Le traité commercial Canada-UE ne doit pas nuire à l'emploi ou aux droits

CANADA-EUROPE: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) s’est jointe à l’appel des affiliés canadien pour une véritable consultation et une évaluation des conséquences de l’accord global économique et commercial entre le Canada et l’Union européenne (CETA).

Le réseau pour le commerce juste au Canada demande la publication des détails des pourparlers en raison de l’inquiétude de plus en plus vive sur l’impact possible de l’accord commercial. Le réseau demande la tenue d’une véritable consultation et d’une évaluation complète de l’impact possible de l’accord de libre-échange sur les décisions prises par les pouvoirs publics, les services publics, l’économie, la pauvreté, la situation de la femme, les droits de la personne et l’environnement. Un appel soutenu par la FIOM.

Avec le soutien des affiliés de la FIOM — Canadian Auto Workers (CAW) et United Steelworkers (USW) — une déclaration de la société civile canadienne sur l’accord commercial proposé porte sur les points suivants:

Le texte complet de la déclaration se trouve ici.

Le CAW signale que "l’accord proposé Canada-UE, comme tout autre accord de libre-échange, exacerbera probablement les flux commerciaux annuels et provoquera également une aggravation des déséquilibres commerciaux. Le Canada maintient un déficit commercial colossal avec nos cousins européens. En 2008, nous avons importé 17 milliards de dollars de plus de marchandises que nous n’en avons exporté vers l’UE. En grande partie parce que le déficit commercial persiste dans les produits manufacturés, notamment l’automobile. En fait, pour chaque dollar que nous exportons dans l’automobile vers l’UE nous importons pour 15,30 dollars! Le Canada ne se porte pas mieux dans les services avec un déficit commercial de 4 milliards de dollars (chiffres de 2007)".

Les syndicats et les partenaires de la société civile au Canada s’inquiètent de l’accord commercial car le pays a déjà perdu plus de 550.000 emplois bien rémunérés dans le secteur de la fabrication et de la transformation au cours des dernières années. Cette tendance est encore aggravée par la détérioration constante de la qualité des emplois dans les services dans le pays, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

"Une intervention économique programmée et stratégique, dont la vision ne soit pas aussi étroite que dans les accords de libre-échange, favorisera une approche plus intégrée des gouvernements pour avoir des industries dynamiques, compétitives, capables d’obtenir de bons résultats ", indique le CAW.

Solidarité avec les mineurs mexicains

MEXIQUE: La FIOM s’est jointe aux affiliés d’Amérique latine et des Caraïbes pour mener d’importantes actions, solidairement avec les mineurs mexicains, à l’occasion de la conférence régionale qui a eu lieu à Mexico les 21-22 avril.

Le 20 avril, une délégation de la FIOM s’est rendue à Lázaro Cárdenas pour un hommage aux mineurs qui ont trouvé la mort le 20 avril 2006. La fédération a renouvelé son soutien au syndicat des mineurs et à son dirigeant Napoleon Gomez.

Ensuite, pendant la conférence régionale, des dirigeants du syndicat des mineurs accompagnés de Jyrki Raina, secrétaire général de la FIOM et de Carol Bruce de l’ICEM, ont tenu une conférence de presse axée sur les plaintes de la FIOM présentées à l’OIT concernant la manière dont les "contrats de protection" qui sont d’usage courant au Mexique enfreignent la liberté syndicale. La conférence de presse a également critiqué le jugement de la Cour suprême qui apporte un soutien à la décision de Grupo México de fermer la mine de Cananea.

Finalement, la délégation de la FIOM s’est rendue le vendredi 23 avril dans les bureaux de Grupo Mexique avec un groupe de dirigeants syndicaux et de mineurs de Cananea, Somberete et Taxco, pour remettre au président de l’entreprise une lettre de soutien au syndicat des mineurs. Malheureusement, aucun responsable de l’entreprise n’était présent pour recevoir la lettre, et elle a dû être remise à un membre du personnel de sécurité, alors que la délégation scandait des slogans en faveur de la lutte des mineurs et contre le président de l’entreprise.

La lettre condamne le harcèlement infligé aux mineurs mexicains en grève, exige que justice soit rendue aux familles des victimes de la catastrophe de Pasta de Conchos et que soient respectées la liberté syndicale et la négociation collective.

Le syndicat mexicain des mineurs a remercié la FIOM et ses affiliés pour leur solidarité et les a assurés qu’il "gagnera cette bataille quoi qu’il arrive" grâce au soutien international.

Conférence régionale de la FIOM: les principaux défis à l'Amérique latine et aux Caraïbes

MEXIQUE: La Conférence régionale de la FIOM pour l’Amérique latine et les Caraïbes a eu lieu les 21-22 avril à Mexico et a rassemblé des représentant(e)s des syndicats affiliés de la région.

La conférence a déterminé les principaux défis à la région, conformément aux besoins des affiliés et au Programme d’action de la FIOM.

La réunion a été ouverte par le secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, et par le secrétaire général du syndicat mexicain des mineurs, Napoleon Gómez Urrutia, qui a prononcé un discours par visioconférence.

Dans la matinée du premier jour, le Dr Arturo Alcalde a fait un exposé sur la crise, son impact sur les droits des travailleurs et des travailleuses, et sur le système des relations industrielles au Mexique.

Jyrki Raina a examiné l’ampleur de l’unité syndicale au niveau mondial entre les FSI et les organisations affiliées.

Les affiliés ont également discuté de leur propre situation par rapport aux principales actions entreprises cette année par la FIOM, notamment pour l’unité nationale, les accords-cadres internationaux (comment y inclure les fournisseurs), la syndicalisation des non-syndiqués, les critères d’unité en matière d’externalisation et la manière de traiter avec les sociétés transnationales.

La deuxième journée était consacrée à l’examen de questions telles que l’emploi précaire, le changement climatique, la mise en réseau, les réseaux de communication, les questions liées au sexe, les non-manuels et la solidarité internationale.

Le 23 avril, une délégation de la Conférence régionale se rendra aux bureaux de la société Grupo Mexico pour y présenter une déclaration de solidarité avec la lutte des mineurs mexicains, exiger le respect de la liberté syndicale et demander que soit mis fin aux hostilités contre les travailleurs et les travailleuses et contre le syndicat national des mineurs.

Les syndicats africains de métallurgistes veulent des syndicats puissants

AFRIQUE: La création de syndicats puissants, capables de faire face aux défis présentés par l’emploi précaire, l’unité ouvrière, le changement climatique et l’industrialisation en Afrique, ont été au centre des travaux de la réunion sous-régionale de la FIOM pour l’Afrique australe qui s’est tenue à Johannesburg, Afrique du Sud, du 19 au 21 avril 2010.

Trente participant(e)s représentant neuf pays assistaient à la réunion où les affiliés ont présenté des rapports détaillés sur la situation dans chaque pays, notamment sur les problèmes concernant le développement syndical, la viabilité, et quelques cas de répression syndicale, notamment au Swaziland et au Zimbabwe. La nécessité de consolider les organisations ouvrières a de nouveau été un thème de discussion. L’emploi précaire, y compris la notion de travailleur pauvre, a de nouveau été considéré comme étant un défi majeur dans la région.

À la suite de la présentation des rapports des régions et de l’exécutif, les affiliés ont convenu que la création de syndicats plus puissants devait tenir une place importante dans les travaux menés par la FIOM dans la région, et que les activités allant dans ce sens devaient porter sur la syndicalisation au Nigeria, au Kenya et en Angola qui possèdent une base potentiellement importante de membres. L’unité ouvrière doit aussi constituer un domaine prioritaire, notamment au Zimbabwe et à Maurice. Les affiliés ont également parlé des obstacles rencontrés pour la mise en œuvre au niveau national des actions approuvées au niveau régional. Dans la discussion budgétaire, les affiliés ont reconnu la nécessité de parvenir à l’autosuffisance pour les activités syndicales; les syndicats doivent donc rechercher la viabilité financière.

Les participant(e)s ont reçu des informations sur la déclaration d’intention concernant le projet de fusion/coopération entre la FIOM, la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC) et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM). Les affiliés ont discuté des questions relatives au processus de fusion, à une phase de coopération et aux implications pour les syndicats. La réunion a appuyé sans réserve la fusion, tout en estimant qu’un suivi des discussions entre la direction régionale des trois FSI sur les processus est nécessaire pour répondre aux préoccupations qui ont été soulevées sur la coopération au niveau régional. Les représentants régionaux africains de l’ICEM et de la FITTHC assistaient à cette réunion.

Plusieurs membres du secrétariat ont contribué aux rapports sur les questions portant sur la situation en Afrique d’un point de vue économique et syndical, et un exposé a été fait sur le changement climatique et ses conséquences pour l’Afrique. Les syndicats ont montré qu’ils n’étaient pas au fait des questions relatives au changement climatique, et s’il est évident que les centrales nationales étaient engagées et prenaient position dans ce domaine, ces questions n’étaient pas intégrées aux projets syndicaux. Il faut noter que le changement climatique est une question complexe et relativement nouvelle pour beaucoup. Les discussions ont débordé de la position générale selon laquelle le changement climatique est le reflet de l’accumulation capitaliste basée sur un combustible fossile. Un document de travail publié en anglais et qui se trouve ici sur le site de la FIOM a été réalisé pour servir de base à de nouvelles discussions sur l’élaboration d’une politique pour l’Afrique sur un changement climatique lié au développement industriel.

Des questions soulevées par le groupe de travail de la FIOM sur le commerce et le développement ont été présentées aux délégué(e)s. Elles ont donné lieu à un débat de grande envergure. La nature complexe et interdépendante du Sud, les relations commerciales du Sud ont été notées, mais aussi le processus destructif actuellement en cours qui fait que chaque pays est poussé à conclure des accords avec l’UE.

Les questions soulevées sur le commerce et le développement étaient nombreuses et variées, et on avait le sentiment que ces questions, tout comme celles sur le changement climatique, avaient besoin d’être contextualisées dans un atelier plus étoffé autour du processus d’industrialisation et de développement dans la région. Pour aider les affiliés à comprendre les processus liés à l’AMNA et à d’autres questions sur le commerce et le développement, le bureau régional a reçu pour mandat de réaliser un document détaillant ces questions afin d’alimenter les processus de suivi.

Les autres principaux résultats de la réunion ont porté sur un accord des affiliés pour la poursuite d’une action visant à soutenir la campagne contre l’emploi précaire. La réunion a noté qu’à part l’Afrique du Sud, beaucoup de syndicats n’ont pas des effectifs suffisants de non-manuels et qu’il est nécessaire de réaliser une campagne de syndicalisations de ces travailleurs et travailleuses. Il faut aussi réaliser un cadre approprié au développement industriel en Afrique et pour la création de travail décent grâce à ce processus. La prise en compte des questions relatives au commerce et au changement climatique doit être couplée à cette discussion. Les possibilités d’organiser un atelier de suivi dans ce domaine devront faire l’objet d’une étude plus tard dans l’année.

Les syndicats de métallurgistes d'Asie-Pacifique veulent agir contre les infractions aux droits aux Philippines

SINGAPOUR: La réunion sous-régionale de la FIOM a rassemblé 62 dirigeant(e)s syndicaux/ales de 12 syndicats dans 11 pays pour discuter des domaines d’action prioritaires dans la région Asie-Pacifique et dans le monde, sur la base du Programme d’action de la FIOM.

Un échange d’expériences a eu lieu sur la manière d’agir dans la crise financière et économique qui a durement frappé l’industrie métallurgique dans beaucoup de pays de la région. Les syndicats ont rendu compte des pressions qu’ils ont exercées sur leurs gouvernements en matière d’emploi et de politique économique. Des mesures de soutien actif, notamment pour la formation et le recyclage des travailleurs et des travailleuses, se sont avérées avoir une place essentielle. La lutte contre l’emploi précaire doit être l’un des principaux points discutés au prochain sommet du G20.

La réunion a donné son accord au projet de recommandation d’une mission de la FIOM sur une action contre les infractions aux droits de la personne et aux droits syndicaux aux Philippines, en collaboration avec l’Organisation internationale du Travail (OIT). La mission a réclamé la tenue d’une plate-forme commune pour les syndicats MWAP, PMA et ALU-Métal aux Philippines pour développer la syndicalisation et la création de syndicats.

Les participant(e)s ont examiné le concept des réseaux syndicaux dans les sociétés transnationales, qui a été défini par le Comité exécutif comme étant un domaine prioritaire. Les syndicats du pays de la société mère devraient détenir un rôle de coordination active. L’échange régulier d’informations est une clé du succès.

Les rapports venus d’Indonésie, de Thaïlande et du Viêt-nam signalent des succès dans la syndicalisation et la création de syndicats. Un atelier stratégique en juillet fera une évaluation des projets passés et considérera de nouvelles approches pour la croissance et la création de syndicats plus puissants.

Les participant(e)s ont demandé la conclusion d’un accord international équitable sur le changement climatique et une participation active de la FIOM à la réunion du COP 16 au Mexique qui aura lieu plus tard dans l’année. Les emplois verts, une transition équitable et la reforestation doivent faire partie des mesures à prendre.

La conférence a noté avec intérêt la participation plus forte des femmes et a insisté sur le besoin d’améliorer continuellement la représentation des femmes à tous les niveaux des instances syndicales, et en ce qui concerne le salaire égal pour un même travail et l’égalité des chances. Les non-manuels constituent une catégorie en augmentation constante qui doit faire l’objet d’une attention spéciale pour la syndicalisation.

Les affiliés ont approuvé la poursuite de l’action pour une interdiction mondiale de l’amiante, sur la base des résolutions du Congrès de la FIOM. Cinquante-deux pays ont déjà interdit l’amiante, mais son utilisation est en augmentation dans des pays comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Thaïlande et le Viêt-nam. À la suite d’une discussion à la réunion sous-régionale, la FIOM et ses organisations sœurs, l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses, ont approuvé la tenue d’un atelier spécial pour une action commune sur l’amiante, notamment en Inde, au Viêt-nam et aux Philippines.

Journée internationale commémorative des travailleurs et des travailleuses en 2010: se souvenir des morts, lutter pour les vivants!

MONDE: Les syndicats jouent un rôle vital dans l’éducation et la prévention des accidents et des problèmes de santé dans le travail. Les syndicats entreprennent une action aux niveaux local et national pour faire pression sur les gouvernements afin qu’ils reconnaissent leur responsabilité et mettent en place une structure chargée de la protection de la santé des travailleurs et des travailleuses, et pour sensibiliser le public sur les risques encourus. Partout dans le monde, les syndicats entreprennent également une action internationale pour s’assurer que vos emplois ne seraient pas responsables de votre mort, aussi bien dans le monde industrialisé que dans les pays en développement.

Le décès de Jiyeon Park le 31 mars 2010, une jeune femme de 23 ans qui est la dernière perte en date parmi de nombreux cas de leucémie chez les travailleuses et les travailleurs de Samsung, souligne la nécessité de parvenir de toute urgence à des solutions collectives sur les expositions dans le travail. Le syndicat coréen des métallurgistes organise un meeting le 28 avril pour exprimer la peine éprouvée à l’annonce de la mort de cette femme, mais également pour combattre l’idée fausse qu’un cancer peut toucher tout un chacun, et la nécessité de lutter pour obtenir la reconnaissance des cancers professionnels.

Cette année, la FIOM demande à ses affiliés de se pencher sur la question des normes d’exposition industrielle, notamment pour accroître la sensibilisation et la mobilisation en vue de mettre fin aux décès et aux souffrances causées par les maladies liées à l’amiante.  Dans le cadre de la coopération en Asie de la FIOM et de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) pour empêcher les maladies causées par l’amiante, les affiliés de la FIOM et de l’IBB à Delhi mobiliseront ensemble les travailleurs et les travailleuses pour une grève de la faim de 24 heures afin d’attirer l’attention du gouvernement central sur la nécessité d’interdire de toute urgence l’utilisation de l’amiante et de réaliser son élimination en toute sécurité.

Alors que beaucoup de travailleurs et de travailleuses ont réussi dans le monde industrialisé à obtenir une interdiction de l’amiante, la production et la commercialisation de l’amiante sont au contraire en augmentation, d’une part en raison de l’exportation massive d’amiante vers le monde en développement. Des syndicats australiens se rendront à l’ambassade du Canada pour demander la fin de la production et de la commercialisation de l’amiante.

La FIOM demande à ses affiliés d’entreprendre une action le 28 avril et de se rappeler qu’en matière de maladie professionnelle, la prévention est le seul remède, et que l’action syndicale fait toute la différence, comme indiqué par "Les syndicats rendent le travail plus sûr".

La FIOM demande aux affiliés qui entreprennent une action le 28 avril d’en être informée en envoyant un courriel à Hyewon Chong.

Conclusion d'un accord avec Mahle pour ses usines en Turquie

TURQUIE/ALLEMAGNE: L’équipementier automobile allemand Mahle a approuvé une déclaration concernant ses usines à Izmir et à Koyna en Turquie, en date du 16 avril, qui assure la liberté syndicale à son personnel.

La déclaration porte sur les points suivants:

Cet accord permet d’assurer que dans l’avenir, la direction n’aura aucune attitude négative envers un membre du personnel pour son adhésion à un syndicat démocratique dans les usines. L’accord est une réponse à des cas de licenciement qui ont eu lieu dans l’usine dans le cadre de la syndicalisation de la main-d’œuvre, selon Birlesik Metal Is un affilié turc de la FIOM.

En outre, la direction a indiqué dans une déclaration verbale, que la direction en Allemagne vérifiera les licenciements signalés par Birlesik, et s’il est démontré qu’ils ont eu lieu en réponse à la syndicalisation, la direction ne permettra pas leur confirmation.

À l’avenir, tous les licenciements liés à la situation économique ne pourront entrer en vigueur qu’avec l’approbation de la direction de Mahle à Stuttgart, après consultation du comité d’entreprise de Mahle à Stuttgart.

La FIOM, le comité d’entreprise de Mahle et la direction de Mahle à Stuttgart ont apposé leur signature sur cet accord qui garantit les droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses dans toutes les usines Mahle en Turquie.

"Cet accord démontre la valeur de travailler ensemble dans la solidarité au niveau international pour assurer la défense des droits des travailleurs et des travailleuses", a déclaré Helmut Lense, directeur du département de l’automobile de la FIOM.

La semaine mondiale d'action contre Vale prend fin à Rio

BRÉSIL/MONDE: Les syndicats représentant les travailleurs et les travailleuses de Vale dans le monde ont entrepris une action du 5 au 11 avril, alors qu’au Brésil des caravanes de syndicalistes et de partenaires de la société civile se dirigeaient vers Rio de Janeiro, en s’arrêtant en chemin pour mener des missions d’enquête dans les communautés touchées par Vale.

Les actions ont pris fin la semaine dernière avec une très importante conférence à Rio, où environ 80 organisations, mouvements sociaux et syndicats de 13 pays ont assisté à la "première réunion internationale des victimes de Vale" et remis un dossier au gouvernement brésilien en lui demandant de mener immédiatement une enquête sur les pratiques commerciales moralement contestables de Vale.

Les affiliés de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) ont soutenu l’appel pour la Justice chez Vale par des actions de solidarité sur des sites de production de Vale en Europe, en Indonésie, au Brésil et au Canada.

Des membres du personnel de Vale en grève au Canada, représentés par le syndicat United Steelworkers’ (USW), participaient à la caravane et à la conférence. Rob Léveillé, qui appartenait à la délégation de l’USW, donne par écrit le récit de son expérience sur la route.

"Un fil commun court à travers toutes les histoires; alors que les menaces diffèrent suivant les endroits, les tactiques employées par Vale ont tendance à être les mêmes: semer de la désinformation (rumeurs, fausses divulgations par des courriels, commentaires sur des blogs), diviser la communauté (promesses de centres communautaires, d’emplois, de richesse pour tout le monde), agiter le drapeau (les Brésiliens patriotes doivent soutenir leur grande entreprise, les Canadiens veulent seulement bloquer le Brésil), manipuler le gouvernement (la police locale aide Vale, les hommes et femmes politiques parlent rarement de manière franche, des entorses dont faites aux lois pour convenir à ce ‘client’) et contrôler la presse (beaucoup de publicité, puissant département des communications)".

Le dossier détaillé des pratiques commerciales de Vale a été remis à l’Assemblée de l’État de Rio le dernier jour de la conférence. Le document de 70 pages décrit le scandale des droits du travail, des droits de la personne et de l’environnement chez Vale au Brésil et à l’étranger. Après la livraison du dossier, environ 150 personnes qui assistaient à la conférence ont demandé l’ouverture immédiate d’une enquête sur l’entreprise, et ont défilé de l’Assemblée législative de l’État de Rio de Janeiro jusqu’au siège mondial de Vale pour y manifester. Ces actions de solidarité ont eu lieu quelques semaines seulement avant la réunion des actionnaires de Vale prévue pour le 27 avril à Rio.

Des travailleurs et des travailleuses des sites de production de Vale au Canada sont en grève depuis neuf mois à la suite du refus du syndicat d’accepter des réductions très importantes des conditions. L’entreprise a embauché du personnel de remplacement pour briser la grève. En mars, la médiation qui a eu lieu entre le syndicat et l’entreprise a échoué. L’USW a présenté une plainte contre Vale pour refus de négocier de bonne foi.

Solidarité ouvrière chez Tenaris

ITALIE/COLOMBIE: Jairo del Rio, président du syndicat colombien SINTRATUCAR, a rencontré les travailleurs à la porte de l’usine Tenaris à Bergamo, Italie, le 20 avril, après que la direction de l’entreprise lui eut interdit d’entrer dans l’usine.

Les travailleurs italiens ont exprimé leur solidarité avec Jairo del Rio et les travailleurs qu’il représente à l’usine Tenaris Tubos del Caribe à Cartagena, Colombie, où il y a eu des problèmes avec la direction, ainsi que des menaces de mort à l’encontre de dirigeants syndicaux. Jairo del Rio a été menacé de mort à quatre reprises depuis la création du syndicat il y a un an à l’usine de Cartagena.

Les travailleurs italiens de Tenaris ont montré un grand intérêt aux problèmes rencontrés par leurs collègues colombiens et ont exprimé leur solidarité avec Jairo del Rio et SINTRATUCAR.

La visite de Jairo del Rio à l’usine est un autre acte concret de solidarité qui fait suite à une mission de solidarité effectuée par une délégation de la FIOM auprès des travailleurs de Tenaris et de leurs représentants à Cartagena, Colombie, en février/mars de cette année.

Jairo del Rio était invité en Italie par FIOM-CGIL pour assister à son XXVe Congrès, où il a fait sensation et où son discours a donné lieu à un tonnerre d’applaudissements, avant de se rendre à Bergamo pour rencontrer les travailleurs de Tenaris à l’invitation des trois affiliés italiens de la FIOM: FIOM-CGIL, FIM-CISL et UILM-UIL.

Agitation politique au Kirghizistan

KIRGHIZISTAN: L’agitation politique continue au Kirghizistan après les manifestations de masse d’une population dont les espoirs ont été déçus. Sous la conduite des dirigeants politiques de l’opposition, les manifestants ont obtenu un changement de gouvernement le 7 avril 2010.

Dans un pays où 20 pour cent de la population travaille à l’étranger pour échapper à une misère accablante, les hausses vertigineuses du prix de l’électricité qui ont eu lieu récemment ont déclenché de violentes protestations qui ont fait au moins 80 morts, et vu les foules en colère renverser le gouvernement corrompu du clan Bakiyev.

L’agitation, accompagnée de pillages et de vols, a ruiné une infrastructure de petites entreprises dans un pays où les petites entreprises sont la principale source de recettes fiscales et la garantie de nombreux emplois dans le commerce et les services.

Alors que l’aide humanitaire pénètre dans le pays, le nouveau gouvernement intérimaire a peu de chance de survivre sans une aide financière étrangère presque impossible à obtenir quand le pays est au bord de la guerre civile. La situation se complique encore davantage par l’intérêt géopolitique manifesté par la Russie et les États-Unis: le Kirghizistan se situe près de l’Afghanistan et accueille une base militaire américaine.

Le représentant régional de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) pour les pays de la CÉI, Vadim Borisov, venait juste d’arriver au Kirghizistan au moment où le pays se trouvait plongé dans le chaos le 7 avril 2010.

Dans son compte rendu en tant que témoin oculaire et la publication d’un document de base sur le site de la FIOM, Borisov décrit le bruit des coups de feu, les corps tombés à terre des morts et des blessés, les évènements politiques qui se sont déroulés au Kirghizistan et le contexte politique et géopolitique de la situation au sens le plus large.

"Par un concours de circonstances, j’arrivais au Kirghizistan au début de la matinée du 7 avril, quand les manifestations massives à Bichkek qui ont provoqué le renversement du régime venaient juste de commencer. Le militant de l’opposition Temir Sariyev qui se trouvait avec moi dans l’avion a été arrêté sitôt dans l’aéroport", dit Borisov.

"Soudain, on prend conscience de nouveaux sons — les sons qui signalent la consternation, le danger et la mort. Après avoir passé une journée dans un Bichkek en détresse, j’ai appris à distinguer le claquement retentissant des voitures qui explosent, le bruit sec des fusils des tireurs d’élite et le sifflement des grenades lacrymogènes", écrit Borisov.

Le rapport complet en anglais et en russe se trouve sur le site de la FIOM ici.