Mise à jour sur les travailleurs de Tenaris

MONDE: Après la 3ème réunion internationale du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris au Brésil en novembre dernier (http://www.imfmetal.org/index.cfm?id=622&l=2&cid=24840) à laquelle participaient plus de vingt syndicalistes représentant les travailleurs et travailleuses de six pays, le syndicat en Argentine a négocié un nouveau système permanent de participation aux bénéfices à l’usine de Campana qui prévoit la répartition de 4,5 pour cent des bénéfices annuels de Tenaris entre les travailleurs et travailleuses représentés par le syndicat et couverts par la convention collective.

Le montant total est à répartir entre les personnes employées à plein temps et le personnel contractuel. Dans le cas où Tenaris déciderait de faire profiter les salariés non syndiqués de ce système de répartition des bénéfices, l’entreprise devrait utiliser des fonds provenant d’une autre source. Trois petites usines en Argentine situées à Villa Constitución, Valentín Alsina et San Juan ne disposent pas du même système de participation aux bénéfices.

Bien que Tenaris soit la deuxième entreprise la plus rentable à Cartagena, Colombie, elle refuse toujours de négocier une convention collective avec ses salariés. Jairo del Rio, président de SINTRATUCAR, (se référer au portrait publié dans Metal World en cliquant ici: http://www.imfmetal.org/index.cfm?c=24691) a eu un entretien en décembre avec le vice-président colombien pour demander l’intervention du gouvernement dans le processus de négociation. Le syndicat en Colombie n’a pas assisté à la fête de fin d’année offerte par Tenaris.

En décembre, alors que Tenaris avait sa fête de fin d’année dans l’Ontario à laquelle participait le directeur général de Tenaris Paolo Rocca, United Steel Workers (USW) au Canada avait demandé un entretien avec lui. La direction a demandé au conseil d’administration du syndicat la raison de cette rencontre. L’USW a exprimé son intérêt d’examiner les questions locales et la reconnaissance du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris. Au cours d’une heure d’entretien, la direction locale avait résolu bon nombre de questions locales en suspens, mais sans parler du Conseil mondial des travailleurs. À la fin de la réunion il fut demandé aux représentants de l’USW: "Venez-vous maintenant à la fête?" La réponse de l’USW fut la suivante: "Si nous pouvons rencontrer Paolo Rocca, nous allons à la fête". Ils n’ont pas assisté à la fête.

Inquiétude des syndicats sur la politique d'infractions menée par ArcelorMittal

ROYAUME-UNI/MONDE: Au cours de la réunion, les syndicalistes ont fait état de leurs préoccupations concernant la décision de l’entreprise d’appliquer une politique qui contrevient à la sécurité. Les syndicats présents ont signalé qu’ils pensaient que les travailleurs et travailleuses devaient être considérés comme partie de la solution aux problèmes de sécurité et non comme étant eux-mêmes le problème.

Les syndicalistes présents ont informé la direction que l’identification des dangers et les corrections à y apporter sous-entendent que les travailleurs et travailleuses puissent rendre compte sans crainte des accidents évités de justesse qui constituent un risque potentiel en cas d’application arbitraire de la politique sans le moindre dialogue et consentement des représentants syndicaux au niveau local et des comités paritaires de sécurité.

Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM et président du Comité mondial paritaire de santé et de sécurité a déclaré: "Bien que le Comité n’ait pas pour mandat de négocier des politiques ou des accords, il a la responsabilité de parler franchement s’il estime qu’une stratégie de la direction est mauvaise, et c’est pourquoi le Comité fait état de ses préoccupations concernant cette question et de la nécessité de trouver une solution".

Le Comité a également examiné les résultats de 2010 qui montrent une légère augmentation du nombre de décès depuis 2009. Toutefois, depuis la signature de l’accord par le Comité, les taux ont chuté de plus de 50 pour cent. Le Comité prévoit également de publier une étude détaillée au second semestre de 2011 concernant l’ensemble des activités à ce jour. La prochaine réunion du Comité mondial paritaire de santé et de sécurité aura lieu du 1er au 3 mars 2011 en Argentine.

Syndicalisation des travailleurs de l'usine de pièces détachées automobiles "Yura"

RUSSIE: Au cours des deux derniers mois de 2010, environ 200 travailleurs et travailleuses ont rejoint le syndicat nouvellement formé. L’entreprise sud-coréenne qui fournit des câblages au constructeur automobile Hyundai à Saint Pétersbourg, emploie environ 750 travailleurs et travailleuses de Ivangorod, Kingisepp, Slantsy et de l’Estonie voisine. Victor Makhno, contrôleur de la qualité, a été élu président de cette organisation de base.

L’usine "Yura" a été ouverte en janvier 2010 sur la base de l’entreprise en déclin "Lenpoligraphmash" qui était le moteur de l’économie de la ville. La décision des salariés de créer un syndicat est due aux bas salaires qui tournent actuellement autour de 11-12.000 roubles (280-300 USD), y compris les primes, ce qui occasionne de nombreux problèmes pour les conditions de vie et de travail des salariés, sans compter le comportement incorrect des cadres et le non-respect de nombreuses normes de la législation russe du travail.

L’ITUA a averti les syndicats sud-coréens de l’établissement d’une nouvelle section syndicale. L’année dernière, le 12 décembre, Alexei Etamonv, président de l’ITUA, a rencontré les travailleurs et travailleuses de Yura à Ivangorod. Le syndicat espère avoir une coopération constructive entre leur nouvelle section et la direction pour aborder tous les problèmes en suspens.

La FIOM appelle l'attention sur la situation des mineurs mexicains à une réunion de l'OIT

CHILI: Des représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs de plus de 30 pays du continent américain se sont réunis à Santiago, Chili, pour la 17ème réunion régionale américaine de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui a pris fin le 17 décembre 2010 par un appel pour un effort plus grand de promotion de l’Agenda pour le travail décent sur le continent.

Les délégués ont lancé un appel pour assurer la promotion de l’Agenda pour le travail décent, le respect de la liberté syndicale et de la négociation collective, la ratification de la Convention 102 de l’OIT sur la sécurité sociale, une économie compétitive qui s’accompagne d’une cohésion sociale, les droits fondamentaux du travail et l’institutionnalisation du marché du travail.

Jorge Almeida, représentant régional de la FIOM, a appelé l’attention sur trois questions à la réunion: l’insécurité de l’emploi, la liberté syndicale et la négociation collective. Il a proposé:
  1. Une harmonisation des principes directeurs de l’OCDE avec la déclaration tripartite de l’OIT, de manière à prendre en compte les conventions mentionnées dans le document de l’OIT.
  2. Une augmentation du soutien technique et de la coopération de l’OIT pour des études sectorielles destinées à permettre le renforcement de la négociation collective à l’échelon national et international au niveau du secteur (ACI).
  3. Il a noté l’absence de toute étude sur les nouvelles formes d’organisation des STN, notamment l’impact des nouvelles méthodes de production sur l’insécurité de l’emploi (par exemple, l’externalisation) et l’absence de conformité à la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale (par exemple, Grupo Mexico et le syndicat national mexicain des mineurs).

"Nous avons la possibilité de produire un document consensuel couvrant les quatre prochaines années, une période au cours de laquelle il y aura des possibilités de travail décent sur le continent américain. Si nous rations cette occasion en permettant une détérioration des conditions de travail, nous nous engagerions sur la voie d’une insécurité de l’emploi, d’une exploitation et de conflits", a affirmé Almeida.

Il a ajouté que la liberté syndicale doit être préservée en tant que valeur absolue de la démocratie syndicale, et que des organisations libres, indépendantes et démocratiques ne doivent jamais renoncer à leur droit à la liberté syndicale. Il a ajouté que la négociation collective doit être considérée comme un instrument essentiel de régulation des relations de travail, pour résoudre les problèmes rencontrés sur le lieu de travail et assurer le partage des bénéfices du travail. Son impact se fait sentir bien au delà du lieu de travail et permet de modifier les conditions de vie et les perspectives de développement des collectivités. C’est pourquoi nous ne devons pas l’ignorer.

Il a également souligné la situation des mineurs mexicains, en ajoutant que beaucoup d’entreprises ne font absolument aucun investissement dans la santé et la sécurité sur le lieu de travail et enfreignent la liberté syndicale, comme c’est le cas "par exemple, avec Grupo Mexico, quand le 19 février, cinq années auront passées depuis l’homicide industriel à la mine de Pasta de Conchos, où les corps de 63 travailleurs n’ont toujours pas été remontés à la surface", a déclaré Almeida. Il a ajouté que le gouvernement mexicain et Grupo Mexico enfreignent l’autonomie syndicale du syndicat national mexicain des mineurs, tout comme la législation mexicaine qui empêche la liberté syndicale.

Il a signalé que la FIOM avait présenté deux plaintes à l’OIT: la première en 2006 sur l’attitude antisyndicale de Grupo Mexico concernant le syndicat des mineurs, et la seconde en 2009 sur les contrats de protection et les procédures officielles (toma de nota) qui restreignent la liberté syndicale. La seconde plainte demandait à l’OIT de mettre en demeure le gouvernement mexicain de prendre les mesures nécessaires pour intégrer la Convention 87 de l’OIT dans la législation nationale et encourager des relations de travail démocratiques.

 

Arrestation de militants syndicaux après les élections en Biélorussie

BIÉLORUSSIE: Les élections présidentielles qui ont eu lieu le 19 décembre en Biélorussie, ont été remportées pour la quatrième fois par Alexandre Lukachenko. Des militants des affiliés biélorusses de la FIOM, le syndicat de l’industrie de la radio (REP) et le syndicat libre des métallurgistes (SPM) qui ont participé au déroulement du scrutin en qualité d’observateurs, ont signalé de nombreuses infractions.

Dans la même soirée, les manifestations massives qui se déroulaient à Minsk ont été brutalement réprimées par la police anti-émeute. Le président du syndicat libre de Biélorussie (UPB), Michael Kavalkou, le militant du syndicat libre biélorusse SPB, Alex Kovun, le militant du SPM, Vladimir Sergeev, et un militant du REP, Alexander Tysevich, ont été arrêtés.

"Nous sommes indignés par l’usage d’une force excessive contre des manifestants qui défilent dans le calme. Il est inexcusable que les forces de sécurité attaquent et matraquent des gens sans armes et des candidats à la présidentielle", peut-on lire dans le communiqué du REP.

"Les membres du conseil et les simples adhérent(e)s du SPM sont indignés par la brutalité de la répression par les autorités d’une action de citoyens et de citoyennes se déroulant dans le calme pour défendre seulement leur droit constitutionnel de liberté d’expression. Ils exigent l’ouverture d’une enquête sur des actes d’une brutalité inappropriée des forces de sécurité contre des manifestants qui défilaient dans le calme", déclare le SPM.

Le 22 décembre, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie a écrit à Lukachenko pour lui demander de relâcher immédiatement les militants syndicaux arrêtés.

"Votre régime a une fois de plus démontré son caractère antidémocratique et son mépris total des droits et libertés fondamentaux de ses citoyens et citoyennes, lesquels sont pourtant gravés dans la Constitution biélorusse, y compris le droit d’exprimer publiquement une opinion concernant le déroulement et le résultat d’une élection".

"Nous exigeons la mise en liberté immédiate de toutes les personnes détenues, et une enquête publique sur les incidents. Nous devons nous assurer que l’Union européenne et l’Organisation internationale du Travail (OIT) prennent connaissance de ces attaques scandaleuses qui ont été largement rapportées par les médias en Europe" indique-t-on dans la lettre de la FIOM.
Les documents suivants ont publiés sur le site de la FIOM:

MISE À JOUR: À la date du 12 janvier 2011, tous les militants mentionnés ci-dessus avaient été relâchés, mais la répression se poursuit contre les membres des équipes des candidats de l’opposition et les candidats eux-mêmes.



Un Noël au goût amer pour les travailleurs mexicains

MEXIQUE: Ces jours-ci, beaucoup d’entre nous se préparent à célébrer le congé de Noël en échangeant des cadeaux avec nos parents, collègues et amis. Les travailleurs et travailleuses du Mexique ne sont pas différents, mais Noël a cette année un goût amer pour beaucoup d’entre eux.

Nous vous demandons de sacrifier quelques minutes avant de partir en congé, pour faire savoir à ces travailleurs et travailleuses que nous soutenons leur lutte et dénonçons les infractions à leurs droits du travail et de la personne!

Les travailleurs et travailleuses de l’usine mexicaine Honda à El Salto, Jalisco, qui produit des 4×4 CRV principalement pour le marché américain, se sont opposés pendant des années à l’hostilité de l’entreprise, à un syndicat corrompu et un gouvernement servile. Ils ont décidé en 2009 de créer leur propre syndicat indépendant, le syndicat unifié des travailleurs de Honda.  La direction soutenue par le ‘syndicat de protection’ Central de Trabajadores de México (CTM), a répliqué immédiatement par des actions répressives et du harcèlement. Cette année, les travailleurs et travailleuses ont commencé à constituer un véritable syndicat pour défendre leurs droits, et ont élu un comité exécutif pour leur syndicat. Cependant, les autorités locales et fédérales, sous la pression de Honda, ont systématiquement rejeté sous n’importe quel prétexte la reconnaissance du syndicat démocratique. Ce mois-ci, le syndicat a porté la bataille dans l’arène publique en dénonçant les infractions à leurs droits. En représailles, la direction a mis à la porte le 20 décembre plusieurs militants syndicaux, dont José Luis Solorio, secrétaire général du nouveau syndicat indépendant. Les travailleurs et travailleuses de Honda font face à la répression et ont besoin de toute urgence de notre soutien solidaire international.

Pour plus de détails sur cette lutte et savoir où protester par lettre, cliquer sur ce lien: http://www.labornotes.org/2010/12/honda-workers-mexico-face-repression-firings

Dès l’annonce de la création d’un nouveau syndicat, la direction de la mine "La Platosa" située à La Sierrita, Durango, qui appartient à l’entreprise canadienne Excellon Resources Inc., a mené une dure campagne antisyndicale contre les nouveaux membres. En novembre dernier, 100 travailleurs sur un effectif de 123 ont décidé de constituer la section syndicale 309 et de rejoindre le syndicat mexicain des mineurs – Los Mineros/SNTMMSRM – affilié à la FIOM. Le 13 décembre, Jorge Mora, dirigeant syndical local élu légitimement, a été licencié pour des raisons fallacieuses, et des pressions sont exercées sur des collègues de travail que l’on tente de corrompre pour signer des lettres indiquant leur désintérêt pour le nouveau syndicat. Plusieurs travailleurs qui ont refusé les pressions et les pots-de-vin de la direction ont déjà été menacés et sanctionnés. Nous craignons une répression et des tentatives d’intimidation des travailleurs et travailleuses de plus en plus fortes par la direction.

Pour savoir où les lettres de protestation doivent être envoyées, cliquer sur: http://www.prodesc.org.mx/wp-content/uploads/2010/12/URGENT_ACTION_Excellon.pdf.

La dernière affaire signalée concerne la mise à sac du bureau du centre de soutien aux travailleurs (Centro de Apoyo al Trabajador – CAT) une ONG de défense des droits syndicaux qui a soutenu les travailleurs et travailleuses et les campagnes de syndicalisation de Los Mineros à Puebla. Au cours de la nuit du 20 décembre, le bureau a été cambriolé et vandalisé, des menaces ont été peintes sur les murs, des archives sur l’historique des campagnes et des revendications des droits de la personne et des droits syndicaux des organisations ont été volées, ainsi que du matériel électronique et informatique. Les membres du CAT ont appelé la police municipale qui n’a pas daigné répondre.

Ce n’est pas la première fois que des militants du CAT et leurs conseillers sont l’objet d’attaques et de tentatives d’intimidation. Voir pour cela: http://www.imfmetal.org/index.cfm?c=23788&l=5 .  À plusieurs reprises, quand des membres ont été menacés et roués de coups, on a eu la preuve manifeste que les ‘syndicats de protection’ CROM et COS présents dans les usines de Johnson Controls à Puebla avaient organisé ces agressions avec la complicité manifeste de l’entreprise.

Pour obtenir plus d’informations ainsi que les adresses, cliquer sur le lien suivant du site de PRODESC: http://www.prodesc.org.mx/wp-content/uploads/2010/12/URGENT_ACTION-CAT-21-DIC.pdf.

Les infractions continuelles du gouvernement et du patronat mexicains à la liberté syndicale doivent cesser.

En février 2011, quatre fédérations syndicales internationales, la FIOM, l’ICEM, la FIOT et UNI, demanderont à tous les affiliés d’engager une action entre le 14 et le 19 février, aussi près que possible de la date du cinquième anniversaire de la tragédie de Pasta de Conchos qui eut lieu le 19 février 2006 et a coûté la vie à 65 mineurs. Au cours des semaines à venir, des documents d’information, des tracts, des textes revendicatifs et des dossiers de presse seront disponibles sur le site de la FIOM: http://www.imfmetal.org/mexico2011.

 

Les travailleurs de la construction navale ont besoin d'une situation équilibrée pour obtenir des emplois durables

CORÉE: Le groupe d’action de la FIOM sur la construction navale s’est réuni les 13-14 décembre 2010 à Séoul, à l’invitation de l’affilié de la FIOM, la fédération coréenne des métallurgistes (KMWU). Vingt-deux syndicalistes du Danemark, de Finlande, d’Allemagne, de l’Inde, du Japon, de la république de Corée, des États-Unis et de France participaient à la réunion, ainsi que deux conférenciers, pour débattre activement des points suivants inscrits à l’ordre du jour:
À la suite de la crise financière mondiale, les résultats économiques et l’emploi dans l’industrie de la construction navale ont énormément chuté, et l’industrie a besoin de retrouver un bon équilibre pour rétablir une base industrielle viable. La réunion a porté principalement sur les points suivants sur lesquels des opinions ont été partagées:

De nombreux accidents mortels se produisent encore partout dans le monde dans ces secteurs, notamment en Turquie (dans la construction navale et la démolition des navires) et dans la région d’Asie du Sud (dans la démolition des navires). Le groupe d’action a confirmé que la FIOM continuera de promouvoir les questions relatives à la santé et la sécurité au travail, ainsi que les activités de syndicalisation dans la région. Toutes les personnes ayant pris part à la réunion ont décidé d’organiser un évènement ou un séminaire pour promouvoir la santé et la sécurité au travail, ainsi que les emplois "verts"  dans ces secteurs, au Congrès mondial sur la santé et la sécurité au travail qui se déroulera du 11 au 15 septembre 2011 à Istanbul, Turquie, conjointement à la prochaine réunion de la FIOM sur la construction navale et la démolition des navires.

Pour donner plus d’efficacité et de force aux activités sectorielles dans la construction navale et la démolition des navires, la FIOM effectuera en 2011 des travaux de recherche sur la santé et la sécurité au travail, les conditions de travail, les structures syndicales, le marché mondial, les emplois "verts" et les techniques "vertes", les politiques syndicales et autres sujets.

Le groupe d’action effectuera une visite le 15 décembre chez DSME (construction navale et ingénierie maritime Daewoo), un des plus gros chantiers navals en Corée, où il aura des entretiens avec des dirigeants syndicaux pour connaître les nouveaux enjeux concernant la main-d’œuvre en sous-traitance sur le chantier.

Gomez Urrutia déclaré non coupable de blanchiment d'argent

MEXIQUE: Un tribunal fédéral a acquitté définitivement le 15 décembre Napoleon Gomez Urrutia de l’accusation de blanchiment d’argent portée contre lui par les services du Procureur général.

La ‘Jornada’ du Mexique signale l’impossibilité pour les procureurs fédéraux de faire appel à la décision du Premier tribunal collégial d’assises, basé à Mexico, de sorte qu’une fois la décision notifiée aux fonctionnaires du ministère, l’agence doit rejeter l’accusation.

Plusieurs procureurs du pays avaient porté huit chefs d’accusation contre Gomez Urrutia au cours des quatre dernières années, dont un seul reste maintenant en vigueur. De ce fait Gomez Urrutia fait toujours face à un mandat d’arrêt pour un prétendu délit bancaire.

Depuis 2006, le gouvernement mexicain a systématiquement et régulièrement enfreint la législation mexicaine et les normes internationales dans le but d’écraser le syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM). Gomez Urrutia, le secrétaire général du syndicat, élu démocratiquement, a été forcé de diriger le syndicat depuis son exil au Canada du fait que le gouvernement mexicain continue de lancer de fausses accusations contre lui.

En février 2011, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) et la Fédération internationale UNI lanceront une action commune dans le monde entier pour exiger que le gouvernement mexicain mette fin à ses infractions au droit à la liberté syndicale.

Pour vous joindre à cette action et en savoir plus, cliquer sur: www.imfmetal.org/mexico2011.

Le KMWU entame des négociations avec Hyundai sur les travailleurs précaires

CORÉE: La première série de négociations entre le syndicat coréen des métallurgistes (Korean Metal Workers’ Union – KMWU) et Hyundai Motor a eu lieu le 14 décembre, à la suite de la décision prise par les titulaires d’un emploi non régulier de mettre fin à un mois de grève sur le tas le 9 décembre et d’engager des négociations avec l’entreprise.

Les travailleurs et travailleuses employés en sous-traitance interne dans l’usine de Hyundai Motor à Ulsan avaient déclenché une grève sur le tas le 15 novembre en raison de l’arrêt du contrat qui liait le sous-traitant interne Dongsung Industries à l’entreprise. Bénéficiant du soutien de travailleurs et travailleuses précaires d’autres usines Hyundai qui avaient déclenché une grève de solidarité, trois revendications principales conformes à la décision prise par la Cour suprême le 22 juillet ont été présentées. Elles stipulent:

Les travailleurs et travailleuses avaient perdu leur emploi en raison de l’arrêt, le 14 octobre, du contrat qui liait le sous-traitant à Hyundai Motor, ce qui a entraîné le licenciement du personnel le 12 novembre. Hyundai Motor insistait sur le fait que ces travailleurs et travailleuses pourraient seulement être réembauchés par la nouvelle entreprise sous-traitante que s’ils renonçaient à leur adhésion au KMWU.

On estime que la grève a coûté 315 milliards de won à Hyundai (277 millions d’USD) en pertes de production, et a provoqué le niveau de vente le plus mauvais en novembre parmi les constructeurs automobiles coréens.

Le KMWU a présenté quatre revendications à la suite de la grève:

  1. renoncer aux actions pénales et civiles contre les grévistes et convenir des frais d’hospitalisation des grévistes qui ont été blessés (environ 120 personnes ont été blessées avec par exemple des côtes enfoncées lors des attaques d’hommes de main);
  2. garantir un emploi aux travailleurs et travailleuses en sous-traitance qui ont fait grève aux usines de Ulsan, Jeonju et Asan;
  3. garantir la sécurité des dirigeants de la grève; et
  4. accepter un cadre de négociation pour la régularisation des travailleurs et travailleuses victimes d’une affectation illégale déguisée en sous-traitance.

Au cours de la première série de négociations, la direction nationale du KMWU, la direction de la section syndicale locale de Hyundai et la direction de la section syndicale représentant les personnes occupant un emploi non régulier, ont accepté avec le directeur général de Hyundai Motor et un représentant de tous les sous-traitants de Hyundai, un calendrier de négociation d’une réunion par semaine, la prochaine réunion ayant lieu le 20 décembre 2010.

Le gouvernement coréen a décerné des mandats d’amener contre 16 dirigeants syndicaux de l’usine de Ulsan et 5 dirigeants syndicaux de l’usine de Jeonju en raison de leur position durant la grève.  Les dirigeants syndicaux ont dressé une tente de protestation à l’intérieur des murs de l’entreprise près du bureau de la section syndicale du KMWU car l’une des conditions préalables à la négociation concerne l’accord passé avec Hyundai Motor qui garantit la sécurité sur les lieux de l’entreprise des dirigeants syndicaux recherchés.

Les mandats d’amener résultent des accusations portées par Hyundai Motor contre les grévistes, et selon certains renseignements, l’entreprise aurait porté lundi de nouvelles accusations contre des dirigeants de la grève lors de l’action revendicative à l’usine d’Asan.  

Le 16 décembre, la Haute Cour de Séoul a tenu sa première audience sur cette affaire. Il s’agissait de déterminer si, en dépit de leur affectation illégale, les travailleurs et travailleuses devaient être considérés comme étant directement employés par Hyundai après avoir occupé leur emploi dans l’usine pendant plus de deux années consécutives. Après quoi l’affaire a été renvoyée au tribunal à la suite de la décision prise en juillet 2010 par la Cour suprême. Le KMWU prévoit que la Haute Cour rendra une décision finale en janvier sur cette affaire.

Dans le même temps, des manifestations silencieuses à la lueur de bougies et autres formes de protestation contre l’entreprise se poursuivent alors que les travailleurs et travailleuses précaires continuent de lutter pour obtenir leur reconnaissance en tant que main-d’œuvre permanente de Hyundai Motor détentrice de droits syndicaux.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie surveille de près la situation et appuie les actions des syndicats affiliés visant à apporter un soutien solidaire, comme c’est le cas avec la protestation de l’UAW organisée le 6 décembre devant le Centre technique Hyundai-Kia America à Detroit.

Tous les travailleurs de Sinter Metal sont maintenant réintégrés par ordre du tribunal

TURQUIE: Les travailleurs restants de Sinter Metal qui avaient été licenciés en décembre 2008 ont obtenu leur réintégration dans l’affaire qui était jugée le 15 décembre 2010, et qui faisait suite à une décision identique du même tribunal concernant un autre groupe de travailleurs de Sinter Metal qui avait été prise deux jours plus tôt.

Une action en justice avait été intentée par les travailleurs de Sinter Metal et leur syndicat Birlesik Metal-Is immédiatement après leur  licenciement en décembre 2008. Le tribunal a décidé que les travailleurs n’avaient pas été licenciés pour "raison économique" comme l’affirmait l’entreprise, mais pour leur adhésion au syndicat. Le tribunal a ordonné à Sinter Metal de réintégrer les travailleurs, faute de quoi ils auraient droit à une indemnité correspondant à 12 mois de salaire et 4 mois supplémentaires pour couvrir le processus de jugement.

Plus tard le 15 décembre, Birlesik Metal-Is a organisé un défilé pour célébrer la décision de réintégration. Les travailleurs et travailleuses ont marché de l’entrée A de la zone industrielle syndicalisée Dudullu jusqu’à l’entreprise. Le président de Birlesik Metal-Is, M. Adnan Serdaroglu, et le président de DISK, M. Suleyman Celebi, ont prononcé des discours devant les portes de l’entreprise. Ils ont demandé à l’employeur d’accepter les réintégrations et d’entamer de véritables négociations avec Birlesik Metal-Is. Adnan Serdaroglu a également mentionné dans son discours que "Sinter n’était pas le seul cas auquel nous sommes confrontés avec ce problème, et que malheureusement, ce ne sera pas le dernier tant que le système juridique et le comportement patronal ne changeront pas". Il demande à tous les syndicats et aux institutions démocratiques de s’opposer ensemble à ces attaques.

Les travailleurs et travailleuses de Sinter Metal ont exprimé leur bonheur à l’annonce du résultat par des slogans: "Le syndicat va entrer à Sinter Metal, il n’y a pas d’autre moyen", "Nous avons résisté et nous avons gagné à la fin", et "La résistance des travailleurs a amené la victoire".

Birlesik Metal Is remercie les nombreux syndicats et organisations du monde entier qui ont apporté leur soutien à cette lutte, notamment la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie.

La législation turque du travail donne à l’entreprise le droit de faire appel à cette décision de la Cour suprême. La FIOM continuera de surveiller la situation et soutiendra Birlesik Metal Is pour s’assurer de la réintégration des travailleurs ou du versement d’une indemnisation correcte par Sinter Metal.

Pour prendre connaissance en détail des deux années de lutte des travailleurs de Sinter Metal, cliquer ici.