Arrestation de grévistes sur un chantier naval en Turquie

TURQUIE: Soixante-dix travailleurs d’un chantier naval turc ont été arrêtés pour avoir pris part à une grève sur le tas pour protester contre les conditions de travail abominables sur le chantier naval de Tuzla où 18 camarades de travail ont été tués au cours des sept derniers mois.

Le Président et le Secrétaire général de Limter-İş, le syndicat qui représente le personnel du chantier naval sont parmi les personnes arrêtées.

Dans une déclaration publiée dans la presse, le syndicat fait remarquer que la précarité des emplois sur le chantier naval est due généralement aux conditions de plus en plus dangereuses dans le travail. “Nos emplois pas plus que nos vies ne sont en sécurité… Ils disent chercher une solution, mais ils ne le font pas. La législation permet la pagaille, la sous-traitance, la flexibilité de l’emploi, l’exploitation et l’embauche de travailleurs non enregistrés”, déclare le syndicat.

“Soit il y aura une modification de la législation: le système de sous-traitance sera aboli, les patrons qui emploient de la main-d’œuvre sans payer les cotisations de sécurité sociale et sans prendre des mesures en faveur d’un milieu de travail sûr seront punis, soit il y aura toujours des morts.”

Les revendications de Limter-İş sont les suivantes:

Le district de Tuzla à Istanbul regroupe 95 pour cent des chantiers navals du pays appartenant au secteur privé, où la sous-traitance et l’emploi précaire deviennent la norme. Selon le syndicat, il y a environ 1.000 entreprises sous-traitantes sur les chantiers navals de Tuzla, ce qui rend presque impossible la syndicalisation, le respect des règles de sécurité et des droits fondamentaux, et la protection des travailleurs.

Limter-İş mène une action en faveur du droit à la négociation collective au nom des personnels des entreprises sous-traitantes. Le syndicat fait pression pour que les employeurs principaux sur les chantiers navals paient eux-mêmes les primes d’assurance sociale du personnel en sous-traitance, et appliquent les mesures de sécurité requises au lieu de laisser ce soin aux entreprises sous-traitantes.