IG Metall assure des emplois
ALLEMAGNE: L’affilié de la FIOM, IG Metall, et l’association des employeurs ‘Gesamtmetall’ ont conclu le 18 février 2010 un accord pilote dans la métallurgie et le secteur électronique/électricité dans l’État de Rhénanie du Nord-Westphalie en Allemagne.
La nouvelle convention collective, appelée "avenir du travail", comporte un appel conjoint au gouvernement allemand pour étendre les dispositions adoptées en réponse à la crise financière au-delà de la fin de cette année pour les personnes employées actuellement à temps partiel. Les travailleurs/euses dans ces usines obtiennent une garantie d’emploi de 12 mois et la possibilité d’une réduction de la durée hebdomadaire normale de travail de 35 à 28 heures, accompagnée d’une compensation salariale partielle.
Le nouvel accord permet de sauver des milliers d’emplois dans la métallurgie et le secteur électronique/électricité. En outre, un appel conjoint du syndicat et de l’association des employeurs demande au gouvernement allemand de continuer à subventionner les dispositions relatives à la sécurité de l’emploi.
L’accord prévoit un paiement forfaitaire de 320 euros par salarié pour la période de mai 2010 à mars 2011 (apprentis 120 euros), en deux versements au 1er mai et au 1er décembre 2010.
Une hausse salariale de 2,7 pour cent pour la période d’avril 2011 à mars 2012, les comités d’entreprise ayant pour mandat de négocier cette somme dans les deux mois qui précédent ou qui suivent cette date.
Le contenu de l’accord pilote conclu en Rhénanie du Nord-Westphalie a déjà été approuvé par IG Metall et les employeurs de la région du Bade-Wurtemberg, et il faut s’attendre à une conclusion identique dans d’autres régions.
Le Président de IG Metall, Berthold Huber, estime que les dispositions contenues dans l’accord sur la protection de l’emploi constituent "un bon résultat qui permet d’assurer des emplois dans la plus grande crise économique en 80 ans". Il a ajouté que le gouvernement doit maintenant étendre l’accord en élargissant le champ de l’assurance sociale.
GIKIL verse des arriérés de salaire aux travailleurs/euses de Bosnie
BOSNIE-HERZÉGOVINE: L’entreprise sidérurgique renégate indienne dirigée par Pramod Mittal a dû verser ce mois-ci des arriérés de salaires à 1.250 membres du syndicat indépendant de la chimie et des produits non métalliques de Bosnie-Herzégovine (SSHN-FBIH).
L’entreprise Mittal a respecté la date limite fixée au 15 février. Global Ispat Koksana Industtrija Lukavac (GIKIL) assure la gestion de l’usine de carbonate de sodium dont elle est propriétaire à hauteur de 50 pour cent. Les salaires ont été versés dans le courant du mois de décembre 2009.
Les salariés de GIKIL, entreprise détenue à 50 pour cent par le canton de Tuzla, et le président du SSHN-FBIH, Kata Ivelijc, ont assuré que les salaires en retard ont été versés par le délinquant Mittal, grâce à leur grève et leur détermination vigilante. Ils ont obtenu une aide extérieure à la Bosnie-Herzégovine de la part de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM).
Après n’avoir reçu aucune rémunération pour le travail effectué au cours du dernier trimestre de 2009, SSHN-FBIH a déclenché le 6 janvier une grève qui a duré une semaine. Cette grève leur a permis d’obtenir le versement des salaires d’octobre et de novembre, puis des interventions extérieures et des actions entreprises par les salariés à l’usine et dans la ville de Tuzla ont amené le versement du salaire de décembre à la date limite fixée au 15 février, date à laquelle les salariés prévoyaient de déclencher une autre grève.
On a pris note partout en Europe de l’action entreprise par des salariés dûment mandatés dans cette région fortement industrialisée du nord de la Bosnie. La vigilance exercée de concert par l’ICEM et le SSHN-FBIH sur le paiement à temps des salaires dans l’avenir a permis d’obtenir une augmentation et d’améliorer les conditions de santé et de sécurité chez GIKIL.
Kata Ivelijc a remercié l’ICEM, la FIOM et la FEM pour "la coopération et le soutien" obtenus, et a déclaré que l’intervention "a fait une forte impression sur les institutions et les médias" dans la région. Pour tout renseignement complémentaire, se rendre sur le
site de l’ICEM.
Les 65 morts ne sont pas oubliés alors que le conflit se poursuit à Cananea
Les 65 mineurs se sont trouvés bloqués sous terre le 19 février 2006 à la suite d’une explosion de méthane qui se produisit au puits numéro huit de la mine de Pasta de Conchos qui appartient à Grupo México dans l’État de Coahuila au nord du Mexique. Un grand nombre de mineurs décédés étaient membres du syndicat mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM). Immédiatement après l’explosion, le gouvernement mexicain a fait appel à l’armée pour garder la mine.
Seuls deux corps ont pu être remontés à la surface au moment de l’accident. Le syndicat United Steelworkers a intenté un procès devant un tribunal fédéral américain en Arizona, au nom des familles des mineurs décédés, pour obtenir des dommages-intérêts de Grupo México et des entreprises concernées.
La plainte allègue que les prévenus, appartenant à Grupo México et aux autres entreprises concernées, ont manqué à leur devoir et refusé de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la catastrophe, alors qu’ils étaient tenus parfaitement au courant des conditions dangereuses par le gouvernement mexicain et par les mineurs eux-mêmes.
Cet évènement tragique a précipité simultanément une série d’actions, dont la révocation en toute illégalité de Gómez de son poste de secrétaire général du syndicat des mineurs mexicains, la poursuite des actes de violence et d’intimidation à l’encontre de membres et de responsables du syndicat, et notamment le meurtre de deux grévistes à Lázaro Cárdenas, et l’exil de Gómez au Canada.
En outre, dans l’immense mine de cuivre de Grupo México à Cananea dans l’État de Sonora, des membres du syndicat mexicain des mineurs ont commencé à faire grève en juillet 2007 pour protester contre les conditions de santé et de sécurité dans la mine.
La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et d’autres organisations ont condamné la décision prise par une cour d’appel du Mexique, la semaine dernière le 11 février, d’autoriser l’entreprise minière Grupo México à licencier les 1.200 grévistes et membres du syndicat de la mine de cuivre de Cananea.
La FIOM et l’ICEM demande aux autorités mexicaines de faire preuve de retenue par la crainte que la décision de justice n’entraîne de la violence entre l’armée mexicaine et les mineurs.
Le représentant régional de la FIOM Jorge Almeida s’est joint aujourd’hui à une délégation internationale à Cananea pour exprimer sa solidarité et soutenir les mineurs en grève à l’occasion de la commémoration des morts à Pasta de Conchos.
Prolongation de l'accord sur la sécurité de l'emploi chez VW
ALLEMAGNE: IG Metall et Volkswagen AG ont conclu le 16 février une prolongation jusqu’en 2014 de l’accord sur la sécurité de l’emploi pour 95.000 travailleurs et travailleuses des usines à Wolfsburg, Emden, Hanovre, Salzgitter, Brunswick et Kassel, et des services financiers VW AG. La garantie de l’emploi faisait déjà partie de l’accord négocié actuellement qui vient à expiration l’année prochaine et est maintenant prolongé jusqu’en 2014.
L’accord prévoit également que tous les apprentis obtiendront dans l’entreprise un contrat de travail régulier en fin de période d’apprentissage, ce qui offrira une sécurité de l’emploi dans l’avenir à 6.400 jeunes.
Les négociations se poursuivent pour les usines VW à Zwickau, Chemnitz et Dresde, où l’ont s’attend à l’application des mêmes principes. Ailleurs, les salariés des usines Audi VW sont couverts par des conventions collectives régionales qui relèvent d’une négociation distincte.
L’accord engage également VW à investir des capitaux supplémentaires pour créer de nouveaux emplois dans des secteurs innovants et alternatifs.
"Ce résultat montre que les entreprises peuvent survivre aux effets de la crise financière mondiale et fournir en même temps une sécurité de l’emploi aux salariés qui assurent le succès de l’entreprise", a déclaré Helmut Lense, directeur de la FIOM pour l’automobile.
Les protestations augmentent contre les expulsions de migrants de Thaïlande
THAÏLANDE: Plus de 2 millions de migrants sont menacés d’expulsion par le gouvernement du Royaume thaïlandais après le 28 février 2010 s’ils ne s’engagent pas dans un processus complexe de "vérification de nationalité". Ces migrants sont originaires de Birmanie dans la proportion de plus de 80 pour cent où ils ont face à un conflit ethnique et politique, ainsi qu’à une détérioration économique constante de leur pays d’origine qui est sous le joug d’un gouvernement militaire. Les migrants venus de Birmanie ont quitté leur pays illégalement, mais sont encore l’objet de pressions du gouvernement thaïlandais pour soumettre leur identité au gouvernement militaire birman, retourner en Birmanie pour compléter leur vérification de nationalité, et revenir ensuite travailler "légalement" en Thaïlande avec un passeport temporaire birman.
La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie s’est jointe à l’affilié thaïlandais TEAM et à d’autres groupes de défense des droits du travail et des droits de la personne pour tenter d’obtenir un adoucissement de cette décision et assurer la protection des droits de la personne pour les migrants.
La Fondation des droits de la personne et du développement (Human Rights and Development Foundation — HRDF) en Thaïlande signale que:
- la plupart des migrants en Thaïlande ne comprennent pas encore la teneur de ce processus de vérification de nationalité;
- beaucoup de migrants en Thaïlande n’ont pas encore entamé un processus de vérification de nationalité;
- le fait de forcer des migrants à entamer un processus de vérification de nationalité en Birmanie soulève de grandes inquiétudes au plan humanitaire;
- une vérification de nationalité ne répondant pas à des règles précises permet à des intermédiaires d’exploiter les migrants;
- de nombreux migrants originaires de Birmanie ne peuvent pas et ne veulent pas entamer un processus de vérification de nationalité, mais aucune stratégie n’est prévue à cet effet pour les soutenir.
Dans une lettre ouverte remise au Premier ministre thaïlandais le 16 février, la FIOM s’est jointe à plus de 60 groupes thaïlandais et internationaux de défense des droits de la personne et à des syndicats pour demander au gouvernement thaïlandais de prolonger au-delà du 28 février 2010 la date limite, et de mettre fin immédiatement aux menaces d’expulsion massive. Une copie de la lettre se trouve ici.
Un peu plus tôt le 16 février, devant les bureaux de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à Bangkok, des lettres exposant ces griefs ont été présentées par des manifestants aux représentants des rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les droits de l’homme des migrants et sur la situation des droits de la personne au Myanmar, ainsi qu’au Directeur général de l’Organisation internationale du Travail.
L'ICEM et la FIOM insistent pour que le Mexique fasse preuve de retenue à la mine de cuivre de Cananea
MEXIQUE: Deux fédérations syndicales internationales demandent instamment au gouvernement et aux forces armées du Mexique de faire preuve de retenue dans toute tentative de prise de contrôle de la mine de cuivre de Grupo México à Cananea dans l’État de Sonora. La Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) sont gravement préoccupées du fait que la décision de justice prise la semaine dernière risque d’engendrer une escalade de la violence entre des unités militaires mexicaines sur le pied de guerre et des mineurs représentés par le syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM) affilié aux deux fédérations syndicales à Genève.
La mise en garde adressée aux autorités mexicaines fait suite à une décision prise le 11 février par la cour d’appel du travail qui confirme une déclaration du Conseil fédéral de conciliation et d’arbitrage prévoyant de mettre fin aux 31 mois de grève du syndicat et de résilier la convention collective entre le SNTMMSRM et Grupo México.
L’ICEM et la FIOM sont conscientes du fait que des unités militaires fédérales ont été envoyées dans l’État de Sonora situé au nord du pays. L’ICEM et la FIOM, qui sont en contact direct avec le syndicat mexicain, croient que les mineurs à Cananea sont résolus à poursuivre l’occupation de la mine jusqu’à la conclusion d’un accord juste et équitable.
"Nous arrivons cette semaine à un moment particulièrement critique à Cananea, et nous recommandons vivement au gouvernement mexicain d’ordonner à ses forces de faire preuve de prudence dans leurs rapports avec les travailleurs", a déclaré Manfred Warda, secrétaire général de l’ICEM. "Si la mine est réouverte, nous insistons pour que Grupo México, le gouvernement et le syndicat engagent un dialogue honnête pour aborder les questions qui sont encore à résoudre et pour reconnaître le syndicat dans un état d’esprit productif".
"Le recours à la violence, quelle qu’elle soit, ne servira qu’à isoler davantage les parties", a ajouté Jyrki Raina, secrétaire général de la FIOM. "Nous comprenons que le processus juridique est maintenant épuisé, aussi nous conseillons vivement de faire preuve de retenue et de trouver le juste milieu en espérant aboutir à une solution négociée capable de remettre les mineurs au travail dans une région du Mexique qui manque désespérément d’emplois générateurs de revenus".
L’ICEM et la FIOM représentent ensemble 45 millions de travailleurs et de travailleuses dans le monde. L’ICEM est une fédération syndicale internationale qui encadre 467 syndicats dans 132 pays, tandis que la FIOM représente les intérêts de 200 syndicats dans 100 pays.
4ème Festival annuel du court métrage sur le travail à Genève
MONDE: Pour promouvoir le développement de films sur le monde syndical, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie organise en collaboration avec la Confédération syndicale internationale et toutes les fédérations syndicales internationales, le 4ème Festival annuel du court métrage sur le travail à Genève, Suisse, le 15 juin 2010.
Les affiliés de la FIOM sont invités à soumettre des copies des courts métrages qu’ils ont produits eux-mêmes ou participé à la production, en vue d’une éventuelle inscription dans le programme. Nous vous encourageons à soumettre des films portant sur toutes les questions relatives au travail. Toutefois les organisateurs espèrent obtenir cette année des longs métrages concernant les réponses des syndicats et des travailleurs/travailleuses à la crise financière mondiale et au changement climatique.
Les films destinés au Festival annuel du court métrage sur le travail à Genève doivent être soumis avant la date limite du 31 mars 2010. Veuillez envoyer des copies de vos films sur DVD avec un court texte décrivant chaque film, la raison pour laquelle il a été réalisé et le public auquel il est destiné, à l’adresse suivante:
Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie
Case Postale 1516
CH-1227 Genève, Suisse
La FIOM a besoin de disposer du libre droit de présenter le film et de le publier en ligne, avec bien sûr la pleine reconnaissance des auteurs. En raison des contraintes financières pour l’interprétation, la FIOM peut seulement accepter les films en langue anglaise ou sous-titrés en anglais. Pour tout renseignement complémentaire, contacter Anita Gardner:
[email protected]Nous rappelons aux syndicalistes et aux réalisateurs de films que pour la première fois, LabourStart parraine un concours sur la vidéo de l’année sur le travail (
Labour Video of the Year). Les vidéos présentées à ce concours seront placées sur le web et leur durée doit être inférieure à 10 minutes. Elles doivent porter principalement sur le travail, sur les travailleurs et les travailleuses ou sur les questions qui s’y rapportent. Veuillez soumettre vos propositions pour le 15 février 2010 avant minuit GMT.
Pour en savoir davantage sur les festivals de films sur le travail qui ont lieu dans le monde:
https://laborfilms.dabbledb.com/page/laborfilms/oohjaYNX#Ce site est parrainé par DC Labor FilmFest et LabourStart, qui parrainent également la base de données en ligne des films sur le travail:
https://laborfilms.dabbledb.com/page/laborfilms/ePjMknLk# . La base de données comporte pas moins de 1.465 films et vidéos sur des thèmes syndicaux. Dans le cas où vous auriez des vidéos à proposer pour l’une de ces listes, veuillez les envoyer à:
[email protected]
Une enquête ICEM/FIOM montre une augmentation de l'emploi précaire
MONDE: Une seconde enquête menée par la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) sur l’emploi précaire, le travail contractuel et les agences de travail intérimaire, indique une augmentation continue du nombre de personnes employées avec des contrats précaires. Le résultat de cette enquête démontre la nécessité de continuer à lutter contre la montée de l’emploi précaire.
Cette montée s’est produite durant la crise économique qui a saisi de nombreux pays en 2009 et occasionné des licenciements massifs de travailleurs/euses sous contrat à court terme. C’est sans doute l’indication que beaucoup d’entreprises qui ont commencé à recruter de nouveau du personnel le font avec des contrats à durée déterminée ou des contrats temporaires.
Au total, 66 pour cent des affiliés de l’ICEM et de la FIOM qui ont répondu font état d’une augmentation du travail temporaire ou à temps partiel dans leurs secteurs et dans leurs pays en 2009. Seulement 22 pour cent des affiliés signalent avoir constaté une baisse, alors que pour 12 pour cent d’entre eux, la situation reste inchangée.
Les deux-tiers des affiliés de l’ICEM et de la FIOM qui ont répondu indiquent une augmentation des écarts de salaires et de prestations l’année dernière entre les personnes embauchées directement pour un emploi permanent et celles employées avec des contrats à durée déterminée ou en intérim, et ce en raison de la crise économique mondiale. Cet écart salarial croissant entre les emplois permanents et les contrats à durée déterminée semble être plus prononcé dans les pays hors de la zone OCDE.
Un autre facteur important est le fait que les syndicats prennent des mesures contre la prolifération des emplois précaires — 40 pour cent des affiliés de l’ICEM et de la FIOM affirment avoir déjà pris des mesures pour éviter une hausse de l’emploi précaire à la reprise de l’économie. D’autre part, 39 pour cent réfléchissent actuellement à la décision à prendre dans ce domaine. Seuls 14 pour cent indiquent n’avoir entrepris aucune action jusqu’à présent, et seulement sept pour cent des affiliés déclarent que ce n’est pas un problème pour eux.
La syndicalisation de la main-d’œuvre employée sous contrats à court terme ou en intérim constitue un enjeu, avec seulement 28 pour cent des affiliés déclarant que leur syndicat a davantage de membres travaillant sous contrat ou en intérim que l’année dernière. Parmi les affiliés de l’ICEM et de la FIOM, 37 pour cent indiquent que le nombre de leurs membres employés sous contrat ou en intérim reste le même, et 35 pour cent disent avoir enregistré une baisse des membres employés dans les mêmes conditions.
Un total de 252 affiliés de l’ICEM et de la FIOM ont répondu à l’enquête multilingue. Des réponses ont été reçues de toutes les régions: l’Afrique, l’Asie et l’Europe responsables chacune d’environ un tiers de toutes les réponses, et huit pour cent pour le continent américain. Une représentation visuelle plus détaillée des résultats se trouve
ici.
Un tribunal ordonne à Leoni de réintégrer un dirigeant syndical en Ukraine
UKRAINE: Le syndicat local de l’usine Leoni Wiring Systems dans la région de Lviv a remporté une victoire juridique le 28 janvier quand le tribunal d’instance a ordonné à l’entreprise de réintégrer le dirigeant syndical local Vladimir Shikitka.
Malgré les pressions de l’entreprise, un syndicat affilié au syndicat des travailleurs de l’automobile et des machines agricoles d’Ukraine (AAMWU) avait été créé dans l’usine en janvier 2009. Vladimir Shikitka avait été élu président du nouveau syndicat.
Mais comme la direction locale avait immédiatement adopté une position antisyndicale, une rencontre des représentants de l’AAMWU avec Leoni avait été organisée en Allemagne sur l’initiative de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et de IG Metall. L’entreprise avait alors donné l’assurance aux membres du syndicat qu’elle s’engageait à respecter la législation et n’avait pas l’intention d’enfreindre l’accord-cadre international. Cependant, en Ukraine, rien n’avait changé.
Leoni a signé en 2002 avec la FIOM une déclaration sur les droits sociaux et les relations industrielles. Cet accord-cadre international stipule que l’entreprise prévoit de respecter les droits syndicaux fondamentaux et les droits du travail.
Malgré les assurances données par les dirigeants de l’entreprise en Allemagne, la direction de l’usine était opposée à chacune des activités du syndicat, même à l’installation d’un panneau d’information. Le dirigeant syndical Vladimir Shikitka, un travailleur qui détient un état de service impeccable, a été accusé de "négligences systématiques dans ses fonctions" et licencié le 7 juillet 2009. Cette décision est non seulement en infraction avec les normes fondamentales du travail, mais elle est clairement illégale en Ukraine puisque le code national du travail prévoit une consultation de l’entreprise avec le syndicat avant le licenciement d’un des dirigeants syndicaux.
L’AAMWU a immédiatement déposé une plainte.
Il a fallu quatre audiences du tribunal pour reconnaître finalement l’illégalité des actes commis par l’entreprise. Le 28 janvier, le tribunal d’instance a ordonné à Leoni de réintégrer immédiatement Shikitka, de lui verser ses arriérés de salaire et une indemnisation couvrant tous ses frais juridiques.
L’AAMWU et la FIOM continueront de suivre de près la situation dans l’usine Leoni Wiring Systems.
Le procureur n'a pas le sens de la justice en Russie
RUSSIE: Le 3 février 2010, une audience a eu lieu au tribunal de Tver en Russie. Le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA), un affilié de la FIOM, a tenté de tenir le procureur pour responsable de sa position antisyndicale. Cependant, le tribunal a refusé de donner satisfaction aux demandes du syndicat.
En novembre 2008, Dmitri Kozhnev, dirigeant du syndicat de l’usine ‘TsentroSvarMash’ à Tver, affilié à l’ITUA, a écrit au procureur pour demander aux autorités d’enquêter rapidement sur les mauvaises conditions de travail, l’absence de mesures de santé et de sécurité, et sur les bas salaires dans l’usine.
Toutefois, plusieurs lettres portant sur le même sujet ont amené le procureur à ouvrir une enquête sur le syndicat et non sur l’employeur. Tous les membres d’une organisation relativement petite de l’ITUA chez ‘TsentroSvarMash’ ont été convoqués au bureau du procureur pour interrogatoire.
Quand l’employeur a décidé de se débarrasser de Kozhnev et de le licencier, le procureur n’a pas réagi, bien que la direction ait agi illégalement et que Kozhnev a été réintégré plus tard par décision du tribunal.
Alors que les autorités ne faisaient rien pour protéger les travailleurs/euses de ‘TsentroSvarMash’, la pression montait progressivement contre l’ITUA.
Plusieurs documents de l’ITUA, notamment une brochure de la FIOM, ont été considérés comme étant des textes de nature ‘extrémiste’ par le tribunal et mis au rang des opuscules d’extrême droite et de la propagande intégriste islamique. Néanmoins, le tribunal a même refusé de divulguer son verdict dans son intégralité à l’ITUA, en invoquant le fait que le syndicat ‘ne relevait pas de l’affaire traitée par le tribunal’.
Cet imbroglio juridique a culminé le 3 février 2010, quand le tribunal d’instance a décidé que le défaut d’enquête de la part du procureur sur ‘TsentroSvarMash’ était justifié. De là l’approbation de l’attitude opposée au monde syndical et au monde du travail des autorités.
Le 20 janvier 2010, La Confédération pan-russe du travail (VKT) et la Confédération russe du travail (KTR) ont présenté une plainte au Comité de la liberté syndicale du Bureau international du Travail concernant les infractions aux droits syndicaux commises massivement et systématiquement en Russie. La plainte qui dénonce également avec documents à l’appui les attaques contre les membres de l’ITUA, bénéficie du soutien de la FIOM, de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation et des branches connexes (UITA) et de la Confédération syndicale internationale (CSI).