Le Tribunal international sur la liberté syndicale condamne les politiques du gouvernement mexicain

MEXIQUE: Le Tribunal international sur la liberté syndicale créé l’année dernière pour évaluer les accusations portées contre le Mexique pour des infractions à la liberté syndicale, s’est réuni du 28 au 30 avril 2010 pour examiner les informations et les déclarations présentées par les syndicats, et pour se prononcer sur l’action intentée contre le gouvernement mexicain.

Le jugement sera remis au gouvernement mexicain, à l’OIT, à l’OÉA, aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux pays avec lesquels le Mexique a signé des traités comportant des sections sur les droits de la personne et de l’emploi.

La FIOM, qui ne pouvait pas être présente à la réunion, avait envoyé une déclaration de soutien à la lutte pour la défense des droits syndicaux et la liberté syndicale. Elle y dénonçait l’utilisation des ‘contrats de protection’ et condamnait les abus et les tentatives d’intimidation à l’encontre des personnes qui défendent les droits et cherchent à établir une véritable justice sociale au Mexique.

Le Tribunal a condamné les politiques du gouvernement mexicain qui visent à restreindre la liberté syndicale, abolir la négociation collective, rejeter le droit de grève et interférer d’une manière générale dans le droit fondamental au travail décent. Il a également condamné le tissu de corruption des responsables gouvernementaux, des entreprises et des syndicats bidon qui s’opposent aux droits fondamentaux du travail par une combinaison de corporatisme, de semblant de légalité et de recours à la violence. Le Tribunal a également dénoncé la pratique qui permet aux entreprises et aux syndicats bidon de signer des contrats qui empêchent ou tentent d’empêcher le développement de syndicats indépendants et démocratiques, capables de défendre les droits des travailleurs et des travailleuses.

Le Tribunal a précisé que le consentement du gouvernement à de telles pratiques constitue une infraction supplémentaire aux droits de la personne: "Nous exigeons la fin de l’impunité et la punition des responsables".

L’avocat du droit du travail Carlos del Buen commente la situation dans son blog quotidien "El Seminario". Il parle de l’utilisation des ‘contrats de protection’, les qualifiant d’accords collectifs bidon, examine le rôle des faux dirigeants syndicaux et la corruption, et appelle l’attention sur la plainte contre le gouvernement mexicain présentée par la FIOM à l’OIT.

Le Tribunal recommande au gouvernement mexicain de se conformer:

Le Tribunal demande au gouvernement mexicain d’arrêter de criminaliser la protestation sociale et le conflit, et de cesser d’utiliser les forces de police contre le mouvement ouvrier. La résolution demande expressément au gouvernement de ne pas utiliser les forces de sécurité ou l’armée contre les mineurs en grève à Cananea, et de suspendre ses attaques contre le syndicat. Il invite aussi la population mexicaine et la communauté internationale à soutenir le syndicat mexicain des travailleurs de l’électricité (SME) dans sa lutte pour la défense du droit au travail et à l’emploi de ses membres.

Pour lire le compte rendu complet et les recommandations du Tribunal, cliquer sur: http://tribunaldelibertadsindical.blogspot.com/

Agression contre des organisateurs mexicains de Johnson Control qui luttent pour un vrai syndicat

MEXIQUE: Le 28 avril, un homme et une femme qui étaient auparavant employés chez Johnson Controls International (JCI), Enrique Morales, qui travaille également au Centre d’assistance ouvrière (Worker Assistance Centre — CAT), et Coral Juarez, ont été agressés alors qu’ils se rendaient dans la ville de Santo Toribio, Tlaxcala, pour y rencontrer des travailleurs.

Cette voie de fait est l’œuvre de membres du syndicat CROM qui détient un contrat de protection chez JCI où le personnel ouvrier tente d’établir un syndicat représentatif et une véritable convention collective.

Selon Morales, le 28 avril à 14 heures 30, un jeune homme s’est approché de lui et a commencé à lui tordre la main et lui porter des coups sur tout le corps, en lui disant "arrête de faire l’idiot", et en le menaçant de le tuer s’il n’arrêtait pas de créer des ennuis à son père, Magdaleno Texis, qui est un délégué du CROM. Morales a saisi son adversaire par la chemise pendant que Juarez lui donnait un coup de main. L’agresseur l’a alors poussée en lui disant qu’ils la tuerait ainsi que tous les autres qui étaient contre son père. Après le refus de la police d’enregistrer leur plainte et suite à de longs délais, Morales et Juarez, avec l’aide du CAT, ont pu présenter leur plainte auprès du procureur de l’État de Tlaxcala le soir à 23 heures.

Cette agression fait suite à un incident vieux de deux semaines où Carmen Sanchez Juarez, membre de la coalition ouvrière de JCI qui cherchait un nouveau syndicat a été harcelée dans son village de San Luis Teolocholco par Marcelino Tecuapacho.

Depuis que le personnel ouvrier de JCI a décidé de créer un véritable syndicat, les travailleurs et les travailleuses et les membres du CAT sont l’objet d’un harcèlement de plus en plus fort. Ce combat pour la création d’un syndicat représentatif est l’une des infractions citées dans la plainte présentée par la FIOM à l’Organisation internationale du Travail (affaire no 2694) contre l’utilisation des contrats de protection au Mexique.

La FIOM dénonce ces agressions commises récemment contre des travailleurs et des travailleuses et se joint au CAT et aux autres organisations de défense des droits de la personne au Mexique pour demander au gouvernement mexicain de:

Pour tout renseignement complémentaire sur la situation chez JCI, cliquer ici.

 

Nouvel accord dans le secteur de la métallurgie en Norvège

NORVÈGE: La fédération norvégienne Fellesforbundet a annoncé le 30 avril que ses membres dans la métallurgie avaient voté en faveur de la nouvelle convention collective sectorielle de deux ans qui accorde une augmentation salariale estimée à trois pour cent.

L’accord entre Norsk Industri et Fellesforbundet qui a été conclu le 11 avril dans le cadre d’une médiation, pour être ensuite soumis au vote des membres, assure:

Le syndicat a également réussi à obtenir la réfutation totale de la demande des employeurs portant sur la diminution du salaire minimum. À l’inverse, le salaire minimum bénéficie d’une amélioration dans le nouvel accord.

Les parties établiront avec le gouvernement des programmes sectoriels destinés à favoriser un marché de l’emploi sérieux et bien adapté aux secteurs particulièrement exposés. Les parties conviennent d’un nouveau régime de rotation d’horaires pour les personnes qui travaillent loin de leur domicile. Ce problème est d’actualité depuis quelque temps.

Les résultats obtenus dans les négociations qui ont eu lieu dans le secteur de la métallurgie ont commencé à avoir un impact décisif dans d’autres secteurs, comme ceux de la construction, de l’hôtellerie et de la restauration. On s’attend à ce que le reste de l’industrie norvégienne et le secteur public suivent.

Arve Bakke, président de Fellesforbundet, est satisfait du résultat. "Nous avons obtenu une hausse du pouvoir d’achat pour tous nos membres. L’accord prévoit aussi le versement d’un supplément salarial aux personnes les moins bien payées. Nous avons mis au point un modèle destiné à aplanir les inégalités salariales discriminatoires entre hommes et femmes dans certaines entreprises", a déclaré Arve Bakke.

Unité syndicale pour le Premier Mai en Indonésie

INDONÉSIE: Des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses étaient rassemblé(e)s au centre de la capitale indonésienne Jakarta dès les premières heures du 1er mai 2010 pour réclamer la révision des lois sur la sécurité sociale et la mise en place d’un meilleur système de sécurité sociale. Les travailleurs et les travailleuses venaient souvent de loin, de villes comme Bandung, Tanggarang et Bekasi, pour participer à ce rassemblement historique. L’affluence était sans précédent dans l’histoire du mouvement ouvrier indonésien, et selon certaines estimations, plus de 80.000 personnes ont participé aux manifestations.

Une réunion avait eu lieu la veille de la manifestation pour discuter de la faiblesse des lois et du système de sécurité sociale actuellement en vigueur. En sa qualité de président de la commission de révision de la sécurité sociale (Jamsostek) établie par le mouvement syndical indonésien, Said Iqbal, Président du FSPMI, un affilié de la FIOM, a souligné les faiblesses dans la législation, les règlements et le système de sécurité sociale actuellement en vigueur. Il a fait remarquer que les salariés ne tiraient aucun bénéfice de ces lois. Selon lui, les fonds collectés auprès des travailleurs et des travailleuses étaient mal gérés par le gouvernement, et de fait, les salariés se faisaient rouler. En plus, la corruption dans le système est un obstacle à une véritable protection des salariés. Il estime que l’unité est nécessaire au sein du mouvement syndical indonésien pour mettre un terme à ces abus et assurer la protection des salariés.

Le défilé était conduit par le FSPMI. Des milliers de membres du FSPMI, sous la protection rapprochée de leur propre appareil de sécurité du nom de Metalguard (garde de la métallurgie), portant chemise bleue et rouge, ouvrait le défilé qui allait du quartier Thamrin de Jakarta jusqu’au palais présidentiel pour une manifestation qui a duré jusque tard dans la soirée. Les manifestant(e)s faisaient beaucoup de bruit, mais sans violence, en brandissant des drapeaux, des bannières, des effigies et en distribuant des tracts portant leurs revendications. Ils/elles entonnaient des chants de solidarité, scandaient des slogans et jouaient du tambour tout en marchant. Selon certaines informations, la police avait rassemblé quelque 15.000 hommes pour surveiller la manifestation.

Plusieurs orateurs juchés sur un camion ont adressé la parole aux milliers de personnes rassemblées devant le palais présidentiel, bien gardé par des centaines de policiers, protégé par du fil de fer barbelé et des chiens. L’écho des revendications syndicales se faisait entendre très loin. Malgré la chaleur accablante, travailleurs et travailleuses restaient au coude à coude pour entendre parler leurs dirigeants.

Iqbal a déclaré que la lutte en faveur de l’adoption de lois et d’un système équitables de sécurité sociale vient juste de commencer. Les syndicats indonésiens se sont rassemblés pour marquer leur solidarité sur une question qui leur est commune. Il espère que cet esprit de coopération, d’unité et de solidarité fera avancer leurs propositions en vue d’un règlement impartial et juste pour les travailleurs et les travailleuses.

Les travailleurs turcs protestent place Taksim pour le Premier Mai

TURQUIE: Environ 200.000 travailleurs, travailleuses et syndicalistes se sont rassemblés le Premier Mai sur la place Taksim à Istanbul, pour la première fois depuis l’année 1977 où 37 personnes avaient trouvé la mort sous les balles d’un homme qui avait ouvert le feu sur la foule. Personne n’a jamais été traduit en justice pour ces meurtres. Depuis, la police a souvent utilisé les gaz lacrymogènes, les canons à eau et les matraques pour disperser les rassemblements de personnes qui voulaient commémorer le Premier Mai sur cette place.

Même si le gouvernement turc a décidé l’année dernière de faire du Premier Mai un jour officiel de congé et de permettre au public d’accéder cette année à cette place, la lutte des syndicats et des travailleurs et travailleuses continue en Turquie.

Les syndicats rassemblés sur la place Taksim ont réclamé le droit de se syndiquer et de créer des syndicats, la sécurité de l’emploi dans tous les secteurs et une vie sûre pour toutes et tous. Au moment où les six confédérations turques du travail reprenaient possession de la place Taksim, les membres de Sinter Metal et de l’affilié de la FIOM Birlesik Metal Is se rappelaient leur long combat et la signification historique de cette journée pour le mouvement ouvrier turc.

"La défaillance de la justice est une comédie. La législation syndicale turque ne devrait pas prendre parti pour les employeurs, mais en général, les personnes qui adhèrent à un syndicat font toujours face au même problème et sont victimes de représailles qui prennent la forme de licenciements partout dans le pays. Et il s’agit de beaucoup de monde — 350 personnes licenciées pour éviter la présence d’un syndicat dans l’entreprise — mais ce problème est très répandu et la justice relève de la décision d’un seul juge.

"Dans notre cas, ce juge du tribunal du travail a différé injustement à sept reprises un licenciement abusif, ce qui nous cause de grandes difficultés financières. Mais j’ai appris que l’on n’obtient rien dans la vie sans lutter et que je ne jouirai de mes droits que par la lutte. Cette année, le Premier Mai est enthousiasmant et bon. L’année dernière, seules 3.000 personnes avaient pu se retrouver sur la place Taksim dans des nuages de gaz lacrymogènes, et beaucoup de travailleurs et travailleuses ont eu peur de venir cette année. Mais nous sommes cette année sur la place Taksim. Et c’est avec une grande émotion que nous voyons comment les travailleurs et les travailleuses montrent leur force. J’espère que nous serons encore plus nombreux ici l’année prochaine", dit l’un des travailleurs de Sinter Metal.

Les salariés de Sinter Metal ont manifesté à de nombreuses reprises et ont finalement organisé une grève de la faim du 2 au 6 mars 2010 pour exiger la réintégration et une décision de justice pour les cas de licenciement abusif en décembre 2008. Contrairement aux déclarations de l’entreprise, le ministère turc du Travail a trouvé que les licenciements n’étaient pas motivés par la crise économique. Le juge a reporté en août 2010 pour la septième fois sa décision sur le cas de licenciement abusif. Le combat continue.

Le mouvement syndical mondial s’inquiète de la situation des droits des travailleurs et des travailleuses et de leurs syndicats en Turquie qui concerne des mises à pied et des violences physiques, et la tendance inquiétante du harcèlement judiciaire des syndicats par lequel des syndicalistes sont jugés comme "terroristes", notamment Seher Tümer, secrétaire d’une section du syndicat des enseignants affilié à l’Internationale des services publics.

Le 30 avril, des représentant(e)s de sept fédérations syndicales internationales dont la FIOM, de la Confédération syndicale internationale et de la Confédération européenne des syndicats, ont rencontré plusieurs syndicats affiliés en Turquie pour coordonner les actions de solidarité en cours et souligner la détermination du mouvement syndical mondial de défendre les droits des travailleurs et des travailleuses en Turquie.

Les syndicats mondiaux suivants se sont joints aux syndicats turcs pour défiler jusqu’à la place Taksim: Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT), Internationale de l’éducation (IE), UNI (Union Network International), Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), UITA (Union internationale des travailleurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’hôtellerie et des branches connexes), Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC) et Internationale des services publics (ISP).

Emploi, Justice et Services publics — Faire fonctionner l'économie

MONDE: En ce jour particulier, les syndicalistes du monde entier réclament des mesures inédites pour réformer l’économie mondiale au profit de la justice sociale, de l’investissement dans l’emploi et de l’équité dans la société. L’heure n’est plus aux affaires courantes.

Le néolibéralisme, la spéculation débridée et leur corollaire, la crise, ont causé des millions de licenciements et accentué la précarité.

L’on assiste à un démantèlement des systèmes sociaux et à des coupes claires dans les dépenses publiques, pourtant garantes d’une cohésion sociale.

Voilà pourquoi les Syndicats mondiaux appellent les décisionnaires politiques et les démocrates du monde entier à soutenir un nouveau modèle de relance et de justice sociale, qui :

En ce 1er mai 2010, l’heure est venue de changer le cours des choses, de répondre aux aspirations des travailleurs et travailleuses et des communautés à un nouveau départ, de mettre un terme aux politiques égoïstes et à la cupidité des entreprises, et, surtout, de construire une nouvelle solidarité sociale fondée sur l’humain, au bénéfice de toutes et tous.

Pour visitez le site internet des Syndicats mondiaux suivez le lien: http://www.global-unions.org/

Création d'un réseau syndical mondial chez Caterpillar

FRANCE: Plus de 70 délégué(e)s syndicaux/ales représentant les salarié(e)s de sites de Caterpillar dans sept pays – Allemagne, Belgique, Italie, France, Japon, États-Unis et Royaume-Uni – se sont réuni(e)s les 28-29 avril 2010 à Grenoble, France, sous l’égide de la Fédération internationale des Organisations de travailleurs de la Métallurgie (FIOM).

Au cours de la réunion, les représentant(e)s syndicaux/ales ont tout d’abord examiné la situation mondiale sur le marché de la construction et dans le groupe Caterpillar, à savoir les politiques et problématiques économiques et industrielles avant, pendant et après la crise. Ils ont ensuite débattu de la politique sociale de Caterpillar et de la gestion des ressources humaines dans le monde. Les rapports présentés par les représentants nationaux et d’entreprise ont permis de rassembler des informations de première main sur les conditions d’emploi et de travail dans les divers établissements du groupe et de mieux comprendre les enjeux auxquels sont confrontés les salarié(e)s de Caterpillar dans une économie mondialisée.

Les restructurations, les plans sociaux, l’intensification du travail, l’emploi précaire sous toutes ses formes, la nouvelle organisation du travail, la mise en concurrence des salariés, l’absence de dialogue avec la direction et sa politique antisyndicale sont quelques-unes des questions soulevées par les délégué(e)s. Au-delà des spécificités et cultures propres à chaque pays, l’existence de problèmes et d’objectifs communs a montré la nécessité pour les syndicats de consolider leurs liens et de conjuguer leurs efforts pour améliorer les droits des salarié(e)s chez Caterpillar ainsi que les conditions d’emploi et de travail.

A l’issue de cette première réunion en France, les participant(e)s ont décidé de renforcer leur coopération au niveau international et de mettre en place un réseau syndical Caterpillar.  L’objectif est d’approfondir les échanges d’information sur la situation dans les différents pays, de travailler ensemble à la promotion des droits des salarié(e)s chez Caterpillar, ses fournisseurs et sous-traitants dans le monde, et de développer des initiatives et des actions communes. Les délégué(e)s ont également convenu d’établir des liens de solidarité avec les salarié(e)s de Caterpillar d’autres pays qui n’étaient représentés à la réunion. Un groupe de rédaction composé de représentant(e)s de diverses régions a également été établi pour élaborer plan de travail pour le réseau.

Les participant(e)s ont déploré que la direction locale de Caterpillar ait rejeté la demande des syndicats français d’effectuer une visite de l’usine. Ils/elles demandent qu’un dialogue constructif et ouvert s’engage au niveau mondial entre la direction de Caterpillar et le réseau syndical Caterpillar de la FIOM.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de réseaux syndicaux développée par la FIOM pour faire contrepoids aux sociétés transnationales.

Manifestation syndicale devant une entreprise minière russe

RUSSIE: Le 19 avril, travailleurs et travailleuses de l’entreprise minière Alexandrinskaya à Chelyabinsk, appartenant au grand groupe russe ‘Russian Ore Mining Company’ ont manifesté contre l’attitude antisyndicale de leur employeur.

Depuis plusieurs mois, l’organisation locale du syndicat des mineurs et des métallurgistes de Russie (MMWU), un affilié de la FIOM, subit de fortes pressions. L’employeur procède à des mises à pied dans l’entreprise qui s’adressent en premier lieu à des militants syndicaux. La vice-présidente du bureau syndical, Natalya Kniazkova, a été mise à pied à deux reprises. Elle a été réintégrée chaque fois par ordonnance du tribunal. Néanmoins, elle fait encore l’objet d’une nouvelle mise à pied. Les menaces de licenciement proférées par l’employeur obligent des membres du personnel à quitter le syndicat. En outre, la direction ne remplit pas les conditions fixées dans la convention collective, notamment les clauses concernant les hausses salariales.

Depuis longtemps, le personnel ouvrier n’osait pas exprimer son indignation par peur de perdre des emplois. Mais il est maintenant à bout de patience. "Mettre fin aux pressions contre les membres du syndicat!" est l’une des principales revendications avancées par les mineurs qui sont venus de Chelyabinsk pour exprimer leur indignation devant les bureaux de l’entreprise.

Les mineurs de l’entreprise ‘Alexandrinskaya Ore Mining Company’ ont reçu une aide solidaire du personnel ouvrier des deux autres entreprises du même groupe industriel, ‘Kyshtym Copper Electrolytic Plant’ et ‘Karabash Copper Plant’, dont des représentants ont participé à la manifestation, ainsi que d’autres entreprises métallurgiques à Chelyabinsk. À l’usine ‘Kyshtym Copper Electrolytic Plant’ la convention collective n’est également pas respectée et le personnel de production a rejoint les mineurs pour exiger le retour à l’état de droit dans leur entreprise. Le comité régional du syndicat MMWU à Chelyabinsk a prêté une aide organisationnelle aux manifestants.

Le personnel taiwanais de l'électronique se bat pour ses droits

TAIWAN: Young Fast Optoelectronics (YFO) a licencié cinq dirigeants et dix membres du syndicat en mars 2010 après que le syndicat nouvellement créé se fut plaint des illégalités généralisées dans l’entreprise où les conditions de travail des membres du personnel de production sont comparables à celles rencontrées dans les ateliers de misère. Pour soutenir les travailleurs et les travailleuses et leur syndicat, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie demande instamment à ses affiliés de s’engager dans la campagne entreprise par le personnel de production de l’entreprise.

Malgré l’inscription aux écritures de bénéfices d’un très haut niveau l’année dernière, les conditions de travail des 1.300 membres du personnel à l’usine YFO de Taoyuan sont extrêmement mauvaises. Outre la faiblesse des salaires, le rythme élevé du travail, les heures supplémentaires obligatoires et les mauvaises conditions de santé et de sécurité, YFO a embauché 200 migrants et 400 "stagiaires" venus de l’enseignement secondaire (certains sont âgés de moins de 16 ans, qui est le critère légal pour le travail des enfants à Taiwan) avec un salaire inférieur au minimum légal.

Le personnel de production a créé le syndicat Young Fast Optoelectronics Trade Union (YFOTU) en décembre 2009 pour s’attaquer aux problèmes rencontrés. La direction a rapidement licencié cinq responsables syndicaux et plus de dix membres militants en mars 2010, au prétexte que leur chaîne de fabrication avait été transférée en Chine. Les syndicalistes taiwanais croient qu’il s’agit d’un acte délibéré de démantèlement syndical et d’infraction grave à la législation du travail taiwanaise.

YFOTU et la fédération nationale des syndicats indépendants (NAFITU), à laquelle YFOTU est affilié, ont mené une campagne depuis les licenciements illégaux pour exiger:

YFO est une entreprise taiwanaise qui fabrique des écrans tactiles pour équiper les téléphones mobiles haut de gamme. C’est le principal fournisseur de marques telles que Samsung, LG, HTC et Qualcomm. Google doit devenir l’acheteur principal des produits YFO dans le cadre d’une fabrication en sous-traitance du téléphone Google pour HTC et Qualcomm. YFO a trois usines à Guangdong, Chine, une à Hanoi, Viêt-nam, et une à Tao-Yuan, Taiwan, qui emploient au total plus de 10.000 personnes.

La FIOM a envoyé une lettre au gouvernement taiwanais pour lui demander d’ouvrir immédiatement une enquête et de remédier à la situation des droits des travailleurs et des travailleuses et de leur syndicat. La FIOM demande le soutien de ses affiliés et leur engagement dans la campagne de LabourStart ici.

Des renseignements complémentaires sur le conflit chez YFO se trouvent sur fiche d’informations de YFOTU sur le site de la FIOM ici.

 

Les syndicats mondiaux expriment leurs préoccupations concernant l'amiante au gouvernement canadien

GENÈVE: Les syndicats mondiaux s’unissent pour présenter le 28 avril 2010 un message fort au gouvernement canadien pour que le Canada cesse d’accorder son soutien au lobby de l’industrie de l’amiante.

La délégation composée de représentant(e)s des syndicats mondiaux a rencontré Joanne Hamilton, conseillère à la mission permanente du Canada aux Nations Unies, et pour rappeler au gouvernement canadien la politique actuelle de l’ONU concernant l’abolition de l’amiante, notamment le chrysotile (amiante blanc). La délégation comprenait des représentant(e)s du Conseil des syndicats mondiaux, de la Confédération syndicale internationale (CSI) et des syndicats internationaux sectoriels les plus touchés — Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM).

Le rôle joué par le Canada est à l’origine de la visite de cette délégation: du fait que les pays fortement industrialisés combattent en faveur de l’interdiction de l’amiante, le lobby de l’industrie de l’amiante — les responsables scientifiques, politiques et organisationnels de l’industrie au Canada avec le soutien du gouvernement canadien et des missions canadiennes à l’étranger — a tenté de neutraliser les efforts entrepris pour éduquer les gens sur les dangers de l’amante et sur son interdiction en augmentant les exportations dans le monde en développement de ce produit aux effets mortels bien connus.

En indiquant que 93 pour cent du chrysotile importé aux Philippines provient du Canada, le secrétaire général de l’IBB Ambés Yuson a indiqué qu’il craignait que ce soient les pays les moins bien équipés pour traiter une épidémie de maladies causées par l’amiante qui se trouvent visés par l’industrie.

Le secrétaire général adjoint de la FIOM Hiroshi Kamada a souligné qu’en raison de la longue période d’incubation des maladies causées par l’amiante, il se trouve que même en l’interdisant dès aujourd’hui, nous verrons encore des gens mourir dans l’avenir, et il compare cette situation au cas poignant des démolisseurs de navires en Inde et au Bangladesh, qui sont souvent de "jeunes gens qui ont des possibilités encore plus limitées de s’instruire et qui devraient avoir un avenir".

Brian Kohler, secrétaire de la santé, sécurité et durabilité de l’ICEM, qui a vu certains de ses collègues mourir de maladies causées par l’amiante quand il travaillait comme responsable de la santé et de la sécurité du CPE au Canada, a rappelé à la mission permanente que 60 pour cent des décès dans le travail au Québec sont liés à l’amiante, et le coût au Canada par rapport au reste du monde dans le cas où le Canada continuerait de soutenir le lobby des grands groupes de l’amante.

Cependant, une grève de la faim de 24 heures a été organisée de façon massive en Inde par la FIOM et l’IBB à Jantar Mantar, New Delhi. Des centaines de travailleurs et de travailleuses appartenant aux syndicats ‘All Escorts Employees’ Union’ et ‘Building Workers Unions’ se sont rassemblés pour soutenir l’interdiction de l’amiante, en précisant que son utilisation est dangereuse quelle que soit sa forme ou sa couleur.

Une délégation de représentant(e)s de la FIOM et de l’IBB a aussi présenté un mémorandum au Dr Manmohan Singh, Premier ministre indien, pour exiger l’interdiction immédiate de toutes les importations d’amiante, en notant que les pays industrialisés comme le Canada ont cessé d’utiliser l’amiante mais continuent de l’écouler dans des pays comme l’Inde.

En Australie, le syndicat des travailleurs de la fabrication industrielle (AMWU) s’est joint à la Fondation des victimes de l’amiante d’Australie (Asbestos Diseases Foundation of Australia) pour se rendre à l’ambassade du Canada et exiger l’arrêt de la production et de la diffusion de l’amiante.

“Alors que le Canada peut fièrement prétendre être à l’avant-garde dans beaucoup de domaines de responsabilité sociale et économique, le fait que l’industrie canadienne de l’amiante, bénéficiant du soutien du gouvernement, vise agressivement les populations les plus vulnérables du monde avec ses produits toxiques, porte gravement atteinte à la réputation de notre pays”, a déclaré Paul Bastian, président national de l’AMWU.

http://www.amwu.org.au/read-article/news-detail/471/Rally-calls-for-end-to-Canadian-asbestos-trade/