Quatre tués dans une explosion sur un chantier de démolition de navires au Bangladesh

BANGLADESH: Le 18 janvier 2011, quatre travailleurs on été tués et un autre gravement brûlé par une énorme explosion sur le chantier de démolition de navires à Sitakunda, Chittagong, Bangladesh. Selon des rapports, l’explosion qui s’est produite pendant le démantèlement du réservoir de carburant du navire, a été entendue à plus de trois kilomètres de distance. L’impact de l’explosion a été tel que Miraj, un travailleur âgé de 18 ans, qui est décédé à l’hôpital, a été projeté à cent mètres de distance. Il avait été embauché trois jours auparavant dans l’entreprise.

Les corps des démolisseurs de navire, Liton, 35 ans, et Jubayed, 22 ans, ont été retrouvés sur le lieu l’explosion après que les pompiers eurent réussi à venir à bout du sinistre. Miraj, brûlé à 100 pour cent est décédé à 14 h 30, et l’autre travailleur, Rubel, âgé de 25 ans, est mort 15 minutes plus tard au Chittagong Medical College Hospital. Un autre travailleur blessé est traité pour des brûlures à 50 pour cent, et son collègue n’a subi que des brûlures légères qui n’ont nécessité que des premiers soins.

Par la suite le 19 janvier, la Haute Cour a enjoint de sa propre initiative au gouvernement d’arrêter la démolition des navires sous toutes ses formes dans le pays jusqu’à nouvel ordre. La Haute Cour a ordonné de retirer de la grève les navires contenant des résidus dangereux. Le tribunal a également accusé d’outrage à la Cour le propriétaire du chantier de démolition de navires, Maître Abul Khasem, vice-président de l’Association des propriétaires de chantiers de démolition de navires, et le responsable concerné, et les a cités à comparaître au tribunal pour le 28 janvier.

Le tribunal a également ordonné à l’autorité portuaire de Chittagong de constituer dans les sept jours un comité d’expertise de trois membres chargé d’enquêter sur l’explosion à Sitakunda.

Selon des articles parus dans la presse, pas moins de 30 travailleurs ont été tués et 16 autres mutilés au cours des derniers 21 mois dans 16 explosions aux chantiers de démolition des navires de Sitakunda. En outre, de nombreux autres ont été blessés moins gravement et leur nombre n’a jamais été enregistré.

Il est ironique de constater qu’en dépit d’une interdiction ordonnée par la Haute Cour le 17 mars 2009. le ministère de l’Environnement a permis temporairement à Maître Kashem, propriétaire de Mak Corporation, d’importer des navires contenant encore des substances dangereuses et destinés à être démantelés en décembre 2010.

En mars 2009, la Haute Cour avait ordonné au gouvernement de fermer dans les deux semaines tous les chantiers de démolition de navires qui fonctionnaient sans autorisation environnementale et d’interdire le déchargement des navires qui étaient déjà importés. Elle avait également donné l’ordre au gouvernement d’exercer un contrôle sur les navires importés. Elle avait interdit l’entrée sur le territoire du Bangladesh de tout navire qui n’aurait pas procédé au nettoyage de ses substances toxiques à son lieu de départ ou à l’extérieur du territoire du Bangladesh. Plus tard, la Cour suprême a suspendu la décision de la Haute cour de fermer les chantiers, tout en maintenant toutes les autres parties de son jugement. Bien que le tribunal n’ait pas autorisé le gouvernement à permettre à tout nouveau chantier de démarrer des activités sans autorisation, le nombre de chantiers de démolition de navires est passé de 36 à 100 depuis cette date.

En outre, le tribunal a ordonné au ministère de l’Environnement et des Forêts d’élaborer des règles de démolition des navires basées sur les engagements pris par le gouvernement du Bangladesh dans le cadre de la Convention de Bâle de 1989, de la loi sur la préservation de l’environnement de 1995 et du règlement sur la préservation de l’environnement de 1997.

Selon des articles parus dans The Daily Star, bien que la législation en vigueur sur l’environnement oblige les chantiers de démolition de navires à obtenir un certificat d’autorisation environnementale, beaucoup d’entre eux mènent des activités sans autorisation. Selon des rapports, 50 chantiers de démolition de navires ont demandé un certificat d’autorisation sans posséder des structures appropriées ou des installations modernes de démantèlement des navires.

La Fédération des métallurgistes du Bangladesh et la Ligue des métallurgistes du Bangladesh ont porté plainte à la police contre le propriétaire du chantier de démolition de navires et demandé au gouvernement de s’assurer de la comparution en justice des responsables de cet accident.

L'emploi à l'ordre du jour des institutions financières internationales

MONDE: Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, et le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, ont reconnu l’importance de l’emploi, de la protection sociale, d’une collaboration avec les syndicats et de l’élargissement de la répartition des fruits de la croissance économique dans des réunions avec une délégation syndicale de haut niveau à Washington D.C. du 18 au 20 janvier 2011.

"Seule une croissance liée aux revenus permet d’assurer la reprise économique et la fin des privations et de la misère sociale que nous constatons dans des pays comme la Tunisie", a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale¬¬ (CSI). "Nous devons empêcher les élites financières de reprendre le contrôle et de porter les germes d’une nouvelle crise économique imminente à un moment où les travailleurs et travailleuses souffrent encore du chômage causé par la dernière crise".

En réponse, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a convenu de la nécessité de s’attaquer à la crise de l’emploi, notamment à la tragédie du chômage de longue durée avec toutes ses conséquences sociales, ce qui est indispensable, et que l’emploi occupera une place centrale dans les actions du FMI en 2011. Il a rappelé l’engagement du FMI à collaborer avec le BIT pour établir un seuil de protection sociale universelle.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a affirmé l’engagement de la Banque à consulter les syndicats au niveau national, et aussi sectoriel, et à améliorer les protocoles de coopération au niveau mondial. Il a beaucoup insisté sur la nécessité de s’attaquer à la crise des prix alimentaires par des actions de la Banque. Zoellick s’est en outre engagé à un soutien de la Banque à toutes les normes fondamentale du travail de l’OIT et à intégrer la protection des travailleurs et travailleuses, comme la protection de la maternité, dans les actions de la Banque mondiale menées actuellement sur le marché du travail.

Le secrétaire général de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, Jyrki Raina, a engagé vivement la Banque mondiale à abandonner l’Indicateur sur l’embauche des travailleurs dans son rapport annuel ‘Doing Business’, qui établit un classement pour mesurer les domaines de réglementation dans 183 pays. Les pays qui obtiennent les meilleures notes sont ceux qui offrent le moins de protection aux travailleurs et travailleuses. Le rapport a été utilisé dans différentes parties du monde pour affaiblir la législation du travail et réduire la protection sociale.

L’indicateur a été suspendu dans le rapport de cette année alors qu’un processus de révision a lieu. Les syndicats proposent un Indicateur de protection des travailleurs, qui porterait sur d’autres thèmes, comme la façon dont les pays se conforment aux normes fondamentales du travail.

"Doing Business ne devrait pas servir à promouvoir l’emploi précaire, une durée excessive de travail, des salaires minimums trop bas pour permettre de vivre, et une protection sociale insuffisante pour les travailleurs et travailleuses qui perdent leur emploi. Doing Business devrait au contraire promouvoir le travail décent, la création d’emplois de bonne qualité et une protection sociale suffisante. Ce qui serait dans la ligne de la devise de la Banque mondiale "Œuvrer pour un monde sans pauvreté", a déclaré Raina.

Pour prendre connaissance de la Déclaration sur les priorités syndicales pour la Présidence française du G8 et G20 en 2011, voir:
http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/0811t_gf_G20_es-2.pdf.

Les défenseurs des droits des travailleurs en butte à des attaques au Mexique

MEXIQUE: La directrice exécutive et plusieurs membres du Centre de soutien des travailleurs (CAT), une organisation qui a pour tâche de soutenir la syndicalisation des travailleurs et travailleuses chez Johnson Controls à Puebla, Mexique, ont reçu des menaces sur leur vie et leur sécurité le 14 janvier 2011, qui s’ajoutent à une série d’autres menaces proférées précédemment.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) rejoint un réseau d’organisations solidaires et demande à ses affiliés d’écrire immédiatement aux autorités mexicaines pour exiger la protection de la vie et de l’intégrité de ces défenseurs des droits du travail.

Le 11 janvier 2011 à 17 heures, Blanca Velázquez, directrice exécutive du CAT, essayait de se connecter pour prendre connaissance des courriels de l’organisation. Mais elle n’a pas pu le faire pour consulter ni les courriels de l’organisation ni ses propres courriels car les deux adresses électroniques avaient été piratées.

Le 14 janvier 2011, un courriel a été envoyé de l’adresse électronique du CAT aux membres de l’équipe, y compris Blanca Velazquez, ainsi qu’à d’autres personnes qui avaient travaillé en contact étroit avec le CAT, pour décrire une attaque violente qui avait eu lieu contre un militant au Mexique.
 
Cette menace fait suite à une série d’actes de répression contre des personnes qui travaillent pour le CAT ou au sein de cet organisme. Le 2 avril 2010, deux anciens salariés de Johnson Controls Interiors (JCI), Enrique Morales, qui travaille pour le CAT, et Coral Juarez, ont été agressés.

Le 9 août 2010, à San Luis Teolocholco Tlaxcala, Enrique Morales, Coral Juarez et Maria Luisa Rosina, membres du CAT, ont subi des menaces alors qu’ils effectuaient des travaux sur le terrain avec des travailleurs de JCI. À cette occasion, les hommes "qui savaient qu’ils étaient membres du CAT, leur ont dit de prévenir Blanca (la directrice du CAT) que si elle continuait de susciter des difficultés au CROM (l’ancien syndicat de protection chez JCI) cela aurait des conséquences."

Le 16 août 2010, Candido Corona Barruecos et Virgilio Melendez Morales, tous deux salariés de JCI et menant des activités avec le CAT, ont été roués de coups et privés de liberté durant plus de sept heures au cours desquelles ils ont été brutalisés par des membres de la Confédération des organisations syndicales (COS).

Enfin, le 20 décembre 2010, des bureaux du CAT ont fait l’objet d’un cambriolage, et un message peint sur le mur menaçait ses membres en ces termes: "VOUS NE SAVEZ PAS À QUI VOUS VOUS ATTAQUEZ". 

Pour obtenir plus de renseignements, voir l’appel urgent pour une action de PRODESC et du CAT publié en anglais et en espagnol ici sur le site de la FIOM.

La FIOM organise aux côtés de l’ICEM, de l’UNI et de la FIOTdes Journées mondiales d’action en faveur des droits syndicaux au Mexique du 14 au 19 février 2011. Pour plus de renseignements, cliquer sur: www.imfmetal.org/mexico2011.

Veuillez envoyer des lettres pour exiger :

  1. L’adoption de mesures visant à assurer le respect de la vie et de l’intégrité des femmes et des hommes qui défendent les droits du travail, Blanca Velazquez, Catalina Guzman, Victoria Hernandez, Cecilia Medina et Enrique Morales Montaño, membres du CAT.
  2. L’ouverture immédiate d’une enquête approfondie sur les évènements qui ont eu lieu, conformément aux normes internationales les plus strictes.
  3. L’assurance de l’application de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui établit que toute personne a le droit individuel et collectif de promouvoir et d’assurer la protection et la réalisation des droits de la personne et des libertés fondamentales au niveau national comme au niveau international (art. 1). L’ONU a établi que tous les êtres humains détiennent le droit au respect et à la reconnaissance de leur dignité, en ce sens que personne ne fera l’objet d’attaques illégales mettant en cause son honneur ou sa réputation, et que toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles atteintes (art. 12). 

À envoyer au:
Presidente Constitucional de la República Mexicana
Lic. Felipe de Jesús Calderón Hinojosa.
Residencia Oficial de los Pinos, Casa Miguel Alemán, Col. San Miguel Chapultepec, C.P. 11850, México DF. Téléphone: +52 55 27891100. Télécopie: +52 55 50934900. Courriel: [email protected].

Secretario General de Gobernación.
Lic. José Francisco Blake Mora
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez, Delegación Cuauhtémoc, México D.F., C.P. 06600, México. Télécopie +52 (55) 5093 34 14. Courriel: [email protected].

Procurador General de la República
Arturo Chávez Chávez Procuraduría General de la República, Paseo de la Reforma nº 211-213, Piso 16, Col. Cuauhtémoc, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P. 06500. Télécopie: +52 55 53 46 09 08;  +52 55 27 89 11 13 (si responde una voz, digan: "tono de fax, por favor"), Correo Electrónico: [email protected] / [email protected].

Lic. Mario Marin
Gobernador del Estado de Puebla
Palacio de Gobierno, Av. Reforma 711 Altos Col. Centro Puebla 72009 Zamora 169 despacho 2B Colonia Condesa, C.P. 06140, México D.F. Téléphone/Télécopie. 5212 2229/5212 2230 http://www.prodesc.org.mx/ 3
 

Le KGB bloque le travail des syndicats indépendants en Biélorussie

BIÉLORUSSIE: Le 14 janvier 2011, six représentants du comité de sécurité d’État (KGB) ont présenté un mandat de perquisition et pénétré dans les bureaux de Minsk de l’affilié de la FIOM, le syndicat biélorusse des travailleurs de l’industrie de la radio et de l’électronique (REP). Après avoir ramassé tous les téléphones portables des salariés au moment de la perquisition, ils ont ensuite confisqué des ordinateurs, des disques durs et autres supports électroniques de stockage, ainsi que certains documents appartenant au syndicat.

Le mandat de perquisition avait été délivré par le procureur adjoint de Minsk. Selon Gennady Fedynich, président du REP, le mandat de perquisition indiquait que "dans le cadre d’une enquête sur une affaire criminelle, des informations reçues dans le cadre de l’investigation indiquent que des pièces à conviction, des documents et des objets de valeur utiles à l’enquête sur les émeutes de masse pouvaient se trouver au quartier général de campagne de l’ex-candidat à la présidentielle, Sannikov, situé dans les bureaux du REP, Kuhlman str. 4".

Les explications selon lesquelles les biens en question appartenaient au syndicat et n’avaient de fait rien à voir avec le quartier général du candidat à la présidentielle ont été ignorées. La perquisition fut minutieuse, et les recherches effectuées dans le bureau du président ont duré environ deux heures. Après la confiscation du matériel et des dossiers, le travail du syndicat se trouve presque complètement paralysé.

Le REP a déclaré qu’il allait interjeter appel à l’action du KGB auprès du bureau du procureur. Gennady Fedynich a expliqué que "plusieurs militants syndicaux ont pris une part active à la campagne électorale récente et représentaient différents candidats à l’élection présidentielle. Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que le quartier général de l’un des candidats était situé dans les bureaux du syndicat. Encore moins une base de recherche", a déclaré le président du REP.

Depuis le 19 décembre 2010, quand les forces de police ont dispersé le rassemblement pacifique à Minsk, la situation des droits de la personne s’est gravement détériorée en Biélorussie. Une dizaine de membres de syndicats qui participaient au rassemblement pour exprimer leur position citoyenne ont été arrêtés et condamnés à des peines de 10 à 15 jours de prison. Après leur libération, le KGB a continué de faire pression sur eux par le biais des services administratifs des entreprises où ils travaillent.

La FIOM a envoyé une lettre au président A. Lukachenko de Biélorussie en lui demandant de mettre fin à la répression antisyndicale et de punir les responsables de ces infractions massives aux droits syndicaux. La FIOM demande à tous ses affiliés d’envoyer également des lettres de protestation contre ces atteintes flagrantes aux droits syndicaux et aux droits de la personne en Biélorussie.

Veuillez envoyer vos lettres de protestation à A. Lukachenko, président de Biélorussie,
à: [email protected].

Avec copies au:

Bureau du procureur général de Minsk,
220004, Minsk, Rakovskaya str. 38
[email protected].
Téléphone: 306-23-53, 306-24-58

Veuillez également envoyer une copie à l’ambassade de Biélorussie dans votre pays.

Et également une copie de vos messages à la FIOM à: [email protected].

MISE À JOUR: Tôt dans la matinée du 21 janvier, Gennady Fedynitch, président du REP et Nikolay Gerasimenko, secrétaire à la presse du REP, ont été interrogés séparément par des inspecteurs de police pour leur participation aux émeutes de masse à Minsk le 19 décembre 2010. Tous deux ont été relâchés après leur interrogatoire. Toutefois, il a été annoncé à Gennady que ce n’est sans doute pas sa dernière visite.

Au cours de la même matinée, Zinaida Mikhniuk, vice-président du REP pour la région de Brest, a été convoqué par le KGB pour un interrogatoire à Brest.

Tard dans la soirée du 20 janvier, l’affilié de la FIOM, SPM, a reçu par télécopie une demande du ministère de la Justice lui enjoignant de fournir dans les cinq jours la liste des sections du SPM, leurs structures, leurs effectifs, le nom de leurs dirigeants, ainsi que des informations sur les cotisations d’adhésion. Aucun autre affilié du Congrès n’a reçu une demande analogue. Le SPM croit que ces renseignements peuvent être utilisés contre des dirigeants locaux et des organisations locales. Il ne s’apprête donc à ne pas les communiquer.
 

Accident mortel chez Southern Peru – Grupo Mexico

PÉROU: Un accident s’est produit le 13 janvier à la mine de Toquepala, propriété de Grupo México, qui a coûté la vie à Andrés Larico Mamani, membre du syndicat SUTOTA, affilié à FENAMEPSICOP, une fédération affiliée à la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie.

Jorge Campos Arena, dirigeant de SUTOTA et employé à la mine a déclaré: "L’accident s’est produit dans la zone d’excavation no 5. Le camion benne Komatsu 930 numéro 23 a chuté sur 16 ou 17 niveaux dans la mine après que le sol eut cédé sous son poids au moment où Andrés Larico prenait position pour le chargement au bord de ce niveau. Chaque niveau a une hauteur de 15 à 17 mètres, il s’agit donc d’une chute d’environ 250 mètres", explique Campos.

Le dirigeant syndical a indiqué que son équipe postée commençait une heure après l’accident. Il a donc demandé, en qualité de dirigeant syndical, d’être transporté jusqu’au lieu de la tragédie, mais il a essuyé un refus de la direction. Campos a affirmé avoir continué d’insister pour être autorisé à se rendre sur le lieu de l’accident, sans en recevoir l’autorisation. Le syndicat regrette la décision de l’entreprise d’empêcher sa participation à la recherche du corps de notre collègue de travail. L’entreprise a informé le syndicat de ce qui s’était passé dix-huit heures après l’accident.

SUTOTA a présenté plus tard une demande à la Commission du travail du Congrès national, en demandant que soit effectué une enquête détaillée sur l’affaire. "L’accident s’est produit en raison d’un glissement de terrain dans une zone où les chutes de pierres sont fréquentes, une raison suffisante pour conclure à un manque de sécurité dans le travail qui engage la responsabilité de Southern Peru – Grupo Mexico", a déclaré le syndicat.

La FIOM et SUTOTA exigent que les responsables de l’accident mortel soient traduits en justice et que Grupo México garantisse la sécurité sur ses chantiers. La FIOM déplore qu’une fois de plus un travailleur perde la vie en raison d’un manque de sécurité dans le travail et que le syndicat soit empêché de tenir son rôle dans l’enquête sur l’accident.

Le corps de la victime n’a toujours pas été retrouvé. Le syndicat a déclaré "qu’il ne permettra pas à notre collègue de rester enseveli dans la mine et que nous ferons grève si l’entreprise ne cherche pas à retrouver le corps".

La FIOM appuie l'appel de son affilié tunisien FGME-UGTT pour la démocratie et l'emploi

TUNISIE: Des milliers de jeunes gens, de travailleuses et de travailleurs manifestent ensemble dans un mouvement spontané dans les rues de toutes les villes de Tunisie. La répression policière a fait des victimes, et le nombre de tués et de blessés grandit à un rythme effrayant.

Les métallurgistes de la FGME-UGTT et l’ensemble du mouvement syndical tunisien ont demandé la fin immédiate de la répression. Ils exigent davantage de liberté et de démocratie, la libération des manifestant(e)s emprisonné(e)s, et qu’une enquête soit menée dans la transparence sur l’utilisation d’armes à feu par la police, ainsi qu’un véritable dialogue portant sur des mesures concrètes visant à créer des emplois et combattre la pauvreté et les inégalités.

Des appels à la grève ont été lancés par la FGME et l’UGTT dans de nombreuses régions.

Le gouvernement tunisien a annoncé la libération de tous les manifestants emprisonnés et la désignation d’un nouveau ministre de l’Intérieur, tout en faisant intervenir dans le même temps la Garde nationale avec des gaz lacrymogènes contre les nombreuses manifestations spontanées.

"Les travailleurs et travailleuses de Tunisie demandent un travail décent et le respect des droits fondamentaux. L’aspiration de la population au développement et à la démocratie dans la transparence ne peut être réprimée par des mesures policières", a déclaré le secrétaire général de la FIOM Jyrki Raina.

"Aux côtés de tous les syndicats mondiaux, la FIOM continuera d’apporter son soutien aux revendications légitimes de la FGME-UGTT et de tous les travailleurs et travailleuses de Tunisie dans leur lutte pour la démocratie", a ajouté Raina.

Le syndicat mexicain des mineurs se félicite des journée mondiales d'action en février

MEXIQUE: Une assemblée nationale du syndicat mexicain des mineurs (SNTMMSRM), organisée les 10 et 11 janvier a réaffirmé son appui total du syndicat à la direction industrielle et politique en place alors que le syndicat se prépare aux journées mondiales d’action en faveur des droits syndicaux au Mexique qui auront lieu du 14 au 19 février.

Les résolutions adoptées à l’assemblée portent sur un soutien continu au secrétaire général du syndicat en exil Napoleon Gomez Urrutia et un soutien unanime aux quatre grèves en cours à Cananea, Zacatecas, Taxco et Guanajuato.

L’assemblée nationale des mineurs a affirmé qu’une "véritable solidarité est un meilleur outil pour le renforcement de l’unité, laquelle nous donne la force et le pouvoir de transformer la réalité au profit des travailleurs et travailleuses et de la population", et s’est félicitée des prochaines journées d’action au Mexique.

Avec un appel en faveur des droits syndicaux au Mexique, les journées mondiales d’action vont se dérouler du 14 au 19 février, date qui coïncide avec la commémoration du cinquième anniversaire de la mort de 65 mineurs lors du désastre survenu à la mine de Pasta de Conchos le 19 février 2006.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), la Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) et Global Union UNI ont demandé à leurs affiliés d’entreprendre en février des actions de soutien au syndicat mexicain des mineurs et aux autres syndicats indépendants au Mexique.

Depuis 2006 le gouvernement mexicain a intensifié ses violentes attaques menées illégalement contre le syndicat mexicain des mineurs, et a systématiquement et de manière répétée enfreint la législation mexicaine et les normes internationales pour tenter d’écraser le syndicat.

Le syndicat mexicain des mineurs n’est pas seul. Les quelques autres syndicats véritablement indépendants qui cherchent à améliorer la vie des travailleurs et travailleuses au Mexique se sont également trouvés de plus en plus sous le feu.

Du 14 au 19 février, les organisations syndicales du monde entier vont entreprendre des actions et demander au gouvernement mexicain de:

  1. tenir l’employeur et des fonctionnaires gouvernementaux responsables de l’explosion survenue à la mine de Pasta de Conchos qui a causé la mort de 65 mineurs le 19 février 2006;
  2. abolir les infractions systématiques à la liberté syndicale des travailleurs et travailleuses, notamment les "contrats de protection" dominés par l’employeur et l’ingérence dans les élections syndicales;
  3. mettre fin à l’usage de la force – par l’État ou des groupes privés – pour réprimer les revendications légitimes des travailleurs et travailleuses en faveur des syndicats démocratiques, pour une amélioration des salaires et des conditions de travail, et de bonnes conditions de santé et de sécurité; et
  4. la fin de la campagne de persécution politique contre le syndicat mexicain des mineurs et le syndicat mexicain des travailleurs de l’électricité.

Le 21 janvier, une information générale complémentaire, des tracts et brochures, du matériel de revendication et des dossiers de presse seront disponibles sur le site de la FIOM à: www.imfmetal.org/mexico2011

Pour en savoir plus et participer à l’action, veuillez contacter: [email protected].

Sit-in à haute altitude chez GM Daewoo

CORÉE DU SUD: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie se joint aux appels d’aide internationale du syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) pour soutenir la lutte des travailleurs précaires chez GM Daewoo en Corée du Sud. Le 1er décembre 2010, deux membres de la section du personnel précaire du syndicat KMWU de GM Daewoo ont grimpé sur l’arche qui culmine à 10 mètres de hauteur à l’entrée de l’usine à Bupyeong pour commencer un sit-in à haute altitude. En outre, Sin Hyeon-chang, président de la section des travailleurs précaires à GM Daewoo, a entamé une grève de la faim, en campant la nuit près de l’usine.

Les personnes employées avec un statut précaire demande la reconnaissance syndicale dans l’usine et la réintégration des travailleurs licenciés comme moyen de forcer le syndicat et d’obtenir la régularisation des emplois chez GM Daewoo. Le droit des travailleurs de former et d’adhérer au syndicat de leur choix est inscrit dans la Constitution sud-coréenne, un fait que GM Daewoo veut ignorer. En outre, la Cour suprême coréenne a reconnu récemment que les travailleurs employés depuis plus de deux ans par un sous-traitant installé dans l’entreprise doivent être considérés comme étant employés directement par l’entreprise à laquelle leur production s’adresse.

La direction de GM Daewoo a refusé de prendre en considération ces questions et rejette continuellement les demandes de négociation présentées par le KMWU. L’entreprise a également rejeté des demandes pour une réunion avec un comité de soutien composé d’organisations locales de la société civile. En outre, des membres des forces de l’ordre ont stationné près des endroits où avaient lieu des manifestations pour empêcher des supporteurs de hisser des équipements imperméables aux travailleurs installés sur l’arche qui souffrent maintenant hypothermie et d’engelures et peuvent se trouver dans une situation désespérée pour leur santé.

La FIOM a écrit à la direction de GM Daewoo en Corée (voir la lettre ici sur le site de la FIOM), pour lui demander de rencontrer et de négocier avec le KMWU pour régulariser l’emploi de travailleurs en sous-traitance dans l’usine.

Le KMWU demande d’envoyer des messages de solidarité à: [email protected] et à [email protected].

Envoyer des lettres de protestation en demandant à GM Daewoo de négocier avec les travailleurs et d’adresser les demandes au:
Président Mike Arcamone de GM Daewoo,
199-1 Cheongcheon-dong,
Bupyeong-gu,
Incheon Ville,
403-714,
République de Corée
[email protected].

Veuillez envoyer des copies à [email protected] et à [email protected] ainsi qu’à [email protected].

Votez pour Foxconn!

MONDE: Les opérations de vote du Public Eye Award 2011 pour désigner la pire entreprise de l’année ont débuté. Good Electronics et la FIOM vous demandent instamment de voter pour Foxconn, et de demander à vos ami(e)s, collègues et aux membres de votre section locale de faire passer le mot! L’entreprise taiwanaise d’électronique, Foxconn, fabrique de l’équipement haut de gamme pour des marques comme Apple et Dell. Le contrôle quasi militaire établi dans les installations chinoises de production de l’entreprise, a amené 18 salariés à tenter de se suicider l’année dernière sur les lieux de l’entreprise.
 
En Inde, les travailleurs et travailleuses de Foxconn poursuivent leur lutte pour une représentation syndicale. Ce processus a donné lieu, le 9 octobre 2010, à l’arrestation de 319 personnes, 12 responsables syndicaux ont été emprisonnés pendant 13 jours et 24 salariés ont été mis à pied.

Dans leur lutte pour obtenir une représentation syndicale et une amélioration des salaires et des conditions, les travailleurs et travailleuses ont obtenu une décision en leur faveur de la Haute Cour de Chennai le 4 janvier 2011 qui ordonne que dans les six semaines le ministère du Travail et la direction de Foxconn organisent des élections pour décider quel sera le syndicat majoritaire à l’usine de Foxconn.

Auparavant, le 28 octobre 2010, la Haute Cour de Chennai avait mis provisoirement en demeure la direction de Foxconn de ne conclure aucun accord avec un syndicat dans l’usine.

Cependant, quand le personnel a repris le travail le 18 novembre 2010 après la fin de la grève, la direction de Foxconn avait forcé les salariés à accepter le règlement révisé avec effet rétroactif conclu avec le syndicat Foxconn India Thozhilalar Munnetra Sangam (FITMS), alors que la majorité du personnel était représentée par le syndicat Foxconn India Thozhilalar Sangam (FITS), affilié à la centrale des syndicats indiens (CITU).

À leur retour, les salariés apprirent qu’ils ne profiteraient pas des avantages du nouvel accord tant qu’ils ne signeraient pas une lettre dans laquelle ils déclaraient accepter le nouvel accord salarial et s’engager à ne pas participer à des grèves dans l’avenir et à se conformer aux règles et règlements de l’entreprise. La direction leur demandait également à renoncer à leurs fonctions syndicales au FITS, et que la révocation de leur mise à pied dépendait uniquement de cette condition.

Le 6 janvier 2011, tous les salariés mis à pied ont reçu une lettre concernant une enquête interne sur les accusations portées contre eux, et formulées à partir du règlement de l’entreprise qui ne leur avait jamais été communiqué. Le 7 janvier 2011, lors d’une réunion avec des responsables syndicaux à l’inspection du travail, la direction a rappelé qu’elle allait mener une enquête interne. En réponse, le FITS a rejeté l’appel en vue d’une enquête interne et demandé à la direction d’examiner les questions dans le bureau de l’inspection du travail.
 

Nouvel accord à l'usine de Caterpillar en Belgique

BELGIQUE: Entamées en septembre 2010 les négociations ont nécessité plusieurs réunions avec la direction.  En toile de fond, les différences salariales et les embauches qui avaient été sous-traitées aux agences d’intérim dans la première partie de l’année 2010 et l’utilisation de contrats précaires (plan Win-Win) essentiellement payés par l’Etat qui avaient résulté en un certain nombre d’essais non satisfaisants dans les quatorze jours suivant l’embauche. 

Les priorités et revendications des syndicats ont porté avant tout sur l’amélioration de la grille salariale, la révision des classification et la revalorisation des métiers, l’application d’un système de prépension et de fin de carrière.  Au terme d’âpres négociations, les syndicats ont obtenu une augmentation de 5%-7% du salaire d’embauche et, pour l’ensemble des salariés, une révision annuelle du salaire comprenant un pourcentage fixe et un pourcentage basé sur la polyvalence, les compétences et l’esprit d’équipe.

La prime d’ancienneté est indexée depuis le 1er janvier 2011 et prolongée jusqu’à 41 ans d’ancienneté.  L’accord prévoit une augmentation de 4% de son montant et son évolution sur une base annuelle.  En outre les salariés auront dorénavant la possibilité de partir en prépension à l’âge 58 ans avec 37 années de service (38 en 2012) et, à conjoncture égale, chaque départ en prépension est remplacé par un contrat à durée indéterminée.  La prime de fin de carrière est améliorée par l’ajout de 2 années pour le calcul du montant de cette prime. 

Reconnaissant que les métiers ont considérablement évolué,  Caterpillar a accepté de procéder à une analyse des différents métiers dans l’entreprise et leur revalorisation dans un avenir proche.

L’usine belge de Gosselies, la plus importante en dehors des Etats-Unis, emploie plus de 4,000 salariés.  En juin 2010, à l’appel des syndicats, les ouvriers s’étaient mis en grève pendant 24 heures revendiquant une revalorisation salariale que la direction avait  rejetée. 

Le nouvel accord a été signé en décembre 2010 par toutes les organisations syndicales représentées sur le site.