Des groupes de défense des droits du travail protestent contre le comportement de Gold Peak

CHINE: Dans un appel urgent pour l’envoi de lettres à Gold Peak, Good Electronics signale la demande d’ouverture d’une enquête sur la violence exercée contre les travailleurs/euses par les agents de sécurité de Power Pack, une succursale de Gold Peak à Huizhou, Chine, pendant une grève en décembre.

Des groupes chinois non gouvernementaux de défense des droits du travail, dont Globalization Monitor et Asia Monitor Resource Centre, demandent également à Gold Peak de payer les frais d’hospitalisation complets des travailleurs blessés par ces actes de violence et d’indemniser les personnes licenciées à la suite de ces incidents.

En décembre 2009, l’insatisfaction croissante créée par les bas salaires dans l’usine a amené le déclenchement d’une grève de deux jours qui a mal tourné quand trois travailleurs ont été enfermés et maltraités par des agents de sécurité de l’entreprise. Au cours de la grève, les travailleurs/euses ont bloqué les entrées ainsi que la route principale menant au complexe.

Quatre salariés de Power Pack ont ensuite été convoqués au poste de police local dans le cadre de l’enquête sur le blocage de la route. Il y avait parmi eux Mme Wang Fengping, une ingénieure de 45 ans employée par Gold Peak depuis 1995. Mme Wang souffre d’une insuffisance rénale grave causée par une exposition au cadmium dans son travail chez Gold Peak. Mme Wang a été relâchée après 10 heures d’interrogatoire en raison de son état de santé; les trois autres travailleurs ont été détenus jusqu’au 2 janvier 2010. Après sa détention au poste de police, Gold Peak a licencié Mme Wang.

Ces problèmes récents chez Power Pack doivent être vus dans le contexte de la question non résolue de l’indemnisation des travailleurs/euses de Gold Peak victimes d’une exposition au cadmium. Au cours des dernières années, des centaines de travailleurs et de travailleuses employé(e)s à la fabrication des piles et batteries au cadmium ont été diagnostiqué(e)s avec un empoisonnement au cadmium ou présentant un taux excessif de cadmium dans l’urine. Jusqu’à cette date, la direction de Gold Peak et les travailleurs/euses n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la méthodologie employée pour le diagnostic et sur le montant de l’indemnisation.

Les batteries et piles de Gold Peak sont utilisées dans tous les types de jouets et de matériels électroniques.

Cliquer ici pour rejoindre l’appel urgent de Good Electronics à Gold Peak pour améliorer la conduite de l’entreprise: http://goodelectronics.org/urgent-appeals/letters/gold-peak/

Syndicalisation dans la métallurgie indienne

INDE: Les dirigeants syndicaux réunis en Inde dans le cadre d’un projet de syndicalisation de 20.000 sidérurgistes ont été choqués par les conditions en vigueur lors d’une visite à l’aciérie de Bhilai dans l’État de Chhattisgarh.

"Ce que j’ai vu dans l’aciérie de Bhilai rappelle les conditions de travail dans la sidérurgie suédoise dans les années 1940 et 1950", a déclaré Eric Andersson, ancien ouvrier d’une fonderie de cuivre et membre de la fédération syndicale suédoise IF Metall.

L’aciérie, la plus grande du pays, emploie 40.000 personnes, dont 28.000 sont membres du syndicat affilié à la Fédération nationale indienne des métallurgistes (INMF). Les 12.000 autres travailleurs/euses occupent des emplois précaires ou travaillent en sous-traitance.

"Les conditions de travail dans l’usine sont terribles, notamment pour les emplois précaires; beaucoup de ces travailleurs n’ont pas de casques, de vêtements de protection et de chaussures de sécurité, absolument nécessaires dans un milieu de travail aussi dangereux. Ma femme porte de bien meilleures chaussures à la plage!" a fait remarquer Andersson.

Les dirigeants syndicaux se sont rencontrés le 15 et le 16 janvier 2010 à New Delhi pour la première réunion du Comité national du projet de syndicalisation de la FIOM dans la sidérurgie indienne.

Le projet, approuvé par le Comité de la FIOM pour l’Inde et soutenu par SASK et LO-TCO, cherche à répondre à la pénurie absolue de protection pour des milliers de travailleurs dans les unités de production de fer spongieux et les énormes STN de la sidérurgie installées en Inde, où il y a une présence syndicale dans seulement quelques usines du secteur public pour représenter une partie de la main-d’œuvre permanente.

Le projet appuiera les efforts menés conjointement par les affiliés de la FIOM, INMF et SMEFI, pour syndiquer 20.000 travailleurs sur une période de trois ans. Il est significatif que dans le contexte d’un mouvement syndical extrêmement fragmenté et divisé, les syndicats aient accepté de réunir leurs forces, réaliser l’unité, sans entrer en concurrence pour gagner des membres dans les trois États.

Au cours de la réunion, le Comité a examiné les résultats de l’étude réalisée en 2009 dans la sidérurgie dans les trois États, Orissa, Jharkhand et Chhattisgarh, où le projet sera mis en œuvre entre 2010 et 2012. L’étude complète couvre également trois autres États où l’on peut espérer étendre le projet de syndicalisation à une étape ultérieure.

L’étude, qui sera publiée en 2010, indique la localisation des aciéries existantes, des unités produisant du fer spongieux et des principaux sites de production, ainsi qu’une ventilation de la main-d’œuvre totale, y compris les travailleurs/euses précaires et les non-manuels. La localisation confirme également l’absence aiguë de syndicalisation dans l’industrie et le besoin urgent d’aborder les graves problèmes de santé et de sécurité, ainsi que les droits des travailleurs/euses au travail.

Le Comité qui supervise le projet se compose des secrétaires généraux et des directions régionales des deux fédérations nationales représentant les secteurs de la sidérurgie et des mines en Inde, INMF et SMEFI, ainsi que des représentants de Metalli et TU (Finlande), IF Metall et Unionen (Suède), du coordonnateur régional de SASK pour l’Asie du Sud, du responsable du projet au siège de la FIOM et du directeur de la FIOM pour la région Asie du Sud.

Lors de la réunion, INMF et SMEFI ont consolidé leur accord politique visant la coopération et le renforcement des fédérations nationales. La FIOM attend avec intérêt la contribution et l’échange d’expériences avec les affiliés suédois et finlandais qui appuient le projet.

Le travail illimité est en hausse

SUÈDE: Le travail "sans frontière" est une réalité pour beaucoup de membres du syndicat Unionen. On peut y voir un aspect positif de la tendance actuelle dans l’organisation du travail et les horaires de travail, mais le fait de devoir être disponible à tout moment peut engendrer du stress, comme le montre une étude menée récemment par un affilié suédois de la FIOM, le syndicat Unionen, qui représente les travailleurs et travailleuses occupant des emplois non manuels.

Les nouveaux outils de communication et les médias numériques ont ouvert la voie à une durée du travail encore plus flexible dans la vie professionnelles. Il est de plus en plus difficile pour de simples individus de fixer des limites au travail et de marquer une distinction claire entre le travail et la vie privée. Le modèle de la semaine normale de travail et des heures supplémentaires n’est plus la règle. C’est particulièrement vrai pour les personnes engagées dans des projets ou dans un travail d’équipe occasionnel avec des méthodes de travail et des objectifs différents dans des entreprises et des pays différents. Actuellement, le travail d’équipe occasionnel est de plus en plus courant sur le marché du travail et répond à la pression des entreprises qui exigent davantage de flexibilité et d’ajustement à l’évolution de la demande de la clientèle.

Plus de la moitié des personnes ayant répondu à l’enquête ont indiqué une absence d’action en retour et de conseils de la part de leur patron, ce qui est ressenti comme un inconvénient quand ces personnes doivent faire face à des situations critiques. Le fait de devoir accomplir une tâche pour une date précise est considéré comme un avantage et permet une meilleure planification du temps. Un degré important d’autodétermination et d’autonomie dans l’organisation du travail est bon tant que les ressources nécessaires sont disponibles sous forme de temps, de connaissances et d’autonomie. L’absence de ces moyens peut amener une tension plus forte et un niveau plus élevé de stress.

Bien que beaucoup de non-manuels soient satisfaits de leur emploi, un nombre croissant d’entre eux ressent du stress et exprime une insatisfaction pour le parcours professionnel. Le lieu de travail et les horaires de travail sont susceptibles d’empiéter de plus en plus sur la vie familiale dans l’avenir. La prise de conscience du temps prend donc une importance accrue, tout comme la question de l’équilibre entre le travail et la vie. Il appartient à chaque travailleur et à chaque travailleuse de prendre la responsabilité de gérer son propre temps et sa propre charge de travail.

Pour Unionen, cette évolution comporte un certain nombre de défis:

L’étude "Fria eller förvirrade" (libre ou confus), disponible uniquement en suédois, peut être téléchargée sur le site du syndicat Unionen: https://www.unionen.se

Émancipation des femmes au Mozambique

MOZAMBIQUE: Un atelier sur la situation des femmes organisé à Maputo a révélé que la pression économique de plus en plus grande et la détérioration des conditions de santé ne sont que quelques-uns des défis auxquels les travailleuses font face au Mozambique. En décembre 2009, 25 travailleuses appartenant à des entreprises et des usines d’une même région ont participé à un atelier de formation.

Bien qu’elles soient juridiquement définies comme étant ‘égales’, la réalité est très différente pour les travailleuses au Mozambique. L’inégalité, le harcèlement sexuel et la discrimination sévissent malgré les efforts entrepris par l’État pour promouvoir l’émancipation des femmes. L’écart entre les sexes dans le domaine de l’égalité au Mozambique s’ajoute à la dépendance de l’aide étrangère. Du fait que la majorité de la population active travaille dans une agriculture de subsistance, la population vit généralement en dessous du seuil de pauvreté. Les femmes doivent se battre contre le harcèlement, les mauvais traitements et une pauvreté de plus en plus grande. Prostitution et migration sont en augmentation, et beaucoup de femmes sont exposées à des traumatismes.

Ouvert par le secrétaire général de Sintime, le camarade Domingos Tembe, l’atelier avait pour objet d’aider les travailleuses à renforcer la position de leur syndicat sur le lieu de travail. Il a également servi de plate-forme sur laquelle des réseaux de femmes syndicalistes pourraient se créer et se renforcer. La camarade Maria Lopes de la CNM-CUT/Brésil et la camarade Amélia Bibiana de l’OTM-CS/Mozambique ont assuré la direction de l’atelier avec une présentation didactique, du travail en groupe et un partage des expériences. Elles étaient assistées par Kapita Tuwizana et Suzana Miller, respectivement du bureau régional et du bureau international de la FIOM.

Les problèmes révélés par les participantes ont de multiples facettes. Elles n’ont pas seulement signalé des infractions à leurs droits par des employeurs, mais elles ont aussi insisté sur leur propre manque de compétences dans de nombreux domaines. Les questions relatives à la santé et la sécurité qui ont été discutées portaient sur un manque de formation sur la façon d’éviter les accidents, et sur le fait que travailleuses et travailleurs ne font pas bon usage de tous les dispositifs de sauvegarde et de sécurité mis à leur disposition pour assurer la protection. D’autres problèmes ont également été soulevés, comme le congé de maternité de courte durée et un manque de connaissances sur les questions relatives au droit du travail. Les syndicats n’ont pas suffisamment de pouvoir pour mobiliser travailleuses et travailleurs et les aider à surmonter ces problèmes.

Le syndicat Sintime a beaucoup de tâches à remplir si ces problèmes sont à résoudre. Outre la formation et la mobilisation des travailleuses et des travailleurs sur les questions de santé et de sécurité au travail, le syndicat doit engager la centrale nationale à exercer une action au niveau gouvernemental pour obtenir un allongement du congé de maternité. Sintime doit jouer un plus grand rôle dans la négociation collective, s’assurer que les travailleuses y participent activement et se fassent entendre. Afin de promouvoir une sensibilisation et une appréciation sur les questions liées aux spécificités de chaque sexe, les travailleuses doivent parfaire leur éducation et leur formation pour être en mesure de participer efficacement aux négociations et soulever les questions relatives à l’égalité entre femmes et hommes.

Le rapport entre les travailleuses et la structure syndicale actuelle doit également faire l’objet d’une réforme. L’atelier organisé à Maputo a révélé des divisions dans les opinions exprimées par les travailleuses sur ce sujet. Certaines estimaient que la structure syndicale actuelle permet encore de faire face aux défis politiques et organisationnels, alors que d’autres ont proposé une restructuration syndicale capable de mieux servir les intérêts des travailleuses. Les travailleuses aimeraient beaucoup que dans l’avenir, une femme soit élue secrétaire générale de Sintime, et il est évident qu’il y a encore beaucoup à faire pour établir des relations de confiance entre le syndicat et les membres féminins.

Pour aborder les problèmes auxquels les femmes sont confrontées, travailleuses et syndicats doivent agir ensemble. L’atelier a été en mesure de recommander la mise en œuvre de plusieurs actions tant par les travailleuses que par les syndicats. Le nombre de femmes dans les syndicats doit être augmenté par des campagnes de recrutement et la création de comités de travailleuses sur le lieu de travail qui permettraient de renforcer leur position et de prendre en compte leurs besoins. En outre, il faudrait organiser davantage d’ateliers de formation pour promouvoir l’égalité entre femmes et hommes, la santé et la sécurité, la négociation collective et une formation sur la législation du travail. Sintime a besoin d’engager les parties prenantes à obtenir un allongement du congé de maternité et à offrir des possibilités de développer des programmes d’échange avec des femmes d’autres pays. L’atelier de formation organisé à Maputo a été une réussite, en ce sens qu’il a permis de démarrer un processus d’aide aux travailleuses pour renforcer la position de leur syndicat sur le lieu de travail. Les participantes ont généralement déclaré avoir été très satisfaites de l’atelier, qui a bénéficié d’une aide financière du CAW et de la CNM-CUT.

Syndiquer 31 millions d'Américains sans emploi

ÉTATS-UNIS:  Le syndicat International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAM) et ses partenaires ont lancé l’organisation Ur Union of Unemployed (chômeurs non syndiqués) — surnommée UCubed — le 15 janvier 2010 pour venir en aide à plus de 31 millions d’Américains sans emploi.

En s’inscrivant sur le site, UCubed relie les travailleurs/euses au chômage par code postal et établit des "cubes" de six personnes pour mettre fin au sentiment de solitude. UCubed vise à rassembler les gens — les personnes au chômage tout comme celles qui sont sous-employées — afin de réaliser une communauté de militant(e)s de l’emploi, chargée de créer des réseaux locaux, de se soutenir mutuellement et d’aider à réaliser des campagnes pour l’emploi.

En invitant les personnes au chômage à rejoindre l’organisation, R. Thomas Buffenbarger, président international de l’IAM explique pourquoi les ‘Machinists’ ont établi UCubed.

"Plus de 35.000 membres de notre syndicat ont été licenciés. D’autres ne travaillent que quelques heures par semaine car leur employeur n’a pas suffisamment de commandes à remplir. Et la reprise réelle, pas la fausse reprise de Wall Street, semble encore loin", dit Buffenbarger.

En créant UCubed, l’IAM espère alléger les gens du fardeau du chômage et organiser des activistes de l’emploi dans une campagne politique pour la création d’emplois dans tous les secteurs de l’économie américaine.

"Quel que soit le côté vers lequel nous nous tournons, nous constatons les dévastations personnelles causées par cette grave récession. Et nous espérons que UCubed apportera un peu de soulagement — la fin du sentiment de solitude, la chance de réaliser une chose qui soit unique et utile, et l’occasion pour les personnes au chômage de pouvoir changer les choses et d’améliorer la situation", ajoute Buffenbarger.

Pour plus de renseignements: http://www.unionofunemployed.com/

Remise sur pied en 2010 du secteur de la sidérurgie en tenant compte des travailleurs/euses

MONDE: Alors que la sidérurgie se remet de la crise financière, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie va travailler avec ses affiliés en 2010 pour mettre en place une industrie plus viable qui tienne compte des travailleurs/euses.

"Pour beaucoup de travailleurs/euses de la sidérurgie, l’année dernière a été mauvaise du fait que les entreprises ont essayé de transposer la baisse de la demande en une baisse des salaires, des conditions et de la sécurité de l’emploi", écrit Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM sur les politiques industrielles et les STN, dans une déclaration sur les prévisions dans la sidérurgie en 2010.

"Cette année sera cruciale pour le mouvement syndical dans la sidérurgie. Nous aurons l’occasion à de nombreuses reprises de remodeler l’industrie, pas au niveau le plus bas mais le plus élevé possible", écrit-t-il.

Le texte de la déclaration de la FIOM sur les prévisions dans le secteur de la sidérurgie en 2010 peut être consulté ici.

 

Travailler en vue d'un accord contraignant au COP16

MONDE: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie continuera de mettre en avant la question du changement climatique et d’offrir les possibilités d’un débat avec les affiliés dans ce domaine en 2010, après l’accord fragile et non-contraignant signé l’année dernière à Copenhague.

Dans une déclaration reflétant les résultats des négociations au COP15, Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM sur les politiques industrielles et les STN, écrit qu’un accord même faible est préférable à l’absence d’un accord, et qu’il est maintenant temps de concentrer les efforts des syndicats sur la réalisation d’un accord contraignant au COP16 à Mexico en 2010.

"Le COP16 à Mexico offrira l’occasion intéressante pour les syndicats d’engager un débat sur plusieurs questions importantes touchant aux droits syndicaux dans le cadre de la conférence sur le changement climatique", écrit-il.

"Beaucoup d’obstacles à un accord contraignant proviennent de la crainte des conséquences des émissions sur l’industrie, le commerce, le développement, et finalement sur les emplois. Il est essentiel d’élaborer une politique globale sur les sujets concernant la fracture Nord-Sud. Les questions portant sur les responsabilités des sociétés transnationales, l’éducation, la formation et le développement des compétences sont des domaines naturels d’engagement des syndicats", ajoute-t-il.

La FIOM et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) poursuivront l’élaboration d’un programme conjoint visant des domaines d’intérêt mutuel. En juin 2010, l’ICEM et la FIOM vont organiser une conférence conjointe à Toronto qui portera sur trois thèmes principaux: l’impact de la crise économique mondiale, la viabilité et le changement climatique, les marchés financiers et la gestion des affaires mondiales.

Les principaux résultats de la conférence seront présentés peu après au G20 ainsi qu’au COP16.

Le texte de la déclaration de Rob Johnston peut être consulté ici.

Vale entame son septième mois de grève

CANADA: United Steelworkers (USW) a présenté une plainte contre Vale Inco en l’accusant de refuser d’engager de bonne foi de véritables négociations pour mettre fin à la grève menée depuis six mois par 3.500 travailleurs/euses au Canada.

Des responsables de l’USW ont présenté une plainte au Bureau des relations de travail de l’Ontario à Toronto, pour marquer l’anniversaire du déclenchement de la grève qui dure depuis six mois, et qui a été salué le 13 janvier à Sudbury par un rassemblement et un défilé.

Trois mille cinq cents membres de l’USW sont en grève depuis le 13 juillet 2009 à Sudbury et à Port Colborne, Canada, à la suite de la décision de l’entreprise de ne renouveler leur convention collective que si les travailleurs/euses acceptaient une réduction très importante des conditions et une détérioration de la sécurité dans l’emploi. Malgré un bénéfice de 13,2 milliards d’USD réalisé l’année dernière, Vale insiste pour obtenir la mise en place d’un régime de retraite à deux vitesses, une réduction considérable de la prime de nickel et une détérioration importante des droits d’ancienneté, tout en engageant du personnel de remplacement pour continuer la production. Les membres de l’USW à Voisey’s Bay ont décidé le 1er août de se mettre également en grève.

"La loi sur les relations de travail de l’Ontario prévoit que les employeurs et les travailleurs/euses doivent faire des efforts raisonnables pour conclure une convention collective", a déclaré l’avocat de l’USW Brian Shell. "Cela signifie tout au moins une rencontre avec un syndicat en s’engageant à explorer à fond toutes les questions et à faire son possible pour trouver une voie acceptable afin de réaliser des progrès".

"Le comportement de Vale Inco démontre son manque d’intérêt pour des négociations concrètes", a déclaré John Fera, président de la section 6500 de l’USW à Sudbury. "L’entreprise utilise sa richesse énorme pour tenter de faire capituler les travailleurs/euses et leurs communautés au Canada".

La grève a obtenu un soutien massif dans le monde au cours des derniers mois, grâce en partie à l’aide des affiliés de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses. Des travailleurs/euses de Vale du Canada et du Brésil ont parcouru le monde pour partager leur expérience avec des collègues mineurs et métallurgistes sur des sites de production de Vale et dans des réunions d’investisseurs, ainsi que dans des aciéries et des fonderies qui se procurent des produits fabriqués par Vale. Les syndicats ont demandé à Vale de reprendre les négociations et de parvenir à un Accord équitable MAINTENANT.

"Nous croyons que Vale tente de réduire à néant sa convention collective la plus forte pour établir un précédent et affaiblir ainsi les autres conventions collectives conclues dans le monde, une initiative que la FIOM et ses affiliés et organisations partenaires partout dans le monde n’accepteront pas et combattront", écrit Jyrki Raina, secrétaire général de la FIOM dans un message de solidarité publié à cette occasion.

"Tant que Vale n’aura pas changé sa manière d’agir, la FIOM continuera de s’opposer aux opérations et aux investissements de Vale en mobilisant ses affiliés partout dans le monde. Nous continuerons d’encourager activement les entreprises et les gouvernements à cesser de faire des affaires avec Vale jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée", a ajouté Raina.

 

Sauver Saab en Suède

SUÈDE: Environ 4.000 salariés ont cessé le travail chez Saab le 12 janvier 2010 et manifesté à l’usine de Trollhättan pour protester contre la décision de GM de fermer l’usine, malgré les offres de repreneurs potentiels de Saab Automobile AB et de la marque Saab.

"La meilleure solution économique pour économiser de l’argent et éviter les coûts serait pour General Motors de vendre Saab, plutôt que de liquider l’entreprise", affirment dans un tract les quatre syndicats locaux qui entreprennent une action chez Saab.

"General Motors en tant que propriétaire agit de façon irresponsable en envoyant des signaux dans deux directions différentes — en entreprenant la liquidation de Saab alors que des repreneurs potentiels présentent des offres", déclare Stefan Löven, président de IF Metall, en approuvant les protestations des travailleurs/euses.

"Il ne s’agit pas seulement d’une opération commerciale, mais aussi d’une question qui concerne l’avenir et la qualité de vie d’un grand nombre de personnes", affirme Löven.

GM essaie de vendre Saab depuis janvier de l’année dernière. Saab dont la création remonte à 1937 emploie 3.400 personnes en Suède. L’entreprise a été rachetée par GM en 1989.

Une délégation de la FIOM rencontre des délégués du personnel des unités de production de Sonasid/ArcelorMittal au Maroc

MAROC: Des délégués du personnel et des délégués syndicaux des sites de production de la société SONASID, propriété d’ArcelorMittal à Nador et El Jadida, Maroc, ont rencontré une délégation du siège de la FIOM les 7-8 janvier 2010 à Casablanca.

Ils ont exprimé leur inquiétude face à la grave détérioration des relations industrielles. Les délégués du personnel ont indiqué que, contrairement à ce qui se passait il y a deux ans en arrière, la direction locale ne semble pas être intéressée par un dialogue social constructif et refuse même d’écouter les syndicats. Depuis les dernières élections des représentants des travailleurs/euses en mai 2009, la direction a refusé de négocier avec un syndicat qui est légitimement en droit de négocier collectivement selon la législation nationale. Le SNTIMMEE-CDT a réussi en effet à obtenir plus de 35 pour cent des voix sur chacun des deux sites de production, qui est le seuil fixé à cet effet par le code du travail marocain.

Des cas de discrimination ont été signalés contre des membres du SNTIMMEE qui étaient en grève, et la non-application d’une convention collective signée sur le site d’El Jadida. Les délégués du personnel ont demandé l’appui de la FIOM contre la discrimination opérée par la direction et pour obtenir la reprise de bonne foi du dialogue et des négociations avec la direction de l’entreprise.

Au cours de la réunion, les participants ont appris qu’un nouvel accident mortel avait eu lieu sur un site de production d’ArcelorMittal en Espagne. Ils ont exprimé leur profonde inquiétude sur les conditions de travail dangereuses et sur la récente augmentation du nombre de décès sur les sites de production d’ArcelorMittal dans le monde. Ils ont dénoncé en particulier les risques inhérents à la pratique instituée par la direction qui consiste à remplacer les travailleurs les plus expérimentés par des jeunes, lesquels sont employés le plus souvent dans des conditions d’emploi précaire et avec un niveau de protection inférieur.

Cette activité s’inscrit dans le cadre des travaux en cours à la FIOM, notamment au Maghreb, visant au respect des droits fondamentaux dans les STN du monde entier, et à assurer la promotion d’une coordination syndicale et d’une mise en réseau des syndicats chargés de la syndicalisation des salariés d’une même STN.