Impasse entre le syndicat et les forces fédérales dans une mine mexicaine

MEXIQUE: Des membres du syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM) en grève à la mine de cuivre de Cananea dans l’État de Sonora au Mexique, ont bloqué la route fédérale entre Cananea et Agua Prieta, le 16 et le 17 mars, pour exiger que le gouvernement intervienne pour aider à négocier un règlement pacifique.

Les mineurs sont en grève depuis juillet 2007 en raison d’infractions massives aux conditions de santé et de sécurité dans la mine notoirement dangereuse appartenant à Grupo Mexico.

À la suite de la décision prise le 11 février par le tribunal fédéral d’autoriser Grupo Mexico à licencier les grévistes et à résilier leur contrat de travail, éliminant ainsi de manière effective le droit de grève au Mexique, 1.200 travailleurs environ ont occupé la mine. Le gouvernement mexicain a menacé de recourir à la force armée pour prendre le contrôle de Cananea, l’une des plus grandes mines de Grupo Mexico. Selon des informations venues du Mexique, des épouses et des enfants participeraient également à l’occupation.

L’annonce de la décision du tribunal et l’impasse qui a suivi ont déclenché une action internationale du mouvement syndical mondial. La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et des membres de United Steelworkers (USW) ont rejoint les membres du SNTMMSRM à la mine dans les jours qui ont suivi l’occupation initiale et l’escalade des tensions.

La FIOM a lancé un appel à l’action, et les affiliés d’Indonésie au Brésil et d’Europe en Afrique ont contacté leurs ambassades respectives pour exhorter le gouvernement mexicain à retirer ses troupes en armes de la mine et rechercher une solution pacifique à la lutte. Pendant ce temps, les affiliés ont également adressé des appels urgents à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, basée à Washington DC, pour lui demander de procéder immédiatement à des mesures de précaution pour bloquer l’enlèvement par la force des membres du syndicat de la mine et pour empêcher l’occupation de la mine par les forces armées mexicaines. Malheureusement, ces demandes n’ont pas été satisfaites.

Le SNTMMSRM a présenté une plainte à la Commission avec documents à l’appui sur les infractions aux droits de la personne et les cas de harcèlement politique du gouvernement mexicain et de Grupo Mexico envers des membres du syndicat. En janvier 2009, des représentants de la FIOM, de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), de United Auto Workers (UAW), de l’USW, d’AFL-CIO, et de la Confédération syndicale des Amériques (TUCA-CSI) ont rencontré des membres de la Commission en leur demandant instamment d’entreprendre une action immédiate au sujet de la plainte présentée par le SNTMMSRM.

Récemment, la CSI a publié un communiqué dans lequel elle attaque le gouvernement mexicain pour ne pas avoir fait respecter les droits de la personne et les droits syndicaux reconnus dans le monde entier, et demande au Président Calderon de retirer ses troupes de Cananea et d’aider à parvenir à une solution pacifique.

L’ingérence du gouvernement dans les affaires syndicales et les abus flagrants aux droits syndicaux à l’encontre des membres du SNTMMSRM sont l’objet d’une plainte en cours à l’Organisation internationale du Travail, présentée par la FIOM en mars 2006. Ce mois-ci, des membres du Comité de la liberté syndicale ont examiné la plainte et le Comité publiera ses conclusions très prochainement.

Pour se joindre aux efforts engagés pour soutenir les mineurs de Cananea et leurs familles, cliquer ici.

Campagnes de la CSI pour syndiquer les jeunes

BRUXELLES: Dans la seconde moitié de mars, la Confédération syndicale internationale (CSI) a lancé une nouvelle campagne en trois étapes sur la syndicalisation des jeunes. La campagne comporte une approche multiforme visant à rendre les syndicats plus attrayants pour les jeunes dans la perspective des enjeux mondiaux.

Les questions internationales sont une partie intégrante de l’activité syndicale. Les travaux de recherche menés dans de nombreux pays ont révélé que les jeunes montrent tout autant d’intérêt pour ces questions et veulent être en mesure d’exercer une influence au niveau mondial. La campagne suggère qu’en se syndiquant, les jeunes peuvent exercer une influence et changer le monde. Les techniques modernes offrent de nouvelles façons de toucher les jeunes, et c’est pourquoi la campagne de la CSI utilise des moyens différents comme les vidéos en streaming, le networking social, les affiches et les sites internet, et un guide spécial de campagne.

Dans une première étape de la campagne, la CSI a lancé une vidéo animée "Joe le chien tente de changer le monde" http://www.youtube.com/watch?v=PWvuOqCEU9U. La vidéo montre avec humour comment exercer une influence sur les injustices dans le monde en mêlant votre voix à celles des autres dans les syndicats. La vidéo est disponible en anglais, en français et en espagnol. Les versions mobile, internet et Haute Définition de la vidéo peuvent être commandées au Département de la presse de la CSI tél. +32 2 224 0204 ou +32 476 621 018. Pour devenir fan de Joe sur Facebook, cliquer sur : http://www.facebook.com/pages/Joe/10150138698745254?ref=mf

Les deux prochaines étapes de la campagne comportent le lancement d’un site internet interactif spécial, également en anglais, en français et en espagnol http://www.changetheworld-now.com/ et une série d’affiches illustrant de manière satirique le visage impitoyable du capital mondial, ainsi qu’un blog jeune http://youth.ituc-csi.org/. qui donne une idée de ce qui est fait pour les jeunes dans différents coins du monde.

Semaine mondiale d'action contre Vale du 5 au 11 avril

CANADA: Des dizaines de dirigeants syndicaux venus du monde entier ont participé à une manifestation à Sudbury le 23 mars en appui au personnel en grève dans les installations de Vale Inco à Port Colborne, Sudbury, et à Voisey’s Bay au Canada.

Des représentants de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) faisaient partie de la délégation pour dénoncer le refus de Vale de négocier un accord juste, et demander à l’entreprise de mettre fin à ses actions agressives et destructrices contre les travailleurs et les travailleuses.

À la manifestation, United Steelworkers, le syndicat des grévistes de Vale au Canada, a annoncé l’appel qu’il lançait pour une semaine mondiale d’action contre Vale du 5 au 11 avril 2010

Durant la semaine mondiale d’action, les syndicats représentant les travailleurs et les travailleuses de Vale dans les différents pays entreprendront des actions de solidarité pour montrer à Vale que les travailleurs et les travailleuses restent uni(e)s. Les actions prendront des formes différentes selon la culture et les traditions des communautés et des syndicats, mais elles lanceront le même message — Justice chez Vale.

Les syndicats qui travaillent ensemble chez Vale incluent des dizaines d’organisations syndicales d’Afrique du Sud, d’Allemagne, d’Australie, du Brésil, de France, d’Indonésie, du Mozambique, de Norvège, de Nouvelle-Calédonie, du Pérou, du Royaume-Uni, de Suède, de Zambie, et d’autres pays, ainsi que de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), de la Fédération du travail de l’Ontario (OFL), du Congrès du travail du Canada (CLC), et des centrales des syndicats brésiliens CUT (Central Unica dos Trabalhadores) et Conlutas (Coordenacao Nacional de Lutas).

Pour plus de renseignements, se rendre sur le site de la FIOM ici ou sur le site de Fair Deal Now: http://www.fairdealnow.ca/

L'UITA rappelle à l'ONU que l'emploi précaire porte atteinte aux droits de la personne

MONDE: L’UITA a présenté officiellement un mémoire au Représentant spécial des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’homme, le professeur John Ruggie, en attirant l’attention sur les nombreuses façons d’utiliser systématiquement l’emploi précaire pour porter atteinte à l’organisation syndicale et à son pouvoir de négociation.

Le mandat du professeur Ruggie, qui se termine en 2011, comporte l’élaboration de recommandations visant à renforcer le devoir des États de protéger tous les droits de la personne contre les abus des sociétés transnationales et autres entreprises, et d’élaborer un cadre concret définissant les obligations des entreprises à la lumière du droit international.

L’UITA (Union internationale des travailleurs de l’alimentation et de branches connexes) cite dans son mémoire plusieurs cas impliquant certaines des plus grands groupes alimentaires mondiaux comme Nestlé, Unilever et Coca-Cola.

Se fondant sur son expérience, l’UITA fait remarquer que "l’emploi précaire sous toutes ses formes — quand il n’est pas porté aux nues, encouragé et préconisé pour contribuer à une ‘flexibilité’ du marché de l’emploi — est généralement considéré en termes de baisse du niveau de vie, de discrimination, de féminisation (du travail) ou de pauvreté". Toutefois, "il y a une autre dimension centrale des droits, à savoir l’application délibérée d’une relation de travail précaire pour restreindre la capacité des travailleurs et des travailleuses à se syndiquer sur le lieu de travail et à s’opposer à la pauvreté, à l’insécurité, aux conditions de travail dangereuses, etc. dans le cadre de l’organisation syndicale et de la négociation collective.

"En créant un réseau intermédiaire de relations d’emploi indirectes, les entreprises échappent à la responsabilité de l’employeur pour les relations industrielles et restreint la taille de l’unité de négociation collective ou même élimine complètement la relation de négociation collective. En généralisant l’insécurité par la fragilisation de l’emploi direct, ces pratiques exercent également un effet paralysant sur l’environnement général dans lequel travailleurs et travailleuses se syndiquent pour exercer leurs droits collectifs… C’est dans ce contexte que l’emploi précaire apparaît comme une question fondamentale pour les droit de la personne en exigeant une réponse forte enracinée dans un cadre global des droits de la personne".

Le mémoire invite le Représentant spécial "à intégrer pleinement la relation entre l’emploi précaire et la réalisation effective des droits de la personne dans ses investigations et ses recommandations à titre de priorité".

Le mémoire se trouve sur le site du Représentant spécial de l’ONU sur les entreprises et les droits de l’homme, et peut être consulté ici sur le site de l’UITA (en format pdf).

Dénonciation des irrégularités dans l'entreprise minière péruvienne Glencore

PÉROU: Le Sindicato de Trabajadores Mineros Metalúrgicos de Empresa Minera Los Quenuales (syndicat des mineurs d’Empresa Minera Los Quenuales) a déposé une plainte au pénal au Bureau du Procureur pour des accusations de fraude fiscale contre Empresa Minera Los Quenuales SA, une filiale de la multinationale suisse Glencore.

Le syndicat a déclaré qu’au cours du deuxième trimestre de 2008, l’entreprise a profité de la crise économique pour justifier sa politique hostile aux travailleurs/euses et aux syndicats dans les centres de production Iscaycruz et Yauliyacu. Au début de 2009, l’entreprise a licencié des centaines de personnes employées en sous-traitance à Yauliyacu, tout en arrêtant la production à Iscaycruz, et en déplaçant le personnel de ce dernier site à Yauliyacu.

Le syndicat a déclaré que l’analyse des pertes économiques rapportées par l’entreprise minière Los Quenuales indiquait que le revenu d’exploitation était tombé de 371 millions d’USD en 2007 à 155 millions d’USD en 2008, soit 216 millions d’USD, ce qui représente une réduction de -140 pour cent par rapport à l’année précédente. En réalité, l’analyse des états financiers révèle que l’entreprise, pour l’exercice 2008, a sous-évalué en sa faveur le prix de vente de concentré de zinc par tonne métrique, atteignant un prix de vente de 160 millions d’USD au quatrième trimestre et une moyenne annuelle de 250 USD pour chaque tonne métrique de zinc.

Une comparaison du prix de vente de Los Quenuales à celui des autres producteurs de zinc, avec des niveaux de production et des revenus d’exploitation moins élevés que Los Quenuales, montre clairement que Perubar, qui est une autre filiale de Glencore, propriétaire à 33 pour cent des actions de Los Quenuales, a déclaré pour l’année 2008, un prix de vente moyen de 360 USD par tonne métrique de concentré de zinc, 44 pour cent plus élevé que celui déclaré par Los Quenuales.

L’entreprise a empêché les travailleurs qui ont une relation de travail directe avec l’entreprise de même que ceux employés en sous-traitance de bénéficier de la répartition des bénéfices de l’entreprise. En outre, les actions de l’entreprise ont porté préjudice au recouvrement d’impôts de l’État péruvien et également à la répartition des recettes de l’impôt minier péruvien, comme ce fut le cas pour les districts de Pachanga et de Chicla qui n’ont pas bénéficié des recettes de l’impôt minier en 2009. On estime que le préjudice économique causé à l’entreprise atteint 66 millions d’USD.

Le syndicat des mineurs de Empresa Minera Los Quenuales (section Yauliyacu) a déposé une plainte au pénal en collaboration avec Sintramin CUT Minería et la Central Nacional de la Mujer Minera, qui sont de organisations partenaires dans la lutte contre la multinationale Glencore, en raison du licenciement frauduleux de camarades chez Perubar et de la fermeture illégale de la mine à ROSAURA à la fin de l’année 2008. Les deux organisations demandent au mouvement syndical de joindre ses forces pour arrêter et dénoncer l’impunité sur le pillage des ressources naturelles, d’exiger que les entreprises multinationales paient des impôts et que les autorités péruviennes au niveau de l’État remplissent fidèlement leurs fonctions.

Les salariés de PEMEX contraints de démissionner du syndicat

MEXIQUE: 30.000 salariés techniques et professionnels de PEMEX, entreprise pétrolière publique mexicaine, qui après une lutte longue et intense ont gagné le droit d’appartenir au syndicat nouvellement enregistré, Unión Nacional de Técnicos y Profesionistas Petroleros (UNTyPP), se trouvent maintenant contraints de démissionner du syndicat ou de perdre leur emploi.

Après deux tentatives du gouvernement et de l’entreprise de refuser aux salariés le droit de constituer leur propre syndicat indépendant, l’UNTyPP a été enregistré le 16 décembre 2009 et sa direction officiellement reconnue pour la période du 18 mars 2008 au 17 mars 2012.

Après avoir gagné cette bataille juridique, les membres du nouveau syndicat ont été informés par la direction de l’entreprise que pour conserver leur emploi, ils étaient tenus de signer deux documents: l’un demandant l’annulation de l’enregistrement, l’autre de démissionner du syndicat. Les personnes qui ont refusé, tels les responsables de l’UNTyPP, ont été licenciées et démises brutalement de leur poste de travail par des membres d’une formation paramilitaire, et notamment l’ensemble du Comité exécutif national du syndicat.

Le combat mené par les salariés pour un syndicat indépendant remonte à 1994, et les mesures d’intimidation incessantes, le harcèlement, les mises à pied et les menaces contre les membres de l’UNTyPP et leurs familles qui ne sont que trop fréquents au Mexique, ont été dénoncés avec documents à l’appui dans la plainte de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (affaire no 2694) contre le Mexique, présentée à l’Organisation internationale du Travail en février 2009. La plainte montre comment les salariés au Mexique sont régulièrement privés du droit fondamental de la liberté syndicale, que garantit la convention 87 de l’OIT ratifiée par le gouvernement mexicain, par l’utilisation généralisée des contrats de protection.

Les membres de l’UNTyPP ont demandé à la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie de rejoindre leur combat pour:

Pour participer à la défense de la liberté syndicale au Mexique: rendez-vous ici sur le site de la campagne de Labourstart pour écrire au Président Calderón et à la direction de PEMEX, pour condamner ces infractions aux droits du travail et aux droits de la personne contre le nouveau syndicat UNTyPP.

Cliquer ici pour obtenir plus de renseignements sur la plainte de la FIOM contre le Mexique concernant les contrats de protection.

Hausse du salaire minimum dans la métallurgie en Slovénie

SLOVÉNIE: Un accord portant sur une hausse salariale dans les secteurs de la métallurgie et de l’électronique en Slovénie a été conclu le 14 janvier 2010 après le refus des syndicats d’accepter des salaires inférieurs au "panier de la ménagère".

Le SKEI, affilié à la FIOM, a appelé à la grève le 13 novembre 2009 pour exiger une hausse du salaire minimum sectoriel de 562 € inférieur à la valeur du "panier de la ménagère". L’Association slovène des employeurs (ZDS) et la Chambre de commerce et d’industrie (GSZ) refusaient de négocier une hausse importante, ce qui a amené les trois syndicats du secteur, SKEI, SKEM et SKEIE, à appeler à faire grève le 13 janvier 2010.

Selon une information parue dans Planet Labor et confirmée par le SKEI, la grève a pu être évitée grâce à la signature par les employeurs d’un projet d’accord le 14 janvier qui a été confirmé le 12 février 2010

L’accord dans le secteur de la métallurgie prévoit:

Dans l’industrie électronique, les hausses salariales vont de 1,54 pour cent (surtout pour les travaux exigeants) à 7,01 pour cent (fonctions de base), suivant la classification. Les parties ont également décidé que les congés payés annuels s’élèveraient à 750 € brut en 2010.

Les parties ont également décidé qu’une nouvelle rencontre des partenaires sociaux aura lieu après le premier semestre de 2010 pour évaluer la situation dans le secteur, examiner la mise en œuvre de l’accord et déterminer les changements nécessaires.

Dans le domaine de l’industrie des matériaux métalliques et de la fonderie, les partenaires sociaux ont approuvé une hausse salariale de 3,2 pour cent pour toutes les catégories professionnelles à compter du 1er janvier 2010. Le salaire minimum dans le secteur s’élève à 748,20 € brut; il est donc plus élevé que le salaire minimum national. Le paiement des congés annuels se monte à 760 € brut.

De bonnes politiques pour des voitures plus propres créeront des emplois

ÉTATS-UNIS: Selon un rapport publié le 16 mars, les nouvelles technologies dans l’automobile et les bons choix politiques, notamment des incitations pour des véhicules consommant moins de carburant, pourraient créer jusqu’à 150.000 nouveaux emplois aux États-Unis.

Dans "Driving Growth: How Clean Cars and Climate Policy Can Create Jobs" (Croissance dynamique: comment des voitures plus propres et une politique climatique peuvent créer des emplois), le Conseil de défense des ressources naturelles, l’UAW et le Center for American Progress (Centre du progrès américain), démontrent qu’un nouveau parc de véhicules automobiles consommant moins de carburant permettraient aux conducteurs de renforcer la sécurité énergétique, de réduire les émissions de carbone et de remettre au travail les travailleurs et les travailleuses de l’automobile et beaucoup d’autres salariés.

"Le Congrès a le pouvoir de remettre au travail des milliers d’Américains employés dans certaines des industries les plus durement touchées, et d’aider dans le même temps à protéger l’environnement", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué de presse.

"Cette étude montre que l’augmentation du nombre de voitures consommant moins de carburant créera des emplois", a déclaré le président de l’UAW Ron Gettelfinger. "En poursuivant le programme ‘Advanced Technology Vehicles Manufacturing Incentive’ (Incitation à la fabrication de véhicules par une technologie de pointe) le gouvernement fédéral rend beaucoup plus que probable le fait que ces emplois seront situés aux États-Unis. Le programme ATVMIP est bon pour l’environnement et bon pour les travailleurs et les travailleuses d’Amérique".

L’analyse souligne que l’amélioration des performances des véhicules allait stimuler la demande pour la fabrication d’un très grand nombre de composants, depuis des moteurs jusqu’à des clapets de commande, en créant des emplois dans la chaîne d’approvisionnement, de même que sur la chaîne de production. En outre, le rapport montre que le fait de donner les motivations nécessaires aux entreprises est essentiel pour déterminer où ces emplois seront établis.

Le rapport complet se trouve ici sur le site de l’UAW.

Un tribunal statue en faveur de la réintégration du dirigeant de l'ITUA

RUSSIE: Evgeny Ivanov, dirigeant d’un affilé à la FIOM, le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA) de l’usine de construction automobile GM à Saint-Pétersbourg, a été réintégré dans son emploi. Le 15 mars, le tribunal de district a jugé illégale la décision de la direction de le licencier pour une prétendue non-présence. Le tribunal a également ordonné à l’entreprise de lui verser trois mois et demi d’arriéré de salaire et une indemnisation pour préjudice moral.

Ivanov avait été licencié après la décision du syndicat d’entamer une grève du zèle à l’usine, le 11 novembre 2009, en revendiquant entre autres choses une hausse salariale, l’introduction de règles claires pour les congés annuels et une semaine normale de travail de 40 heures au lieu d’un récapitulatif annuel des salaires.

Après quelques jours de grève du zèle, les travailleurs/euses ont réussi à réduire considérablement les taux de production, bien que l’administration ait réussi à casser l’esprit de solidarité des travailleurs/euses et entrepris une action contre les «fauteurs de trouble». Le 20 novembre 2009, Evgeny Ivanov a été licencié et chassé de force de l’usine. Dans le même temps, la direction créait un syndicat jaune pour minimiser le rôle de l’ITUA.

Cependant dans l’usine, le syndicat ITUA continuait de se battre malgré l’ingérence patronale. La réintégration de son dirigeant qui n’aurait pas été possible sans l’aide et le soutien de plusieurs ONG et de groupes de défense des droits de la personne va donner un nouvel élan à la lutte menée par les travailleurs/euses de l’automobile chez GM.

Cette infraction aux droits d’Ivanov est l’un des exemples cités dans une plainte présentée récemment au Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail. La plainte, présentée le 20 janvier 2010 par la Confédération pan-russe du travail (VKT) et la Confédération russe du travail (KTR), et soutenue par la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, parmi d’autres organisations, dénonce avec documents à l’appui une série d’infractions systématiques aux droits syndicaux fondamentaux et l’incapacité du gouvernement d’enquêter et de corriger ces infractions. Les infractions sont les suivantes:

Le texte de la plainte se trouve ici sur le site de la FIOM.

 

Les syndicats demandent au fonds de retraite norvégien de se défaire des actions de Grupo Mexico

NORVÈGE/MEXIQUE: La Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) ont envoyé une lettre hier, 15 mars, en demandant un désinvestissement au Conseil d’éthique qui est chargé de surveiller la gestion des investissements du Fonds de retraite du gouvernement, le deuxième plus important fonds de retraite au monde. Grupo Mexico est accusé d’infractions aux droits du travail, de destruction de l’environnement et de fraude aux dépens des actionnaires. La lettre demande aussi de renoncer aux investissements chez Southern Copper, qui est une filiale à cent pour cent de Grupo Mexico.

"Nous soutenons cette action au nom des syndicalistes au Mexique pour attirer l’attention sur les abus extrêmes de Grupo Mexico, et demandons au Conseil d’éthique d’abandonner Grupo Mexico comme investissement, conformément aux normes très élevées du Fonds et de la législation norvégienne", a déclaré le Président de Fellesforbundet Arve Bakke. "La richesse des futures générations en Norvège ne doit pas être investie dans des entreprises qui attaquent systématiquement les syndicats et exercent des dégâts à l’environnement, comme c’est le cas avec Grupo Mexico".

Manfred Warda, Secrétaire général de l’ICEM, a déclaré de son côté: "Nous avons des syndicats miniers nationaux dans plus de 60 pays et n’avons trouvé nulle part un comportement plus méprisable que celui démontré par Grupo Mexico".

La tentative manifeste de Grupo Mexico d’écraser le syndicat national des mineurs et des métallurgistes de la république du Mexique (SNTMMSRM ou Los Mineros) et les infractions flagrantes au droit des travailleurs/euses de se syndiquer et de négocier collectivement comme défini par l’Organisation internationale du Travail, sont les arguments de base exposés dans la lettre pour un désinvestissement.

"Les pratiques illégales de Grupo Mexico, soutenues malheureusement par un gouvernement mexicain corrompu, concernent la saisie des actifs du syndicat, la tentative de remplacer le syndicat légitime par une organisation désignée par l’entreprise, et le lancement d’une campagne prolongée de répression contre la direction du syndicat", a déclaré le Secrétaire général de la FIOM Jryki Raina,

En août 2007, le gouvernement et Grupo Mexico ont forcé les travailleurs de huit mines d’adhérer à un syndicat parrainé par l’entreprise en recourant à des "élections" où les travailleurs devaient voter publiquement face à l’employeur. Un dirigeant syndical est emprisonné sans caution depuis décembre 2008. Il y a aussi des allégations crédibles selon lesquelles Grupo Mexico serait responsable de la mort violente de deux travailleurs à deux occasions distinctes.

Malgré ces attaques, Los Mineros continue de négocier dans le pays des hausses salariales qui se montent en moyenne au double du plafond imposé par le gouvernement, ce qui de l’avis des syndicats serait une motivation majeure pour les attaques de Grupo Mexico. Il est particulièrement remarquable que Los Mineros entretienne des relations de travail non conflictuelles avec la plupart des employeurs et ait négocié environ 70 conventions collectives avec des multinationales comme Goldcorp, Bombardier et ArcelorMittal.

L’entreprise est accusée d’infractions flagrantes aux conditions de santé et de sécurité à la mine de Pasta de Conchos où 65 travailleurs sont morts dans une explosion en 2006, et à la mine de cuivre de Cananea où des travailleurs sont en grève depuis juillet 2007.

Les études sur les opérations de fonderie de Grupo Mexico au Mexique jettent la lumière sur le bilan déplorable de l’entreprise en matière d’environnement où des taux anormaux de minéraux toxiques comme le plomb, le zinc, le cuivre, le cadmium, le mercure et le magnésium sont trouvés dans l’ensemble de la population, et notamment des taux élevés d’arsenic et de cadmium chez les enfants. Au Pérou, Grupo Mexico a été forcé de payer des centaines de millions de dollars pour remédier à la contamination de l’eau et de l’air. Au Chili, l’entreprise est accusée de développer un projet minier sur des terres autochtones sans consultation des indigènes locaux ou évaluation des dégâts causés à l’environnement.

Selon des sources citées par les syndicats auteurs de la lettre, le coût pour les actionnaires des pratiques exécrables de travail de Grupo Mexico dépasse 3 milliards d’USD qui s’ajoutent aux centaines de millions nécessaires pour remédier aux dégâts environnementaux de l’entreprise au Pérou. Grupo Mexico a été condamné en 2009 par un tribunal aux États-Unis pour avoir escroqué les actionnaires d’une filiale à cent pour cent. Une autre filiale s’est trouvée liée au trafic de drogue.

‘Covalence Ethical Quotation System’, qui suit la performance morale des entreprises multinationales, a classé Grupo Mexico à la 573ème place sur 581 entreprises mondiales en 2009.

Les syndicats et les fédérations syndicales qui présentent la demande de désinvestissement, attendent du Conseil d’éthique une enquête approfondie sur les informations données, et qu’il prenne une décision opportune de désinvestissement.

Los Mineros est affilié à l’ICEM et à la FIOM. Les syndicats norvégiens signataires de la lettre sont Fellesforbundet, Handel og Kontor i Norge, Industri Energi et Norsk Arbeidsmandsforbund.