Nouveau documentaire sur la démolition des navires présenté au Festival du film "Unions in Motion"

MONDE: Le Mumbai Port Trust Dock et le syndicat général des salariés (MPTDGEU) viennent de sortir leur nouveau film "Into the Graveyard" en janvier. Le documentaire d’une durée de 20 minutes sur la démolition des navires, réalisé par V. Rane et Sinatra S. Dinz, a été proposé au Festival du film de la FEM Unions in Motion pour être projeté parallèlement au Congrès de la FEM en juin 2011.

Le chantier de démolition des navires à Alang, Inde, qui est le plus important au monde, procure 30 pour cent de l’acier produit en Inde. Le MPTDGEU, le syndicat qui a fait un effort considérable pour obtenir la reconnaissance des droits des travailleurs et travailleuses et la justice sociale sur les chantiers de démolition de navires de Mumbai et d’Alang, Inde, a réalisé un documentaire saisissant sur la lutte quotidienne des travailleurs et travailleuses.

La mise à la ferraille des navires est un des métiers à plus forte intensité de main-d’œuvre et l’un des plus dangereux; c’est probablement le pire au monde pour les métallurgistes. À Alang, 194 travailleurs ont perdu la vie sur les chantiers de démolition des navires, rien qu’au cours des deux dernières années.

"Into the Graveyard" qui a été proposé au festival "Unions in Motion" peut être visionné sur YouTube à:
Première partie: http://www.youtube.com/watch?v=IGDZiWwF_V0
Deuxième partie: http://www.youtube.com/watch?v=Vb_WSTmhQ14
Le festival du film "Unions in Motion" est organisé les 10 et 11 juin, au Landschaftspark Nord à Duisburg, Allemagne. Cet événement a lieu parallèlement au Congrès de la Fédération européenne des métallurgistes.

Le festival présentera des court métrages et des films de plus long métrage concernant les syndicats. Il organisera également des ateliers sur la façon dont les syndicats peuvent réaliser des films.

Le thème général de cet évènement cinématographique est ‘de montrer l’avenir de la fabrication industrielle en Europe en présentant des films syndicaux du monde entier sur les industries de la métallurgie, du textile et de la chimie. Le thème portera également sur ‘l’utilisation de moyens audiovisuels pour illustrer les défis présentés par une société et une industrie en mutation, ainsi que sur la nécessité de sauvegarder des emplois et un avenir pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses’. Tous les films seront traduits en anglais et en allemand.

Pour vous inscrire: [email protected]
La programmation détaillée est en préparation. Des contributions au festival du film peuvent être envoyées à Caroline Jacobsson (http://www.emf-fem.org/Contact/Staff/Jacobsson-Caroline) ou à Eddy Stam (http://www.emf-fem.org/Contact/Staff/Stam-Eddy)

Des milliers de métallurgistes dans toute l'Italie participent à une grève générale

ITALIE: Le syndicat italien FIOM-CGIL, affilié à la FIOM, a déclenché une grève nationale de huit heures menée par les métallurgistes le 28 janvier 2011, pour la défense de la Convention collective nationale et la protection des droits des travailleurs et travailleuses.

À Milan, des dizaines de milliers de salariés ont pris part à la grève, ainsi que des travailleurs et travailleuses sur 18 autres sites de production dans toute l’Italie, notamment à Turin où un accord controversé avait été conclu quelques jours plus tôt dans une usine Fiat.

La grève nationale a été lancée en réponse aux tentatives du directeur général de Fiat, Sergio Marchionne, de porter atteinte aux droits et conditions de travail des travailleurs et travailleuses, par la signature dans deux usines Fiat d’accords collectifs qui ne relèvent pas de la Convention collective nationale, sous la menace de fermetures et de pertes d’emplois si ces accords n’étaient pas acceptés.

Le 14 janvier 2011, 5.500 travailleurs et travailleuses de l’usine Fiat de Mirafiori à Turin ont voté à 54 pour cent contre 46 pour cent, en faveur d’un nouvel accord séparé qui étend le recours aux heures supplémentaires rémunérées, ajoute de nouvelles équipes postées, réduit les pauses et limite les grèves durant les périodes où l’usine tourne à plein rendement.

À la fin de décembre 2010, un autre accord, le premier en Italie à être élaboré en dehors des règles de la négociation nationale, a été conclu pour 4.600 travailleurs et travailleuses dans l’usine Pomigliano de Fiat près de Naples, lesquels ont voté à 63 pour cent contre 37 pour cent, en faveur d’une augmentation de la flexibilité en échange de promesses non précisées d’investissement et de sécurité d’emploi.

Ces nouveaux accords ont été signés par tous les syndicats représentés sur ces deux sites de production, y compris l’affilié de la FIOM, FIM-CISL, à l’exception de FIOM-CGIL.

FIM-CISL a déclaré respecter le vote de la majorité des travailleurs et travailleuses en signant les accords de Fiat, en ajoutant que "dans les usines Pomigliano et Mirafiori "des accords de concession" ont été conclus en échange de garanties d’investissement dans la production et l’emploi. Le sens de la responsabilité prévaut chez Fim et Uilm, face aux travailleurs et travailleuses, à leurs familles et leurs communautés locales, confrontés à la menace de la perte de milliers d’emplois (pour Fiat et ses fournisseurs)".

FIOM-CGIL, qui a  refusé de signer l’accord en soutenant que cela équivalait à du "chantage", va maintenant se trouver sans représentation dans l’usine, privant ainsi les travailleurs et travailleuses du choix de leur syndicat.

Selon des informations parues dans la presse, le ministre italien du Travail, Maurizio Sacconi, s’est félicité des résultats en déclarant après le vote à Mirafiori: "J’espère qu’il y aura beaucoup d’autres accords comme celui-ci".

La probabilité d’une propagation de ces accords sur d’autres lieux de travail et d’une nouvelle dégradation des termes de la Convention collective nationale est la raison de l’appel à la grève nationale lancé par FIOM-CGIL. "Cette grève générale représente une étape fondamentale pour reprendre possession de la Convention nationale et assurer la protection des droits des travailleurs et travailleuses sur tous les lieux de travail", écrit FIOM-CGIL dans son appel pour obtenir un soutien.

En Malaisie, les travailleurs de l'électronique obtiennent la reconnaissance des droits syndicaux

MALAISIE: La journée du 27 janvier 2011 marque la victoire de la longue lutte des travailleuses et travailleurs de l’électronique en Malaisie pour adhérer au syndicat de leur choix. Une étape historique a été franchie quand les salariés de ST Microelectronics, en majorité des travailleuses, ont voté en faveur de leur adhésion au syndicat des travailleurs de l’industrie électronique (région sud) nouvellement créé.

Cette lutte a commencé le 2 août 2010, quand le syndicat a présenté une demande de reconnaissance à cette société transnationale (STN) d’électronique située dans la ville côtière de Muar, où de nombreuses autres STN d’électronique fabriquent depuis longtemps du matériel électronique.

Au lieu de reconnaître le syndicat, la direction a tenté de contester sa représentativité syndicale. Jusqu’à maintenant, la direction avait eu recours à toutes sortes de tactiques antisyndicales, avec notamment des tentatives d’enregistrement d’un syndicat maison.

Grâce à l’aide obtenue en concertation avec la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, le syndicat a réussi à déjouer les tentatives de l’entreprise, ouvrant ainsi la voie au vote des travailleuses et travailleurs en faveur d’une représentation syndicale. Sur un effectif d’environ 2.700, un peu plus de 1.700 salariés ont pris part au vote, le syndicat réussissant à obtenir 57 pour cent des voix en sa faveur.

Le secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, a écrit au directeur général de l’entreprise et a reçu l’assurance du respect de la législation du travail et des pratiques locales par l’entreprise, et la garantie des droits syndicaux des travailleuses et travailleurs.

Le matin du scrutin, la police et les autorités locales ont tenté d’empêcher les membres du syndicat de se rassembler devant l’usine où les opérations de vote étaient assurées par le ministère des Ressources humaines. Le représentant régional de la FIOM, Arunasalam, est intervenu et a rencontré le directeur des Ressources humaines de l’entreprise, à la suite de quoi, les pressions de la police et des autorités locales ont diminuées.

Les résultats du scrutin ont été annoncés le 28 janvier à 12h30, et les dirigeants du syndicat qui avaient attendu toute la matinée ont accueilli cette nouvelle avec de grandes embrassades et en sautant de joie. Mohd Salleh, le principal coordonnateur du syndicat, a exprimé ses remerciements et sa reconnaissance à la FIOM pour l’aide apportée pour garantir les droits syndicaux dans cette entreprise. Il a affirmé que sans l’aide de la FIOM, le syndicat aurait pu  essuyer de graves revers en cherchant à représenter les travailleuses et travailleurs. Il a souligné qu’en raison de ce vote majoritaire en faveur du syndicat, l’entreprise doit reconnaître le syndicat sans plus tarder.

Détention illégale de quatre membres du syndicat mexicain des mineurs

MEXIQUE: Quatre membres du syndicat mexicain des mineurs en grève à la mine de Gammon Gold à El Cubo, Guanajuato, ont été placés illégalement et avec violence en garde à vue le 26 janvier 2011 à 5h30 du matin.

Juan Andrés Villa Licea, président du comité local de grève du syndicat, son neveu Juan Diego Villa Licea, ainsi que Martín Reina Cruces et Jorge Ramón Monsiváis Ortega, ont été emmenés de chez eux sans vêtements ni chaussures au petit matin par la police, et sont détenus depuis dans une prison locale.

Les arrestations ont eu lieu à la suite de fausses accusations de "pillage" formulées par la société transnationale canadienne à l’encontre des travailleurs qui font grève comme la loi leur en confère le droit.

"Nous considérons cela comme une attaque de plus contre le droit de grève qui est un droit constitutionnel au Mexique", a déclaré le syndicat mexicain des mineurs dans un communiqué publié le même jour sur les arrestations et les détentions opérées avec violence.

Deux jours plus tôt, Manny Armenta, directeur du sous-district de United Steelworkers (USW) à Albuquerque, Nouveau-Mexique, avait été arrêté alors qu’il se rendait à une réunion avec des avocats pour le compte du syndicat mexicain des mineurs. L’USW soutient les mineurs en grève depuis près de quatre ans contre Grupo Mexico à Cananea dans l’État de Sonora situé au nord du Mexique.

Le 24 janvier, un agent des douanes a arrêté la voiture d’Armenta, qui appartient au syndicat, en l’accusant de conduire un véhicule volé. Les documents présentés par Armenta n’ont eu aucun effet. Après une fouille du véhicule avec l’aide de chiens, l’agent a tenté d’extorquer une "amende" de 185.000 pesos (environ 15.000 USD). Devant le refus d’Armenta de payer, celui-ci a été arrêté, détenu pour la nuit, et relâché le 25 janvier au matin après avoir déposé une caution de 80.000 pesos (environ 7.750 USD).

À l’opposé, bien que les tribunaux mexicains aient émis 20 mandats à l’encontre du propriétaire de Grupo Mexico, Germán Larrea, qui de nouveau ne s’est pas présenté au tribunal il y a une semaine, le gouvernement n’a jamais été capable de procéder à son arrestation.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), la Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) et UNI Global Union ont demandé à leurs affiliés d’engager en février une action de soutien au syndicat mexicain des mineurs et aux autres syndicats indépendants du Mexique.

En lançant un appel en faveur des droits syndicaux au Mexique, les Journées mondiales d’action qui se dérouleront du 14 au 19 février, coïncident avec le cinquième anniversaire de la mort de 65 mineurs survenue lors de la catastrophe à la mine de Pasta de Conchos le 19 février 2006.

Pour soutenir ces journées mondiales d’action, la FIOM, l’ICEM, la FIOT et l’UNI ont publié des affiches, des brochures et des documents d’information en anglais, espagnol, français, russe et japonais, disponibles sur le site de la FIOM: www.imfmetal.org/mexico2011.

Du 14 au 19 février, les organisations syndicales du monde entier vont présenter les demandes suivantes au gouvernement mexicain:

  1. Tenir l’employeur et des fonctionnaires du gouvernement responsables de l’explosion survenue dans le mine de Pasta de Conchos qui a causé la mort de 65 mineurs le 19 février 2006.
  2. Mettre fin aux infractions systématiques aux droits syndicaux des travailleurs, notamment les "contrats de protection" qui dépendent de l’employeur, et l’ingérence patronale dans les élections syndicales.
  3. Mettre fin à l’emploi de la force par des organismes d’État ou privés pour réprimer les revendications légitimes des syndicats démocratiques pour obtenir des améliorations salariales et de meilleures conditions de travail, de bonnes conditions de santé et de sécurité.
  4. Mettre fin à la campagne de harcèlement politique contre le syndicat mexicain des mineurs et le syndicat mexicain des travailleurs de l’électricité.

 

La FIOM et l'ICEM visitent les usines Umicore en Afrique du Sud

AFRIQUE DU SUD: Comme prévu dans l’accord-cadre international (ACI) signé en 2007 par le groupe belge des métaux non-ferreux Unicore avec la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), les deux fédérations internationales ont effectué cette année une visite annuelle dans l’usine Umicore en Afrique du Sud.

En raison des problèmes récents entre la direction locale et les syndicats dans les usines situées à Port Elisabeth, la visite des représentants de la FIOM et de l’ICEM a permis d’obtenir une évaluation positive et constructive, et d’aider les travailleurs et travailleuses à résoudre certaines questions en suspens.

Après les visites effectuées en Chine en 2009 et au Brésil en 2010, le but de la visite concernait cette année Umicore en Afrique du Sud. Parmi les participants figuraient Luc Triangle de ACV-CSC METEA Belgique qui représentait la FIOM, Kemal Özkan de l’ICEM, Peter Kamm, président du comité d’entreprise européen d’Umicore, et des syndicats locaux: le syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie, du papier, de l’imprimerie, du bois et des industries connexes (CEPPWAWU) et le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA). Chez Umicore, Ignace De Ruijter, vice-président chargé des ressources humaines, Guy Ethier, vice-président chargé de l’environnement, de la santé et de la sécurité, et Mark Dolfyn, directeur du développement des ressources humaines, ont participé à la visite.

La mission a obtenu plusieurs résultats concrets. Elle en a conclu que la communication au niveau local sur un certain nombre de questions, notamment sur la procédure de recrutement, la structure de l’emploi, l’intégration des deux usines, la formation et l’éducation, devraient être davantage développées pour obtenir un meilleur engagement des deux parties. De cette façon, les résultats obtenus seraient conformes aux objectifs de l’ACI visant à créer des relations mutuelles bénéfiques et un dialogue entre tous les partenaires.  

Les représentants de la FIOM et de l’ICEM ont été impressionnés par l’excellent travail réalisé par les syndicats locaux CEPPWAWU et NUMSA, et ont également reconnu que la direction au niveau local et à celui du groupe a joué une part très importante dans la création d’une base qui offrira dans l’avenir la possibilité d’avoir un meilleur dialogue social au sein de l’entreprise. Cette visite fera l’objet d’une évaluation en avril 2011 à la prochaine réunion du comité de contrôle de l’ACI avec la direction. Les FSI sont prêtes à renouveler l’ACI en septembre 2011.

La délégation syndicale locale et internationale a également visité un projet social appelé ‘UMICARE’ qui est financé par l’entreprise locale. Le programme, bien que réduit, donne aux enfants concernés l’occasion irremplaçable d’aller à l’école et d’améliorer leurs chances pour une vie meilleure.

Manifestation des travailleurs de U.S. Steel au Canada

CANADA: Le 29 janvier, des milliers de syndicalistes canadiens participeront à Hamilton, Ontario, à une manifestation de soutien aux 900 membres de la section 1005 de l’affilié de la FIOM, United Steelworkers (USW), lock-outés par U.S. Steel, et pour protéger les conditions de 9.000 retraités.

Le 7 novembre 2010, U.S. Steel a lock-outé les 900 travailleurs de ses aciéries à Hamilton à la suite du refus du syndicat de soumettre à approbation un vote pour le renouvellement du contrat comportant des réductions draconiennes à la demande expresse de l’entreprise.

Le contrat de travail précédent était arrivé à expiration l’été dernier, et depuis lors, la multinationale avait tenté d’imposer plusieurs concessions au syndicat, dont notamment la clôture du plan offrant certains avantages aux nouveaux embauchés, l’arrêt de l’indexation de la pension pour 9.000 retraités, et différentes réductions qui supprimaient 80 pour cent de la valeur des ajustements destinés à corriger le coût de la vie pour les travailleurs en activité, ainsi que la suppression  de deux semaines de congés.

La manifestation, organisée par la Fédération du travail de l’Ontario (CLC), commencera à 13 heures le samedi 29 janvier au Hamilton City Hall, 71 Main Street West, d’où les syndicalistes et leurs supporteurs/trices défileront dans les rues de la ville.

Les dix semaines de lock-out sont le dernier affront de la multinationale à la loi sur l’investissement au Canada. Quand le gouvernement canadien a approuvé il y a trois ans le rachat par U.S. Steel des installations en Ontario du sidérurgiste Stelco, l’entreprise s’est engagée à maintenir les emplois et les niveaux de production. Mais au cours d’une année, elle a infligé des licenciements aux membres de l’USW dans les deux aciéries de Stelco à Hamilton et Nanticoke, Ontario, et commencé à approvisionner la clientèle canadienne avec des produits fabriqués dans ses aciéries aux États-Unis.

Lors d’une réunion syndicale le 8 décembre, quand une motion concernant les propositions de l’entreprise a été mise au vote, 90 pour cent des membres de la section 1005 ont rejeté les propositions.

Le syndicat a déjà reçu un soutien écrasant des syndicats canadiens, notamment des syndicats canadiens des salariés des services publics (CUPE) et des travailleurs de l’automobile (CAW).

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) ont publié un message commun de solidarité à la section 1005 de l’USW en accusant la multinationale "de bafouer non seulement la primauté du droit au Canada, mais ce qui est encore plus important, la vie et les moyens de subsistance des simples travailleurs et travailleuses et des retraités ".

La priorité à Davos doit porter sur l'emploi et non sur les déficits

SUISSE: Le secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, fait partie de la délégation des dirigeants syndicaux qui assistent au Forum économique mondial à Davos, Suisse, du 26 au 30 janvier 2011, et se joint à tous les syndicats pour demander que la priorité porte sur l’emploi et non sur les déficits.

La délégation maintient que les responsables dans la gestion et l’organisation doivent axer leurs travaux sur une stimulation suffisante de la demande économique pour obtenir le plein emploi. La solution aux déficits budgétaires des gouvernements réside surtout dans le plein emploi, des salaires plus élevés, et donc dans l’augmentation des recettes fiscales.

"Nous devons mettre fin au pivot de l’austérité qui bénéficie du soutien des responsables politiques conservateurs, des commentateurs économiques et des marchés obligataires" a déclaré la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale¬¬, Sharan Burrow, qui dirige la délégation syndicale à Davos.

Le secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, a participé à une table ronde le 26 janvier sur l’état de l’industrie de fabrication dans le monde, aux côtés des ministres de l’Industrie du Canada et de l’Afrique du Sud, et des directeurs généraux de Magna International et du groupe Essar.

"Les syndicats dans l’industrie veulent faire de l’industrie manufacturière l’élément moteur des économies nationales. Assurer des conditions qui permettent à l’industrie de se développer et de créer de nouveaux emplois, dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement, est dans l’intérêt des gouvernements, des entreprises et des syndicats", a déclaré Raina.

"Mais il faut que les emplois soient de bonne qualité avec des salaires décents, une protection sociale et le droit de se syndiquer. Le taux de chômage élevé, les bas salaires et l’emploi précaire ont entraîné des troubles dans plusieurs pays qui sont appelés à se propager. Les gouvernements et les entreprises doivent prendre de toute urgence en ligne de compte les préoccupations justifiées des citoyens et des citoyennes en colère" a encore affirmé Raina.

La police réprime des manifestants qui défilent dans le calme en Égypte

ÉGYPTE: Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans le calme le 25 janvier au Caire, de même que dans d’autres villes égyptiennes, notamment à Alexandrie, Aswan, Mahallah, Ismailiya. La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie condamne la répression policière contre des manifestants qui défilent dans le calme.

Bien que n’étant pas autorisées par les autorités égyptiennes, ces protestations, auxquelles se sont joints de nombreux membres de syndicats indépendants, ont fait face à une présence massive des forces de police, et ont été dans certains cas durement réprimées. Comme en Tunisie, les protestataires demandent des réformes sociales et politiques, en blâmant la corruption, la pauvreté, les prix élevés et la brutalité de la police.

La FIOM condamne l’utilisation de gaz lacrymogènes et la violence contre les manifestants, et demande la libération immédiate des personnes arrêtées. Elle condamne également la censure exercée contre certains moyens de communication en Égypte.

"Il faut écouter le peuple égyptien qui veut exprimer pacifiquement ses droits légitimes de justice sociale et de liberté d’expression, et prendre en compte ses préoccupations", a déclaré le secrétaire général de la FIOM Jyrki Raina.

Les syndicats indonésiens de métallurgistes veulent syndiquer le personnel des ZFE

INDONÉSIE: Les affiliés de la FIOM, de la FSPMI et de Lomenik, ont participé en janvier 2011 à trois ateliers dans le cadre d’un projet du Bureau des travailleurs (ACTRAV) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour acquérir des connaissances et des compétences sur les stratégies de syndicalisation dans les zones franches d’exportation (ZFE) en Indonésie. Les ateliers ont eu lieu à Medan au nord de Sumatra, à Puncak (Java) et à Batam dans les îles Riau situées près de Singapour. Les ateliers à Medan et Batam étaient destinés à la formation de futurs organisateurs et organisatrices qui auront pour tâche d’assurer la syndicalisation sur une base volontaire. Les directions des deux affiliés ont participé à une réunion de planification stratégique à Puncak.

Le renforcement de la confiance et de la motivation a agi comme un catalyseur chez les participant(e)s pour les engager à assurer activement la syndicalisation des grandes chaînes d’approvisionnement des entreprises de l’électronique dans la plupart des cas, situées dans des ZFE qui se développent dans tout le pays. Les participant(e)s ont également appris les bases de la localisation industrielle des installations où ils travaillent de façon à pouvoir mener activement la syndicalisation par la mise en place de comités de syndicalisation sur une base volontaire dans les installations où les travailleuses et travailleurs des ZFE sont employés. Les participant(e)s ont également acquis des connaissances sur les conventions de l’OIT et les législations locales du travail pour bien comprendre leur droit à la syndicalisation.

C’est un fait bien connu que les ZFE emploient dans le monde un personnel largement féminin où les droits des syndicats et des travailleuses et travailleurs sont souvent déniés quand ils ne sont pas enfreints par les entreprises qui sont le plus souvent transnationales (STN). Les ZFE en Indonésie ne font pas exception à de telles infractions aux droits et à l’exploitation des travailleuses et travailleurs. La haute direction des deux affiliés a publié un plan commun de syndicalisation de ces travailleuses et travailleurs.

Le président de la FSPMI Said Iqbal et le président de Lomenik Eduard Marpaung ont souligné le besoin urgent d’une syndicalisation active et la nécessité de donner des pouvoirs aux travailleuses et travailleurs des ZFE. Le représentant régional de la FIOM Arunasalam a lancé un appel aux syndicats pour qu’ils donnent la priorité absolue à la nature actuelle de l’emploi, à l’exploitation de la main-d’œuvre et à la résistance des employeurs dans les ZFE.

L'IAM poursuit en justice la Gouverneuse de Caroline du Sud

ÉTATS-UNIS: La Gouverneuse de Caroline du Sud Nikki Haley fait face à un grand procès pour avoir dit que l’État tenterait de maintenir les syndicats hors de l’usine Boeing à North Charleston. La plainte, déposée le 20 janvier 2011 au tribunal de première instance de Charleston par les organisations syndicales International Association of Machinists (IAM) et American Federation of Labor and Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO), demande au tribunal d’ordonner à Haley et à sa directrice du département du Travail, des Licences et de la Réglementation (LLR) Catherine Templeton, de faire preuve de neutralité et de se tenir à l’écart des questions concernant l’activité syndicale.

La plainte contre la Gouverneuse républicaine Nikki Haley porte sur des infractions aux droits constitutionnels et statutaires fédéraux sur la liberté d’expression, la liberté syndicale et les procédures prévues par l’établissement au niveau des institutions de l’État d’une politique d’hostilité à l’égard des syndicats et des travailleurs et travailleuses qui veulent se syndiquer. Les deux organisations syndicales IAM et AFL-CIO ont intenté une action en justice sur la base d’une section de la constitution des États-Unis qui interdit aux fonctionnaires d’un État d’agir de façon à priver des citoyens et citoyennes de la protection de leurs droits au niveau fédéral. (Le texte intégral de l’action en justice se trouve ici: http://bit.ly/SCGov_Complaint).

Le 8 décembre 2010, la Gouverneuse Haley a annoncé sa décision de désigner Catherine Templeton, avocate connue pour son opposition aux syndicats, à la tête du département du Travail, des Licences et de la Réglementation (LLR) de Caroline du Sud, en déclarant sans équivoque : "Nous allons combattre les syndicats et j’ai besoin d’un partenaire pour m’aider dans cette tâche". La plainte de l’IAM comporte également le nom de Catherine Templeton, directrice du département du Travail, des Licences et de la Réglementation (LLR) de Caroline du Sud, en tant que co-accusée.

"En donnant à Mme Templeton la tâche de combattre la syndicalisation en Caroline du Sud, et notamment contre l’IAM dans les installations de Boeing à North Charleston, la gouverneuse Haley demande à une fonctionnaire de l’État d’enfreindre la loi qu’elle est chargée de faire respecter", a déclaré Bob Martinez, vice-président de l’IAM dans le territoire du Sud. "Il n’entre pas dans les prérogatives de l’État de prendre parti ou d’exercer une influence dans la décision d’un travailleur ou d’une travailleuse d’adhérer ou non à un syndicat",  a-t-il ajouté.