Les travailleurs de Swedwood en Virginie votent en faveur de la syndicalisation

ÉTATS-UNIS: Les travailleurs et travailleuses des installations de Swedwood à Danville, Virginie, ont voté le 27 juin pour être représentés par la FIOM et par International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAMAW), un affilié de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB).  Le résultat du scrutin a montré que 221 personnes avaient voté en faveur du syndicat et 69 contre. Cette victoire électorale marque l’achèvement de la première phase de la lutte pour la défense des droits des travailleurs et travailleuses et pour la justice sociale pour le personnel de Swedwood en Virginie.

Plutôt que de rester neutre et de soutenir une élection "loyale et amicale", comme ce fut le cas pour la direction de IKEA avec l’IBB et l’IAMAW, la direction de Swedwood aux États-Unis a continué de suivre les conseils de son cabinet d’avocats pour gêner les syndicats, et a mené plusieurs activités destinées à modifier les résultats de l’élection.

Indifférents aux tactiques abusives qui allaient des rumeurs de fermeture d’usine aux promesses de primes en cas de défaite du syndicat, les travailleurs et travailleuses ont décidé d’adhérer au syndicat. Les questions relatives à la santé et la sécurité, la discrimination raciale, la dignité et le respect des droits fondamentaux de la personne constituaient les principaux griefs exprimés par les travailleurs et travailleuses comme autant de raisons pour voter en faveur de l’adhésion au Machinists Union.

Les travailleurs et travailleuses ont voté pour un syndicat, mais il est clair que le combat n’est pas pour autant terminé, du fait que le prochain obstacle important concerne la réussite de la négociation d’une convention collective destinée à améliorer la sécurité des travailleurs et travailleuses, favoriser un traitement respectueux et mettre fin au favoritisme et à la discrimination.

Le syndicat de Gestamp en Russie se bat pour de meilleurs salaires et conditions

RUSSIE: Une section syndicale locale a été créée le 14 juin à l’usine de haute technologie de Gestamp à Kaluga qui fabrique des composants destinés à l’usine de montage de Volkswagen située à proximité. La nouvelle section a rejoint le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA) affilié à la FIOM.

Gestamp-Severstal-Kaluga est une société mixte russo-espagnole dont une part importante est détenue par la société espagnole Gestamp Automoción et par l’entreprise minière et de production d’acier russe Severstal. L’usine produit des pièces embouties de carrosserie de voiture avec emboutissage à froid.

Gestamp à Kaluga, créée en juillet 2010, emploie actuellement 120 personnes avec des contrats de travail permanents, dont 80 sont employées à la production. L’administration utilise également les services de travailleurs et travailleuses précaires embauchés par l’agence Adecco. Cette agence de fourniture de main-d’œuvre détient également la fonction d’employeur pour le personnel de Volkswagen à Kaluga pendant la ‘période d’essai’ de six mois décidée par la direction.

Les syndicalistes ont rédigé un appel destiné à l’administration pour lui demander de respecter strictement le Code national du Travail et de prendre part au dialogue social. Les syndicalistes sont actuellement engagés dans une campagne généralisée de syndicalisation dans l’usine.

Les membres de la section syndicale dans l’usine ont mené une enquête dont le résultat indique que les questions importantes pour les travailleurs et travailleuses sont les bas salaires et le délai d’un an pour l’évaluation des lieux de travail. Les salaires chez Gestamp sont inférieurs à ceux de Volkswagen. Le salaire mensuel moyen se situe autour de 20.000-26.000 roubles (740-960 USD). Les syndicalistes estiment que les conditions de travail dans l’usine sont considérées comme étant ‘dures’. Si tel est le cas, les travailleurs et travailleuses n’ont pas reçu les avantages liés à de dures conditions de travail (stipulées dans la législation russe) depuis plus d’un an.

Les principaux objectifs de la section syndicale locale concernent l’augmentation des salaires et l’évaluation des lieux de travail.

Une grande industrie automobile a été créée ces dernières années à Kaluga, Russie. De grands constructeurs automobiles comme VW et Peugeot sont venus avec leurs fournisseurs. La chaîne d’approvisionnement de Volkswagen, l’une des rares à Kaluga, comprend Gonvarri, Faurecia, Lear Corporation, Magna et d’autres usines. Certaines d’entre elles ont déjà des sections syndicales de l’ITUA.

La répression des manifestations se solde par 19 morts au Malawi

MALAWI: Les manifestations organisées le 20 juillet par la société civile dans tout le pays ont dégénéré en deux journées d’émeutes à la suite de la tentative du gouvernement du Malawi d’empêcher qu’elles aient lieu. Selon le rapport d’un haut dirigeant du Congrès des syndicats du Malawi (MCTU), l’annonce qu’une ordonnance interdisant les manifestations avait été obtenue par le gouvernement était diffusée à la radio dès le matin du 20 juillet, bien que cette ordonnance soit annulée par la justice le jour même à l’heure du déjeuner. Les gens qui s’étaient rassemblés pour manifester étaient refoulés par des tirs de gaz lacrymogène et à balles réelles de la police pour disperser manifestants et manifestantes à Lilongwe, Blantyre et Mzuzu. La colère qui montait à la suite de la répression brutale des manifestations s’est transformée en deux journées d’émeute.

Le régime du président Bingu wa Mutharika est à l’origine du mécontentement de plus en plus grand au Malawi. La société civile a critiqué les lois qui ont été adoptées pour limiter la liberté de la presse, restreindre les procès intentés au gouvernement et les libertés civiques. Le mécontentement des masses populaires se développe avec la dégradation des conditions économiques qui se traduit par une aggravation de la pénurie de carburants et une détérioration du marché des changes.

Le dirigeant du MCTU explique que les travailleurs et travailleuses ont été durement touchés par la crise économique. La pénurie de devises est telle que les entreprises ne peuvent pas faire venir des matières premières et des pièces détachées, ce qui entraîne des pertes d’emploi. Les pénuries et le prix élevé au marché noir des carburants et des devises, de même que le coût des transports, ont amené des prix prohibitifs, ce qui fait que les produits de base sont devenus inabordables.

La situation dans le pays a empiré depuis l’expulsion par le Malawi du haut commissaire britannique Fergus Cochrane-Dyet, en avril 2011, à la suite de la divulgation d’un télégramme diplomatique britannique qui décrivait le président Mutharika comme étant "devenu encore plus autocratique et ne supportant pas la critique". En réponse, le Royaume-Uni a expulsé le haut-commissaire du Malawi et suspendu une aide de 550 millions d’USD pour les 4 années à venir.

Le Royaume-Uni avait déjà réduit son aide au Malawi pour protester contre l’acquisition par le gouvernement d’un avion à réaction luxueux exclusivement réservé au président. D’autres pays donateurs ont également différé leur aide en raison de l’inquiétude de plus en plus grandes causée par les lois répressives et la mauvaise gestion des finances. Le Malawi est l’un des pays les plus pauvres au monde où plus de 70 pour cent de la population vit avec moins d’un dollar par jour et où des millions de gens souffrent des conséquences de l’aggravation des relations avec les donateurs. Le Malawi dépend fortement de l’aide étrangère, les donateurs assurant 40 pour cent du financement du budget de l’État. De ce fait, la désaffection des donateurs qui s’ajoute aux difficultés économiques intensifie la crise sur le marché des changes.

La main-d’œuvre syndiquée qui s’était rassemblée avec environ 80 autres organisations de la société civile pour organiser les défilés protestataires le 20 juillet dans des villes du Malawi, était décidée à manifester dans le calme et le respect des engagements constitutionnels. Malgré la répression policière brutale, les manifestants et manifestantes ont présenté leurs revendications aux commissaires de district en demandant au président d’apporter une réponse à ces revendications pour le 16 août 2011, faute de quoi ils/elles retourneraient dans les rues.

Beaucoup de dirigeants locaux de la société civile, notamment des dirigeants syndicaux, vivent maintenant cachés en craignant pour leur vie après avoir reçu des menaces. Les protestations destinées à rappeler au président qu’il avait été élu par la population et était de ce fait responsable de ses actes devant elle a montré que Mutharika ne consent pas à tenir compte de l’appel qui lui est adressé. Le lendemain des manifestations, Mutharika a reconnu la nécessité d’un dialogue avec la société civile, mais il semble aujourd’hui peu disposé à s’engager dans ce sens et a depuis blâmé la société civile pour les émeutes et les morts, en renforçant ainsi sa position dictatoriale et en menaçant de réprimer toute nouvelle protestation contre son régime.

Le syndicat USW de Honeywell conclut un accord préliminaire

ÉTATS-UNIS: Le personnel est chargé de la transformation de l’uranium brut en hexafluorure d’uranium (UF6), utilisé dans le processus d’enrichissement du combustible nucléaire. Les membres de la section syndicale 7-669 de l’USW étaient lock-outés par l’entreprise depuis le 28 juin 2010, et dans les semaines qui suivirent, Honeywell avait inexplicablement repris la production sur un site, en laissant du personnel de remplacement inexpérimenté utiliser des substances chimiques dangereuses.

Le président de la section syndicale 7-669, Darrell Lillie, a dit que le syndicat procédait actuellement à une nouvelle classification des emplois. Honeywell a créé 21 nouveaux emplois, et comme le syndicat maintient ses dispositions sur l’ancienneté dans le nouvel accord préliminaire, des offres d’emplois doivent être ordonnées pour les membres du personnel qui avait été victimes du lock-out.

Lillie a dit que cela devrait être terminé aujourd’hui et que le syndicat organisera une réunion explicative sur le nouveau contrat au début de la semaine prochaine, avec un vote sur l’accord préliminaire vers le milieu de la semaine.

"D’une manière générale, nous ne sommes pas totalement satisfaits du contrat proposé, mais nous sommes heureux du fait que plusieurs questions importantes que l’entreprise tentait de supprimer soient toujours d’actualité", a déclaré Lillie. "Nous conservons la plupart des dispositions qui sont au cœur des valeurs syndicales".

Ces dispositions concernent l’ancienneté, ce qui permet aux salariés ayant le plus d’ancienneté d’accepter des emplois disponibles plus favorables, le maintien d’un régime de droit à la retraite déterminé pour les travailleurs et travailleuses en exercice, les soins médicaux pour les retraités qui bénéficient du même régime de droit à la retraite, et le maintien du paiement des heures supplémentaires après huit ou douze heures par jour, le personnel de Honeywell à Metropolis travaillant en équipe postée de huit ou douze heures.

Une autre disposition importante maintenue concerne le supplément salarial de 50 pour cent pour le sixième jour consécutif de travail dans la semaine, et le doublement pour le septième jour. (voir l’information publiée par l’ICEM au début du mois)

En ce qui concerne les salaires, la proposition ne prévoit pas d’augmentation pour la première  année du contrat, 1 pour cent au 15 août 2012 et 2 pour cent au 15 août 2013. Il convient de noter que dès le début du lock-out, la section syndicale 7-669 avait proposé un gel des salaires et le maintien de toutes les clauses et conditions du contrat triennal précédent, mais que l’entreprise cherchait à supprimer de nombreux avantages et des dispositions de protection syndicale.

Dans l’accord proposé, le personnel nouvellement embauché va tomber dans un mécanisme de fonds de capital-investissement au lieu d’un fonds de pension de retraite à prestations du type ‘AlliedSignal Pension Benefit Thrift Fund’, et les travailleurs et travailleuses bénéficiant d’un congé dans le cadre de la loi américaine sur le congé familial et médical (US Family and Medical Leave Act) devront prendre ce congé simultanément avec leurs congés payés. Quelques emplois de gardien de locaux et de blanchisserie seront sous-traités, et le plus inquiétant, sur un lieu de travail aussi dangereux, est qu’un poste unique d’opérateur chargé de la sécurité sera sous-traité. Le titulaire de ce poste a la responsabilité de maintenir tous les équipements de sécurité dans toute l’usine en état de marche, comme les extincteurs, les appareils respiratoires de secours et autres équipements de sécurité.

Selon Lillie, 150 salariés suivront à nouveau le 15 août une formation et une réorientation obligatoires selon la commission américaine de réglementation nucléaire (US Nuclear Regulatory Commission), 40 autres deux semaines après, et le personnel restant deux semaines plus tard. Quand les membres qualifiés et expérimentés de l’USW auront tous repris le travail, 220 salariés composeront la main-d’œuvre syndiquée.

"La section syndicale 7-669 est très reconnaissante de l’énorme soutien reçu de la part de syndicats, de membres de la communauté et de bien d’autres encore, au cours de ce long lock-out", a déclaré Lillie. "Les dons, le soutien international, et la reconnaissance de beaucoup, ici et à l’étranger, sur ce auquel nous avons été confrontés, ne seront jamais oubliés".

Douze membres de Birleşik détenus par la gendarmerie

TURQUIE: Depuis avril, plus de 110 personnes qui ont été illégalement licenciées pour avoir adhéré au syndicat Birleşik Metal-İş, manifestent devant l’usine MAS-DAF Makina Sanayi à Düzce en exigeant leur droit légitime à la réintégration.

Le 19 juillet, quelques instants avant la tenue d’une conférence de presse pour annoncer le projet du syndicat d’accroître les actions par une marche de 234 kilomètres de Düzce à Ankara, la gendarmerie a assailli brutalement la réunion et emmené de force 12 travailleurs et un dirigeant syndical, dont M. Celalettin Aykanat, membre du comité exécutif de DİSK et Birleşik Metal-İş.

Après leur libération tard dans la soirée et le lendemain matin, les travailleurs et travailleuses et leurs dirigeants syndicaux ont entrepris la marche vers la capitale ou ils espèrent pouvoir délivrer un message fort au gouvernement turc et à l’Organisation internationale du Travail en spécifiant que les travailleurs et travailleuses doivent pouvoir adhérer à un syndicat sans crainte d’un licenciement par mesure de représailles ou d’une discrimination antisyndicale.

Les travailleurs et travailleuses de MAS-DAF prévoient d’être présents devant les bureaux de l’OIT à Ankara le 28 juillet et devant le ministère du Travail et de la Sécurité sociale le 29 juillet.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et la Fédération européenne des métallurgistes qui ont mené activement campagne pour obtenir la réintégration des membres du personnel de MAS-DAF, demandent instamment aux affiliés des deux organisations d’envoyer des lettres de protestation à:

M. Faruk Çelik
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale
Télécopie: +90 312 212 72 30

M. Vasip Şahin
Maire de Duzce
Télécopie: +90 380 524 48 99

La grève de NUMSA prend fin avec des gains importants pour les travailleurs

AFRIQUE DU SUD: Dans le secteur de la métallurgie, les travailleurs et travailleuses s’étaient mis en grève après avoir rejeté l’offre patronale d’une augmentation salariale de 7 pour cent et en exigeant un relèvement de 13 pour cent.  Après plusieurs jours de négociations et de manifestations dans les rues, NUMSA a insisté auprès des employeurs qui ont finalement accepté pour la première année de l’accord, une augmentation de 10 pour cent des salaires les plus bas et de 8 pour cent pour ceux classés comme artisans. Pour les deux années suivantes de cet accord triennal, l’augmentation sera chaque année de 8 pour cent pour les salaires les plus bas et de 7 pour cent pour ceux classés comme artisans, dans le cas où l’inflation serait inférieure à 8 pour cent. Mais si le taux d’inflation était supérieur à 8 pour cent au cours de l’une des deux dernières années ou durant les deux années, l’augmentation suivrait le taux d’inflation augmenté de 2 pour cent.

Bien que NUMSA n’ait pas réussi à faire accepter sa revendication visant à obtenir un accord salarial de deux ans au lieu de trois, le syndicat s’estime satisfait de l’accord du fait que les travailleurs et travailleuses lui avaient donné mandat de ne pas accepter une augmentation inférieure à deux chiffres pour les salaires les plus faibles.

"Les négociations salariales ne doivent pas être considérées isolément, mais comme l’un des outils permettant d’aborder la triple crise à laquelle notre pays fait face", a déclaré le secrétaire général de NUMSA, Irvin Jim. "L’Afrique du Sud est le pays au monde où les inégalités sont les plus fortes dans le domaine des revenus, et la manière la plus concrète de remédier à ces inégalités est de combler l’écart salarial. Les négociations salariales sont l’outil le plus puissant dont nous disposons pour agir de manière décisive sur cette question."

Les négociations ont également permis d’obtenir des gains importants dans d’autres domaines, notamment en ce qui concerne les efforts entrepris par NUMSA pour combattre l’emploi précaire. Une réunion spéciale du Comité exécutif national qui s’est tenue durant la grève a décidé, notamment, "de ne pas avoir recours à des intermédiaires pour l’embauche de main-d’œuvre dans les industries de la métallurgie et de l’ingénierie car selon notre expérience, leur régularisation n’a pas permis de mettre fin à l’exploitation des travailleurs et travailleuses dans ces industries".

Au début des négociations, les employeurs étaient seulement disposés à prendre en considération la réglementation des intermédiaires chargés de l’embauche de main-d’œuvre, mais NUMSA a réussi à obtenir leur accord pour mettre fin à cette pratique. Le personnel actuellement employé par le biais de ces intermédiaires se verra offert des contrats à durée déterminée (CDD) de quatre mois, après quoi chaque travailleur et travailleuse obtiendra un travail permanent (contrat à durée indéterminée). Les personnes employées avec ces contrats bénéficieront des mêmes avantages que travailleurs/euses permanents. Après quatre mois, les employeurs ne seront pas autorisés à licencier un travailleur/euses en CDD pour le remplacer par un autre travailleur/euse en CDD.

Des avancées positives ont également eu lieu sur la question des droits syndicaux. Les employeurs permettront la tenue de quatre assemblées générales des travailleurs et travailleuses chaque année au niveau de l’usine qui se dérouleront pendant les heures de travail payées. Les délégué(e)s syndicaux/ales auront droit à cinq jours de formation par an, avec possibilité d’une amélioration de cette disposition par une négociation au niveau de l’usine.

Les parties ont également décidé de faire avancer les discussions sur le développement futur de l’industrie manufacturière en Afrique du Sud et sur les créations d’emploi. Ces discussions s’appuieront sur un cadre qui est déjà en place et se poursuivront au forum sur la politique industrielle.

Un rapport montre l'exploitation dans l'industrie chinoise de l'électronique

CHINE: Depuis sa création en 2000, China Labor Watch, qui est une organisation indépendante sans but lucratif, a collaboré avec des syndicats, des organisations de travailleurs et des organes de presse pour avoir accès à des usines en Chine qui fabriquent des jouets, des bicyclettes, des chaussures, des meubles, des vêtements et de l’électronique pour certaines des plus grandes entreprises multinationales.
 
D’octobre 2010 à juin 2011, les enquêteurs du CLW se sont fait passer pour des ouvriers d’usine et ont interrogé 408 travailleurs/euses de l’électronique dans les provinces de Guangdong et de Jiangsu en Chine sur les conditions dans leurs usines. Ils en sont venus à la conclusion que les conditions et pratiques de travail constituent non seulement des infractions à de nombreuses lois du travail chinoises, mais également au code de conduite de la responsabilité sociale des entreprises multinationales des marques de l’électronique.
 
La majorité des infractions concerne les heures supplémentaires, les salaires, l’intensité du travail, les contrats de travail et la discrimination à l’embauche.

CLW en a conclu que les conditions de travail inhumaines dans ces usines reflètent non seulement de graves problèmes dans l’industrie chinoise de fabrication de produits électroniques, mais d’une manière générale de graves problèmes rencontrés systématiquement dans l’industrie internationale de l’électronique.  Bien que les entreprises multinationales des marques de l’électronique assurent la promotion de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), leur comportement est en contradiction directe avec ce qu’elles affirment être.
 
Les résultats de l’enquête confirment les rapports antérieurs sur Apple et Foxconn, présentés ici.
 
Le rapport du CLW signale un certain nombre de domaines où des réformes sont nécessaires. Le texte intégral du rapport, intitulé Tragedies of Globalization: The Truth Behind Electronics Sweatshops (Les tragédies de la mondialisation: la vérité derrière les ateliers de misère de l’électronique) se trouve sur www.chinalaborwatch.org.

 

Mobilisation des travailleurs de Codelco contre la privatisation et les licenciements au Chili

CHILI: La fédération des travailleurs du cuivre (FTC), qui représente les syndicats de mineurs à Codelco, a déclenché une grève de 24 heures lundi 11 juillet. La grève a touché tous les services de l’entreprise d’État.
Dans un communiqué de presse, la FTC qui est affiliée à la FIOM, indique les trois raisons de son appel à la grève:

La FTC a également averti que toute répression ou licenciement de travailleurs en réponse à cette mobilisation légitime se traduira par un ordre de grève illimitée.

La privatisation des droits miniers de la mine Gabriela Mistral, qui est appelée à devenir une société anonyme, est l’une des principales raisons de l’action de la fédération. "Ils ont déjà changé le statut juridique de notre mine, mais ils ne le disent pas. Nous sommes effectivement maintenant une autre société, mais ils n’ont rien dit. Ils n’admettent pas non plus que les pertes causées par une grève de 24 heures sont rien comparées aux pertes occasionnées si cette entreprise d’État est vendue et privatisée", a déclaré Emilio Paez, président du syndicat des mineurs de Gaby.

Le bureau régional de la FIOM qui suit attentivement la lutte des mineurs chiliens s’est déclaré solidaire de toute décision prise par la FTC pour appuyer ses revendications.

Intensification du conflit au chantier naval de Hanjin en Corée

CORÉE DU SUD: Environ 10.000 travailleurs/euses et citoyen(ne)s venus de toute la Corée ont participé dans la nuit du 9 au 10 juillet à la marche "Hope Bus" en direction du chantier naval de Hanjin en Corée pour protester contre les licenciements décidés en rupture de contrat et contre l’emploi précaire sur le chantier, et pour rendre une visite de solidarité à la gréviste de la faim Kim Jin-suk. Après un festival culturel à Busan, les participant(e)s se sont mis en marche pour se rendre au chantier naval en tenant des bougies. À un kilomètre du chantier, la police anti-émeute qui bloquait la route a agressé les marcheurs avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.  

Kim Jin-suk – voir article précédent – se voit refuser l’accès à des soins médicaux depuis le 5 juillet, quand on a empêché par la force son médecin de la rencontrer. L’entreprise a mis fin à la fourniture de produits de première nécessité et qu’elle puisse recharger son téléphone mobile.  

Le président de la centrale nationale coréenne des syndicats KCTU prévoit de commencer une grève de la faim le 13 juillet pour demander à la société Hanjin de négocier de bonne foi.

Le syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) tiendra jeudi une conférence de presse pour annoncer l’envoi de lettres de protestation au président coréen Lee Myung-bak.

La FIOM a envoyé le 4 juillet une lettre au président coréen, dans laquelle elle demande au gouvernement coréen de cesser toute violence contre les travailleurs et travailleuses du chantier naval Hanjin Heavy Industries et aux usines Yuseong Piston Ring, de pousser les entreprises à engager une négociation collective et de lever le lock-out, de mettre fin aux harcèlement des responsables syndicaux, des membres et des sympathisant(e)s, et de respecter les conventions de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit à négocier collectivement.
La FIOM, le KMWU et Labourstart ont lancé une campagne pour demander au gouvernement coréen de mettre fin immédiatement à la violence. Soutenez cet effort et envoyez votre lettre de protestation MAINTENANT! (Cliquez ici)

Les organismes suivants, parmi beaucoup d’autres, ont envoyé des lettres de protestation: AMWU et AWU en Australie, CNM/CUT au Brésil, CGT métallurgie en France, FIOM-JC au Japon, FIM-CISL en Italie, NTUI en Inde, Fellesforbundet en Norvège, la fédération du travail du Pakistan, la fédération du travail et l’alliance des métallurgistes aux Philippines, USW Métallos et CAW au Canada, USW aux États-Unis et au Canada, IG Metall en Allemagne.

Dans une action parallèle, la centrale syndicale américaine AFL-CIO a demandé aux représentants des États-Unis, en se référant aux évènements à Hanjin et Yuseong, de refuser l’examen d’une proposition d’accord de libre-échange avec la Corée du Sud, tant que les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses de se syndiquer et de négocier collectivement ne seront pas respectés.

Un groupe de travail de l'OCDE favorable à une croissance verte dans la construction navale

FRANCE: Des industries maritimes comme la construction navale, l’exploitation des navires et le recyclage/la démolition des navires, l’emploi de matériaux et les pratiques de fabrication qui exercent un impact sur l’environnement, sont les causes du changement climatique et ont un effet sur le développement durable. Les 7 et 8 juillet, le groupe de travail de l’OCDE sur la construction navale (OCDE GT6) a organisé à Paris un atelier sur la croissance verte dans la construction navale, pour partager les pratiques optimales et élargir le dialogue sur les politiques dans ce domaine aux pays qui ne sont pas membres de l’OCDE et aux industries maritimes connexes.

Le mode de penser dans le cycle de vie est l’un des plus importants concepts partagé par les participants au cours de l’atelier. Par exemple, la phase d’exploitation dans le cycle de vie d’un pétrolier représente plus de 98 pour cent des émissions de CO2. La construction et le recyclage (démolition du navire) produisent seulement 1,5 pour cent des émissions. Il est donc important pour réduire les émissions de se concentrer sur la phase d’exploitation. L’industrie navale et les fabricants de machines et d’équipements peuvent néanmoins apporter une contribution dans toutes les phases pour réduire les émissions de CO2 et l’impact sur l’environnement en utilisant des technologies "vertes" respectueuses de l’environnement pour le recyclage dans l’ensemble du processus de construction navale.

En ce qui concerne la main-d’œuvre, Kan Matsuzaki, directeur de la FIOM pour la construction navale-démolition des navires, participait pour le TUAC. Matsuzaki a soulevé des questions sur la protection de l’environnement, la création d’emplois durables et la situation des démolisseurs de navires laissés pour compte dans la transition vers le cycle de vie et un mode de penser "vert" favorable à l’environnement. Il a aussi souligné la nécessité d’un lien coopératif entre la construction navale et la démolition des navires, afin de promouvoir une croissance verte dans tous les secteurs maritimes et pour tous les travailleurs et travailleuses.  

Les participants à l’atelier ont réalisé que la coopération entre les secteurs était cruciale. La question porte maintenant sur façon de la faciliter. Le secrétariat du groupe de travail 6 de l’OCDE va préparer un rapport sur les résultats de cet atelier.
Les documents et les exposés de l’atelier se trouvent sur le site OCDE GT6.