Des groupes de travail tracent la voie de la nouvelle Fédération Syndicale Internationale

GENEVE: Le groupe de travail sur les Statuts a examiné les points cruciaux convenus lors de la réunion conjointe des Comités exécutifs de mai et fait quelques derniers ajustements au niveau du projet de Statuts. La nouvelle internationale sera dirigée par un Comité exécutif de 60 membres jusqu’en 2016. Après cette date, il sera réduit à 40 membres. Au moins 30% des membres seront des femmes.

Les Statuts prévoient des structures et des bureaux régionaux qui mettront en œuvre les politiques générales de l’organisation et prendront en compte les matières spécifiques aux régions. Il y aura également 14 secteurs d’industrie ainsi que des sections pour les femmes et les travailleurs non-manuels.

Le groupe sur le Plan d’Action s’est accordé pour produire un programme court et volontariste qui résumera les principales priorités de la nouvelle fédération. Parmi les points qu’il y est suggéré de mettre en avant figurent la consolidation de la structuration syndicale par le recrutement des travailleurs tout au long des chaînes d’approvisionnement et par la mise en œuvre d’un puissant contrepoids aux compagnies multinationales en unissant les travailleurs au sein de réseaux destinés à la solidarité et aux actions coordonnées.

Plus tard dans la semaine, la FIOM, l’ICEM et la FITTHC ont tenu un premier séminaire mondial commun du staff à Genève. Les participants ont partagé leurs expériences sur les méthodes de travail des trois organisations et identifié les possibilités de combiner les forces pour une plus grande efficacité d’action.

Les Statuts et le Plan d’Action seront débattus au sein des organes de direction des trois organisations partenaires, dont le Comité exécutif de la FITTHC en septembre, le Congrès de l’ICEM en novembre et le Comité central de la FIOM en décembre. Les propositions définitives devraient vraisemblablement être adoptées lors de la deuxième réunion conjointe des Comités exécutifs en février 2012 pour être présentées au Congrès de Fondation en juin 2012 à Copenhague.

Négociations conjointes dans l'industrie métallurgique en Finlande

FINLANDE: Trois organisations syndicales finlandaises, le syndicat des métallurgistes, le syndicat des employés administratifs Pro et la fédération du personnel professionnel et d’encadrement YTN, représentant environ 250.000 salariés dans l’industrie métallurgique, se sont mis d’accord sur des objectifs communs et ont décidé d’agir ensemble au cours des négociations collectives menées actuellement. C’est la première fois que ces groupements de salariés unissent leurs forces de cette façon.

Les syndicats veulent obtenir un accord d’une durée de dix-huit mois comportant une augmentation salariale en deux étapes. La première porterait sur une hausse horaire de 0,67 euro ou 110 euros par mois. Pour les salariés dans la tranche salariale la plus élevée, l’augmentation serait d’au moins 4 pour cent.

La seconde étape procurerait une hausse salariale de 0,34 euro de l’heure ou 60 euros par mois – soit une augmentation d’au moins 2 pour cent.
"Nous cherchons à négocier en commun pour avoir de la force sans rechercher pour autant une fusion syndicale", déclare Riku Aalto, président du syndicat des métallurgistes.  "Dans le cas où la négociation ne donnerait aucun résultat, les syndicats sont prêts à défendre leurs revendications par des actions conjointes".

Cette forme de coopération dans les négociations collectives constitue une première pour les syndicats concernés. Les objectifs de la négociation ont été préparés en commun sur un plan tant quantitatif que qualitatif, et les organes administratifs des trois syndicats ont examiné les objectifs. Chaque syndicat va négocier individuellement sa propre convention collective.

Les organisations ont décidé de se serrer les coudes dans le cas où elles devraient rectifier leurs demandes.  Les revendications communes qualitatives portent sur un allongement des congés ou sur des repos compensateurs pour les salariés proches de la retraite. Les trois organisations présentent également des propositions et des revendications qui leur sont propres.

Au cours des derniers mois, l’association patronale – la fédération des industries finlandaises de la technologie – a mis en garde les entreprises sur le fait qu’elles allaient être confrontées à de sérieuses difficultés économiques dans un avenir proche. Toutefois, les organisations syndicales estiment que la compétitivité est bonne actuellement dans l’industrie métallurgique.

Action conjointe des salariés de Fujitsu au Royaume-Uni

ROYAUME-UNI: Des membres de l’affilié britannique de la FIOM, Unite, et du syndicat des services publics et commerciaux (PCS), travaillant chez Fujitsu, ont accepté de participer à une grève de 24 heures, le 19 septembre, sur les sites de l’entreprise au Royaume-Uni.

L’annonce de cette action revendicative résulte de l’incapacité de la direction de Fujitsu de respecter les accords salariaux conclus précédemment, et en raison d’attaques continuelles contre les représentants syndicaux. Les tentatives des résolution des litiges à Crewe et Manchester par la négociation ont échoué. L’entreprise ne respecte pas ses engagements sur les retraites pris l’année dernière dans le cadre d’une médiation, bien que les travailleurs et travailleuses aient réussi à atteindre ou même dépasser les objectifs de production. Elle reste inébranlable et refuse de modifier son offre portant sur une hausse salariale de 1,5 à 2,5 pour cent – une offre qui changera peu le fardeau financier qui pèse sur le personnel. Elle refuse également de respecter un accord conclu auparavant sur les licenciements et le redéploiement, dans le respect de la consultation et de la sélection.

L’entreprise cherche dans le même temps à fragiliser les syndicats en tracassant les représentants syndicaux. Un représentant de Unite, Alan Jenney, a été licencié sans préavis le 11 juillet après 17 ans de présence chez Fujitsu, ce qui constitue une infraction à son contrat de travail.

Selon Unite, l’entreprise refuse dans bien d’autres domaines de respecter les accords conclus. Il s’agit aussi bien d’engager des consultations avant de prendre des décisions qui concernent les salariés que de s’abstenir d’imposer des décisions quand des négociations ont lieu. Les membres de Unite ont voté à 85,6 % en faveur d’une action revendicative autre que la grève et à 56,4 % pour la grève. Unite a toujours cherché à éviter d’entreprendre une action revendicative en ayant recours à des services de conciliation, mais la réticence de l’entreprise à réaliser des progrès par la négociation oblige le syndicat à prendre cette décision en dernier recours. 

La FIOM et le CAW organisent un atelier à Saint-Pétersbourg

RUSSIE: Les 27 et 28 août, la FIOM et le syndicat National Automobile, Aerospace, Transportation and General Workers du Canada (CAW) ont organisé un atelier pour les militant(e)s syndicaux/ales dans les établissements de GM, Ford, Nissan, Faurecia, Toyota et Jura Corp. à Saint-Pétersbourg et dans la région.

Les discussions ont porté sur la création de syndicats et les activités syndicales quotidiennes, ainsi que sur les pressions exercées par les employeurs et les stratégies de recrutement de nouveaux membres.

Les participant(e)s étaient d’accord sur le fait qu’un syndicat est constitué avant tout par un groupe de personnes qui ont décidé de défendre les opprimés, et qui décident elles-mêmes de se défendre mutuellement. La plus grande motivation pour se syndiquer est l’expérience personnelle d’une action collective sur le lieu de travail. La question principale consiste donc à déterminer la forme d’action collective que les salariés sont prêts à entreprendre ici, et dès maintenant.

Des problèmes propres à chaque usine ont également été examinés, comme par exemple les changements apportés aux horaires de travail, le passage à un taux horaire, l’aggravation des conditions de travail et de vie des salariés.

Depuis février 2011, la FIOM et le CAW soutiennent les efforts entrepris par l’ITUA pour syndicaliser plusieurs usines à Saint-Pétersbourg et dans la région, notamment Nissan, General Motors, Nokian Tires, Hyundai и Faurecia, dans le but d’obtenir des effectifs syndicaux d’un niveau suffisant pour engager une négociation collective et signer des conventions collectives destinés à protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses.

Grève de solidarité dans trois usines Suzuki pour Maruti-Suzuki

INDE: Les grévistes exigent un règlement rapide du conflit à l’usine MSIL qui fabrique des voitures. Ils veulent aussi obtenir la régularisation du personnel temporaire qui travaille depuis plus de quatre ans, ainsi que les hausses salariales afférentes. Suzuki Powertrain emploie plus de 3.000 personnes dans son usine à Manesar qui fabrique des moteurs diesel et des transmissions pour MSI. Suzuki Castings emploie environ 1.000 personnes et Suzuki Motorcycles India 2.000 personnes dans leurs usines respectives.

Le 13 septembre, la direction de MSIL a annoncé avoir embauché une centaine de personnes à titre permanent pour remplacer les salariés qui avaient refusé de signer le pacte de bonne conduite. L’entreprise reste inflexible et refuse d’engager un dialogue avec la main-d’œuvre. Les salariés doivent signer le pacte de bonne conduite avant d’être admis à pénétrer dans les locaux de l’entreprise. MSIL continue de recruter du personnel.  Le même jour, l’entreprise a licencié cinq autres salariés en les accusant d’avoir agressé trois contremaîtres et un travailleur. Il y a maintenant eu 28 licenciements  et 34 suspensions.

Le 12 septembre, environ 2.500 salariés de MSIL et 50 étudiants de l’Université Jawaharlal Nehru se sont rassemblés devant le sous-secrétariat du gouvernement de l’État de Haryana à  Gurgaon. Une rencontre a eu lieu avec M. V.K. Hooda, commissaire adjoint additionnel de  Haryana, lequel a pris note de leurs revendications. Les salariés sont prêts à reprendre le travail si les conditions suivantes sont remplies:

Un fait nouveau apparenté a eu lieu le 13 septembre quand les salariés de l’usine de Manesar du fabricant de composants automobiles Munjal Showa Ltd, ont décidé également d’avoir recours à la grève pour exiger la régularisation des travailleurs et travailleuses précaires après cinq ans de formation, ainsi que certaines mesures de protection sociale. Un accord entre le personnel de production et la direction a été conclu le même jour dans la soirée.

IG Metall innove avec la première convention jamais signée dans l'énergie solaire

Elle couvre pour trois ans 2.500 travailleurs des usines Bosch Solar Energy AC, Bosch Solar Wafers GmbH et Bosch Solar Thin Film situées à Erfurt et Arnstadt. Le jour de la prise d’effet de la convention, des délégués des régions de Hesse et de Thuringe d’IG Metall ont distribué aux travailleurs d’autres fabricants de ce type de matériel d’Allemagne centrale et orientale des tracts donnant des précisions sur l’accord avec Bosch.

Il s’agit notamment des firmes Q-cells, Conergy et Solon pour n’en citer que quelques-unes. Le syndicat espère que l’accord avec Bosch sera l’amorce d’une convention collective nationale dans l’industrie manufacturière du solaire qui emploie actuellement 130.000 personnes.

Pour le Secrétaire régional d’IG Metall Armin Schild, les conventions du travail dans les industries de l’énergie renouvelable "étaient inexistantes. Il faut maintenant espérer que cette convention deviendra la référence dans toute l’industrie."

Basée sur celle qu’a le syndicat dans la métallurgie, cette première convention comporte d’énormes avantages pour les travailleurs des trois filiales de Bosch. Bien qu’elle ne prévoie pas de hausses salariales sur les trois années, les travailleurs verront leurs salaires augmentés par des primes régulières, des primes de rendement et des indemnités pour le travail de nuit ou de jours fériés.

La semaine de travail sera progressivement réduite sur les trois ans de 40 à 38 heures et, pour les heures supplémentaires, les salariés pourront choisir de se les faire payer intégralement ou de les récupérer en congés. Les apprentis qui achèvent leur formation sont assurés d’avoir un contrat à durée déterminée d’un an au moins.

Les trois sites de Bosch en Thuringe sont relativement neufs, l’énorme usine de cellules et panneaux solaires Bosch Solar d’Arnstadt n’ayant commencé qu’il y a un an. Cette convention montre la voie à suivre dans les anciens Länder d’Allemagne orientale et IG Metall mérite à ce titre toute notre admiration. 

http://www.icem.org/fr/78-ICEM-InBrief/4641

Une délégation d'affiliés visite une chaîne de télévision des travailleurs au Brésil

BRÉSIL: Au cours du Forum des communicateurs, organisé par la FIOM à Sao Paulo, Brésil, pour ses affiliés d’Amérique du Sud et des Caraïbes, les délégué(e)s ont visité la TVT, chaîne de télévision des travailleurs et travailleuses.

La TVT est la première chaîne de télévision syndicale au Brésil. Il s’agit d’une initiative de la Fondation Société, Communication, Culture et Travail (SCCT) du syndicat, lequel est affilié . à la Confederación Nacional de Metalúrgicos, CNM-CUT.

Le président Lula da Silva, qui était alors en exercice, avait signé en octobre 2009 un décret accordant une licence à la chaîne.
Le président de la SCCT, Valter Sanches, a déclaré que la TVT a pour rôle de contrecarrer la puissance de la presse au Brésil, qui n’accorde pas suffisamment de place aux syndicats. Selon lui, la TVT donne aux mouvements sociaux du pays la possibilité de s’exprimer.

Il a insisté sur l’importance de démocratiser l’information et de donner aux mouvements sociaux et aux gens ordinaires la possibilité de s’exprimer. Nous devons "donner un espace à celles et ceux qui n’ont pas place dans les organes de presse traditionnels", a-t-il dit.

L’équipe de la TVT a fait visiter les installations aux délégué(e)s, notamment les studios d’enregistrement et la salle de presse. Les délégué(e)s ont félicité le syndicat local de cette initiative.

L'ICEM et la FIOM reconduisent un Accord mondial avec Umicore

GLOBAL: Sa reconduction pour quatre ans a été signée à l’occasion d’une cérémonie qui s’est tenue le 6 septembre à Bruxelles en présence de Marc Grynberg, P-DG, et Ignace de Ruijter, Vice-président des ressources humaines d’Umicore, ainsi que du Secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, et du Directeur des questions d’industrie et d’entreprise de l’ICEM, Kemal Özkan, pour le compte du Secrétaire général Manfred Warda. Elle a été confirmée par la signature des représentants des syndicats belges.

L’accord se compose de six grands chapitres, à savoir les droits de l’homme, les conditions de travail, l’environnement, la mise en œuvre de l’accord, la surveillance et la validité de l’accord. Dans le chapitre sur les droits de l’homme, Umicore s’engage à souscrire à la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies ainsi qu’aux normes fondamentales du travail de l’OIT, dont en particulier les conventions 87 et 98 sur la liberté syndicale et la négociation collective, et d’autres conventions relatives au travail des enfants, au travail forcé, à la non-discrimination et à l’égalité de chances. Par cette reconduction, les parties reconfirment leur détermination à honorer leurs engagements mondiaux dans le cadre de l’accord.

"Nous sommes convaincus que cet accord profite à toutes les parties prenantes. Toutes ont tiré profit de la relation constructive qu’a suscitée le premier accord et nous nous réjouissons que cela continue dans les années à venir", a déclaré le Secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, s’exprimant au nom des deux fédérations syndicales internationales.

"Nous sommes très fiers de cet accord international avec la FIOM et l’ICEM. Il valorise énormément nos politiques dans le domaine du développement durable", a déclaré le P-DG d’Umicore, Marc Grynberg. "Cet accord correspond à la vision mondiale qu’a Umicore des questions sociales et il reflète notre diversité et notre présence internationale. Il nous aidera dans notre quête de pérennité et à être considéré comme un bon employeur", a dit pour sa part le Vice-président chargé des ressources humaines, Ignace de Ruijter. 

Forum de la FIOM de l'Amérique latine et des Caraïbes: le rôle de la communication dans les activités syndicales

BRÉSIL: Un débat important sur le rôle de la communication dans les activités syndicales a eu lieu au Forum des communicateurs organisé par la FIOM, les 8-9 septembre, à Sao Paulo, Brésil. Jorge Almeida, représentant régional de la FIOM pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Mónica Veloso, présidente de la Confederación Nacional de Trabajadores Metalúrgicos (CNTM-FS) et Valter Sanches de la Confederación Nacional Metalúrgicos (CNM-CUT), deux organisations affiliées à la FIOM, ont assisté à la réunion.

La réunion a rassemblé des représentants des départements de la communication des affiliés brésiliens, ainsi que des représentants d’affiliés de la FIOM dans d’autres pays latino-américains: Asimra (Argentine), Fetramecol et Utrammicol (Colombie), FTC (Chili), Fenamepsicop (Pérou) et le Mexique.

Les délégué(e)s ont rendu compte des travaux réalisés par leurs syndicats dans les domaines de l’information et de la communication, et les représentants de la FIOM ont décrit les canaux de communication utilisés actuellement par la fédération et les projets de la nouvelle fédération syndicale internationale dans ces domaines.

Valter Sanches a ouvert la réunion en signalant l’importance pour les travailleurs et travailleuses d’avoir leurs propres médias, du fait que les élites, le gouvernement et le patronat dominent dans la presse nationale. "Les principaux médias jouent le rôle de partis d’opposition à la classe ouvrière", a-t-il affirmé. De son côté, Mónica Veloso a dit que les syndicats doivent tirer le meilleur parti des possibilités offertes dans le domaine de la communication et "renforcer les stratégies, les luttes et les organes de communication de chaque affilié".

Les délégué(e)s ont convenu de l’importance des réunions du forum pour faire prendre conscience à leurs dirigeants de l’importance de la communication et de son rôle dans l’action syndicale. Les délégué(e)s ont également décidé d’établir un réseau destiné à faciliter l’échange d’informations et l’emploi des communications dans l’action syndicale.

Le second jour du forum, une délégation a visité une chaîne de télévision des travailleurs (TVT) à Sao Bernardo do Campo. L’équipe de TVT a fait visiter les installations et les studios aux délégué(e)s et leur a expliqué la façon dont fonctionne la chaîne.

La FIOM estime que le Forum des communicateurs a favorisé un débat professionnel enrichissant, qui a permis d’ouvrir d’autres canaux de communication et attiré l’attention des dirigeants syndicaux sur la communication et l’information. La FIOM espère pouvoir réduire de cette façon l’écart existant entre les syndicats de la région dans l’emploi des médias et la manière dont ils communiquent avec leurs membres.

Les travailleurs de Maruti-Suzuki en Inde se battent pour leur syndicat

INDE: Le syndicat des salariés de Maruti Suzuki (MSEU) affirme que la production a cessé totalement depuis le 29 août. L’usine emploie environ 3.500 personnes – 900 avec un contrat d’emploi régulier, 1.500 stagiaires et 1.100 sous contrat à durée déterminée et en apprentissage.

Le conflit remonte au 3 juin 2011 au moment où les salariés de l’usine MSIL à Manesar ont déposé une demande d’enregistrement du syndicat des salariés de Maruti Suzuki (MSEU). La direction avait alors demandé aux membres du personnel de signer une déclaration dans laquelle ils s’engageaient à ne pas adhérer au nouveau syndicat. Les protestations contre cette mesure d’intimidation et pour le respect des droits syndicaux ont amené le déclenchement d’une grève sur le tas à partir du 4 juin.

Un accord a été conclu le 17 juin entre les parties, en présence de représentants du gouvernement. Pour plus de renseignements sur les 13 jours de grève sur le tas, cliquer ici.

L’accord a permis la réintégration de 11 salariés licenciés dans l’attente d’une enquête interne à laquelle les parties ont décidé de coopérer. Pendant ce temps, des élections avaient lieu le 16 juillet au syndicat Maruti Udhyog Kamgar (MUKU) qui existait à l’usine Maruti-Suzuki de Gurgaon. Les salariés affirment qu’il s’agit d’un syndicat jaune où aucune élection n’a eu lieu depuis dix ans. Du fait que les salariés de Gurgaon dominaient par leur nombre, ceux de Manesar n’ont pas pris part à l’élection, donnant leur préférence à l’autre  syndicat MSEU.

Cependant, le Registre des syndicats a rejeté, le 27 juillet, la demande d’enregistrement du MSEU, en s’interrogeant sur l’authenticité de la documentation. Par la suite, la direction a commencé à exercer des représailles sur les salariés par des suspensions et des licenciements.

Cette situation a culminé le 29 août avec le licenciement de 11 salariés et la suspension de 10 autres. Le même jour, la direction de Maruti-Suzuki a bloqué les portes en déclarant que seuls les personnes qui signeront un pacte de bonne conduite pourront pénétrer dans l’usine. Tous les travailleurs et travailleuses ont refusé de signer le pacte. Le 8 septembre, 23 salariés ont été licenciés et 34 autres suspendus.

La direction affirme que les salariés ont engagé des tactiques de ralentissement qui ont entravé le processus de production. Ils restent assis devant les portes de l’usine en deux équipes pour exiger le retrait des décisions concernant les licenciements et les suspensions. Beaucoup de syndicats à Gurgaon, y compris dans d’autres usines Suzuki, notamment aux usines Maruti Suzuki à Gurgaon, Suzuki Motorcycle India, Suzuki Powertrain et Suzuki Castings, soutiennent les travailleurs et travailleuses en lutte.

Des responsables du bureau d’Asie du Sud de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) ont visité le site Maruti le 6 septembre. La FIOM demande à la direction de Maruti-Suzuki de ne pas chercher à exercer des représailles et à engager des pourparler de bonne foi avec les salariés pour trouver une solution à leurs plaintes légitimes concernant les conditions de travail et les droits syndicaux.