilité tout au long d’une vie. Le nouveau régime de retraite du Cambodge constitue une avancée positive dans le renforcement de la protection sociale des travailleurs et travailleuses de la confection.”

Récemment, IndustriALL et le projet New Conversation de l’ILR School ont lancé un rapport d’étude intitulé “Sécurité pour les travailleurs et travailleuses de la confection : modèles alternatifs”.

Le rapport souligne l’insuffisance des systèmes de protection sociale des pays producteurs de vêtements. La section du textile et de la confection d’IndustriALL a utilisé les conclusions de ce rapport pour lancer une campagne en faveur d’une protection sociale plus forte afin d’atténuer les crises futures comparable à celle du Covid 19 et de garantir la sécurité des revenus des travailleurs et travailleuses de la confection.

(Dossier pour les investisseurs)

Les métallurgistes brésiliens signent une convention avec TK Elevator

Le texte détermine que les métallurgistes des 13 usines de TK Elevator recevront le même montant de DPP, quel que soit l’état ou la région du Brésil où ils se trouvent.   

“Avoir un accord national sur la DPP est une bonne chose pour éviter les disparités entre les travailleurs et travailleuses d’une même entreprise. TK Elevator possède de nombreuses succursales dans plusieurs états, et bien que certaines vendent plus, l’accord unifie ce même avantage pour tous.”

a expliqué Taise Gonçalves Almeida, le coordinateur du réseau des travailleurs et travailleuses de l’usine de Guaiba, dans le Rio Grande do Sul.

Les syndicats rassemblés au sein de la Confédération nationale des métallurgistes de la CUT (CNM/CUT, affiliée à IndustriALL Global Union) ont tenu une assemblée où ils ont voté et approuvé la proposition finale. Elle établit que la valeur de la DPP sera de R$ 2.800 + 50 % du salaire nominal, si les objectifs stipulés sont atteints.

Le président intérimaire de la CNM/CUT, Loricardo de Oliveira, a déclaré que cet accord permet de répartir les revenus et de garantir l’égalité des conditions de travail dans tout le pays.

“Les conventions collectives nationales, qui garantissent l’égalité entre les travailleurs et travailleuses d’une même entreprise dans les usines les plus diverses, sont une priorité pour une meilleure répartition des revenus. Par conséquent, les conventions collectives telles que celles de TK Elevators, sont fondamentales pour garantir l’égalité des conditions d’emploi au sein d’une même entreprise et constituent une priorité de la CNM/CUT,”

a ajouté Loricardo de Oliveira, qui a souligné que les travailleurs et travailleuses ont démontré qu’avec des négociations de bonne foi, des mobilisations et un travail unifié, il est possible d’obtenir un meilleur avenir pour tous.

L’activité ascenseurs de ThyssenKrupp s’est récemment transformée en un groupe indépendant de sociétés appelé TK Elevator. IndustriALL a signé un accord-cadre mondial (ACM) avec TK Elevator en 2021, afin de mettre à jour l’accord qu’elle avait depuis 2015 avec thyssenkrupp. Comme dans l’accord précédent, les normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont servi de base au texte de l’ACM.

Cristian Alejandro Valerio, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Je félicite les camarades du réseau pour la signature de cette convention nationale ; c’est une grande réussite pour les travailleurs et travailleuses de l’entreprise dans tout le pays.

Cette réalisation est un nouvel exemple de l’importance de pouvoir former des réseaux mondiaux, régionaux et nationaux de travailleurs et travailleuses de différentes usines de la même entreprise multinationale, qu’ils soient issus de différentes organisations syndicales ou de la même confédération, comme c’est le cas ici. Cela leur permet de se connecter les uns aux autres et de coordonner des actions qui leur donnent plus de force lorsqu’ils négocient avec l’entreprise.”

Le point sur l’Ukraine

La plupart des mines du pays se trouvent dans les régions du Donbass et de Louhansk, qui sont désormais occupées par la Russie. Certaines de ces mines, gérées par les entreprises publiques Lysychanskvugillya et Pervomaiskvugillia, ont été contraintes de fermer en raison d’inondations. Selon les syndicats, les mineurs ont dû fuir la guerre et les puits de mine ont été inondés en raison de l’absence de personnel pour le pompage des eaux souterraines.

La centrale nucléaire de Tchernobyl est maintenant libérée après avoir été occupée pendant deux mois, mais les conséquences ont été terribles et l’on craint toujours une nouvelle attaque depuis le territoire biélorusse.

La situation à la centrale nucléaire de Zaporojie s’aggrave de jour en jour. Selon Atomprofspilka, affilié d’IndustriALL, la Russie veut l’intégrer à la société nucléaire russe Rosatom à partir du 1er septembre. L’objectif est de remplacer une partie du personnel ukrainien par des travailleurs et travailleuses russes.

IndustriALL et ses affiliés continuent de soutenir les syndicats en Ukraine. Un soutien solidaire est plus que jamais nécessaire :

Ukraine

À ce stade, les fonds collectés par l’intermédiaire d’IndustriALL ont été utilisés pour le soutien financier et pour l’hébergement et le logement des membres déplacés.

Les jeunes travailleurs s'engagent à participer activement à la transformation des syndicats au Botswana

Le deuxième programme d'école pour jeunes activistes d'Afrique subsaharienne, une émanation d'IndustriALL Global Union et de la Fondation Friedrich Ebert (FES), s'est tenu du 20 au 23 juillet à Gaborone, au Botswana. Sur la vingtaine de participants, 11 étaient des femmes.

Il était organisé cette année par IndustriALL, la FES et la Fédération des syndicats du Botswana (BFTU). Une troisième session est prévue pour le mois de novembre.

Le premier programme de 2022 s'est tenu en Tanzanie et, auparavant, des écoles s'étaient ouvertes dans 13 pays africains avant que le programme soit compromis par la pandémie de Covid-19. Le prochain programme se déroulera en Afrique du Sud, au Kenya et au Ghana.

Dans la liste des priorités pour la transformation des syndicats par les jeunes travailleurs figuraient des stratégies de promotion de l'agenda pour le travail décent et de l'avenir du travail. S'agissant de la promotion des droits des travailleurs, l'accent était mis sur l'importance des législations du travail nationales et des normes internationales du travail.

Les participants venaient de dix syndicats des secteurs de l'automobile, du diamant, de l'énergie, du vêtement et du textile, de la mine, du secteur public, etc.

Les discussions ont porté sur les connaissances et les compétences requises pour que les jeunes jouent un rôle effectif dans le syndicat. La FBTU a retracé l'historique, le cadre juridique et le contexte national du monde syndical, tandis que le Conseil de coordination syndicale d'Afrique australe (SATUCC) a exposé des approches efficaces de la négociation collective. La FES a expliqué comment engager fructueusement des négociations. Ces sessions se sont penchées sur la culture de la négociation collective au Botswana et sur les moyens de la rendre plus efficace.

Les débats ont porté sur la solidarité internationale des travailleurs, les processus de dialogue social inclusif pour les jeunes femmes et les jeunes hommes, en accordant une grande place aux relations de travail non-antagonistes. Les approches des campagnes syndicales sous l'angle féministe se sont intéressées à l'équité et l'égalité entre hommes et femmes et à la mise en place de politiques du lieu de travail inspirées de la convention 190 de l'Organisation internationale du travail sur l'élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Des jeux de rôle sur le thème du genre ont montré que les travailleuses assument plus de rôles que leurs collègues masculins, et l'impact que cela a sur leur participation aux activités syndicales.  

"En tant que jeunes travailleurs, cette école nous réjouit parce qu'elle dispense une éducation pratique qui conditionne l'efficacité du syndicalisme. En outre, pour que les syndicats puissent préconiser des sociétés équitables et justes, ils doivent être inclusifs et intégrer les jeunes travailleurs dans tous les aspects de la vie syndicale," 

a déclaré Vanessa Nakedi, la secrétaire jeunesse de la BFTU.

Tumelo Awee, du Syndicat des mineurs du Botswana, a ajouté :

"L'école pour activistes nous met au défi d'évaluer et de jouer effectivement des rôles en tant que jeunes travailleurs. Avec ce que nous y apprenons, nous sommes maintenant mieux préparés face aux employeurs."

Thilo Schöne, le résident de la FES au Botswana explique que "L'école pour jeunes activistes est une relance importante de la formation interactive, à teneur syndicale et axée sur la justice à l'intention des jeunes au Botswana. Je suis impressionné par la solidarité, le dynamisme et la motivation des jeunes syndicalistes qui veulent s'impliquer davantage dans leurs syndicats et militer pour de meilleures conditions de travail."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a expliqué que :

"Les écoles pour jeunes activistes sont une stratégie visant à créer en Afrique un réseau de jeunes syndicalistes vibrant qui innove par l'utilisation d'outils numériques pour la syndicalisation. Ce réseau a pour but la constitution d'une communauté d'activisme et d'apprentissage qui préconisera la transformation sociale. En outre, nous souhaitons que ce réseau de jeunes soit un espace dans lequel les jeunes travailleurs se muent en organisateurs, négociateurs et champions de l'égalité des sexes par le développement et la réseautisation des capacités."

Le Syndicat des travailleurs du diamant du Botswana (BDWU), le BMWU et le Syndicat des travailleurs de la compagnie d'électricité du Botswana (BPCWU), qui sont affiliés à IndustriALL, ainsi que la BFTU ont aussi participé à l'école pour activistes.

Lutter contre le démantèlement des syndicats indépendants de Biélorussie

Le 18 juillet, la Cour suprême a décidé de liquider et de dissoudre le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) et ses quatre membres, dont trois sont affiliés à IndustriALL : le Syndicat indépendant biélorusse (BITU ou BNP), le Syndicat des travailleurs de la radio et de l’électronique (REP), le Syndicat libre de Biélorussie (SPB) et le Syndicat libre des métallurgistes (SPM).

IndustriALL considère cette décision comme nulle et non avenue et continue à soutenir ses affiliés BITU, SPM et REP.

Dans sa lettre adressée au Directeur général de l’OIT pour réclamer une intervention urgente,

“IndustriALL condamne dans les termes les plus forts la décision du tribunal, que nous ne reconnaissons pas. Nous continuerons à aider et à soutenir pleinement les syndicats indépendants en Biélorussie afin de garantir leur continuité organisationnelle.”

La répression des syndicats indépendants en Biélorussie est motivée par des raisons politiques et constitue une attaque contre la démocratie et ses institutions. L’arrestation de dirigeants syndicaux pour avoir exercé leur droit légitime à la liberté syndicale constitue une grave violation de leurs droits humains fondamentaux.

IndustriALL revendique la libération immédiate des 15 dirigeants et militants syndicaux encore en prison :

1.    Aliaksandr Yarashuk : Président du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques, BKDP.
2.    Siarhei Antusevich : Vice-président du BKDP.
3.    Hennadz Fiadynich : Vice-président du syndicat des travailleurs de la radio et de l’électronique, REP.
4.    Vatslau Areshka : militant du REP.
5.    Mikhail Hromau : membre et secrétaire du Conseil du SPM.
6.    Iryna But-Husaim : responsable de l’équipe média du BKDP, comptable du BKDP.
7.    Miraslau Sabchuk : militant du SPM.
8.    Yanina Malash : Présidente adjointe de la SPM, responsable de la syndicalisation.
9.    Vitali Chychmarou : membre du Conseil du SPM, inspecteur du travail.
10.    Vasil Berasneu : Président par intérim du REP.
11.    Zinaida Mikhniuk : Présidente adjointe du REP.
12.    Aliaksandr Mishuk : Vice-président du BITU, Président du BITU de JSC Belaruskali.
13.    Ihar Povarau : militant du BITU à l’usine métallurgique BMZ.
14.    Yauhen Hovar : militant du BITU à l’usine métallurgique BMZ.
15.    Artsiom Zhernak : président du SPM de l’usine automobile de Minsk.

IndustriALL formule également la réclamation suivante :

“de toute urgence, le gouvernement de Biélorussie doit donner accès aux visiteurs, y compris à une mission de l’OIT dans le pays, à IndustriALL, à la CSI et à d’autres organisations syndicales internationales, afin de vérifier les conditions d’arrestation et de détention et le bien-être des syndicalistes détenus.”

En outre, IndustriALL revendique que l’accès soit donné à ces organisations afin d’observer les procès en cours contre les syndicalistes et les organisations syndicales.

“IndustriALL s’engage à continuer de soutenir et d’aider les syndicats indépendants biélorusses dans leur lutte en vue d’exercer en toutes circonstances, sans crainte de persécution ou de détention, leur droit de réunion et d’association pacifique, à la liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de la presse, leur droit à un procès équitable et leur droit à la syndicalisation et à la négociation collective,”

a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Ōzkan.

“Le gouvernement de Biélorussie doit changer de cap et s’engager à respecter les normes démocratiques internationales.”

De fausses nouvelles mal fagotées et peu convaincantes font partie des attaques incessantes du régime en Biélorussie. La machine de propagande de l’État a intensifié ses attaques contre IndustriALL, l’OIT, ainsi que les syndicats du pays. La télévision d’État biélorusse a diffusé un film contenant des enregistrements obtenus illégalement de locaux syndicaux, ainsi que des images d’IndustriALL obtenues tout aussi illégalement, qui tentaient de dépeindre des directions syndicales corrompues.

Prenant pleinement en compte ces violations flagrantes des droits humains et des droits syndicaux fondamentaux, IndustriALL appelle ses affiliés à contacter l’ambassade de Biélorussie dans leur pays et à envoyer une lettre type.

Veuillez signer et partager la campagne LabourStart, soutenue par le mouvement syndical international.

Malaisie : un nouveau projet de loi risque de paralyser les syndicats

Le gouvernement malaisien travaille à une réforme du droit du travail depuis 2018. Le projet de loi sur les relations sociales et le projet de loi sur l’emploi ont été adoptés par le parlement en 2019 et 2022, respectivement.

Cependant, la dernière proposition d’amendement du projet de loi sur les syndicats, appelée quatrième annexe, lie des infractions à des dispositions du Code pénal, comme la déclaration de guerre contre le roi, le fait de nuire à la démocratie parlementaire, les actes de terrorisme et les crimes organisés.

“Alors que la LLRC soutient la mise en œuvre du principe de liberté syndicale dans le projet de loi, il est insensé d’insinuer que les syndicalistes sont des criminels de guerre ou des terroristes. Le code pénal s’applique à tout un chacun, qu’on soit membre d’un syndicat ou non, il n’y a donc aucune raison de le lier au projet de loi sur les syndicats. Le gouvernement ne devrait pas considérer les syndicats comme une menace pour la sécurité nationale,”

déclare N. Gopal Kishnam, Président de la LLRC et Secrétaire général du syndicat affilié à IndustriALL, le Syndicat national des travailleurs du matériel de transport et des industries connexes (NUTEAIW).

Cela signifie que si un syndicat commet une infraction à la quatrième annexe, le directeur général peut annuler ou retirer la certification du syndicat ou retirer son autorisation d’affiliation aux Fédérations syndicales internationales.

Remise du mémorandum le 15 juillet

Les amendements déposés pourraient être utilisés pour intimider les syndicats et paralyser leurs activités. La Coalition pour la réforme du droit du travail (LLRC) a soumis un mémorandum au ministère des Ressources humaines le 15 juillet, appelant le gouvernement à abandonner immédiatement la quatrième annexe.

“IndustriALL exhorte le gouvernement malaisien à revenir sur ses propositions d’amendements relatives à la quatrième annexe. Les syndicats doivent être considérés comme un partenaire social et non comme une menace pour la sécurité,”

affirme Kemal Özkan, au nom d’IndustriALL.

La LLRC, qui est composée de 58 syndicats affiliés à IndustriALL, l’IBB, l’ISP, la FITD et l’IE ainsi que d’ONG, invite le ministère des Ressources humaines à réformer la loi sur l’emploi, la loi sur les syndicats et la loi sur les relations sociales depuis 2019.

Les syndicats sri-lankais revendiquent des réformes constitutionnelles

Depuis le début de l’année, les travailleurs et travailleuses du Sri Lanka luttent pour trouver de la nourriture, du carburant et autres articles essentiels à leur survie. Les pénuries ont été exacerbées par la guerre en Ukraine. Selon nos informations, environ 13 personnes sont mortes en faisant la queue pour obtenir du carburant. Les pénuries ont perturbé toutes sortes de services, y compris les transports publics, ce qui a rendu difficile pour les travailleurs et les travailleuses de se rendre au travail en temps et en heure.

Les coupures de courant et les pénuries de carburant ont également entraîné une baisse considérable de la production destinée aux exportations. Les entreprises de taille moyenne n’ont pas pu honorer leurs commandes. Les enseignes mondiales qui passent des commandes dans le pays se sont montrées réticentes à leur en passer de nouvelles.

Malgré toutes ces difficultés, le peuple sri-lankais a fait preuve d’un énorme courage en manifestant contre un gouvernement répressif et corrompu. Il a affronté les bombes lacrymogènes et les violences policières de ces derniers mois.

Les affiliés sri-lankais revendiquent l’abolition de la présidence exécutive dans le pays. Ils revendiquent également que le département de la police devienne un département civil indépendant et soit placé sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur, que des changements soient apportés à la loi sur la déclaration des actifs et des passifs, que le carburant, le gaz et d’autres produits de base soient fournis aux travailleurs et travailleuses à des tarifs préférentiels, que l’accord conclu avec le Fonds monétaire international soit rendu public avant d’être officiellement avalisé et que la loi sur la prévention du terrorisme soit abrogée.

Après la démission du précédent président, Gotabaya Rajapaksa, qui a fui le pays, Ranil Wikramasinghe a accédé à la présidence lors des élections du 20 juillet. La formation d’un gouvernement intérimaire est toujours en cours.

Anton Marcus, Secrétaire général de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des employés des zones franches et des services généraux, déclare :

“La mise en place d’un gouvernement démocratique stable est cruciale pour attirer les investisseurs et maintenir le processus de production, sans quoi le pays continuera à être en proie à des difficultés.”

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a pour sa part déclaré :

“Nous soutenons les revendications de nos affiliés sri-lankais en matière de réformes constitutionnelles et leur exprimons la solidarité de nos membres du monde entier. Nous nous tenons aux côtés des travailleurs et travailleuses sri-lankais en ces temps difficiles.”

IndustriALL célèbre dix ans de travail avec les jeunes

“Cette rencontre est l’occasion de discuter avec des collègues qui ont participé aux projets de formation des jeunes d’IndustriALL Global Union au cours des dix dernières années. Nos principaux projets ont été menés avec la Fondation Friedrich Ebert (FES) et IG Metall. Nous avons également mené des projets pour la jeunesse avec la SASK, Union to Union et la DGB,”

a déclaré le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani.

Les jeunes étaient présents à la réunion de Buenos Aires, mais plusieurs anciens participants aux projets les ont rejoints en ligne. Ils ont évoqué leur participation aux projets d’IndustriALL destinés aux jeunes et l’évolution de leur carrière depuis lors.

Javiera, du Chili, a déclaré :

“En 2012, Industrial Chile-Constramet m’a demandé de participer au projet mené par IndustriALL et la FES. Je travaille aujourd’hui en politique et je suis toujours impliquée dans les causes syndicales. Ce que j’ai appris pendant le projet et au syndicat me sert encore aujourd’hui.”

Comme Javiera, Leticia, de la République dominicaine, a également pris part aux projets d’IndustriALL pour les jeunes et s’engage aujourd’hui en politique. Elle travaille au Ministère de la Femme aux côtés de la Ministre Mayra Jiménez (ancienne membre du Comité exécutif d’IndustriALL) sur les politiques liées au genre.

D’autres ont dit qu’ils avaient continué à travailler dans des syndicats, atteignant des postes de direction. Leandro, du Brésil, a ainsi déclaré :

“En 2012, j’étais Secrétaire des jeunes de la CUT. Aujourd’hui, je suis Président des syndicats de métallurgistes pour Soracaba et la région environnante. Nous avons travaillé dur pour faire adhérer les jeunes et maintenant l’âge moyen de nos membres est de 28 ans. Je suis toujours impliqué dans la lutte et je suis maintenant candidat potentiel au poste de sénateur de l’État de Sao Paulo. C’est vraiment formidable de savoir qu’IndustriALL va poursuive ce projet pendant de nombreuses années encore.”

Comme Leandro, Belén, d’Argentine, a participé à des projets d’IndustriALL avec la FES et la DGB et occupe aujourd’hui un poste de direction dans son syndicat. Elle est devenue la première femme dirigeante de la branche de Zárate du Syndicat des métallurgistes UOM.

Les participants ont également applaudi Perla, une jeune femme du Nicaragua : elle s’est sentie responsabilisée par sa participation à des projets pour les jeunes et est désormais suppléante au Comité exécutif d’IndustriALL.

Angelica Jimenez-Romo, du département de politique syndicale internationale d’IG Metall Vorstand, a pris la parole au nom des participants allemands. Elle a déclaré que, malgré la pandémie et d’autres crises, les projets pour la jeunesse ont été un véritable succès, car de nombreux jeunes continuent à travailler ensemble, jetant les bases pour que la prochaine génération puisse poursuivre le travail.

La Coordinatrice mondiale des projets d’IndustriALL, Sarah Flores, a indiqué que les projets pour les jeunes permettent l’éclosion de futurs dirigeants, offrant aux participants l’occasion d’évoluer professionnellement et d’accéder, dans de nombreux syndicats, à des postes de pouvoir. Cela a convaincu IndustriALL de l’importance d’investir dans la jeunesse.

Dans un message vidéo, le Président d’IndustriALL, Jörg Hoffman, a déclaré :

“Je tiens à vous adresser mes sincères félicitations pour ce réjouissant anniversaire. Il y a dix ans, les syndicats latino-américains n’avaient pas de politiques de la jeunesse et ne représentaient pas les intérêts des jeunes. Beaucoup de choses ont changé depuis, en partie grâce aux projets de formation et la plupart des syndicats ont maintenant des politiques de jeunesse et d’égalité des sexes. Je tiens à vous remercier tous pour votre travail acharné et je vous souhaite le meilleur.”

Des pertes d’emplois massives annulent les acquis syndicaux dans le parc industriel d’Hawassa en Éthiopie

Ces fermetures ont commencé après l’annonce par le gouvernement des États-Unis que l’Éthiopie ne bénéficierait plus de l’accès en franchise de droits aux marchés américains prévu par l’AGOA (Loi sur le développement et les opportunités africaines) à partir du 1er janvier de cette année. Les raisons invoquées pour mettre fin aux avantages commerciaux préférentiels sont “les violations flagrantes des droits de l’homme internationalement reconnus par le gouvernement éthiopien et d’autres parties” dans la guerre qui sévit dans le nord du pays.

La plupart des usines d’Hawassa qui exportaient vers les États-Unis ont vu leurs commandes annulées, ce qui les a laissées sur le carreau. Cependant, avec les pourparlers de paix en cours dans le pays, le syndicat espère une percée pacifique qui ramènera le commerce et un nouveau souffle au parc industriel d’Hawassa qui, à son apogée, employait plus de 35.000 travailleurs et travailleuses.

Selon l’IFTLGWTU, Best International Garments, une entreprise indienne qui possède une usine dans le parc, a licencié plus de 3.000 personnes. En outre, la fermeture de l’une des plus grandes usines du parc par Phillip Van Heusen (PVH) en novembre 2021 a eu un effet d’entraînement, car plus de 15 entreprises du parc recevaient des commandes de PVH dans le cadre de contrats de sous-traitance.

Le syndicat affirme qu’il est actuellement prévu de réduire la production d’autres usines de confection, dont Sumbiri Hela Intimates, qui a mis 260 travailleurs en congé payé d’un mois, après quoi l’incertitude règne. L’usine est détenue conjointement par les sociétés sri-lankaises Hela Indochine Apparel et Sumbiri Intimate Apparel. Quadrant Apparel Group a également mis 300 travailleurs et travailleuses en congé payé, tandis qu’Epic Apparel Plc, une filiale d’Epic Group basée à Hong Kong, a licencié après avoir versé six mois de salaire. En juin, Chargeurs Fashion Technologies, une entreprise française, a également licencié 22 personnes.

“Dans cette crise de l’emploi, les travailleurs et travailleuses sont inquiets, car la sécurité d’emploi n’est plus garantie dans les usines qui sont encore en activité. Nous faisons de notre mieux pour nous assurer que les travailleurs et travailleuses reçoivent leurs indemnités de fin de contrat conformément au droit du travail et nous espérons que la fin du conflit ramènera les avantages de l’AGOA pour alléger le sort des travailleurs et travailleuses qui souffrent,”

a indiqué Angesome Gebre Yohannes, le Président de l’IFTLGWTU, affiliée à IndustriALL Global Union.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“La stratégie d’industrialisation des parcs d’activité éthiopiens reste l’un des modèles les plus efficaces pour créer des emplois dans le secteur de la confection et du textile en Afrique. Nous espérions davantage d’emplois et non les réductions d’effectifs auxquelles nous assistons. Toutefois, IndustriALL continue de soutenir l’IFTLGWTU afin de s’assurer que les employeurs respectent les droits des travailleurs et les normes internationales du travail dans le cadre des réductions d’effectifs.”