Les licenciements chez BlueScope Steel révèlent une crise dans le secteur manufacturier en Australie

AUSTRALIE: Septembre 29, à Canberra, les syndicats ont rencontré la Première ministre Julia Gillard pour demander instamment que son gouvernement travailliste entame une enquête sur la crise de l’industrie manufacturière australienne.

BlueScope, créée en 2002 par la cession de BHP Steel à l’occasion de la fusion entre BHP et Billiton, a annoncé le 22 août qu’elle allait licencier près de la moitié de ses 3.100 salariés des Port Kembla Steelworks et supprimer 200 emplois dans un laminoir à chaud de Hastings, dans l’État de Victoria.

Jeudi dernier, une réunion syndicale s’est tenue sous le coup de l’émotion lorsque les travailleurs ont appris que les membres de la direction de cette entreprise en difficulté s’accordaient 3,05 millions $ australiens de primes, dont 721.000 $ pour le P-DG Paul O’Malley. L’entreprise avait récemment annoncé une perte d’exploitation de 118 millions $ et une dévaluation d’actifs de 900 millions, principalement en raison de la hausse du dollar australien, des cours élevés des matières premières et de carnets de commandes peu remplis.

Ces suppressions de postes chez BlueScope surviennent à un moment où l’essor des exportations de matières premières australiennes pousse le taux de change du dollar australien à la hausse, cela au détriment du secteur manufacturier australien. BlueScope supprime ainsi 1.200 emplois à temps plein et contractuels en mettant à l’arrêt un haut fourneau, un four à coke, un four à brames et une aciérie à l’oxygène à Port Kembla, au sud de Sydney, et 200 autres dans un laminoir de Mornington Peninsula, dans l’État de Victoria.

Prenant la parole à Port Kembla le jour où BlueScope annonçait les licenciements, le Secrétaire national de l’AMWU, Dave Oliver a déclaré : "Le boum que connaît le secteur minier est loin de profiter à tous et 1.400 familles subissent douloureusement le revers de la médaille. C’est un énorme signal d’alarme pour les autorités fédérales et locales qui doivent prendre des mesures à ce propos."

http://www.icem.org/fr/78-ICEM-InBrief/4627-Les-licenciements-chez-BlueScope-Steel-révèlent-une-crise-dans-le-secteur-manufacturier-en-Australie.

Les syndicats mondiaux veulent un changement de politique des institutions financières

MONDE: Dans une analyse approfondie de la crise financière mondiale de 2008 et des risques d’un nouveau ralentissement économique en 2011, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et ses organisations syndicales mondiales sœurs, ainsi que la Confédération syndicale internationale¬¬ (CSI) et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC), demandent au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale d’engager une action et de changer de politique. Ces deux organismes tiendront leurs réunions annuelles au niveau ministériel du 23 au 25 septembre à Washington, États-Unis.

Dans leur déclaration de 12 pages, les syndicats énoncent des mesures de création d’emplois et déclarent soutenir des programmes d’infrastructure, les soins médicaux et l’éducation, des investissements dans le domaine climatique, plutôt qu’une consolidation budgétaire par des coupes dans les programmes sociaux qui frapperont les personnes pauvres et vulnérables avec le risque de créer ‘une génération perdue d’enfants et de jeunes gens ayant reçu une éducation insuffisante et inadaptée’.

Les déficits devraient être réduits grâce à des mesures fiscales qui pèseraient moins sur l’emploi et permettraient de réduire les inégalités de revenu par le remplacement d’une imposition à taux fixe par un impôt progressif sur le revenu. Le FMI est invité à soutenir une restructuration de la dette, notamment par la baisse des crédits hypothécaires et par un rééchelonnement du remboursement de la dette souveraine des pays dont l’endettement est insoutenable. Une taxe sur les transactions financières, déjà en vigueur au Brésil et proposée par l’Allemagne et la France, devrait permettre de financer des programmes de redressement à forte intensité d’emplois et de réaliser un développement et des objectifs dans le domaine climatique.

Afin d’éviter de nouvelles crises financières, les syndicats demandent instamment au Conseil de stabilité financière créé à la suite de la crise en 2008, aux institutions financières internationales et à leurs pays membres, de mettre en place une réglementation du système financier en fractionnant en plusieurs unités les institutions financières dont la taille excessive est source de faiblesse, d’instituer des contrôles sur les pratiques financières d’organismes non-bancaires, sur les fonds spéculatifs à court terme et les fonds de capital d’investissement, et également de supprimer les paradis fiscaux.

Les syndicats font état de lacunes graves, notamment à la Banque mondiale et à l’unité Doing Business de la SFI: "Les soulèvements populaires dans des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont montré le manque de largeur de vue des structures analytiques qui ignorent des phénomènes déterminants comme la persistance d’un chômage élevé, notamment chez les jeunes, les inégalités de revenu exorbitantes, la concentration de la richesse provenant de l’exploitation des ressources naturelles, de l’industrie, du commerce et de la finance dans quelques mains, souvent à la suite d’une privatisation d’entreprises publiques, le manque de liberté syndicale et d’expression, ainsi que la répression politique.
Plusieurs pays dont les régimes ont été renversés étaient jugés comme étant très performants par l’unité Doing Business de la Banque mondiale ou comme obtenant des résultats macroéconomiques exemplaires par le FMI. Par exemple, en février 2011, le conseil d’administration du FMI a déclaré "se réjouir des très bons résultats macroéconomiques en Libye et des progrès réalisés pour accroître le rôle du secteur privé et pour soutenir la croissance dans l’économie non-pétrolière [et] … félicitait les autorités pour leur programme ambitieux de réformes".

Nous trouvons à l’opposé le Brésil, comme le souligne les syndicats mondiaux, qui était "auparavant l’un des pays les plus inégalitaires au monde, où l’amélioration de l’accès à l’éducation, l’augmentation des prestations sociales destinées aux pauvres et des salaires minimums ont contribué à la réduction des inégalités de revenu au cours des dix dernières années".

Lire le texte intégral de la Déclaration des syndicats mondiaux aux réunions annuelles 2011 du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

Syndicats, étudiants et campesinos veulent du changement au Mexique

MEXIQUE: Dès le matin du 1er septembre, des organisations ont travaillé ensemble sur la place Zocalo, située dans le centre de Mexico, pour proposer un contre-rapport en prévision du cinquième rapport annuel de Calderon à la nation.  Dans l’après-midi, les représentants des syndicats, des étudiants et des groupes de campesinos (paysans rebelles) rassemblés devant le Parlement ont envoyé une délégation de dirigeants de l’UNT, du SME, du syndicat Mineros affilié à la FIOM et à l’ICEM, et d’autres groupes, pour exiger un changement en direction du gouvernement, pour mettre fin au harcèlement des organisations indépendantes et à la criminalisation des actions revendicatives, pour mettre un terme à la réforme actuelle de la législation du travail et de la sécurité.

Lorraine Clewer du Centre de solidarité, AFL-CIO, a rapporté que les organisations ont alors défilé jusqu’à la place Zocalo pour donner lecture d’un ‘contre-rapport’ à une foule estimée à 40.000 personnes: Le nombre de pauvres a augmenté de 10 millions avec ce gouvernement, le revenu réel des classes ouvrière et moyenne a baissé d’un tiers, le chômage touche 3 millions de personnes, on compte jusqu’à 7 millions de jeunes au chômage, et la guerre contre le trafic de stupéfiants a fait 50.000 morts et disparus depuis décembre 2006.  

Bien que l’on trouve des différences de détail, les syndicats ont fait preuve d’unité durant toute la journée, et tous les grands syndicats indépendants étaient représentés devant le Parlement et sur la place Zocalo.

Le syndicat mexicain des électriciens (SME) campe sur la place Zocalo depuis mars 2011 pour protester contre les licenciements massifs dans le service public de la distribution d’électricité. Il demande des emplois pour plus de 16.000 travailleurs et travailleuses qui ont refusé l’indemnité de licenciement, la libération immédiate de 13 membres du SME encore détenus, l’accès aux comptes bancaires bloqués du SME et la restitution des cotisations confisquées, l’annulation des mandats d’arrêt contre le secrétaire général Martin Esparza Flores et d’autres dirigeants du SME, et la confirmation par les autorités de l’enregistrement de 26 responsables syndicaux récemment élus à l’échelon national.

Beaucoup de syndicats et d’autres organisations ont rejoint le campement sur la place Zocalo. On estime que 1.000 personnes campent maintenant sur la place, et un appel a été lancé pour faire venir davantage de monde. Les consommateurs/trices d’électricité marcheront le 8 septembre pour manifester contre les hausses tarifaires. Le 15 septembre, les militaires ont prévu d’organiser une parade sur la place, mais les manifestants affirment ne pas vouloir se déplacer tant qu’il n’y aura pas de solution au conflit du SME, aux revendications des travailleurs et travailleuses du Mexique et des Mineros, ainsi que la libération des syndicalistes encore emprisonnés. Les manifestants ont peur que le gouvernement mexicain cherche à faire intervenir les forces armées pour évacuer la place Zocalo où ils ont déjà reçu des menaces et où des camions militaires ont déjà circulé le 2 septembre.

Mobilisation des syndicats italiens contre le plan d'austérité

ITALIE: Le FIM et l’UILM, ainsi que leurs deux centrales nationales la CISL et l’UIL, exigent le retrait immédiat des mesures d’austérité applicables aux retraites, et ont pris à cette fin la décision de manifester le 1er septembre devant le Sénat contre les "mesures inadaptées qui frappent les victimes habituelles au lieu de s’attaquer aux responsables de la dette nationale". Les organisations syndicales insistent pour que le gouvernement annule les mesures concernant les retraites et concentre son action sur la lutte contre l’évasion fiscale, sur l’imposition des grandes fortunes et la réduction du coût du système politique pour remédier au manque de ressources.
 
Le syndicat FIOM prépare une série d’initiatives, les 5 et 6 septembre, contre les mesures prises par le gouvernement, contre les attaques sur les travailleurs et travailleuses et sur leurs droits. La centrale nationale CGIL lance un appel pour une grève nationale générale de huit heures, le 6 septembre, dans tous les secteurs, pour exiger que des changements soient apportés au plan d’austérité du gouvernement du 12 août. Des meetings et des manifestations seront organisés dans toute l’Italie.
 
Le plan d’austérité du gouvernement est considéré comme inégal et inefficace pour faire face à la crise sociale, économique et financière qui touche l’Italie.
 
"Les mesures gouvernementales placent le fardeau uniquement sur les épaules des travailleurs, des travailleuses et des retraités, par des coupes dans les salaires, les emplois et les services du secteur public, et en réduisant les fonds publics destinés aux municipalités et aux autorités locales, tout en taxant uniquement les salaires et les revenus au nom de la solidarité, en se gardant d’imposer la propriété privée et la richesse".
 
Le gouvernement intervient également dans les relations industrielles et divise les partenaires sociaux, affirme la CGIL, en faussant le contenu de l’accord sur la représentativité conclu récemment entre les principaux partenaires sociaux. Il décide, sans aucune justification économique ou financière, de réduire la protection des personnes contre des licenciements décidés à tort et à travers.
 
Le train de mesures du gouvernement ne contient aucune disposition visant à soutenir la croissance et l’emploi, notamment pour les jeunes, déclare la CGIL.
 
À l’inverse du plan d’austérité du gouvernement, la CGIL propose plusieurs mesures destinées à stimuler la croissance et les revenus, comme par exemple:

CAW ratifie un nouveau contrat avec Johnson Controls

CANADA:  "Les travailleurs et travailleuses dans le secteur des pièces automobiles au Canada ont subi ces dernières années un stress énorme et des incertitudes sur leur avenir, alors que l’employeur exigeait des concessions et les menaçait de fermeture", a déclaré Jerry Dias, assistant du président du syndicat Canadian Auto Workers.

Lors des négociations, la direction a informé le syndicat qu’elle allait devoir déplacer 165 emplois dans des installations de Johnson Controls au Michigan, États-Unis. "Finalement, nous avons réussi à préserver tout le travail en cours pour le complexe General Motors à Oshawa", a affirmé Jerry Dias.

Le salaire horaire de base des membres n’a pas été touché, mais le nouvel accord réduit les congés payés et bloque l’indemnité de vie chère. Sur un plan positif, le syndicat a réussi à négocier 40 départs à la retraite anticipée pour des membres âgés, et à établir une banque d’heures supplémentaires pour les congés.

Le personnel de production a voté à 85 pour cent en faveur de l’accord et les travailleurs qualifiés à 88 pour cent lors d’une réunion de ratification qui a eu lieu le 28 août. "Je suis satisfait de la conclusion de cet accord qui garantit les emplois de nos membres dans les installations, et également dans l’avenir", a déclaré Chris Buckley, président de la section 222 du CAW. La section représente plus de 300 salariés dans les installations de Whitby.

Les installations produisent des coussinets de porte et des consoles de plancher pour la Chevrolet Impala et la Camaro, qui sont construites à l’usine General Motors à Oshawa, Ontario. Une grève aurait eu un effet immédiat sur l’assemblage des voitures.

Pour les syndicats de la FIOM, le commerce transpacifique doit être équitable

MONDE: Le Partenariat transpacifique vise à libéraliser les économies de la région Asie-Pacifique. Des négociations ont eu lieu parallèlement aux sommets de l’APEC. Les premiers signataires de l’accord, lors de son entrée en vigueur en 2006, étaient le Brunei, le Chili, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Cinq pays, dont plusieurs sur le continent américain – Australie, Malaisie, Pérou, États-Unis et Viêt-nam – négocient actuellement leur adhésion au groupe. Leur objectif est de conclure les négociations en novembre 2011.

La FIOM a exprimé les intentions et les préoccupations des métallurgistes et les revendications des syndicats dans une déclaration destinées aux gouvernements et publiée à la veille de la prochaine série de négociations qui aura lieu à Chicago au début de septembre.

Les affiliés de la FIOM estiment que le développement durable et la création d’emplois de qualité dans chacun des pays concernés doivent être les objectifs prioritaires de tout accord commercial. Un Partenariat transpacifique (TPP) doit comporter un examen stratégique de l’impact des accords conclus dans le passé, et une évaluation préliminaire des répercussions possibles sur les emplois et les conditions d’emploi dans chacun des pays, ainsi que sur les perspectives de développement dans les pays en développement concernés. Un chapitre sur le travail doit inclure tous les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses et les autres normes du travail pertinentes, clairement définies dans les conventions de l’OIT et la jurisprudence qui s’en dégage. Tous les pays signataires doivent respecter ces normes du travail avant la mise au point définitive de l’accord.

En outre, le TPP ne doit pas contenir de dispositions sur aucun service public essentiel, de règles qui pourraient limiter le droit souverain des gouvernements de légiférer dans l’intérêt de leurs citoyens et citoyennes ou d’empêcher un accès à des médicaments à un prix abordable, ainsi que des engagements sur des services financiers et une libéralisation de l’investissement qui pourraient limiter la capacité des pays à contrôler les flux de capitaux et compromettre une régulation financière efficace.

Voir ici le texte intégral de la déclaration de la FIOM.

Au Brésil, les travailleurs de l'automobile obtiennent une augmentation chez Renault

BRÉSIL: Conformément au nouvel accord qui s’applique de 2011 à 2013, les travailleurs et travailleuses de l’automobile chez Renault obtiennent une augmentation réelle des salaires de 20,19 pour cent qui s’ajoute au taux d’inflation, et une prime d’intéressement aux bénéfices de 61.500 BRL.

L’accord est considéré comme le meilleur de toute l’histoire des négociations salariales au Brésil. Il va constituer un point de référence pour une nouvelle forme de négociations l’année prochaine.

Sérgio Butka, président de Força Sindical dans l’État de Paraná, a fait le commentaire suivant: "Quand on y met du bon sens, on peut obtenir de bons accords qui profitent à la fois au salarié qui voit que son travail est apprécié et à l’entreprise qui améliore sa compétitivité sur le marché du travail".

"Cet accord est une réponse à ceux qui critiquent le combat mené par les travailleurs et travailleuses pour obtenir un meilleur salaire, ce qui à leur dire, ferait fuir les entreprises de notre État. Grâce à cet accord, rien que l’intéressement aux bénéfices et les primes permettront d’injecter 343 millions de BRL dans l’économie du Paraná. Cela permettra de faire tourner la roue de l’économie, d’accroître la production, et encouragera la création d’emplois. Les métallurgistes du Paraná montrent la voie, et le pays doit suivre pour compenser les effets de la crise mondiale", a déclaré Butka.

L’usine Renault de Paraná emploie directement 5.700 salariés et a une capacité de production annuelle de 224.000 voitures. Les modèles produits actuellement à l’usine sont la nouvelle Renault Sandero, la Renault Sandero New Stepway, la Logan et la Grand Tour. L’usine produit également dix millions de pièces détachées destinées aux marchés brésilien et argentin. Les exportations qui portent sur 41 pour cent de la production sont destinées aux usines Renault en Argentine (22 pour cent), en Colombie (13 pour cent), en Roumanie et au Mexique (4 pour cent). Cette année, le constructeur automobile a marqué une étape décisive avec la construction d’un million de voitures depuis son inauguration en 1998. L’entreprise occupe le cinquième rang au classement national des constructeurs automobiles.

L'ITUA lance une campagne contre l'emploi précaire en Russie

RUSSIE: Le 29 août à 9 heures du matin,  le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA), affilié à la FIOM, a organisé un rassemblement devant les bureaux de l’agence pour l’emploi Adecco, situés rue Gagarine à Kaluga, Russie. L’action a marqué le début de la campagne du syndicat contre l’emploi précaire.

Selon l’ITUA, les agences pour l’emploi sont profondément enracinées à Kaluga. Plus de dix grands acteurs dans cette branche sont présents dans la ville, parmi lesquels Adecco, Kelly Services et l’entreprise russe Kariera (carrière).

Beaucoup d’entreprises, surtout des STN, ne demandent qu’à avoir recours à l’emploi précaire pour limiter leurs obligations concernant les droits des travailleurs et travailleuses. À l’usine Volkswagen de Kaluga, qui possède une section de l’ ITUA, un salarié ne peut pas être embauché directement. Avant d’obtenir un emploi permanent, le salarié doit passer par une "période probatoire" de six mois – bien que le code du travail russe limite cette période à trois mois. Les travailleurs et travailleuses précaires sur la chaîne de production principale sont presque aussi nombreux que les salariés permanents; ils constituent environ 45 pour cent des effectifs. Pour la "période probatoire" Adecco signe un contrat d’emploi temporaire avec le salarié, et la décision de renouveler le contrat est uniquement du domaine des services administratifs.

Le Parlement russe a approuvé en première lecture le projet de loi interdisant l’emploi précaire, présenté par Andrei Isaev et Mikhail Tarasenko.

L’ITUA affirme que le licenciement par Adecco d’Igor Skachko, un adhérent syndical employé chez Volkswagen, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En raison de blessures causées par un accident du travail, Skachko avait été transféré sur un poste de travail moins pénible pour raison de santé.

Selon Olga Masson, rédactrice en chef du journal de l’ITUA ‘Travailleur de l’automobile’ et militante syndicale à Kaluga, "l’ITUA a intenté plusieurs procès contre Adecco. En attendant, nous lançons une campagne contre l’emploi précaire", précise-t-elle.

"Nous prévoyons d’organiser plusieurs rassemblements devant les bureaux des agences pour l’emploi à Kaluga, de distribuer des tracts et de mener une campagne de sensibilisation chez Volkswagen", a-t-elle ajouté.

La fiche d'arrêt de poste de travail prouve son utilité chez ArcelorMittal

ÉTATS-UNIS: Des experts de Fédération européenne des métallurgistes (FEM), de United Steelworkers (USW) et de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) ont pu constater de visu les conditions de température et d’humidité insupportables lors d’une visite de deux jours dans l’usine. Le groupe s’est rendu sur le lieu d’un accident mortel qui s’est produit en février 2011 lors d’une explosion dans l’atelier de fusion. Cet accident mortel survenait après 12 mois sans perte de temps pour cause d’accident provoquant des blessures, ce qui avait profondément choqué le personnel.

L’usine LaPlace, dont la construction remonte à 1979, a eu plusieurs propriétaires avant sa reprise par ArcelorMittal en 2008. Elle dispose de deux fours électriques à arc et produit 580.000 tonnes d’acier avec une main-d’œuvre de 423 salariés et de 131 sous-traitants. United Steelworkers a signé une convention collective pour 280 travailleurs. Environ 150 sont membres du syndicat. L’usine LaPlace et d’autres usines visitées à Vinton sont des cas uniques, en ce sens que la plupart des mini-aciéries ne sont pas syndicalisées aux États-Unis.  

Le président du syndicat local, Kinley Porter, qui est également coordonnateur de la sécurité à la section 9121, a expliqué qu’avant sa reprise par ArcelorMittal, il n’y avait pas un jour tous les deux mois sans un accident dans l’usine.  Mais il souhaiterait également un plus grand engagement pour une approche commune qui inclurait la participation de plus de salariés payés à l’heure et plus de moyens mis à la disposition du syndicat.

Au cours d’une visite à l’usine de laminage, un travailleur avait exprimé sa frustration au fait qu’il avait soulevé plusieurs fois la question d’une pratique dangereuse avec son contremaître, laquelle n’avait pas été prise en considération. On lui a dit d’utiliser la fiche d’arrêt de poste de travail qui est remise à tous les salariés, la prochaine fois qu’il devra accomplir cette tâche, ce qu’il a fait par la suite et ce qui permis d’arrêter la production. Cela a donné lieu à plusieurs améliorations et à une réduction du nombre de risques encourus par les travailleurs.

Tony Murphy de la Fédération européenne des métallurgistes a déclaré: "Je suis heureux de voir que ce travailleur s’est senti autorisé à utiliser sa fiche à la suite de notre visite. J’espère que d’autres travailleurs suivront son exemple et feront la même chose".

La visite et les réactions qu’elle a occasionnées ont permis de déterminer plusieurs domaines où des améliorations étaient nécessaires. Il s’agit de la formation des représentants syndicaux et de la direction sur les normes de l’entreprise, des audits réalisés en commun sur la sécurité, et la standardisation des équipements de protection individuelle. La sécurité électrique et la formation dans ce domaine doivent également être améliorées.  Une visite de suivi destinée à vérifier les progrès réalisés pourrait avoir lieu dans l’avenir.

La lutte continue pour les travailleurs de Hanjin et le KMWU

CORÉE: Le groupe Hanjin Heavy Industries avait déjà annoncé le licenciement prévu de 400 salariés du chantier naval Hanjin. Les menaces de licenciement ont permis à l’entreprise d’obtenir 230 "départs volontaires". Finalement, l’entreprise a licencié 170 salariés contre leur gré et en rupture de contrat. Certains salariés ont accepté l’indemnisation de départ de Hanjin, mais tout en continuant de soutenir la lutte engagée et en gardant l’espoir d’une réintégration. Cependant, l’entreprise affirme qu’ils ont renoncé à leurs droits.
Audition parlementaire

Une audition parlementaire portant sur les licenciements massifs a eu lieu le 18 août. Pour la première fois en 14 ans, l’Assemblée nationale coréenne a convoqué le président de l’un des Chaebols coréens – conglomérat appartenant à une famille très puissante – devant une commission parlementaire pour s’expliquer sur leurs actes. Au cours de l’audition, le président de Hanjin Heavy, CHO, est resté inflexible sur ses positions initiales.

Des parlementaires de l’Assemblée nationale ont demandé au président du groupe Hanjin Heavy Industries d’annuler les 170 licenciements, ou tout au moins de reconsidérer la situation des 94 salariés qui n’ont pas accepté l’indemnisation de départ de l’entreprise, et de reprendre les discussions sans limite de durée avec le syndicat pour trouver une solution. Cependant, CHO Nam ho a refusé cette proposition.

À la suite de l’audition, le KMWU a durci sa position. Au lieu de demander au président CHO de résoudre le problème, le KMWU demande maintenant au gouvernement de traduire CHO en justice pour les licenciements massifs illégaux qu’il a été incapable de justifier de manière concrète ou par des informations précises lors de son audition à l’Assemblée nationale sud-coréenne.

Rassemblement de l’espoir  

Le 20 août, une dizaine de milliers de travailleurs et travailleuses et de sympathisants ont répondu à Séoul à l’appel du KCTU en participant à la "manifestation nationale des travailleurs et travailleuses contre le comportement anti-ouvrier du gouvernement, contre la politique menée par le Chaebol et pour faire le procès du régime de LEE Myung Bak". Des étudiants et étudiantes, des groupes représentant la société civile et le grand public ont participé pendant une nuit et deux jours au rassemblement de l’espoir. La police anti-émeute avait bloqué pendant trois heures le passage aux personnes venues participer au rassemblement – donnant  lieu à des manifestations spontanées de rue alors que les gens attendaient de pouvoir pénétrer sur la ‘Seoul Plaza’ – mais sans pouvoir empêcher le rassemblement d’avoir lieu. Les dirigeants des six partis coréens d’opposition ont exprimé leur soutien aux travailleurs et travailleuses.

Quatrième manifestation du Bus de l’espoir à Séoul

Les membres du KMWU vont se joindre à la quatrième manifestation du Bus de l’espoir à Séoul les 27 et 28 août sous le thème "Un autre monde est possible!"
 
Vous pouvez apporter votre aide!  Cliquer sur le lien pour envoyer une lettre au président coréen en lui demandant de faire le bon choix:
http://www.labourstart.org/cgi-bin/solidarityforever/show_campaign.cgi?c=1046