Les travailleuses font entendre leur voix au festival du film de Genève

GENÈVE: La quatrième édition du Festival annuel du court métrage sur le travail de Genève — films réalisés par des syndicats, pour les syndicats, sur les syndicats et le monde ouvrier — raconte la vie de travailleurs et de travailleuses face aux défis résultant du déséquilibre extrême entre les élites des sociétés transnationales et les simples travailleurs et travailleuses.

Parmi les autres questions traitées, la crise financière actuelle occupe une place centrale dans les 15 courts métrages de la sélection de cette année, qui s’attachent à faire parler les travailleurs et les travailleuses et leurs syndicats: leurs luttes et leurs victoires. Depuis les conditions des démolisseurs de navires au Bangladesh et les atrocités infligées aux ouvriers et ouvrières agricoles au Zimbabwe, jusqu’à la lutte des camionneurs indépendants aux États-Unis, le programme contient un mélange varié de courts métrages. Le festival présente des histoires fascinantes de travailleurs et de travailleuses du monde entier, avec parfois une touche de comédie ou de tragédie pour captiver l’attention des spectateurs et des spectatrices. La liste complète des courts métrages sélectionnés sera publiée en juin.

Le principal film qui a pour titre, Comme un oiseau en cage, commence avec la résistance d’Emine Arslan, travailleuse turque du textile licenciée de l’usine Desa Safaköy, en raison de ses activités syndicales. Les réalisateurs Güliz Sağlam et Feryal Saygılıgil décrivent la résistance des travailleuses de Desa à la suite de ce licenciement. Le documentaire révèle les conditions de travail des femmes, l’expérience gagnée par elles en se syndiquant, les avantages obtenus grâce à leur résistance, leur relation avec le syndicat, leurs espoirs et leurs attentes.

Cet évènement est organisé par le Groupe de travail des communicateurs syndicaux mondiaux (Global Union Communicator’s Task Force), sous la direction de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, qui représente toutes les fédérations syndicales internationales, la Confédération internationale des syndicats et la CSC (TUAC).

 

QUOI: Festival du court métrage sur le travail de Genève
OÙ: Théâtre Grütli, 16 rue du Général-Dufour, Genève
QUAND: Le 15 juin, de 20 heures à 22 heures; ouverture de la salle à 19 heures

Sous-titres en anglais et en français
L’entrée est libre.

Pour tout renseignement complémentaire, cliquer ici ou ouvrir la page du festival sur le site de la FIOM: http://www.labourfilmshorts.org/

L'ITUA gagne une bataille judiciaire

RUSSIE: Dmitry Kozhnev et Alexander Adrianov, deux militants du syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA), un affilié de la FIOM en Russie, ont une longue histoire de luttes judiciaires contre la direction de Tsentrosvarmash, une usine de camions à traverse pivotante à Tver.

En janvier 2009, ils ont tous deux été licenciés pour leurs activités syndicales, puis réintégrés par décision du tribunal. Cependant, la direction qui ne voulait pas les laisser travailler à l’usine, avait envoyé Dmitry et Alex en vacances forcées pendant des mois.

En mars 2010, ils ont été à nouveau licenciés illégalement. Le 27 et le 28 avril, une audience a eu lieu pour statuer sur leur réintégration.

Cette fois, le juge a décidé en faveur de l’entreprise, malgré des preuves accablantes de l’illégalité du licenciement. Le procureur local a joué un rôle clé à cet égard en prenant immédiatement le parti de la direction, et en allant même jusqu’à donner des consignes aux avocats de l’entreprise durant les interruptions de séance.

Toutefois, une nouvelle audience a eu lieu le 18 mai, qui s’est terminée avec une victoire importante pour le syndicat. Alexander Adrianov a réussi à prouver que son envoi en vacances forcées pendant des mois était illégal. Le tribunal a ordonné à l’entreprise de verser à Alex les arriérés de quelques mois de salaire et une indemnisation pour préjudice moral.

L’ITUA affirme que la forte campagne de solidarité aux niveaux national et international a permis de remporter cette victoire. La lutte menée par la petite section syndicale locale de l’ITUA à Tver a fait l’objet d’un article paru dans le dernier numéro de Metal World.

C’est l’une des affaires les plus importantes de répression gouvernementale contre des syndicats en Russie, depuis l’accusation de menées "extrémistes" proférées à l’encontre de militants du Tver — une étape décisive dans la criminalisation des véritables activités syndicales par les autorités russes. Pour en savoir plus, cliquer ici.

Fin des grèves dans les usines brésiliennes d'assemblage

BRÉSIL: Les métallurgistes employés chez Renault, à Sao José dos Pinhais, se sont mis en grève le 14 mai pour appuyer leurs revendications pour obtenir une plus grande part des bénéfices de l’entreprise. La grève a pris fin le 19 mai après avoir accepté la proposition de l’entreprise de payer un minimum de 7.500 BRL (4.100 USD) et un maximum de 9.000 BRL (4.900 USD) à condition d’atteindre tous les objectifs de production. Le premier versement (4.750 BRL) sera effectué en mai et le reste en février 2011.

L’entreprise avait tout d’abord offert environ 6.000 BRL comme minimum et de fixer comme objectif de production 197.000 véhicules et cinq pour cent du marché national. Les métallurgistes considéraient que cette offre était irréaliste et impossible à atteindre. Ils l’avaient donc rejetée. La grève qui a été suivie par 8.000 travailleurs, notamment des personnes employées directement (usine d’assemblage et administration) et par d’autres employées en sous-traitance, a interrompu la production de 700 véhicules par jour.

Pendant ce temps, le personnel de production de Volkswagen, également à Sao José dos Pinhais, donnait à l’entreprise 48 heures pour faire la même offre de partage des bénéfices au personnel de Volkswagen à Sao Bernardo do Campo dans l’État de Sao Paulo. L’entreprise a accepté et le premier paiement de 3.800 BRL (2.070 USD) aura lieu à la fin du mois de mai. Le montant du second paiement fera l’objet de discussions au milieu de l’année.

Le personnel de production de l’usine Volvo située dans le centre industriel de Curitiba, qui avait également donné un ultimatum de 48 heures à l’entreprise sur la question du partage des bénéfices, a obtenu le paiement de 9.000 BRL (4.900 USD) comme minimum, mais seulement après s’être mis en grève. L’entreprise paiera aux 2.800 travailleurs 5.000 BRL à la fin du mois et la seconde partie en février 2011.

Pendant ce temps, le personnel de la première et de la deuxième équipe postée à l’usine Bosch dans le centre industriel de Curitiba a décidé le 17 mai d’entreprendre une grève de durée illimitée jusqu’à ce que l’entreprise accepte ses revendications sur le partage des bénéfices. Au moment de la rédaction, les métallurgistes étaient réunis pour décider de la suite à donner à l’action engagée.

Un fabricant de câbles en Malaisie tente de rompre avec le syndicat

MALAISIE: Environ 200 personnes, membres du syndicat des travailleurs de l’industrie électrique (EIWU) affilié à la FIOM, ont manifesté pacifiquement le 19 mai devant une grande entreprise de fabrication de câbles haute tension. L’entreprise, Federal Power Cables, n’applique pas les termes d’un accord signé avec le syndicat. Cette entreprise est située dans la plus grande ville industrielle de Malaisie, Shah Alam, qui se trouve à environ 40 km de Kuala Lumpur. Il y avait une très forte présence policière, comme c’est toujours le cas pour un conflit du travail en Malaisie.

Le syndicat a conclu une convention collective actuellement en vigueur avec l’entreprise Federal Power Cables, que la direction n’a pas appliquée. Elle refuse d’accorder la prime contractuelle et les augmentations annuelles de salaire à plus de 300 membres du personnel. Le syndicat EIWU a tenté à plusieurs reprises de négocier avec la direction, mais sans résultat. Les travailleurs n’ont comme alternative que d’organiser des manifestations devant les locaux de l’entreprise.

Maniyan Poovan, secrétaire général de l’EIWU a dit qu’à un moment, le directeur général a affirmé ouvertement qu’il n’aimait pas les syndicats nationaux comme l’EIWU, et préférait les syndicats d’entreprise. Il cherche à amadouer les travailleurs en leur proposant de meilleures conditions d’emploi s’ils quittent le syndicat, qui leur seront plus favorables que celles contenues dans la convention collective.

Maniyan insiste sur le fait que la direction utilise des arguments raciaux pour diviser une main-d’œuvre multiraciale. L’entreprise a recours à un favoritisme basé sur des considérations raciales pour empêcher la promotion de personnes qui travaillent dans l’entreprise depuis très longtemps. Il rappelle que "le syndicat a aidé cette entreprise pendant cinq ans pour qu’elle se remette d’un marasme dans ses affaires, et maintenant que les affaires ont repris, la direction ne veut pas respecter les dispositions de la convention collective et verser les prestations dues aux travailleurs". Il déclare que les manifestations se poursuivront, et comme le travail est posté dans cette usine, elles auront lieu à des heures différentes. Il exprime également son dégoût sur le fait que la direction cherche à rompre avec le syndicat qui représente le personnel de l’entreprise depuis plus de 30 ans.

À part cela, la direction a commencé à délivrer des lettres de justification aux membres du personnel qui ont été en congé de maladie ou en congé annuel approuvé. Les délégués du personnel ont aussi eu droit à des lettres de justification qui pourraient entraîner des mesures disciplinaires sévères.

Arunasalam. P, représentant régional de la FIOM qui était présent sur le lieu de la manifestation a exprimé son appui solidaire au nom de la FIOM. Il a demandé à la direction de respecter la convention collective et de verser leurs salaires aux travailleurs.

Un reportage sur la manifestation se trouve ici.

Festival 2010 du court métrage sur le travail de Genève

La quatrième édition du Festival annuel du court métrage sur le travail de Genève — films réalisés par des syndicats, pour les syndicats, sur les syndicats et le monde ouvrier — raconte la vie de travailleurs et de travailleuses face aux défis résultant du déséquilibre extrême entre les élites des sociétés transnationales et les simples travailleurs et travailleuses.

Parmi les autres questions traitées, la crise financière actuelle occupe une place centrale dans les 15 courts métrages de la sélection de cette année, qui s’attachent à faire parler les travailleurs et les travailleuses et leurs syndicats: leurs luttes et leurs victoires. Depuis les conditions des démolisseurs de navires au Bangladesh et les atrocités infligées aux ouvriers et ouvrières agricoles au Zimbabwe, jusqu’à la lutte des camionneurs indépendants aux États-Unis, le programme contient un mélange varié de courts métrages. Le festival présente des histoires fascinantes de travailleurs et de travailleuses du monde entier, avec parfois une touche de comédie ou de tragédie pour captiver l’attention des spectateurs et des spectatrices.

Cet évènement est organisé par le Groupe de travail des communicateurs syndicaux mondiaux (Global Union Communicator’s Task Force), qui représente toutes les fédérations syndicales internationales, la Confédération internationale des syndicats et la CSC (TUAC).

QUOI: Festival du court métrage sur le travail à Genève
: Théâtre Grütli, 16 rue du Général-Dufour, Genève
QUAND: Le 15 juin, de 20 heures à 22 heures; ouverture de la salle à 19 heures

Sous-titres en anglais et en français 
L’entrée est libre.
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Le programme du Festival 2010 du court métrage sur le travail de Genève présente:


UN LONG MÉTRAGE

Comme un oiseau en cage (Kafesteki Kuş Gibiydik)
Réalisé par Güliz Sağlam et Feryal Saygılıgil, Turquie, 2009 (30 minutes)
Licenciée pour ses activités syndicales, Emine Arslan, travailleuse turque du textile à l’usine Desa Safaköy, inspire la résistance des autres travailleuses de l’usine. Le film expose les espoirs et les attentes des femmes, leurs relations avec le syndicat et l’établissement d’une plate-forme pour les femmes à İstanbul.

Protestations de l'USW à l'ambassade du Mexique

ÉTATS-UNIS/MEXIQUE: Les syndicats et leurs supporters ont protesté cette semaine contre la visite du Président mexicain Felipe Calderon à Washington, D.C. et condamné la répression des syndicats démocratiques au Mexique par son gouvernement.

Plus de 125 membres du syndicat United Steelworkers (USW) de l’Ohio, d’Indiana, de l’Illinois, du Maryland et d’Arizona brandissaient des bannières, des pancartes et lançaient des appels au mégaphone, le 19 mai, sur le trottoir de l’ambassade du Mexique à Washington, D.C., rejoints par 45 autres syndicalistes venus du siège d’AFL-CIO et de supporters.

L’USW et AFL-CIO ont dénoncé à nouveau la campagne menée depuis quatre ans par le gouvernement mexicain pour détruire le syndicat indépendant des mineurs, connu sous le nom de Los Mineros (syndicat national des mineurs et des métallurgistes de la république du Mexique-SNTMMSRM).

Le Président de Los Mineros, Napoleon Gómez Urrutia, a été démis de force de ses fonctions, les biens du syndicat ont été saisis et les grévistes à la mine de Cananea, détenue par le géant minier Grupo México, ont été soumis à une campagne de répression qui se prolonge, et qui a déjà causé la mort de deux personnes et fait de nombreux blessés par l’action des forces armées mexicaines.

Les membres de Los Mineros font grève depuis juillet 2007 à la mine de Cananea en raison des infractions constatées aux conditions de santé et de sécurité et pour d’autres motifs. Le 11 février, un tribunal fédéral a autorisé Grupo México à licencier les grévistes et à mettre fin au contrat de travail. Le gouvernement a menacé d’utiliser la force armée pour reprendre le contrôle de la mine à Cananea.

Gomez a parlé aux manifestants par téléphone mobile relayé par haut-parleur de son exil à Vancouver. Il a dit à la foule: "Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement remporter une victoire sur le droit de Los Mineros au contrat de travail".

Le Président de l’USW Leo Gerard a déclaré: "Nous appelons le gouvernement mexicain à retirer sa menace d’employer la force armée pour déloger les grévistes, et à négocier avec Los Mineros pour résoudre pacifiquement ce conflit".

Dans une lettre en date du 17 mai, le Président d’AFL-CIO Richard Trumka exhorte les dirigeants du Congrès américain à soulever la question des droits des travailleurs et des travailleuses durant la visite de Calderon. "Il est essentiel pour le progrès économique et social dans la région (nord-américaine) que les travailleurs et les travailleuses du Mexique aient la possibilité d’occuper de bons emplois avec des salaires plus élevés leur permettant de subvenir aux besoins de leur famille, et de contribuer au développement réel et durable du Mexique", écrit Trumka.

Des travailleurs de l'automobile licenciés en Indonésie sont indemnisés par décision de justice

INDONÉSIE: Un affilié de la FIOM, le FSPMI, a gagné une grande bataille devant les tribunaux le 14 mai — décision sans précédent dans un conflit du travail — contre l’entreprise PT Kymco Lippo Motor Indonesia, située à Bekasi, Indonésie. Le tribunal spécial régional a statué en faveur du personnel en déclarant l’entreprise en état de cessation de paiement (en faillite) et en ordonnant la mise aux enchères des biens mobiliers et immobiliers, notamment des terrains et des bâtiments, et le paiement des sommes dues aux membres du personnel sur le produit de la vente.

PT Kymco Lippo Motor Indonesia est une coentreprise détenue à 75 pour cent par l’actionnaire majoritaire Kwang Yang Motor Company (Taiwan) et à 25 pour cent par PT Lippo (Indonésie). En octobre 2008, l’entreprise a cessé ses activités, et lock-outé et licencié sans préavis plus de 300 personnes. Les problèmes de l’entreprise proviennent de conflits internes entre actionnaires qui ont affecté les affaires et forcé l’entreprise à fermer ses portes.

Tout en poursuivant la lutte depuis 2008, le FSPMI a également entrepris de lancer une série de batailles juridiques. Les 300 membres du personnel, qui appartiennent au FSPMI, se sont relayés pour veiller chaque jour à la sécurité dans les locaux de l’entreprise, et pour empêcher toute tentative éventuelle de l’actionnaire local ou d’autres créanciers de retirer des biens mobiliers appartenant à l’entreprise.

Said Iqbal, président du FSPMI, éprouvait des sentiments mitigés quant à la possibilité d’une victoire dans les tribunaux. Il disait que même si le FSPMI réussissait à déclarer l’entreprise insolvable et obtenait par ordonnance la possibilité de disposer des biens de l’entreprise, l’actionnaire local pourrait toujours faire appel et engager une procédure devant une juridiction supérieure. Il assurait que le FSPMI se battrait chaque fois.

Iqbal s’attristait de voir que les travailleurs et les travailleuses avaient perdu leur emploi à une époque où l’Indonésie subissait une crise avec un chômage sévère. "Presque tous ces gens qui ont travaillé loyalement dans cette entreprise pendant plus de dix ans ont été mis pratiquement à la poubelle", disait-il avec dégoût. "Toutefois, si la vente des biens de l’entreprise se faisait, les travailleurs et les travailleuses pourraient recevoir le montant des salaires perdus et l’indemnité de licenciement", ajoutait-il. Il admirait le courage et la détermination des gens qui poursuivaient la lutte en dépit de graves difficultés. "Cette décision du tribunal a établi le fait que dans une entreprise, les travailleurs et les travailleuses sont parties prenantes et ne doivent pas être considérés comme des marchandises," a-t-il souligné.

Le FSPMI a également remercié la FIOM pour son appui solidaire et pour avoir appelé l’attention du public sur la situation critique de ces travailleurs et ces travailleuses.

Les syndicats européens de l'automobile appellent Valeo à négocier avec le syndicat coréen de la métallurgie

EUROPE: Plus de 50 délégués syndicaux de 13 pays européens constructeurs automobiles ont appelé l’équipement français Valeo à négocier immédiatement avec les représentants syndicaux sud-coréens des travailleurs de Valeo. Les délégués des principaux syndicats de l’automobile en Europe ont adopté une résolution lors de la réunion du Comité sectoriel de l’automobile de la FEM, qui s’est tenue les 11 et 12 mai 2010 à Séville, afin de montrer leur soutien au syndicat sud-coréen qui demande une solution négociée à leur conflit.

Valeo a informé le syndicat coréen de la métallurgie de la fermeture de l’usine de Cheonan par téléphone le jour même de l’arrêt de la production, et ce sans consultation ou information préalables quant à la fermeture de cette usine. Depuis les travailleurs occupent l’usine et entretiennent les machines dans l’attente du retour de la direction. Démontrant sa volonté de dialoguer, le syndicat coréen de la métallurgie a envoyé une délégation de travailleurs en France, dont le vice-président national de KMWU pour le secteur automobile afin d’être disponible pour des négociations avec Valeo, le syndicat appelle le groupe transnational à respecter les syndicats et à entamer un dialogue en toute bonne foi. 

La résolution adoptée par les principaux syndicats d’Europe dans le secteur automobile est un message clair qu’exclure d’une manière aussi extrême les syndicats de décisions majeures et affectant la vie des travailleurs ne sera pas tolérée.

Victoire des mineurs américains contre Rio Tinto sur l'emploi précaire

ÉTATS-UNIS: "Rio Tinto a tenté de s’attaquer à notre contrat dans 81 domaines pour ne nous laisser que le nom du syndicat. Nous nous sommes défendus et nous nous sommes battus. Avec l’appui des communautés et des travailleurs et des travailleuses partout dans le pays et dans le monde, nous avons pu repousser toutes ces attaques et préserver nos droits", a déclaré Kevin Martz, membre de la section 30 du syndicat International Longshore and Warehouse Union (ILWU).

Martz résume clairement la signification de la lutte qui avait commencé le 31 janvier, quand Rio Tinto avait décidé de lock-outer les 570 mineurs des installations Boron, pour se terminer le 15 mai 2010 par un vote à 75 pour cent en faveur de l’accord préliminaire conclu la veille à une heure du matin.

Le nouvel accord d’une durée de six ans prévoit: ·

D’autre part, l’accord prévoit aussi un préavis d’une semaine des membres du personnel à l’entreprise dans le cas où ils seraient disponibles pour travailler en heures supplémentaires, une réduction des congés de maladie de 14 à 10 jours par an en raison de la possibilité de disposer d’une banque de 200 heures de congé de maladie en plus des 10 jours prévus, et le maintien des pensions de retraite des salariés à leur niveau actuel, bien que de nouveaux plans d’épargne 401(k) financés par l’entreprise soient prévus pour le personnel nouvellement embauché.

Ce nouveau contrat repousse la tentative du géant multimilliardaire de l’exploitation minière et de la transformation des minerais, qui avait exigé pendant neuf mois de la part du personnel des concessions telles que:

Ce combat a été une source d’inspiration pour la solidarité dans le monde entier, depuis la manifestation organisée à l’occasion de l’assemblée des actionnaires de Rio Tinto par le syndicat UNITE affilié à la FIOM et par ses membres à Londres pour l’adoption de la résolution du comité d’entreprise européen de Rio Tinto, jusqu’aux conférences de presse des responsables du comité d’entreprise européen de Rio Tinto à Paris, et également par les membres de syndicats des travailleurs de l’automobile au Québec. Le 17 mal, les 570 membres du personnel de Boron ont commencé à recevoir de nouveau leurs salaires, et à reprendre leur place à leur poste de travail le 18 mai, après le départ de l’usine cette semaine de tous les briseurs de grève.

La FIOM examine la question des réseaux syndicaux dans les STN

MONDE: La FIOM a tenu le 11 et le 12 mai à Genève, Suisse, la première réunion du groupe de travail chargé d’élaborer des lignes directrices relatives à la mise en place de réseaux syndicaux dans les sociétés transnationales (STN). La décision de créer un groupe de travail avait été prise en décembre 2009 par le Comité exécutif de la FIOM. Le mandat initial du groupe de travail porte sur les points suivants:
  1. lignes directrices relatives à la mise en place de réseaux syndicaux, leurs tâches principales, la coordination et les ressources;
  2. rôle des réseaux pour une meilleure utilisation des accords-cadres internationaux (ACI), des instruments de l’OIT et des principes directeurs de l’OCDE pour assurer le respect des droits syndicaux fondamentaux et soutenir la syndicalisation dans les usines sans présence syndicale;
  3. possibilité de poursuivre la réalisation d’accords mondiaux dans des domaines tels que la santé et la sécurité, la formation, l’égalité, l’information, la consultation et les processus de restructuration, sur la base de mandats accordés par les affiliés;
  4. guide et matériel de formation sur la mise en réseau; et
  5. discussion concernant un certain nombre d’entreprises prioritaires dans différents secteurs industriels, y compris le cas échéant sur les chaînes d’approvisionnement.

Des délégué(e)s de Belgique, du Brésil, du Canada, de la République tchèque, d’Allemagne, du Japon, de la Norvège, de Russie, d’Afrique du Sud, du Royaume-Uni et des États-Unis ont pris part à la réunion aux côtés de représentants régionaux de la FIOM en provenance d’Inde et d’Amérique latine. Lors de la réunion, Valter Sanchez de CNM-CUT, Brésil, a été élu président du groupe de travail avec la tâche d’assurer la direction du groupe de travail et de rendre compte des progrès réalisés au Comité exécutif de la FIOM en juin 2010.

Le groupe de travail a pris acte avec satisfaction du projet de texte fourni par le secrétariat. Il le considère comme un bon point de départ pour des discussions. Il est également encourageant de constater que la FIOM souhaite développer plus sérieusement son approche concernant les réseaux dans les STN. La réunion du groupe de travail a permis de mieux se rendre compte des nombreuses différences entre les affiliés de la FIOM et sur le fait qu’il est d’une importance vitale de bien comprendre que nos affiliés ont des systèmes syndicaux différents, des cultures et des expériences également différentes.

La discussion a porté principalement sur deux domaines: d’abord sur le projet de texte en soi, et également sur des questions plus générales. Ces dernières portaient sur la nécessité d’effectuer une nouvelle évaluation des réseaux actuels de la FIOM, de réaliser du matériel de formation et d’éducation, d’avoir une vue réaliste du nombre de réseaux auxquels la FIOM pourrait participer, de rechercher une reconnaissance des entreprises et de la nécessité d’avoir les objectifs mesurables.

L’étape suivante porte sur un résumé des résultats obtenus au cours de la première réunion avec la nouvelle version du projet de lignes directrices qui sera présentée à la prochaine réunion du Comité exécutif en juin. Sur les recommandations du Comité exécutif, le groupe de travail prévoit de poursuivre son activité à distance par des échanges électroniques. La version définitive des lignes directrices sera adoptée à la réunion du Comité exécutif à Genève en décembre 2010.