Les syndicats s'efforcent de chasser Rio Tinto du podium olympique

MONDE: Les syndicats des mineurs et des métallurgistes du monde entier font campagne pour que la multinationale minière Rio Tinto ne fournisse plus l’or, l’argent et le bronze nécessaires à la fabrication des médailles aux Jeux Olympiques de Londres en juin prochain.

Rio Tinto, qui sponsorise les Jeux Olympiques de 2012, fournit 99 pour cent du métal servant à la frappe des médailles olympiques à Londres, ternissant ainsi les Jeux par les pratiques de travail condamnables de l’entreprise.

En protestant à la réunion générale annuelle de Rio Tinto à Londres, Marc Maltais, président de la section 9490 du syndicat United Steelworkers (USW), représentant les salariés lock-outés d’une fonderie de Rio Tinto, a déclaré: "Les athlètes de haut niveau mondial méritent des médailles qui ne soient pas souillées par la brutalité du traitement infligé par Rio Tinto à ses travailleurs et travailleuses et à leurs communautés".

La campagne (http://www.offthepodium.org/) s’est développée avec le soutien de près de 800 métallurgistes canadiens et membres de l’USW victimes d’un lock-out dans une fonderie rentable de Rio Tinto, en raison de leur refus d’accepter un plan qui contient de nouvelles dispositions sur l’insécurité du travail avec une réduction salariale de 50 pour cent.

Les salariés à Alma, Québec, font l’objet d’un lock-out qui les empêche de travailler depuis le 30 décembre, et pendant ce temps, la fonderie est à l’arrêt, a dit Ken Neumann, directeur national canadien de l’USW.

Une campagne de LabourStart a actuellement lieu pour soutenir les travailleurs et travailleuses. Envoyez ici un message au Comité international olympique (CIO) en demandant l’exclusion de Rio Tinto du podium.  

Le lock-out de ces travailleurs et travailleuses au Québec constitue une infraction aux obligations de Rio Tinto de jouer franc-jeu comme le prévoit la Charte olympique, a déclaré Manfred Warda, secrétaire général de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM).

"Rio Tinto voudrait pouvoir se délecter de la gloire des Jeux Olympiques, mais l’entreprise traîne de sombres états de service sur le traitement réservé à son propre personnel", a déclaré Warda.

Une partie de la délégation de l’USW et des représentants de syndicats internationaux ont participé à l’assemblée générale annuelle, comme on peut le voir ici, où ils ont soulevé des questions et contesté la décision de la direction au sujet du lock-out de son personnel.

David Cockroft, secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport, qui était à la manifestation, a dit: "Rio Tinto est l’une des entreprises les plus agressivement antisyndicales dans l’industrie minière. Elle mérite donc faire l’objet d’une surveillance et d’une action continuelles de la part des syndicats et des travailleurs et travailleuses tout le long de sa chaîne d’approvisionnement mondiale.

"À l’assemblée générale annuelle, le directeur général de Rio Tinto, Tom Albanese, a toutefois affirmé que l’entreprise était maintenant prête à négocier avec les syndicats. Il faudra voir s’il peut tenir cette promesse".

Dans le cadre de son soutien à l’action engagée à l’assemblée générale annuelle de Rio Tinto à Londres, Unite a organisé une réunion avec des membres du Parlement ayant de la sympathie pour les syndicats, pour présenter une proposition de loi Early Day Motion destinée à attirer l’attention de leurs collègues au Parlement britannique sur cette question.

Pendant ce temps, des syndicats ont assisté à une conférence internationale minière à Sydney, Australie, du 17 au 19 avril, qui a décidé de lancer une campagne mondiale contre l’entreprise. La conférence mondiale minière de l’ICEM à Sydney a adopté une résolution où il est noté que Rio Tinto, comme beaucoup d’autres sociétés minières transnationales, a enregistré une forte croissance de ses bénéfices, tout en adoptant des pratiques brutales et contraires à l’éthique. Voir ici pour plus de détails.

"Parmi les autres entreprises qui appartiennent à ce puissant courant anti-ouvrier et anti-environnement dans l’industrie minière mondiale, Rio Tinto est la pire", a affirmé Jyrki Raina, secrétaire général de la FIOM.

"Cette campagne contre Rio Tinto en est seulement à son début. Des syndicats du monde entier ont décidé aujourd’hui, à une conférence internationale minière, de lancer une campagne mondiale à long terme contre Rio Tinto et ses pratiques anti-ouvrières et anti-syndicales", a ajouté Raina.

Pour plus de photos sur l’action à Londres, cliquer sur:
http://www.flickr.com/photos/imfmetal/sets/72157629853279091/
et
http://www.flickr.com/photos/itf/sets/72157629852526685/

Les syndicats miniers annoncent une campagne mondiale contre Rio Tinto

AUSTRALIE: Les syndicats miniers internationaux ont déclaré que Rio Tinto sera leur cible principale dans leur campagne mondiale, en raison de l’attitude antisyndicale et anti-ouvrière bien connue de l’entreprise, de ses pratiques insoutenables pour la main-d’œuvre, les communautés et l’environnement du monde.

La Conférence mondiale de l’ICEM sur l’industrie minière, réunissait du 17 au 19 avril 2012 à Sydney, Australie, des syndicats représentant les mineurs sur chaque continent avec un effectif combiné de plus de 50 millions de membres.

La Conférence a approuvé à l’unanimité une résolution qui indique que Rio Tinto, tout comme de nombreuses autres sociétés transnationales minières, a obtenu une forte croissance des bénéfices, tout en appliquant des pratiques brutales et immorales. L’organe syndical mondial a décidé d’engager des moyens dans le but de mener une campagne mondiale contre  Rio Tinto jusqu’aux Jeux Olympiques et au-delà.

La résolution prévoit d’engager un certain nombre d’actions, et notamment:

"Des mineurs continuent de mourir dans les exploitations meurtrières de l’industrie minière qui continue de sacrifier la santé et la sécurité sur l’autel du profit, par les entreprises minières qui s’efforcent de contrecarrer la ratification de la convention 176 de l’OIT",  affirme la résolution, en ajoutant que "le secteur minier continue d’être le lieu d’une lutte sur l’oppression des femmes et la libération, la discrimination continuelle, le harcèlement sexuel et la violence contre les femmes, ainsi que les infractions flagrantes au travail décent, et un signal fort sur les inégalités entre femmes et hommes".

Les participant(e)s à la Conférence se sont engagés à accorder leur soutien total aux nombreuses luttes menées dans l’industrie, et ont juré de s’assurer que les questions soulevées à la réunion resteront ancrées dans l’action

Les protestataires exigent de meilleures conditions de travail et des améliorations dans l'environnement chez Vale

BRÉSIL: Des dirigeants de syndicats et du mouvement social ont utilisé l’occasion présentée par la réunion annuelle des actionnaires de Vale pour protester devant les bureaux de l’entreprise, le 18 avril, en plein centre de Rio de Janeiro. Les protestataires ont exposé des affiches et distribué des tracts au public en expliquant les raisons de la protestation. L’entreprise est championne au monde pour les infractions aux droits de la personne et aux droits du travail, et porte la responsabilité de dommages graves causés à l’environnement au Brésil et dans d’autres pays. La société transnationale brésilienne a reçu, en 2012, le prix Public Eye remis à l’entreprise responsable des plus grands dommages à l’environnement et aux droits de la personne.

CNM/CUT au Brésil et USW au Canada, deux syndicats affiliés à la FIOM, étaient présents à la manifestation. Le secrétaire général de CNM/CUT, João Cayres, qui assistait à un évènement international à Rio, a fait part aux protestataires de la solidarité de sa confédération. "Les Brésiliens ont eu honte quand Vale s’est vu attribuer le prix de la pire entreprise au monde, parce que nous nous battons si durement contre les actions nuisibles des multinationales étrangères, et qu’une entreprise, qui a été la fierté du pays, fait maintenant les mêmes choses", a déclaré Cayres.

Les protestataires ont également dénoncé les accidents du travail qui ont causé la mort de travailleurs et travailleuses. Le plus récent remonte au 11 avril, quand deux travailleurs de Vale en Colombie ont été tués et cinq autres blessés lors de l’écroulement d’une grue. La grue servait au chargement du charbon et était montée sur une plate-forme offshore dans le port de l’entreprise, situé entre Santa Marta et Ciénaga. Rafael Vásquez Vargas, 42 ans, et Luis Cantillo Vargas, 41 ans, ont été les victimes de cet accident du travail. Les blessés qui s’appellent Reiner Alfonso Suárez Rozo, Pedro Bustamante Calderón, Milton Cervantes García, Juan Alberto Pertuz Ballestas, Nadín Enrique González Góngora et Javier Jerónimo, ont été transportés à l’hôpital général de Ciénaga.

La FIOM était également présente aux protestations qui ont eu lieu, le 18 avril, à l’appel des syndicats qui défendent les intérêts des travailleurs et travailleuses de Vale. João Cayres a donné lecture d’une lettre de la FIOM et de l’ICEM destinée à l’entreprise, qui désavoue la conduite de la multinationale brésilienne.

Refus du tribunal de déclarer illégale la grève chez Benteler en Russie

RUSSIE: Le 11 avril, le tribunal régional de Kaluga, Russie, a clos le dossier sur la légalité de la grève chez Benteler, organisée par un affilié de la FIOM, le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA). La réussite d’une grève qui avait eu lieu auparavant chez cet équipementier de Volkswagen avait permis l’ouverture d’une procédure de négociation collective. Mais les négociations sont actuellement au point mort du fait que la direction de Benteler a tenté de forcer le syndicat à signer un accord de non divulgation. Les salariés subissent des pressions pour les obliger à quitter le syndicat.

La grève chez Benteler qui avait duré quatre jours a pris fin avec succès. La première négociation avec la direction a eu lieu le 4 avril et la deuxième le 12 avril. Des représentants du syndicat ont aujourd’hui, 19 avril, de nouveaux entretiens pour la troisième fois avec l’entreprise. Cependant, les discussions sur la négociation d’une convention collective n’ont pas commencé correctement, du fait que la direction a tenté de forcer les syndicalistes à signer un accord de non divulgation, ce qui les empêcherait de communiquer avec les salariés pour les tenir informés des négociations. Le syndicat est prêt à s’opposer à cette décision, a déclaré Alexei Nastin, président du comité syndical de Benteler.

Auparavant, en 2011, la direction de Volkswagen avait déjà tenté de forcer les syndicalistes de l’ITUA à signer le même accord de non divulgation. Le syndicat avait réussi à éviter cela en informant les salariés de la situation et en faisant pression sur la direction.

Toutefois, les négociations avec Volkswagen avaient eu de bons résultats en 2011, l’ITUA réussissant à obtenir une augmentation importante des salaires.

Le 16 avril, le directeur de Benteler, Hubert Koopmann, a été condamné à une amende pour infraction au Code russe du Travail, notamment pour ne pas avoir donné au syndicat un bureau suffisamment grand dans l’usine.

Cependant, la direction continue de discriminer les travailleurs et travailleuses syndiqués. Ainsi, les membres du personnel de Benteler n’ont pas tous reçu une prime versée régulièrement en mars. Néanmoins, ceux qui n’ont pas pris part à la grève ont reçu une prime unique d’un montant important. Aucune prime n’a été versée aux grévistes, et leur salaire de mars a donc été amputé d’environ 20 pour cent par rapport au montant reçu généralement.

“Nous voulons négocier des augmentations salariales, des garanties pour le syndicat et des indemnisations. Nous allons tenir bon pour ces revendications. Nous avons également l’intention d’aboutir à une solution sur la prime de mars pour les grévistes, soit par la négociation soit devant les tribunaux”, a déclaré Alexei Nastin.

“Les salariés sont très surpris de l’attitude de la direction. L’entreprise avait promis que la grève ne donnerait lieu à aucun contrecoup, alors qu’elle organise maintenant des réunions avec des membres du personnel pour les menacer d’une action disciplinaire ou d’une absence de possibilité de promotion s’ils refusent de quitter le syndicat. Il s’agit d’une désinformation du personnel. Et c’est ce qui se passe actuellement”, a ajouté Nastin.

La FIOM va suivre de près l’évolution de la situation chez Benteler et entreprendre une action de solidarité en cas de besoin.

Nouvel accord chez Caterpillar France

FRANCE:  Entamées en décembre 2011 les négociations annuelles obligatoires sur les rémunérations et les conditions de travail pour les salariés de Caterpillar sur les sites de Grenoble et d’Echirolles se sont déroulées dans un climat social assez calme et un contexte économique favorable.  L’accord majoritaire signé entre les syndicats et la direction après quatre mois de négociation prévoit notamment:

Consultés par référendum au terme des négociations, les salariés dans leur majorité se sont prononcés en faveur de  la signature de l’accord. 

L’usine Caterpillar à Grenoble qui fabrique des composants pour les trains de roulements des engins assemblés dans les autres usines du groupe emploie environ 1100 salariés ; celle d’Echirolles près de Grenoble assemble des tracteurs, des chargeuses et des pelles sur pneus et compte environ 1300 personnes.  L’accord qui vient d’être signé est valable pour une année, conformément à la législation sur le droit du travail.

28 avril: Les travailleurs de Gerdau et de Tenaris se souviennent des blessés et des tués au travail

MONDE: Chaque année, le 28 avril, pour la Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail, les travailleurs et travailleuses s’accordent un moment de réflexion sur le nombre de victimes, sur les décès, les blessures et les maladies professionnelles qui surviennent dans le travail.

On estime à 16.400 le nombre de personnes qui mourront au travail en 2012. Cela correspond à 45 décès par jour. En outre, 1.570.000 autres seront diagnostiquées avec une maladie professionnelle non mortelle. Un nombre énorme de personnes, impossible à déterminer avec précision, mais de l’ordre de plusieurs millions, seront blessées au travail.

Les réseaux mondiaux des syndicats de Gerdau et de Tenaris vont distribuer des tracts, le 28 avril, aux travailleurs et travailleuses dans toutes les installations de ces entreprises pour attirer l’attention sur l’importance de la santé et de la sécurité au travail.

Les syndicats vont rappeler à la direction de ces entreprises qu’il n’y a pas de solution simple et magique à appliquer rapidement. À l’inverse, la santé et la sécurité au travail exigent un dur labeur et une coordination des efforts par les syndicats et la direction des entreprises pour améliorer continuellement les conditions de travail dans leurs usines.

Le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau et le Conseil mondial des travailleurs de Tenaris lancent un appel aux deux entreprises pour qu’elles s’engagent dans la création de comités internationaux paritaires de santé et de sécurité avec les syndicats appartenant à ces conseils.

Un nouveau film sur l'héritage des frères Reuther

ÉTATS-UNIS: Brothers On The Line explore l’héritage des frères Reuther — Walter, Roy et Victor. Ils ont fait un travail de pionniers comme organisateurs syndicaux avant de devenir des hommes d’État concernés par la justice sociale, et de grands dirigeants du syndicat United Auto Workers (UAW). Le 5 mai 2012, Brothers On The Line sera présenté au Workers Unite Film Festival à New York. Pour tout renseignement complémentaire sur le prix des places et les horaires des projections: http://workersunitefilmfestival.tix.com/Event.aspx?EventCode=467120.     

Réalisé par Sasha Reuther, petit-fils de Victor, et commenté par Martin Sheen, le film suit la vie des frères depuis l’époque où ils étaient organisateurs syndicaux dans leur atelier à Detroit dans les années 1930, jusqu’au moment où, devenus dirigeants syndicaux, ils étaient concernés par la négociation collective, les droits civiques et la solidarité syndicale internationale.

Brothers On The Line combine des séquences filmées tirées des archives de l’UAW, des photos personnelles et des interviews originales avec des personnalités syndicales et politiques et des défenseurs des droits civiques. Il s’agit de l’histoire, toujours actuelle, de la quête d’une famille pour amener la démocratie américaine à se montrer à la hauteur de sa promesse égalitaire.

Fellesforbundet réalise un accord en Norvège

NORVÈGE:  Douze longues heures de négociation entre Fellesforbundet et son homologue patronal, Norsk Industri, ont permis d’obtenir la signature d’une nouvelle convention collective le 15 avril2012.

Cet accord constitue une réussite remarquable du fait que des conséquences politiques s’ajoutent aux résultats obtenus en matière économique.

Fellesforbundet a réussi à obtenir les améliorations suivantes pour ses membres:

Le nouvel accord, valable pour deux ans, sera soumis au vote des membres. La date limite est fixée au 10 mai 2012.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC) félicitent Fellesforbundet pour cette nouvelle réussite dans la protection des droits de ses membres. La condition référentielle d’un traitement identique du personnel temporaire et permanent mérite une attention spéciale et met en exergue la façon dont la lutte contre le développement de l’emploi précaire peut être menée au plan national.

Les organes exécutifs des trois fédérations syndicales internationales ont pris conjointement, à leur dernière réunion à Genève, en février 2012, la décision de faire de la lutte contre l’emploi précaire, l’une des principales priorités de la nouvelle organisation syndicale IndustriALL Global Union, qui sera créée en juin 2012.

La FIOM exige la réintégration de 204 travailleurs licenciés chez un équipementier en Indonésie

INDONÉSIE: La FIOM a exigé la réintégration de 204 personnes chez l’équipementier PT. Surya Gemilang Perkasa en Indonésie, licenciées pour avoir fait grève légitimement le 27 mars, après que l’entreprise eut refusé d’exécuter une ordonnance du tribunal pour octroyer le statut d’emploi permanent. Surya Gemilang Perkasa assure la fourniture de composants de motocycles à Honda, Kawasaki et autres marques de motocyclettes.
Selon Lomenik, affilié indonésien de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, les travailleurs et travailleuses de PT. Surya Gemilang Perkasa ont commencé à se syndiquer en rejoignant le syndicat de FKUI KSBSI au milieu de 2011.

Le syndicat de FKUI KSBSI présent dans l’usine a été enregistré le 1er novembre 2011 au ministère du Travail, district de Bogor. Peu de temps après, le 7 décembre 2011, la direction a licencié M. Roberto Pardede, président de FKUI KSBSI, en donnant comme raison que son contrat de travail avait pris fin et que l’entreprise ne voulait pas le renouveler. La direction a également transféré M. Suhardi, vice-président de FKUI KSBSI, dans une autre usine d’un autre district, sans raison valable.

Une négociation tripartite facilitée par le ministère du Travail, district de Bogor, a recommandé de donner aux travailleurs et travailleuses le droit à un emploi permanent avec un contrat de travail à durée indéterminée (connu sous le nom de PKWTT), mais l’entreprise n’a pas appliqué cette recommandation. Dans cette situation, les salariés ont décidé de faire grève légitimement le 27 mars 2012. C’est alors que l’entreprise a licencié illégalement les 204 personnes qui avaient pris part à cette grève légale, dont les 15 membres du bureau de FKUI KSBSI.

La FIOM a écrit à l’entreprise pour exiger la réintégration des 204 grévistes licenciés, y compris la direction du syndicat.

"La décision de licencier illégalement les 204 personnes qui ont pris part à cette grève constitue une infraction aux normes de travail reconnues au plan international, et compromet les relations de travail à un moment où votre entreprise devrait s’efforcer d’établir des relations industrielles harmonieuses et mutuellement avantageuses", écrit Jyrki Raina, secrétaire général de la FIOM.

"Nous vous demandons instamment de réintégrer immédiatement les 204 personnes licenciées, de respecter le droit des travailleurs et travailleuses à la liberté syndicale et à la négociation collective, et d’entamer immédiatement et de bonne foi des négociations avec le FKUI KSBSI", a-t-il ajouté.

Holcim Cement montrée du doigt en Suisse pour des violations des droits des travailleurs en Inde

INDE: Le PCSS, ainsi que le syndicat suisse UNIA, l’organisation de défense des droits de l’homme suisse MultiWatch, l’organisation de solidarité Solifonds, l’ICEM et l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) ont suscité une vive émotion dans les médias et mené une action de sensibilisation par divers canaux.

Les détails de cette affaire sont choquants et on y trouve les pires exemples de violations des droits des travailleurs commises partout dans le monde, s’agissant en particulier de la tendance générale à externaliser et à favoriser les relations d’emploi précaires, que le capital voit comme un moyen de diminuer ses responsabilités envers les travailleurs.

Holcim a investi dans l’industrie cimentière indienne en 2005, lorsque le gouvernement indien ouvrit les ressources du pays aux investisseurs étrangers. Depuis longtemps, les deux filiales de Holcim, ACC Jamul et Ambuja Cement, sont connues pour leurs violations des droits des travailleurs et, jusqu’à présent, Holcim n’a rien fait pour y remédier. Au contraire, la firme suisse a fait augmenter la proportion de travailleurs contractuels qui représentent maintenant 80% du personnel de l’entreprise.

Le PCSS représente les travailleurs contractuels de deux sites d’exploitation de Holcim, qui est le premier producteur de ciment en Inde. Les travailleurs contractuels sont protégés par la législation indienne et par une convention sectorielle qui interdit de les affecter aux activités de production de base et oblige de les payer au même taux que les travailleurs permanents.

Holcim India ne respecte pas ces dispositions et emploie à la fois des travailleurs contractuels et permanents à la production, mais les contractuels n’ont pas d’équipement de protection adéquat et ne reçoivent qu’un tiers du salaire de leurs collègues permanents. Leurs primes sont aussi réduites, tout comme leurs droits en matière de syndicalisation et de négociation collective.  

Les travailleurs contractuels de Holcim India ont été réprimés pour avoir tenté de s’organiser dans le syndicat démocratique PCSS, et aussi pour avoir informé la direction mondiale de Holcim des violations commises à leur égard. En fait, la majorité des membres du PCSS de Holcim sont maintenant privés de travail en raison de leur affiliation syndicale.

Les pressions venues du monde entier ont forcé Holcim à prêter attention à ces violations mais, lorsque le directeur de Holcim, Paul Hugentobler, a récemment visité ACC Jamul, les travailleurs contractuels avaient été évacués et leurs représentants avaient reçu l’interdiction de le rencontrer. Seuls participaient aux réunions des représentants du syndicat jaune OP Banchore.

La Cour suprême de Chhattisgarh a statué en faveur du PCSS et enjoint à l’entreprise de donner des contrats permanents à ces temporaires, dont certains sont employés sur la base de contrats temporaires reconduits depuis plus de 20 ans. Holcim India est allée jusqu’à contester l’arrêt de la justice indienne et à investir des sommes importantes dans des recours.

La semaine dernière, le PCSS, appuyé par l’ICEM, a eu une entrevue avec le Point de contact national de l’OCDE en Suisse dans le cadre de la procédure de plaintes pour violations des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales.

Il a été reçu, le 13 avril, à l’OIT où la description des violations commises en Inde a suscité de vives préoccupations et des propositions quant à une action éventuelle.