Les syndicats veulent de la transparence dans les négociations salariales transpacifiques

TRANSPACIFIQUE: Les dirigeants syndicaux des pays concernés par les négociations sur le dernier accord commercial international, l’Accord de partenariat commercial transpacifique (TPPTA), demandent que les négociations soient globales et ouvertes, et n’aient pas lieu derrière des portes closes avec un nombre réduit de protagonistes liés aux grandes entreprises, comme cela a trop souvent été le cas.

Dans une lettre adressée le 10 mai aux ministres du Commerce d’Australie, de Brunei, du Chili, de Nouvelle-Zélande, du Pérou, de Singapour et des États-Unis, les dirigeants syndicaux disent que les travailleurs et des travailleuses doivent faire entendre leur voix et faire partie du processus de négociation.

Les syndicats recommandent les dispositions suivantes:

Les recommandations ont été indiquées en détail dans une lettre co-signée par les dirigeants des centrales syndicales nationales d’Australie, du Chili, de Nouvelle-Zélande, du Pérou, de Singapour et des États-Unis.

 

Les syndicats appellent l'attention sur les abus commis par les monopoles miniers

PARIS: Les syndicats ont profité de la dernière réunion du Comité de l’acier de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour informer les gouvernements des pratiques sans avenir des plus grandes entreprises minières mondiales. Et notamment, l’esprit de confrontation à l’égard des syndicats et des salariés qui règne dans des entreprises comme Vale, Grupo México, Rio Tinto, BHP Billiton.

L’industrie minière est une partie intégrante de l’industrie mondiale de l’acier, et récemment, les dirigeants de l’industrie ont fait part de leurs préoccupations concernant les hausses rapides des prix des matières premières qui résultent du monopole dont bénéficient les entreprises minières. Les hausses des prix intervenues à un moment de bénéfices record pour cette industrie ont des conséquences néfastes pour l’industrie mondiale de l’acier. La proposition de la FIOM au Comité indique clairement que ces entreprises abusent non seulement d’un contrôle absolu sur les matières premières, mais tentent également de forcer leurs salariés à travailler plus, tout en gagnant moins.

Dans une déclaration récente, Risaburo Nezu, président du Comité de l’acier de l’OCDE a dit: "Les préoccupations concernant la structure du marché de certaines industries des matières premières et les effets que cela pourrait avoir sur la stabilité dans l’acier et les industries en aval sont de plus en plus forts. Les délégué(e)s ont également demandé une meilleure transparence et la levée des obstacles au commerce des matières premières pour obtenir un libre accès aux matières premières. C’est une question posée à juste titre par les gouvernements et leurs instances chargées de la concurrence".

Rob Johnston, directeur du département de l’acier de la FIOM, estime que les gouvernements doivent mieux agir pour protéger les travailleurs et les travailleuses. Il pose cette question: "Les prix des matières premières ont augmenté de 100 pour cent et plus au cours du dernier mois. Ces entreprises font d’énormes bénéfices sur le dos de nos travailleurs et de nos travailleuses, et cela doit cesser. Les gouvernements ont un rôle évident à jouer. Par exemple, comment un Brésilien peut-il être fier d’une entreprise comme Vale qui s’attaque au fondement même d’une communauté à Sudbury au Canada? Cela ne dénote pas un bon sens des affaires, mais une réelle cupidité. L’OCDE et ses membres doivent intervenir et agir davantage pour protéger notre industrie de l’acier de ces entreprises".

Les participant(e)s ont également appris comment l’industrie mondiale de l’acier se remettait de la crise financière, mais que l’ampleur de la reprise varie d’une région à l’autre. Les aciéries tournent maintenant à environ 80 pour cent de leur capacité, une augmentation de près de 20 pour cent depuis la fin de 2008. Les questions commerciales continuent d’être préoccupantes pour l’industrie, et il est d’une importance vitale d’avoir des marchés ouverts et équitables. La FIOM a souligné la nécessité de considérer les droits des travailleurs et des travailleuses comme autant d’éléments déterminants pour l’évaluation des normes dans chaque pays.

Conférence 2010 sur les bons emplois, les emplois verts

ÉTATS-UNIS: Plus de 3.500 participant(e)s venu(e)s de partout aux États-Unis ont assisté à la conférence nationale 2010 sur les bons emplois, les emplois verts (Good Jobs-Green Jobs) qui s’est tenue du 4 au 6 mai à Washington D.C. La conférence qui était organisée par ‘BlueGreen Alliance’ (alliance cols bleus – emplois verts), partenaire des organisations syndicales et environnementales, comportait plus de 100 ateliers sur des sujets tels que la fabrication industrielle verte, la création d’emplois, l’énergie propre et respectueuse de l’environnement, les questions de santé et de sécurité au travail.

Plus de 70 responsables de syndicat et de l’industrie, et d’universitaires ont présenté la façon dont ils/elles tracent la voie vers une économie verte et le développement d’emplois verts. Parmi les principaux orateurs, citons Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, Hilda L. Solis, ministre du Travail, et d’autres responsables élus et des membres du gouvernement des États-Unis. Toute une série de questions a été examinée au cours de la conférence qui portaient sur des sujets tels que la gravité des pertes d’emplois dues à la crise économique et si une économie verte était en mesure de fournir les emplois nécessaires à la reprise. La discussion a également porté sur le rôle essentiel de l’investissement et de l’innovation pour obtenir une économie dynamique.

Au cours de la session plénière, Leo Gerard, président international de United Steelworkers (USW), a déclaré dans son allocution d’ouverture: "Nous avons construit un mouvement, pas seulement une organisation, et nous allons lutter pour des politiques durables, pas seulement dans nos pays, mais dans le monde entier". Il a expliqué qu’il était nécessaire de créer la volonté politique qui permet de réaliser des progrès dans chaque pays et au plan international.

Pelosi a fait écho à ces paroles en déclarant: "Travailler ensemble, "de bons emplois, des emplois verts" a permis de rallier une coalition inattendue et pourtant forte de responsables autour de quelques principes simples".

À la suite des 11 travailleurs tués dans l’explosion d’une plate-forme pétrolière dans le Golfe du Mexique et également des 14 travailleurs/euses tué(e)s en moyenne chaque jour aux États-Unis, beaucoup d’attention a été accordée à la capacité de l’Administration américaine chargée de la santé et de la sécurité au travail (OSHA) d’améliorer la situation. Le lien entre les questions relatives à la santé et la sécurité, l’environnement et l’économie verte a également fait l’objet de discussions. La ministre américaine du travail, Solis, a fait part de ces préoccupations dans son allocution en disant: "Alors que nous passons du monde ouvrier [cols bleus] aux emplois verts, il ne doit pas y avoir de compromis pour la sécurité des travailleurs et travailleuses. Les emplois verts n’impliquent pas moins de sécurité, mais au contraire plus de sécurité".

En reconnaissant la nécessité d’engager un processus politique, l’USW a tenu sa réunion sur une ‘réponse rapide’ parallèlement à la conférence ‘bons emplois, emplois verts’. Près de 700 militants et militantes de base de l’USW y ont participé. Les activités comprenaient des séminaires de formation sur la façon de faire pression, avec notamment des jeux de rôle, la rédaction de lettres et la manière de nouer des relations avec des élu(e)s. Des membres de l’USW ont participé à une manifestation à Capitol Hill (Congrès des États-Unis) où ils ont ensuite rencontré des responsables élus pour tenter d’obtenir leur appui pour la loi sur la santé et la sécurité ‘Protecting America’s Workers Act’ (projet de loi sur la santé et la sécurité au travail) et sur la loi sur la sécurité dans les secteurs de l’énergie et de la fabrication industrielle ‘Act-SEAM Act’, qui appelle à davantage d’investissements dans la fabrication industrielle verte.

Un syndicat du Libéria s'oppose à un investissement de Vale

LIBÉRIA: Un syndicat libérien des travailleurs de l’industrie a demandé à son gouvernement d’examiner la conduite de l’entreprise brésilienne Vale SA avant d’accorder l’autorisation d’une ligne de transport et d’une concession minière dans le pays.

Pour soutenir les travailleurs et les travailleuses en grève chez Vale au Canada, le syndicat des travailleurs de la sylviculture, de l’exploitation forestière et de l’industrie du Libéria (FLIWUL) proteste contre une proposition de l’entreprise d’utiliser une liaison ferroviaire à travers ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Vale a pris récemment une participation de 51 pour cent dans plusieurs sites d’extraction de minerai de fer de BSG Resources près de Simandou en Guinée orientale. L’entreprise minière a l’intention d’établir un corridor ferroviaire et logistique de Guinée à la côte atlantique qui traverserait le Libéria.

Dans une lettre datée du 13 mai, le syndicat des travailleurs de la sylviculture, de l’exploitation forestière et de l’industrie du Libéria (FLIWUL) demande à la Présidente Johnson-Sirleaf d’examiner avec soin la conduite sociale de Vale dans le monde, avant que son gouvernement n’accorde une concession ferroviaire à l’entreprise. Parmi plusieurs actes socialement irresponsables, Vale a contraint 3.500 mineurs du nickel et du cuivre au Canada à mener une grève dure qui en est maintenant à son onzième mois.

"Nous avons pris conscience des nombreux problèmes graves entourant Vale et des mauvais traitements infligés à ses travailleurs et ses travailleuses et à leurs communautés dans ses activités menées dans le monde", écrit le secrétaire général du FLIWUL David D. Sackoh.

"Des organisations au Mozambique, au Brésil, au Canada, au Pérou, au Chili, en Allemagne, en Italie et en Nouvelle-Calédonie ont déclaré que Vale ‘porte atteinte aux droits de la personne, exploite à la fois des travailleurs et des travailleuses, impose des conditions d’emploi précaire, détruit la nature et ne respecte pas les communautés traditionnelles’. Il apparaît que partout où Vale exerce des activités, des communautés sont déplacées, l’environnement est endommagé et les droits des travailleurs et des travailleuses ne sont pas respectés.

"Nous sommes troublés par le traitement imposé par Vale à sa main-d’œuvre au Canada. L’entreprise a provoqué une grève par son exigence à obtenir des concessions importantes de son personnel ouvrier, en dépit du fait d’avoir réalisé des milliards de dollars de bénéfices ces dernières années.

"Madame la Présidente, après de nombreuses années de guerre civile et de troubles, la population libérienne peut enfin jouir de la paix et d’un avenir prometteur sous votre direction. Vale, ce mastodonte aux actions suspectes, pourrait porter atteinte à votre économie fragile pour le profit d’une poignée de rapaces. En tant que partenaire de poids du développement de l’infrastructure et de l’économie du Libéria, le FLIWUL demande instamment au gouvernement d’étudier attentivement la situation pour s’assurer que les entreprises qui investissent pour transiter au Libéria le fassent de façon responsable."

Paraguay: le conflit chez Acepar s'intensifie

PARAGUAY: Les menaces de l’entreprise à l’égard des responsables syndicaux ont transformé la grève chez Acepar, qui avait commencé le 23 avril, en une lutte pour la défense des droits syndicaux des travailleurs et travailleuses au Paraguay.

Le syndicat (Sindicato de Trabajadores de Acepar – SITRAC) affirme que les grévistes ont durci leur position à la suite de la répression violente des forces de sécurité. Il dénonce la décision de l’entreprise de recruter du personnel pour remplacer les grévistes. Pendant ce temps, le gouvernement a ordonné la mise en détention des dirigeants syndicaux Hugo González Chirico, Hugo Cardozo, Mariano Velázquez et Daniel Ibarrolla sous l’accusation de troubles à l’ordre public.

"Chirico", secrétaire général du SITRAC, a été arrêté lundi 10 mai alors qu’il répondait à une convocation du procureur général à Villa Hayes. Après six heures de déposition, il était arrêté par la police judiciaire avec l’ordre d’attendre la décision du juge. Le mardi 11 mai, une action a été engagée contre González Chirico qui a dû faire une nouvelle déposition devant le juge Miguel Tadeo Fernández. Le juge a ordonné sa mise en liberté à la condition qu’ils ne prennent pas contact avec Acepar, ne quitte pas le pays et se présente chaque mois au tribunal.

Le personnel ouvrier a réagi en insistant sur fait qu’il défendra les droits du travail avec encore plus de vigueur et poursuivra la lutte, quelles que soient les conséquences, pour faire aboutir ses revendications concernant le respect par l’entreprise de la convention collective, la réintégration des quatre dirigeants syndicaux mis à pied et l’arrêt du harcèlement dont les syndicats ont récemment été les victimes. Les 811 grévistes ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils refusaient de reprendre le travail tant que les actionnaires majoritaires de la société Acepar n’auront pas approuvé leurs revendications.

L’origine du conflit

L’origine du conflit remonte à la privatisation d’Acepar par le gouvernement, en 1993, quand les salariés sont devenus actionnaires de l’entreprise. Après plusieurs réunions et manifestations en 1997, le gouvernement a transféré l’entreprise à Cosipar (Consorcio Siderúrgico Paraguayo) avec une part de 66,6 pour cent à Cerro Lorito S.A. et une part de 33,3 pour cent à Cootrapar Ltda., entreprise sociale créée pour permettre au syndicat SITRAC d’administrer et de protéger les propres intérêts des travailleurs et des travailleuses.

Il y a eu depuis cette date une série de conflits avec les actionnaires majoritaires (l’entreprise est maintenant dans les mains de propriétaires argentins) qui veulent se débarrasser de l’actionnariat détenu par le personnel de l’entreprise. Le harcèlement, les infractions aux droits syndicaux et même les cas de violence psychologique envers des membres du SITRAC et de COOTRAPAR ont augmenté en intensité ces derniers temps. Plus d’une dizaine de salariés ont été licenciés, plus de 110 ont été transférés sur d’autres lieux travaillent, cinq membres du personnel ont été suspendus sans salaire pour les infractions présumées, cinq autres travailleurs au moins qui avaient des droits à la retraite ont été relevés de leurs fonctions. Il faut ajouter à cela une succession de menaces et de cas de violence psychologique à l’encontre des syndicalistes.

Le conflit a pris davantage d’intensité avec une détérioration des conditions de travail et de santé et de sécurité au travail. L’entreprise ne s’est pas conformée à la convention collective de 1995.

Conférence mondiale sur le développement durable

CANADA: Le mois prochain, la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et la FIOM animeront un forum pivot sur le développement durable à l’intention des syndicats de l’industrie et de la fabrication industrielle. Les 18-19 juin 2010, les deux fédérations syndicales internationales, aux côtés de leurs affiliés canadiens, organiseront à Toronto, Ontario, une conférence intitulée "La triple crise du développement durable" qui précédera les sommets du G8 et du G20 dans la même ville.

Il ne fait guère de doute que l’effondrement économique, la dégradation de l’environnement et leurs conséquences sociales néfastes ont durement touché les travailleurs et les travailleuses, leurs familles et leurs communautés. L’absence d’une réglementation efficace à l’échelle mondiale et le retard pris dans la gestion des marchés financiers ont contribué à l’ampleur de ces crises.

La conférence mondiale de Toronto sur le développement durable publiera une déclaration qui sera présentée aux sommets du G8 et du G20. Elle demandera aux dirigeants économiques et politiques du monde d’engager une action décisive pour inverser la spirale descendante ressentie partout dans le monde par la plupart des gens dans le domaine social, et de commencer à appliquer de vraies solutions favorables aux travailleurs et aux travailleuses sur le changement climatique et un avenir économique durable.

La conférence comprendra des tables rondes. Des discours seront prononcés par des experts confirmés sur la crise économique, le développement durable et la gestion des affaires mondiales. Les dirigeants syndicaux des affiliés de l’ICEM et de la FIOM, ainsi que d’autres participant(e)s, auront en outre de nombreuses possibilités de faire connaître leurs expériences sur la façon dont les travailleurs et les travailleuses ont réagi à une crise dont il ne porte pas la responsabilité.

La conférence se tiendra au Dominion Ballroom du Sheraton Centre Hotel, Toronto, 123 Queen Street West. L’ICEM a réservé des chambres. Le formulaire d’inscription pour la conférence et la réservation de chambres d’hôtel qui se trouve ici, devra être retourné immédiatement à [email protected] afin d’assurer rapidement la réservation.

Les travailleurs et les travailleuses ont un rôle central à jouer dans un avenir où les gens pourront sortir de la pauvreté, tout en protégeant l’environnement. L’ICEM et la FIOM estiment qu’il faut mettre fin au pillage systématique de l’économie mondiale par des spéculateurs sans scrupules. Le Pacte de l’emploi, élaboré par l’OIT, est une proposition pour sortir de la crise financière provoquée par la cupidité et l’absence de supervision financière.

En ce qui concerne l’environnement, les syndicats industriels ont délivré un message à Copenhague sur la nécessité de conclure un accord juste, ambitieux et juridiquement contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Toutefois, les préoccupations légitimes des travailleurs et des travailleuses pour un travail décent, la justice sociale et des emplois durables doivent occuper la première place. Il ne s’agit pas de l’emploi ou de l’environnement, il s’agit des deux, sinon nous n’obtiendrons rien.

Les crises des économies en faillite, l’inaction dans le domaine de l’environnement et les troubles sociaux sont interconnectés. Ce sera l’objectif de la conférence ICEM/FIOM de veiller à ce que les voix des travailleurs et des travailleuses se fassent entendre sur ces questions au plus haut niveau. Les emplois, les droits des travailleurs et des travailleuses, les protections sociales, des services publics de qualité et des emplois durables sont au centre des travaux de cette conférence.

Un syndicaliste exécuté en Iran

IRAN: La FIOM est profondément choquée et indignée d’apprendre l’exécution le 9 mai de Farzad Kamangar, un enseignant âgé de 35 ans, membre du syndicat des enseignants du Kurdistan.

Depuis février 2008, Farzad qui était accusé "d’avoir mis en danger la sécurité nationale" et "d’hostilité envers dieu", vivait sous la menace d’exécution de la peine capitale. Cependant, il n’était coupable que d’avoir tenté d’obtenir de meilleurs salaires pour les enseignants de son pays.

Bien que les autorités iraniennes aient accepté le pourvoi en appel de Farzad, l’affaire n’a jamais été réexaminée et son avocat a été informé que les documents contenus dans le dossier de Farzad avaient été perdus; cela n’a pas empêché les autorités d’exécuter le syndicaliste sans même en informer à l’avance sa famille.

La Confédération syndicale internationale et l’Internationale de l’éducation ont tenté à de nombreuses reprises de convaincre les autorités de réexaminer la décision de justice. Le cas de Farzad n’est pas unique. La FIOM déplore avec tristesse la mort du syndicalisme iranien Farzad Kamangar et se joint à la CSI pour exiger "que soit mis fin à l’escalade de la répression syndicale et au non-respect des droits de la personne des membres des syndicats", dans une lettre envoyée récemment par la CSI aux autorités iraniennes.

L'UOM obtient 25 pour cent de hausse salariale

ARGENTINE: Le syndicat des métallurgistes (Unión Obrera Metalúrgica – UOM) a conclu un accord salarial avec les employeurs dans le secteur de la métallurgie, après plusieurs réunions qui n’avaient pas donné de résultats et une grève nationale de 24 heures.

L’accord prévoit une hausse des salaires en deux temps, une augmentation de 15 pour cent à compter du 1er avril et une autre de 10 pour cent au 1er juillet 2010. L’accord couvre la période allant jusqu’en 31 mars 2001.

L’accord met fin aux négociations de l’année et porte sur une augmentation totale de 25 pour cent. Les employeurs avaient d’abord offert 15 pour cent, mais après plusieurs réunions, leur offre atteignait petit à petit 20 pour cent sous la pression syndicale.

L’UOM insistait pour obtenir une augmentation de 25 pour cent car l’an dernier, les employeurs avaient convenu d’une hausse de 15 pour cent au milieu de la crise, quand l’industrie travaillait seulement à 50 pour cent de sa capacité au deuxième trimestre de l’année. La situation s’est maintenant améliorée et l’industrie travaille à 80 pour cent de sa capacité. C’est pourquoi le syndicat ne voulait pas accepter une augmentation identique à celle de l’an dernier.

Les métallurgistes géorgiens en grève pour protéger leurs droits

GÉORGIE: Le 31 mars, deux ouvriers de l’usine Zestafoni Ferro en Géorgie ont été mis à pied. L’un d’eux est le père d’un dirigeant syndical de premier plan et l’autre est lui-même militant syndical. Cet acte a poussé à bout les 2.800 travailleurs et travailleuses de l’usine et des mines de Chiatura qui ont décidé d’agir.

Le salaire moyen mensuel dans l’usine et dans les mines est seulement de 400 lari (231 USD), légèrement supérieur au minimum vital et inférieur de 100 lari au salaire moyen en Géorgie. Les conditions de travail dans la mine et les ateliers de fusion sont extrêmement dangereuses, et les normes de santé et de sécurité sont insuffisantes. Le personnel ouvrier représenté par le syndicat des travailleurs de l’industrie métallurgique et minière (MMIWTU) de la région de Imereti, affilié à la confédération géorgienne des syndicats (GTUC), réclame depuis longtemps une augmentation des salaires. Mais l’administration a refusé de donner suite à la revendication.

Le 10 et le 11 avril, deux réunions du personnel ouvrier avec des responsables syndicaux ont eu lieu dans une atmosphère d’intimidation et de provocation par la direction et le service de sécurité qui a tenté d’intervenir.

Le 20 avril, le personnel des installations de fonderie et des mines a organisé une grève d’avertissement. L’action a eu lieu de midi à 14 heures. La production de l’usine a été complètement arrêtée. Alors que la grève se déroulait sans incident à Zestafoni, l’administration a tenté d’intervenir à Chiatura. Le directeur de l’une des mines a malmené le responsable syndical, un homme âgé de 55 ans qui travaille à la mine depuis 27 ans.

Le 23 avril, le personnel ouvrier à Zestafoni et Chiatura a entamé une grève de deux semaines, en dressant une liste de dix revendications:

Le 26 avril, trois jours seulement après le début de la grève, la direction a fait une série de concessions et la production a repris. Selon l’accord, les deux militants syndicaux seront réintégrés et tous les travailleurs auront des contrats de travail permanents. Les grévistes seront indemnisés pour les trois jours de grève.

Le comité de grève sera transformé en conseil de négociation, qui sera chargé d’examiner l’application de toutes les autres revendications avec la direction. Néanmoins, le syndicat est prêt à lancer un nouvel ordre de grève pour une action prolongée si les revendications n’étaient pas satisfaites.

La FIOM et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) accordent leur plein appui à la lutte des métallurgistes géorgiens. Le 21 avril, la Confédération syndicale internationale (CSI) a envoyé une lettre au président géorgien Mikhail Saakashvili, pour condamner les infractions aux droits des travailleurs et des travailleuses, et les pratiques discriminatoires en vigueur dans les installations de fonderie et dans les mines.

Le 5 et le 6 mai, le secrétaire général de l’ICEM Manfred Warda s’est rendu en mission en Géorgie pour obtenir des renseignements de première main sur le conflit. Aux côtés de l’ICEM, la FIOM suivra de près la situation à Zestafoni et Chiatura.

 

Le syndicat mexicain des mineurs vote pour la continuation de la campagne sur l'autonomie syndicale

MEXIQUE: Le XXXVIe Congrès ordinaire général du syndicat mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM) s’est ouvert le 3 mai. Il rassemblait les délégués élus des sections syndicales, les membres du Comité exécutif national (NEC), les délégués zones et spéciaux, et de nombreux représentants des syndicats mexicains, des centrales syndicales et d’organisations sociales, ainsi que des dirigeants de fédérations syndicales internationales (FSI) comme la FIOM et l’ICEM.

Le Congrès, qui a pris fin le 4 mai, a donné un vote de confiance a Napoleón Gómez qui continu en tant que Secrétaire général jusqu’en 2014, et débattu de la lutte des travailleurs et des travailleuses à la mine de Cananea dans l’État de Sonora, où 1.200 mineurs sont en grève depuis juillet 2007.

Les derniers rapports indiquent que la Cour suprême de justice a soutenu la décision de Grupo Mexico de fermer la mine. En attendant, la Cour 32 a retiré le 23 avril l’accusation qui impliquait l’ordre d’arrêter Napoleón Gómez qui était accusé de détournement de 55 millions d’USD. La décision de justice doit encore être ratifiée par la division criminelle de la Cour suprême. Le procureur général mexicain prévoit de faire appel, mais la sentence est Res judicata, ce qui signifie qu’elle est définitive et que l’accusé ne peut pas être poursuivi deux fois pour le même chef d’accusation.

Les représentants des mineurs mexicains au Congrès ont décidé de poursuivre la lutte et de défendre leurs dirigeants, leur travail, leurs emplois et les intérêts du syndicat.

Le dernier jour du Congrès, un Forum mondial de soutien et de solidarité a été organisé pour soutenir la grève des mineurs dans la ville de Cananea. Une délégation internationale a exprimé son soutien aux mineurs en grève à Cananea, lesquels ont remercié à leur tour la délégation, qui comprenait des représentants de la FIOM et de l’ICEM, d’avoir exprimé sa solidarité.