Un investissement de Rio Tinto en Inde fortement critiqué

MONDE: Malgré les tentatives des syndicats de prévenir la haute direction de Rio Tinto contre les dangers présentés par son mépris des droits des travailleurs et travailleuses, l’entreprise n’a pas daigné réagir. Rio Tinto se trouve maintenant mise au défi de développer ses affaires en Inde, face à une forte opposition des syndicats.

Rio Tinto a annoncé prévoir un investissement de 2 milliards de dollars dans l’Orissa (Inde) dans un projet d’extraction de minerai de fer. Les investissements en Inde peuvent présenter une tâche difficile et se heurter à d’innombrables délais administratifs. Récemment, le projet d’investissement de 12 milliards de dollars du groupe sidérurgique sud-coréen Posco, annoncé en 2005, a subi un nouveau revers après des protestations au niveau local en Inde. Ce dernier revers fait suite à un verdict du tribunal national indien chargé de l’environnement.

L’Orissa est le 9ème État en Inde par ordre d’importance. Il comporte 30 districts, et les ressources minérales constituent sa force principale. Il renferme environ 34 pour cent des gisements de minerai de fer du pays, mais il a également l’une des populations les plus pauvres de l’Inde. Les syndicats ont joué un rôle particulièrement important entre les gouvernements et les communautés locales pour aider les ouvriers et ouvrières agricoles déplacé(e)s.

M. Rajendra Pasad Singha, président de Hind Mazdoor Sabha (HMS) de l’Orissa et vice-président de la fédération des travailleurs de l’acier, du métal et de l’ingénierie de l’Inde (SMEFI), et M. Sudharshan Rao, directeur du bureau de l’Asie du Sud de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, ont eu un entretien avec M. Raghunath Mohanty, ministre des Industries, des Mines et des Affaires parlementaires du gouvernement de l’Orissa. Les syndicats ont remis au ministre une lettre au nom de la FIOM et de son affilié SMEFI qui précisait certaines inquiétudes comme le lock-out illégal du personnel à Alma, Canada. Les syndicats locaux ont également l’intention d’obtenir l’appui de groupes communautaires locaux pour soutenir leurs objections, et un entretien aura lieu prochainement avec le chef du gouvernement provincial de l’Orissa.

D’une manière générale, les syndicats locaux approuvent les investissements étrangers en Inde, mais dans ce cas précis, la réputation de Rio Tinto est si mauvaise qu’ils estiment indispensable d’attirer l’attention sur les activités de l’entreprise. Les syndicats indiens rappellent l’incapacité de Rio Tinto de respecter les droits du personnel dans la campagne de syndicalisation à Bell Bray en Australie et le lock-out illégal à Alma au Québec, Canada.

Sudharshan Rao, directeur de la FIOM pour l’Asie du Sud a déclaré: "Nous nous tenons aux cotés des travailleurs et travailleuses à Alma. Nous continuerons d’exprimer nos inquiétudes jusqu’au plus haut niveau gouvernemental et chercherons à obtenir l’assurance que les personnes les plus vulnérables ne seront pas exploitées par cette ‘entreprise citoyenne’ de triste réputation".

Interdiction des actions en faveur de la démocratie au Swaziland

SWAZILAND: Le gouvernement du Swaziland a obtenu, le 10 avril, une ordonnance du tribunal interdisant les manifestations prévues, le 12 avril, en faveur de la démocratie. Mais les militants et militantes des organisations syndicales et étudiantes avaient décidé de manifester malgré l’interdiction. Deux jours avant les actions prévues, des responsables syndicaux et autres militants ont été placés en résidence surveillée et leurs téléphones mobiles ont été confisqués. La veille de la manifestation, l’armée a défilé dans les rues pour tenter d’intimider la population.

Le jour où les protestations devaient avoir lieu, des dirigeants syndicaux ont été détenus en plus grand nombre dans leurs logements ou leurs bureaux.  Les cars qui entraient dans la ville ont dû faire demi-tour et les militaires ont dispersés les attroupements de trois personnes ou plus. La police contrôlait les routes et l’armée patrouillait dans les rues, et tous étaient lourdement armés.

Les syndicalistes se sont trouvés en première ligne car il est impossible de faire avancer la lutte pour le travail décent au Swaziland dans un environnement politique hostile, répressif et instable.

Avec un mépris flagrant pour la convention de base de l’OIT no 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, le gouvernement du Swaziland a radié le Congrès syndical du Swaziland (TUCOSWA) qui venait de fusionner en avril 2012, et qui avait tenu sa conférence fondatrice un mois plus tôt. Le monde du travail avait reconnu que l’unité joue un rôle capital pour le renforcement syndical, ce qui avait accéléré la fusion

Quand le gouvernement du Swaziland a radié la nouvelle fédération, la raison officielle invoquée concernait la législation qui n’était pas adaptée aux conditions de la fusion, mais de hauts responsables gouvernementaux ont également affirmé que le TUCOSWA ne pouvait pas être autorisé à s’engager dans la vie politique. Les partis politiques sont interdits au Swaziland, et le TUCOSWA a adopté une résolution dans laquelle il s’oppose aux élections nationales en 2013, qu’il considère antidémocratiques, à moins de les faire dans un régime multiparti.

Le 13 avril, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC) et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) ont envoyé une lettre conjointe au Premier ministre en demandant que le gouvernement du Swaziland rétablisse l’enregistrement du TUCOSWA, mette fin au harcèlement et à l’intimidation des syndicalistes, et observe les droits syndicaux et les droits de la personne.

La FIOM inspire de jeunes militants syndicaux russes

RUSSIE: Les 14 et 15 avril, deux ateliers ont eu lieu simultanément près de Chelyabinsk, Russie. L’un s’appelait l’École des jeunes dirigeants syndicaux, et l’autres était dédié aux ‘Ressources syndicales et à leur emploi effectif’. Le deuxième atelier, organisé par le syndicat des mineurs et des métallurgistes de Russie (MMWU), s’adressait aux militant(e)s syndicaux/ales de Mechel, une entreprise minière et métallurgique russe de premier plan.

Les jeunes militant(e)s syndicaux/ales ont acquis des connaissances sur les pratiques juridiques concernant le Code du Travail, le développement et les négociations des conventions collectives. Le représentant de la FIOM pour les pays de la CÉI, Vadim Borisov, a parlé aux militant(e)s du développement du mouvement international des travailleurs et travailleuses et des différentes actions syndicales, notamment celles qui s’opposent à l’emploi précaire.

L’atelier syndical pour les militant(e)s chez Mechel était dirigé par Eduard Vokhmin (Moscou). L’atelier a clairement démontré que le syndicat de Mechel était prêt à mener une discussion sérieuse sur ses objectifs stratégiques et l’emploi efficace des ressources, notamment l’énergie des jeunes militant(e)s.

Au cours de la session conjointe des deux ateliers, les participant(e)s ont visionné et discuté d’un film réalisé par la section de Chelyabinsk du MMWU. Le film démontrait l’échec du projet national sur le ‘logement abordable’. Les militant(e)s ont parlé du manque de possibilités de logement pour les jeunes familles et le moyen d’aborder de problème à la fois auprès du grand public et des autorités. Ils ont proposé d’établir des contacts avec les syndicats dans d’autres régions de Russie, qui ont une certaine expérience de la question du logement abordable. Les militant(e)s veulent également contacter le siège du MMWU sur cette question.

‘Les employeurs peuvent dire ce qu’ils veulent, le fait est que les salaires dans le secteur du métal sont encore insuffisants pour que les travailleurs et travailleuses puissent acheter leur appartement. L’initiative du MMWU sur cette question pourrait attirer l’attention d’autres groupes de la société civile dans la région’, a déclaré Vadim Borisov.

Les ateliers ont donné lieu à un concours de banderoles syndicales réalisées par les participant(e)s.

L'ICEM, la FIOM et la FITTHC demandent au gouvernement péruvien d'abroger la loi sur les contrats pour les exportations non traditionnelles

PÉROU: Le décret-loi 22342, qui régit les exportations non traditionnelles, était la principale question traitée au forum international sur le travail décent dans les industries de la confection et des vêtements au Pérou, qui s’est tenu à Lima les 21 et 22 mars. L’événement était organisé conjointement par la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), le Solidarity Centre d’AFL-CIO, le réseau de solidarité Maquila et l’ONG péruvienne Programa Laboral de Desarrollo (PLADES).

Le forum a appris que même dans le cas où la loi est appliquée correctement, elle est inconstitutionnelle et en infraction aux normes internationales du travail. Le forum a entendu de nombreux témoignages sur la manière dont les contrats dans le secteur des exportations non traditionnelles refusent d’accorder aux travailleurs et travailleuses les droits reconnus au plan international sur la liberté syndicale et la négociation collective, en les condamnant à une durée excessive du travail, des salaires de misère, de mauvaises conditions de travail, des préjudices et un accès limité aux soins et à la maternité, ainsi qu’à la retraite, du fait qu’il ne s’agit pas de contrats de travail permanents.
 
Le forum a également appris que de nombreuses entreprises profitent des lacunes de la loi, en l’appliquant de manière inappropriée, sans aucune intervention effective du gouvernement. Dans la grande majorité des cas, les salariés en question occupent des fonctions permanentes. Leurs emplois existaient avant qu’ils ne les obtiennent et continueront d’exister après leur départ. Bien qu’ils soient en fait des salariés permanents, ils sont employés sous une succession de contrats temporaires. Certains salariés ont eu jusqu’à une centaine de contrats temporaires avec le même employeur.

C’est pourquoi la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) ont écrit au président du Pérou, Ollanta Humala, pour lui demander d’abroger cette loi.

La lettre explique que selon l’OIT, le décret porte atteinte aux normes internationales du travail et que l’organisation avait demandé aux gouvernements précédents de revoir la législation en tenant compte de ces normes.

La lettre rappelle que le gouvernement Humala  avait décidé d’abroger le décret dans une promesse électorale, tout en étant "préoccupé du fait que les employeurs, le ministère du Commerce et la Commission du commerce extérieur du Congrès veulent garder le décret-loi 22342". Elle souligne que "ceci pourrait être terrible pour le bien-être des travailleurs et travailleuses du secteur et pourrait nuire sérieusement à l’image du gouvernement et du pays".

Au cours du forum, des représentant(e)s des syndicats et de la société civile se sont réunis pour planifier une campagne pour l’annulation des contrats pour les exportations non traditionnelles. En cas de nécessité, cette campagne utilisera des mécanismes internationaux tels que ceux de l’OIT, de l’OCDE, FLA, WRC et le traité de libre-échange, ainsi que l’influence de marques pour assurer une conformité aux exigences du travail dans leurs codes de conduite.

Finalement, la lettre maintient que "nos affiliés savent qu’ils peuvent compter sur le plein appui de notre nouveau syndicat mondial, IndustriALL, dans leur lutte contre l’emploi précaire et l’externalisation dans nos secteurs".

La FIOM, l’ICEM et la FITTHC demandent instamment au gouvernement de privilégier l’industrie sur la base d’un emploi sûr, du travail décent et du dialogue social pour le bien commun des travailleurs et travailleuses, de l’industrie et du pays. Et de soutenir la proposition visant à abroger le décret-loi et assurer une conformité à la législation nationale du travail et aux normes internationales du travail dans le secteur.

Élection de la nouvelle direction des métallurgistes tunisiens

TUNISIE: Après un débat animé, passionné et transparent à son Congrès tenu les 11 et 12 avril, 108 délégués et déléguées ont élu la nouvelle direction de la Fédération générale de la métallurgie et de l’électronique (FGME – UGTT). Deux listes s’opposaient pour l’élection de candidat(e)s, et il faut reconnaître que tout s’est passé de manière correcte et démocratique.

L’équipe ayant à sa tête l’ancien secrétaire général Tahar Berberi a été réélue, et a remporté les neuf sièges du Conseil fédéral, avec une femme parmi les neuf candidats élus. Le vote sur le rapport d’activité a également donné la preuve que les délégué(e)s ont défendu fermement l’action engagée depuis le dernier Congrès par Berberi et toute la direction.

La FGME a soutenu sans équivoque un véritable renouveau et une réelle démocratisation du mouvement syndical tunisien. À l’ouverture de la réunion, Berberi a parlé avec force du travail qui reste à accomplir au sein du syndicat et dans la société en général.

Le Congrès a exprimé son engagement sans faille aux côtés de la FIOM et sa gratitude pour le soutien accordé à la FGME au cours des années écoulées, et notamment pendant le soulèvement populaire en 2011 et depuis lors.

Mexique: les syndicats finlandais rejettent le contrat de protection chez PKC

MEXIQUE:  La filiale mexicaine Arneses y Accesorios de Mexico, du groupe finlandais PKC qui produit des pièces détachées, des systèmes de câblage et des accessoires pour voiture, a annoncé à son personnel qu’elle avait signé une convention collective avec la Confédération mexicaine des travailleurs (Confederación de Trabajadores de México, CTM). En réponse à cette décision, le syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM), que les travailleurs et travailleuses avaient choisi pour les représenter, a présenté une demande formelle de négociation à la Commission fédérale de conciliation et d’arbitrage. Le contrat de protection empêche officiellement les salariés à adhérer au SNTMMSRM, dirigé par Napoleón Gómez Urrutia.

Les syndicats en Finlande ont fait pression sur l’entreprise pour qu’elle respecte le libre choix des travailleurs et travailleuses sur leur représentation syndicale, et leur rejet du contrat de protection. En outre, la chaîne de télévision finlandaise MTV3 a fait un reportage sur les difficultés rencontrées au Mexique par les salariés de la filiale de PKC. L’émission de télévision  comportait des interviews de travailleurs et travailleuses, dont des membres de la section 307, et du président et directeur général de PKC, Harri Suutari. Les syndicats ont également publié une déclaration dans laquelle ils condamnent la décision de l’entreprise et demandent aux actionnaires de soulever la question du contrat de protection lors de la réunion générale annuelle des actionnaires qui a lieu aujourd’hui.

Selon les dernières informations, le principal actionnaire de l’entreprise, IImarinen, une compagnie d’assurances, a menacé PKC de désinvestissement en raison du refus de l’entreprise de respecter le choix syndical du personnel mexicain.

La FIOM et d’autres fédérations internationales et syndicats, ainsi que des organisations non gouvernementales du monde, déclarent soutenir le syndicat des mineurs, et condamnent la décision de l’entreprise.

Le site Internet du Congrès www.building-power.org monte en ligne

DANEMARK/MONDIAL : Pour fournir aux affiliés des trois organisations des informations utiles sur les Congrès de dissolution de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), sur diverses réunions spéciales et sur le Congrès fondateur de IndustriALL Global Union, un site Internet particulier a été créé à l’adresse http://www.building-power.org/.

Les Congrès de dissolution des trois organisations ainsi que le Congrès fondateur de la nouvelle se tiendront du 18 au 20 juin 2012 à Copenhague. Le nom proposé pour la nouvelle organisation – IndustriALL Global Union – ses statuts, son plan d’action ainsi que les candidatures pour la composition de son bureau seront mis au vote au Congrès fondateur. Les participants pourront trouver sur le site Internet (http://www.building-power.org/) des informations utiles ainsi que les documents de travail et, par la suite, des retransmissions en direct ainsi que des articles de presse, des vidéos et des photos.

Gagner en force et en puissance tout au long de la chaîne d’approvisionnement à l’échelon mondial est l’élément motivateur de la création de IndustriALL, ce qui explique le thème du Congrès : Gagner en puissance –  en anglais : Building Power

Les métallurgistes italiens chez Alcoa gardent l'espoir d'un investissement

ITALIE: Les négociations ont duré plus de douze heures avant la conclusion d’un accord, le 29 mars 2012, au ministère du Développement économique. Les travailleurs et travailleuses italiens du géant mondial de l’aluminium Alcoa, ont réussi à obtenir un répit temporaire. Les installations Alcoa à Portovesme (province de Carbonia Iglesias en Sardaigne) resteront ouvertes et fonctionneront jusqu’à la fin de l’année.

L’accord a été réalisé grâce à une forte mobilisation des travailleurs et travailleuses, de leurs syndicats et des organisations de la société civile. Les affiliés italiens de la FIOM, Fim-Cisl, Fiom-Cgil et Uilm-Uil, ont joué un rôle essentiel dans le processus.

L’accord, dont la signature doit être approuvée par un vote des salariés, oblige Alcoa à maintenir la production de l’entreprise jusqu’au 31 décembre 2013. Toutefois, les opérations auront déjà cessé après le 31 octobre 2012 dans le cas où aucun autre groupe ne décide de reprendre les installations et de redémarrer la production. Le gouvernement envisage diverses mesures incitatives qui pourraient intéresser un nouveau repreneur, notamment la possibilité de trouver une solution à la fourniture d’électricité à un prix attractif.

L’accord est en fait une solution temporaire, et il y a toujours le risque d’une fermeture des installations au début de 2013. Mille cinq cents salariés et leurs familles seraient touchés. Pour cette région de la Sardaigne, l’une des zones économiques les plus pauvres d’Italie, le chômage d’un si grand nombre de personnes aurait un effet dévastateur sur la collectivité locale.

Les dirigeants syndicaux colombiens approuvent la création de IndustriALL dans leur pays

COLOMBIE. Le 29 mars à Boyacá, les affiliés de la FIOM, UTRAMMICOL et FETRAMECOL, et les syndicats affiliés à l’ICEM, ont décidé à l’unanimité de créer un syndicat national unique de la fabrication industrielle en Colombie.

L’atelier national, l’un des séminaires régionaux de la dixième phase du projet de renforcement des syndicats, auquel assistaient des membres du Conseil national d’unité et des coordonnateurs régionaux et des cercles d’études du projet, a approuvé la création de IndustriALL en Colombie.

Le débat à l’atelier, qui a porté sur le programme d’action de IndustriALL, et qui donne la priorité à la formation de syndicats sectoriels suffisamment forts pour pouvoir négocier collectivement au niveau national et à celui des entreprises, a amené les dirigeants syndicaux à approuver la formation d’un syndicat national unique de la fabrication industrielle en Colombie.

Le processus se déroulera sous l’égide du Conseil national d’unité, composé de douze membres, dont deux représentant(e)s de chacune des trois organisations nationales (UTRAMMICOL, FETRAMECOL et Conseil syndical de l’ICEM), plus d’un(e) représentant(e) de chacun des six principaux syndicats de ces trois organisations. Nohora  Stella Tovar agira en tant que coordonnatrice.

Les trois organisations nationales ont signé, l’année dernière, un accord prévoyant de travailler au renforcement de l’unité, qui se concrétise maintenant sous la forme d’un syndicat national de la fabrication industrielle.

Les dirigeants syndicaux, sous la conduite de Mauricio Castro de SINTRAMETAL/ UTRAMMICOL et de Héctor Parra, président de FETRAMECOL, présenteront dans les 50 jours un avant-projet de programme politique, des structures et des statuts du nouveau syndicat national.

Cette proposition sera diffusée en vue d’un débat entre les membres et les dirigeant(e)s de tous les syndicats industriels concernés, et fera également l’objet d’un examen et d’une évaluation dans les séminaires régionaux qui auront lieu en juin pour les 75 dirigeant(e)s et plus qui ont participé au projet de la FIOM de renforcement des syndicats, et maintenant à IndustriALL.

Le Conseil national d’unité a déterminé également un programme de débats visant à développer des idées, des solutions juridiques et des propositions pour traiter de questions telles que la propriété, les conventions collectives, les effectifs et les forums syndicaux. Ceci, dans le but de faciliter le travail pour passer des syndicats d’entreprise actuels à des syndicats nationaux, et des deux fédérations à une fédération nationale unique. En juin, après les débats internes qui auront eu lieu dans les trois organisations, un accord s’établira sur un calendrier à court et moyen termes pour appliquer cette décision et l’option politique.

La FIOM estime qu’il s’agit d’une étape très importante, et félicite nos collègues d’avoir pris cette importante décision, si propice au développement du syndicalisme en Colombie.

Grève réussie chez Benteler à Kaluga, Russie

RUSSIE: La grève des travailleurs et travailleuses de Benteler à Kaluga, Russie, a permis d’obtenir la reconnaissance de leur syndicat. Le 2 avril à 8 heures du matin, la direction de l’usine a déclaré officiellement accepter de négocier avec le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA).

Au cours de la grève, la direction à eu recours à des étudiants de l’université, à plusieurs travailleurs de Volkswagen, à du personnel des bureaux et à des ouvriers du bâtiment comme briseurs de grève. La chaîne de montage de Benteler n’a pas été interrompue, mais les grévistes ont bloqué les entrées de l’usine et arrêté les camions qui transportaient des pièces chez Volkswagen, perturbant ainsi l’approvisionnement et empêchant des briseurs de grève d’entrer dans l’usine. Des rapports font état de défectuosités dans les pièces fabriquées par des briseurs de grève. La grève a sans aucun doute eu une influence sur les résultats de VW.

La police avait complètement quitté l’usine le 30 mars et le personnel de sécurité n’a pas cherché à entraver la grève.

L’ITUA est affilié au plan national à la Confédération du travail de Russie (KTR). Le 31 mars, le président de KTR, Boris Kravchenko, s’est rendu à Kaluga. Une réunion a eu lieu entre Kravchenko, Dmitry Kozhnev (coordonnateur de l’ITUA à Kaluga), Alexei Nastin (président du syndicat local chez Benteler) et le gouverneur de la région de Kaluga, Anatoly Artamonov, et également avec des membres du gouvernement régional, le directeur de Benteler, Hubert Koopmann, et la directrice des ressources humaines, Elena Sirotkina.

La réunion a donné les résultats suivants: Koopmann et Sirotkina ont promis de publier une déclaration officielle de reconnaissance de l’ITUA comme partenaire social et d’accepter de négocier avec ce syndicat, lundi 2 avril à 8 heures du matin. Les grévistes ont alors quitté l’usine.

La direction a tenu sa promesse, et la déclaration a été publiée le 2 avril à 8 heures du matin. La négociation collective avec l’ITUA commencera mercredi 4 avril.

“La grève chez Benteler est un énorme succès pour le mouvement ouvrier à Kaluga. Les résultats ont eu un impact profond sur tous les travailleurs et travailleuses de la région”, a déclaré Olga Masson, rédactrice en chef du journal de l’ITUA Autoworker.