Les syndicats indonésiens signent avec les entreprises une politique de tolérance zéro de la violence et du harcèlement

Sous la houlette du comité des femmes du Conseil d'IndustriALL pour l'Indonésie ont eu lieu cinq réunions de dialogue social avec des employeurs, et 38 entreprises ont signé avec les syndicats concernés une politique de tolérance zéro pour la violence et le harcèlement.

Par cette politique, les employeurs et les syndicats s'engagent à rejeter toute forme de violence et de harcèlement dans le monde du travail envers le personnel permanent, contractuel, externalisé, etc.

En outre, les employeurs et les organisations syndicales ont convenu de constituer une équipe chargée d'examiner les plaintes de violence sexuelle et de harcèlement. Cette équipe sera là pour souligner que les victimes de violence ou de harcèlement ont le droit de porter plainte et doivent bénéficier d'une protection totale, s'agissant de leur sécurité, leur vie privée et d'un soutien psychologique.

"Cette politique de tolérance zéro est un bon point de départ en matière de collaboration entre employeurs, syndicats et pouvoirs publics. Nous sommes convaincus que ce comité paritaire favorisera une meilleure protection de nos membres dans le monde du travail, même si beaucoup reste à faire,"

a dit Laïla Budiman, la présidente du comité des femmes d'IndustriALL Indonésie.

"Cette politique, qui préconise la mise en place conjointe d'un mécanisme de recours, est un bon exemple qu'on espère voir reproduit par les organisations syndicales d'autres pays. Les procédures et mécanismes paritaires de prévention et de recours impliquant les syndicats se sont avérés plus efficaces et impartiaux, et les travailleurs leur font davantage confiance parce qu'ils se sentent mieux protégés,"

a déclaré Armelle Seby, la directrice d'IndustriALL en charge du genre et des travailleurs non-manuels.

En 2019, le gouvernement indonésien a appuyé l'adoption de la convention 190 de l'OIT à la Conférence internationale du travail du centenaire. Or, malgré les appels des syndicats et des organisations de la société civile, le gouvernement n'a toujours pas ratifié la convention. Le site web de l'OIT indique que le gouvernement indonésien a soumis la convention 190 à l'examen de l'autorité compétente. 

 

Les syndicats indiens veulent une amélioration de la santé et la sécurité pour les travailleurs

Cette table ronde était organisée par IndustriALL Global Union, représenté par sa direction et celles de ses affiliés indiens. Parmi les participants figuraient des représentants du ministère du Travail et de l'Emploi, dont le haut-commissaire au travail d'Inde, de la direction générale de la sécurité des mines, et des représentants de charbonnages et d'aciéries du secteur public, ainsi que de la Confédération de l'industrie indienne.

D'après les chiffres rassemblés par IndustriALL en 2021, au moins 429 accidents sont survenus dans les industries manufacturières, dont les firmes chimiques et pharmaceutiques, les mines et la sidérurgie, et plus de 352 travailleurs ont été tués et plus de 700 autres blessés. Pendant le premier semestre de 2022, pas moins de 78 accidents se sont produits dans l'industrie et les mines, tuant au moins 199 travailleurs et en blessant plus de 348. C'est sur cette toile de fond qu'a été organisée la table ronde pour attirer l'attention sur la dangerosité de la sécurité industrielle et sur les mesures à prendre pour prévenir les accidents du travail. Ces prétendus "accidents" ne sont pas signalés pour la plupart. Les affiliés veulent que le gouvernement et les employeurs publient les informations sur les accidents du travail et les soumettent à l'examen des organisations syndicales.

La fréquence des accidents du travail est favorisée, entre autres, par des procédures d'identification des dangers et des évaluations des risques inadéquates, par le manque de formation des travailleurs précaires en particulier, par un nombre insuffisant d'inspecteurs de la santé et la sécurité dans les usines, par l'absence d'audits de sécurité des bâtiments industriels et par un laxisme des employeurs sur lequel les autorités ferment les yeux.

La situation se dégrade encore lorsque la production descend dans la chaîne d'approvisionnement pour atteindre les petites et moyennes entreprises qui doivent endurer les compressions de coûts imposées par de grands groupes soucieux d'optimiser leurs profits. La modestie des amendes incite les petites et moyennes entreprises à enfreindre les normes au travail. Le nouveau Code de la santé et la sécurité et des conditions de travail, adopté en 2019, a modifié le rôle des inspecteurs d'usines.

"La situation ne peut que se détériorer avec le nouveau code du travail dont ont été retirées les dispositions obligatoires pour assurer la santé et la sécurité au travail. Dorénavant, l'employeur principal n'est plus responsable pénalement en cas de mort d'homme,"

explique Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs de l'acier, du métal et de l'ingénierie d'Inde (SMEFI), qui est aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL.

Les représentants du gouvernement et des industries minière et sidérurgique ont indiqué avoir plusieurs commissions paritaires et tripartites de santé et sécurité qui se réunissent de manière régulière. Ils ont ajouté qu'ils feront en sorte de prendre en compte les revendications syndicales formulées à cette table ronde.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, qui présidait la table ronde, a ajouté :

"L'autocertification que prône le nouveau code du travail va surtout affaiblir encore la sécurité au travail en Inde. Il ne faut pas oublier que les véritables experts en la matière sont les ouvriers, qui sont confrontés à ces risques. Les travailleurs ont le droit de savoir quels sont les risques de leur lieu de travail, le droit de refuser ou d'arrêter un travail dangereux et le droit de participer pleinement à la prise de décision et à la mise en œuvre des politiques de santé et de sécurité. C'est pourquoi nous réclamons des gouvernements et des employeurs qu'ils s'engagent aux côtés des syndicats en partenaires, sur un pied d'égalité, pour améliorer la santé et la sécurité sur le lieu de travail."

Lors de la Conférence internationale du travail qui s'est conclue il y a peu, les délégués ont adopté une résolution pour ajouter le principe d'un cadre de travail sûr et sain aux Principes et droits fondamentaux au travail de l'Organisation internationale du travail. L'Inde étant membre de l'OIT, elle va devoir prendre des mesures pour assurer une meilleure sécurité des lieux de travail.

 

Les mineurs sud-africains discutent de stratégies pour la prévention des lésions et décès causés par les accidents miniers

Ces campagnes et stratégies visent à prévenir les accidents dans l'industrie minière et d'autres lieux de travail où le syndicat est présent. Une des stratégies dont il fut question pendant la réunion consiste à réclamer une inspection du travail efficace au département national des ressources naturelles et de l'énergie. Selon le NUM, les inspecteurs du travail ne consultent pas le syndicat et statuent donc unilatéralement s'agissant de l'article 54 de la Loi sur la santé et la sécurité dans les mines qui permet de stopper l'exploitation pour raisons de santé ou de sécurité. Dans certains cas, aucune inspection n'a eu lieu, aucun constat d'accident n'a été dressé comme le veut la loi et aucun inspecteur n'a été vu depuis longtemps.

Les stratégies du NUM confèrent davantage de prérogatives et renforcent les capacités des comités de sécurité et d'hygiène et des comités syndicaux pour qu'ils jouent un rôle essentiel dans la signalisation des accidents et insistent sur le droit d'arrêter le travail dangereux. Le syndicat veut aussi que le gouvernement et les compagnies minières multiplient les services d'inspection.

La mise à disposition d'un équipement de protection individuelle adapté pour les femmes reste problématique. Le syndicat considère aussi que la gestion du stress thermique est une excuse pour écarter certaines femmes et il veut que cette pratique déloyale du travail cesse.

Masibulele Naki, le secrétaire national du NUM en charge de la santé et la sécurité, précise :

"Malgré les défis, nous nous réjouissons que les décès provoqués par des éboulements soient en recul. Cela nous rassure quant à la possibilité d'arriver au zéro mort et zéro blessé. Nous poursuivons nos campagnes et nos formations et, jusqu'à présent, nous avons formé 500 travailleurs en plus de la formation classique dispensée aux délégués de sécurité et d'hygiène."

Les éboulements – chutes de roches et éclatements miniers – sont responsables de la plupart des décès de mineurs survenus en Afrique du Sud. D'après le Minerals Council of South Africa, il n'y a eu aucun accident dû à un éboulement les sept premiers mois de l'année.

Le directeur d'IndustriALL en charge des mines et de la santé et la sécurité au travail, Glen Mpufane, s'est adressé aux participants en ces termes :

"Le NUM ne doit pas perdre de vue les avancées qu'il a obtenues en rendant les mines d'Afrique du Sud plus sûres pour les mineurs. Ses succès sont des exemples universels pour l'industrie minière. Mais surtout, le syndicat doit continuer à protéger les vies des travailleurs par des campagnes pour la santé et la sécurité qui contribuent à prévenir les accidents mortels et en répétant que la santé et la sécurité sont un droit fondamental au travail. Il faut rappeler constamment aux compagnies minières qu'elles doivent adhérer aux normes de sécurité dans les mines et aux conventions de l'OIT."

Il a cité les conventions 155 (sécurité et santé des travailleurs) et 176 (sécurité et santé dans les mines) et les recommandations qui s'y rapportent.

Le bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne a constitué une plateforme consacrée aux déficits de santé et de sécurité du continent. Du fait que la plupart des économies africaines dépendent de l'exportation lucrative de minéraux, les défis pour la santé et la sécurité au travail sont plus nombreux dans le secteur minier où les accidents mortels sont nombreux et ne font l'objet d'aucune restriction, certaines compagnies minières n'ayant pas de politique de prévention. Bien qu'il existe des lois sur la santé et la sécurité, leur mise en œuvre et les mesures d'exécution restent défaillantes. Dans certains pays, le fait que le cadre législatif ne soit pas mis en application est souvent imputé au manque de moyens financiers qui empêche d'employer des inspecteurs du travail en nombre suffisant. 

Les syndicats veulent un dialogue social sur la Transition juste pour les travailleurs

Cette initiative, organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI), LO Norvège et IndustriALL Global Union, est une plateforme qui permet à des syndicats du monde entier d'échanger des informations sur la Transition juste dans la chaîne de valeur du pétrole et du gaz. Elle a organisé un atelier consacré à des études de cas de pays.

En Australie, le nouveau gouvernement travailliste devrait maintenant accéder aux demandes des syndicats pour la création d'une Autorité de la Transition juste. Le rôle à plus long terme du gaz naturel dans la transition énergétique reste à déterminer.

La secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, qui fut aussi présidente de l'Australian Council of Trade Unions, a déclaré :

"Le nouveau gouvernement permet un certain optimisme. Les syndicats australiens font beaucoup pour assurer leur participation au processus, et ils font pression sur le gouvernement pour qu'il se concentre sur l'investissement et une Transition juste pour les travailleurs."

L'Indonésie, dont le gouvernement accueillera le G-20 cette année, a une feuille de route pour la neutralité carbone qui prévoit la fermeture de toutes les centrales au charbon d'ici 2060. Cependant, les syndicats s'inquiètent de l'absence d'un plan concret sur les moyens d'atteindre cet objectif ou de ses conséquences pour les 1,2 million de travailleurs de l'industrie charbonnière; ils réclament un dialogue social tripartite pour élaborer ce plan, avec des discussions sur l'avenir des industries pétrolière et gazière.

En Irak, les plans de transition et d'investissement sont à l'arrêt en raison de l'instabilité dans le pays, et le gouvernement reste hostile à une collaboration avec les syndicats. La secrétaire internationale des syndicats irakiens du secteur de l'électricité, Hashmeya Alsadawe, a déclaré :

"L'énergie renouvelable a de larges perspectives en Irak; pourtant, des torchères de gaz brûlent partout dans le pays. Le changement climatique et le réchauffement de la planète concernent toute la planète et il faudrait des pressions planétaires sur le gouvernement irakien."

Les syndicats japonais ont rendu compte de l'ambitieuse feuille de route de leur pays pour lutter contre le changement climatique. Les syndicats et le gouvernement coopèrent bien. Face à une offre d'électricité limitée et aux prix élevés du gaz naturel, le gouvernement et les syndicats estiment que le solaire et le nucléaire ont un rôle à jouer. Le gouvernement japonais est à la recherche de fournisseurs de gaz naturel pour assurer la sécurité de son approvisionnement.

La Nouvelle-Zélande est le premier pays à annoncer l'arrêt des forages pétroliers et gaziers en mer accompagné d'un plan de Transition juste pour les travailleurs et les communautés. Par ailleurs, les syndicats soutiennent des plans pour la neutralité carbone en 2050. Mais le syndicat E tu est optimiste.

"Nous avons le cadre qu'il faut et de nombreuses évolutions positives. Nous continuons à apprendre; le processus de transition n'est pas parfait… Si le gouvernement devait changer, nous nous inquiéterions des conséquences pour le processus,"

 a déclaré Irina Freilekhman, chercheuse au syndicat E tu.

"Il ne faut pas qu'une Transition juste dans le secteur de l'énergie mette un seul travailleur au rebut, le facteur humain est important',

a déclaré Ayuba Wabba, le président de la CSI et du Congrès du travail du Nigeria, qui a souligné que le dialogue social, la protection sociale, les emplois décents durables, l'investissement et l'innovation sont essentiels si on veut une vraie Transition juste pour les travailleurs, où que ce soit dans le monde. Au Nigeria, les syndicats participent à un dialogue social tripartite sur la concrétisation des engagements pris par le pays s'agissant du processus de l'ONU sur le climat; mais il faut en faire davantage, en particulier sur ce que les syndicats peuvent faire ensemble pour avoir leur place à la table.

Afolabi Olawale, le secrétaire général du syndicat des travailleurs du pétrole du Nigeria, NUPENG, a déclaré :

"Nous n'appuierons pas une transition inconditionnelle sans emplois décents."

Il a expliqué que, malgré son plan de transition énergétique qui prévoit beaucoup d'emplois dans les énergies renouvelables, le gouvernement continue d'investir massivement dans l'exploration pétrolière et gazière. Les exportations de pétrole et de gaz représentent 65 pour cent du revenu national du Nigeria. Bien que les emplois dans l'industrie pétrolière ne comptent que moins de 5 pour cent d'emplois directs, ce sont les meilleurs emplois de qualité existants.

En Afrique du Sud, la COSATU et ses affiliés ont élaboré une Ébauche de Transition juste pour les travailleurs de la chaîne de valeur de l'énergie charbonnière, de l'agriculture et du transport. Ce plan prévoit des orientations politiques, une négociation collective et d'autres outils à l'intention des syndicats pour faire en sorte que les travailleurs soient les moteurs de l'agenda d'une transformation radicale de l'économie. Le futur bouquet énergétique de l'Afrique du Sud est en discussion à la suite des récentes annonces du gouvernement. Il y aura plus d'énergies renouvelables et le gaz naturel devrait jouer un plus grand rôle.

En Espagne, la stratégie de Transition juste pour le secteur de l'énergie s'inscrit dans un effort plus vaste de décarbonation de toute l'économie. Le dialogue social occupe une place importante dans ce processus et les syndicats sont étroitement associés. Les confédérations syndicales CC.OO. et l'UGT font état d'un démarrage compliqué quoique positif du processus, qui a commencé avec l'abandon du charbon et un développement rapide d'énergies renouvelables, et qui a été élargi l'an dernier avec l'interdiction de tout nouveau forage pétrolier et gazier.

Le prochain atelier sur les études de cas par pays se tiendra le 31 août 2022.

Des travailleuses de la confection hospitalisées après une nouvelle fuite de gaz à l’usine Brandix en Inde

Le 2 août, les travailleuses se sont plaintes de difficultés respiratoires, de suffocation, de nausées, de toux et de maux de tête, tandis que certaines d’entre elles se sont évanouies avant d’être hospitalisées. L’incident a eu lieu alors que plus de 4.000 femmes étaient occupées dans l’usine.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle intoxication se produit. Un incident similaire s’est produit dans cette usine le 3 juin. Aucune mesure n’a été par ailleurs prise par Brandix pour empêcher que l’incident ne se reproduise, exposant ainsi davantage les travailleurs et travailleuses de la confection à une autre fuite de gaz nocif. Selon de récents articles de presse, le gouvernement a cette fois-ci ordonné la fermeture temporaire de l’unité de fabrication pour permettre la tenue d’une enquête.

La plupart des femmes concernées sont des travailleuses en sous-traitance qui constituent la majorité de la main-d’œuvre dans les ZES. Le recrutement syndical étant limité dans les ZES, il est difficile pour les travailleurs et travailleuses de dénoncer les négligences des propriétaires d’usines qui menacent leur santé et leur sécurité, pourtant protégées par le droit du travail. Bien que les déclarations de Brandix en matière de responsabilité sociale des entreprises expriment un engagement en faveur de la santé des travailleuses, c’est le contraire qui se produit pour les salariées en sous-traitance.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Il est choquant qu’un tel incident se soit répété dans la même usine en l’espace de moins de deux mois. La direction aurait prendre des mesures pour prévenir cet incident après la première fuite de gaz. Ni les employeurs ni les services gouvernementaux ne se soucient de la vie des travailleurs et travailleuses. Les syndicats devraient avoir accès aux ZES afin d’être en mesure de protéger les droits des travailleurs et travailleuses en matière de santé et sécurité au travail.”

Un syndicat assigne Zheng Yong Garment en justice pour le licenciement de 20 travailleurs en Eswatini

Cette grève de cinq jours, qui a eu lieu du 5 au 9 mai, avait pour principale revendication une hausse du salaire horaire d'au moins 15 E, ou un salaire mensuel de 2.983 E (179 $). Or, les employeurs ont accordé à peine 7,25 pour cent de hausse, soit 12 E de l'heure.

Pour le syndicat, plutôt que d'amorcer le dialogue sur les revendications des travailleurs, les employeurs se sont ligués avec le gouvernement et ont recouru à des briseurs de grève et fait usage de violence contre les travailleurs, notamment en utilisant des gaz lacrymogènes dans leurs domiciles et par des menaces de brutalités. D'après l'édition 2022 de l'Indice CSI des droits dans le monde, l'Eswatini figure parmi les "10 pays les pires pour les travailleurs."

En outre, depuis plus de trois mois, le fabricant de vêtements ne restitue plus les cotisations syndicales qu'il prélève sur les salaires de 1.247 travailleurs. En ne reversant pas les cotisations, comme le prévoit la loi, Zheng Yong, qui emploie près de 4.000 personnes, viole la législation du travail, comme l'affirme l'ATUSWA, qui est affilié à IndustriALL. Pour le syndicat, le fait de garder cet argent est une menée antisyndicale qui enfreint l'article 43 de la Loi sur les relations de travail qui dispose que l'employeur "doit verser promptement" les cotisations syndicales après les avoir prélevées. L'ASTUWA estime que les actions de l'employeur peuvent être assimilées à des représailles contre des travailleurs qui ont fait grève, ce qui est interdit par la loi.

Pour s'opposer à ces manœuvres, l'ATUSWA assigne Zheng Yong devant la juridiction du travail en contestant les licenciements et pour violation du droit des travailleurs à la liberté d'association. En outre, le syndicat affirme que l'employeur doit respecter les droits syndicaux.

Le secrétaire général de l'ATUSWA, Wander Mkhonza, a déclaré :

"Zheng Yong doit, comme d'autres employeurs, améliorer les conditions de travail dans le secteur du vêtement et du textile et ne pas toujours recourir aux menaces et à l'action judiciaire. Lorsqu'il y a conflit, les employeurs doivent discuter avec le syndicat plutôt que de prendre des mesures drastiques, comme le licenciement de travailleurs qui ont fait grève pour obtenir un salaire minimum vital."

"Adopter une posture antisyndicale nuit à la paix sociale entre l'ATUSWA et Zheng Yong. L'employeur doit payer le minimum vital, d'autant plus après les récentes hausses du coût de la vie. Nous recommandons des démarches qui favorisent le dialogue social et la médiation et l'arbitrage pour régler les litiges,"

a dit la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin. 

Un syndicat réclame des peines plus sévères après les viols en réunion de 8 femmes en Afrique du Sud

Plus de 80 suspects ont comparu devant les tribunaux sur des accusations de 32 cas de viol et tentative de meurtre. Les agresseurs seraient des membres de syndicats du crime impliqués dans l'activité minière et à petite échelle dans des mines abandonnées d'Afrique du Sud.

Ces femmes, âgées de 19 à 35 ans, faisaient partie d'une équipe de production de 12 femmes et 10 hommes qui tournait une vidéo musicale dans une décharge minière le 28 juillet, lorsqu'elles ont été attaquées par des hommes lourdement armés. Les agresseurs ont également dérobé les effets personnels de l'équipe.

Bien que l'Afrique du Sud ait voté des lois pour éradiquer la violence et le harcèlement fondés sur le genre, comme la Criminal Law (Sexual Offences and Related Matters) Amendment Act, la Criminal and Related Matters Amendment Act et la Domestic Violence Amendment Act, les cas ne cessent de se multiplier et les syndicats veulent que les tribunaux engagent davantage de poursuites et condamnent les coupables. L'Afrique du Sud a ratifié en 2021 la convention 190 de l'Organisation internationale du travail qui a pour but l'élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Le pays a aussi un plan stratégique national de lutte contre la violence fondée sur le genre et le féminicide. Dans ce plan, le Président Cyril Ramaphosa qualifie la violence fondée sur le genre et le féminicide de fléau par lequel "le viol et la violence sexuelle sont devenus hyperendémique", et il écrit que "l'Afrique du Sud se distingue honteusement comme un des pays les plus dangereux au monde pour les femmes."

"Le tournage d'un clip vidéo est un lieu de travail. Les artistes travaillent dans un secteur vulnérable selon le type de travail qu'ils font et, en tant que syndicat, nous avons le droit et la responsabilité, conjointement avec d'autres formations, de préconiser et adhérer à la convention 190 qui reconnaît le droit de toute personne à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, y compris de violence fondée sur le genre,"

a déclaré Mathapelo Khanye, la secrétaire nationale du NUM en charge des structures pour les femmes.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Nous sommes consternés par les viols et les violences sexuelles qui continuent de traumatiser les femmes sud-africaines, et nous soutenons les syndicats et les organisations de la société civile dans leurs campagnes pour l'élimination du viol et de la violence et du harcèlement fondés sur le genre."

Le bureau régional pour l'Afrique subsaharienne poursuit ses actions de formation et ses campagnes en vue de sensibiliser les syndicats et les doter de stratégies pour la prévention de la violence et du harcèlement fondés sur le genre et l'adoption de politiques du lieu de travail qui assurent des cadres de travail exempts de tout danger. 

Le Cambodge lance un régime de retraite pour le secteur privé

Le ministre du travail et de la formation professionnelle a annoncé que le régime de retraite, qui fait partie du Fonds national de sécurité sociale (NSSF), sera mis en œuvre le 1er octobre.

Pendant les cinq premières années, un salarié du secteur privé et son employeur sont tenus de verser chacun 2 pour cent du salaire au fonds de pension. Ce taux passe ensuite à 4 pour cent à la fois pour le salarié et pour l’employeur et un taux supplémentaire de 2,75 pour cent sera ajouté à la contribution du salarié et de l’employeur pour chacune des dix années suivantes.

Le ministère a indiqué que l’on pourra commencer à percevoir une pension après avoir atteint l’âge de 60 ans. Le montant est calculé sur la base du dernier salaire perçu six mois avant le départ à la retraite.

Athit Kong, Président de la CCAWDU (Coalition syndicale démocratique de l’habillement du Cambodge) a expliqué que

“ce régime de pension représente un avantage et une opportunité supplémentaires pour les travailleurs et travailleuses d’une entreprise privée. La majorité des personnes concernées s’en félicitent, mais il faut les sensibiliser davantage.”

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour l’industrie du textile et de la confection, indique :

“La protection sociale représente un droit humain et vise à réduire et à prévenir la pauvreté et la vulnérabilité tout au long d’une vie. Le nouveau régime de retraite du Cambodge constitue une avancée positive dans le renforcement de la protection sociale des travailleurs et travailleuses de la confection.”

Récemment, IndustriALL et le projet New Conversation de l’ILR School ont lancé un rapport d’étude intitulé “Sécurité pour les travailleurs et travailleuses de la confection : modèles alternatifs”.

Le rapport souligne l’insuffisance des systèmes de protection sociale des pays producteurs de vêtements. La section du textile et de la confection d’IndustriALL a utilisé les conclusions de ce rapport pour lancer une campagne en faveur d’une protection sociale plus forte afin d’atténuer les crises futures comparable à celle du Covid 19 et de garantir la sécurité des revenus des travailleurs et travailleuses de la confection.

(Dossier pour les investisseurs)

Les métallurgistes brésiliens signent une convention avec TK Elevator

Le texte détermine que les métallurgistes des 13 usines de TK Elevator recevront le même montant de DPP, quel que soit l’état ou la région du Brésil où ils se trouvent.   

“Avoir un accord national sur la DPP est une bonne chose pour éviter les disparités entre les travailleurs et travailleuses d’une même entreprise. TK Elevator possède de nombreuses succursales dans plusieurs états, et bien que certaines vendent plus, l’accord unifie ce même avantage pour tous.”

a expliqué Taise Gonçalves Almeida, le coordinateur du réseau des travailleurs et travailleuses de l’usine de Guaiba, dans le Rio Grande do Sul.

Les syndicats rassemblés au sein de la Confédération nationale des métallurgistes de la CUT (CNM/CUT, affiliée à IndustriALL Global Union) ont tenu une assemblée où ils ont voté et approuvé la proposition finale. Elle établit que la valeur de la DPP sera de R$ 2.800 + 50 % du salaire nominal, si les objectifs stipulés sont atteints.

Le président intérimaire de la CNM/CUT, Loricardo de Oliveira, a déclaré que cet accord permet de répartir les revenus et de garantir l’égalité des conditions de travail dans tout le pays.

“Les conventions collectives nationales, qui garantissent l’égalité entre les travailleurs et travailleuses d’une même entreprise dans les usines les plus diverses, sont une priorité pour une meilleure répartition des revenus. Par conséquent, les conventions collectives telles que celles de TK Elevators, sont fondamentales pour garantir l’égalité des conditions d’emploi au sein d’une même entreprise et constituent une priorité de la CNM/CUT,”

a ajouté Loricardo de Oliveira, qui a souligné que les travailleurs et travailleuses ont démontré qu’avec des négociations de bonne foi, des mobilisations et un travail unifié, il est possible d’obtenir un meilleur avenir pour tous.

L’activité ascenseurs de ThyssenKrupp s’est récemment transformée en un groupe indépendant de sociétés appelé TK Elevator. IndustriALL a signé un accord-cadre mondial (ACM) avec TK Elevator en 2021, afin de mettre à jour l’accord qu’elle avait depuis 2015 avec thyssenkrupp. Comme dans l’accord précédent, les normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont servi de base au texte de l’ACM.

Cristian Alejandro Valerio, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Je félicite les camarades du réseau pour la signature de cette convention nationale ; c’est une grande réussite pour les travailleurs et travailleuses de l’entreprise dans tout le pays.

Cette réalisation est un nouvel exemple de l’importance de pouvoir former des réseaux mondiaux, régionaux et nationaux de travailleurs et travailleuses de différentes usines de la même entreprise multinationale, qu’ils soient issus de différentes organisations syndicales ou de la même confédération, comme c’est le cas ici. Cela leur permet de se connecter les uns aux autres et de coordonner des actions qui leur donnent plus de force lorsqu’ils négocient avec l’entreprise.”

Le point sur l’Ukraine

La plupart des mines du pays se trouvent dans les régions du Donbass et de Louhansk, qui sont désormais occupées par la Russie. Certaines de ces mines, gérées par les entreprises publiques Lysychanskvugillya et Pervomaiskvugillia, ont été contraintes de fermer en raison d’inondations. Selon les syndicats, les mineurs ont dû fuir la guerre et les puits de mine ont été inondés en raison de l’absence de personnel pour le pompage des eaux souterraines.

La centrale nucléaire de Tchernobyl est maintenant libérée après avoir été occupée pendant deux mois, mais les conséquences ont été terribles et l’on craint toujours une nouvelle attaque depuis le territoire biélorusse.

La situation à la centrale nucléaire de Zaporojie s’aggrave de jour en jour. Selon Atomprofspilka, affilié d’IndustriALL, la Russie veut l’intégrer à la société nucléaire russe Rosatom à partir du 1er septembre. L’objectif est de remplacer une partie du personnel ukrainien par des travailleurs et travailleuses russes.

IndustriALL et ses affiliés continuent de soutenir les syndicats en Ukraine. Un soutien solidaire est plus que jamais nécessaire :

Ukraine

À ce stade, les fonds collectés par l’intermédiaire d’IndustriALL ont été utilisés pour le soutien financier et pour l’hébergement et le logement des membres déplacés.