Grève chez Automotive Lighting à Reutlingen

ALLEMAGNE: En lutte pour la défense de leurs emplois, 130 salariés de Automotive Lighting Company sont en grève depuis le 26 janvier 2010. Automotive Lighting est un fournisseur de l’industrie automobile.

À la suite de la décision prise par la direction, le 27 novembre 2009, de délocaliser la production sur d’autres sites, IG Metall et le comité d’entreprise ont demandé d’avoir des entretiens avec la direction pour examiner un concept qui permettrait de maintenir des emplois dans l’usine de Reutlingen.

La direction a refusé jusqu’à ce jour de négocier sur cette question et adhère strictement à ses plans de délocalisation. Pour cette raison, les salariés ont décidé de faire grève et de se battre pour conserver leurs postes de travail.

La grève se poursuit et la FIOM a envoyé une lettre pour exprimer sa solidarité avec les grévistes à Reutlingen.

GLU : Dépôt des candidatures pour les programmes Masters

MONDE: Le réseau de l’Université ouvrière mondiale (GLU) offre les programmes de maîtrise universitaire suivants:

Les cours auront lieu en Allemagne (Kassel/Berlin) University of Kassel et Berlin School of Economics and Law, en Afrique du Sud (Johannesburg) University of Witwatersrand (WITS), au Brésil (Campinas, État de São Paulo) State University of Campinas (Unicamp) et en Inde (Mumbai) Tata Institute of Social Sciences (TISS).

Les programmes uniques au monde sont le résultat d’une coopération entre les universités précitées et des organisations de travailleurs et de travailleuses du monde entier. Ces programmes sont destinés aux personnes qui ont l’expérience des mouvements syndicaux et sociaux, et qui sont prêtes à aider les organisations présentes dans ces domaines et à s’engager plus efficacement dans le dialogue social, le débat public et la mise en œuvre des politiques.

Les cours offre la possibilité d’analyser et de discuter de façon multidisciplinaire des défis de la mondialisation sous l’angle du monde ouvrier et du monde syndical. Les programmes offrent un environnement culturel et régional multiple avec des étudiant(e)s et des conférenciers/ières de pays en développement, en transition et industrialisés.

Les cours sont donnés en anglais. GLU encourage particulièrement les femmes à présenter leur candidature. Des bourses en nombre limité seront accordées sur demande à des candidat(e)s. Pour plus de renseignements sur les règles et les conditions des candidatures, se rendre sur le site de l’Université ouvrière mondiale http://www.global-labour-university.org/.

Fondée en 2004, l’Université ouvrière mondiale bénéficie du soutien de l’OIT International Labour Organization (ILO), de la Fondation Hans Boeckler Hans-Boeckler-Stiftung (HBS), de la Fondation Friedrich Ebert Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) et du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ).

 

L'émancipation des femmes migrantes sur les chantiers navals à Mumbai

INDE: Les groupes d’entraide de femmes ont rencontré une délégation de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie en janvier 2010 à Mumbai, pour étudier les moyens d’améliorer les conditions de travail et de vie sur les chantiers de démolition des navires.

La situation et les conditions très précaires des familles de travailleurs établies à proximité des chantiers de démolition des navires sont complètement ignorées par les employeurs et les administrations locales. On constate une absence d’équipements dans les logements, d’eau potable, de système sanitaire et de possibilités d’enseignement pour les familles des travailleurs migrants qui ont suivi les hommes employés sur les chantiers de démolition des navires. Les femmes, minoritaires parmi des milliers de travailleurs, sont souvent harcelées, trompées ou malmenées par les mafias locales. Les enfants en bas âge traînent les pieds nus et en haillons dans un environnement extrêmement dangereux. Aucune possibilité d’emploi ou d’éducation en bonne et due forme n’existe pour les membres des familles.

La FIOM a examiné avec son affilié à Mumbai, Mumbai Port Trust Dock and General Workers’ Union (MPTDGWU), la manière d’améliorer les conditions de vie des travailleurs, et dans le cadre du projet de syndicalisation actuel pour les démolisseurs de navires, comment apporter un soutien aux femmes.

Un groupe d’une quarantaine d’activistes féminines et de syndicalistes, constitué par les groupes d’entraide des femmes des quartiers d’habitation près des chantiers de démolition des navires, a rencontré le 20 janvier des représentant(e)s de la FIOM et d’un affilié britannique, GMB, pour parler de leurs propres expériences et examiner ensemble les possibilités de créer des groupes de femmes parmi les familles des démolisseurs de navires. Constitués en groupes d’entraide et soutenus par des fonds publics, ces groupes cherchent à développer une estime de soi chez les femmes, à leur enseigner des compétences de base en matière d’économie, de santé, de nutrition et de garde des enfants. Ces groupes ont obtenu un accès à des micro-crédits, qui leur offrent la possibilité de créer des petites activités génératrices de revenu, telles que la préparation d’aliments pour les travailleurs, la vente de légumes et la confection de vêtements, qui permettent d’améliorer le revenu des familles.

Mme Manisha Pendurkar, vice-présidente de la fédération syndicale Hind Mazdoor Sabha (HMS) dans le Maharashtra, et Mme Vrishali V. Rane, présidente des groupes d’entraide, proposent de développer les groupes à proximité des chantiers de démolition des navires en établissant des services de soins de base pour les enfants et les femmes enceintes dans le but de susciter l’intérêt et le soutien des travailleurs.

La FIOM et le GMB ont promis de rechercher du soutien pour cette initiative, de maintenir un contact étroit avec ce groupe de militantes à Mumbai, et d’élaborer un programme pour les familles des travailleurs.

Pour un allègement de la dette de Haïti

HAÏTI: À la suite du tremblement de terre à Haïti qui rasé
Port-au-Prince le 12 janvier 2010 et causé la mort de plus de 200.000
personnes, blessé 250.000 autres et fait 1,5 million sans-abri, l’idée
de faire grâce de la dette d’un milliard d’USD de Haïti est de plus en
plus affirmée.

Le développement de Haïti s’est trouvé paralysé ar une histoire douloureuse liée à la dette. En raison d’engagements
plutôt incertains des institutions financières internationales et de
plusieurs pays donateurs d’annuler l’ensemble de la dette de Haïti,
plusieurs organisations ont lancé des appels pour obtenir rapidement
une annulation du restant des créances à recouvrer et pour s’assurer
que l’aide prendra la forme de subventions et non d’emprunts.

Le onds monétaire international accorde un emprunt supplémentaire de 114 illions d’USD sans intérêt à Haïti, mais le conseil d’administration
du Fonds n’a pas réitéré l’engagement du directeur du FMI Strauss-Kahn
selon lequel "le FMI travaille maintenant avec tous les donateurs pour
tenter d’annuler toute la dette de Haïti, y compris notre nouveau prêt".

Les rincipaux détenteurs multilatéraux de la dette de Haïti sont la Banque
interaméricaine de développement (447 millions d’USD), le Fonds
monétaire international (165 millions d’USD, plus les 100 millions
d’USD du nouvel emprunt), l’Association internationale de développement
de la Banque mondiale (39 millions d’USD) et le Fonds international
pour le développement de l’agriculture (13 millions d’USD). Le prêt
bilatéral le plus grand est détenu par Taiwan (92 millions d’USD). Le
Venezuela annonce l’annulation d’une dette de Haïti de 295 millions de
dollars détenue par Petrocaribe, l’entreprise vénézuélienne de
distribution régionale d’énergie.

Entre temps, les affiliés de a Fédération internationale des organisations de travailleurs de la étallurgie ont donné de l’argent pour assurer le redressement conomique de Haïti.

Liste de liens pour demander un allègement de la dette de Haïti.

http://www.eurodad.org/uploadedFiles/Whats_New/News/NGOs%20call%20for%20cancellation%20of%20all%20debt_Eurodad.pdf?

http://www.avaaz.org/en/haiti_cancel_the_debt_12/?cl=463276450&v=5297

http://www.jubileeusa.org/press/press-item/article/broad-coalition-of-labor-development-and-religious-organizations-to-treasury-secretary-geithner-ca.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=170&cHash=0f4a78e3f8.

 

Des métallurgistes turcs licenciés pour activités syndicales

TURQUIE: De nouveaux membres de Birleşik Metal-Is chez Ekoendustri sont l’objet d’attaques de la part de la direction qui a licencié 15 responsables syndicaux à la suite de la revendication portant sur une représentation syndicale qui avait été adressée au ministère du Travail. D’autres membres du syndicat subissent un harcèlement continu et des tentatives d’intimidation de la part de l’entreprise, laquelle fait pression sur les membres du personnel pour qu’ils démissionnent de Birleşik Metal-Is s’ils ne veulent pas être licenciés.

Birleşik Metal-Is, un affilié de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, signale qu’en août et septembre 2009, le syndicat a commencé une campagne de syndicalisation chez Ekoendustri, un fabricant de composants d’automobile et de matériel électroménager, ainsi que d’équipements sportifs.

Le 29 décembre 2009, le syndicat a déposé une demande au ministère du Travail pour obtenir un droit de négociation à la suite du vote majoritaire du personnel en faveur de la représentation syndicale par Birleşik Metal-Is. Peu de temps après, le 25 janvier 2010, neuf travailleurs et militants syndicaux actifs étaient licenciés. Depuis cette date, six autres membres du personnel ont également été licenciés.

Dans une lettre adressée conjointement à la direction d’Ekoendustri, la FIOM et la fédération européenne des métallurgistes ont rappelé à l’entreprise que la Turquie avait ratifié les conventions de l’Organisation internationale du Travail no 87 (liberté syndicale) et no 98 (droit de négociation collective) qui garantissent aux travailleurs/euses le droit d’adhérer à un syndicat et de négocier collectivement.

"Les actes commis par Ekoendustri constituent des infractions à ces normes de travail reconnues au plan international, et sont également contraires aux codes de conduite de votre principal client, Decathlon Group, maintenant Oxylane Group", affirment dans leur lettre les deux fédérations, en ajoutant: "Nous vous demandons de réintégrer immédiatement et sans condition tous les travailleurs licenciés injustement, de cesser et de vous abstenir d’interroger et de harceler les membres du syndicat, et de respecter les droits des travailleurs/euses reconnus au plan international, notamment le droit de se syndiquer et de former des syndicats, ainsi que le droit de négocier collectivement".

MISE À JOUR: 11 février 2010 – Birleşik Metal-Is signale que la direction d’Ekoendustri s’inquiète des lettres envoyées par les syndicats au niveau international, notamment une lettre conjointe FIOM/FEM qui protestait contre les actions de la direction. La réaction internationale a poussé le gouvernement à procéder à une enquête. La FIOM demande aux affiliés d’envoyer immédiatement des lettres à la direction pour exiger la réintégration des 15 membres du syndicat licenciés et pour demander que la Turquie respecte le droit des travailleurs et des travailleuses de se syndiquer et de négocier collectivement.

Veuillez envoyer copie à la FIOM ([email protected]) et à Birleşik Metal-Is ([email protected]) de toute correspondance. Cliquer ici pour un exemple de lettre (en anglais).

Envoyer des lettres à:

EKOENDUSTRI
M. Egemen Ekrem Demiroz
M. Zeki Yondem
Kemalpaşa Organize Sanayii Bölgesi, Ulucak Mevkii 8
Sokak no: 2 KEMALPAŞA — IZMIR
TURQUIE
Téléphone: +90 232 877 10 10
Télécopie: +90 232 877 10 09
Courriel: [email protected]

DECATHLON GROUP/OXYLANE GROUP:
Yves Claude, Directeur général
369, rue Jules Guesde
59650 Villeneuve d’Ascq
FRANCE
Téléphone : +33 (0)3.62.72.23.82
Courriel: [email protected]

Taux inadmissible d'accidents mortels chez ArcelorMittal

AFRIQUE DU SUD: La dernière réunion du comité mondial conjoint de santé et de sécurité d’ArcelorMittal (JGHSC) a eu lieu les 27 et 28 janvier 2010. Malgré des signes encourageants d’amélioration au sein de l’entreprise en 2009 dans les domaines de la santé et de la sécurité, le grand nombre d’accidents mortels est inadmissible. Le comité mondial conjoint de santé et de sécurité d’ArcelorMittal insiste pour obtenir une plus grande vigilance de la part de la direction, des syndicats et du personnel pour empêcher de nouveaux décès. Le message est simple: si le travail manque de sécurité — ne le faites pas.

Malheureusement, la visite du JGHSC en Afrique du Sud a connu un moment d’intense émotion avec les accidents survenus récemment qui ont causé la mort de quatre ouvriers. Une enquête est actuellement en cours. Les décès se sont produits dans l’usine de Newcastle, qui est l’un des cinq sites de production d’ArcelorMittal en Afrique du Sud. Une délégation restreinte du comité a visité l’usine pour déterminer les leçons à tirer pour empêcher la répétition d’un tel événement dans le reste du groupe.

Dans le cadre de la visite en Afrique du Sud, une délégation du JGHSC profité de l’occasion pour rencontrer les dirigeants du NUMSA et le représentant régional de la FIOM, Stephen Nhlapo. Les discussions ont porté à cette réunion sur des questions importantes comme la nécessité d’une participation des syndicats aux programmes de santé et de sécurité dès le début et sur l’importance d’un accès à la formation et à l’éducation des représentants syndicaux chargés de la sécurité. Le Secrétaire général du NUMSA, Jim Irvin, a exprimé l’engagement de la direction nationale à jouer un rôle de premier plan pour améliorer les conditions de santé et de sécurité des travailleurs et des travailleuses dans toute l’Afrique du Sud. Il a également exprimé ses préoccupations au sujet de la récente tragédie à Newcastle, et signalé l’aspect prioritaire d’une aide aux familles touchées par les décès survenus récemment, y compris aux personnes qui avaient le statut d’entrepreneur et n’étaient pas directement employées par l’entreprise.

Le lendemain matin, le JGHSC a effectué une visite à l’aciérie Vanderbijlbark. Il en a profité pour rencontrer des représentants de syndicats locaux et de la direction, et faire un tour dans l’usine pour juger des conditions de sécurité. La visite a permis de constater le niveau généralement élevé de propreté et notamment l’utilisation d’équipements de protection individuels. Mais certains domaines nécessitent une amélioration comme c’est le cas pour une meilleure coopération entre la direction et les syndicats locaux afin d’améliorer la transparence et la communication. D’autre part, les installations comportent un niveau élevé personnel employé avec le statut d’entrepreneur (environ 40 pour cent de la main-d’œuvre) et une plus grande attention doit être accordée au respect des règles de sécurité.

Le JGHSC également examiné les progrès réalisés depuis ses précédentes visites. Des actions de suivi ont été menées au Kazakhstan, au Brésil, au Mexique, en République tchèque et en Roumanie. Dans certains cas, d’autres actions sont encore prévues. En outre, le JGHSC a été informé que tous les salariés qui retournent à l’usine après leur licenciement en raison de la crise économique allaient recevoir une formation de recyclage. Un accord est également intervenu sur une approche commune pour la commémoration le 28 avril de la Journée mondiale de la sécurité ArcelorMittal (Journée du souvenir des travailleurs et des travailleuses). Les syndicalistes membres du JGHSC ont proposé de mettre l’accent sur le droit des travailleurs de refuser d’accomplir un travail dangereux et sur une amélioration de la sécurité pour les entrepreneurs individuels, afin d’obtenir dans les deux cas une meilleure insertion dans le concept de vigilance partagée, une proposition de la direction. Du côté syndical, une demande a été présentée portant sur l’organisation d’une conférence mondiale rassemblant des représentants syndicaux chargés de la santé et de la sécurité et des représentants de la direction.

Les activités futures du JGHSC incluent le développement d’un réseau syndical de santé de sécurité rassemblant tous les sites de production de l’entreprise pour améliorer la communication. La prochaine réunion est prévue du 27 au 29 avril 2010 à Indiana Harbor, États-Unis.

Création de syndicats

Syndiquer les non syndiqués

Compte tenu des énormes défis que doivent relever les travailleurs/euses dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui, le recrutement demeure une tâche fondamentale pour tous les syndicats, aussi les affiliés de la FIOM devraient-ils entreprendre d’eux-mêmes ces campagnes de syndicalisation.

La transformation de l’emploi stable en emploi précaire, les atteintes portées aux droits syndicaux et la fragmentation des systèmes de négociation collective sont autant de facteurs qui ont gravement restreint notre capacité de recruter et de représenter efficacement les intérêts des travailleurs/euses. De plus, les mutations structurelles de l’emploi, en particulier dans les pays développés, conduisent à une diminution du nombre des cols bleus qui ont toujours été bien syndicalisés et à l’augmentation du nombre de salariés très qualifiés et des travailleurs non-manuels. Pour les syndicats, ces travailleurs sont plus difficiles à syndiquer.

Pour obtenir et défendre les droits des travailleurs/euses de la métallurgie, nous avons besoin de syndicats nationaux puissants dans tous les pays. En conséquence, l’un des objectifs majeurs de la FIOM consiste à encourager les travailleurs/euses à constituer des syndicats nationaux indépendants, démocratiques et représentatifs, qui sont autonomes face aux employeurs, aux  partis politiques et aux gouvernements. Cet objectif inclut aussi la nécessité de pallier les faiblesses des syndicats existants et si nécessaire, de constituer des syndicats nouveaux capables de relever les défis de notre temps.

Toutefois, il ne s’agit pas seulement de ce que font les syndicats. Dans certains pays comme la Biélorussie, la Colombie, la Thaïlande et les Philippines, les gouvernements et les employeurs s’attachent à éliminer les structures syndicales, tuent ou intimident les militants ou encore segmentent les structures syndicales, encouragent le syndicalisme d’entreprise et par là affaiblissent considérablement le potentiel de puissance des syndicats. Tous les travailleurs, quelque soit leur situation, doivent être en droit de se syndiquer. La FIOM et ses affiliés doivent lutter pour obtenir une législation qui autorise les travailleurs/euses à prendre eux-mêmes les décisions concernant leurs structures de représentation, et exerceront des pressions sur les entreprises afin qu’elles respectent les décisions des travailleurs.


Les affiliés de la FIOM doivent :

Pour aider les affiliés à recruter, la FIOM entreprend de :

La FIOM aidera les syndicats qui :

Travailleurs privés d'eau potable

INDE: un cocktail explosif de travail manuel et de chaleur solaire intense sans eau potable met en danger, selon les syndicats, la vie des démolisseurs de navires à Mumbai. La température quotidienne en janvier est de 26 à 34 degrés centigrades. Lors d’une visite d’évaluation d’un projet par une délégation internationale au chantier de démolition des navires à Mumbai le 20 janvier, les travailleurs ont expliqué aux dirigeants syndicaux comment, en dépit des demandes répétées, ils sont continuellement confrontés à des pénuries d’eau et travaillent souvent dans des conditions extrêmement dangereuses 12 heures par jour sans rien à boire.

Auparavant, quand ils n’étaient pas syndiqués et qu’aucune organisation ne les représentait, ils se trouvaient dans l’impossibilité de parler de leurs conditions de travail. Mais depuis la réussite du projet de syndicalisation, les travailleurs peuvent désormais exprimer des revendications à leur syndicat ‘Mumbai Port Trust Dock and General Employees Union’ sans crainte de récriminations. Après avoir pris connaissance des revendications, les responsables syndicaux locaux se sont rendus sur plusieurs chantiers de la région où ils ont pu constater l’absence générale d’eau potable sur tous les chantiers.

Les employeurs tout comme les autorités portuaires locales ne parviennent pas à fournir suffisamment d’eau potable aux travailleurs, ce qui entraîne des pénuries quotidiennes. En raison de la crise financière, le volume actuel de travail dans l’industrie de démolition des navires est très élevé car les entreprises de navigation maritimes réduisent les capacités pour maintenir des taux de fret. Il y a actuellement 12 navires à Mumbai, ce qui a provoqué un afflux de main-d’œuvre pour traiter le volume accru de navires à démolir. Pour aggraver la situation, non seulement les travailleurs sont confrontés à des pénuries d’eau, mais beaucoup de leurs familles qui se trouvent dans les environs sont également concernées.

Bien que la loi sur le travail dans l’industrie de 1948 — Indian Factories Act — stipule clairement l’obligation de fournir de l’eau potable à la main-d’œuvre, elle reste largement ignorée. Les responsables syndicaux locaux ont indiqué que si la situation n’est pas résolue, la seule alternative sera peut-être d’appeler les travailleurs à la grève. La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie a collaboré étroitement avec les démolisseurs de navires dans le cadre de son projet de syndicalisation qui a permis de syndiquer 2.500 travailleurs à Mumbai et 6.500 autres à Alang.

Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM, qui prenait la parole à un meeting a déclaré: “Les travailleurs à Mumbai ont pris la décision de défendre leurs droits en adhérant à un syndicat. Il n’y a aucun droit plus fondamental que celui d’avoir de l’eau potable, et c’est pourquoi vous avez le plein appui du mouvement syndical international dans votre lutte”.

Les conditions sur les chantiers de démolition des navires en Inde sont extrêmement dangereuses et la syndicalisation des travailleurs restera une priorité tant que les conditions de travail sont à améliorer. Le syndicat a obtenu quelques améliorations dans les équipements de protection individuels à Mumbai et à Alang, mais de nombreux problèmes de santé et de sécurité sont encore négligés. La FIOM élabore actuellement un programme d’aide aux démolisseurs de navires au Bangladesh où les conditions sont également effroyables.

Solidarité avec les travailleurs/euses d'Opel

EUROPE: Mardi 26 janvier, le comité d’entreprise d’Opel a demandé au personnes employées sur tous les sites de production en Europe de prendre part à une réunion des salariés à Anvers.

Les salariés d’Opel en Allemagne, en Pologne, en Espagne et des usines Vauxhall au Royaume-Uni ont manifesté leur solidarité avec leurs collègues menacés à l’usine d’Anvers.

Les représentants syndicaux et les membres du comité d’entreprise d’Opel ont déclaré que les travailleurs/euses ne feront aucun sacrifice et aucune concession tant que cette décision ne sera pas annulée.

Klaus Franz, le chef du comité général d’entreprise a indiqué que GM a rompu l’accord signé avec les syndicats pour remplacer Astra par deux petits VUS à l’usine d’Anvers.

Les syndicats ont déclaré que la direction de GM devrait être consciente de la longue tradition de solidarité des travailleurs/euses d’Opel, et que les collègues de l’usine d’Anvers bénéficieront de beaucoup de soutien sur tous les sites de production en Europe. Pour en savoir plus: http://www.solidaritatfuropelantwerpen.be

Sur une note plus positive, Spyker a accepté de reprendre Saab, qui appartient à ce jour à GM.

Cette décision permet non seulement de sauver 3.400 emplois chez Saab à Trollhätten, Suède, mais des milliers d’autres chez les fournisseurs et les concessionnaires.

OIT: L'intervention décisive pour sauver les banques doit s'appliquer pour sauver et créer des emplois



MONDE: Les données sur les tendances de l’emploi en 2010 présentées par l’OIT ne constituent pas une surprise. Elles sont cependant effrayantes car elles montrent qu’il n’y a aucun espoir pour que les taux d’emploi retrouvent bientôt les niveaux d’avant la crise. Par ailleurs, les conditions d’emploi se détériorent constamment, au Nord comme au Sud, avec un glissement vers des conditions d’emploi précaire partout dans le monde.

Dans un communiqué de presse publié aujourd’hui, le BIT souligne que "la proportion de travailleurs en situation d’emploi vulnérable dans le monde est évaluée à plus de 1,5 milliard, soit plus de la moitié (50,6 pour cent) de la main-d’œuvre mondiale. Et le nombre de femmes et d’hommes en situation d’emploi vulnérable est susceptible d’avoir augmenté en 2009 d’environ 110 millions par rapport à 2008". Non seulement les bons emplois qui ont été perdus ne reviendront pas tous bientôt, mais ils vont passer dans les secteurs moins protégés, moins réglementés, souvent dans les zones "grises" du marché du travail.

La crise mondiale devrait et pourrait être l’occasion de replacer le travail au centre de l’économie. Les syndicats exigent l’élaboration d’une stratégie de sortie de crise portant sur un nouveau modèle de croissance centré sur l’emploi de qualité. À l’inverse, la stimulation et les mesures d’urgence ont davantage tenu compte des intérêts des entreprises, des banques et du secteur financier, plutôt que des objectifs de reprise sur le marché du travail. Les plans de relance doivent avoir de toute urgence comme objectif primordial la création d’emplois qui conditionne la reprise économique.

Les institutions économiques et financières internationales n’ont pas pu — ou peut-être n’ont pas voulu — voir venir la crise. Les gouvernements de leurs pays membres en portent évidemment la responsabilité; ils doivent maintenant cesser leurs discussions vides de sens sur la nécessité d’une réglementation, et prendre des mesures concrètes pour sortir de la crise en évitant un retour vers une situation où rien ne serait changé et une croyance aveugle dans le mécanisme autorégulateur du marché.