Les travailleurs/euses de Johnson Controls à Puebla veulent adhérer au syndicat des mineurs



MEXIQUE: Les salariés de Johnson Controls à Puebla ont décidé d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail et d’exercer leur droit à la liberté syndicale. Ils veulent adhérer au syndicat mexicain des mineurs (SNTMMSRM) mais les dirigeants du syndicat CROM ont lancé une campagne visant à discréditer le syndicat des mineurs pour tenter de décourager l’adhésion des travailleurs et des travailleuses.

L’entreprise Johnson Controls Servicios S. de R.L de C.V. est située à Puebla. Elle est détenue par des capitaux américains et allemands et fabrique des pièces d’automobile. Elle monde des sièges de voiture et des supports de siège. La plus grande partie de la production est destinée aux usines Volkswagen, Ford, MB, Chrysler et Nissan.

Selon le Centro de Apoyo al Trabajador A.C. (CAT), un centre de soutien du monde du travail, les salariés de l’entreprise se battent depuis plus de deux ans et acquièrent des connaissances sur les droits de la personne et les droits syndicaux pour pouvoir exercer leurs droits en matière de liberté syndicale. Ils ont formé une coalition de syndicalisation dans l’entreprise (COT-JC). En 2007, plusieurs d’entre eux ont participé aux travaux de la Comisión Revisora del Reparto de Utilidades (commission de révision de la répartition des bénéfices) et demandé également la signature d’une nouvelle convention collective, après quoi ils ont été licenciés sans raison valable en juin 2007. L’entreprise et le "syndicat de protection" en place continuent depuis lors à harceler les salariés et plusieurs d’entre eux ont été licenciés.

La main-d’œuvre est actuellement syndiquée à un "syndicat de protection", la Confederación Regional Obrera Mexicana – CROM. Ce syndicat "représente" officiellement les effectifs de l’entreprise depuis plus de dix ans, mais les salariés disent qu’ils n’ont pas reçu le soutien nécessaire pour obtenir une amélioration de leurs conditions.

Les salariés qui ont voulu quitter le CROM pour rejoindre le SNTMMSRM ont été victimes de menaces dans le travail, à la maison et dans leur communauté dans l’État de Tlaxcala où habite la plus grande partie des salariés de l’entreprise. Des représentants du CROM leur ont dit, "Vous avez le droit d’adhérer au syndicat de votre choix, mais attention aux conséquences."

Sergio Beltrán, secrétaire du syndicat des mineurs, déclare prendre les mesures nécessaires pour permettre aux travailleurs et aux travailleuses de Johnson Controls d’adhérer au syndicat des mineurs, et il espère pouvoir parler à la direction de l’entreprise. Il précise qu’il est important que les fédérations syndicales internationales, notamment la FIOM, interviennent pour organiser une réunion avec l’entreprise.

Des représentants internationaux de la FIOM ont rencontré à plusieurs reprises en 2008 des salariés de COT-JC et des membres du CAT, et ont donné leur plein appui à la lutte des travailleurs et des travailleuses pour former un syndicat démocratique. La FIOM accorde son soutien le plus total au souhait exprimé par COT-JC d’adhérer au SNTMMSRM et continuera de suivre attentivement la situation.

L'ICEM et la FIOM dénoncent les carences salariales chez Mittal en Bosnie-Herzégovine

BOSNIE-HERZÉGOVINE: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie se joint à la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) pour exiger l’intervention du gouvernement de Bosnie-Herzégovine en faveur de 1.250 travailleurs dans la ville de Lukavac située au nord du pays. Les salaires de ces travailleurs ont été réduits considérablement et des arriérés leur sont dus par l’entreprise indienne Global Infrastructure Holdings Ltd., une filiale du groupe Ispat, propriété du puissant groupe sidérurgique de la famille Mittal.

Tout en ne détenant qu’une participation minoritaire, l’entreprise assure la production de coke chimique de la société Global Ispat Koksana Industtrija Lukavac (GIKIL) qui vend ses produits à des aciéries en Europe centrale, en Turquie et en Inde. Le gouvernement local du Canton de Tuzla est actionnaire majoritaire.

Dans un lettre adressée le 21 janvier au Premier ministre de Bosnie-Herzégovine, Mustafa Mujezinovic, et au Premier ministre du Canton de Tuzla, Enes Mujić, le secrétaire général de l’ICEM Manfred Warda — en collaboration avec le secrétaire général de la FIOM Jyrki Raina, — a demandé au gouvernement fédéral et au gouvernement régional de veiller au rétablissement des salaires aux niveaux de 2003, au paiement des arriérés salariaux, et à une plus grande vigilance des gouvernements sur les risques sanitaires dans l’entreprise GIKIL.

L’ICEM cherche à obtenir justice pour les travailleurs de Lukavac au nom de l’un des affiliés le syndicat indépendant des travailleurs de la chimie et de l’industrie non métallurgique de Bosnie-Herzegovine.

"L’ICEM a enquêté sur l’entreprise Global Infrastructure Holdings, sa société mère, le groupe sidérurgique Ispat, et également sur Pramod Mittal lui-même", a dit Warda. "Ce que nous avons trouvé, c’est l’histoire d’une conduite dépravée de gens qui, dans beaucoup de pays, ont un mépris total des normes sociales en vigueur dans le monde et des lois inscrites dans le droit européen".

À Lukavac, les travailleurs ont fait grève légalement à deux reprises en six mois pour soutenir leurs revendications sur les salaires qui leurs sont encore dus. Bien que tous les travailleurs soient membres du syndicat, le directeur général indien de GIKIL, Guttupalli Jagannadham, a contourné le syndicat pour réduire les salaires jusqu’à 55 pour cent des gains antérieurs. Ce niveau est inférieur aux normes salariales minimums spécifiées dans la convention collective nationale de la chimie et de l’industrie non métallurgique, et s’élève à un peu plus de 200 euros par mois (400 marka), bien en dessous du salaire minimum dans le secteur en Bosnie-Herzégovine.

Les travailleurs ont fait grève du 6 au 14 janvier à la suite du non-paiement des salaires d’octobre, de novembre et de décembre. Durant la grève, les salaires d’octobre et de novembre ont été versés, mais celui de décembre est encore en suspens. Un accord de médiation qui avait mis fin à trois jours de grève en juillet 2009, demandait à la direction de GIKIL de respecter la convention collective et de verser les salaires encore dus pour le 31 décembre 2009.

L’ICEM et la FIOM ont également fait part dans une lettre au gouvernement de Bosnie-Herzégovine de leurs inquiétudes concernant la santé des travailleurs de GIKIL. Le syndicat indépendant des travailleurs de la chimie et de l’industrie non métallurgique croit qu’un certain nombre de travailleurs présentent des cas aigus de cancer en raison de l’absence de précautions autour des fours à coke.

Dans une lettre conjointe, l’ICEM et de la FIOM, représentant 45 millions de membres, ont mis en garde le gouvernement sur la perte du contrôle des relations patronales-syndicales chez GIKIL.

G(abegie) M(agouilleuse) à Anvers

BELGIQUE: Le 21 janvier 2010, la direction européenne d’Opel a annoncé son intention d’arrêter la production dans son usine située dans le port d’Anvers.

Pour les syndicats belges, cette décision est une "balle dans la nuque" pour les 2.600 travailleurs et travailleuses de l’usine d’Anvers et une "gifle" pour les milliers de personnes employées dans des entreprises de la chaîne d’approvisionnement comme Johnson Controls, Plastic Omniun, Continental et Belplas.

"L’industrie et l’industrie automobile en particulier aurait bien pu se passer de l’arrogance des dirigeants de GM. Le fait de priver d’une manière aussi répugnante des milliers de travailleurs et de travailleuses de leur droit à un revenu, après des années de fidèles services pour produire une qualité supérieure, est scandaleux et purement criminel", a déclaré Guido Nelissen, conseiller économique du syndicat belge ACV-CSC METEA.

Après avoir décidé de réduire progressivement la production des Opel Astra, GM avait signé un accord avec les syndicats pour remplacer Astra par deux petits VUS à l’usine d’Anvers. L’entreprise a rompu brutalement cet accord écrit. Pour les syndicats en Belgique, cette décision est uniquement dictée par des considérations politiques et ne repose sur aucun fondement économique.

Le 23 septembre 2009, tous les syndicats locaux et européens avaient annoncé qu’ils n’accepteraient pas de fermetures d’usines, ni de licenciements forcés, et qu’ils voulaient une répartition équitable de la production entre les sites.

Après l’arrêt des négociations par GM alors qu’elles étaient bien avancées avec Canadian Magna pour une prise de contrôle d’Opel, GM a annoncé 8.300 suppressions d’emploi dans ses usines en Europe. En plus de la Belgique, GM a des usines au Royaume-Uni, en Espagne, en Suède, en Allemagne, en Pologne, en Autriche et en Hongrie. Cependant, les représentants des salariés n’ont jamais eu la possibilité de prendre connaissance d’un véritable plan d’avenir pour Opel en Europe. C’est pourquoi l’annonce de la fermeture d’Opel à Anvers est considérée simplement comme une étape d’un plan vaste mais caché de restructuration en Europe.

Auparavant, Saab, la filiale suédoise de GM, avait été placée sous la protection de la loi sur les faillites. Après l’échec des négociations avec des investisseurs comme Koeningsegg et Spyker, l’avenir des 3.400 salariés à Trollhättan reste très incertain.

Les syndicats belges ont déjà commencé à bloquer spontanément les sites de stationnement de leur usine, pour qu’aucune nouvelle voiture ne puisse quitter l’usine. Ce ‘trésor de guerre’ devrait permettre d’accroître la pression sur la direction afin d’assurer un avenir industriel à des installations très productives. D’autres actions sont en préparation.

Selon la fameuse ‘loi Renault’, approuvée par le Parlement belge après la fermeture de l’usine Renault Vilvoorde en 1997, la direction peut seulement décider de licencier du personnel qu’après avoir respecté une période d’information et de consultation, pour permettre aux représentants des travailleurs/euses de présenter des solutions de rechange aux licenciements prévus. Les syndicats belges utiliseront au maximum cette possibilité pour convaincre GM de maintenir la production à Anvers.

Une manifestation européenne de solidarité aura lieu mardi 26 janvier 2010 sur le site d’Anvers, et les syndicats belges organiseront vendredi 29 janvier une manifestation pour l’emploi à Bruxelles avec des marches dans tout le pays.

Le FSM célèbre son dixième anniversaire

MONDE: En célébrant ses dix années d’existence, le Forum social mondial (FSM) se déroulera en 2010 de façon permanente toute l’année avec au moins 27 évènements régionaux, nationaux et locaux à travers le monde au cours de l’année.

Pour ouvrir ce processus, l’évènement régional "Forum social 10 ans — Grande Porto Alegre", qui aura lieu du 25 au 29 janvier 2010 dans l’État brésilien de Rio Grande do Sul, proposera plus de 500 activités décentralisées dans les villes de Porto Alegre, Gravataí, Canoas, São Leopoldo, Novo Hamburgo et Sapiranga.

L’une des principales activités du Forum social dans le Grande Porto Alegre concernera le séminaire international "10 ans plus tard: Défis et propositions pour un autre monde possible", qui se chargera d’examiner les nouveaux défis de la société civile altermondialiste, et de concevoir les orientations futures que le FSM devra adopter. Cela permettra également de fournir une réflexion plus systématique sur ce qui a été fait jusqu’à présent, y compris les erreurs et les réussites.

Le FSM est un espace ouvert de rencontres où les mouvements sociaux, les réseaux, les ONG et autres organisations de la société civile peuvent s’engager dans un processus mondial et permanent de recherche et de réalisation de solutions de rechange aux politiques néolibérales. Beaucoup de syndicats affiliés à la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie prendront part aux activités du FSM durant toute l’année.

Les dates de cet évènement organisé à Porte Alegre en 2010 empiètent sur la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, Suisse, qui déroule du 27 au 31 janvier 2010. Le 40ème anniversaire des réunions du Forum économique mondial se tiendra sous le thème "Améliorer l’état du monde: repenser, redessiner, reconstruire", où les organisateurs espèrent la venue de 2.500 participants de plus de 90 pays représentant des entreprises, des gouvernements et des organisations de la société civile, qui montreront leur véritable "citoyenneté mondiale d’entreprise".


Vous trouverez la liste complète des évènements et des activités du Forum social mondial ici.

Cliquez ici pour avoir plus de renseignements sur le Forum économique mondial.

Lancement prochain des nouvelles syndicales mondiales en audiodiffusion

MONDE: À partir du 1er février 2010, le site web ‘RadioLabour’ http://www.radiolabour.net/ commencera la diffusion d’un programme hebdomadaire de 20 minutes intitulé "Solidarity news". Le programme sera diffusé en direct tous les lundis matin.

Selon RadioLabour, le nouveau service sur le web permettra d’assurer la promotion d’une communication mondiale entre les organisations syndicales du Sud et du Nord, et portera principalement sur les questions concernant les syndicats et les travailleurs/travailleuses, et les activités dans ce domaine menées dans le monde, la priorité étant donnée à la situation dans les économies émergentes et les pays en développement.

Les programmes sont présentés par l’éducateur syndical Marc Bélanger. Les émissions seront basées sur du matériel produit par des journalistes de RadioLabour. Les syndicalistes intéressés auront aussi la possibilité de fournir leurs propres textes pour les émissions.

Les audiodiffusions seront archivées sur le site web et mis à la disposition des syndicalistes qui veulent améliorer leurs connaissances en anglais comme langue supplémentaire dans le mouvement syndical international.

Pour plus amples renseignements concernant le service des nouvelles, les reportages et les horaires de diffusion, cliquer sur: http://www.radiolabour.net/

Le CAW s'oppose au projet de fermeture des usines Xstrata

CANADA: Le syndicat Canadian Auto Workers’ Union (CAW) demande au gouvernement fédéral de communiquer les détails de l’accord conclu avec Xstrata au moment de sa reprise de Falconbridge en 2006, pour voir si le projet de fermeture des usines de traitement du cuivre et du zinc à Kidd Creek, près de Timmins, Ontario, ne contrevient pas aux termes de l’accord.

La fermeture annoncée le 7 décembre 2009 par l’entreprise suisse a déclenché une campagne massive du CAW pour tenter de sauver les emplois de 500 de ses membres, 170 autres salariés de Xstrata et 200 travailleurs/euses sous contrat à durée déterminée. CAW estime que le projet de fermeture provoquera la perte de 3.000 à 4.000 emplois supplémentaires à Timmins et dans les localités avoisinantes.

"Les Canadiens doivent connaître exactement le contenu de cet accord signé en 2006", a déclaré le président du CAW Ken Lewenza. Le CAW va faire pression pour que le gouvernement s’attache à obtenir l’annulation de la fermeture, si comme prévu l’accord de 2006 indique que Xstrata doit poursuivre son activité dans ses installations en cas production de valeur ajoutée.

Dans une lettre adressée au directeur général de Xstrata Mick Davis, le secrétaire général de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie Jyrki Raina a demandé à l’entreprise de "reporter la prise de mesures aussi draconiennes et d’entreprendre un dialogue constructif entre le CAW, Xstrata et les responsables communautaires pour pouvoir explorer d’autres solutions à long terme qui soient bénéfiques à toutes les parties".

Le CAW, les travailleurs/euses, leurs familles et les membres de leur communauté ont organisé un rassemblement le 17 janvier pour exprimer leur solidarité avec les personnes menacées de licenciement et pour déclencher au sein de la collectivité des actions contre les fermetures. Les personnes présentes au rassemblement ont été priées de contacter leurs représentant(e)s au gouvernement pour leur expliquer l’impact qu’auront les licenciements sur les familles et les communautés.

La campagne du CAW intitulée "Our Resources Stay Here" (nos ressources restent ici) est semblable à la lutte menée par le syndicat United Steelworkers (USW) contre le géant minier brésilien Vale dans la localité voisine de Sudbury, Ontario. Le CAW a soutenu la section 6500 de l’USW en participant aux piquets de grève et en accordant un appui financier dans la grève menée depuis six mois contre Vale Inco. Il s’est également associé à l’USW pour demander au Parlement canadien d’adopter un texte sur la transparence dans les transactions effectuées dans le cadre de la loi sur les investissements au Canada (Investment Canada Act).

Pour plus de renseignements sur la lutte du CAW contre Xstrata, se rendre sur le site de la section syndicale: http://www.caw599.ca/

Tenaris: résolution en Italie, grève en Argentine

ITALIE/ARGENTINE: Le Comité d’entreprise mondial de Tenaris annonce qu’un accord favorable a été conclu pour les salariés de Tenaris en Italie le 29 décembre 2009 après 26 heures de négociation.

En octobre, Tenaris avait proposé un plan d’investissement de 114 millions d’euros pour l’Italie. Le plan comprenait des investissements importants, mais aussi le licenciement de 1.024 personnes, la fermeture de l’usine située à Piombino et l’arrêt de tout nouvel investissement dans l’usine située à Costa Volpino.

Après avoir engagé plusieurs actions pour s’opposer à la fermeture et aux licenciements, notamment la marche des membres du Comité d’entreprise mondial de Tenaris jusqu’à l’usine située à Bergamo en novembre dernier, les syndicats et l’employeur ont conclu un accord portant sur les points suivants:

Dans le même temps en Argentine, tous les salariés permanents ou contractuels dans l’usine Tenaris à Valentín Alsina sont actuellement en grève et organisent des piquets à l’entrée de l’usine pour empêcher l’entrée et la sortie des véhicules.

Pendant trois ans, Tenaris a employé 23 personnes sur une base permanente et à plein temps, tout en les déclarant comme employées sur une base contractuelle sur leur feuille de paie. Le ministre du Travail a ordonné à Tenaris de reconnaître ces salariés comme étant du personnel permanent employé à plein temps. Tenaris n’a pas seulement refusé d’obtempérer à la décision ministérielle, mais a licencié les 23 salariés le 18 janvier 2010. Tout le personnel de production de l’usine, permanent et contractuel, fait grève pour protester contre l’attitude provocatrice de l’employeur.

Les syndicats indépendants discutent de stratégies communes en Biélorussie

BIÉLORUSSIE: Les affiliés de la FIOM, REPAM et SPM, ont organisé une rencontre à Minsk, le 19 et le 20 décembre 2009, pour examiner la situation actuelle et élaborer de nouvelles stratégies. La rencontre avait été prévue initialement dans un hôtel près de Minsk, mais bien que les chambres aient été réservées à l’avance, un employé de l’hôtel a téléphoné à REPAM quelques heures avant la réunion pour dire qu’il n’y avait pas de chambres disponibles. Il est clair que la direction de l’hôtel a agi sur ordre du gouvernement. La réunion a néanmoins pu avoir lieu au siège de REPAM, et les participant(e)s ont été logé(e)s dans plusieurs hôtels à Minsk.

Les participant(e)s ont examiné les relations entre REPAM et la fédération syndicale nationale BKDP. Un autre thème de la réunion concernait le problème de l’enregistrement légal des sections syndicales d’entreprise. Alors que la présentation de 31 documents est nécessaire pour obtenir l’enregistrement d’un syndicat en Biélorussie, le fait de travailler dans l’illégalité (c.-à-d. en n’étant pas enregistré) peut entraîner une action pénale et une peine d’emprisonnement.

Les menaces extérieures au développement syndical comprennent les nouvelles politiques agressives du gouvernement (par exemple, l’augmentation du nombre minimum de membres pour constituer un syndicat national qui passe de 500 à 7.000), les contrats de travail à court terme, les fausses accusations pénales contre des responsables syndicaux et des militant(e)s, et autres provocations de la police et des organes gouvernementaux.

L’absence d’une réelle idéologie syndicale, les différences entre les affiliés du BKDP comme par exemple les syndicats puissants et largement reconnus tel que le BNP, et les organisations de militant(e)s soumises à de fortes pressions tels que le SPM et REPAM, ainsi que le vieillissement des membres sont autant de menaces intérieures au développement syndical.

Les participant(e)s ont parlé des campagnes de solidarité comme un moyen d’assurer la protection des militant(e)s syndicaux/ales. L’idée a été lancée d’organiser un réseau de volontaires et de gens manifestant leur appui, sans être eux-mêmes membres du syndicat, car le fait d’adhérer à un syndicat peut parfois entraîner de sérieux problèmes en Biélorussie. La tâche consisterait à mobiliser 2.000 activistes.

Une autre stratégie proposée porte sur la protection des militant(e)s syndicaux/ales qui ont perdu leur emploi afin de les aider à en trouver un autre à l’étranger dans des pays comme la Pologne, la Lituanie et la Russie. Leurs enfants pourraient avoir la possibilité d’étudier à l’étranger — ce qui renforcerait le sentiment de solidarité et de soutien dans le mouvement syndical.

Les simples membres tout comme les responsables syndicaux ont estimé que la réunion a été un succès.

Appel humanitaire pour Haïti

MONDE: La Confédération syndicale internationale (CSI) a lancé un appel pour "une mobilisation internationale importante pour une aide humanitaire et pour la reconstruction à Haïti" dans une déclaration publiée le 13 janvier 2010. Dans un message envoyé le 20 janvier 2010 à tous les affiliés, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) demande instamment à tous ses affiliés de soutenir l’appel de la CSI.

Les fonds recueillis par l’appel de la CSI serviront en premier lieu à fournir une aide humanitaire par le canal des affiliés de la CSI en République dominicaine, CASC, CNTD et CNUS. Les trois organisations de République dominicaine ont ouvert leurs bureaux syndicaux locaux pour recueillir des fonds et des produits de première nécessité qui sont transportés par camion jusqu’à Haïti, en coopération avec la CTH de Haïti qui est affiliée à la CSI.

Les fonds pour cet appel peuvent être transférés au compte suivant de la CSI:

No 375-1008200-61

Banque ING, Brussels Branch Institutionals, 1 rue du Trône, B-1000 Bruxelles

Code IBAN: BE 62375100820061

Code BIC/Swift: BBRUBEBB

La communication "SOS Solidarité – Haïti" doit être indiquée pour chaque transfert sur ce compte.

La FIOM n’a pas d’affilié à Haïti. Néanmoins, Jorge Almeida, représentant régional de la FIOM pour l’Amérique latine et les Caraïbes s’est rendu l’année dernière à Haïti, le 29 novembre, pour rencontrer un groupe de métallurgistes et promouvoir la formation d’un syndicat dans leur secteur. La réunion a permis l’établissement d’un groupe de travail chargé de créer un syndicat en contact avec le bureau régional de la FIOM et avec Gregorio Santana, coordonnateur sous-régional de la FIOM.

Gregorio Santana, qui est également secrétaire général de la FENATRAMIM, un affilié de la FIOM en République dominicaine, dit que la situation est très compliquée à Haïti avec des problèmes de communication et de coordination de l’aide. La priorité actuelle est la récupération des corps, les soins médicaux et de santé pour les blessés, et la nourriture pour la population. Santana tiendra la FIOM informée sur les besoins de la population et sur la reconstruction à Haïti.

Les syndicats du monde entier collectent des fonds et envoient des volontaires à Haïti. Il y a une couverture complète des activités sur LabourStart: http://www.labourstart.org

Un rapporteur spécial de l'ONU mis au courant de l'inquiétude des syndicats

INDE: Des syndicalistes présents sur les chantiers de démolition des navires en Inde ont rencontré M. Okechukwu Ibeanu, rapporteur spécial de l’ONU sur les effets néfastes des mouvements et les déversements illicites de produits toxiques et dangereux et les déchets, sur la jouissance des droits de la personne.

Les démolisseurs de navires ont exposé à M. Ibeanu les conditions et les luttes auxquelles les travailleurs/euses sont confronté(e)s à Alang, le plus grand chantier du monde de démolition des navires. Bien que le syndicat ait pu améliorer les conditions élémentaires de santé et de sécurité, il y a eu 14 accidents mortels depuis avril 2009 rien qu’à Alang.

Les travailleurs/euses ont également décrit le mélange mortel constitué par l’inexpérience, le manque de formation et le volume élevé de travail qui rend la situation encore plus dangereuse.

Les décisions prises récemment par les employeurs pour tenter d’accroître leurs bénéfices ont porté sur le déversement de déchets en mer et dans des fermes et des villages voisins pour éviter de payer l’utilisation des installations officielles établies à cet effet.

Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM, a déclaré lors de la réunion que "les travailleurs sont non seulement menacés par des matières dangereuses sur leur lieu de travail, mais également une fois revenus chez eux.

"En polluant les zones locales, les employeurs mettent en danger la vie des travailleurs et renforcent la volonté des personnes qui veulent obtenir la cessation de cette activité".

Les travailleurs ont expliqué qu’il est selon eux possible de procéder à la démolition des navires d’une manière plus viable, mais que toutes les parties en présence doivent montrer plus de responsabilité pour obtenir ce résultat.