Deux cent mille travailleurs marchent jusqu'au Parlement en Inde

INDE: Les travailleurs et travailleuses en Inde, représentés par toutes les grandes centrales syndicales et les fédérations nationales de salariés, se sont rassemblés dans la capitale nationale, le 23 février 2011, pour demander au Parlement indien de prendre de toute urgence des mesures visant à corriger la politique du gouvernement indien pour atténuer les souffrances immenses causées aux travailleurs et travailleuses et à la population par la hausse continue du prix des denrées de base, les infractions constantes à la législation du travail et les attaques contre les droits syndicaux, l’augmentation du chômage, la mise sous contrat irréfléchie des emplois, le travail occasionnel et l’externalisation.

Les centrales syndicales demandent qu’une action concrète soit entreprise pour obtenir la généralisation des prestations de sécurité sociale pour toute la main-d’œuvre non syndiquée sans aucune restriction, et le droit à l’attribution des sommes nécessaires au "Fonds national de sécurité sociale". Les centrales syndicales demandent également au gouvernement de mettre fin à la réduction des investissements dans les unités du secteur public.

Dans le mémorandum adressé au président du Parlement indien Lok Sabha, les centrales syndicales ont affirmé que le gouvernement indien ne tenait aucun compte des protestations innombrables des travailleurs et travailleuses, et au contraire, poursuivait implacablement des politiques qui accentuent les hausses de prix par une déréglementation du prix des produits pétroliers, une tolérance et une complaisance continues à l’égard de la spéculation sur le marché des produits de base, permettant à la Food Corporation of India (FCI) de laisser pourrir d’énormes stocks de céréales.

Les centrales syndicales estiment que l’argument du gouvernement indien selon lequel ‘la hausse du prix du riz est provoquée par l’augmentation des revenus’ est une plaisanterie de très mauvais goût. Elles affirment que la hausse des prix s’accompagne d’une augmentation des pertes d’emploi et du chômage, et d’une diminution des revenus en raison d’une sous-traitance massive et d’une précarisation de l’emploi, et que les gens font face en très grand nombre à une baisse rapide de la quantité de céréales et autres produits de base par habitant. Les centrales syndicales condamnent également les mauvaises politiques du gouvernement qui sont à l’origine d’une distorsion de l’économie, et qui font qu’en dépit d’une augmentation du taux de croissance du PIB, la part de la plus-value qui revient aux travailleurs et travailleuses est constamment en baisse.

Les centrales syndicales et les fédérations de salariés demandent au président du Parlement d’intervenir de toute urgence pour présenter les demandes suivantes, afin que le gouvernement prenne rapidement les mesures permettant de remédier à la situation:

Ces revendications ont été formulées à l’unanimité par toutes les centrales syndicales et fédérations de salariés au cours de la Convention pan-indienne des travailleurs qui s’est tenue le 14 septembre 2009. Ces revendications ont été reprises de nombreuses fois au cours de la "Journée pan-indienne des revendications" le 28 octobre 2009, dans des demandes (dharna) massives au Parlement, ainsi que dans les capitales des États fédérés et les centres industriels le 16 décembre 2009, à l’échelle nationale à Satygraha / Jail Bharo le 5 mars 2010 où un million de travailleurs et travailleuses s’exposaient à une arrestation dans tout le pays, et lors d’une grève générale massive le 7 septembre 2010 suivie par environ 100 millions de travailleurs et travailleuses.

Les membres des grandes centrales syndicales INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, ACCTU et UTUC, aux côtés des fédérations indépendantes de travailleurs et de salariés ont participé à la marche jusqu’au Parlement.