La police cambodgienne harcèle les syndicalistes en campagne pour un salaire minimum

Alors que le Conseil national cambodgien du salaire minimum (NCMW) annonçait l'ouverture en août des négociations tripartites sur le salaire minimum de 2023, les affiliés d'IndustriALL Global Union FTUWCK, CCAWDU (Coalition des syndicats démocratiques des travailleurs de l'habillement cambodgiens) et CUMW (Syndicat collectif du mouvement des travailleurs) ont lancé une campagne pour réclamer un salaire minimum de 215 $.

Le 1er septembre, la police a suspendu la production à l'usine n° 2 de Shoe Premier, dans la province de Takeo, et ordonné à la FTUWKC de retirer de sa page Facebook les articles sur la campagne.

 

Des policiers ont intimidé la présidente de la section locale de la FTUWKC, exigeant qu'elle signe un engagement à ne plus rien poster sur Facebook qui "peut entraîner des situations problématiques qui affectent la société".

"Cette intimidation et ce harcèlement de la part des autorités sont inacceptables. Nous avons le droit de nous exprimer dans la campagne nationale sur le salaire minimum national. J'invite instamment les autorités à cesser de harceler la FTUWKC,"

a déclaré Sony Say, le vice-président de la FTUWKC.

La guerre en Ukraine et la crise de l'énergie qu'elle a provoquée ont fait fortement augmenter le coût de la vie pour les travailleuses et travailleurs de l'habillement au Cambodge. Avec un taux d'inflation qui est monté à 6,5 pour cent au premier semestre 2022, les syndicats cambodgiens demandent au gouvernement d'augmenter le salaire minimum de 194 à 215 $ dans le secteur du textile et de la confection.

"Les travailleurs de l'habillement cambodgiens ont besoin d'un salaire minimum de 215 $ en 2023. Les profits continuent à augmenter dans le secteur mais, en même temps, le coût de la vie augmente rapidement lui aussi,"

explique Athit Kong, le président de la CCAWDU.

Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge du secteur textile, ajoute :

Les syndicats du Cambodge réclament une augmentation qui reflète la hausse du coût de la vie. IndustriALL appuie cette revendication pour fixer à 215 $ le salaire minimum dans le secteur du textile et de l'habillement.

"Mais il est essentiel que les syndicalistes puissent exprimer leurs demandes en public et leur liberté d'expression ne doit pas être entravée."

Les syndicats font campagne pour un travail décent au niveau de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle

Une délégation syndicale dans le cadre d’un programme d’échange international a été témoin des conditions difficiles de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) lorsqu’elle a visité certaines mines à ciel ouvert dans le district de Tarkwa, au Ghana, le 30 août dernier, et a décidé de poursuivre les campagnes en faveur de meilleures conditions de travail.

La délégation des affiliés d’IndustriALL, le Syndicat des mineurs du Ghana (GMWU) et le Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ), était accompagnée sur les sites miniers par des membres de l’Association des mineurs artisanaux du Ghana.

 

Ils ont visité trois types de mines : celles appartenant à une société et employant environ 320 travailleurs, celles appartenant à une concession et celles appartenant à des communautés et soutenues par le gouvernement. Cependant, sur tous les sites, les syndicats ont constaté les mauvaises conditions de travail des mineurs, qui ne disposaient même pas d’équipements de protection individuelle.

Kwarko Mensah Gyakari, Président du GMWU, a déclaré :

“Nous continuons à appeler le gouvernement du Ghana à ratifier la Convention 176 de l’OIT et à adopter les mesures de la Recommandation 183 sur la sécurité et la santé dans les mines, car elles sont importantes pour l’EMAPE.”

”Nous discuterons de l’inclusion des mineurs artisanaux dans nos statuts lors du prochain congrès national qui se tiendra vers la fin de l’année. Cette démarche vise à promouvoir le travail décent dans le secteur informel et à renforcer le pouvoir des syndicats, ce qui fait partie des objectifs de la recommandation 204 de l’OIT sur la transition de l’économie informelle à l’économie formelle,”

a ajouté George Mumba, Secrétaire général de MUZ.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

“Nous saluons les campagnes menées par le GMWU et le MUZ en faveur d’améliorations au sein du secteur de l’EMAPE. Ce secteur peut contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable, notamment l’ODD8 sur le travail décent et la croissance économique. Il est important que les gouvernements continuent à apporter un soutien concret à la croissance et à la formalisation de l’EMAPE.”

Cette visite d’échange s’inscrivait dans le cadre des activités du projet innovant de transformation syndicale qui promeut la formalisation de l’EMAPE au Ghana et en Zambie. Ce projet est soutenu par Union to Union, de Suède.

 

Pakistan : gouvernement et employeurs doivent garantir la sécurité dans les mines

Selon les affiliés d’IndustriALL, une soixantaine d’accidents a eu lieu dans les mines pakistanaises cette année, tuant plus de 90 travailleurs et en blessant gravement une quarantaine d’autres.

Lors d’une consultation tripartite organisée le 18 août au Pakistan avec le soutien de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat australien de l’industrie et de l’énergie, les employeurs, les représentants du gouvernement et la Fédération centrale des mineurs du Pakistan (PCMLF) sont convenu de l’importance de travailler ensemble pour une exploitation minière sûre.

 

Les participants sont tous convenu que la santé et la sécurité au travail sont une priorité absolue et ont débattu sur l’importance des équipements de sécurité sur les sites miniers, notamment des appareils de sauvetage, d’un éclairage adéquat, d’un équipement de lutte contre les incendies, d’un équipement de détection du gaz méthane et d’un système de ventilation approprié.

“Les propriétaires de mines doivent assumer la responsabilité de la santé et de la sécurité des travailleurs. Ils doivent dispenser une formation pour que le travail puisse être effectué en toute sécurité et informer les travailleurs des risques professionnels liés à l’exploitation minière. Nous demandons instamment au gouvernement de procéder à des inspections périodiques des sites miniers afin d’identifier les lacunes des mécanismes de sécurité,”

a déclaré Sultan Khan, Secrétaire général de la PCMLF.

L’inspecteur des mines du gouvernement a fait valoir que les propriétaires de mines sont tenus responsables lorsqu’ils ne respectent pas les procédures d’exploitation et qu’ils sont passibles d’une lourde amende si des manquements à la sécurité sont constatés lors des inspections, une déclaration contredite par les syndicats.

La loi pakistanaise exige la présence d’un médecin et d’une ambulance sur chaque site minier, mais cette disposition n’est pas appliquée. Comme il n’y a pas d’hôpitaux ou de pharmacies à des kilomètres à la ronde, les travailleurs et travailleuses sont privés de soins d’urgence en cas d’accident.

Les employeurs ont fait valoir que la négligence des travailleurs est également à l’origine des accidents, ce que les syndicats ont réfuté en affirmant que la sécurité relève de la responsabilité de la direction.

“Il y a une absence totale de protocoles de sécurité dans les bassins miniers du Pakistan. Les employeurs doivent investir dans les infrastructures de sécurité afin de prévenir les accidents du travail. Nous appelons le gouvernement du Pakistan à ratifier la Convention 176,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les registres de présence sont souvent mal tenus, ce qui favorise non seulement le vol de salaire mais entraîne également le refus d’indemnisation en cas de décès ou de blessure.

Le manque d’accès à l’eau potable ou à des toilettes sur le lieu de travail, ainsi que le fait que les travailleurs sont payés au rabais et ne sont pas couverts par la sécurité sociale, sont également quelques-uns des autres problèmes soulevés par les membres du syndicat.

Des travailleurs pakistanais obtiennent des hausses de salaires après une grève

Plus de 40.000 ouvriers tisserands de Faisalabad étaient en grève depuis le 1er août. Les syndicats réclamaient pour eux la hausse des salaires de 17 pour cent ordonnée par le gouvernement avec effet au 1er juillet.

Le mois dernier, l'inflation a atteint un niveau sans précédent au Pakistan. Les prix des produits de première nécessité, les denrées alimentaires en particulier, ont bondi avec les inondations catastrophiques qui ravagent le pays. L'absence d'un salaire de survie aggrave encore la situation des travailleurs.

Pour obtenir la hausse des salaires ordonnée par le gouvernement, les syndicats ont dû opposer une résistance farouche aux pressions des autorités pour qu'ils cessent la grève. Et les travailleurs ont poursuivi la lutte jusqu'à la signature d'un accord avec les employeurs. Les grévistes de la zone industrielle de Sudhar ont obtenu une hausse des salaires de 15 pour cent et 14 pour cent pour ceux de la zone de Ghulam Muhammadabad .

Pour Niaz Khan, le secrétaire général de l'ILUCIP,

"C'est une grande victoire pour les travailleurs qui ont résisté aux pressions pour qu'ils arrêtent leur grève. Maintenant, les syndicats doivent s'assurer que l'accord sera bien appliqué et que les travailleurs recevront ce que prévoit la convention."

Cette convention prend effet au 1er juillet et la hausse des salaires s'applique au mois de juin. Elle prévoit aussi que les propriétaires verseront des contributions de sécurité sociale pour leurs salariés. Ils devront aussi prévoir des installations nécessaires à la santé et la sécurité de leurs personnels.

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"IndustriALL félicite ses affiliés qui ont su tenir bon et remporter ce combat. Il est incroyable que les propriétaires des ateliers aient refusé d'appliquer le décret du gouvernement qui ordonnait une hausse des salaires en mars, ce qui a forcé les syndicats à agir. Cet accord témoigne de la force des travailleurs lorsqu'ils sont syndiqués."

La révision du code minier de Madagascar doit tenir compte des droits des travailleurs et des droits de l’homme

Lors des réunions consultatives sur le code, les syndicats avaient présenté leurs attentes, qui comprenaient la protection des droits des travailleurs et de ceux des femmes dans le secteur minier, l’amélioration des conditions de travail, y compris la réduction des longs temps de travail, la garantie de la santé et de la sécurité dans les mines et le versement de salaires vitaux adaptés au coût de la vie.

Les syndicats souhaitent que le code minier inclue l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, la protection des intérêts des communautés riveraines et des dispositions pour que les ressources minières contribuent au développement local. La modification du code minier est l’occasion d’adopter et d’intégrer les recommandations de la Vision minière africaine (VMA), qui défend l’idée que les ressources minérales peuvent être utilisées pour le développement économique et l’industrialisation.

“Les syndicats veulent un cadre de politique minière qui profite au peuple malgache. Sans un cadre politique et juridique solide, il est impossible pour le secteur minier de soutenir le développement durable. Le code minier doit promouvoir une meilleure gouvernance minière au profit des citoyens malgaches et protéger l’environnement. La VMA, à laquelle Madagascar a souscrit en tant qu’État membre de l’Union africaine, souligne le rôle essentiel que peuvent jouer les politiques qui maximisent les avantages tirés des ressources minières,”

a indiqué Remi Henri Botoudi, Président d’IndustriALL Madagascar.

20 représentants des affiliés d’IndustriALL ont participé à la réunion à Antananarivo les 25 et 26 août.

Afin de renforcer les capacités d’action des syndicats et d’obtenir une perspective syndicale sur le code minier, le bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne a commandé une étude à deux experts : Mutuso Dhliwayo, de l’Association zimbabwéenne du droit de l’environnement, et Toky Ravoavy, un consultant indépendant, pour aider les syndicats à approfondir leur compréhension et leur apprentissage des dispositions du code minier et de ce qu’il signifie pour les travailleurs et travailleuses.

Les experts ont présenté leurs conclusions lors de la réunion après avoir analysé les 14 chapitres du code minier et ont rejoint les syndicats sur les problématiques qu’ils ont soulevées, ainsi que sur l’importance cruciale des conventions collectives, de l’inclusion des organisations de la société civile et des communautés locales dans l’élaboration des politiques ainsi que de la VMA. En outre, il a été répété lors de cette réunion que les sociétés minières doivent inclure la protection de l’environnement dans leurs activités.

“Madagascar est riche en ressources minières qui peuvent être exploitées pour le développement de l’île et celles-ci sont extraites par les travailleurs et travailleuses. Les revendications syndicales pour des garanties de travail décent dans le code minier doivent être soutenues. Tout en reconnaissant que l’exploitation minière est un secteur dominé par les hommes, il est important de souligner que les femmes qui y évoluent ne doivent pas être discriminées par une exclusion du code minier. Le code doit répondre aux préoccupations de ces femmes, y compris en ce qui concerne la violence et le harcèlement fondés sur le genre,”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

20 participants issus des affiliés d’IndustriALL, la Fédération des Syndicats des Travailleurs des Entreprises Franches et Textiles (FISEMA/SEMPIZOF) et Sendika Kristanina Malagasy (SEKRIMA), ainsi que Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS) ont assisté à la réunion organisée à Antananarivo les 25 et 26 août avec le soutien de l’ACV-BIE, de Belgique. L’étude du bureau régional a été réalisée en coopération avec Union to Union, de Suède.

Les syndicats du ciment d'Asie-Pacifique se concentrent sur l'organisation et l'égalité de genre

Lors d'un atelier régional qui s'est tenu virtuellement le 26 août, 30 participants de l'industrie cimentière d'Indonésie, du Japon, des Philippines et de Thaïlande ont discuté des défis qui se posent aux travailleurs et travailleuses du ciment en Asie du Sud-est.

Partout, le secteur du ciment souffre d'un problème de surcapacités. Mais la guerre en Ukraine a apporté d'autres défis, comme le coût élevé de l'énergie qui impacte lourdement le secteur.

Les prix du charbon utilisé pour la production de clinker ont bondi en Asie du Sud-est, passant de 20-30 $ à plus de 400 $ la tonne, forçant les entreprises à rechercher d'autres sources de combustible. Si des sources alternatives réduisant les émissions et les coûts existent, leur impact sur les travailleurs et leurs communautés n'est pas toujours connu et nécessite l'intervention des syndicats.

Les participants ont échangé leurs expériences quant à la pratique croissante des employeurs de recourir à de la main-d’œuvre externalisée pour remplacer les salariés permanents qui partent à la retraite.

"Il est impératif d'organiser les travailleurs précaires. Actuellement, la plupart des travailleurs du ciment sont des externalisés sans la moindre sécurité d'emploi. Ils n'osent pas se syndiquer à cause des mesures d'intimidation qu'ils subissent. Les pratiques antisyndicales de PT Conch South Kalimantan Cement, une filiale du chinois MNC Anhui Conch Cement, donnent froid dans le dos,"

a confié Agus Sarjanto, le secrétaire général de la Fédération indonésienne des syndicats de travailleurs du ciment.

Ils ont aussi soulevé la question de l'intégration du genre dans le secteur du ciment.

Le Syndicat japonais des travailleurs de Taiheiyo Cement a déclaré qu'en 2013, l'employeur et le syndicat se sont donné pour objectif d'instaurer l'égalité entre hommes et femmes. La direction veut que son personnel soit composé à 30 pour cent de femmes et il a porté le nombre des cadres féminins à 9.

"Nous avons organisé des formations sur le harcèlement sexuel au travail. Des lieux sont réservés aux femmes, comme les salles de repos, les vestiaires, les salles d'eau et les cuisines, pour leur offrir un cadre de travail accueillant,"

a déclaré Akira Furutani, la présidente du syndicat de Taiheiyo Cement.

La crise mondiale de l'énergie a amené les cimenteries à augmenter de 20 à 30 pour cent l'utilisation de combustibles et matières premières de substitution. Le recyclage des déchets est la principale source de la région.

"Nous nous réjouissons de l'élargissement du réseau. Nos collègues japonais nous ont rejoints pour la première fois et nous ont fait part de leur expérience encourageante sur les questions de genre. IndustriALL continuera à aider ses affiliés du ciment à élaborer une politique industrielle durable dans la région. Nous suivrons de près l'évolution des surcapacités de ciment en Indonésie. Nous nous félicitons de la fusion syndicale décidée en Thaïlande et de l'élargissement de la négociation collective aux Philippines.

"L'industrie cimentière subit de grands changements et nous devons faire campagne pour une Transition juste, soutenir la transition des travailleurs vers de nouveaux emplois décents et verts par le biais du dialogue social et de l'implication des parties prenantes avec des stratégies économiques de développement durable fondées sur un devoir de diligence qui s'applique à toute la chaîne d'approvisionnement de l'industrie du ciment,"

a déclaré Alexander Ivanou, le directeur d'IndustriALL en charge des matériaux. 

Grève en Afrique du Sud pour un salaire vital

Selon l’organisme Statistics South Africa, l’inflation annuelle a atteint son plus haut niveau depuis 13 ans, soit 7,8 % en juillet, et les prix de la nourriture, de l’électricité, des carburants et des médicaments ont augmenté. Les ménages moyens ont besoin d’environ 5.000 rands (294 dollars) pour se nourrir. Les syndicats estiment que le salaire minimum national de 3.500 rands (206 dollars) doit être revu et que le gouvernement devrait introduire une allocation pour un revenu de base de 1.500 rands (88 dollars) afin de réduire la pression financière sur les travailleurs et travailleuses dont dépendent des membres de leur famille au chômage.

Les syndicats sont préoccupés par le niveau élevé du chômage, qui se situe à 34,4 %, tandis que le taux étendu, qui inclut les demandeurs d’emploi découragés, est de 44,4 %. Selon les chiffres officiels, sept millions de personnes sont au chômage.

 

La grève, à laquelle ont participé des organisations de la société civile et des organisations communautaires, était organisée par le Congrès des syndicats d’Afrique du Sud (COSATU) et la Fédération des syndicats d’Afrique du Sud (SAFTU), dont font également partie les affiliés d’IndustriALL Global Union.

Un membre du Syndicat national des mineurs, qui défilait à Pretoria, a déclaré :

“Le mouvement syndical exerce son droit de protester et demande au gouvernement de s’attaquer aux problèmes socio-économiques. Nous voulons que cette grève ait un impact afin que les revendications des travailleurs et travailleuses soient prises en compte et que des mesures soient mises en place pour améliorer les moyens de subsistance des travailleurs et de leurs familles.’’

“Nous sommes en grève pour défendre nos droits par rapport à un salaire vital, car nous n’avons pas assez d’argent pour payer nos dépenses quotidiennes. Le chômage est élevé et nos salaires ne sont pas suffisants pour couvrir les besoins essentiels. Grâce à cette grève, nous espérons que le gouvernement comprendra le message et donnera suite à nos doléances,’’

a ajouté un travailleur de la confection du Syndicat des travailleurs de l’habillement et du textile d’Afrique australe (SACTWU).

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a ajouté :

“Les travailleurs et travailleuses sud-africains se retrouvent dans la dèche avec l’augmentation du coût de la vie, mais les salaires ne suivent pas. C’est pourquoi les syndicats demandent des augmentations supérieures à l’inflation pour améliorer les salaires, comme lors des récentes négociations salariales dans la plupart des secteurs industriels. Nous soutenons cette grève et la poursuite du dialogue social pour créer des emplois et réduire le taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes.”

En Inde, les syndicats protestent contre les modifications à la législation du travail

Ces manifestations anticipent une réunion de tous les ministres du travail d'Inde dans l'État d'Andhra Pradesh, où se situe Visakhapatnam, pour y discuter de la formulation et la mise en application des règles contenues dans la nouvelle législation.

 

Depuis l'annonce de la nouvelle législation du travail, les travailleurs manifestent partout en Inde pour s'opposer à la volonté de fondre 44 législations du travail dans 4 codes du travail. Les organisations syndicales voient dans ces changements à la législation du travail une volonté de défaire les droits que le mouvement des travailleurs a durement acquis et qui étaient inscrits dans les textes précédents.

Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs de l'acier, du métal et de l'ingénierie d'Inde (SMEFI), qui est aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL, a déclaré :

"Le gouvernement actuel affiche un mépris total pour les droits des travailleurs. Les modifications de la législation du travail auxquelles s'ajoute une privatisation accrue des entreprises du secteur public vont exacerber l'emploi précaire et les mauvaises conditions de travail. Nous n'avons d'autre choix que de poursuivre notre combat."

En mai, les affiliés d'IndustriALL SMEFI et INSMMEEF (Fédération nationale indienne des salariés de l'acier, du métal, des mines métalliques et de l'ingénierie) avaient organisé une manifestation à l'aciérie de Visakhapatnam pour s'opposer à la privatisation. On estime à 100.000 le nombre de personnes dépendant directement ou indirectement de l'usine qui seront impactées par sa privatisation.

L’OIT statue que HICOM Malaisie viole la liberté syndicale

En février 2016, HICOM a licencié 32 membres du NUTEAIW pour avoir assisté à une réunion d’information syndicale après les heures de travail, en dehors des locaux de l’entreprise. À l'issue de réunions de médiation au département des relations sociales, 27 membres du syndicat ont été réintégrés. Cependant, l’entreprise a refusé de réintégrer les cinq autres dirigeants syndicaux locaux.

Après avoir épuisé toutes les voies judiciaires nationales, IndustriALL Global Union et le NUTEAIW (Syndicat national des travailleurs du matériel de transport et des industries connexes) ont déposé une plainte auprès de l’OIT en mai 2021, soulignant que le gouvernement malaisien avait failli à porter remède au comportement antisyndical de HICOM.

Selon le rapport définitif n° 399 du CLS de l’OIT, les actes posés par l’employeur constituent une intimidation. L’organisme international rappelle au gouvernement que les travailleurs et travailleuses ont le droit de tenir des réunions pacifiques et que l’employeur ne doit pas interférer dans les activités du syndicat. L’OIT recommande au gouvernement de faciliter une médiation afin d’explorer des solutions, y compris la réintégration des dirigeants syndicaux.

Le NUTEAIW se félicite de la décision de l’OIT.

“Nous sommes prêts à participer à une réunion avec le gouvernement et HICOM pour favoriser la réintégration des cinq syndicalistes. Les marques automobiles devraient intervenir dans ce conflit, car elles sont attachées aux normes internationales du travail. La décision de l’OIT a clairement établi que les syndicalistes exerçaient leurs droits après les heures de travail ; HICOM n’a pas le droit de contrôler le temps libre et les activités personnelles de ses travailleurs et travailleuses,”

a indiqué N. Gopal Kishnam, Secrétaire général du NUTEAIW.

“IndustriALL appelle HICOM à accepter la décision de l’OIT et à réintégrer les cinq dirigeants syndicaux. Une nouvelle escalade du conflit risque de jeter le discrédit sur HICOM et les marques concernées au niveau international,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Une conférence discute de propositions féministes pour renforcer les syndicats en Afrique

Les thèmes abordés traitaient notamment de la manière d'élaborer un agenda syndical féministe, de nouer des alliances et constituer des réseaux avec d'autres organisations féministes et de la société civile, d'éliminer les hiérarchies toxiques qui bloquent la participation des femmes, et de l'abandon des structures d'oppression patriarcale et genrée, notamment du déséquilibre des rapports de force.

Rose Omamo, la vice-présidente d'IndustriALL, a dit :

"L'action syndicale n'exclut pas le combat féministe pour l'égalité. Les syndicats doivent nouer des alliances avec des organisations de défense des droits des femmes pour contester les systèmes oppressifs. L'inégalité entre hommes et femmes est à la base de beaucoup de problèmes, dont les insuffisances des soins de santé, de l'éducation, les déficits de travail décent et le manque de promotion de l'égalité des genres et de l'inclusion sociale."

Les participants ont discuté des moyens d'utiliser le féminisme pour promouvoir la justice sociale et le développement durable. Ces thèmes ont été reconnus comme essentiels pour la mise en place d'un réseau de champions et championnes de genre sur les lieux de travail et dans les communautés dans le cadre d'un agenda syndical de transformation. Ils ont insisté sur la ratification de la convention 190 de l'Organisation internationale du travail pour l'élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Des sessions étaient consacrées à la relation d'expériences de harcèlement sexuel au travail, de dénigrement du physique, de pratiques culturelles nocives, et sur la manière pour les syndicats de les combattre.

Margaret Ndagile, de notre affilié Tanzania Union of Industrial and Commercial Workers (TUICO), a déclaré :

"Au syndicat, nous parlons régulièrement des questions de genre, mais le féminisme promeut davantage l'action. Cependant, il faut, dans les ateliers, plus de sensibilisation et d'éducation sur les possibilités d'utiliser la pensée féministe d'une manière qui implique les deux sexes."

La députée tanzanienne Neema Lugangira a expliqué que les discussions qui ont eu lieu pendant la conférence cadrent avec l'action qu'elle mène pour réclamer des terres pour les femmes, pour la garde d'enfants et pour garantir un travail décent dans les secteurs pétrolier, gazier et minier.

Bärbel Kofler, vice-ministre allemande à la coopération économique et au développement, qui est aussi syndicaliste, a expliqué la politique de développement féministe de l'Allemagne, qui met l'accent sur les droits, les ressources et la représentation, et sur l'importance de l'activisme des jeunes femmes dans la lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses. Elle était accompagnée des députées allemandes Tina Rudolph et Dagmar Schmidt, et d'Emilio Rossetti, chef de la section politique de la délégation de l'Union européenne en Tanzanie.

L'approche féministe est une des pistes que peuvent suivre les syndicats pour s'attaquer à la violence de la suprématie patriarcale et à son impunité, qui mènent à la violence et au harcèlement fondés sur le genre, a expliqué Patricia McFadden, une experte du féminisme d'Eswatini.

"Les systèmes d'oppression liée au genre ancrés dans le patriarcat doivent être rejetés dans le foyer comme au travail,"

a déclaré Bashiratu Kamal, une spécialiste du genre et du travail du Ghana.

"Cette conférence a été précieuse en ce qu'elle a permis de décrire les différentes manières dont le patriarcat s'exerce dans les organisations syndicales afin de maintenir les structures de pouvoir existantes. Le féminisme est un outil puissant pour réclamer le changement transformatif dont a besoin le mouvement syndical,"

a ajouté Kathrin Meissner, directrice du Centre de compétence syndicale de la FES (FES-TUCC) pour l'Afrique subsaharienne.

Une trentaine de participantes d'affiliés d'IndustriALL Global Union d'Afrique subsaharienne, d'organisations de la société civile, et des parlementaires d'Allemagne et de Tanzanie assistaient à la conférence. Cette conférence régionale sur le féminisme rassemblait des participantes du Botswana, du Ghana, du Kenya, du Lesotho, du Mozambique, de Namibie, du Nigeria, d'Afrique du Sud, de Tanzanie, d'Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe.

La réunion était organisée avec le soutien du FES-TUCC et du Bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne.