Le BIT au gouvernement coréen: les emplois précaires toujours privés de leurs droits

GENÈVE: Un rapport intérimaire du Comité de la liberté syndicale, adopté la semaine dernière par le Conseil d’administration du Bureau international du Travail, demande une fois de plus au gouvernement coréen de mettre en œuvre une réforme réelle de la législation du travail pour supprimer les obstacles qui empêchent les travailleurs/euses occupant des emplois précaires de se syndiquer ou de négocier collectivement.

Le Comité signale que "… tous les travailleurs, sans aucune distinction, qu’ils soient employés sur une base permanente, pour une durée déterminée ou en tant que salariés contractuels, doivent bénéficier du droit de créer et d’adhérer à des organisations de leur choix, et que le non-renouvellement d’un contrat pour des raisons antisyndicales constitue un acte préjudiciable aux termes de l’article 1 de la Convention 98".

La plainte — affaire numéro 2602 — a été présentée en 2006 par le syndicat coréen des métallurgistes, la Confédération coréenne des syndicats et la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), et dénonce avec documents à l’appui une série d’infractions dans les usines Hyundai Motors à Ulsan, Asan et Jeonju, et chez Hynix/Magnachip, Kiryung Electronics et KM&I. Le BIT a demandé à maintes reprises au gouvernement coréen d’enquêter sur ces allégations de répression syndicale et d’abus de droit, et de réintégrer ou d’indemniser les travailleurs/euses victimes d’infractions à leurs droits fondamentaux du travail.

En février 2009, une mission d’enquête de la Confédération syndicale internationale, de la FIOM et de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC) a eu la preuve que les personnes qui ont un emploi précaire en Corée continuent de ne pas pouvoir bénéficier des droits les plus fondamentaux, notamment le droit de se syndiquer, de négocier collectivement et de participer à un conflit du travail.

En ce qui concerne notamment le code pénal coréen 314 qui permet à l’employeur de requérir une peine de prison ou une indemnisation d’un syndicat ou de ses membres pour "obstruction au droit des affaires", le Comité a recommandé que le gouvernement coréen "prévoit l’adoption des mesures nécessaires, en consultation avec les partenaires sociaux concernés, pour établir une pratique générale d’investigation, plutôt que d’arrêter les grévistes, et que ces arrestations seraient limitées, même dans le cas d’une grève illégale, à des situations où surviennent des actes de violence", tout en notant que "la criminalisation des relations industrielles n’est en aucune façon propice à des relations industrielles harmonieuses et pacifiques".

Le BIT demande depuis près de dix ans au gouvernement coréen de réformer le code pénal 314 qui est l’objet d’une des plus longues plaintes du BIT — affaire numéro 1865.

Le Comité a exprimé sa "…préoccupation majeure pour les progrès limités en ce qui concerne les questions de fond soulevées par cette affaire".

La Corée n’a pas ratifié les conventions 87 et 98, néanmoins "…quand un pays décide de devenir membre de l’organisation, il en accepte les principes fondamentaux exprimés dans les Statuts et la Déclaration de Philadelphie, y compris les principes de la liberté syndicale et l’ultime responsabilité d’assurer le respect des principes de la liberté syndicale dont dispose le gouvernement", a déclaré le Comité.

Le rapport du Comité est publié ici sur le site de la FIOM.

La crise financière touche l'emploi et les droits des travailleurs/euses au Mexique

MEXIQUE: La main-d’œuvre employée au Mexique dans les chaînes d’approvisionnement de Nokia, Philips, Panasonic, IBM, HP, Lenovo, Sanmina, Jabil et Flextronics a subi 6.000 pertes d’emplois, des licenciements massifs, 10 pour cent de réduction salariale et une augmentation de 40 à 60 pour cent du nombre de contrats trimestriels et mensuels qui touche l’ensemble du personnel depuis 2008.

Cependant, Sanmina a affiché au quatrième trimestre une croissance de 20 pour cent par rapport à 2008, Nokia a récupéré les effectifs perdus en 2008, mais avec maintenant 75 pour cent d’emplois temporaires fournis par Manpower, Flextronics a annoncé 1.000 nouveaux postes de travail et Jabil a augmenté ses effectifs ouvriers de 136 pour cent, et HP et IBM ont annoncé de nouveaux projets d’investissement en 2010.

Ce troisième rapport sur les conditions de travail dans l’industrie électronique au Mexique, publié par CEREAL et paru le 17 novembre, indique que "dans la pire année de la crise, les entreprises ont gagné et les travailleurs/euses ont perdu".

Le rapport indique avec documents à l’appui des pertes massives d’emplois dans l’industrie électronique et la réembauche de travailleurs/euses avec des salaires plus bas, une charge de travail plus forte et un affaiblissement des droits, ainsi qu’une stabilisation de l’emploi.

"Des changements structurels sont nécessaires dans l’industrie électronique mexicaine pour que nous puissions garantir que toutes les entreprises de ce secteur sont socialement responsables, même en temps de crise économique", écrit CEREAL. Le ‘Labor Action and Reflection Center’ (Centre d’action ouvrière et de réflexion), une organisation non gouvernementale de défense des droits des travailleurs/euses de l’électronique au Mexique, travaille dans un environnement où le droit de se syndiquer est très restreint.

Le rapport est publié en anglais ici sur le site de la FIOM.

Non aux cancers professionnels en Australie

AUSTRALIE: Dans le cadre de sa campagne "Non aux cancers professionnels", le syndicat Australian Manufacturing Workers’ Union (AMWU) (syndicat australien des travailleurs de la fabrication) a réalisé une version locale de la brochure ‘Cancer professionnel, Zéro cancer’ publiée pour la première fois en 2007 par la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie.

La nouvelle publication se sert de l’information contenue dans la brochure mondiale et l’applique au contexte australien, en tenant compte de la législation australienne sur la sécurité au travail et de la réglementation sur les produits chimiques.

Selon les estimations, 60.000 personnes seront mortes en Australie d’ici 2020 à la suite de maladies liées à l’amiante. Bien que la nature mortelle de l’amiante ait déjà été reconnue dans les années 1930, l’Australie n’a pas interdit l’importation et l’exportation de l’amiante avant décembre 2003.

"Il a fallu des dizaines d’années de campagnes pour obtenir ce résultat avec l’amiante. Mais nous continuons d’introduire de nouvelles substances et de nouvelles technologies dans le travail sans effectuer les investigations indispensables et sans prendre les précautions nécessaires", a déclaré Dave Oliver, Secrétaire national de l’AMWU.

La sortie de la nouvelle publication coïncide avec la semaine de sensibilisation à l’amiante à Victoria, Australie, du 23 au 27 novembre. La semaine est un rappel puissant des effets de l’amiante et offre l’occasion de se souvenir et de soutenir les familles touchées par les maladies causées par l’amiante. Les représentant(e)s élu(e)s qui ont la charge des questions de santé et de sécurité au travail profitent également la semaine pour vérifier que leur employeur se conforme aux exigences légales.

La publication australienne peut être consultée ici sur le site de la FIOM.

Une version de la brochure mondiale Cancer professionnel, Zéro cancer en anglais, français, espagnol et russe se trouve ici.

Voir également: www.imfmetal.org/cancer

Journée internationale de lutte: les travailleurs/euses de Gerdau s'unissent

MONDE: Les travailleurs/euses de Gerdau ont organisé une journée de solidarité pour faire pression sur l’entreprise et s’attaquer aux problèmes auxquels les salariés sont confrontés dans un grand nombre de pays où elle mène des activités. Les travailleurs/euses insistent pour qu’une solution soit trouvée qui permette de mettre fin à la grève à Cambridge, Canada, et obtenir le renouvellement de la convention collective avec le syndicat SINTRAMETAL à Tuta et la réouverture de l’usine Duitama en Colombie, ainsi  que la reconnaissance du Comité mondial des travailleurs/euses de Gerdau.

Les travailleurs/euses des usines Gerdau au Brésil ont diffusé du matériel produit par le Comité mondial. Les syndicats de métallurgistes de São José dos Campos et de São Leopoldo ont distribué un bulletin spécial pour la journée d’action aux portes des usines Gerdau de la région.

En Colombie, les travailleurs/euses ont organisé une série d’évènements pour la Journée internationale de lutte. Le 17 novembre, une délégation syndicale s’est rendue à l’ambassade du Brésil en Colombie pour remettre une lettre dans laquelle elle protestait contre le comportement de l’entreprise dans le pays. Le diplomate responsable du commerce international a rencontré la délégation et accepté de prévoir une réunion avec l’ambassadeur au cours des prochains jours.

Les travailleurs/euses ont organisé le 18 novembre une réunion publique devant le siège de Gerdau. La délégation des travailleurs/euses de Gerdau était accompagnée de responsables de la FIOM de Genève et d’Amérique latine, parmi lesquels Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint de la FIOM et Jorge Almeida, responsables régional pour l’Amérique latine, et par des représentants de UTRAMMICOL et de FETRAMECOL, et du syndicat des employés de banque UNEB. Une réunion a également eu lieu à l’usine Gerdau à Tuta, où les travailleurs/euses ont distribué un tract du Comité mondial.

La Confédération chilienne des métallurgistes CONSTRAMET et les syndicats Gerdau-Aza 1-2 ont organisé une manifestation devant l’entreprise Salomon Sack, détenue par Gerdau-Aza. Les travailleurs/euses de Salomon Sack s’étaient mis en grève le 9 novembre, après que l’entreprise eut refusé d’envisager une hausse décente des salaires pendant la négociation collective et essayé d’imposer une convention collective de quatre années contre la volonté du syndicat. L’entreprise a tenté de briser l’unité des travailleurs/euses en ignorant le comité de négociation et en proposant de conclure des accords individuels avec le personnel. Après le rejet de la proposition de l’entreprise, celle-ci a refusé de poursuivre les négociations et a eu recours à des briseurs de grève pour continuer l’activité. Quatre-vingt dix salariés de Salomon Sack sont actuellement en grève.

Au Pérou, les deux syndicats de l’usine sidérurgique Gerdau à Chimbote se sont joints à une marche en centre-ville. Au cours de la marche, les travailleurs/euses ont apposé des affiches réalisées par le Comité mondial. Le syndicat des salariés Siderperu a également remis des tracts à tous/toutes les travailleurs/euses à l’intérieur de l’usine, diffusé des informations à la presse sur les grèves au Canada et en Colombie, et exigé la reconnaissance du Comité mondial des travailleurs/euses de Gerdau.

Réunion de coordination des délégués syndicaux de Leoni du Maroc et de Tunisie

MAGHREB: Vingt-deux délégués syndicaux et organisateurs syndicaux locaux de toutes les unités de production de Leoni au Maroc et en Tunisie se sont réunis à Hammamet, Tunisie, les 18 et 19 novembre 2009, pour établir une coordination syndicale régionale et contrôler l’application de la Déclaration de Leoni sur les droits sociaux sur ses sites de production au Maghreb.

Le séminaire était organisé par la FIOM, l’accueil étant assuré par les métallurgistes tunisiens. Des dirigeants de la FGME-UGTT de Tunisie et du SNTIMMEE-CDT du Maroc ont assisté à la réunion avec des représentants de IG Metall d’Allemagne. Cette activité fait partie du travail de la FIOM pour réaliser des mises en réseau et une coopération entre les syndicats chargés de la syndicalisation des travailleurs/euses des STN dans les différents pays où elles mènent des activités. Les multinationales en Tunisie et au Maroc sont des objectifs prioritaires pour les activités de la FIOM destinées à assurer un soutien aux syndicats du Maghreb.

Les conditions d’emploi et de travail sur chaque site de production dans les deux pays ont fait l’objet d’une présentation, et des renseignements ont été communiqués sur l’état des relations industrielles. Le taux extrêmement élevé des formes d’emploi précaire qui concerne jusqu’à 70 pour cent de la main-d’œuvre est un sujet de préoccupation. Cette situation, qui provoque un stress énorme chez les salariés, préoccupe énormément les syndicats. Le passage d’une variété d’emplois non-permanents ou même en sous-traitance à des emplois permanents occupe la première place sur la liste des revendications, comme étant la seule garantie pour la protection sociale des travailleurs/euses et pour assurer le respect des droits fondamentaux du travail et des droits syndicaux. Les délégués syndicaux ont fait remarquer que la direction ne tient aucun compte des propositions syndicales dans les discussions concernant le système de classification et l’absence de garantie en matière de santé et de sécurité pour les salariés.

Le comportement de la direction de l’entreprise est un très grand sujet d’inquiétude dans les deux pays car il a une incidence négative sur les syndicalistes, en ce sens qu’il les empêche d’établir un dialogue constructif et de négocier de bonne foi. Tous les participants ont soutenu en particulier la demande du syndicat local chez Leoni Mateur Sud, Tunisie, pour que la direction de l’entreprise abandonne la procédure judiciaire contre le Secrétaire général qui fait l’objet de tracasseries uniquement en raison de ses activités syndicales légitimes.

En dépit de l’engagement à respecter les droits sociaux, pris par Leoni envers ses clients et ses salariés dans tous les pays où l’entreprise mène des activités, sa direction en Tunisie et au Maroc ne montre aucun signe de respect pour les activités syndicales. Les représentant(e)s élu(e)s des travailleurs/euses et les militant(e)s syndicaux/ales sont l’objet de divers actes d’intimidation. Toutes les personnes présentes ont estimé qu’une action coordonnée aux niveaux national et régional était indispensable pour exercer un contrôle systématique de l’application de l’accord-cadre international (connu sous le nom de Déclaration sur les droits syndicaux) signé en 2003 par Leoni avec la FIOM et le Comité d’entreprise européen. Les mécanismes visant à établir un réseau de communication avec le soutien de la FIOM ont été définis de façon à assurer l’échange systématique d’informations entre les syndicats présents chez Leoni en Tunisie et au Maroc, et avec IG Metall et les syndicats présents chez Leoni dans d’autres pays.

Informée de la réunion prévue, la direction de Leoni Tunisie a exprimé avec insistance son intérêt à y prendre part. Le programme a donc été remanié de façon à inclure une consultation informelle avec les représentants de la direction à l’issue du séminaire. Malheureusement, personne n’est venu et aucune explication n’a été donnée.

Décès de Neil Kearney, Secrétaire général de la FITTHC

MONDE: La FIOM est profondément attristée d’apprendre la disparition de Neil Kearney, Secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC). Kearney est décédé d’une crise cardiaque dans son sommeil dans les premières heures du jeudi 19 novembre à Dhâkâ, Bangladesh.

Kearney était un ardent défenseur des droits des travailleurs/euses. Il s’est dépensé sans relâche pour mettre fin aux conditions dans les ateliers de misère du monde entier, au travail des enfants sous ses pires formes et aux terribles conditions de travail dont il a été le témoin dans le monde en développement.

Kearney devient à 59 ans le Secrétaire général de l’ITGLWF en 1988. Né à Donegal en Irlande, il commence sa carrière syndicale au syndicat national irlandais des tailleurs et des travailleurs de l’habillement en 1972. En 1998, il reçoit le prix international "Il Natale, La Notta della Vita" pour son action pour l’élimination du travail des enfants dans le monde. L’année suivante, il reçoit le " Work and Environment Award" de l’Associazione Ambiente e Lavoro pour son travail pour l’amélioration des conditions de travail dans le monde en développement.

La FIOM porte le deuil de la perte de ce champion infatigable des droits des travailleurs/euses et exprime ses profondes condoléances à la famille de Neil, à ses amis et ses collègues. "Nous avons perdu un défenseur courageux des droits des travailleurs/euses dans le monde, un organisateur efficace et un ami cher. Je n’ai jamais cessé d’admirer Neil pour son énergie et sa passion" déclare le Secrétaire général de la FIOM Jyrki Raina. "Il va beaucoup nous manquer" ajoute-t-il.

Il laisse dans le deuil sa femme, Jutta, et deux filles, Nicole et Caroline. La date des obsèques n’a pas encore été décidée.

Les syndicats font honte au directeur financier de Vale à Madrid et protestent à Séoul

CORÉE/ESPAGNE: Une cinquantaine de syndicalistes ont entrepris une action le 16 novembre devant les bureaux du géant minier brésilien Vale S.A. au centre de Séoul où des membres d’une délégation internationale du Canada et du Brésil se sont tondus pour protester contre les attaques de Vale contre les travailleurs/euses au Canada, et contre le traitement injuste des travailleurs/euses de l’entreprise dans le monde entier.

Environ 3.500 membres de United Steelworkers (USW) sont en grève dans les installations d’extraction minière de Vale au Canada depuis plus de 120 jours, tandis qu’au Brésil, les travailleurs/euses employé(e)s dans les installations de Vale se voient dénier les droits du travail les plus élémentaires. La délégation internationale comprend les membres de l’USW en grève Tim Kiley et Nick Larochelle, ainsi que Sergio Guerra de Sindimetal-ES, CNM-CUT du Brésil.

La cérémonie de tonte des cheveux est une tradition particulièrement émotionnelle et honorée en Corée; elle symbolise l’une des formes les plus élevées de protestation. Ceux qui se sont tondus à ras sont aussi des membres du syndicat en grève qui ont pris part à différentes luttes plus ou moins longues.

Des responsables syndicaux ont donné lecture au cours de la manifestation d’une lettre remise à Korean Nickel, dont Vale détient 25% des parts, et qui reçoit en tant que client de Vale, du métal provenant des installations de production au Canada. "Nous envoyons un message à Vale pour que l’entreprise sache qu’elle ne peut pas se cacher pour nous éviter", a déclaré Sergio Guerra, Secrétaire général d’une section du syndicat brésilien CNM-CUT. "Nous irons aussi loin qu’il faudra et cela nous prendra le temps qu’il faudra pour que les travailleurs/euses de Vale obtiennent justice".

L’action était organisée par le syndicat coréen des métallurgistes (KMWU), affilié à la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et soutenue par la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), le syndicat coréen de la chimie et du textile, la fédération coréenne des syndicats de l’industrie de la construction, et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM).

Le 18 novembre à Madrid, une délégation de représentant(e)s de la FIOM et des syndicats espagnols de UGT et CC. OO s’est rendue à l’Hôtel Castellana Intercontinental de Madrid où le directeur financier de Vale Fabio Barbosa parlait à une conférence de haut niveau sur l’investissement. Pour bien faire comprendre à l’entreprise la détermination de la FIOM et de ses affiliés pour continuer de soutenir les travailleurs/euses de Vale, la délégation a distribué des brochures d’information à toutes les personnes assistant à la conférence. Quand M. Barbosa est arrivé pour prendre la parole, Jenny Holdcroft de la FIOM lui a dit que l’entreprise devait s’attendre à d’autres actions dans différentes parties du monde, tant qu’elle continuera à bafouer les droits des travailleurs/euses; elle lui a demandé de transmettre ce message à la direction de Vale.

Pour tous renseignements complémentaires: www.imfmetal.org/Vale.

La FEM présente une revendication commune sur l'emploi précaire

ESPAGNE: Les syndicats européens de métallurgistes se sont réunis à Madrid les 17 et 18 novembre pour la 6ème Conférence de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM) sur la politique de négociation collective, pour débattre et approuver la 2ème revendication commune européenne contre l’emploi précaire et pour une meilleure sécurité de l’emploi.

La 1ère revendication commune de la FEM sur la formation, présentée quatre ans auparavant, a permis de soulever cette question dans la grande majorité des séries de négociation collective qui ont eu lieu à travers l’Europe, et qui ont permis dans de nombreux cas d’obtenir des résultats concrets.

La 2 ème revendication commune sur l’emploi précaire demande aux 75 syndicats affiliés à la FEM de s’engager à poursuivre durant les quatre prochaines années un programme de négociations qui s’attaque aux conséquences négatives de l’emploi précaire.

La revendication est basée sur les points suivants:

"La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie se réjouit de cette avancée stratégique importante contre la croissance de l’emploi précaire partout dans le monde", déclare Jenny Holdcroft, Directrice de la FIOM pour les TIC, l’aérospatiale et l’égalité des chances.

"Avec les retombées continuelles de la crise financière mondiale, des millions de travailleurs/euses qui avaient des emplois précaires ont perdu leur travail. Pour les employeurs, la suppression des emplois temporaires et intérimaires fournis par des agences privées d’embauche est un moyen facile et bon marché de réduire leur main-d’œuvre. Les syndicats s’emploient à inverser cette situation en se battant pour changer la législation et, comme dans le cas présent, par la négociation collective", ajoute Holdcroft.

Pour tous renseignements complémentaires, voir: http://www.precariouswork.eu/Campaign-Activities/6th-EMF-Collective-Bargaining-Policy-Conference.

Une communication syndicale mondiale efficace

MONDE: Plus de 50 participant(e)s de tous les continents se sont rencontré(e)s à Francfort au premier Forum des communicateurs des deux fédérations de métallurgistes, européenne et internationale, organisé les 17 et 18 novembre au siège de IG Metall.

Les travaux du Forum étaient répartis en six séances qui ont donné l’occasion à des professionnels de la communication et à des responsables syndicaux représentant les affiliés de la FIOM et de la FEM de partager leur expérience sur l’application des nouvelles techniques utilisées dans les médias, de faire le bilan des campagnes syndicales basées sur un réseau efficace de communicateurs et de les renforcer, d’envisager des tactiques de syndicalisation et de se concentrer sur la question importante du changement climatique.

La séance sur l’application des nouveaux médias et sur les résultats obtenus avec la participation de Valter Bittencourt (CNM-CUT), Rick Sloan (IAM) et Eric Lee (LabourStart), et avec l’exposé de Marte Ingul, conseillère en communications du Parti norvégien du travail sur les stratégies de campagne efficaces basées sur le web qui ont été utilisées en Norvège aux dernières élections parlementaires européennes, ont donné aux participant(e)s l’occasion unique de comprendre comment les syndicats peuvent utiliser efficacement dans leurs travail quotidien FaceBook, YouTube, Flickr, LinkedIn et bien d’autres ressources modernes basées sur le web.

La séance sur l’organisation des membres des syndicats dans l’industrie métallurgique, basée sur les exposés présentés par Vonny Diananto (FSPMI), Olga Masson (ITUA), Diana Petrova (Metalicy) et Caroline Jacobsson (FEM), de même que les séances du lendemain en rapport avec cette question pour établir le bilan des campagnes menées récemment par les métallurgistes, et la discussion au Forum sur la manière de renforcer les campagnes sur les droits syndicaux, ont aidé les participant(e)s à déterminer différentes voies qui permettraient de syndiquer les métallurgistes, en particulier les jeunes. La discussion a également porté sur la façon de mener des campagnes syndicales mondiales efficaces portant sur différents sujets qui préoccupent les travailleurs/euses du monde entier, et sur les moyens les plus efficaces de diffuser l’information dans les syndicats afin de protéger les droits syndicaux chaque fois que cela est nécessaire et quel que soit le lieu.

Le Forum a également examiné la question du changement climatique et la participation des syndicats à la réunion de Copenhague, ainsi que la façon de mettre en place un réseau de communication et de réaliser une enquête sur la base de l’expérience européenne fournie par Mans Martensson, directeur multimédia de Eurofound, une agence de l’Union européenne axée sur l’amélioration des conditions de vie et de travail en Europe par la recherche, la collecte de l’information et la diffusion de ses conclusions.

Le Forum a servi avec succès de support à l’amélioration de la campagne mondiale conjointe visant à protéger les droits du travail et améliorer la syndicalisation.

Les exposés et autres documents présentés au Forum sont publiés sur le site de la FIOM: www.imfmetal.org/communicators2009.

Le tribunal suspend jusqu'en mars sa décision concernant Sinter Metal

TURQUIE: Les travailleurs/euses de Sinter Metal, qui se battent depuis décembre 2008 pour obtenir leur réintégration dans l’entreprise après leur licenciement pour avoir adhéré au syndicat Birlesik Metal – IS, n’ont pu retenir leur émotion en apprenant qu’il fallait encore attendre quatre longs mois avant qu’un tribunal se prononce sur la légalité de leur licenciement.

Pour la troisième fois, le tribunal a remis illégalement sa décision à plus tard, ce qui aura un impact important sur la vie et les moyens de subsistance des 350 travailleurs/euses. Selon la législation turque du travail, ce type d’affaire judiciaire doit être résolu dans les deux mois, et pourtant les conflits du travail comme celui de Sinter Metal durent souvent des années. Le retard de la récente décision de justice, où toutes les parties anticipent qu’elle sera dans l’intérêt des travailleurs/euses, met en évidence l’échec du système judiciaire turc pour protéger les droits des travailleurs/euses.

" Ce qui s’est passé aujourd’hui dans ce tribunal est scandaleux", a déclaré Kristyne Peter de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, qui était invitée par le syndicat pour exercer un contrôle international de justice. "Il est tout aussi scandaleux que, bien que le gouvernement turc prétende soutenir les principes démocratiques, des libertés démocratiques fondamentales comme la liberté syndicale sont refusées aux travailleurs/euses des usines du pays, de même que dans les rues de Taskim pour le Premier Mai. Les travailleurs/euses doivent bénéficier des droits fondamentaux du travail si la Turquie veut faire partie de l’Union européenne", a dit Kristyne Peter en s’adressant à la foule des membres des syndicats devant le palais de justice.

Le 13 novembre au matin, environ 150 travailleurs de Sinter Metal, accompagnés de leurs familles et de collègues syndiqués ont défilé dans les rues d’Istanbul en se rendant au tribunal et en scandant "Justice différée est justice refusée!" et "Nous ne sommes pas seuls! Nous gagnerons!". Les gens battaient des mains depuis les balcons et devant les boutiques en signe de soutien. Devant le tribunal, la tension était réelle alors que les travailleurs/euses attendaient en silence la décision. Ces gens ont devant eux la perspective d’un nouvel hiver long et froid aux portes de l’entreprise, où ils ont déjà organisé leur action de protestation huit heures par jour, cinq jours par semaine.

La FIOM et la Fédération européenne des métallurgistes font activement campagne en faveur des travailleurs/euses de Sinter Metal et demandent instamment aux affiliés de contribuer au fonds de solidarité Sinter Metal pour soutenir les travailleurs/euses dont les prestations de chômage et de soins de santé sont supprimées depuis juin.

Pour plus de renseignements sur la campagne conjointe FIOM/FEM, cliquer sur: www.imfmetal.org/SinterMetal.