Les syndicats sud-africains se battent pour sauver 2.400 emplois dans le secteur du ferrochrome
Dans le secteur du ferrochrome, où les fonderies sud-africaines autrefois en pleine effervescence sont désormais à l’arrêt, les syndicats se battent pour sauver des emplois. Ce secteur, longtemps pilier des programmes de valorisation des minerais du pays, est en état de léthargie en raison des coûts élevés de l’électricité et de la sous-utilisation des capacités. À l’heure actuelle, seuls 11 des 66 fours à ferrochrome du pays sont opérationnels.
Les syndicats obtiennent un accord tarifaire
Après un lobbying intensif, une avancée modeste a été enregistrée le 27 février 2025 lorsque Glencore-Merafe Chrome et Samancor Chrome ont conclu un accord avec Eskom, la compagnie d’électricité publique, pour payer 0,62 rand (0,033 dollar) par kilowattheure au lieu des 0,877 rand (0,047 dollar) approuvés en janvier. Selon le NUM, le tarif s’élevait auparavant à 1,36 rand (0,073 dollar) par kilowattheure. Eskom a accordé cette réduction à condition que les fonderies qui avaient été fermées soient remises en production, sous réserve d’un contrat de cinq ans, de révisions tarifaires annuelles, de mécanismes de recouvrement des recettes et d’autres garanties destinées à protéger les finances précaires de la compagnie d’électricité.
Les entreprises maintiennent les licenciements malgré l’accord tarifaire
Ce compromis apparent a rapidement tourné au vinaigre. Les entreprises sont mécontentes des conditions imposées par Eskom, contestant les engagements à long terme et les clauses d’ajustement. Plutôt que de remettre en service leurs fours à l’arrêt, elles ont fait part de leur intention de procéder à des licenciements. Les syndicats accusent les employeurs de négocier de mauvaise foi : après avoir obtenu la baisse des tarifs, Glencore-Merafe Chrome et Samancor Chrome reviennent désormais sur leurs engagements en matière de préservation des emplois et de rétablissement des capacités.
Le NUM s’est dit choqué et déçu, en particulier par la décision de Samancor. « Cette décision représente un coup dévastateur pour les salariés », a déclaré le syndicat, « surtout après la lutte sans relâche du NUM pour négocier une baisse des tarifs d’électricité afin d’assurer la pérennité des activités de l’entreprise. »
Le Secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim, exige le retrait immédiat de toutes les notifications au titre de l’article 189, la réouverture des fonderies mises en sommeil et la reprise de véritables négociations avec Eskom sur les conditions litigieuses.
Des emplois sur la sellette dans un pays où le taux de chômage atteint 43 %
Les enjeux dépassent largement le cadre de ces deux entreprises. Le taux de chômage, pris au sens large, s’élève en Afrique du Sud à plus de 43 %. La destruction de milliers d’emplois du secteur formel a des répercussions considérables sur les revenus des ménages, les économies locales et la stabilité sociale.
Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :
« L’Afrique du Sud ne peut pas se permettre de perdre ces postes. Avec un taux de chômage déjà supérieur à 43 %, chaque emploi du secteur formel qui disparaît entraîne la perte des revenus d’une famille. Ces entreprises ont une responsabilité envers leurs travailleuses et travailleurs ainsi que les communautés qui en dépendent. Se soustraire à cette responsabilité n’est pas une décision de gestion, mais une décision à portée sociale. IndustriALL soutient pleinement ses affiliés, le NUM et le NUMSA, dans leur lutte pour sauver ces emplois. »